HERMAS.INFO

J’ai déjà présenté dans « Hermas » l’état de la débâcle liturgique dans l’Eglise, en France et en Belgique notamment, d’après des témoignages directs.


Certains lecteurs ont pu penser que j’exagérais. Et pourtant je puis garantir la vérité de tout ce que j’ai écrit à ce sujet, car j’en avais été le témoin direct, ou en avais reçu le témoignage direct incontestable.


C’est une débâcle qui paraît sans fin. Jusqu’où irons-nous, jusqu’où « iront-ils » ? « Domine, usquequo » ?


J’ai appris dans la quinzaine écoulée qu’un « mariage religieux » avec Messe avait été célébré entre deux divorcés, dans une petite paroisse du Diocèse de Nancy. Témoignage indirect, de seconde main. Etant donné la pratique actuelle qui se multiplie, de faire des « cérémonies de bénédiction à l’église » pour des divorcés remariés, la prudence s’imposait. Etant bien entendu toutefois qu’une cérémonie de « remplacement », faite à l’église, avec simple bénédiction (et non pas bénédiction nuptiale – mais quelle est la différence pour la plupart des fidèles souvent non pratiquants ou peu pratiquants ?), avec tout le cérémonial, chants, lectures, décoration florale, orgue… et robe blanche bien sûr, est déjà une faute grave de la part du prêtre qui s’y prête, car il trompe les gens : pour les gens, le prêtre les a mariés à l’église. Et si le prêtre ne fait pas la différence entre simple bénédiction, comme on bénit des fruits par exemple, ou une table, et la bénédiction nuptiale, nous sommes devant un cas très grave. Qui est d’une extrême gravité également, si le prêtre sait qu’il ne donne qu’une simple bénédiction : car c’est une parodie de Sacrement, et une tromperie grave et coupable pour les fidèles. On ne peut laisser planer de doute en matière de Sacrement, et il est coupable de se livrer à des cérémonies de ce genre, formellement interdites par l’Eglise.


Mais revenons à ce « mariage religieux « récent ». Les voisins de ma famille, de vrais amis, sont venus me saluer. J’en ai profité pour dire « innocemment » : - « Alors vous avez eu un beau mariage dans votre famille ». - « Oh oui, me répond la voisine, mère de deux enfants charmants, une belle famille, mais non pratiquante, comme la plupart les gens du village. C’était le 20 juin dernier. Le marié était le cousine de mon mari. Il avait été marié, et était divorcé. Puis il avait rencontré une femme mariée elle aussi, et mère d’une enfant, divorcée elle aussi. Ils vivaient ensemble depuis plusieurs années, et avaient eu deux enfants.

 

Puis ils ont décidé de se marier à l’église, avec Messe, ce que le Curé a été tout « heureux ». de faire. « Se marier à l’église avec Messe », pour la plupart des gens, peut prêter à confusion, étant donné la multiplication des « assemblées dominicales en l’absence de prêtres » (ADAP, que les gens considèrent tout simplement comme une Messe. Il n’est pas rare qu’ils déclarent : « oh, Madame Untel, dit mieux la Messe que Monsieur le Curé (sic !)  » (exemple cité aussi par S. Exc .Mgr Piero Marini dans Cérémoniaires des Papes, Bayard, 2007).

 

Discrètement, pour ne pas troubler, je me suis informé sur le genre de cérémonie : lecture, bénédiction… ? « Non, tout comme à notre mariage : cela a duré plus d’une heure : il y a eu tout comme pour notre mariage. Et même le prêtre a récité la prière pendant laquelle il élève l’hostie et la calice ; il y a eu la bénédiction des anneaux ; les mariés ont répondu aux mêmes questions que nous, et je me souviens même que le prêtre a dit : ‘je vous déclare unis par les liens du mariage’. Et puis, cela a été émouvant, car, au moment ‘de la paix’, les mariés se sont embrassés longuement. Puis ils ont communié, et nous avec ».

 

Je ne sais pas si, dans l’assistance, il y avait une seule personne pratiquante. J’en serais fort étonné, connaissant bien l’endroit. Des gens braves, serviables, généreux, bons vivants, bons amis, qui tiennent à leur église (où la Messe n’est jamais célébrée), et qui l’entretiennent, mais qui ne pratiquent pas, et ne se confessent pas, cela ne fait pas de doute.

