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« Je vous ai dit ces choses, pour que vous ayez la paix en moi.
Dans le monde vous aurez à souffrir. Mais gardez courage ! J'ai vaincu le monde » (Jn 16,33)

 

Hymne des JMJ - Sydney 2008
Jeudi 24 avril 2008
Le Cardinal Martins, préfet de la Congrégation pour la cause des Saints a accordé un entretien au journal italien Il Giornale avant de partir pour San Giovanni Rotondo, où il a célébré ce matin la messe inaugurant l'exposition des reliques de Padre Pio, dont on sait qu'il est le saint le plus vénéré en Italie. En voici un extrait.


IG - Pourquoi est-il important de vénérer les reliques d'un saint ?

Mgr Martins - Les saints sont des hommes comme nous, qui ont suivi Jésus sur le chemin de la perfection quotidienne. Ils ont été, comme chacun de nous est appelé à l'être, temples de l'Esprit Saint, dociles à l'action de la grâce de Dieu. Le christianisme, fondé sur l'évènement de l'incarnation, de la mort et de la résurection du fils de Dieu sur notre terre à un moment précis de l'histoire de l'humanité, a toujours porté beaucoup d'attention et de respect pour les corps. Même les membres mortels de saints ont été porteurs de la grace. C'est pourquoi nous vénérons les reliques des saints.

IG - Certains trouvent cette vénération plutôt macabre. Que leur répondre ?

Mgr Martins - Je réponds que personne n'est obligé de vénérer les reliques d'un saint. Mais je réponds également que cette vénération n'est pas le fruit de déviances : elle était bien présente dès l'origine de la communauté chrétienne qui vénérait déjà les reliques des apôtres et des martyrs.

IG - Ne croyez vous pas à un excès d'attention médiatique concernant l'exposition du corps de Padre Pio ? N'y voyez-vous pas un risque de fanatisme ?

Mgr Martins - Nous sommes des hommes, les risques sont toujours présents. Mais il me semble que personne ne tombe dans le fanatisme. Il est important de rappeler que Padre Pio a été un grand saint parce qu'il a donné sa vie à Dieu, a su souffrire pour Jésus et a vécu en priant et en aidant tant d'âmes à retrouver la foi et à expérimenter la miséricorde divine. Qui le vénère, qui se met dans la file pour s'approcher de l'urne qui conserve sa dépouille, le sait bien. Il sait que ce qui compte est la foi en Dieu, en son fils Jésus Christ. Il sait que ce qui compte est d'approcher les sacrements, de prier, de confier notre vie à notre Créateur. Vénérer Saint Padre Pio de Pietracalcina ne sert à rien sinon à cela.

IG - Les fidèles en sont conscients ?

Mgr Martins - Je crois que les fidèles sont plus mûrs que nous le pensons ou qu'ils sont dépeins certaines fois. Le parfum de sainteté qui émanait de Padre Pio était un fruit de sa foi et non un pouvoir magique : vénérer les saints, les connaître, les imiter, doit porter à Jésus et non à la superstision. Faire voir leurs corps mortels, leurs restes, et les vénérer, signifie comprendre que Dieu se sert de nos êtres, de notre physique, de nos faiblesses, pour faire passer l'annonce de son Evangile.

IG - Il y a eu des polémiques sans fin sur cette exumation et exposition. Pourquoi la fait-on ?

Mgr Martins - C'est une anomalie que cela n'ait pas encore été fait. Avant la béatification d'un serviteur de Dieu, on procède habituellement à la reconnaissance canonique de sa dépouille. On prélève les reliques qui seront offertes au Pape. Avec Padre Pio celà n'a pas été fait, ni pour sa béatification en 1999, ni pour sa canonisation en 2002, où l'on a utilisé comme reliques des escarts qui s'étaient détachés de ses stygmates lorsqu'il était toujours en vie et que ses frères avaient conservés. Aujourd'hui, au quarantième anniversaire de sa mort et après l'authentification de ses stygmates, son corps a été exumé. Cela a été fait à temps pour conserver son corps, qui risquait d'être détérioré par l'humidité.

IG - Le corps de Padre Pio restera-t-il toujours visible ? Sera-t-il transférer au nouveau Sanctuaire de San Giovanni Rotondo ?

Mgr Martins - La décision appartient à l'archevêque d'Ambrosio, qui a annoncé que l'exposition durerait au moins un an, en raison des innombrables demandes des fidèles ayant  l'intention de  s'incliner devant la dépouille  de Padre Pio. (...).



par La rédaction publié dans : Paroles d'évêque et de prêtre communauté : Chrétiens et heureux de croire
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Jeudi 13 mars 2008

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    U
ne initiative originale doit être signalée, celle de l'Archevêque de Milan, Mgr
Dionigi Tettamanzi, qui chaque semaine pendant le carême a répondu, par voie de vidéos, aux questions diverses du public.

Ses quatre interventions sont diffusées sur le site YouTube et rencontrent un franc succès en Italie et même en Europe (pour ceux qui parlent italien, bien sûr !). A consulter ici : 1ère semaine (I), 1ère semaine (II), 2e semaine, 3e semaine, 4e semaine.

Cette opération doit prendre fin demain (14/03). Mais face à son succès, peut-être sera-t-elle poursuivie. Ou peut-être donnera-t-elle des idées à d'autres évêques dans d'autres pays, qui devraient s'intéresser aux voies modernes de communication, qui peuvent devenir voies d'évangélisation.
par La rédaction publié dans : Paroles d'évêque et de prêtre communauté : Chrétiens et heureux de croire
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Mardi 4 mars 2008
garcia-gasco.jpgLe rôle du politicien est de servir le bien commun et de garder, protéger et favoriser ses valeurs fondamentales.

