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« Je vous ai dit ces choses, pour que vous ayez la paix en moi.
Dans le monde vous aurez à souffrir. Mais gardez courage ! J'ai vaincu le monde » (Jn 16,33)

 

Hymne des JMJ - Sydney 2008
Vendredi 16 mai 2008
Le 10 mai dernier, le pape Benoît XVI a reçu en audience les participants au congrès international organisé par l'Université pontificale du Latran à l'occasion du quarantième anniversaire de l'encyclique de Paul VI Humanae Vitae. Voici le discours qu'il leur a adressé (Source Zenit.org).



"Vénérés frères dans l'épiscopat et dans le sacerdoce,

chers frères et sœurs,


C'est avec un plaisir particulier que je vous accueille au terme de vos travaux pendant lesquels vous vous êtes engagés à réfléchir sur un problème ancien et toujours nouveau tel que la responsabilité et le respect pour l'apparition de la vie humaine. Je salue en particulier Mgr Rino Fisichella, recteur magnifique de l'Université pontificale du Latran, qui a organisé ce Congrès international et je le remercie des paroles de salut qu'il a bien voulu m'adresser. Mon salut s'étend ensuite aux illustres relateurs, enseignants et à tous les participants, qui ont enrichi par leur contribution ces journées de travail intense. Votre contribution s'insère de manière efficace dans la plus vaste production qui, au cours des décennies, s'est développée sur ce thème si controversé et, toutefois, si décisif pour l'avenir de l'humanité.


Dans la Constitution Gaudium et spes, le Concile Vatican II s'adressait déjà aux hommes de science en les invitant à unir leurs efforts pour atteindre une unité du savoir et une certitude consolidée à propos des conditions qui peuvent favoriser une « saine régulation de la procréation humaine » (GS, n. 52). Mon prédécesseur de vénérée mémoire, le serviteur de Dieu Paul VI, le 25 juillet 1968, publiait la Lettre encyclique Humanae vitae. Ce document devint rapidement un signe de contradiction. Elaboré à la lumière d'une décision difficile, il constitue un geste significatif de courage en réaffirmant la continuité de la doctrine et de la tradition de l'Eglise. Ce texte, souvent mal compris et sujet à des équivoques, fit beaucoup discuter, également parce qu'il se situait à l'aube d'une profonde contestation qui marqua la vie de générations entières.


Quarante ans après sa publication, cet enseignement manifeste non seulement sa vérité de façon immuable, mais il révèle également la clairvoyance avec laquelle le problème fut affronté. De fait, l'amour conjugal fut décrit au sein d'un processus global qui ne s'arrête pas à la division entre l'âme et le corps et ne dépend pas du seul sentiment, souvent fugace et précaire, mais qui prend en charge l'unité de la personne et le partage total des époux qui, dans l'accueil réciproque, s'offrent eux-mêmes dans une promesse d'amour fidèle et exclusif qui naît d'un authentique choix de liberté. Comment un tel amour pourrait-il rester fermé au don de la vie ? La vie est toujours un don inestimable ; chaque fois que l'on assiste à son apparition nous percevons la puissance de l'action créatrice de Dieu qui a confiance en l'homme et, de cette manière, l'appelle à construire l'avenir avec la force de l'espérance.


Le magistère de l'Eglise ne peut pas s'exempter de réfléchir de manière toujours nouvelle et approfondie sur les principes fondamentaux qui concernent le mariage et la procréation. Ce qui était vrai hier, reste également vrai aujourd'hui. La vérité exprimée dans Humanae vitae ne change pas ; au contraire, précisément à la lumière des nouvelles découvertes scientifiques, son enseignement se fait plus actuel et incite à réfléchir sur la valeur intrinsèque qu'il possède. La parole clef pour entrer avec cohérence dans ses contenus demeure celle de l'amour. Comme je l'ai écrit dans ma première Encyclique Deus caritas est: « L'homme devient vraiment lui-même, quand le corps et l'âme se trouvent dans une profonde unité [...] Mais ce ne sont ni seulement l'esprit ou le corps qui aiment : c'est l'homme, la personne, qui aime comme créature unifiée, dont font partie le corps et l'âme » (n. 5). En l'absence de cette unité, la valeur de la personne se perd et l'on tombe dans le grave danger de considérer le corps comme un objet que l'on peut acheter ou vendre (cf. ibid.). Dans une culture soumise à la domination de l'avoir sur l'être, la vie humaine risque de perdre sa valeur. Si l'exercice de la sexualité se transforme en une drogue qui veut assujettir le conjoint à ses propres désirs et intérêts, sans respecter les temps de la personne aimée, alors ce que l'on doit défendre n'est plus seulement le véritable concept d'amour, mais en premier lieu la dignité de la personne elle-même. En tant que croyants nous ne pourrons jamais permettre que la domination de la technique puisse invalider la qualité de l'amour et le caractère sacré de la vie.


Ce n'est pas un hasard si Jésus, en parlant de l'amour humain, fait référence à ce qui est accompli par Dieu au début de la création (cf. Mt 19, 4-6). Son enseignement renvoie à l'acte gratuit avec lequel le Créateur a voulu non seulement exprimer la richesse de son amour, qui s'ouvre en se donnant à tous, mais également définir un paradigme en fonction duquel doit se décliner l'action de l'humanité. Dans la fécondité de l'amour conjugal, l'homme et la femme participent à l'acte créateur du Père et rendent évident qu'à l'origine de leur vie conjugale il y a un « oui » authentique qui est prononcé et réellement vécu dans la réciprocité, en restant toujours ouvert à la vie. Cette parole du Seigneur reste immuable avec sa profonde vérité et ne peut pas être effacée par les différentes théories qui, au fil des années, se sont succédé et parfois même contredites entre elles. La loi naturelle, qui est à la base de la reconnaissance de la véritable égalité entre les personnes et les peuples, mérite d'être reconnue comme la source de laquelle doit également s'inspirer la relation entre les époux dans leur responsabilité d'engendrer de nouveaux enfants. La transmission de la vie est inscrite dans la nature et ses lois demeurent comme une norme non écrite à laquelle tous doivent se référer. Toute tentative de détourner le regard de ce principe reste elle-même stérile et ne produit pas de fruit.