 

Conclusion : les gens disent maintenant : l’Eglise remarie maintenant les divorcés.


Mgr Jacques Masson


AAA.jpg On se reportera avec intérêt, sur la question de l'accès des divorcés "remariés" à la sainte communion, au document publié sur cette question par la Congrégation pour la doctrine de la foi, le 14 septembre 1994

Jeu 11 fév 2010 9 commentaires
Hélas c'est un cas qui n'est pas isolé. Beaucoup de pasteur confonde tout sous prétexte de vouloir plaire ou de ne pas déplaire aux hommes. Il en oublie qu'ils sont pasteurs du Peuple chrétien et qu'ils ne doivent pas agir selon leurs sentiements ou leurs désirs... mais qu'ils doivent enseigner, gouverner et sanctifier ceux qui leurs sont confiés. En agissant comme c'est le cas ici décrit dans l'article, le pasteur agit en divisieur et metla ocnfusion dans les coeurs. De plus il agit de son propre chef oubliant qu'il est prêtre de la sainte Eglise.
Certes la situation des divorcés est complexe et mérite un accompagnement, une écoute... et en aucun cas un rejet.
Une relecture des textes qui nous sont donnés par l'Eglise est donc nécessaire.. en tout cas pour certains.
Doidy D - le 16/02/2010 à 09h43
Et si les faits rapportés ici n'étaient pas suffisamment accablants, on peut ajouter la chose suivante : dans quelle rituel le prêtre a-t-il trouvé la formule : "Je vous déclare unis par les liens du mariage" ? Cette formule ne figure pas dans le nouveau rituel catholique du mariage et je ne pense pas qu'elle figurait dans l'ancien... A croire qu'il fallait absolument singer les mariages à la mode américaine, tels qu'ils sont représentés dans les feuilletons américains...
LG - le 16/02/2010 à 17h30
Citation de M. Masson :
" Et si le prêtre ne fait pas la différence entre simple bénédiction, comme on bénit des fruits par exemple, ou une table, et la bénédiction nuptiale, nous sommes devant un cas très grave. Qui est d’une extrême gravité également, si le prêtre sait qu’il ne donne qu’une simple bénédiction : car c’est une parodie de Sacrement, et une tromperie grave et coupable pour les fidèles. On ne peut laisser planer de doute en matière de Sacrement, et il est coupable de se livrer à des cérémonies de ce genre, formellement interdites par l’Eglise."

C'est incontestablement grave, il n'y a pas de doute sur ce point.
Mais, hélas, comment une " simple bénédiction ", dans ce cas, peut-elle être agréée par Dieu ?
Ce n'est pas seulement une affaire de degré de gravité.

Est-il possible à Dieu d'agréer, de bénir, d'accorder un bien, une ou des grâces, via une bénédiction notamment, un acte mauvais ?
Non.

L'on voit ici, que la possibilité accordée une " simple bénédiction " à un (re !?)mariage(!?) est déjà une absurdité.
C'est cela qui a ouvert la porte aux remariage (!?) avec bénédiction nuptiale proprement dit.

Rien d'étonnant donc. Mais que tout cela est triste, car il en va du salut des pauvres âmes des pauvres pécheurs...
Hodie - le 17/02/2010 à 10h31
Une seule question : le 1er mariage des deux époux était-il vraiment religieux où n'était-il pas simplement civil ?
A - le 19/02/2010 à 23h42
Heureusement que notre évêque est moins borné que ce Mgr Masson.
Ce sont des mgrs Masson qui vident les églises.
Cazin - le 16/03/2010 à 20h53
Cher Monsieur,

votre remarque ne laisse pas d'étonner.

Il faut être assez ignorant, pardonnez-moi, de l'histoire de ces quarante dernières années pour pouvoir avancer un tel propos, et il y a quelque anachronisme à évoquer la désertion des paroisses comme un phénomène actuel. Enfin, il faut même une certaine outrecuidance à attribuer cette désertion à des prêtres qui ont été persécutés, précisément, pour s'être opposés en ces années-là, avec courage, à ceux dont les désacralisations et les innovations orgueilleuses ont fait perdre à des générations de fidèles le sens et le goût de la pratique, du sacré et de la vocation.

