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« Je vous ai dit ces choses, pour que vous ayez la paix en moi.
Dans le monde vous aurez à souffrir. Mais gardez courage ! J'ai vaincu le monde » (Jn 16,33)

 

Hymne des JMJ - Sydney 2008
Mardi 6 mai 2008

Voici le MESSAGE DU SAINT-PÈRE A L'OCCASION DE LA 42ème JOURNÉE MONDIALE DES COMMUNICATIONS SOCIALES, le 4 mai 2008 sur le thème "Les médias : au carrefour entre rôle et service. Chercher la Vérité pour la partager." Vaste programme s'il en est.

 


"Chers Frères et Sœurs !


1. Le thème de la prochaine Journée mondiale des Communications sociales – "Les médias : au carrefour entre rôle et service. Chercher la Vérité pour la partager "– met en lumière l’importance du rôle des moyens de communication sociale dans la vie des individus et de la société. En effet, il n'y a pas d’aspect de l'expérience humaine, notamment si nous considérons le vaste phénomène de la mondialisation, où les médias ne soient pas devenus partie constitutive des relations interpersonnelles et des processus sociaux, économiques, politiques et religieux. À ce propos, j'écrivais dans mon Message pour la Journée mondiale de la Paix du 1er janvier dernier: « Les moyens de communication sociale, par les potentialités éducatives dont ils disposent, ont une responsabilité spéciale pour promouvoir le respect de la famille, pour illustrer ses attentes et ses droits, pour mettre en évidence sa beauté » (n. 5).


2. Grâce à une vertigineuse évolution technologique, ces moyens ont acquis des potentialités extraordinaires, posant en même temps des questions et des problèmes nouveaux et inédits. On ne peut nier l'apport qu'ils peuvent donner à la circulation de l’information, à la connaissance des événements et à la diffusion du savoir : par exemple, ils ont contribué de manière décisive à l'alphabétisation et à la socialisation, ainsi qu’au développement de la démocratie et du dialogue entre les peuples. Sans leur apport, il serait vraiment difficile de favoriser et d’améliorer la compréhension entre les nations, de donner un souffle universel aux dialogues de paix, de garantir à l'homme le bien primordial à l'information, assurant en même temps la libre circulation des idées concernant surtout les idéaux de solidarité et de justice sociale. Oui ! Dans leur ensemble, les médias ne sont pas seulement des moyens pour la diffusion des idées, mais ils peuvent et doivent même être des instruments au service d'un monde plus juste et plus solidaire. Le risque n’est malheureusement jamais absent qu'ils se transforment au contraire en systèmes destinés à soumettre l'homme à des logiques dictées par les intérêts dominants du moment. C’est le cas d'une communication utilisée à des fins idéologiques ou pour la diffusion de produits de consommation au moyen d'une publicité insistante. Sous prétexte de représenter la réalité, on tend de fait à légitimer et à imposer des modèles distordus de vie personnelle, familiale ou sociale. En outre, pour favoriser l’écoute, ce qu’on appelle l’audimat, on n’hésite pas à recourir parfois à la transgression, à la vulgarité et à la violence. Il y a enfin la possibilité que soient proposés et soutenus, à travers les médias, des modèles de développement qui augmentent plutôt que réduisent la fracture technologique entre pays riches et pays pauvres.


3. L'humanité se trouve aujourd'hui à un carrefour. Ce que j'ai écrit dans l'Encyclique Spe salvi à propos de l'ambiguïté du progrès vaut aussi pour les médias, qui offrent des potentialités inédites pour le bien, mais qui ouvrent en même temps des potentialités abyssales de mal n'existant pas auparavant (cf. n. 22). Il est par conséquent nécessaire de se demander s’il est sage de laisser les moyens de communication sociale être assujettis à un fonctionnement aveugle ou finir par être à la merci de qui s'en sert pour manipuler les consciences. Ne devrait-on pas plutôt faire en sorte qu’ils restent au service de la personne et du bien commun et qu’il favorisent "la formation éthique de l'homme, pour la croissance de l'homme intérieur" (ibid.) ? Leur extraordinaire impact dans la vie des individus et de la société est un élément largement reconnu, mais on doit aujourd'hui mettre en évidence le tournant, je dirais plus encore, la véritable mutation de rôle, qu'ils ont à réaliser. Aujourd'hui, de façon toujours plus marquée, la communication semble avoir souvent la prétention non seulement de représenter la réalité, mais de la déterminer grâce au pouvoir et à la force de suggestion qu’elle possède. Il arrive par exemple que, dans certaines situations, les médias soient utilisés non pas pour remplir correctement leur rôle d'information, mais pour "créer" les évènements eux-mêmes. Cette périlleuse mutation de leur fonction suscite la préoccupation de nombreux pasteurs. Parce qu'il s'agit évidemment de réalités qui pèsent profondément sur toutes les dimensions de la vie humaine (morales, intellectuelles, religieuses, relationnelles, affectives, culturelles), mettant en jeu le bien de la personne, il faut réaffirmer que tout ce qui est techniquement possible n’est pas éthiquement praticable. L'impact des moyens de communication sur la vie de l'homme contemporain pose donc des questions que l’on ne peut éluder, et qui demandent des choix et des réponses qui ne peuvent être renvoyés à plus tard.


4. Le rôle que les moyens de communication sociale ont joué dans la société doit désormais être considéré comme partie intégrante de la question anthropologique, qui apparaît comme un défi crucial du troisième millénaire. De manière identique à ce qui se passe dans le domaine de la vie humaine, du mariage et de la famille, et au sujet des grandes questions contemporaines concernant la paix, la justice et la sauvegarde de la création, sont en jeu, également dans le secteur des communications sociales, des dimensions constitutives de l'homme et de sa vérité. Lorsque la communication perd ses ancrages éthiques et échappe au contrôle social, elle finit par ne plus tenir compte du caractère central et de la dignité inviolable de l'homme, risquant de peser négativement sur sa conscience, sur ses choix, et de conditionner en fin de compte la liberté et la vie même des personnes. Voilà pourquoi il est indispensable que les communications sociales défendent jalousement la personne et respectent pleinement sa dignité. Un certain nombre de gens pensent qu’une "info-éthique" est aujourd'hui nécessaire dans ce domaine, de la même façon qu’il existe la bioéthique en médecine et dans la recherche scientifique liée à la vie.


5. Il convient d’éviter que les médias deviennent le mégaphone du matérialisme économique et du relativisme éthique, véritables plaies de notre temps. Ils peuvent et doivent par contre contribuer à faire connaître la vérité sur l'homme, en la défendant devant ceux qui tendent à la nier ou à la détruire. On peut dire plus encore que la recherche et la présentation de la vérité sur l'homme constituent la vocation la plus haute de la communication sociale. Utiliser à cette fin tous les langages, toujours plus beaux et plus raffinés, dont les médias disposent, tel est le devoir exaltant confié en premier lieu aux responsables et aux personnes travaillant dans ce secteur. C’est un devoir qui cependant, d’une certaine manière, nous concerne tous, car tous, à l’époque de la mondialisation, nous sommes bénéficiaires et agents de communications sociales. Les nouveaux médias, la téléphonie et Internet en particulier, sont en train de modifier la physionomie même de la communication et c’est peut-être une occasion précieuse pour la redessiner, pour rendre plus visibles, comme l’a dit mon vénéré prédécesseur Jean-Paul II, les aspects essentiels et inaliénables de la vérité sur la personne humaine (cf. Lettre apost. Le progrès rapide, n. 10).


6. L'homme a soif de vérité, il est à la recherche de la vérité ;  ceci se manifeste aussi à travers l'attention et le succès enregistrés par de nombreux produits éditoriaux, programmes ou fictions de qualité, où la vérité, la beauté et la grandeur de la personne, y compris sa dimension religieuse, sont reconnues et bien représentées. Jésus a dit : "Vous connaîtrez la vérité et la vérité vous rendra libres" (Jn 8, 32). La vérité qui nous rend libres est le Christ, parce que Lui Seul peut répondre pleinement à la soif de vie et d’amour qui est dans le cœur de l'homme. Celui qui l'a rencontré et qui se passionne pour son message fait l’expérience du désir irrésistible de partager et de communiquer cette vérité : « Ce qui était depuis le commencement, ce que nous avons entendu, ce que nous avons contemplé de nos yeux – écrit saint Jean –, ce que nous avons vu et que nos mains ont touché, c’est le Verbe, la parole de la vie [...], nous vous l’annonçons, à vous aussi, pour que vous aussi, vous soyez en communion avec nous. Et nous, nous sommes en communion avec le Père et avec son Fils Jésus Christ. C’est nous qui écrivons cela afin que nous ayons la plénitude de la joie» (1Jn 1,1-3).