Si les politiciens n'ont pas pour perspective première le bien commun, leurs propositions politiques seront inappropriées. Les jolies phrases, les slogans et les promesses ne suffisent pas. Les électeurs savent parfaitement faire la différence entre ceux qui se fondent sur des éléments qui profitent à tous et ceux qui ne représentent qu’eux-mêmes, ou une fraction idéologique de la société. Sans référence au bien commun, l'action politique perd son sens principal.

L'Eglise a toujours enseigné la primauté du bien commun et, ce faisant, elle a instruit de bons citoyens pour chaque État. Celui qui veut grandir dans l'amour selon le modèle de Jésus-Christ, ne peut pas mettre entre parenthèses ses obligations à l’égard de la communauté dans laquelle il vit. Au contraire, il doit mettre tous ses efforts à contribuer au bien commun, lequel de réalise pleinement lorsque tous les citoyens sont assurés dans leurs droits.

Ce n’est pas en l’identifiant plus ou moins subtilement à l’idéologie qui accompagne un gouvernement que l’on peut procurer la meilleure éducation aux vertus civiques, mais par un engagement persévérant et efficace pour obtenir que les droits humains soient véritablement offerts à tous, spécialement aux plus faibles et aux plus nécessiteux.

Plus y aura de personnes à s’engager en faveur des droits et de la dignité de la personne humaine, et meilleure sera la démocratie. Plus il y aura de citoyens à se prévaloir des libertés publiques pour agresser ceux qui ne pensent pas comme eux, et plus nous nous éloignerons de la démocratie. Les hommes et les femmes qui aspirent à acquérir ou à conserver une responsabilité publique doivent bien se rappeler que leur conduite est un langage d'éducation pour les citoyens.

La démocratie est confirmée ou niée chaque fois que l’un de ses acteurs s’engage en faveur ou contre les droits et la dignité de l'homme. Les hommes et les femmes qui aspirent à acquérir ou à conserver une responsabilité publique doivent bien se rappeler que leur conduite est un langage d'éducation pour les citoyens, parfois plus éloquent que les gestes médiatiques ou les phrases d'impact bien calculées. Les actions, les mots et les gestes des politiciens et des personnages publics peuvent contribuer à enrichir ou à appauvrir la coexistence des citoyens. Ils sont le miroir dans lequel les citoyens se regardent, dans l'attente de voir confirmées les valeurs humaines et politiques désirées.

Malgré les coups d’effets qui peuvent être obtenus grâce aux stratagèmes propres à cette société médiatique, rien ne peut effacer la responsabilité éthique et sociale de l’engagement politique. Les droits humains, spécialement ceux des plus vulnérables et des plus menacés, sont les clés éthiques objectives du bien commun, qui exigent des acteurs publics qu’ils s’y accordent par un idéal de respect profond pour les personnes qui aille très au-delà des calculs d’opportunité ou de rentabilité électorale.

La campagne électorale est l’occasion de présenter un scénario d'éducation aux valeurs. Les programmes et les projets qui sont guidés par des querelles, des opportunismes ou des gestes de stratégies mensongères auront du mal à aller au-delà de l’instant éphémère d'une gloire médiatique. Quand le politicien s’adresse aux citoyens, il doit exprimer un respect profond envers l’électorat, lequel demande à ses représentants cohérence et dignité pour dynamiser la vie communautaire.

L'Église catholique veut contribuer à la rénovation des valeurs véritablement démocratiques et apporter sa conviction de la primauté des valeurs spirituelles sur les valeurs matérielles. Il ne sera jamais juste de construire artificiellement une culture athée, une société sans référence religieuse. La démocratie est pleinement justifiée lorsqu’elle permet à l’être humain de vivre plus dignement, lorsqu’elle favorise son initiative, sa créativité, sa hauteur de vues et le porte à se préoccuper davantage du bien et des droits des autres, spécialement de ceux qui souffrent le plus ou qui sont plus délaissés.

Le jeu démocratique ne coïncide pas avec la recherche d’une victoire électorale à tout prix. Il exprime que l’on a appris à vivre dans le respect total de la dignité de chacun, selon ce idéal que « tous les droits sont pour tous ».

Avec ma bénédiction et mon affection,

+ Agustín García-Gasco
Cardinal archevêque de Valencia (Espagne)
par La rédaction publié dans : Paroles d'évêque et de prêtre communauté : Chrétiens et heureux de croire
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Vendredi 29 février 2008

L’Espagne vit des jours très difficiles, notamment du point de vue religieux, car l’Eglise y est la cible habituelle d’attaques, y compris gouvernementales ou parlementaires, visant à ruiner son influence dans la société. Pleinement conscient de cette situation, et assumant sa mission, l’épiscopat espagnol réagit avec fermeté, sans chercher à composer sur ce qui n’est pas négociable.

S.E. Mgr Antonio Cañizares Llovera, cardinal archevêque de Tolède, primat d’Espagne, donne le ton. Le 3 février dernier, il a prononcé à la cathédrale de Tolède une homélie magnifique, dont on trouvera le texte intégral, traduit en Français, et publié en deux parties, sur le blog Le petit Placide.