Là où des "mgrs Masson" existent, ou des prêtres jeunes qui se mettent aujourd'hui sur leurs traces, il est vrai que les églises sont généralement vides du courant que vous paraissez revendiquer. En revanche, comme l'expérience le montre en maints endroits, ne vous en déplaise, elles sont pleines de fidèles de tous âges, et de beaucoup de jeunes en particulier, qui sont heureux de retrouver cette pratique religieuse, ce sens du sacré, ce goût de la vocation, dans l'attachement à la Parole de Dieu, à l'Eglise, à ses enseignements.

Bien à vous
L'Equipe d'Hermas
Une relecture des textes qui nous sont donnés par l'Eglise est donc nécessaire.. en tout cas pour certains.



  La parole de Jésus est supérieure au dogme du Vatican. Ne jamais l'oublier.
Cazin - le 16/03/2010 à 21h02

Histoire vraie (que certains reconnaîtront)
monsieur X se marie à l'église et divorce..il se remarie à la mairie,et divorce..
Echaudé?il ne se marie plus cette fois,mais vit en concubinage..et se sépare de la dame..Entre temps,la première épouse a la bonne idée de mourir,et veuf,monsieur X (qui avait appris les lois au séminaire),se remarie à l'église,en toute légalité.
Je ne dénoncerai pas monsieur X,paix à son âme...(il est mort)
Je sais que nos princes,et autres grands de ce monde ,bénéficient d'annulations de mariage,que n'oseraient pas demander de pauvres gens en souffrance,(et il y en a!..)qui se voient refuser l'absolution,quand ils vont confesser leur détresse...
(histoires vraies qui se multiplient .En temps que "prêtre, prophète et roi" j'invite à relire les évangiles.. fils prodigue,et autres pécheresses..J'invite aussi à la résurrection:"lève toi et marche" .Je n'ai pas d'absolution à donner ou à refuser,Dieu merci,je ne suis qu'une femme!
Si cela gêne quelqu'un ,je renonce volontiers aux titres de "prêtre ,prophète et roi" mais je garde la main tendue et refuse de piétiner )

Je ne sais pas ce qui s'est passé exactement dans ce village lorrain et je ne jugerai pas.. Dieu seul est juge..(à chacun son boulot)
Mais je fais confiance à mon évêque qui est tout sauf un "MONSIEUR de NANCY"
(expression vieillotte et pas toujours bienveillante datant de l'époque où régnait une rivalité certaine entre les quatre diocèses lorrains)

Et si dans l'Eglise ,on parlait un peu de charité et de fraternité...?
et si,plutôt que d'en parler,on se mettait à vivre en frères?
Excusez-moi,j'écris n'importe quoi..Abel et Caïn les premiers frères,avaient déjà inventé la guerre...Sommes-nous capables d'autre chose en et hors l'Eglise?

Et si...

Babeth Parmentier - le 17/03/2010 à 21h05
Bonjour M  Cazin

Je signe mes articles, et, quand j'ai quelque chose à dire, je l'écris directement aussi à la personne, même si j'ai publié un commentaire.
La vérité, dans la charité.
Sans polémique!
En faisant bien attention à ce que j'écris, afin que cela corresponde au texte auquel je me réfère.
J'aurais apprécié un petit mot de votre part: un acte de courage, de loyauté, de franchise, de charité aussi.

Chacun a doit à avoir des opinions.
Mais une opinion et un fait réel sont deux choses différentes.
Et puis, il faut apprendre à lire un texte.

Je parle d'un fait réel, pour éviter toute confusion chez les catholiques, afin qu'ils ne croient pas que l'Eglise marie les divorcés (déjà mariés à l'église et divocés).

Vous vous insurgez en ces termes peu charitables, et peu objectifs (soulignés en rouge...):

/*Heureusement que notre évêque est moins borné que ce Mgr Masson.
Ce sont des mgrs Masson qui vident les églises.*/

Je ne parle pas de Mgr l'evêque de Nancy (sauf à la fin, avec une phrase que nous n'avez pas comprise)!!!
Je parle d'un fait, objectif.