Invoquons l’Esprit Saint, pour qu’il y ait des hommes de communication courageux et d’authentiques témoins de la vérité qui, fidèles à l’injonction du Christ et passionnés par le message de la foi, "sachent se faire les interprètes des instances culturelles actuelles, s'engageant à vivre notre époque de la communication non pas comme un temps d'aliénation et d’égarement, mais comme un temps précieux pour la recherche de la vérité et pour le développement de la communion entre les personnes et entre les peuples" (Jean-Paul II, Discours à la Rencontre Paraboles médiatiques, 9 novembre 2002).


Avec ce souhait, je donne à tous avec affection ma Bénédiction."

 

par La rédaction publié dans : Paroles du Saint Père communauté : Chrétiens et heureux de croire
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Vendredi 2 mai 2008

ROME, Mercredi 30 avril 2008 (ZENIT.org) - Benoît XVI souligne que sa visite au siège des Nations Unies, à New York, le 18 avril, lui a « donné l'occasion de confirmer la valeur de la Déclaration universelle des Droits de l'homme ».

Comme c'est la coutume après un voyage pontifical, le pape Benoît XVI a consacré sa catéchèse du mercredi à un bilan de son voyage aux  Etats-Unis et aux Nations Unies devant quelque 40.000 visiteurs, place Saint-Pierre.

Le pape a tout d'abord adressé ses remerciements à la Conférence épiscopale américaine, au président Bush et à « tous ceux qui sont venus » à sa « rencontre à Washington et à New York ».

Pour ce qui est du bilan ecclésial, le pape soulignait son soutien à la famille en disant : « Au cours de ce voyage, j'ai encouragé les évêques à faire entendre leurs voix sur les questions morales et sociales actuelles, et à former les fidèles, afin qu'ils soient un bon ‘levain' dans la société civile, à partir de la cellule fondamentale qu'est la famille ».

Il reprenait le thème de son voyage, l'espérance, en disant : « Pendant la Célébration eucharistique au stade de Washington, nous avons prié pour que l'Église aux Etats-Unis, fermement enracinée dans la foi, unie et renouvelée, affronte les défis présents et futurs avec courage et espérance ».

Mais à propos de sa visite à l'ONU, le pape faisait observer, en ce 60e anniversaire de la déclaration universelle, l'importance de cet organisme pour servir le paix dans le monde, en disant : « La visite que j'ai faite au siège des Nations unies m'a donné l'occasion de confirmer la valeur de la ‘Déclaration universelle des Droits de l'homme' et d'en rappeler le fondement universel, à savoir la dignité de la personne humaine créée par Dieu à son image et à sa ressemblance, pour coopérer à son dessein de vie et de paix ».

Benoît XVI a achevé la synthèse de sa catéchèse en français par cette salutation spéciale aux jeunes : « Je salue particulièrement les jeunes présents ce matin! Que la lumière du Christ soit votre espérance et que son Esprit qui va nous être donné à la Pentecôte vous guide dans toute votre vie ».

Anita S. Bourdin
par La rédaction publié dans : Paroles du Saint Père communauté : Chrétiens et heureux de croire
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Mardi 22 avril 2008


Le Pape Benoît XVI s’est adressé aux professeurs et aux étudiants de la Catholic University of America de Washington, le 17 avril dernier. Voici quelques extraits du discours du Saint-Père, d'où l'Eglise universelle doit puiser (Source Agence Fides).

_______________


« La tâche éducative fait partie intégrante de la Mission qu’a l’Eglise de proclamer la Bonne Nouvelle. En premier lieu et avant tout, chaque institution éducative catholique est un lieu pour rencontrer le Dieu Vivant qui, en Jésus-Christ, révèle la force transformatrice de son Amour et de sa Vérité ».

« La dynamique entre rencontre personnelle, connaissance et témoignage chrétien, fait partie intégrante de la ‘diakonia’ de la vérité que l’Eglise exerce au sein de l’humanité (…) contre les conflits personnels, la confusion morale, et la fragmentation de la connaissance ; les nobles buts de la formation académique et de l’éducation, fondés sur l’unité de la vérité et sur le service envers la personne et la communauté, deviennent un instrument puissant spécial d’espérance ».

« La communauté catholique dans ce Pays a fait de l’éducation une de ses plus importantes priorités. Cette entreprise ne s’est pas réalisée sans de grands sacrifices (…). Ce sacrifice continue aujourd’hui encore. C’est un excellent apostolat de l’espérance que de chercher à prendre en charge les nécessités matérielles, intellectuelles et spirituelles des trois autres millions d’élèves et d’étudiants (…). On ne doit nier à aucun garçon et à aucune fille le droit d’une éducation dans la foi qui, en retour, nourrit l’esprit de la nation ».

« Il est donc opportun de réfléchir sur ce qui est spécifique de nos institutions catholiques. Comment peuvent-elles contribuer au bien de la société par la Mission de première évangélisation de l’Eglise, qui consiste à évangéliser ?... Toutes les activités de l’Eglise découlent de sa conscience d’être porteuse d’un message qui a son origine en Dieu lui-même… Le désir de Dieu de se faire connaître, et le désir inné de tout être humain de connaître la vérité, procurent le contexte de la recherche humaine sur la signification de la vie ».

« L’identité d’une Université ou d’une Ecole Catholiques, n’est pas simplement une question de nombre d’étudiants catholiques. C’est une question de conviction… Sommes-nous vraiment prêts à confier notre ‘moi’ tout entier - intellect et volonté, esprit et cœur - à Dieu ? Acceptons-nous la vérité que le Christ nous révèle ? Dans nos Universités et dans nos Ecoles, la foi est-elle ‘tangible’ ? (...) En partant de cette perspective, on peut reconnaître que la ‘crise de vérité’ contemporaine est enracinée dans une «’crise de la foi’. C’est seulement par la foi que nous pouvons donner librement notre accord au témoignage de Dieu, et le reconnaître comme le garant transcendant de la vérité qu’il révèle… De fait, nous voyons tous, et nous observons tous avec préoccupation, la difficulté ou la réticence et l’hésitation que de nombreuses personnes ressentent aujourd’hui à se confier elles-mêmes à Dieu. C’est un phénomène complexe (…). Nous observons avec inquiétude que la notion de liberté est déformée. La liberté n’est pas une faculté de ‘désengagement de’ ; c’est la faculté de ‘l’engagement pour’ - une participation à l’Etre lui-même. En conséquence, la liberté authentique ne peut jamais être atteinte dans l’éloignement de Dieu. C’est pourquoi, une responsabilité particulière pour chacun d’entre vous, et pour vos collègues, consiste à susciter chez vos jeunes le désir d’un acte de foi, en les encourageant à s’engager pour la vie ecclésiale qui découle de cet acte de foi. C’est là que la liberté atteint la certitude de la vérité ».

« C’est donc bien clair, l’identité catholique ne dépend pas des statistiques. Et elle ne peut même pas être simplement comparée avec l’orthodoxie des cours. Cela requiert et inspire beaucoup plus : à savoir que chaque aspect de vos communautés d’études, se reflète dans la vie ecclésiale de foi. C’est seulement dans la foi, que la vérité peut devenir incarnée, et la raison vraiment humaine, peut être capable de diriger la volonté le long du sentier de la liberté. De cette manière, nos Institutions offrent une contribution vitale à la Mission de l’Eglise, et servent efficacement la société ».

« Parfois (...) la valeur de la contribution de l’Eglise au ‘forum’ public est mise en question. C’est pourquoi il est important de rappeler que la vérité de la foi et la vérité de la raison, ne se contredisent jamais entre elles. La Mission de l’Eglise, de fait, la plonge dans la lutte que soutient l’humanité pour parvenir à la vérité. L’Eglise ne se lasse jamais de soutenir les catégories morales essentielles du juste et de l’injuste, sans lesquelles l’espérance ne peut que se faner, en ouvrant la voie à de froids calculs pragmatiques utilitaristes qui réduisent la personne à peu de chose de plus qu’un pion sur une échiquier idéal ».

« A propos du ‘forum’ éducatif, la ‘diakonia’ de la vérité prend une signification élevée dans la société où l’idéologie séculariste place un coin entre vérité et foi. Cette division a amené à la tendance à mettre sur le même pied d’égalité la vérité et la connaissance, et à adopter une mentalité positiviste qui, en rejetant la métaphysique, nie les fondements de la foi et rejette la nécessité d’une vision morale (…). Avec confiance, les éducateurs chrétiens peuvent libérer les jeunes des limites du positivisme, et réveiller leur réceptivité vis-à-vis de la vérité, de Dieu et de sa bonté. De cette manière vous aiderez aussi les jeunes à former leur conscience qui, enrichie par la foi, ouvre un chemin sûr vers la paix intérieure et vers le respect envers les autres (…). Nous observons aujourd’hui une certaine timidité face à la catégorie du bien, et une chasse inconsidérée et irraisonnée de nouveautés à la mode, comme réalisation de la liberté. Nous sommes témoins de la conviction que chaque expérience a une valeur égale, et des réticences à admettre les imperfections et les erreurs. Et elle est particulièrement inquiétante la réduction du domaine précieux et délicat de l’éducation sexuelle pour la gestion di ‘risque’, privée qu’elle est de toute référence à la beauté de l’amour conjugal.