Après avoir rappelé que « les béatitudes proclamées par Jésus appartiennent au noyau de la foi et de l'existence chrétiennes », qu’elles « sont sa propre lumière, elles sont Jésus lui-même, lumière qui illumine toutes les nations » et constituent « la richesse de l'Église, parce que sa seule richesse et sa seule force est le Christ », le cardinal a ajouté :

undefined« L'Église n'a pas d’autre Parole à dire que le Christ, ni d’autre richesse que le Christ, ni d’autre pouvoir que celui du Christ qui est venu pour servir et non pour être servi. Cette Parole elle ne la taira jamais, elle ne la passera jamais sous silence malgré les pouvoirs de ce monde qui voudraient l’étouffer ou la voir réduite aux lieux sacrés, elle ne la laissera jamais mourir. Cette richesse, elle ne la dilapidera pas, elle ne cessera pas de la partager avec les hommes, de l'offrir à tous, sans l'imposer à quiconque. Jamais, elle ne renoncera en outre à cette force ou à ce pouvoir de Jésus-Christ qui est de servir les hommes, d’aider les hommes, d’aimer les hommes, de défendre les hommes. Parce qu’elle n'a pas d’autre Parole, ni d’autre richesse, ni d’autre force que le Christ, il ne lui importera rien que de servir l'homme, de miser sur l'homme. Et c'est pourquoi elle défendra la vie humaine dans toutes les phases de son existence, depuis sa conception jusqu'à son décès naturel, et elle montrera comme chemin et comme orientation pour la société comment on viole cette exigence suprême et fondamentale de l'homme par l'avortement, l'euthanasie, la manipulation des embryons humains ou le terrorisme. Et pour cela, elle proclamera sans cesse et revendiquera en toute circonstance la dignité et l'inviolabilité de tout être humain et les droits fondamentaux qui correspondent à l'homme, y compris ceux de la liberté de conscience et de la liberté religieuse dans toute leur extension, ainsi que tous ceux qui concernent la liberté de l'éducation. Et par la même occasion, elle proclamera à temps et à contretemps l'Evangile et la vérité de la famille, et elle demandera à tous de travailler pour la famille, parce que travailler pour elle c’est travailler pour l'homme et ne pas le faire c’est aller contre l'homme, chemin de l'Église, comme l'est le Christ. L’homme importe à l’Eglise de manière fondamentale, comme au Christ, parce Dieu lui importe par-dessus tout, et que Dieu, dans son Fils, a aimé l'homme jusqu'à l'extrémité et veut son bonheur. Là est la racine de son activité, même si ceci lui apporte des ennuis, des insultes, des mépris, et même si elle est ainsi soumise à des jugements faux et injustes qui disqualifient – j’ai le regret de le dire – ceux-là qui les font. Tel est le chemin des béatitudes, de la belle et véritable aventure qu'a parcourue le Christ, véritable autoportrait du sien ».

« (…) Les béatitudes sont le chemin de réalisation de l'homme qui marche dans la vérité de l’être et qui vit comme étant de Dieu, en appartenant à Dieu, en s'appuyant sur Dieu, en se confiant en Lui ; elles nous montrent le chemin de la liberté, laquelle n'est pas dans l’avoir et dans l’accumulation mais dans l'être homme, créature de Dieu ; elles nous montrent le chemin de l’espérance : il y a un avenir pour l'homme, la vie a un sens. Dieu et l’homme, la vérité de Dieu et la vérité de l'homme, inséparables, l'union de Dieu et de l'homme chemin et objectif de bonheur, de liberté, d'amour, de miséricorde, de justice, de réconfort, de véritable richesse humaine, de paix, de pureté de vues et de vérité et de bonheur qui devient éternel ».

« (…) Les béatitudes, pour cette raison, ne sont pas réservées à quelques privilégiés. C’est l'enseignement moral adressé à tous ceux qui suivent Jésus-Christ, un enseignement, d’ailleurs, qui assume ce qu’affirme la raison humaine, en l’élevant et en l’élargissant. Les béatitudes ne sont pas un chemin conduisant au repli sur soi ; elles sont là pour être vues dans le monde et y être traduites dans les comportements humains. Elles sont comme l’autre face des dix commandements, exprimant avec eux la volonté de Dieu, le vouloir de Dieu et l’accomplissement de sa volonté. Rien n’est étranger à ce chemin (…) ».

A lire, et à faire lire – de toute urgence, sur le blog du Petit Placide [Ici]. Le texte espagnol peut être lu Ici.

Et à pratiquer. Nous voyons ainsi comment le message de l’Evangile – qui peut paraître ici si abstrait – peut profondément et réellement pénétrer l’ordre temporel, et comment il est appelé à s’y réaliser.


Un grand merci, Monsieur le Cardinal !
 
par La rédaction publié dans : Paroles d'évêque et de prêtre communauté : Chrétiens et heureux de croire
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Jeudi 28 février 2008
Voici un extrait de la note que la commission permanente de la Conférence épiscopale espagnole a adressée aux catholiques à l'occasion  des prochaines échéances électorales qui  auront lieu dans leur pays [Ici].

Malgré des contextes différents, et des problématiques concrètes différentes, il nous a paru que cet appel contenait des éléments que nous pouvions faire nôtres pour nos propres élections prochaines. Nous en extrayons les éléments transposables.

_______________

1. (…) Comme en d'autres occasions semblables, nous, évêques, offrons aux catholiques et tous ceux que souhaitent nous écouter quelques considérations qui stimulent l'exercice responsable du vote. Nous parlons comme pasteurs de l'Église ayant l'obligation et le droit d'orienter le discernement moral qu’il est nécessaire d’avoir quand on prend des décisions qui doivent contribuer à la pleine reconnaissance des droits fondamentaux de tous et à la promotion du bien commun.