Il est urgent que nous redécouvrions une alliance qui a toujours été féconde, lorsqu'elle a été respectée ; celle-ci voit au premier plan la raison et l'amour. Un maître perspicace comme Guillaume de Saint-Thierry pouvait écrire des paroles que nous ressentons également profondément valables pour notre époque : « Si la raison instruit l'amour et l'amour illumine la raison, si la raison se convertit en amour et l'amour consent à se laisser retenir entre les limites de la raison, alors ceux-ci peuvent accomplir quelque chose de grand » (Nature et grandeur de l'amour, n. 21, 8). Quel est ce « quelque chose de grand » auquel nous pouvons assister ? C'est l'apparition de la responsabilité à l'égard de la vie, qui rend fécond le don que chacun fait de soi à l'autre. C'est le fruit d'un amour qui sait penser et choisir en pleine liberté, sans se laisser conditionner outre mesure par l'éventuel sacrifice demandé. C'est de là que naît le miracle de la vie dont les parents font l'expérience en eux-mêmes, en ressentant comme quelque chose d'extraordinaire ce qui s'accomplit en eux et à travers eux. Aucune technique mécanique ne peut remplacer l'acte d'amour que deux époux s'échangent comme signe d'un mystère plus grand qui les voit les acteurs et les co-participants de la création.


On assiste hélas toujours plus souvent à de tristes événements qui impliquent des adolescents, dont les réactions manifestent une connaissance incorrecte du mystère de la vie et des implications risquées de leurs gestes. L'urgence de la formation, à laquelle je fais souvent référence, voit dans le thème de la vie l'un de ses thèmes privilégiés. Je souhaite vraiment que l'on réserve notamment aux jeunes une attention toute particulière, afin qu'ils puissent apprendre le véritable sens de l'amour et se préparent pour cela avec une éducation adaptée à la sexualité, sans se laisser distraire par des messages éphémères qui empêchent d'atteindre l'essence de la vérité qui est en jeu. Fournir de fausses illusions dans le domaine de l'amour ou tromper sur les responsabilités authentiques que l'on est appelé à assumer avec l'exercice de la propre sexualité ne fait pas honneur à une société qui se réclame des principes de la liberté et de la démocratie. La liberté doit se conjuguer avec la vérité et la responsabilité avec la force du dévouement à l'autre et également avec le sacrifice ; sans ces composantes la communauté des hommes ne grandit pas et le risque de se refermer dans un cercle d'égoïsme asphyxiant demeure.


L'enseignement exprimé par l'Encyclique Humanae vitae n'est pas facile. Toutefois, il est conforme à la structure fondamentale avec laquelle la vie a toujours été transmise dès la création du monde, dans le respect de la nature et conformément à ses exigences. Le respect pour la vie humaine et la sauvegarde de la dignité de la personne nous imposent de ne rien laisser d'intenté pour qu'à tous puisse être communiquée l'authentique vérité de l'amour conjugal responsable dans une pleine adhésion à la loi inscrite dans le cœur de chaque personne. Avec ces sentiments, je vous donne à tous ma Bénédiction apostolique."

par La rédaction publié dans : Ethique médicale/euthanasie communauté : Chrétiens et heureux de croire
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Vendredi 16 mai 2008

La Fondation Jérôme Lejeune et le Centre de recherche sur le sang de cordon à l'université de Newcastle viennent de s'associer pour créer le consortium international Novussanguis, qui a été officiellement lancé le 14 mai, à l'Ecole de Médecine de Paris, en présence de 200 participants de nombreuses nationalités.

Ce projet est patronné par le président du Parlement européen, Hans-Gert Pöttering, et le ministère français de la recherche.


Ce qui est intéressant à l'heure où l'on doit lutter contre la recherche génétique sauvage, c'est que Novussanguis a pour but de développer et d'encourager une recherche responsable sur les cellules souches adultes et issues de sang de cordon. C'est une plateforme de recherche, qui rassemblera en consortium une quinzaine de laboratoires et privilégie trois orientations : la recherche, l'innovation et la formation de la prochaine génération de chercheurs.


Or, les cellules souches adultes et de sang de cordon sont particulièrement prometteuses pour la thérapie cellulaire et la médecine régénérative du fait de leur fort potentiel de différenciation et de multiplication. À ce jour, ces cellules peuvent traiter plus de 80 pathologies : maladies liées au système sanguin (leucémies), à la moelle osseuse, à l'immunité (bébé bulle), au système nerveux, au cœur, au métabolisme (diabète juvénile...). C'est une alternative crédible et respectueuse de la vie face à la recherche embryonnaire traditionnelle.

 

Pour plus d'informations, voir le site de Novussanguis (ICI).

par La rédaction publié dans : Ethique médicale/euthanasie communauté : Chrétiens et heureux de croire
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Mercredi 23 avril 2008

Nous vous invitons à lire le texte écrit par le directeur de l'OCH - office chrétien des personnes handicapées - concernant l'acquittement de Mme Debaine, prononcée par la Cour d'Assises du Val-d'Oise le 9 avril dernier. Elle était poursuivie pour avoir donner la mort à sa fille atteinte d'un grave handicap, fait qu'elle n'a pas contesté. Le Ministère public a interjeté appel de la décision de la Cour d'Assises.

Voici un extrait du texte du directeur de l'OCH, qui nous paraît parfaitement pertinent :

"Sans doute est-ce cette émotion qui a conduit le public à applaudir le verdict au moment de son énoncé ? Les commentaires de nombreux médias ont manifesté une forte approbation, épousant la justification de la maman lorsqu’elle exprime le sentiment d’avoir posé un acte juste. « Acte de compassion », « une mort donnée par amour » ...

