Communautés

L'Eglise qui souffre

Vendredi 23 décembre 2011 5 23 /12 /Déc /2011 16:13

Par Mgr Michel CHAFIK

 

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Béatitude,

Chers Pères évêques, 


 

espagne-drapeau.jpg[Ed. española]  Il est des années qui, avant même de se refermer, semblent s’effacer ; des années blanches, difficiles à fixer sur la toile du temps. D’autres en revanche, secouées par le vent de l’histoire, ne se peuvent oublier. 2011, l’année de l’indignation, est de celles-là.

 

En Occident, tout commença par le coup de sang d’un très vieux monsieur dont l’« Indignez-vous » rencontra un écho inattendu. D’Athènes à New-York, les indignés se rassemblèrent en nombre pour clamer leur refus du monde comme il va.

 

En Egypte, ce sont les jeunes qui, au prix de leur vie, osèrent s’indigner : « keffaya », « ça suffit ». Jour et nuit, sans faiblir, sur la place Tahrir ils crièrent leur colère. Jusqu’à ce qu’enfin s’en aille le Raïs, le chef honni d’un régime dictatorial et corrompu.

 

Printemps, révolution, tsunami, les mots ne manquent pas pour désigner les évènements qui bouleversèrent le monde arabe. Pour les décrypter en profondeur, il faut rompre avec le temps court de l’information, adopter une grille de lecture plus ouverte, moins contingente.

 

Que nous dit la Bible de l’indignation ? Qu’elle est, aiguillonnée par l’espérance, une juste colère, et aussi que l’inconnu est le chemin. Il n’est qu’à relire l’épopée de Moïse. L’indignation le pousse à rompre avec son passé pour conduire, hors d’Egypte, ses frères réduits en esclavage par pharaon. Ce faisant, que d’épreuves il lui faut traverser ! L’infini du désert, l’infini des possibles, effraie les Hébreux, prompts à se retourner contre leur libérateur. L’incertitude engendre la nostalgie de la servitude, somme toute rassurante : « Laisse-nous servir les Egyptiens ! Mieux vaut pour nous servir les Egyptiens que mourir au désert » (Ex.14, 12b) murmurent-ils quand l’heure est au doute et au découragement. Fils d’esclaves ou fils de roi, le choix n’est pas si simple qu’il y paraît d’abord.

 

Aujourd’hui, en Egypte, les atermoiements de l’armée, la montée du fondamentalisme musulman et la grande misère génèrent une angoisse diffuse dont les Coptes sont les premières victimes. Jamais, peut-être, il n’y eut tant d’églises brulées, tant de chrétiens molestés et contraints à l’exil. Faut-il pour autant regretter l’ancien régime, entretenir le mythe vicié du bon vieux temps, celui de l’humiliante protection accordée, mais à quel prix, par les tyrans ?

 

Revenons à nos Hébreux. L’histoire pour eux connut une fin heureuse, puisqu’après des années d’errance, ils entrèrent en Terre Promise.

 

A quoi ressemble la terre Promise des enfants de Tahrir ? C’est à n’en pas douter une terre féconde dont les habitants vivent dignement du fruit de leur travail ; une terre vertueuse, respectueuse des droits inaliénables de la personne ; une terre mêlée où ceux qui croient en Allah, en Jésus - يسوع - ou en Yahvé, et ceux qui ne croient pas, inventent ensemble la démocratie.

 

«  Utopie », dites-.vous. J’aimerais mieux pari, acte de foi, affirmation volontaire que le pire n’est jamais certain. Oui, je crois que l’Egypte, douce et accueillante pour la Sainte Famille, saura triompher de sa part d’ombre et devenir, pour tous ses enfants, la mère patrie qu’ils appellent de leurs vœux.

 

Les égyptologues ne nomment-ils pas périodes intermédiaires ces temps, pleins de bruit et de fureur, qui accompagnaient dans l’antiquité le passage d’une époque à une autre ? Aujourd’hui, l’Egypte vit une de ces périodes intermédiaires, transition obligée pour entrer dans une ère nouvelle.

 

 « Ne craignez-pas, car voici que je viens vous annoncer une bonne nouvelle, une grande joie. Un sauveur vous est né » (Lc 2,10-11)

 

Que l’Enfant si fragile de la crèche nous guérisse de la peur. Qu’Il creuse en nous la faim et la soif de justice pour qu’enfin éclose, né de l’indignation et porté par l’espérance, le monde meilleur auquel aspire notre belle jeunesse.

 

Joyeux Noël, bonne et sainte année 2012 !

 

Mgr Michel Chafik 

 


 

- Chaque dimanche, messe copte à 11h en la chapelle « Notre Dame d’Égypte ».

  15, rue Philippe de Girard. Paris 10ème. Métro : la Chapelle.

 

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Publié dans : L'Eglise qui souffre - Communauté : Chrétiens et heureux de croire
Vendredi 14 janvier 2011 5 14 /01 /Jan /2011 07:52

Par Mgr Michel Chafik

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Le ciel est bas et gris, il bruine sur Paris quand, sur le parvis de Notre-Dame, les croix coptes dessinent le coeur douloureux du Seigneur.