2. A cette fin, nous pensons que le moment est opportun de lire et méditer de nouveau l'Instruction Pastorale approuvée le 23 novembre 2006 par l'Assemblée Plénière de notre Conférence Épiscopale sous le titre "d'Orientations morales devant la situation actuelle de l'Espagne". Nous rappelons quelques idées fondamentales de cette Instruction, qui doivent être comprises, par conséquent, dans l'ensemble de ce texte significatif.

3. Nous respectons ceux qui voient les choses d'une autre manière. Nous demandons seulement la liberté et le respect pour proposer librement notre manière de voir, sans que personne sans que personne ne se sente menacé ni que notre intervention soit interprétée comme une offense ou un danger pour la liberté des autres. Nous souhaitons collaborer sincèrement à l'enrichissement spirituel de notre société, dans la consolidation de la tolérance authentique et de la coexistence dans le respect mutuel, la liberté et la justice, comme fondement indispensable de la paix véritable (n. 81).

4. S’il est vrai que les catholiques peuvent soutenir des partis différents et y militer, il est également certain que tous les programmes ne sont pas également compatibles avec la foi et les exigences de la vie chrétienne, ni ne sont pas non plus également proches et proportionnés aux objectifs et aux valeurs que les chrétiens doivent promouvoir dans la vie publique (n. 50).

5. Les catholiques et les citoyens qui veulent agir de manière responsable doivent, avant de soutenir par leur vote tel ou tel projet, évaluer les différentes offres politiques, en prenant en considération l’importance que chaque parti, chaque programme et chaque dirigeant accorde à la dimension morale de la vie. La qualité et l'exigence morale des citoyens dans l'exercice de leur vote est le meilleur moyen de maintenir la force et l'authenticité des institutions démocratiques (n. 56). On ne doit pas confondre la condition d’a-confessionnalité ou de laïcité de l'État avec la rupture morale et l'exonération des obligations morales objectives. En disant ceci nous n’attendons pas que les dirigeants se soumettent aux critères de la morale catholique. En revanche, oui, nous attendons qu’ils se conforment au dénominateur commun de la morale fondée sur la raison droite et sur l'expérience historique de chaque peuple (n. 55).

6. « Il est nécessaire – indique le Pape – de confronter avec détermination et clarté de buts, le danger d'options politiques et législatives qui contredisent des valeurs fondamentales et des principes anthropologiques et moraux enracinés dans la nature de l'être humain, en particulier en ce qui concerne la défense de la vie humaine en toutes ses étapes, depuis la conception jusqu’à la mort naturelle, et la promotion de la famille fondée sur le mariage, en évitant d'introduire dans l'ordre public d'autres formes d'union qui contribueraient à la déstabiliser, en ternissant son caractère particulier et sa fonction sociale irremplaçable » (n. 56). La législation doit protéger le mariage, en commençant par le reconnaître dans son être propre et spécifique (n. 41).

7. Il n'est juste d'essayer de construire artificiellement une société sans référence religieuse, exclusivement terrestre, sans culte à Dieu ni aspiration aucune à la vie éternelle (n. 13).(…).

8. Le terrorisme est une pratique intrinsèquement perverse, totalement incompatible avec une vision morale de la vie juste et raisonnable. Non seulement il blesse gravement le droit à la vie et à la liberté, mais il est la manifestation de l'intolérance et du totalitarisme les plus durs (n. 65). Une société qui veut être libre et juste ne peut reconnaître ni explicitement ni implicitement une organisation terroriste comme représentant politique d'aucun secteur de la population, ni ne peut l'avoir comme interlocuteur politique (n. 68) (…) ».

par La rédaction publié dans : Paroles d'évêque et de prêtre communauté : Chrétiens et heureux de croire
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Mercredi 27 février 2008
Voici le message que Mgr Adolfo González Montes a adressé à ses diocésains à l'occasion du saint carême, sur toile de fond de crise sociale. Nous le reproduisons ici pour sa sagesse, pour l'encouragement qu'il donne mais aussi pour la joie qu'il communique. Une joie indirecte, pourrait-on dire, qui naît des accents si apostoliques d'un Pasteur pour son troupeau. A nous ramener si essentiellement au coeur de nos devoirs, en un monde tourmenté et si menaçant pour la vie des âmes, ce sont ici les paroles d'un confesseur de la foi que nous recueillons avec reconnaissance.

_______________

« (...) Bien que la mentalité ambiante soit réfractaire à la conversion à l'Évangile, le commandement du Christ de proclamer la parole du pardon et de la vie est la mission de l'Église. Il n'est pas possible de séparer l'Église du Christ, parce que l'Église a été envoyée par le Ressuscité pour annoncer que par la croix du Christ, par sa mort et sa résurrection, Dieu a adressé à l'humanité le signe suprême de l'amour et de la paix. C'est la mission de l'Église d'appeler tous les hommes à faire partie d'une humanité rachetée et sauvée dans l'espérance de la pleine consommation de la vie humaine, par la participation de la vie de Dieu.

Cette annonce est la tâche qui incombe à l'Église, laquelle ne peut pas cesser d'appeler tous les hommes à changer de vie, afin qu'une fois libérés du péché ils deviennent des serviteurs de la justice. Cependant, la parole de l'Église incommode, elle gêne et elle est repoussée, parce qu'elle ne se soumet pas aux désirs d'une société qui oriente progressivement sa propre organisation et sa vie commune en imposant silence à Dieu, comme s'il n'existait pas.