 

Quelle que soit la compréhension dont on peut entourer cette maman, son acquittement, les applaudissements, les nombreux commentaires qui ont accompagné cette annonce, sont infiniment choquants. Cette décision renforce une idée qui chemine de plus en plus dans les esprits : « le permis de tuer par amour » la personne malade ou handicapée. Après le non lieu dont a bénéficié Marie Humbert, un pas dramatique vient d’être franchi par cette décision qui fera jurisprudence : le meurtre par amour devient un acte juste.

 

Après Nicolas Perruche, Vincent Humbert, Chantal Sebire, le message continue d’être martelé : la vie d’une personne gravement malade ou handicapée est un non sens. Il vaudrait mieux qu’elle ne soit pas née. Il vaudrait mieux qu’elle ne vive pas. L’aimer vraiment, c’est mettre fin à sa vie. Par compassion ! Quelle violence !

 

Violence de laisser entendre aussi explicitement à toutes les Anne-Marie que leur vie est sans valeur, et que leurs proches pourraient leur donner la mort par amour. Violence de laisser entendre aux parents qui, jour après jour, accompagnent leur enfant handicapé que leur combat est sans issue, que le véritable amour, la vraie compassion, seraient de mettre fin aux jours de leur enfant. Violence de laisser entendre à tous les aidants, médecins, éducateurs, qui agissent auprès de personnes gravement malades ou handicapées que leur élimination est aussi une alternative juste. Violence faite à tout un chacun, car au fond, ne sommes-nous pas, vous et moi, un jour ou l’autre, en risque de devenir radicalement dépendants ? Devrons-nous nous méfier de l’amour de nos proches ? Et réciproquement, le cas échéant, nos proches devront-ils se méfier de notre amour ?

 

Oui, par cette décision de justice, la société a fait plus que justifier un acte coupable, indépendamment de la compréhension que l’on peut avoir de son auteur. Elle risque d’ouvrir la porte à toutes les dérives à venir, puisqu’elle a justifié que la personne gravement malade ou handicapée soit éliminée, alors que le seul devoir est de l’accompagner. C’est ce que souligne le procureur général de la Cour d’appel de Versailles en décidant d’interjeter appel de cette décision : « ce verdict d’acquittement pourrait en effet être compris comme un encouragement à l’atteinte volontaire à la vie des handicapés, qui méritent notre protection et notre soutien » a-t-il déclaré."


Ce texte peut être consulté en son intégralité sur le site de l'OCH (ICI).
 
par La rédaction publié dans : Ethique médicale/euthanasie communauté : Chrétiens et heureux de croire
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Jeudi 3 avril 2008
Les débats sur l’euthanasie battent leur plein, dans la presse comme sur internet. Il n’y a pas lieu de s’en étonner. Les cas individuels comme ceux de Chantal Sébire ne sont, en définitive, que les pas d’une cause qu’il s’agit de faire avancer. Ses partisans, l’“Association pour le droit de mourir dans la dignité” en tête, n’auront de cesse qu’ils obtiennent satisfaction. Le pouvoir politique et le pouvoir judiciaire paraissent désarmés et sans volonté devant ce qui constitue pourtant, objectivement, la propagande et la promotion de pratiques illégales, pénalement sanctionnées, qui heurtent de front ce fondement essentiel de la civilisation qu'est l’interdit du meurtre. Il faut que les consciences individuelles et collectives soient déjà bien anesthésiées – c’est sans doute le sujet qui veut cela – pour n’en être pas immédiatement, spontanément, scandalisées et révoltées.

Dans ces débats, les opposants à l’euthanasie, outre qu’ils s’attachent à défendre la sacralité et la dignité de la vie humaine, de la conception à la mort naturelle, soulignent la contradiction profonde qu’il y a à revendiquer religieusement le respect absolu des droits de l’homme et à juger qu’il puisse être licite de porter directement et volontairement atteinte à la vie d’un être humain innocent. Il est en particulier singulièrement problématique que des personnes puissent, à la fois, considérer que la peine de mort portée contre des individus coupables de crimes abjectes soit une horreur, et que la mise à mort d’un innocent soit… un acte vertueux. Comprenne qui pourra ! Bienvenue dans le Monde irrationnel de l’Avenir radieux.

Les opposants à l’euthanasie mettent également en garde contre le fait que sa légalisation, fut-ce pour des cas jugés “d’exception”, fera nécessairement entrer le sort de la vie humaine dans le champ de l’arbitraire de l’Etat, au gré des majorités qui se feront ou se déferont. Dans une société où il n’existe plus pour l’heure aucune morale normative commune, ces dernières seront à même, en dernier ressort, de déterminer par la loi positive ce qui est acceptable ou ne l’est pas à un moment donné. Il n’existe aucune limite prévisible ou durablement assignable à l'évolution possible de cette dérive eugénique. Le choix de légaliser l’euthanasie emporte, nécessairement, la dévaluation et la relativisation de l’interdit de tuer, lequel est pourtant le seul rempart efficace de la vie. Le rapport Léonetti n’avait pas manqué de le souligner. La problématique de l'euthanasie ne peut pas sortir de ce cadre, qui l'identifie : une société qui l'accepte est une société sauvage qui intègre délibérément le meurtre au nombre de ses principes fondamentaux.