« Comment les éducateurs chrétiens peuvent-ils répondre ? Ces développements dangereux mettent en évidence l’urgence particulière de ce que nous pourrions appeler la ‘charité intellectuelle’. Cet aspect de la charité demande à l’éducateur de reconnaître que la responsabilité profonde de conduire les jeunes à la vérité, n’est rien d’autre qu’un acte d’amour (…). En pratique, la ‘charité intellectuelle’ soutient l’unité essentielle de la connaissance, contre la fragmentation qui en découle quand la raison est détachée de la poursuite et de la recherche de la vérité… Une fois que la passion pour la plénitude et pour l’unité de la vérité a été réveillée, les jeunes goûteront très certainement la découverte que la question sur ce qu’ils peuvent connaître, les ouvre à la vaste aventure de ce qu’ils devraient faire. Là, ils expérimentent ‘en qui’ et ‘en quoi’ il est possible d’espérer, et ils seront inspirés pour pouvoir apporter leur contribution à la société d’une manière qui engendre l’espérance chez les autres ».

« Chers amis, je désire conclure en attirant votre attention spécifiquement sur l’importance éminente de votre compétence et de votre témoignage au sein de nos Universités et Ecoles catholiques. Avant tout, permettez-moi de vous remercier pour votre dévouement et votre générosité 
(…). Je désire réaffirmer la grande valeur de la liberté académique (…). Toutefois, c’est aussi le cas de rappeler que chaque appel au principe de liberté académique pour justifier des positions qui sont contraires à la foi et à l’enseignement de l’Eglise, empêcherait ou même trahirait l’identité et la mission de l’Université (… ). Les enseignants et les administrateurs, dans les Universités et dans les Ecoles, ont le devoir et le privilège de s’assurer que les étudiants reçoivent une instruction dans la doctrine et dans la pratique catholique. Cela requiert que le témoignage public rendu à la manière d’appartenir au Christ, comme cela découle de l’Evangile et est proposé par le Magistère de l’Eglise, modèle chaque aspect de la vie institutionnelle, à l’intérieur et à l’extérieur des salles scolaires (…). Je désire aussi exprimer une parole d’encouragements aux enseignants de catéchèse, laïcs et religieux, qui se battent pour veiller à ce que les jeunes deviennent chaque jour plus capables d’apprécier le don de la foi (…). Il est nécessaire que les enseignants aient une compréhension claire et précise de la nature spécifique de l’éducation catholique et de son rôle (…). Je désire adresser un appel spécial aux religieux, aux religieuses et aux prêtres : n’abandonnez pas l’apostolat scolaire ; au contraire, renouvelez votre dévouement en faveur des écoles, et spécialement envers celles qui se trouvent dans les régions les plus pauvres… J’encourage les religieux présents à mettre un enthousiasme nouveau dans la promotion des vocations. Sachez que votre témoignage en faveur de l’idéal de la consécration et le la mission ‘au milieu’ des jeunes, est une source de grande inspiration dans la foi, pour eux et pour leurs familles ».

« A vous tous, je dis : soyez témoins d’espérance ! Alimentez votre témoignage avec la prière ».

par La rédaction publié dans : Paroles du Saint Père communauté : Chrétiens et heureux de croire
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Lundi 21 avril 2008

Voici le texte du riche discours prononcé vendredi 18 avril 2008 par le Pape Benoit XVI devant l'Assemblée générale des Nations unis.

________




"Monsieur le Président,

Mesdames et Messieurs,


En m'adressant à cette Assemblée, j'aimerais avant tout vous exprimer, Monsieur le Président, ma vive reconnaissance pour vos aimables paroles. Ma gratitude va aussi au Secrétaire général, Monsieur Ban Ki-moon, qui m'a invité à venir visiter le Siège central de l'Organisation, et pour l'accueil qu'il m'a réservé. Je salue les Ambassadeurs et les diplomates des Pays membres et toutes les personnes présentes. À travers vous, je salue les peuples que vous représentez ici. Ils attendent de cette institution qu'elle mette en œuvre son inspiration fondatrice, à savoir constituer un « centre pour la coordination de l'activité des Nations unies en vue de parvenir à la réalisation des fins communes » de paix et de développement (cf. Charte des Nations unies, art. 1.2-1.4). Comme le Pape Jean-Paul II l'exprimait en 1995, l'Organisation devrait être un « centre moral, où toutes les nations du monde se sentent chez elles, développant la conscience commune d'être, pour ainsi dire, une famille de nations » (Message à l'Assemblée générale des Nations unies pour le 50e anniversaire de la fondation, New York, 5 octobre 1995).


À travers les Nations unies, les États ont établi des objectifs universels qui, même s'ils ne coïncident pas avec la totalité du bien commun de la famille humaine, n'en représentent pas moins une part fondamentale. Les principes fondateurs de l'Organisation - le désir de paix, le sens de la justice, le respect de la dignité de la personne, la coopération et l'assistance humanitaires - sont l'expression des justes aspirations de l'esprit humain et constituent les idéaux qui devraient sous-tendre les relations internationales. Comme mes prédécesseurs Paul VI et Jean-Paul II l'ont affirmé depuis cette même tribune, tout cela fait partie de réalités que l'Église catholique et le Saint-Siège considèrent avec attention et intérêt, voyant dans votre activité un exemple de la manière dont les problèmes et les conflits qui concernent la communauté mondiale peuvent bénéficier d'une régulation commune. Les Nations unies concrétisent l'aspiration à « un degré supérieur d'organisation à l'échelle internationale » (Jean-Paul II, Encycl. Sollicitudo rei socialis, n. 43), qui doit être inspiré et guidé par le principe de subsidiarité et donc être capable de répondre aux exigences de la famille humaine, grâce à des règles internationales efficaces et à la mise en place de structures aptes à assurer le déroulement harmonieux de la vie quotidienne des peuples. Cela est d'autant plus nécessaire dans le contexte actuel où l'on fait l'expérience du paradoxe évident d'un consensus multilatéral qui continue à être en crise parce qu'il est encore subordonné aux décisions d'un petit nombre, alors que les problèmes du monde exigent, de la part de la communauté internationale, des interventions sous forme d'actions communes.


En effet, les questions de sécurité, les objectifs de développement, la réduction des inégalités au niveau local et mondial, la protection de l'environnement, des ressources et du climat, requièrent que tous les responsables de la vie internationale agissent de concert et soient prêts à travailler en toute bonne foi, dans le respect du droit, pour promouvoir la solidarité dans les zones les plus fragiles de la planète. Je pense en particulier à certains pays d'Afrique et d'autres continents qui restent encore en marge d'un authentique développement intégral, et qui risquent ainsi de ne faire l'expérience que des effets négatifs de la mondialisation. Dans le contexte des relations internationales, il faut reconnaître le rôle primordial des règles et des structures qui, par nature, sont ordonnées à la promotion du bien commun et donc à la sauvegarde de la liberté humaine. Ces régulations ne limitent pas la liberté. Au contraire, elles la promeuvent quand elles interdisent des comportements et des actions qui vont à l'encontre du bien commun, qui entravent son exercice effectif et qui compromettent donc la dignité de toute personne humaine. Au nom de la liberté, il doit y avoir une corrélation entre droits et devoirs, en fonction desquels toute personne est appelée à prendre ses responsabilités dans les choix qu'elle opère, en tenant compte des relations tissées avec les autres. Nous pensons ici à la manière dont les résultats de la recherche scientifique et des avancées technologiques ont parfois été utilisés. Tout en reconnaissant les immenses bénéfices que l'humanité peut en tirer, certaines de leurs applications représentent une violation évidente de l'ordre de la création, au point non seulement d'être en contradiction avec le caractère sacré de la vie, mais d'arriver à priver la personne humaine et la famille de leur identité naturelle. De la même manière, l'action internationale visant à préserver l'environnement et à protéger les différentes formes de vie sur la terre doit non seulement garantir un usage rationnel de la technologie et de la science, mais doit aussi redécouvrir l'authentique image de la création. Il ne s'agira jamais de devoir choisir entre science et éthique, mais bien plutôt d'adopter une méthode scientifique qui soit véritablement respectueuse des impératifs éthiques.