L'Eglise, qui proclame l'Evangile de la vie affronte ainsi une culture matérialiste, installée dans le règne de l'utile et du délectable, un règne mesuré par l'intérêt de l'argent et du plaisir, un règne dans lequel le chrétien d'aujourd'hui qui ne veille pas sur son propre salut individuel renâcle lâchement à tout effort contre l’univers ambiant et s’endort sur lui-même, victime de son assentiment silencieux au courant qui emporte les événements.

Comment sortir de cette situation et échapper à cette puissante emprise sur les mentalités, contraire à l’esprit de l’Evangile, et qui se diffuse partout ? Le carême est un temps propice pour que les chrétiens prennent fermement la résolution de réaliser l’effort de sortir de cette situation de repli sur eux-mêmes, de rejeter la lâcheté qui les porte à consentir à ce qu’une ambiance néo-païenne achève d’affaiblir leur foi et de tuer leur espérance en la vie éternelle. Les cinq semaines du carême qui nous conduisent à Pâques sont un temps raisonnable pour réfléchir à l’urgence d’un changement, afin d’affronter résolument notre mission de laisser Dieu transformer nos existences.

On ne peut espérer une société meilleure, moins sensible à la culture de la mort qui s’étend comme une tache d’huile imprégnant tout, en menaçant la vie des enfants à naître et en portant atteinte à la vie de ceux dont la maladie, l’âge ou la lassitude permettent de supposer qu’elle n’a plus de sens, par manque de qualité, parce qu’elle est inutile ou dérangeante et qu’il n’y a plus de raison de lui faire supporter aucune souffrance, que si Dieu change le cœur et l’esprit de l’être humain. S’il ne veut pas écouter la parole de Dieu, quelle espérance restera-t-il à l’homme ? Quels que soient ses efforts, l’homme ne pourra pas, par pur volontarisme, se forger un monde alternatif à celui que Dieu, par amour pour nous, a créé et a offert à tous comme chemin de vie et de bonheur.

Le carême est le temps propice pour se laisser changer par Dieu, en accueillant sa parole, en revenant à la lecture de la sainte Ecriture pour découvrir en elle Jésus-Christ, qui est celui qui nous a fait connaître le projet d’amour de Dieu sur l’homme. C’est un temps propice au jeûne corporel pour Dieu, afin de nous libérer des égoïsmes qui nous emprisonnent, parce que l’homme ne vit pas que de pain. C’est le temps de renoncer à la passion concupiscente des biens de ce monde, et de partager avec les nécessiteux. C’est le temps, enfin, de la prière, à la recherche de Dieu et de sa volonté à accomplir.

Avec mon affection et ma bénédiction ».

Almería, le 10 février 2008
+ Adolfo González Montes
Evêque de Almería (Espagne)
par La rédaction publié dans : Paroles d'évêque et de prêtre communauté : Chrétiens et heureux de croire
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Lundi 7 janvier 2008

    Voici la suite de la traduction que nous avons entreprise de la lettre écrite sur ce sujet par les évêques des Etats-Unis (cf. Ici). Il va de soi que ce document doit être lu dans le contexte de la campagne présidentielle américaine, ouverte déjà par les primaires en cours. Les évêques y abordent en passant des questions clés de cette campagne, telle que la question de la guerre - bien sûr - en raison des événements d'Irak, envisagée sans complaisance, avec son cortège de difficultés relatives aux dommages causés aux populations civiles, ou à la torture. Mais aussi des questions relatives au logement ou à la couverture sociale en matière de soins, qui s'invitent à toutes les élections américaines en raison des criants paradoxes économiques de cette société.

Nous aurons à revenir, encore et encore, sur le rôle des évêques et de l'Eglise en matière politique, ne serait-ce qu'à l'approche des élections municipales françaises. Ce rôle semble être tenu, ici et là, avec de plus en plus d'assurance et de gravité - ce dont on ne peut que se réjouir.

Cette partie de la déclaration des évêques américains s'achève par une citation de la Note doctrinale concernant certaines questions sur l'engagement et le comportement des catholiques dans la vie politique, publié le 24 novembre 2002 par la Congégation pour la doctrine de la foi. Cette citation, à elle seule, devrait être apprise par coeur par CHAQUE catholique, dès lors qu'elle constitue la norme prochaine de tout choix politique, exercé comme catholique.

En lien direct avec cette citation, les évêques américains ne manquent pas d'observer que les catholiques appartiennent à une seule et unique Eglise, celle du Christ, non à des factions. Cela signifie qu'il n'est pas loisible, dans les matières ici visées, où les principes moraux sont directement engagés, de se dire catholique et de prétendre à une totale autonomie d'appréciation morale. Cela vaut, en particulier, pour l'avortement. L'unité des principes moraux [lesquels ne procèdent pas d'un positivisme juridique mais s'enracinent dans une métaphysique de la personne] et de la foi se trouve ainsi remarquablement signifiée. Ce message, à l'évidence, a du mal à passer, Outre-Atlantique comme en France. Raison de plus pour s'y arrêter, y réfléchir et s'en pénétrer.

_______________



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24. Notre opposition aux actes intrinsèquement mauvais, qui offensent la dignité de la personne humaine, devrait aussi ouvrir nos yeux sur le bien à faire, c'est-à-dire sur notre devoir de contribuer au bien commun et d’agir solidairement avec ceux qui sont dans le besoin. Ainsi que le Pape Jean-Paul II l’a souligné, « le fait que seuls les commandements négatifs obligent toujours et en toutes circonstances ne veut pas dire que les prohibitions soient plus importantes dans la vie morale que le devoir de faire le bien, exprimé par les comportements positifs » (Veritatis splendor, n° 52). Eviter le mal et faire le bien sont également des obligations essentielles.