Cette absence de limite permet d’ailleurs de s’interroger sur le cas des personnes qui, se sentant psychiquement en rupture avec la vie, qu’ils jugeraient pour eux désormais “invivable”, réclameraient que leur fût également reconnu le droit de mourir par suicide assisté. A quel titre cela leur serait-il refusé, si ce n’est, là encore, par pur arbitraire à critères variables ? Et quel sera le principe qui permettra à un tiers de déterminer qu’une vie est “vivable” et qu’une autre ne l’est pas, malgré les appels également désespérés des personnes concernées ? Et qu'ici un assistant au suicide devra être condamné et là absous, voire professionnalisé et rémunéré ? Les jugements qui sont portés déjà, en l’état actuel de la législation, sur les fœtus malformés, dont chacun peut s’arroger le droit de décider si la vie sera vivable ou doit être froidement détruite par l’avortement provoqué, autorisent toutes les inquiétudes. Et qu'est-ce qui permettra, en toute hypothèse, d'expliquer à un jeune homme ou à une jeune fille, dans une société qui massacre déjà ses enfants, qu'il est mal et indigne d'un être humain de porter la main sur la vie de ses semblables quand le meurtre sera devenu une nouvelle option médicale parmi d'autres ? Autant de questions qui ne reçoivent, décidément, jamais de réponse.

Les opposants à l’euthanasie ne se réfèrent donc pas (seulement) à des motifs d’ordre religieux, quels que soient les lumières et la force qu’ils y puisent. Ils pointent du doigt les risques, incontestablement réels, qui pèsent sur une société politique qui ferait entrer en elle une telle menace sur la vie humaine. Notre société se targue d’être historiquement mûre, instruite à jamais des horreurs du passé, dont elle entend conserver activement la mémoire. Mais elle se fie trop à son infaillibilité. Pour avoir une telle assurance, il lui faudrait au moins avoir des vertus qu’elle ne cultive pas, et qui lui échappent d'autant plus qu’elle s’est auto-convaincue qu’elle ne pouvait trouver de liberté qu’en dehors d’elles. Les incantations humanistes des euthanasistes n'empêcheront pas cette société de verser dans la barbarie à laquelle ils l'inclinent de tout leur poids.
par La rédaction publié dans : Ethique médicale/euthanasie communauté : Chrétiens et heureux de croire
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Lundi 31 mars 2008

 

La chaîne de télévision M6 a diffusé, hier soir, une longue émission consacrée à Chantal Sébire, dont le nom est désormais associé à la lutte de ceux qui entendent obtenir du Parlement le vote d'une loi autorisant l'euthanasie dite “active”. Pendant plusieurs jours, les journalistes l’ont accompagnée, caméra à l’épaule et micro au point, avant et après la demande d’autorisation de “mort assistée” qu’elle a vainement présentée devant le président du tribunal de grande instance de Dijon.


Dire que cette émission était poignante est peu dire. Quelles que soient nos propres positions, on ne peut être insensible à une souffrance si poignante, si intense, si désespérée. Le médecin qui l’a soignée a confié que sa propre analyse sur l’euthanasie avait été modifiée par sa fréquentation de la malade.


L’émission était honnête, en ce sens qu’elle a recueilli des appréciations critiques sur le choix de Chantal Sébire, celle d’un médecin dirigeant un centre de soins palliatifs, qui a souligné, indigné, qu’on ne pouvait demander à un médecin de donner la mort ; celle surtout de la propre fille de Chantal Sébire, intelligente en ses nuances, qui a rappelé que sa mère avait sciemment entendu médiatiser sa situation et qu’elle avait refusé de recourir à des soins palliatifs – circonstance fort importante que les tenants de l’euthanasie et de la cause de Chantal Sébire se sont gardés de prendre en compte.


Mais quels contrepoids représentent ces analyses à côté du choc si brutal des images de ce visage défiguré, de ces gémissements apparemment sans écho, de ce corps épuisé, de ces appels désespérés à la souffrance des autres, de ceux qui ne l’écoutaient pas, pour qu’ils « crèvent de douleur » afin de comprendre à leur tour, de ces appels touchants, aussi, à l’amour ?


On ne peut ainsi se garder de cette idée : cette émission, en réalité, paraît bien avoir eu pour objet de faire basculer enfin ceux qui l’ont regardée dans le camp "de ceux qui comprennent", "de ceux qui compatissent", "de ceux qui aiment". Bref de ceux qui sont humains, de ceux qui militent activement pour ce prétendu droit de décider de sa propre mort, comme Mme Humbert, intervenant dans cette émission comme quelqu’un ayant autorité puisqu’elle a mis à mort son propre fils sur sa demande, avant d’en être acquittée par les tribunaux. Après tout, pourquoi laisser ainsi souffrir ? Pourquoi ne pas donner aux malades la miséricorde de la mort qu’ils réclament et que la société leur refuse ?


Sous ce rapport, cette émission établit parfaitement la problématique de l’euthanasie. Elle offre exclusivement le tableau d’une souffrance sans alternative palliative, a priori exclue comme solution possible, d'une vie définitivement privée de sens, de l’horreur d’une vie abîmée dans la souffrance sans ouverture aucune, sans espérance, sans clé rédemptrice, et d’une mort sans avenir, close sur elle-même, comme un éteignoir posé enfin sur une flamme devenue à la fois inutile et trop brûlante.


Cette problématique est supposée être la seule humaine. Si vous ne la partagez pas, c'est que vous n'avez pas de coeur. Elle est supposée être aussi la seule réelle, la seule possible. Et pour la sceller dans cet état, pour lui refuser de glisser sous d'autres lumières qui pourraient la contrarier, on en appelle à l'amour, à la miséricorde, à la bonté, à la pitié, comme pour dire : "vous voyez, dans cet acte de mort volontairement donné se réalise tout ce qu'il y a de plus haut en l'homme. Il n'est pas besoin d'aller chercher ailleurs des vertus qui ne peuvent tenir ce qu'elles promettent, et qui ne tendent qu'à faire subir encore, et encore, des souffrances indignes de l'homme".


Dans le fond, la problématique de l'euthanasie est une posture théologique. Elle présuppose la perception d'un monde en lequel se résorbe la vie, sans rédemption, sans issue possible. Un quelque chose qui ressemble finalement à l'Enfer et auquel il ne serait possible d'échapper que par l'anéantissement de soi-même.