 

En ce 7 janvier, jour de la Nativité selon le calendrier julien , les coptes ont éprouvé le besoin de se réunir. De se réunir pour pleurer leurs morts, pour crier leur colère, pour témoigner aussi, envers et contre tout, de leur espérance.

 

Ils sont là, rassemblés autour de leurs prêtres, si proches de leurs abounas que ceux-ci en suffoquent.

 

Il y a beaucoup de jeunes parmi la foule. De nouveaux venus, arrivés les mains vides mais la foi chevillée à l’âme, ont les yeux noyés de nostalgie; d'autres, nés en France et parfaitement intégrés, conjuguent avec ferveur leur double identité.

 

Les témoignages se succèdent : Le clergé copte, ses fidèles, des représentants des différentes Eglises chrétiennes et de la société civile prennent tour à tour la parole.

 

Une jeune égyptienne vient réclamer les droits, incompatible en Intégrisme,  de vivre, de rire et de dire sa foi. Un algérien converti depuis peu au christianisme, un apostat pour la communauté musulmane, hurle son amour pour le Christ, un amour qui, comme tout amour, brûle, déchire et fait danser la vie. Une militante des droits de l'homme revendique, pour tous, la liberté de croire ou de ne pas croire; et rappelle que celle-ci est consubstantielle à la démocratie.  

 

Quand leurs frères restés au pays sont interdits de parole, les coptes de France parlent, ils parlent à perdre haleine. Ils chantent aussi, à tue-tête, pour calmer la colère qui, par spasmes, leur tord le cœur ; et, les mains levées vers le ciel, ils prient le Père, lui demandant le don de la paix.

 

La nuit tombe sur le parvis. Lentement Notre-Dame s’habille de lumière. Elle enveloppe de son ombre protectrice ses enfants souffrants qui, une dernière fois, entonnent pour les morts d’Alexandrie le chant des martyrs.

 

« Douce Mère des martyrs est si belle.

Le sang de tes enfants qui ruisselle,

L’océan des douleurs, tu traverses.

Et ta foi, en Jésus, tu professes. »

 

Mgr Michel Chafik

Recteur de la Mission copte catholique de Paris

Notre Dame d’Egypte

WWW.notredame-egypte.fr

 

 

Chaque dimanche, messe copte à 11h en la chapelle « Notre Dame d’Égypte ». 

15, rue Philippe de Girard. Paris 10ème.

 

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Publié dans : L'Eglise qui souffre - Communauté : Prières, neuvaines chrétiennes
Jeudi 13 janvier 2011 4 13 /01 /Jan /2011 08:12

Par L'Equipe d'Hermas

carte.jpg Mohammad Abed/AFP.- Le meurtre d’un Copte, mardi, par un policier a relancé les craintes de tensions confessionnelles en Égypte. Ce meurtre alourdit un climat déjà tendu, onze jours après un attentat meurtrier contre une église copte à Alexandrie, deuxième ville du pays, qui a fait 21 morts. Les obsèques de Fathi Saïd Ebeid, 71 ans, ont eu lieu hier dans une église du Caire, en présence de quelque 300 membres de la famille et amis. « On est en train de nous éliminer un à un », a lancé sa sœur Yvonne, en pleurs.

 

Le gouverneur de Minya, Ahmed Diaa Eddine, dont dépend Samalut (où a eu lieu le drame), a estimé que « l’acte du policier était lié à son état mental » et non à la religion. Il a affirmé que le policier « avait essayé de tirer sur deux musulmans qui tentaient de le maîtriser mais n’avait plus de munitions ».

 

Une version différente a toutefois été donnée par un religieux copte. Se fondant sur les témoignages des blessés, tous Coptes, le père Morcos, de l’évêché de Samalut, a assuré que le policier avait repéré un groupe comprenant des femmes ne portant pas le voile islamique. Comprenant qu’il s’agissait de Coptes, il a tiré sur eux en criant « Allah Akbar », a-t-il ajouté.      

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Publié dans : L'Eglise qui souffre - Communauté : Prières, neuvaines chrétiennes
Mercredi 12 janvier 2011 3 12 /01 /Jan /2011 08:41

Par Mgr Michel Chafik

 

copte.jpgPour les chrétiens d’Egypte, les fêtes ont un goût de cendre. L’année 2010 s’ouvrit sur le Noël sanglant de Nag-Hammadi, elle se referma sur l’attentat perpétré, la nuit de la Saint-Sylvestre, contre l’église des Deux-Saints d’Alexandrie. 

 

Comme dans un cauchemar, l’horreur se répète et la colère gronde chez les coptes qui ont du martyre une trop longue expérience. Après le drame, ils sont descendus dans la rue et se sont opposés aux forces de l’ordre peu enclines, lorsqu’ils sont menacés, à leur porter secours. Lors des obsèques, les fidèles ont imposé le silence à l’évêque Youanes chargé de leur transmettre les condoléances du président. L’Etat, comme toujours, tente de minimiser les faits et se refuse à reconnaître tout caractère confessionnel à l’attaque meurtrière.