25. Le droit à la vie implique et est relié à d’autres droits humains – aux biens fondamentaux dont 
chaque personne humaine a besoin pour vivre et prospérer. Toutes les questions relatives à la vie sont liées, parce que l’érosion du respect de la vie de tel individu ou de tel groupe, dans une société, tend nécessairement à diminuer le respect de toute vie. L’impératif moral de répondre aux nécessités de notre prochain – à ses besoins fondamentaux tels que la nourriture, le logement, les soins, l’éducation et un travail digne – s’impose universellement à nos consciences et peut légitimement être satisfait de bien des manières. Les catholiques doivent rechercher les meilleurs moyens de répondre à ces besoins. Comme le Bienheureux Jean XXIII l’a enseigné, « tout être humain a droit à la vie, à l'intégrité physique et aux moyens nécessaires et suffisants pour une existence décente, notamment en ce qui concerne l'alimentation, le vêtement, l'habitation, le repos, les soins médicaux, les services sociaux » (Pacem in terris, n° 11).

26. Le pape Jean-Paul II a expliqué l'importance d'être fidèles aux enseignements fondamentaux de l'Église fondamentaux :

« Il est juste, assurément, de parler des droits de l'homme – comme, par exemple, le droit à la santé, au logement, au travail, à la famille, à la culture – mais c'est propager l'erreur et l'illusion que d'en parler, comme on le fait souvent, sans défendre avec la plus grande vigueur le droit à la vie, comme droit premier, origine et condition de tous les autres droits de la personne. » (Christifideles laici, n° 38).

27. Dans la vie publique, deux tentations peuvent porter atteinte à cette défense, par l’Eglise, de la vie et de la dignité de la personne humaine.

28. La première est d’établir une équivalence morale, sans distinction éthique, entre les différents types de choix relatifs à la vie humaine et à sa dignité. La destruction intentionnelle directe de la vie humaine d’un innocent, depuis le moment de sa conception jusqu’à sa mort naturelle est toujours un mal et n’est pas un choix possible parmi d’autres. Elle doit toujours être réprouvée (1).

29. La seconde est d’utiliser abusivement les distinctions morales nécessaires comme un moyen d'ignorer ou de rejeter d'autres menaces graves qui pèsent sur la vie et la dignité de la personne humaine. Le racisme et d’autres discriminations injustes, l’usage de la peine de mort, le recours à une guerre injuste, l’usage de la torture (2), les crimes de guerre, le fait de ne pas répondre à ceux qui souffrent de la faim, d’un manque de soins ou d'une politique d'immigration injuste, sont autant de difficultés morales qui mettent à l’épreuve notre conscience et nous obligent à agir. Il ne s’agit pas de préoccupations facultatives, auxquelles il serait possible de se dérober. Les catholiques sont dans la nécessité d’examiner sérieusement l'enseignement de l'Église sur ces questions. Bien que les choix à opérer pour y répondre le mieux possible soient matière à débat, il n’est pas facultatif d’examiner ces questions, et il n’est pas permis aux catholiques de rejeter ou d’ignorer l'enseignement de l'Église qui s’y rapporte. Il est évident que tous les catholiques ne peuvent pas être associés à chacune de ces préoccupations. Cependant, nous devons nous soutenir les uns les autres parce que notre communauté de foi défend la vie et la dignité de la personne humaine partout où elles sont menacées. Nous ne sommes pas des factions. Nous constituons une seule famille de foi accomplissant la mission de Jésus-Christ.

30. Dans le même sens, la Congrégation pour la doctrine de la foi a précisé :

 

« Il faut ajouter que la conscience chrétienne bien formée ne permet à personne d’encourager par son vote la mise en œuvre d’un programme politique ou d’une loi dans lesquels le contenu fondamental de la foi et de la morale serait évincé par la présentation de propositions différentes de ce contenu ou opposées à lui. Parce que la foi est un tout indivisible, il n’est pas logique d’isoler un de ses éléments au détriment de la totalité de la doctrine catholique. L’engagement politique en faveur d’un aspect isolé de la doctrine sociale de l’Église ne suffit pas à répondre totalement à la responsabilité pour le bien commun (3) ».
(à suivre)
_______________

(1) « Quand l’action politique est confrontée à des principes moraux qui n’admettent ni dérogation, ni exception, ni aucun compromis, l’engagement des catholiques devient plus évident et se fait lourd de responsabilités. Face à ces exigences éthiques fondamentales auxquelles on ne peut renoncer, les chrétiens doivent en effet savoir qu’est en jeu l’essence de l’ordre moral, qui concerne le bien intégral de la personne. Tel est le cas des lois civiles en matière d’avortement et d’euthanasie (…), qui doivent protéger le droit primordial à la vie, depuis sa conception jusqu’à sa fin naturelle (1) » (Note doctrinale concernant certaines questions sur l’engagement et le comportement des catholiques dans la vie politique, n° 4).

(2) Cf. Catéchisme de l’Eglise catholique, n° 2297.