 


par La rédaction publié dans : Ethique médicale/euthanasie communauté : Chrétiens et heureux de croire
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Lundi 17 mars 2008
medium_Souffrance.jpgA nouveau, il y a peu, a été relancé - pour la millième fois - le débat sur l'euthanasie. Ses partisans n'ont de cesse de le remettre sur la place publique jusqu'à ce qu'enfin, par usure, leur opinion finisse par l'emporter législativement pour être imposée à la société tout entière.

Le fond de la question, quoi qu'on en est, est et restera cependant toujours celui-ci : il s'agit de mettre un terme à la vie humaine d'un innocent, en état de détresse et de souffrance, directement et volontairement. Le peut-on moralement ?

Pour esquiver cette question cruelle mais essentielle, à laquelle aucun homme civilisé, en règle générale, ne se résout à apporter une réponse affirmative, les partisans de l'euthanasie mettent exclusivement l'accent sur la souffrance, sur sa charge insupportable, pour faire de l'acte de mort un acte de miséricorde, une exigence même de l'éthique, en tout cas une voie raisonnable.

A raison, comme vient de le faire Mgr Barbarin, l'Eglise rappelle constamment que cette question gravissime ne se résout pas dans la passion ou l'émotion suscitées par des cas actuels dramatiques, amplifiés par les médias. Elle met en cause le jugement même de l'homme sur lui-même et sur ses fins. La justification de la mise à mort, en effet, suppose que l'on établisse une relation entre le scandale d'une souffrance et le fait que la vie de celui qui la subit n'a plus d'avenir. A quoi bon permettre qu'un homme ou une femme subisse une telle dégradation, une telle déshumanisation apparente alors que sa vie, de toute façon, est finie, qu'il n'y a aucun espoir de guérison ?

La problématique de l'euthanasie ne suppose pas seulement une révolte contre le mal et la souffrance, dont nous expérimentons tous un jour ou l'autre la morsure. Elle suppose la dénégation de tout sens à la souffrance, comme de toute espérance.

Il n'est pas inutile, dans un tel contexte, de se remettre sous les yeux le message ci-dessous, adressé par les Pères du Concile, le  8 décembre 1965. Nous le reprendrons ultérieurement en d'autres de ses parties. Retenons pour l'heure l'adresse qui concerne "les pauvres, les malades et tous ceux qui souffrent". Il n'y est pas question de l'euthanasie, mais de la seule souffrance. Mais, encore une fois, c'est bien le coeur du débat. 

Il s'agit, à notre connaissance, de l'un des plus beaux  textes qui aient jamais été écrits sur la question, et dont chacun de nous peut se nourrir avec fécondité à l'aube de cette Semaine sainte, où nous commémorons la marche de Jésus à son Sacrifice rédempteur, Lui l'Homme des douleurs, qui a connu toute souffrance physique et morale pour l'habiter de l'intérieur et l'ouvrir à la bienheureuse espérance de sa Résurrection.

Tel est et tel doit être le fond intellectuel tant de nos plus fermes convictions que de nos plus tendres compassions dans cette si redoutable question.


_______________


Pour vous tous, frères éprouvés, visités par la souffrance aux mille visages,J991997.jpg le Concile a un message tout spécial.

Il sent fixés sur lui vos yeux implorants, brillants de fièvre ou abattus par la fatigue, regards interrogateurs qui cherchent en vain le pourquoi de la souffrance humaine, et qui demandent anxieusement quand et d’où viendra le réconfort...

Frères très chers, nous sentons profondément retentir dans nos cœurs de pères et de pasteurs vos gémissements et vos plaintes. Et notre peine s’accroît à la pensée qu’il n’est pas en notre pouvoir de vous apporter la santé corporelle ni la diminution de vos douleurs physiques que médecins, infirmières, et tous ceux qui se consacrent aux malades s’efforcent de soulager de leur mieux.

Mais nous avons quelque chose de plus profond et de plus précieux à vous donner, la seule vérité capable de répondre au mystère de la souffrance et de vous apporter un soulagement sans illusion : la foi et l’union à l’homme des douleurs, au Christ, Fils de Dieu, mis en croix pour nos péchés et pour notre salut.

Le Christ n’a pas supprimé la souffrance ; il n’a même pas voulu nous en dévoiler entièrement le mystère ; il l’a prise sur lui, et c’est assez pour que nous en comprenions tout le prix.

Ô vous tous, qui sentez plus lourdement le poids de la croix, vous qui êtes pauvres et délaissés, vous qui pleurez, vous qui êtes persécutés pour la justice, vous sur lesquels on se tait, vous les inconnus de la douleur, reprenez courage ; vous êtes les préférés du Royaume de Dieu, le Royaume de l’espérance, du bonheur et de la vie ; vous êtes les frères du Christ souffrant et avec lui, si vous le voulez, vous sauvez le monde !

Voilà la science chrétienne de la souffrance, la seule qui donne la paix. Sachez que vous n’êtes pas seuls, ni séparés, ni abandonnés, ni inutiles : vous êtes les appelés du Christ, sa vivante et transparente image. En son nom, le Concile vous salue avec amour, vous remercie, vous assure l’amitié et l’assistance de l’Église, et vous bénit. 
par La rédaction publié dans : Ethique médicale/euthanasie communauté : Chrétiens et heureux de croire
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Vendredi 14 mars 2008
Suite aux déclarations de Rachida Dati [1] et du Premier Ministre François Fillon, face à la demande d’euthanasie d’une personne gravement malade, la Confédération nationale des associations familiales catholiques [CNAFC : Ici] rappelle avec force l’indispensable nécessité de développer avec ambition les unités de soins palliatifs seules à même d’apporter le soulagement psychologique et physique dont ont besoin les personnes en fin de vie. Elle souhaite une mise en œuvre de la loi Leonetti selon laquelle :

- « le médecin est autorisé en dernier recours à utiliser un traitement contre la douleur pouvant provoquer la mort du patient. »

- « Reste interdite l'euthanasie active, c'est-à-dire l'injection d'un produit en vue de provoquer la mort et l'aide au suicide. »
 
Dernier élément au débat :

Le Président de la République a proposé à Madame Sébire « qu'un nouvel avis soit donné sur son cas par un collège de professeurs d'université du plus haut niveau. » Cette réunion serait destinée à « prouver que toutes les ressources de la médecine sont épuisées . » [2] Que fera le Président si cette preuve est apportée ?
 