La reconnaissance de l'unité de la famille humaine et l'attention portée à la dignité innée de toute femme et de tout homme reçoivent aujourd'hui un nouvel élan dans le principe de la responsabilité de protéger. Il n'a été défini que récemment, mais il était déjà implicitement présent dès les origines des Nations unies et, actuellement, il caractérise toujours davantage son activité. Tout État a le devoir primordial de protéger sa population contre les violations graves et répétées des droits de l'homme, de même que des conséquences de crises humanitaires liées à des causes naturelles ou provoquées par l'action de l'homme. S'il arrive que les États ne soient pas en mesure d'assurer une telle protection, il revient à la communauté internationale d'intervenir avec les moyens juridiques prévus par la Charte des Nations unies et par d'autres instruments internationaux. L'action de la communauté internationale et de ses institutions, dans la mesure où elle est respectueuse des principes qui fondent l'ordre international, ne devrait jamais être interprétée comme une coercition injustifiée ou comme une limitation de la souveraineté. À l'inverse, c'est l'indifférence ou la non-intervention qui causent de réels dommages. Il faut réaliser une étude approfondie des modalités pour prévenir et gérer les conflits, en utilisant tous les moyens dont dispose l'action diplomatique et en accordant attention et soutien même au plus léger signe de dialogue et de volonté de réconciliation.


Le principe de la « responsabilité de protéger » était considéré par l'antique ius gentium comme le fondement de toute action entreprise par l'autorité envers ceux qui sont gouvernés par elle : à l'époque où le concept d'État national souverain commençait à se développer, le religieux dominicain Francisco De Vitoria, considéré à juste titre comme un précurseur de l'idée des Nations unies, décrivait cette responsabilité comme un aspect de la raison naturelle partagé par toutes les nations, et le fruit d'un droit international dont la tâche était de réguler les relations entre les peuples. Aujourd'hui comme alors, un tel principe doit faire apparaître l'idée de personne comme image du Créateur, ainsi que le désir d'absolu et l'essence de la liberté. Le fondement des Nations unies, nous le savons bien, a coïncidé avec les profonds bouleversements dont a souffert l'humanité lorsque la référence au sens de la transcendance et à la raison naturelle a été abandonnée et que par conséquent la liberté et la dignité humaine furent massivement violées. Dans de telles circonstances, cela menace les fondements objectifs des valeurs qui inspirent et régulent l'ordre international et cela mine les principes intangibles et coercitifs formulés et consolidés par les Nations unies. Face à des défis nouveaux répétés, c'est une erreur de se retrancher derrière une approche pragmatique, limitée à mettre en place des « bases communes », dont le contenu est minimal et dont l'efficacité est faible.


La référence à la dignité humaine, fondement et fin de la responsabilité de protéger, nous introduit dans la note spécifique de cette année, qui marque le soixantième anniversaire de la Déclaration universelle des Droits de l'homme. Ce document était le fruit d'une convergence de différentes traditions culturelles et religieuses, toutes motivées par le désir commun de mettre la personne humaine au centre des institutions, des lois et de l'action des sociétés, et de la considérer comme essentielle pour le monde de la culture, de la religion et de la science. Les droits de l'homme sont toujours plus présentés comme le langage commun et le substrat éthique des relations internationales. Tout comme leur universalité, leur indivisibilité et leur interdépendance sont autant de garanties de protection de la dignité humaine. Mais il est évident que les droits reconnus et exposés dans la Déclaration s'appliquent à tout homme, cela en vertu de l'origine commune des personnes, qui demeure le point central du dessein créateur de Dieu pour le monde et pour l'histoire. Ces droits trouvent leur fondement dans la loi naturelle inscrite au cœur de l'homme et présente dans les diverses cultures et civilisations. Détacher les droits humains de ce contexte signifierait restreindre leur portée et céder à une conception relativiste, pour laquelle le sens et l'interprétation des droits pourraient varier et leur universalité pourrait être niée au nom des différentes conceptions culturelles, politiques, sociales et même religieuses. La grande variété des points de vue ne peut pas être un motif pour oublier que ce ne sont pas les droits seulement qui sont universels, mais également la personne humaine, sujet de ces droits.


À la fois nationale et internationale, la vie de la communauté met clairement en évidence que le respect pour les droits et pour les garanties qui leur sont attachées sont la mesure du bien commun, utilisée pour apprécier le rapport entre justice et injustice, développement et pauvreté, sécurité et conflits. La promotion des droits de l'homme demeure la stratégie la plus efficace quand il s'agit de combler les inégalités entre des pays et des groupes sociaux, quand il s'agit aussi de renforcer la sécurité. En effet les victimes de la misère et du désespoir dont la dignité humaine est impunément violée, deviennent des proies faciles pour les tenants du recours à la violence et deviennent à leur tour des destructeurs de paix. Pourtant le bien commun que les droits de l'homme aident à réaliser ne peut pas être atteint en se contentant d'appliquer des procédures correctes ni même en pondérant des droits en opposition. Le mérite de la Déclaration universelle a été d'ouvrir à des cultures, à des expressions juridiques et à des modèles institutionnels divers la possibilité de converger autour d'un noyau fondamental de valeurs et donc de droits : mais c'est un effort qui, de nos jours, doit être encore plus soutenu face à des instances qui cherchent à réinterpréter les fondements de la Déclaration et à compromettre son unité interne pour favoriser le passage de la protection de la dignité humaine à la satisfaction de simples intérêts, souvent particuliers. La Déclaration a été adoptée comme « un idéal commun qui est à atteindre » (Préambule) et elle ne peut pas être utilisée de manière partielle, en suivant des tendances ou en opérant des choix sélectifs qui risquent de contredire l'unité de la personne humaine et donc l'indivisibilité de ses droits.


Nous constatons souvent dans les faits une prédominance de la légalité par rapport à la justice quand se manifeste une attention à la revendication des droits qui va jusqu'à les faire apparaître comme le résultat exclusif de dispositions législatives ou de décisions normatives prises par les diverses instances des autorités en charge. Quand ils sont présentés sous une forme de pure légalité, les droits risquent de devenir des propositions de faible portée, séparés de la dimension éthique et rationnelle qui constitue leur fondement et leur fin. La Déclaration universelle a en effet réaffirmé avec force la conviction que le respect des droits de l'homme s'enracine avant tout sur une justice immuable, sur laquelle la force contraignante des proclamations internationales est aussi fondée. C'est un aspect qui est souvent négligé quand on prétend priver les droits de leur vraie fonction au nom d'une perspective utilitariste étroite. Parce que les droits et les devoirs qui leur sont liés découlent naturellement de l'interaction entre les hommes, il est facile d'oublier qu'ils sont le fruit du sens commun de la justice, fondé avant tout sur la solidarité entre les membres du corps social et donc valable dans tous les temps et pour tous les peuples. C'était une intuition exprimée, dès le Ve siècle après Jésus Christ, par l'un des maîtres de notre héritage intellectuel, Augustin d'Hippone. Il enseignait que « le précepte : ‘Ce que tu ne veux pas qu'on te fasse, ne le fais pas à autrui' ne peut en aucune façon varier en fonction de la diversité des peuples » (De Doctrina Christiana III, 14). Les droits de l'homme exigent alors d'être respectés parce qu'ils sont l'expression de la justice et non simplement en raison de la force coercitive liée à la volonté des législateurs.


Mesdames et Messieurs,


À mesure que l'on avance dans l'histoire, de nouvelles situations surgissent et l'on cherche à y attacher de nouveaux droits. Le discernement, c'est-à-dire la capacité de distinguer le bien du mal, est encore plus nécessaire quand sont en jeu des exigences qui appartiennent à la vie et à l'action de personnes, de communautés et de peuples. Quand on affronte le thème des droits, qui mettent en jeu des situations importantes et des réalités profondes, le discernement est une vertu à la fois indispensable et féconde.