(3) Note doctrinale…, préc., n° 4.

par La rédaction publié dans : Paroles d'évêque et de prêtre communauté : Chrétiens et heureux de croire
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Jeudi 20 décembre 2007
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"Chers amis,

Partout de par le monde, les chrétiens s’apprêtent à célébrer Noël. Ici, en Occident, où les festivités profanes occultent trop souvent et dénaturent par leurs excès la fête de l’Emmanuel. Là-bas, en Orient, où le temps de la Nativité a cette année encore la couleur du deuil : un mur coupe en deux la Terre Sainte, le Liban se déchire, l’Irak est un champ de ruines et l’Égypte pleure sa convivialité perdue. N’est-ce pas à désespérer ?

Ce le serait si une étoile ne s’était levée, dissipant de sa clarté opalescente la nuit sombre de notre impuissance. Si elle ne nous avait conduits, du fin fond de l’Orient, jusqu’à la crèche où repose l’Infiniment-Petit, l’Infiniment-Fragile, le Divin Enfant que nous adorons ; ce Dieu qui s’appelle Amour et qui, avec la foi et la charité, nous dispense la plus improbable, la plus folle des vertus, l’espérance.

Quelle est-elle cette espérance qui, comme l’écrit le Saint Père dans  l’Encyclique « Spe salvi » , nous ouvre toute grande “la porte obscure du temps“ ? . Elle est , par delà les blessures et les déchirures, la certitude que le ciel n’est pas vide, que la vie a un sens et que nous sommes aimés; la tendre assurance qui adoucit nos larmes et berce nos angoisses; la grande merveille de la grâce divine, la confiance sans faille qui nous soutient et nous transforme. Aux antipodes de l’optimisme candide, de l’attentisme facile, elle mobilise nos forces vives: notre intelligence, si l’intelligence consiste à s’adapter aux situations inextricables dans lesquelles nous enferme la vie ; notre  volonté, la volonté d’inventer le chemin quand il n’ y a plus de chemin et qu’on se sait attendu.

C’est ce message d’espérance active que nous a apporté en septembre dernier notre patriarche Antonios Naguib. Il nous a exhortés à devenir pleinement nous-mêmes, pour mieux nous intégrer; à demeurer, au sein de l’Eglise catholique de France, profondément coptes et profondément catholiques; à accepter sans avoir peur l’inévitable - que nos jeunes se déprennent de notre langue, de certaines de nos coutumes -, comme à refuser l’inacceptable- que se perde, que se dissolve dans la société de consommation le trésor de spiritualité dont nous sommes les dépositaires.

Si les migrants espèrent qu’ailleurs la vie sera meilleure, qu’espèrent leurs frères restés au pays ? Qu’espèrent, contre tout espoir, les Maronites, les Chaldéens, les Coptes, les Syriens, tous ces chrétiens attachés à l’Evangile en terre d’Islam? Et d’abord combien sont-ils ? Une infime minorité perdue, noyée dans le monde musulman. Oui, “Quel avenir pour les chrétiens d’Orient ?” Le colloque organisé en novembre par l’EPHE et auquel participait Mgr Golta n’a pas tranché.

Et si l’essentiel était ailleurs, ailleurs que dans les chiffres, ailleurs que dans les statistiques ? S’il était dans cette espérance qui fait vivre “le petit reste”, l’Eglise éternellement renaissante des catacombes ? L’espérance sait qu’il n’y a pas de fatalité, que c’est le Seigneur lui-même qui mène l’histoire et que, jamais, Il n’oublie son Alliance. Telle est l’assurance, insensée, seule sensée, de l’espérance qui, quand c’est à pleurer, croit que tout ira mieux demain.

A la suite du colloque, j’ai rédigé un article “La laïcité est-elle possible en Egypte ?“, qui m’a valu un très nombreux courrier, expression du lien d’amour qui unit les chrétiens de France aux chrétiens d’Orient. Des chrétiens dont nous devons soutenir l’espérance. Voilà pourquoi des paroissiens de Saint François de Sales se préparent à vivre la Pâques avec leurs frères coptes quand d’autres partiront, un peu plus tard, pour la Terre Sainte.

L’espérance est dans le regard patient, fervent qui fait éclore l’impossible, dans cette infinité de signes, semés par le Seigneur, qu’elle nous apprend à déchiffrer à la lumière des béatitudes. Comme les calendriers de l’Avent révèlent jour après jour aux enfants enchantés leurs images cachées, ainsi nous fait-elle entrevoir à chaque instant de notre vie le bonheur annoncé.

Que notre ordinaire Monseigneur Vingt-Trois ait été fait cardinal est, dans la proximité ainsi réaffirmée du diocèse de Paris avec Rome, signe d’espérance ; tout comme les 25 ans de sacerdoce de notre curé
(de la paroisse Saint François de Sales à Paris), le père Pascal Gollnisch, expert dans l’art de conjuguer espérance et volonté féconde. Et que dire des noces d’or, fêtées ce printemps, du père Decogné avec l‘Eglise ?

Oui, « la petite fille espérance » n’en finit pas de courir sur les chemins raboteux du monde. Joyeux Noël et Bonne Année en sa douce compagnie !
"

+ Mgr Michel Chafik
Recteur de la Mission N.D.d’Egypte

P.S. : Chaque dimanche, messe copte à 11h en la chapelle « Notre Dame d’Égypte ».
15, rue Philippe de Girard - Paris 10ème. Métro : la Chapelle.
 
par La rédaction publié dans : Paroles d'évêque et de prêtre communauté : Chrétiens et heureux de croire
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Mercredi 19 décembre 2007

 

    Nous poursuivons ici (cf.) la publication et la traduction de l’appel lancé par les évêques des Etats-Unis aux fidèles de leurs diocèses pour les sensibiliser à la réalité morale de l’engagement politique et les encourager à s’y investir en tant que catholiques. Ils insistent ici sur le caractère “vertueux” de cet engagement, en soulignant l’importance d’agir selon une conscience bien formée, par l’exercice de la vertu de prudence, et la nécessité d’éviter le mal moral. Condamnant toute atteinte volontaire à la vie ou à la dignité d’êtres humains innocents, légale ou non, ils soulignent qu’il appartient aux catholiques de les combattre, tout en rappelant que la poursuite d’une fin bonne ne justifie jamais le recours à des moyens mauvais – allusion sans doute au combat de certains mouvements “pro-vie” qui outrepassent les limites de ce qui est moralement acceptable.