La CNAFC souligne à nouveau [3] l’importance de l’accompagnement des personnes malades.  La mort ne saurait en aucun cas être une réponse à leur souffrance.
 
 _______________

[1] « Je considère que la médecine n'est pas là pour administrer des substances létales » (Rachida Dati, Ministre de la justice France Inter le 13 mars 2008).
[2] www.lefigaro.fr  13 mars 2008
[3]Cf Communiqué de presse CNAFC du 01/12/2007 Affaire Humbert sur www.afc-france.org
par La rédaction publié dans : Ethique médicale/euthanasie communauté : Chrétiens et heureux de croire
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Samedi 16 février 2008
    Au moment où les catholiques français s'insurgent contre la campagne menée par le Planning familial avec le concours massif des deniers publics de la Région Ile-de-France, la question de l'avortement ne cesse d'être débattue outre Atlantique.

Le site Zenit évoque ainsi les réactions très fermes des évêques américains suscitées par l'accueil de Mme Clinton à l'Université catholique de San Antonio, au Texas. En voici le compte-rendu :


ROME, Vendredi 15 février 2008 (ZENIT.org) - L'archevêque de San Antonio (Texas, USA) se dit « surpris » qu'une université catholique locale ait pensé recevoir Hillary Clinton lors d'une étape de sa campagne, les idées de la sénatrice étant, selon lui, non conformes aux enseignements de l'Eglise.GomezWEB.jpg

Mgr José Gomez a fait part de son étonnement dans une déclaration à la presse, le 13 février, soit le jour de la venue d'Hillary Clinton à la St. Mary's University. La sénatrice, partisane depuis longtemps du « droit à l'avortement », avait inclus cette visite dans le programme de sa course à la Maison Blanche.

Dans un message officiel du bureau de presse de l'archidiocèse, Mgr Gomez déclare : « J'ai été surpris d'apprendre la venue de la sénatrice à la St. Mary's University. Je n'ai été ni averti ni consulté par l'université avant la décision de laisser la sénatrice Clinton intervenir à l'Université ».

« Les institutions catholiques ont le devoir d'enseigner et de promouvoir les valeurs catholiques à tous les niveaux, a-t-il ajouté. Ceci est particulièrement important à un moment où les gens attendent de nos universités et de nos écoles catholiques, un leadership et un éclairage au niveau d'un discours politique souvent compliqué et conflictuel ».

« Il est clair que les positions de la sénatrice Clinton et de quelque autre candidat à la présidentielle sur d'importantes questions relatives à la vie ne sont pas conformes à l'enseignement de l'Eglise catholique ».

« Mon intention n'est pas de dire aux citoyens pour qui voter », affirme l'archevêque dans son message, soutenu par l'évêque d'Amarillo, Mgr Patrick Zurek, et par l'évêque auxiliaire émérite de San Antonio, Mgr Thomas Flanagan.

« Quoiqu'il en soit, j'invite les catholiques à comprendre les enseignements de l'Eglise sur le vaste éventail de questions publiques qui sont actuellement objet de forte préoccupation ».

Reprenant les termes d'un document de la Conférence épiscopale américaine, paru en 2004, l'évêque américain a déclaré : « quand elles ont à faire aux candidats politiques et aux fonctionnaires publics, la communauté catholique et les institutions catholiques ne devraient pas honorer ceux qui agissent sans respecter nos grands principes moraux. Elles ne doivent pas donner l'impression de soutenir leur action en leur décernant des récompenses, en leur accordant des honneurs ou en leur offrant des tribunes ».

Mgr Gomez a souligné qu'un démenti de l'université St. Mary's précise que : « en tant qu'université catholique exonérée d'impôts », l'institution ne « soutient aucun candidat politique ni leurs positions sur différentes questions, et reconnaît la différence fondamentale entre les positions des candidats aux présidentielles et celles de l'Eglise catholique ».

L'archevêque de San Antonio, affirme, en conclusion, que les institutions catholiques « doivent promouvoir la compréhension claire de nos profondes convictions morales sur une question comme l'avortement, un acte que l'Eglise considère comme un ‘crime indicible' et une question non négociable ». 

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par La rédaction publié dans : Ethique médicale/euthanasie communauté : Chrétiens et heureux de croire
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Mardi 18 décembre 2007
    Nous publions ici un intéressant article paru ce mois-ci dans le Bulletin trimestriel d’information “provie”  de l’association Droit de naître, que nous remercions pour son aimable autorisation et que nous invitons nos lecteurs à découvrir (1).

« Le citoyen est obligé en conscience de ne pas suivre les prescriptions des autorités civiles quand ces préceptes sont contraires aux exigences de l'ordre moral, aux droits fondamentaux des personnes ou aux enseignements de l'Evangile »
(Catéchisme de l'Eglise catholique, n° 2242).