 

Les coptes n’en peuvent plus des mensonges et des non-dits qui étouffent leur pays. Ils veulent en finir avec l’image d’Epinal d’une Egypte pacifique, conviviale, où chrétiens et musulmans vivraient en bonne intelligence. Le mythe de l’unité nationale est mort avec Sadate qui, pour se démarquer de son prédécesseur, a joué les apprentis-sorciers en initiant une politique d’islamisation de la société. Il en fut, ironie du sort, la victime la plus célèbre. 

 

S’il garde le contrôle du politique et de l’économique, le pouvoir actuel est absent du champ social, religieux et culturel. Les frères musulmans et les tenants du wahabbisme ont eu tout loisir d’infiltrer la société et d’en modifier en profondeur les références et les comportements. Sous leur influence, l’Egypte décréta l’interruption des programmes télévisés, cinq fois par jour à l’heure de la prière. Durant celle-ci, la vie se figea, on ne communiqua plus que par gestes. Dans les transports, on vit apparaître des voitures réservées aux voyageuses. Les femmes se coiffèrent du voile islamique tandis que les hommes laissèrent pousser leur barbe : autant de symboles qui contribuèrent à exacerber les antagonismes. C’en était fini du rêve alexandrin, de la coexistence heureuse des religions et des cultures. Celle que Lawrence Durrell surnommait « la capitale de la mémoire » s’enfonça, inexorablement, dans la peur, dans l’obscurantisme, dans le refus de l’autre. De toutes les frustrations, les chrétiens furent, plus que jamais, les boucs-émissaires.

 

L’Egypte est aujourd’hui un géant aux pieds d’argile arc-bouté entre archaïsme et post-modernisme. Qu’adviendra-t-il lorsqu’au terme de cette interminable fin de règne, Moubarak disparaîtra ?

 

Le calvaire enduré par les coptes n’est hélas pas un cas isolé. De l’Erythrée à Bagdad, d’Istanbul à Islamabad, les chrétiens sont, à des degrés divers, persécutés. Considérés comme des citoyens de seconde zone, des agents de l’Occident, des étrangers à ces terres dont ils furent pourtant les premiers convertis au Dieu unique, ils n’ont d’autres choix que l’exil, le reniement ou la mort. 

 

Pendant des années le monde a détourné les yeux, a choisi le silence. La communauté internationale, les Etats sans racines assumées qui la composent ont laissé faire. Les chrétiens d’Orient sont sans doute bien dérangeants ! Trop arabes, pour ne pas inquiéter et trop croyants, en ces temps marqués par le laïcisme triomphant. A chaque époque, ses Persans : comment peut-on être arabe et chrétien ?

 

L’horreur des images diffusées par les médias a, semble-t-il, arraché l’Occident à sa torpeur. On s’indigne enfin, enfin on se souvient qu’en d’autres contextes on fit usage du droit d’ingérence. Des députés se mobilisent quand la ministre des Affaires étrangères, Michèle Alliot-Marie, annonce qu’elle va prendre un certain nombre d’initiatives avec ses collègues européens pour assurer la protection des chrétiens d’Orient. Lors de ses vœux aux autorités religieuses, le président de la République, Nicolas Sarkozy, a exprimé sa proximité avec les martyrs de Bagdad et d’Alexandrie. Ils sont « nos martyrs » a-t-il ajouté avant de dénoncer le plan « d’épuration » religieuse à l’œuvre au Moyen-Orient.

 

Si celui-ci devait aboutir, ce serait une tragédie, une double tragédie : pour  les chrétiens d’abord, contraints d’abandonner, la mort dans l’âme, leurs terres d’origine ; mais aussi pour les musulmans qui se verraient amputés, par cet exode, d’une part d’eux-mêmes. 

 

Pour que vive de nouveau le rêve alexandrin, chaque croyant doit reconnaître en l’autre, par delà ses différences, un frère, un semblable en qui Dieu est à l’œuvre.

 

Mgr Michel Chafik

Recteur de le Mission copte catholique de Paris

Notre Dame d’Egypte

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Publié dans : L'Eglise qui souffre - Communauté : Prières, neuvaines chrétiennes
Mardi 21 décembre 2010 2 21 /12 /Déc /2010 14:58

Par Pierre GABARRA

Au cours des quarante dernières années, d’innombrables ruines ont été accumulées dans tous les domaines de la foi, de la pratique, du culte, de la formation sacerdotale et de la psychologie religieuse. C’est un fait dont peu paraissent être conscients, peut-être parce que cette conscience requiert d’avoir, par le cours de sa vie, un pied de chaque côté de cette triste quarantaine et une expérience personnelle à la fois de la frénésie barbare qui a submergé tant de clercs et de ce qu’elle a emporté de la vie de l’Eglise. D’aucuns nous disent qu’il faut tourner la page, regarder devant soi, et il y a évidemment du vrai en cela, ne serait-ce que parce que les promesses du Christ le justifient. Cependant, l’exhortation serait plus convaincante si, malgré les renouveaux réels que l’ont salue de bon gré, ne persistaient encore très généralement, y compris là où ces mêmes renouveaux apparaissent, des effets manifestes de cette crise qui n’en finit pas de glisser lentement sur son erre.