Le discernement nous amène alors à souligner que laisser aux seuls États, avec leurs lois et leurs institutions, la responsabilité ultime de répondre aux aspirations des personnes, des communautés et de peuples tout entier peut parfois entraîner des conséquences rendant impossible un ordre social respectueux de la dignité de la personne et de ses droits. Par ailleurs, une vision de la vie solidement ancrée dans la dimension religieuse peut permettre d'y parvenir, car la reconnaissance de la valeur transcendante de tout homme et de toute femme favorise la conversion du cœur, ce qui conduit alors à un engagement contre la violence, le terrorisme ou la guerre, et à la promotion de la justice et de la paix. Cela favorise aussi un milieu propice au dialogue interreligieux que les Nations unies sont appelées à soutenir comme elles soutiennent le dialogue dans d'autres domaines de l'activité humaine. Le dialogue doit être reconnu comme le moyen par lequel les diverses composantes de la société peuvent confronter leurs points de vue et réaliser un consensus autour de la vérité concernant des valeurs ou des fins particulières. Il est de la nature des religions librement pratiquées de pouvoir mener de manière autonome un dialogue de la pensée et de la vie. Si, à ce niveau là aussi, la sphère religieuse est séparée de l'action politique, il en ressort également de grands bénéfices pour les personnes individuelles et pour les communautés. D'autre part, les Nations unies peuvent compter sur les fruits du dialogue entre les religions et tirer des bénéfices de la volonté des croyants de mettre leur expérience au service du bien commun. Leur tâche est de proposer une vision de la foi non pas en termes d'intolérance, de discrimination ou de conflit, mais en terme de respect absolu de la vérité, de la coexistence, des droits et de la réconciliation.


Les droits de l'homme doivent évidemment inclure le droit à la liberté religieuse, comprise comme l'expression d'une dimension à la fois individuelle et communautaire, perspective qui fait ressortir l'unité de la personne tout en distinguant clairement entre la dimension du citoyen et celle du croyant. Au cours des dernières années, l'action des Nations unies a permis que le débat public offre des points de vue inspirés par une vision religieuse dans toutes ses dimensions y compris le rite, le culte, l'éducation, la diffusion d'information et la liberté de professer et de choisir sa religion. Il n'est donc pas imaginable que des croyants doivent se priver d'une partie d'eux-mêmes - de leur foi - afin d'être des citoyens actifs. Il ne devrait jamais être nécessaire de nier Dieu pour jouir de ses droits. Il est d'autant plus nécessaire de protéger les droits liés à la religion s'ils sont considérés comme opposés à une idéologie séculière dominante ou à des positions religieuses majoritaires, de nature exclusive. La pleine garantie de la liberté religieuse ne peut pas être limitée au libre exercice du culte, mais doit prendre en considération la dimension publique de la religion et donc la possibilité pour les croyants de participer à la construction de l'ordre social. Ils le font effectivement à l'heure actuelle par exemple à travers leur engagement efficace et généreux dans un vaste réseau d'initiatives qui va des Universités, des Instituts scientifiques et des écoles, jusqu'aux structures qui promeuvent la santé et aux organisations caritatives au service des plus pauvres et des laissés-pour-compte. Refuser de reconnaître l'apport à la société qui s'enracine dans la dimension religieuse et dans la recherche de l'Absolu - qui par nature exprime une communion entre les personnes - reviendrait à privilégier dans les faits une approche individualiste et, ce faisant, à fragmenter l'unité de la personne.


Ma présence au sein de cette Assemblée est le signe de mon estime pour les Nations unies et elle veut aussi manifester le souhait que l'Organisation puisse être toujours davantage un signe d'unité entre les États et un instrument au service de toute la famille humaine. Elle manifeste aussi la volonté de l'Église catholique d'apporter sa contribution aux relations internationales d'une manière qui permette à toute personne et à tout peuple de sentir qu'ils ont leur importance. D'une manière qui est en harmonie avec sa contribution au domaine éthique et moral et à la libre activité de sa foi, l'Église travaille aussi à la réalisation de ces objectifs à travers l'activité internationale du Saint-Siège. Le Saint-Siège a en effet toujours eu sa place dans les assemblées des Nations tout en manifestant son caractère spécifique comme sujet dans le domaine international. Comme les Nations unies l'ont récemment confirmé, le Saint-Siège apporte aussi sa contribution selon les dispositions du droit international, aidant à la définition de ce droit et y recourant.


Les Nations unies demeurent un lieu privilégié où l'Église s'efforce de partager son expérience « en humanité », qui a mûri tout au long des siècles parmi les peuples de toute race et de toute culture, et de la mettre à la disposition de tous les membres de la Communauté internationale. Cette expérience et cette activité, qui visent à obtenir la liberté pour tout croyant, cherchent aussi à assurer une protection plus grande aux droits de la personne. Ces droits trouvent leur fondement et leur forme dans la nature transcendante de la personne, qui permet aux hommes et aux femmes d'avancer sur le chemin de la foi et de la recherche de Dieu dans ce monde. Il faut renforcer la reconnaissance de cette dimension si nous voulons soutenir l'espérance de l'humanité en un monde meilleur et si nous voulons créer les conditions pour la paix, le développement, la coopération et la garantie des droits pour les générations à venir.


Dans ma récente encyclique Spe salvi, je rappelais que « la recherche pénible et toujours nouvelle d'ordonnancements droits pour les choses humaines est le devoir de chaque génération » (n. 25). Pour les chrétiens, cette tâche trouve sa justification dans l'espérance qui jaillit de l'œuvre salvifique de Jésus Christ. C'est pourquoi l'Église est heureuse d'être associée aux activités de cette honorable Organisation qui a la responsabilité de promouvoir la paix et la bonne volonté sur toute la terre. Chers Amis, je vous remercie de m'avoir permis de m'adresser à vous aujourd'hui et je vous promets le soutien de mes prières pour que vous poursuiviez votre noble tâche.


Avant de prendre congé de cette illustre Assemblée, je voudrais adresser mes souhaits dans les langues officielles à toutes les nations qui y sont représentées :

[En anglais; en français; en espagnol; en arabe; en chinois; en russe:] Paix et prospérité, avec l'aide de Dieu !

Merci !

par La rédaction publié dans : Paroles du Saint Père communauté : Chrétiens et heureux de croire
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Vendredi 18 avril 2008

Voici le texte du discours important prononcé par Benoît XVI le mercredi 16 avril, lors des vêpres célébrées en la basilique de l'Immaculée Conception, à Washington D.C., à l'adresse des évêques américains (traduction en français Zenit.org).

           

(Photo, Le Figaro.fr ; voir l'article ICI)

"Vénérés frères dans l'épiscopat,


Ma joie est grande en vous saluant aujourd'hui, au début de ma visite dans ce pays, et je remercie le cardinal George des paroles aimables qu'il m'a adressées en votre nom. Je désire remercier chacun de vous, en particulier les membres de la Conférence épiscopale, pour le travail important qu'a supposé la préparation de ce voyage. Mon appréciation reconnaissante va, en outre, à l'équipe et aux volontaires du Sanctuaire national, qui nous ont accueillis ici ce soir. Les catholiques d'Amérique sont connus pour leur réelle dévotion à l'égard du Siège de Pierre. Ma visite pastorale ici est une occasion pour renforcer davantage les liens de communion qui nous unissent. Nous avons commencé par la célébration de la prière du soir dans cette basilique consacrée à l'Immaculée Conception de la Bienheureuse Vierge Marie, sanctuaire possédant une signification spéciale pour les catholiques américains, précisément au cœur de votre capitale. Unis en prière avec Marie, Mère de Jésus, nous confions avec amour à notre Père céleste le Peuple de Dieu dans chaque partie des Etats-Unis.


Pour les communautés catholiques de Boston, New York, Philadelphie et Louisville, il s'agit d'une année de célébrations particulières, étant donné qu'elle marque le bicentenaire de l'érection de ces Eglises locales au rang de diocèses. Je m'unis à vous pour rendre grâce pour les nombreux dons célestes accordés à l'Eglise dans ces lieux au cours des deux derniers siècles. Etant donné que l'année en cours marque également le bicentenaire de l'érection du siège fondateur, Baltimore, au rang d'archidiocèse, cela m'offre l'opportunité de rappeler avec admiration et gratitude la vie et le ministère de John Carroll, premier évêque de Baltimore et digne pasteur de la communauté catholique dans votre nation qui était devenue depuis peu indépendante. Ses efforts inlassables pour diffuser l'Evangile dans le vaste territoire confié à ses soins jetèrent les bases de la vie ecclésiale dans votre pays et permirent à l'Eglise en Amérique de grandir vers la maturité. Aujourd'hui, la communauté catholique que vous servez est l'une des plus vastes du monde et l'une des plus influentes. Il est donc très important de faire en sorte que votre lumière brille devant vos concitoyens et devant le monde, « afin qu'ils voient vos bonnes œuvres et glorifient votre Père qui est dans les cieux » (Mt 5, 16).