« La loi prévoit souvent un droit à l'objection de conscience pour les professions de santé, mais elle en restreint tellement la possibilité d'exercice, qu'elle a en fait établi un véritable système de droit à l'avortement.
« La société idéologiquement tolérante ne peut tolérer l'objection de conscience, car celle-ci échappe par quelque manière à son empire.
« En somme, la société tolérante impose une pensée unique»
(Mgr Jean Lafitte, Vice-président de l'Académie pontificale pour la Vie).
__________

baby1.jpeg Dans notre dernier numéro, nous avons commenté les déclarations de Simone Veil au TVMag, sur les avortements tardifs à haut risque pratiqués en Espagne, objets d'un “Envoyé Spécial” de France 2. Dans cette interview, Mme Veil a fait un petit bout de chemin et a reconnu que l'avortement « c'est une question éthique et pas seulement un geste médical », car « il est de plus en plus évident que, dès la conception, il s'agit d'un être vivant ».

C'est justement cette évidence qui amène les nouvelles générations de médecins à refuser de prêter leur concours à l'avortement en invoquant la “clause de conscience” qui existe, peu ou prou, dans les codes sanitaires du monde entier.

« La seule chose que j'avais négociée avec l'Eglise », a en effet révélé Mme Veil dans son interview au TVMag, « était de ne pas contraindre les médecins. C'est un point à maintenir, car on ne peut obliger personne à aller contre ses convictions. »

En plus du vif intérêt historique que suscitent ces déclarations (on aimerait savoir plus précisément en quoi ont consisté ces « négociations » : par exemple, quels étaient les « négociateurs » de la part de l'Eglise catholique, quelles ont été les concessions faites en échange de la non-contrainte des médecins, etc.), elles ont une portée énorme pour l'actualité. Car le lobby pro-avortement est décidé à forcer les médecins, les infirmières et les pharmaciens à « aller contre leurs convictions », en violation des garanties que Mme Veil avait données à l'époque de l'approbation de la loi qui porte son nom.

En effet, depuis la loi Aubry, les chefs de service des hôpitaux publics sont obligés d’organiser la pratique de l'avortement dans leur service. Un chef de service respectueux de la vie humaine n'a qu'à démissionner ou encourir le risque d'être renvoyé.

La dérive est la même au niveau européen. On se souvient de l'avis du “Réseau d'experts indépendants” de la Commission européenne qui a condamné le concordat entre le Saint-Siège et la Slovaquie : cette dernière y « reconnaît le droit de chacun à obéir à sa conscience conformément aux principes doctrinaux et à la morale de l'Eglise catholique ». D'après les jurisconsultes de Bruxelles, cette clause, valable non seulement pour le personnel de la santé, mais aussi pour les hôpitaux catholiques, « porte atteinte aux droits des femmes à accéder aux services médicaux qui procèdent légalement à des avortements et comporte donc à leur égard une discrimination ainsi qu'une menace de traitement inhumain et dégradant » (sic !).

Au Portugal, le ministre socialiste de la Santé, Antonio Correia de Campos, a intimé à l'Ordre des médecins d'éliminer du code de déontologie, dans le délai de 30 jours, l'obligation pour les praticiens de « respecter la vie humaine dès ses débuts » et la qualification de l'avortement comme « une faute déontologique grave », pour se conformer à la nouvelle législation. En effet, l'immense majorité des médecins portugais exerçant dans les hôpitaux publics se refusent à pratiquer l'avortement en alléguant la « clause de conscience ». L'Ordre des avocats a qualifié l'intromission du ministre « d'arrogante et excessive » et nombreux sont les juristes qui la considèrent comme illégale, car la Constitution portugaise déclare que « la vie humaine est inviolable ».

Outre-atlantique, les choses ne vont pas mieux. Aux Etats-Unis, les hôpitaux catholiques du New Hampshire sont désormais forcés par la loi de délivrer la pilule abortive du lendemain aux femmes victimes d'un viol. Douze Etats américains ont déjà approuvé des législations forçant les pharmaciens à délivrer la pilule abortive malgré leurs objections morales. Au Chili, le ministère de la santé a appliqué une grosse amende à trois chaînes de pharmacies qui ne distribuaient pas la «pilule du lendemain », les forçant financièrement à prêter leur concours à des avortements chimiques. Deux se sont pliées sans broncher, et la troisième a publié une annonce dans les journaux regrettant de devoir le faire sous contrainte.

Pour Mgr Jean Lafitte, Vice-président de l'Académie pontificale pour la Vie, l'objection de conscience est battue en brèche précisément par cette distinction abusive entre individus et institutions. « Comme l'objection, dit-il, n'est pas reconnue aux établissements, mais aux personnes seulement, les établissements publics doivent prévoir des services où l'avortement peut être pratiqué. Les médecins obstétriciens travaillant dans ces établissements ne peuvent refuser que soient pratiqués les avortements dans leur service. S'ils le faisaient, ils seraient priés de quitter la structure publique. Dans le secteur privé, les médecins ne sont pas tenus bien sûr de les pratiquer. Toutefois, ils doivent indiquer aux patients qui le désirent une structure alternative, où ils pourront obtenir l'interruption de grossesse ».

Le président de la Fédération internationale des Associations de Médecins catholiques (FIAMC), le Dr Josep María Simón Castellví, s'est même plaint du fait « qu’il est très rare de trouver un pays en Europe, pourtant soi-disant démocratique, où les gynécologues aient la possibilité de se former sans avoir à pratiquer l'avortement. Le pouvoir, poursuit-il, en asservissant de cette manière les bons leur fait accomplir un acte de complicité puisque ces derniers se taisent et laissent faire ».

Devant ce panorama affligeant pour les professionnels respectueux du caractère sacré de la vie humaine, le Pape Benoît XVI a élevé sa voix et dénoncé le caractère totalitaire que prenait le manque de respect de la conscience des praticiens de la santé dans l'exercice de leur profession.

En février dernier, dans un discours aux membres de l'Académie pontificale pour la Vie, à l'issue du congrès international intitulé « La conscience chrétienne en soutien du droit à la vie », le Pontife déclara : « La conscience chrétienne possède la nécessité intérieure d'être alimentée et renforcée par les motivations multiples et profondes qui militent en faveur du droit à la vie. C'est un droit qui exige d'être soutenu par tous, car il s'agit du droit fondamental par rapport aux autres droits humains ». C'est pourquoi, ajoute le Saint-Père, il faut exhorter les professionnels, médecins et juristes, « à élaborer un jugement compétent de conscience, et, le cas échéant, une objection courageuse de conscience ».