 

Dans cette crise, les cibles principales des esprits forts, diablement inspirés, ont été l’Eucharistie, le prêtre et leur “milieu” prochain, qui est la liturgie. Les derniers Papes, conscients de cette situation, ruineuse de l’identité de l’Eglise et de sa foi, se sont efforcés de corriger – on serait tenté de dire : de soigner – l’intelligence théologique des clercs et des fidèles par les Années de l’Eucharistie et du Sacerdoce.

 

Le problème est que le mal est profond et que, de même que, dans l’ordre naturel, l’esprit du monde a affecté chez un grand nombre le sens commun lui-même, jusqu’à lui faire perdre sa saisie spontanée du réel et de la nature des choses, de même, dans l’ordre surnaturel, des années de désubstantialisation acharnée de cet ordre (sur la réalité de la Présence réelle, l’identité spécifique du prêtre, etc.), au nom de l’inventivité, ont conduit le plus grand nombre à perdre ce sens commun chrétien qui est le sens spontané du sacré.

 

 

Il suffit de se rendre le dimanche dans une quelconque paroisse pour le constater dans l’attitude de nombreux fidèles et, souvent aussi, hélas, de leurs prêtres. L’une des premières choses naguère enseignées à un enfant était que l’église était la Maison de Dieu. La Sainte Eucharistie y était d’ailleurs centralement, visiblement et immédiatement honorée. Le tabernacle qui la contenait se trouvait généralement au maître-autel. Sa sainte présence était signifiée d’abord par une petite flamme, symbole de la lumière du Christ [remplacée de fait aujourd’hui, très souvent, par une lumière électrique], brûlant dans de l’huile d’olive, symbole de pureté, et dont le simple entretien réclamait une attention renouvelée au mystère. Elle l’était aussi, et plus encore, par le conopée recouvrant le tabernacle, voile symbolisant, comme la tente de l’Exode, la Présence divine. Avec ces éléments sensibles, l’enfant apprenait que ce lieu était un lieu habité, la demeure de Jésus, où le respect, la bonne tenue et le silence étaient évidemment de mise. Enfants, naturellement, nous étions... des enfants, tentés entre nous par le bavardage et le chahut, mais nous savions bien qu’en y cédant nous ne respections pas le lieu et surtout - surtout, nos parents, qui le savaient mieux encore que nous, veillaient à ce qu’il n’en soit pas ainsi.

 

Allez aujourd’hui dans la plupart des églises, et voyez, et écoutez. Le Christ est présent au tabernacle, mais on a pourtant l’impression d’entrer dans un hall de gare. Parents et enfants y parlent, y rient, s’y interpellent, échangent les dernières nouvelles, à voix forte, sans souci aucun, d’ailleurs, de ceux qui cherchent à se recueillir. Sans souci, surtout, du Dieu présent. Le silence relatif ne vient qu’avec le début de la messe ; comme au cinéma, au début du spectacle. Le lieu n’est plus lui-même un espace de silence, de respect, de recueillement, de résonnance du sacré, parce que la perception spontanée de la Présence physique du Christ, dans le tabernacle, n’existe plus. Et elle n’existe plus parce qu’elle n’est plus enseignée. Le travail de sape de longues années a produit notamment cet effet-là. Sitôt la messe terminée, et souvent avant même que le prêtre ait quitté l’église, on se lève, on sort, et le brouhaha reprend de plus belle : le spectacle est terminé. Il faut d’ailleurs, pour être juste, constater que ces comportements ne sont pas le lot exclusif des paroisses habituelles ; on observe la même chose, quoiqu’à un degré moindre, dans certaines chapelles ou églises “tradi”, signe qu'ici et là ces comportements s’alimentent dans une contamination assez égale de l’esprit ambiant, où la perte du sens commun conflue, par une certaine connivence, avec la perte du sens commun chrétien.

 

 

Ce qui est vrai du bruit l’est aussi de la tenue, toutes “chapelles” confondues, à voir tant d’hommes “suivre” la messe enfoncés dans leur siège, jambes croisées, avec une décontraction nonchalante qu’ils se garderaient évidemment d’adopter lors d’un entretien professionnel et qu’ils n’accepteraient probablement pas d’un subordonné. Mais ça, n’est-ce pas, ce sont les affaires, le monde réel… La tenue, c’est aussi l’habillement. Jadis on parlait, jusqu’à s’en moquer, du fait de “s’endimancher”. Au moins ce comportement témoignait-il de la conscience diffuse de ce que ce dimanche n’était pas un jour comme les autres, qu’il demandait un effort, lequel était aussi, pour d’aucuns, un effort financier. On s’habillait plus correctement qu’à l’ordinaire, pas pour le plaisir, mais parce que l’assistance à la messe le requérait. Dans les milieux modestes, en particulier, parents et enfants mettaient leurs “beaux habits”. Peut-être n’y avait-il pas toujours de conviction théologique profonde derrière cela ; il n’empêche que l’habitude, elle, en était imbibée, qui modelait des manières d’être conformes à la sainteté des lieux. Aujourd’hui, comme nombre d’hommes sont en costume une partie de la semaine, le dimanche ils ne s’en embarrassent plus. En vérité, on “s’endimanche” toujours, mais pour adopter le style “décontracté”, plus ou moins propre, le jean rapidement enfilé, suffisant pour sortir, sans être gêné de n'être parfois même pas rasé. L’endimanchement d’alors était centré sur la majesté du dimanche ; celui d’aujourd’hui est centré sur la lassitude de la semaine. Là encore, il n’y a aucune considération pour Celui que l’on va rencontrer, alors que les mêmes personnes ne réfléchiraient pas une seconde avant de s’habiller correctement s’il s’agissait, fût-ce un dimanche matin, de rencontrer une personne importante susceptible de faire avancer leur carrière.