Un grand nombre des personnes auprès desquelles John Carroll et ses confrères évêques exercèrent leur ministère il y a deux siècles venaient de terres lointaines. La diversité de leur provenance se reflète dans la riche variété de la vie ecclésiale de l'Amérique d'aujourd'hui. Chers frères évêques, je désire vous encourager, ainsi que vos communautés, à continuer à accueillir les immigrants qui s'unissent à vous aujourd'hui, à partager leurs joies et leurs espérances, à les soutenir dans leurs souffrances et leurs épreuves, et à les aider à prospérer dans leur nouvelle maison. C'est d'autre part ce que firent vos concitoyens pendant des générations. Dès les débuts, ils ont ouvert leurs portes à ceux qui étaient las, aux pauvres, aux « masses qui se pressaient à la recherche d'un souffle dans la liberté » (cf. Sonnet gravé sur la statue de la liberté). Telles étaient les personnes que l'Amérique a faites siennes.


Parmi ceux qui vinrent ici pour se construire une nouvelle vie, beaucoup furent capables de faire bon usage des ressources et des opportunités qu'ils y trouvèrent, et d'atteindre un haut niveau de prospérité. En vérité, les citoyens de ce pays sont connus pour leur grande vitalité et créativité. Ils sont également connus pour leur générosité. Après l'attaque des tours jumelles, en septembre 2001, et également après l'ouragan Katrina en 2005, les Américains ont montré leur rapidité à venir en aide à leurs frères et sœurs qui étaient dans le besoin. Au niveau international, la contribution offerte par le peuple d'Amérique aux opérations de secours et de sauvetage après le tsunami de décembre 2004 est une démonstration supplémentaire de cette compassion. Permettez-moi d'exprimer mon appréciation particulière pour les innombrables formes d'assistance humanitaire offertes par les catholiques américains à travers les Caritas catholiques et les autres agences. Leur générosité a porté des fruits dans l'attention aux pauvres et aux indigents, ainsi que dans l'énergie manifestée dans la construction du réseau national de paroisses catholiques, d'hôpitaux, d'écoles et d'universités. Tout cela offre de solides raisons pour rendre grâce.


L'Amérique est également une terre de grande foi. Votre peuple est bien connu pour sa ferveur religieuse et il est fier d'appartenir à une communauté de prière. Il a confiance en Dieu et il n'hésite pas à introduire dans les discours publics des raisons morales enracinées dans la foi biblique. Le respect pour la liberté de religion est profondément enraciné dans la conscience américaine ; c'est un fait qui a contribué à ce que ce pays attire des générations d'immigrants à la recherche d'une maison où pouvoir librement rendre leur culte à Dieu selon leurs propres convictions religieuses.


Dans ce contexte, je prends volontiers acte de la présence parmi vous d'évêques de toutes les vénérables Eglises orientales en communion avec le Successeur de Pierre : je les salue avec une joie particulière. Chers frères, je vous demande d'assurer vos communautés de ma profonde affection et de ma prière incessante, pour elles comme pour les nombreux frères et sœurs restés dans leur terre d'origine. Votre présence dans ce pays rappelle le courageux témoignage en faveur du Christ de tant de membres de vos communautés, souvent en affrontant de grandes souffrances, dans leurs patries respectives. Cela constitue également un grand enrichissement pour la vie ecclésiale en Amérique, car une expression vivante de la catholicité de l'Eglise et de la variété de ses traditions liturgiques et spirituelles est ainsi offerte.


C'est sur ce sol fertile, nourri par tant de sources différentes, que vous, vénérés frères dans l'épiscopat, êtes appelés aujourd'hui à répandre la semence de l'Evangile. Cela m'amène à me demander comment, au XXIe siècle, un évêque peut répondre au mieux à l'appel à « faire chaque chose nouvelle en Jésus Christ, notre espérance » ? Comment peut-il conduire son peuple « à la rencontre avec le Dieu vivant ? », source de cette espérance qui transforme la vie dont parle l'Evangile ? (cf. Spe salvi, n. 4). Peut-être a-t-il tout d'abord besoin d'abattre certaines barrières qui empêchent cette rencontre. Même s'il est vrai que ce pays est marqué par un authentique esprit religieux, l'influence subtile du sécularisme peut toutefois marquer la façon dont les personnes permettent que la foi influence leurs propres comportements. Est-il cohérent de professer notre foi à l'église le dimanche et ensuite, au cours de la semaine, de promouvoir des affaires ou des procédures médicales contraires à cette foi ? Est-il cohérent pour les catholiques pratiquants d'ignorer ou d'exploiter les pauvres et les exclus ; de promouvoir des comportements sexuels contraires à l'enseignement moral catholique, ou d'adopter des positions qui contredisent le droit à la vie de chaque être humain de sa conception jusqu'à sa mort naturelle ? Il faut résister à toute tendance à considérer la religion comme un fait privé. Ce n'est que lorsque la foi imprègne chaque aspect de leur vie que les chrétiens deviennent vraiment ouverts à la puissance transformatrice de l'Evangile.


Dans une société riche, un obstacle supplémentaire à une rencontre avec le Dieu vivant se trouve dans l'influence subtile du matérialisme, qui peut malheureusement très facilement concentrer l'attention sur le « centuple » promis par Dieu en cette vie, au détriment de la vie éternelle qu'il promet pour le temps à venir (Mc 10, 30). Il est aujourd'hui nécessaire de rappeler aux personnes le but ultime de l'existence. Elles ont besoin de reconnaître qu'elles ont en elles une profonde soif de Dieu. Elles ont besoin d'avoir l'opportunité de puiser à la source de son amour infini. Il est facile d'être subjugués par les possibilités presque illimitées que la science et la technique nous offrent ; il est facile de faire l'erreur de penser pouvoir obtenir par nos propres efforts la satisfaction des besoins les plus profonds. Il s'agit d'une illusion. Sans Dieu, qui nous donne ce que nous ne pouvons pas atteindre seuls (cf. Spe salvi, n. 31), nos vies sont en définitive vides. Les personnes ont sans cesse besoin d'être appelées à cultiver une relation avec lui, qui est venu afin que nous ayons la vie en abondance (cf. Jn 10, 10). Le but de chacune de nos activités pastorales et catéchétiques, l'objet de notre prédication, le centre même de notre ministère sacramentel doit être celui d'aider les personnes à établir et à nourrir une telle relation vitale avec « le Christ Jésus, notre espérance » (1 Tm 1, 1).


Dans une société qui accorde beaucoup de valeur à la liberté personnelle et à l'autonomie, il est facile de perdre de vue notre dépendance des autres, ainsi que les responsabilités que nous avons à leur égard. Cette accentuation de l'individualisme a même influencé l'Eglise (cf. Spe salvi, nn. 13-15), donnant origine à une forme de piété qui souligne parfois notre relation privée avec Dieu au détriment de l'appel à être les membres d'une communauté rachetée. Et pourtant, dès le début, Dieu vit qu'« il n'est pas bon que l'homme soit seul » (Gn 2, 18). Nous avons été créés comme des êtres sociaux qui ne trouvent leur accomplissement que dans l'amour envers Dieu et envers leur prochain. Si nous voulons vraiment garder le regard fixé sur lui, source de notre joie, nous devons le faire comme des membres du Peuple de Dieu (cf. Spe salvi, n. 14). Si cela semblait aller à l'encontre de la culture actuelle, cela ne serait qu'une preuve supplémentaire de l'urgente nécessité d'une évangélisation renouvelée de la culture.


Ici en Amérique, vous avez été bénis par un laïcat catholique d'une considérable variété culturelle, qui place ses dons multiformes au service de l'Eglise et de la société en général. Il se tourne vers vous pour recevoir de l'encouragement, une direction et une orientation. A une époque saturée d'informations, l'importance d'offrir une solide formation de la foi ne risque par d'être surévaluée. Les catholiques américains ont accordé par tradition une grande valeur à l'éducation religieuse, que ce soit dans les écoles ou dans l'ensemble des programmes de formation pour adultes : il faut maintenir et développer cela. Les nombreux hommes et femmes qui se consacrent généreusement aux œuvres caritatives doivent être aidés à renouveler leur engagement à travers une « formation du cœur » : une « rencontre avec Dieu dans le Christ, qui suscite en eux l'amour et qui ouvre leur esprit à autrui » (Deus caritas est, n. 31). A une époque où les progrès dans les sciences médicales apportent de nouvelles espérances à de nombreuses personnes, des défis éthiques auparavant inimaginables peuvent apparaître. D'où la nécessité, plus importante que jamais, d'assurer une solide formation dans les enseignements moraux de l'Eglise aux catholiques qui sont engagés dans le domaine de la santé. Il est nécessaire dans tous ces domaines d'apostolat, de prendre une direction sage, pour qu'ils puissent porter des fruits abondants. S'ils veulent vraiment promouvoir le bien intégral de la personne, ils doivent eux-mêmes être renouvelés dans le Christ notre espérance.