Fin octobre, dans un discours aux participants du 25e congrès international des Pharmaciens catholiques sur « Les nouvelles frontières de l'acte pharmaceutique », Benoît XVI s'est fait plus percutant encore :

« Dans le domaine moral, affirma-t-il, votre Fédération est invitée à affronter la question de l'objection de conscience, qui est un droit qui doit être reconnu à votre profession, vous permettant de ne pas collaborer, directement ou indirectement, à la fourniture de produits ayant pour but des choix clairement immoraux, comme par exemple l'avortement et l'euthanasie. »
__________


La clause de conscience en droit français

La clause de conscience a été officiellement établie en médecine en 1975 par la loi51PLmCVqDAL.-AA240-.jpg relative à l'avortement [art. L. 2212-8 et L. 2213-2 du code de la santé publique].

Une décision du Conseil constitutionnel du 27 juin 2001 a érigé la liberté de conscience au rang de principe fondamental reconnu par les lois de la République, fondé sur l'article 10 de la Déclaration des droits de l'homme [« Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses (...) »] et sur le Préambule de la Constitution de 1946 [« Nul ne peut être lésé dans son travail ou son emploi en raison de ses origines, de ses opinions ou de ses croyances »].

La loi Aubry du 4 juillet 2001, qui a étendu à 12 semaines le délai légal de l'avortement, a inclu ce principe dans un cadre plus général du droit au refus de soins par le médecin.

L’article 47 du code de déontologie médicale (art. R. 4127-47 CSP) dispose que « le médecin a le droit de refuser ses soins pour des raisons professionnelles ou personnelles ».

__________

(1) Droit de naître, 39 avenue Pasteur - 92400 Courbevoie
Adresse internet : www.droitdenaitre.org

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Mercredi 28 novembre 2007
telethon.gifOn se souvient, bien sûr, de la polémique née l'an passé de l'intervention des évêques français qui avaient critiqué le  célèbre et fructueux Téléthon. Il ne s'agissait pas pour eux d'en critiquer le principe, mais l'affectation des sommes recueillies. La situation étant inchangée, les évêques se manifestent à nouveau sur cette question. C'est le cas, en particulier de Mgr Raffin, évêque de Metz, dans une déclaration du 9 novembre dernier. En voici le texte.

La campagne du Téléthon 2007, on le sait, est pilotée depuis Metz. Un fort engagement des médias à la cause qu’il défend a fait que le Téléthon est devenu, depuis sa première édition en 1987, une grande opération nationale de solidarité destinée à financer les recherches susceptibles de guérir les myopathies.

L’Association Française contre les Myopathies (AFM), créée en 1958, favorise et soutient, grâce aux fonds recueillis à l’occasion du Téléthon, des recherches destinées à découvrir l’origine des maladies neuromusculaires et plus largement des maladies d’origine génétique, et à développer des thérapies classiques ou plus innovantes comme la thérapie génique ou la thérapie cellulaire.

Mais, en même temps, une partie des fonds de la collecte du Téléthon – un peu moins de 2% - est affectée à la recherche sur les embryons.

Certes, je me réjouis de ce que la solidarité nationale finance des recherches concernant la santé – encore que celles-ci pourraient être financées par les seuls fonds publics –, mais je ne puis être d’accord avec le financement de recherches, si minimes soient-elles, en contradiction manifeste avec l’éthique, même dans un cadre strictement défini par la Loi : le légal en effet n’est pas forcément moral.

L’embryon humain n’est jamais un objet utilisable au gré d’intérêts divers, même si, parmi ces intérêts, il y a la guérison possible de maladies graves.

Par conséquent, tant que l’on n’offrira pas aux donateurs la possibilité de s’opposer à l’affectation éventuelle de leurs dons à la recherche sur les embryons, il m’est impossible de soutenir la campagne du Téléthon".

+ Fr. Pierre RAFFIN, o.p.
évêque de Metz

La finale de l'évêque dominicain peut surprendre : "Il m'est impossible de soutenir la campagne du Téléthon". Elle donne curieusement à entendre que les organisateurs de cette manifestation l'aurait personnellement invité à la soutenir. La raison en échappe d'autant plus que l'épiscopat a manifesté ses plus claires réserves à cet égard. On ne voit dès lors pas que lesdits organisateurs se soient aventurés à demander à l'évêque de Metz - qui n'est pas le pittoresque Mgr Gaillot - un soutien si manifestement contraire à ces réserves.

En réalité, au regard d'une question qui concerne le droit naturel, opposable à tous, ce "il m'est impossible de soutenir..." doit plutôt être entendu comme : "On ne peut pas soutenir..." ou, plus limitativement : "Un chrétien ne peut pas, en conscience, soutenir..." Si nous ne nous trompons pas, ne serait-il pas plus simple et plus éclairant de l'exprimer ainsi ?

Puisque c'est bien au regard d'un jugement moral universel que la question finalement se pose, et non au regard d'une appréciation prudentielle personnelle, on ne nous en voudra pas de préférer cette formulation. Au reste, l'essentiel demeure : les conditions actuelles d'affectation des fonds recueillis ne permettent pas à un chrétien, en particulier, de soutenir cette entreprise, si utile soit-elle au demeurant.
par La rédaction publié dans : Ethique médicale/euthanasie communauté : Chrétiens et heureux de croire
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"A la Grèce, nous devons surtout notre raison logique.
A Rome, nos maximes de droit et de gouvernement.
Mais à l'Evangile nous devons notre idée même de l'homme.
Si nous renions l'Evangile, nous sommes perdus".

Mal Jean de Lattre de Tassigny