 

Le fameux baiser de paix, qui précède si maladroitement en de telles circonstances l’entrée dans le mystère eucharistique dans la liturgie ordinaire [dont la plupart ignorent qu’il s’agit d’un geste liturgique] ajoute au désordre, à la dissipation : on s’embrasse, on se congratule, on se retourne et l’on se ballade, avec forces sourires, commentaires et bruits de chaises. On a l’impression, à ce spectacle, que l’on se trouve dans un monde qui ne peut plus rien concevoir, même l’approche du mystère, sans l’agitation et le bruit. Triste temps, qui paraît avoir toujours besoin de se sentir en fête pour repousser la peur du silence. Les clercs, pour le surplus, se sont chargés depuis longtemps de convaincre les fidèles qu’ils étaient désormais des “adultes” – en un temps où, manque de chance, tout contribue à les maintenir dans un état psychologique voisin de l’adolescence – n’ayant plus à se mettre à genoux, notamment au moment de la Consécration ou pour recevoir le Dieu vivant.  

 

 

Ce dimanche, je me trouvais avec ma famille dans notre paroisse. S’y trouvaient d’autres familles, parents et enfants. Pendant toute la messe, sous les yeux de leurs parents respectifs, un groupe d’enfants n’a cessé de jouer, de parler et de rire. Les remarques de voisins énervés n’y ont rien fait – des esprits chagrins, naturellement. A la communion, ce petit monde s’est précipité pour recevoir les saintes Espèces, avant d’en revenir en mâchonnant, dans le même état d’agitation, et reprendre ses jeux, sous la même indifférence parentale. Impossible de prier, impossible de se recueillir. A l’issue de la messe, je suis allé voir le prêtre, pour lui demander s’il ne serait pas possible d'inviter les parents à apprendre à tenir leur monde, en leur rappelant à quel mystère nous sommes rendus présents. Pour toute réponse, je n’eus droit qu’à ceci : « Aujourd’hui, il n’y avait pas de garderie » puis, de toute évidence, je suis sorti du champ de sa perception. Ainsi, toute la question était supposée être là : la mise à l’écart des enfants, alors qu’au premier chef le problème est chez les parents, qui ne voient pas les raisons d’obliger leurs enfants à mieux se tenir dans l’église parce qu’eux-mêmes, manifestement, ne les saisissent pas. Le prêtre quant à lui, alerté, n’y voit qu’une question d’intendance. Au fond, celui qui était dérangeant, c’était moi, ce que le prêtre me fit sentir.

 

La crise de l’Eglise a été une crise d’identité, de certitude, de sens. Les stigmates en sont durables et elle a eu pour effet notable d’énerver le sens chrétien en maints domaines, très spécialement sur le caractère tout à fait réel de la Présence du Christ dans l’Eucharistie. Comme le soulignait Mgr Masson, si les fidèles souvent ne savent rien, ou se comportent mal, c'est que leurs pasteurs ont renoncé à les guider. Il est étrange que le mystère de l'Eucharistie soit toujours au centre de ces difficultés. Il est plus étrange encore de constater que la pollution qui en est résulté s'est répandue même dans des chapelles qui ont fait du combat pour la messe l'un de leurs fleurons.

 

Nous prions pour que de nouveaux prêtres nous soient donnés, à l'esprit neuf, réaliste, de vrais pédagogues de la vie chrétienne, capables de travailler avec prudence et autorité, après tant de destructions, à une véritable rééducation du sens chrétien, du sens du sacré, que les pieuses homélies coutumières ne peuvent suffire à restaurer.

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Publié dans : L'Eglise qui souffre - Communauté : Prières, neuvaines chrétiennes
Dimanche 14 novembre 2010 7 14 /11 /Nov /2010 09:20

Par L'Equipe d'Hermas

rassemblement au pied de la Statue de la Liberté à 14H 
(Pont de Grenelle, Paris 15e)

Ile aux Cygnes - Accès piétonnier par le Pont de Grenelle – Paris 75015
RER C : Javel. Métro : Javel ou Charles Michels. Bus 70 - 72. 
Plus d’informations sur : www.collectifvan.org

Le cortège se rendra ensuite au Parvis des Droits de l’Homme (Trocadéro) à Paris 16e où se tiendront d’autres prises de parole à partir de 16H.

Les églises et associations signataires condamnent fermement la prise d’otages sanglante, perpétrée à l’encontre des chrétiens d’Irak (Assyro-Chaldéen-Syriaques) le 31 octobre 2010 dans l’Eglise Syriaque Catholique Al-Najat de Bagdad.