En tant qu'annonciateurs de l'Evangile et guides de la communauté catholique, vous êtes également appelés à participer à l'échange d'idées sur la scène publique, pour aider à façonner des attitudes culturelles adaptées. Dans un contexte où la liberté de parole est appréciée et un débat substantiel et honnête est encouragé, votre voix est une voix respectée qui a beaucoup à offrir au débat sur les questions sociales et morales de l'actualité. En faisant en sorte que l'Evangile soit entendu de façon claire, non seulement vous formez les personnes de votre communauté, mais, dans le cadre du plus vaste auditoire de la communication de masse, vous aidez à diffuser le message de l'espérance chrétienne dans le monde entier.


L'influence de l'Eglise dans le débat public, cela est clair, se déroule à de nombreux niveaux très différents. Aux Etats-Unis, comme ailleurs, existent actuellement beaucoup de lois déjà en vigueur ou en discussion qui suscitent une préoccupation du point de vue de la moralité et la communauté catholique, sous votre direction, doit offrir un témoignage clair et unitaire sur ces matières. L'ouverture graduelle des esprits et des cœurs de la communauté la plus vaste à la vérité morale est toutefois encore plus importante : c'est un domaine dans lequel il y a encore beaucoup à accomplir. Dans ce domaine, le rôle des fidèles laïcs est crucial en agissant comme un « levain » dans la société. Toutefois, on ne doit pas tenir pour acquis que tous les citoyens catholiques pensent selon l'enseignement de l'Eglise à propos des questions éthiques fondamentales d'aujourd'hui. Encore une fois, votre devoir est de faire en sorte que la formation morale offerte à chaque niveau de la vie ecclésiale reflète l'authentique enseignement de l'Evangile de la vie.


A ce propos, un thème profondément préoccupant pour nous tous est la situation de la famille au sein de la société. Il est vrai que le cardinal George a tout d'abord rappelé que vous avez placé le renforcement du mariage et de la vie familiale parmi vos priorités pour les prochaines années. Dans le Message de cette année pour la Journée mondiale de la paix, j'ai parlé de la contribution essentielle qu'une vie familiale saine offre à la paix dans et entre les nations. Dans la maison familiale, nous vivons l'expérience « de certaines composantes fondamentales de la paix : la justice et l'amour entre frères et sœurs, la fonction d'autorité manifestée par les parents, le service affectueux envers les membres les plus faibles parce que petits, malades ou âgés, l'aide mutuelle devant les nécessités de la vie, la disponibilité à accueillir l'autre et, si nécessaire, à lui pardonner » (n. 3). La famille est, en outre, le lieu primordial de l'évangélisation, dans la transmission de la foi, dans l'aide aux jeunes à apprécier l'importance de la pratique religieuse et de l'observance du dimanche. Comment ne pas être déconcertés en observant le rapide déclin de la famille en tant qu'élément fondamental de l'Eglise et de la société ? Le divorce et l'infidélité sont en augmentation, et de nombreux jeunes hommes et femmes choisissent de retarder le mariage ou même de l'ignorer complètement. Pour certains jeunes catholiques le lien sacramentel du mariage apparaît peu différent d'un lien civil, ou bien il est carrément perçu comme un simple accord pour vivre avec une autre personne de manière informelle et sans stabilité. En conséquence, on constate une diminution alarmante des mariages catholiques aux Etats-Unis, ainsi qu'une augmentation des cohabitations, dans lesquelles le don réciproque des époux à la manière du Christ, à travers le sceau d'une promesse publique de vivre les exigences d'un engagement indissoluble pendant toute l'existence, est simplement absent. Dans ces circonstances, on nie aux enfants le milieu sûr dont ils ont besoin pour grandir comme des êtres humains, et on nie également à la société ces piliers stables qui sont nécessaires, si l'on veut conserver la cohésion et le centre moral de la communauté.


Comme mon prédécesseur, le pape Jean-Paul II, l'enseignait : « Le premier responsable de la pastorale familiale dans le diocèse est l'évêque... il doit lui consacrer intérêt, sollicitude, temps, personnel, ressources : mais par-dessus tout, il doit apporter un appui personnel aux familles et à tous ceux qui... l'assistent dans la pastorale de la famille » (Familiaris consortio, n. 73). Votre tâche est de proclamer avec force les arguments de foi et de raison qui parlent de l'institution du mariage, compris comme engagement pour la vie entre un homme et une femme, ouvert à la transmission de la vie. Ce message devrait retentir au milieu des personnes d'aujourd'hui, car il est essentiellement un « oui » inconditionné et sans réserve à la vie, un « oui » à l'amour et un « oui » aux aspirations du cœur dans notre humanité commune, alors que nous nous efforçons de mener à bien notre profond désir d'intimité avec les autres et avec le Seigneur.


Parmi les signes contraires à l'Evangile de la vie que l'on peut trouver en Amérique, mais également ailleurs, il y en a un qui cause une profonde honte : l'abus sexuel des mineurs. Beaucoup d'entre vous m'ont parlé de l'immense douleur que vos communautés ont ressenti quand des hommes d'Eglise ont trahi leurs obligations et leurs devoirs sacerdotaux avec un tel comportement gravement immoral. Alors que vous cherchez à éliminer ce mal partout où il se trouve, soyez assurés du soutien priant du Peuple de Dieu dans le monde entier. Vous donnez à juste titre la priorité à la manifestation de compassion et de soutien aux victimes : c'est une responsabilité qui vous vient de Dieu, en tant que pasteurs, qui est celle de panser les blessures causées par chaque violation de la confiance, de favoriser la guérison, de promouvoir la réconciliation et d'aller à la rencontre de ceux qui ont été aussi gravement blessés, avec une sollicitude pleine d'amour.


La réponse à une telle situation n'a pas été facile et, comme l'a indiqué le président de votre Conférence épiscopale, elle a « parfois été très mal gérée ». Maintenant que la dimension et la gravité du problème sont plus clairement comprises, vous avez pu adopter des mesures disciplinaires et des remèdes plus adaptés et promouvoir un milieu sûr qui offre une plus grande protection aux jeunes. Alors que l'on doit se rappeler que la plus grande majorité des prêtres et des religieux en Amérique accomplissent un excellent travail en apportant le message libérateur de l'Evangile aux personnes confiées à leurs soins pastoraux, il est d'une importance vitale que les sujets vulnérables soient toujours protégés de ceux qui pourraient les blesser. A ce propos, vos efforts pour soulager et protéger portent de nombreux fruits non seulement à l'égard de ceux qui sont directement placés sous votre attention pastorale, mais également de la société tout entière.


Toutefois, si nous voulons qu'elles atteignent pleinement leur but, il faut que les mesures et les stratégies que vous avez adoptées soient placées dans un contexte plus large. Les enfants ont le droit de grandir avec une saine compréhension de la sexualité et du rôle qui lui est propre dans les relations humaines. On devrait leur épargner les manifestations dégradantes et la manipulation vulgaire de la sexualité aujourd'hui si dominante ; ils ont le droit d'être éduqués dans les authentiques valeurs morales enracinées dans la dignité de la personne humaine. Cela nous ramène à la considération sur la place centrale de la famille et sur la nécessité de promouvoir l'Evangile de la vie. Que signifie parler de la protection des enfants lorsque la pornographie et la violence peuvent être regardées dans de si nombreuses maisons à travers les mass media largement disponibles aujourd'hui ? Nous devons réaffirmer de toute urgence les valeurs qui soutiennent la société, de manière à offrir aux jeunes et aux adultes une solide formation morale. Tous ont un rôle à jouer dans cette tâche, non seulement les parents, les guides religieux, les enseignants et les catéchistes, mais également l'information et l'industrie du spectacle. Oui, chaque membre de la société peut contribuer à ce renouveau moral et en tirer profit. Prendre vraiment soin des jeunes et de l'avenir de notre civilisation signifie reconnaître notre responsabilité de promouvoir et de vivre les valeurs morales authentiques qui sont les seules à rendre la personne humaine capable de se développer. Votre tâche de pasteurs qui ont comme modèle le Christ, Bon Pasteur, est de proclamer de manière forte et claire ce message et donc d'affronter le péché de l'abus dans le contexte plus vaste des comportements sexuels. En outre, en reconnaissant le problème et en l'affrontant lorsqu'il a lieu dans un contexte ecclésial, vous pouvez offrir une orientation aux autres, étant donné que cette plaie ne se trouve pas seulement au sein de vos diocèses, mais dans tous les secteurs de la société. Elle exige une réponse déterminée et collective.