Votre réponse est en dehors de la question.
Je ne sais quelles sont vos opinions.

Mais, devant le mariage à l'église de deux divorcés (déjà mariés à l'église), je vous pose la question:

Etes-vous favorable à cette cérémonie? êtes-vous favorable au mariage des divorcés?

Savez-vous bien ce que l'Eglise déclare à ce sujet, sur lequel elle ne peut se tromper, car elle reprend et applique les paroles du Christ et de Dieu dès le Livre de la Genèse?

Etes-vous, oui ou, non d'accord?

Un prêtre qui se livre à de telles cérémonies, ou à des parodies de "bénédiction" nuptiale fait une chose grave, très grave...

Le "responsable" (que je ne juge pas, je prie pour lui!) c'est le prêtre. Il sait, il doit savoir que cela ne peut se faire; et s'il a des doutes, l'Evêque de Nancy n'est pas loin: à Nancy, à quelques dizaines de kilomètres. Sait-il seulement qu'il a un Evêque? En tient-il compte? C'était le sens de ma phrase "Monsieur de Nancy où êtes-vous?" (et non pas "que faites-vous?"): ce qui est très différent.

Quant au jugement que vous portez sur des gens comme moi qui "vident els églises", c'est votre jugement. Regardez la réalité en face... Et soyez honnête. Où les églises sont-elles pleines? quels couvents ont des vocations en abondance? en revanche, les séminaires se vident...

Je m'arrête là.
Avec mes sentiments et respectueux dans le Seigneur et sa Sainte Mère
Mgr Jacques Masson




Mgr Jacques Masson - le 20/03/2010 à 08h50

Bonjour

Je vais peut-être vous étonner mais je suis une divorcée remariée qui est d'accord avec Benoït XVI que j'ai appris à aimer et à respecter et  avec Mgr Masson.

 

Comme Marthe Robin, qui ne portait pas de jugement sur les personnes mais disait volontiers qu'il y a des "remaraiges moins mauvais que des premiers mariages", je crois que seul Dieu peut sonder nos coeurs et savoir ce qu'il en est car tous les remariages ne sont pas sur le même plan. Je m'explqiue

Mon mari et moi sommes des divorcés remariés. Mon mari a été abandonné par sa première femme au bout de 24 ans de mariage. Nous nous sommes rencontrés après son divorce et le mien.

J'ai été veuve la première fois, et la seconde offre un cas patent de nullité: mon 2ème mari ne voulait pas d'enfants et l'avait dissimulé. J'ai divorcé au bout de 4 ans car il m'avait violé. J'ai porté plainte et j'ai choisi le divorce rapide en retirant ma plainte plutôt qu'un procès douloureux et uen suspension de divorce pendant toute la procédure....

 

Mon mari actuel et moi sommes heureux ensemble et croyants. Nous sommes pratiquants et allons à la messe tous les dimanches. Même j'ai été plus loin, je me suis convertie il y a 6 mois. Avant j'étais révoltée et je n' admettais pas ce que je pensais une dsicrimination parce-que dans notre malheur nous ne pouvions communier. Mon confesseur m'a encouragée à faire la demande de nullité. Je vais le faire. Mais j'ai choisi de ne pas communier à cause de ma situation. Pourtant nous sommes chastes (pas de relations sexuelles) mais comme je prie tous les jours, j'ai peut-être reçu cette grâce de ne pas souffrir de ce "manque". Je peux vous dire que lorsque je m'avance les bras croisés vers le prêtre et qu'il me bénit. Je ressens une joie immense. Je sais que Jésus m'aime comme IL aime tout le monde.

Mëme si j'obtiens la nullité, ce n'est pas résolu car de son côté mon mari n'a pas le même vécu que moi. Donc ça rique d'être pareil. Pour moi, c'est uen souffrance de ne pas être mariée devant Dieu, mais je sais que notre vie ici bas estbien brève à côté de l'éternité qui nous attend.

Voilà mon témoignage. Vous voyez, je comprends qu'on en puisse autoriser le remariage à l'église sauf cas particuliers prévus par le Droit Canon. Sinon comme le disait Marthe Robin, ce serait la porte ouverte à tous les abus....

agneau nouveau - le 08/06/2010 à 22h47