Le carnage du dimanche de la Toussaint s’est soldé par la mort de 53 personnes, dont des enfants, et a fait plus de 60 blessés, parmi les fidèles présents à la messe et les forces de l’ordre. Après la série d’attentats à la voiture piégée qui a visé mardi 2 novembre au soir, la communauté chiite de Bagdad, les chrétiens irakiens restent dans la ligne de mire d'Al-Qaïda. En effet, selon un communiqué émanant de l'Etat islamique d'Irak (ISI), groupe de la mouvance Al-Qaïda, "Le ministère de la Guerre dans l'Etat islamique d'Irak annonce que tous les centres, organisations, institutions, dirigeants et fidèles chrétiens sont des cibles légitimes pour les moujahidine, là où ils peuvent les atteindre".

Le 1er août 2004, cinq églises avaient été la cible d’attentats terroristes à Bagdad et à Mossoul. Depuis, les attaques contre les civils, le clergé, les lieux de culte et les représentants politiques chrétiens n’ont cessé de se multiplier : sur les 800 000 chrétiens qui vivaient dans ce pays, 300 000 ont déjà pris le chemin de l’exil (population totale : 31 millions, selon le recensement de 2008).

Gérard Larcher, Président du Sénat, a déclaré le 2 novembre 2010 que « Cette menace sur les chrétiens d’Orient ne mènera qu’à un immense appauvrissement humain et spirituel. ». Dalil Boubakeur, Recteur de la Grande mosquée de Paris, a également tiré la sonnette d’alarme le 1er novembre: « Les musulmans d’aujourd’hui, quels qu’ils soient, ne peuvent tolérer que de telles agressions terroristes et sanglantes puissent se produire contre les chrétiens vivant en terre d’islam. L’objectif de ces fanatiques ne vise qu’à créer la mésentente et l’hostilité entre les chrétiens et les musulmans. »

Nous appelons la communauté internationale - et particulièrement la France - à mettre tous les moyens en oeuvre, de concert avec l’Etat irakien, pour que le peuple assyro-chaldéen-syriaque puisse vivre en sécurité sur ses terres ancestrales et que ses droits légitimes soient enfin assurés et respectés en Irak. Les chrétiens d’Orient, dont les Coptes, sont l’un des éléments importants d’un paysage régional riche de ses minorités.

Au-delà de la nécessaire pacification de l’ensemble du territoire irakien, le maintien de la diversité culturelle et religieuse en Irak sera porteur d’espoir de paix pour tout le Moyen-Orient, où juifs, musulmans et chrétiens ont cohabité durant des siècles. A l’inverse, la disparition des minorités chrétiennes d’Irak signerait en quelque sorte la rupture de l’Orient avec l’Occident, parachevant du même coup les génocides qui ont décimé les Assyro-Chaldéen-Syriaques, les Arméniens et les Grecs de l’Empire ottoman entre 1915 et 1923.

Va-t-on laisser le champ libre aux extrémistes, partisans de la violence et de la haine ? Va-t-on accepter que les chrétiens de la région soient « des cibles légitimes » ?
 

Eglise Syriaque Saint Severyos de Coubron
Eglise Syriaque Orthodoxe Sainte-Marie
de Montfermeil
Eglise Syriaque Catholique Saint Ephrem de Paris
Association Franco-Syriaque de France
Association Culturelle des Araméens de Paris [ACAP]
Association des femmes syriaques de Marseille
Institut Assyro-Chaldéen-Syriaque [IACS]
Contact Presse : Sémiramis Ide [IACS]
Tél : 06 69 04 14 15
Collectif VAN [Vigilance Arménienne contre le Négationnisme]
Association de Solidarité des Peuples du Moyen-Orient
(A.S.P.M.O)
Visage et Culture des Coptes
European Syriac Union
Association internationale de solidarité copte
Mouvement Pour la Paix et Contre le Terrorisme [MPCT]
L’Union des Assyro-Chaldéens de France
Association des Coptes de France

 Plus d’informations sur : www.collectifvan.org
 

      Cf. le compte-rendu de la marche organisée à Lyon

(11 novembre 2010)

sur le blogue 

Sur les Pas des Saints

 

 

 

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Publié dans : L'Eglise qui souffre - Communauté : Chrétiens et heureux de croire
Samedi 6 novembre 2010 6 06 /11 /Nov /2010 12:23

Par L'Equipe d'Hermas

OEUVRED-ORIENT.jpg

 

Au moment même où les chrétientés d'Orient sont l'objet des persécutions du fanatisme musulman et que les organes d'Al-Quaïda - qui ont l'audace sacrilège de prétendre agir au nom de Dieu - appellent, dans leur aveuglement haineux, au massacre des innocents, le site de l'Oeuvre d'Orient vient d'être l'objet d'une destruction ciblée.

 

Il est difficile de croire que ceci soit le fait d'un piratage sans rapport avec cette campagne diabolique. 

 

Nous exprimons ici à l'Oeuvre d'Orient toute notre amitié, toute notre sympathie et nos prières. La publication que nous faisons de récits du martyre des premiers chrétiens nous rappelle avec force que la haine d'autrui, l'intolérance et la violence, si elles peuvent s'illusionner un temps elles-mêmes, sont à la fois sans crédibilité, sans rationalité et sans avenir car elles ne sont que les seuls souffles de la mort.