Les prêtres ont eux aussi besoin de votre direction et de votre proximité au cours de cette période difficile. Ils ont vécu l'expérience de la honte à la suite de ce qui est arrivé et un grand nombre d'entre eux se rendent compte qu'ils ont perdu une partie de la confiance qu'ils avaient autrefois. Nombreux sont ceux qui font l'expérience d'une proximité avec le Christ dans sa Passion, alors qu'ils s'efforcent d'affronter les conséquences de la crise actuelle. L'évêque, en tant que père, frère et ami de ses prêtres, peut les aider à tirer du fruit spirituel de cette union avec le Christ, en les rendant conscients de la présence réconfortante du Seigneur au coeur de leurs souffrances, et en les encourageant à marcher avec le Seigneur sur le sentier de l'espérance (cf. Spe salvi, n.39). Comme l'observait le pape Jean-Paul II il y a six ans, « nous devons être confiants dans le fait que ce moment d'épreuve apportera une purification de toute la communauté catholique », conduira « à un sacerdoce plus sain, à un épiscopat plus sain et à une Eglise plus sainte » (Message aux cardinaux des Etats-Unis, 23 avril 2002, n. 4). De nombreux signes montrent que, pendant la période successive, cette purification a vraiment eu lieu. La présence constante du Christ au coeur de nos souffrances transforme graduellement nos ténèbres en lumière : chaque chose est faite à nouveau véritablement dans le Christ Jésus, notre espérance.


En ce moment, une partie vitale de votre tâche est de renforcer les relations avec vos prêtres, en particulier dans les cas où une tension est née entre prêtres et évêques à la suite de la crise. Il est important que vous continuiez à démontrer à leur égard votre préoccupation, votre soutien et votre direction à travers l'exemple. Ainsi, vous les aiderez certainement à rencontrer le Dieu vivant et vous les orienterez vers cette espérance qui transforme l'existence dont parle l'Evangile. Si vous vivez vous-mêmes d'une manière qui se configure étroitement au Christ, le Bon Pasteur, qui donna sa vie pour ses brebis, vous inspirerez vos frères prêtres à se consacrer à nouveau au service du troupeau avec la générosité qui caractérisa le Christ. En vérité, une concentration plus claire sur l'imitation du Christ dans la sainteté de vie est nécessaire si nous voulons aller de l'avant. Nous devons redécouvrir la joie de vivre une existence centrée sur le Christ, en cultivant les vertus et en nous plongeant dans la prière. Lorsque les fidèles savent que leur pasteur est un homme qui prie et qui consacre sa vie à leur service, ils répondent avec une chaleur et une affection qui nourrit et soutient la vie de la communauté tout entière.


Le temps passé à prier n'est jamais perdu, même si les devoirs qui nous pressent de toutes parts sont importants. L'adoration du Christ notre Seigneur dans le Très Saint Sacrement prolonge et intensifie cette union avec lui, qui se constitue à travers la célébration eucharistique (cf. Sacramentum caritatis, n. 66). La contemplation des mystères du Rosaire libère toute leur force salvifique en nous conformant, en nous unissant et en nous consacrant à Jésus Christ (cf. Rosarium Virginis Mariae, 11.15). La fidélité à la Liturgie des Heures garantit que notre journée tout entière soit sanctifiée, en nous rappelant sans cesse la nécessité de rester concentrés sur l'accomplissement de l'œuvre de Dieu, malgré toutes les urgences ou les distractions qui peuvent apparaître face aux obligations à accomplir. De cette manière, la dévotion nous aide à parler et à agir in persona Christi, à enseigner, à gouverner et à sanctifier les fidèles au nom de Jésus, en apportant sa réconciliation, sa guérison et son amour à tous ses frères et sœurs bien-aimés. Cette configuration radicale au Christ Bon Pasteur est au centre de notre ministère pastoral et si nous nous ouvrons, à travers la prière, à la puissance de l'Esprit, Il nous accordera les dons dont nous avons besoin pour accomplir notre devoir formidable, au point de ne jamais nous soucier « pour savoir ce que vous direz ni comment vous le direz » (Mt 10, 19).


En concluant ce discours qui vous est adressé ce soir, je confie de manière toute particulière l'Eglise qui est dans votre pays à la sollicitude maternelle et à l'intercession de Marie Immaculée, Patronne des Etats-Unis. Elle qui a porté dans son sein l'espérance de toutes les nations, puisse-t-elle intercéder pour le peuple de cette nation, afin que tous soient renouvelés en Jésus Christ, son Fils. Chers frères évêques, j'assure chacun de vous ici présents de ma profonde amitié et de ma participation à vos préoccupations pastorales. A vous tous, au clergé, aux religieux et aux fidèles laïcs je donne cordialement ma Bénédiction apostolique, gage de joie et de paix dans le Christ Ressuscité."

par La rédaction publié dans : Paroles du Saint Père communauté : Chrétiens et heureux de croire
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Jeudi 17 avril 2008

Voici le discours que le Saint Père a prononcé hier - 17 avril - au cours de la cérémonie organisée à son intention à la Maison Blanche par le Président Bush, dont on sait qu'il a reçu le Pape avait le plus grand faste (ICI). Espérons que le Président américain tire des enseignements fructueux de ses échanges avec le Saint Père !

 

"Monsieur, le Président,


Je vous remercie des paroles courtoises de bienvenue que vous m'avez adressées au nom du peuple des Etats-Unis d'Amérique. J'apprécie profondément votre invitation à visiter ce grand pays. Ma venue coïncide avec un moment important de la vie de la Communauté catholique en Amérique : la célébration du deuxième centenaire de l'élévation au rang d'archidiocèse métropolitain du premier diocèse du pays, Baltimore, et la fondation des sièges de New York, Boston, Philadelphie et Louisville. En outre, je suis heureux d'être l'hôte de tous les Américains. Je viens en tant qu'ami et annonciateur de l'Evangile, comme une personne qui respecte profondément cette vaste société pluraliste. Les catholiques américains ont offert, et ils continuent à offrir, une excellente contribution à la vie de leur pays. En m'apprêtant à commencer ma visite, j'ai confiance dans le fait que ma présence puisse être une source de renouveau et d'espérance pour l'Eglise qui est aux Etats-Unis et qu'elle renforcera la détermination des catholiques à contribuer de manière encore plus responsable à la vie de la nation, dont ils sont fiers d'être les citoyens.


Dès les débuts de la République, la recherche de liberté de l'Amérique a été guidée par la conviction que les principes qui gouvernent la vie politique et sociale sont intimement liés avec un ordre moral, fondé sur la seigneurie de Dieu créateur. Les rédacteurs des documents constitutifs de cette nation se fondèrent sur cette conviction, lorsqu'ils proclamèrent la « vérité évidente par elle-même » que tous les hommes sont créés égaux et dotés de droits inaliénables, fondés sur la loi de la nature et sur le Dieu de cette nature. Le chemin de l'histoire américaine souligne les difficultés, les luttes et la grande détermination intellectuelle et morale qui ont été nécessaires pour former une société qui intègre fidèlement ces nobles principes. Au cours de ce processus, qui a façonné l'âme de la nation, les croyances religieuses furent une inspiration constante et une force d'orientation, comme par exemple dans la lutte contre l'esclavage et dans le mouvement pour les droits civils. A notre époque aussi, particulièrement lors des moments de crise, les Américains continuent à trouver leur énergie dans l'adhésion à ce patrimoine d'idéaux et d'aspirations partagés.


Les jours prochains, j'attends avec joie de rencontrer non seulement la communauté catholique d'Amérique, mais également d'autres communautés chrétiennes et délégations des nombreuses traditions religieuses présentes dans ce pays. Historiquement, non seulement les catholiques, mais tous les croyants ont trouvé ici la liberté d'adorer Dieu selon les impératifs de leur conscience, étant en même temps acceptés comme partie d'une confédération dans laquelle chaque individu et chaque groupe peut faire entendre sa propre voix. La nation devant à présent affronter des questions politiques et éthiques toujours plus complexes, je suis certain que les Américains pourront trouver dans leurs croyances religieuses une source précieuse de discernement et une inspiration pour poursuivre un dialogue raisonnable, responsable et respectueux dans l'effort d'édifier une société plus humaine et plus libre.


La liberté n'est pas seulement un don, mais également un appel à la responsabilité personnelle. Les Américains le savent par expérience - presque chaque ville de ce pays possède des monuments qui rendent hommage à ceux qui ont sacrifié leur vie en défense de la liberté, que ce soit sur leur terre ou ailleurs. La défense de la liberté appelle à cultiver la vertu, l'autodiscipline, le sacrifice pour le bien commun et un sens de responsabilité à l'égard des moins chanceux. Elle exige, en outre, le courage de s'engager dans la vie civile, en présentant dans un débat public raisonnable ses propres croyances religieuses et ses valeurs les plus profondes. En un mot, la liberté est toujours nouvelle. Il s'agit d'un défi lancé à chaque génération, et il doit être constamment vécu en faveur de la cause du bien (cf. Spe salvi, n. 24