 

Prions ardemment pour tous nos frères persécutés. Notre-Dame des martyrs, venez au secours de vos enfants.

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Publié dans : L'Eglise qui souffre - Communauté : Prières, neuvaines chrétiennes
Mercredi 20 octobre 2010 3 20 /10 /Oct /2010 13:29

Par Patrick de Pontonx

dhedd.jpgNous ne sommes pas assez naïf pour penser que ces questions des rapports du christianisme à l’islam sont sans difficultés ni périls et, n’étant pas tout à fait ignorant de la question, nous savons les dangers que pose l’islam par son expansion, sa conception de la révélation et de l’écriture supposée révélée, par son contenu, notamment à l’égard des chrétiens, et par son rapport pour le moins problématique aux libertés publiques. Cependant, de notre point de vue, Bernard Antony fait une grave confusion entre l’aspect politique du problème, aux enjeux réels, mesuré par les exigences du bien commun, et son approche religieuse [exprimée dans le film], mesurée par la charité évangélique en terre de mission, par une paradoxale contamination de l’approche musulmane de ces mêmes questions, et en méconnaissance des orientations de l’Eglise, implicitement tenues ici pour de simples subversions. 

 

Plus grave, nous semble-t-il, est le fait que cette analyse repose sur une mise à l’écart, de fait, comme un élément secondaire, de ce qui constitue pourtant l’essence même du christianisme, à savoir : l’amour de tout homme regardé comme un enfant de Dieu, et que le Christ porte gravé en la paume de ses mains (Isaïe, 49,16), quelle que soit sa religion, fût-elle l’islam. Elle rompt aussi avec ce fond d’ouverture et de réalisme, fondamentalement constitutif de l’âme chrétienne, qui faisait dire à saint Justin, à propos de païens pourtant persécuteurs, que « tout ce qu'ils ont enseigné de bon nous appartient, à nous chrétiens », à saint Augustin que « toute vérité est de l’Esprit-Saint », et à saint Thomas qu’il faut faire sienne toute vérité, de quelque personne qu’elle vienne. L’Eglise, par son enseignement, cherche à nous faire comprendre qu’il en est de même pour l’islam et les musulmans, pour les valeurs qu’elle décrit. 

 

Le film “Des hommes et des dieux” se situe à ce niveau, fort haut à y bien réfléchir, d’où il nous interroge sur la hiérarchisation de nos propres valeurs chrétiennes. Il présente une vision poignante et authentique du christianisme, qu’il est rafraîchissant d’admirer. Elle s’opère dans un milieu humain que l’on peut considérer à bien des égards comme médiocre, liturgiquement,  religieusement, psychologiquement et tout ce que l’on voudra. Il n’empêche que c’est en ce creuset qu’est donnée la miséricorde habituelle du dévouement et de la charité. C’est en lui que l’on voit ces hommes réorienter toute leur vie sur le sens de leur vocation. C’est en lui, enfin, que naît ce mouvement ascendant d’un don qui culmine en une scène bouleversante évoquant, en fin de film, la prise de conscience de l’actualité du Sacrifice eucharistique, offert pour le salut de tous. Est-ce là autre chose, en fin de compte, qu’une illustration, pour notre temps troublé, y compris par le développement de l’islam, du mystère de l’Incarnation et de la Rédemption ? Peut-on, dès lors, ne pas tout regarder de ce film selon cette perspective ?

 

L’oeuvre de Xavier Beauvois nous rappelle enfin que « ce n'est pas un esprit de crainte que Dieu nous a donné, mais un Esprit de force, d'amour et de maîtrise de soi » (2 Timothée  1,7) et que nous avons toujours, y compris face aux situations de péril, à rectifier notre doctrine - dont nous sommes ordinairement si assurés - sur l’Ecriture et sur l’Amour du Christ (Loc. cit. 1,13), positivement recherché en tous nos frères. L’humble et quotidien service des pauvres, et leur amour, et la volonté de rencontrer leur âme jusqu’au cœur de leur propre religion, et l’acceptation non reprise du sacrifice ultime pour rester auprès d’eux, en témoignage de fidélité à l’appel du Christ, constitue, de la part des religieux mis en scène, et selon l’enseignement même de l’Evangile, une authentique confession de la foi.

 

Honneur et bénédictions soient dès lors sur eux.

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Publié dans : L'Eglise qui souffre - Communauté : Prières, neuvaines chrétiennes
Jeudi 22 juillet 2010 4 22 /07 /Juil /2010 13:22

Par Marc FROMAGER - AIDE A L'EGLISE EN DETRESSE [AED]

L’AED lance une grande chaîne de prière.


Chers amis,

C’est dans une grande tension émotionnelle que je vous écris. 

Il y a trois jours à Faisalabad, deux frères d’une famille catholique, Rashid et Sajid Emmanuel, étaient froidement abattus à la sortie du tribunal qui venait pourtant de les disculper d’une accusation de blasphème. Quelques heures plus tard, quelque 2000 militants islamistes ont saccagé le quartier chrétien de Faisalabad, mettant le feu aux échoppes et lançant des pierres contre la façade de l’église catholique du Saint-Rosaire. Des appels à la violence avaient été lancés depuis certaines mosquées. 

Dieu pleure aujourd’hui au Pakistan aurait dit notre bien aimé fondateur, le père Werenfried. Les chrétiens sont terrorisés, ils tentent de chercher refuge ailleurs. Penser que ces familles que j’ai rencontrées là-bas il y a quelques mois sont à nouveau victimes de cette « maladie de la haine et de la violence » (Mgr Coutts) me retourne le cœur. 

Que faire ? 

PRIER pour les martyrs du Pakistan :
  • A partir de la prière des martyrs 
    Donnons ainsi la force aux chrétiens du Pakistan de ne pas rentrer dans la spirale de la violence. « Nous appartenons au Christ, nous aimons la paix, nous pardonnons à nos agresseurs », a indiqué le père Khalid Rashid Asi, vicaire général du diocèse de Faisalabad. 

  • En célébrant des messes pour eux 
    Ainsi nous répondons à l’appel de Mgr Coutts : « Nous offrons le sang de ces innocents à Dieu avec le sang du Christ. Il servira à notre salut et, espérons-le, à la guérison de notre communauté de Faisalabad, rongée par la haine et la violence. »
DIFFUSER A VOTRE ENTOURAGE LA PETITION, afin de leur proposer de joindre leurs voix à des milliers d’autres qui ont demandé l’abrogation de la loi anti-blasphème au Pakistan, à l’origine des violences à l’encontre des minorités religieuses. 

Les chrétiens du Pakistan comptent sur nous, ne les abandonnons pas ! 

MERCI d'avance !


PS : « La situation de l’Eglise au Pakistan est dramatique, mais nous avons confiance en l’aide de Dieu et en celle des chrétiens du monde entier. » Mgr Coutts




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Publié dans : L'Eglise qui souffre - Communauté : Chrétiens et heureux de croire
Lundi 19 juillet 2010 1 19 /07 /Juil /2010 17:46

Par L'Equipe d'Hermas

De L'aide à l'Eglise en détresse.- Des militants islamistes ont tranché la main d’un enseignant catholique qui avait, selon eux, insulté le prophète Mahomet dans un de ses sujets d’examens écrits destinés à ses étudiants.

 

T. J. Joseph, 53 ans, professeur au Newman College, université catholique réputée, a été attaqué par un groupe de jeunes extrémistes armés de sabres, de haches et de bâtons, le dimanche 4 juillet dernier, à Muvattupuzha, dans le district d’Ernakulam, au Kerala (Inde), alors qu’il rentrait chez lui en voiture après la messe dominicale en compagnie de sa mère et de sa sœur aînée, religieuse de la congrégation des Sœurs de St Joseph de Cluny.

 

Après avoir arrêté la voiture de l’enseignant avec leur camionnette, les assaillants l’ont arraché de force de son véhicule avant de lui trancher la main droite et une partie du bras avec une hache. Ils ont ensuite jeté la main coupée deux cent mètres plus loin avant de s’enfuir. Sr Mary Stella, 59 ans, la sœur de T. J. Joseph, a rapporté que son frère avait été également frappé de coups de sabre sur tout le corps et que les assaillants avaient molesté leur mère, octogénaire. Les voisins, qui avaient accourus sur les lieux, ont alors emmené T. J. Joseph à l’hôpital de Kochi, avec sa main coupée, dans l’espoir d’une chirurgie réparatrice.

 

La police a orienté rapidement son enquête vers ses militants du Front populaire de l’Inde (PFI), mouvement musulman extrémiste dont la branche politique est le Social Democratic Party of India (SPDI). Ils avaient déjà menacé de mort à plusieurs reprises le professeur. Deux personnes en relation avec l’affaire ont été arrêtées le soir même. Environ trente personnes auraient également été entendues par la police et plusieurs maisons du district d’Ernakulam fouillées.

 

Quelques mois plus tôt, une accusation de blasphème avait été portée par des extrémistes musulmans à l’encontre de ce professeur de malayalam - la langue officielle du Kerala - au Newman College de Thodupuzha. Le 25 mars dernier, il avait été suspendu de ses fonctions à la suite de violentes manifestations menées par des organisations musulmanes au cours desquelles les affrontements avec les forces de l’ordre avaient fait de nombreux blessés. T. J. Joseph était accusé d’avoir préparé un sujet d’examen écrit contenant des termes insultants envers le prophète Mahomet. Il avait été emprisonné puis relâché en avril.

 

T. J. Joseph, qui enseignait à l’université depuis 1985, avait été nommé il y a deux ans à la tête du Département de malayalam. Il était également responsable de l’enseignement des valeurs morales, organisait des retraites, des séminaires et d’autres programmes éducatifs dans des domaines divers.

 

Sr Maria Stella, interrogée par l’agence AsiaNews, n’hésite pas à décrire son frère comme une « un martyr du dialogue islamo-chrétien ». «(…)Mon frère cependant ne parle que de pardon », ajoute-t-elle, espérant que l’agression puisse « porter beaucoup de fruits et ouvrir la voie au dialogue entre chrétiens et musulmans ».

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Publié dans : L'Eglise qui souffre - Communauté : Praedicatho.com
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