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Comment l'Eglise aide-t-elle les fidèles catholique

à s'exprimer sur les questions politiques et sociales ?

 
Une conscience droite

17. L'Eglise prépare ses membres à aborder les questions politiques et sociales en les aidant à développer une conscience droite. Les catholiques ont, tout au long de leur vie, la grave obligation de former leur conscience en conformité avec la raison humaine et l'enseignement de l'Eglise. La conscience n'est pas quelque chose qui permet à chacun de justifier tout ce qu’il veut faire, pas plus qu’une simple intuition de ce qu’il conviendrait ou non de faire. Non, la conscience est la voix de Dieu qui résonne dans le cœur humain, qui nous révèle la vérité à et nous appelle à faire ce qui est bon et à éviter ce qui est mal. La conscience exige toujours de sérieux efforts pour prendre de bonnes décisions morales fondées sur les vérités de notre foi. Ainsi que l’a définie le Catéchisme de l'Eglise catholique, « La conscience morale est un jugement de la raison par lequel la personne humaine reconnaît la qualité morale d’un acte concret qu’elle va poser, est en train d’exécuter ou a accompli. En tout ce qu’il dit et fait, l’homme est tenu de suivre fidèlement ce qu’il sait être juste et droit » (n° 1778).

18. La formation de la conscience comprend plusieurs éléments. Tout d'abord, le désir d'embrasser ce qui est bien et ce qui est vrai. Cela suppose, pour les catholiques, une volonté ouverte sur la recherche de la vérité et de la justice par l’étude de l'Ecriture Sainte et de l'enseignement de l'Eglise tel qu’il exprimé dans le Catéchisme de l'Eglise catholique. Il est également important d'examiner les faits et les informations de base qui concernent les différents choix à opérer. Enfin, une réflexion nourrie dans la prière est indispensable pour discerner la volonté de Dieu. Les catholiques doivent également comprendre que s’ils manquent à former leur conscience ils s’exposent à émettre des jugements erronés (1).

 
La vertu de prudence

19. L'Eglise favorise la formation de consciences droites non seulement en enseignant la vérité morale, mais aussi en encourageant ses membres à développer la vertu de prudence. La prudence nous permet de « discerner en toute circonstance notre véritable bien et à choisir les justes moyens de l’accomplir » (Catéchisme de l'Église catholique, n° 1806). La prudence façonne et éclaire notre capacité à délibérer entre des alternatives possibles, afin de déterminer ce qui est le mieux adapté à un contexte spécifique, et à l’accomplir résolument. L’exercice de cette vertu requiert souvent le courage de défendre des principes moraux quand il s’agit de prendre des décisions relatives à l’édification d’une société juste et pacifique.

20. L'enseignement de l'Eglise est clair sur ce point : la poursuite d’une fin bonne ne justifie pas la mise en œuvre de moyens immoraux. Nous recherchons tous à favoriser le bien commun en défendant la sainteté inviolable de la vie humaine depuis la conception jusqu'à la mort naturelle, en défendant le mariage, en nourrissant les affamés et en apportant un logement aux sans-abri, en accueillant les immigrants et en protégeant l'environnement – mais il est important de reconnaître que toutes les possibilités d'action ne sont pas moralement acceptables. Nous avons la responsabilité de discerner avec soin les politiques publiques qui sont moralement saines. Les catholiques peuvent choisir différents moyens de répondre à la l’irruption de problèmes sociaux, mais nous ne pouvons pas nous soustraire à notre obligation morale d'aider à construire un monde plus juste et plus pacifique par des moyens moralement acceptables, de telle sorte que les personnes faibles et vulnérables soient protégées et que les que soient défendus leurs droits humains et leur dignité.

Faire le bien et éviter le mal

21. Aidés par la vertu de prudence dans l'exercice d’une conscience droite, bien formée, les catholiques sont appelés, dans le domaine politique, à porter des jugements pratiques relatifs à des choix bons ou mauvais.

22. Il y a certaines choses que nous ne devons jamais faire, soit comme individus, soit comme société, parce qu’elles sont toujours incompatibles avec l'amour de Dieu et du prochain. De tels actes sont si profondément viciés qu'ils sont toujours contraires au bien authentique des personnes. Ces actes sont dits “intrinsèquement mauvais”. Ils doivent toujours être rejetés et combattus et ne doivent jamais être soutenus ou tolérés. L’atteinte intentionnellement portée à la vie d’êtres humains innocents, comme dans l’avortement et l'euthanasie, en est un exemple typique. Dans notre pays, « l'avortement et l'euthanasie sont devenus de graves menaces pour la dignité humaine parce qu'ils attaquent directement la vie elle-même, le bien le plus fondamental de la personne humaine et la condition de tous les autres
» (Vivre l'Evangile de la vie, n°5). C'est une erreur aux graves conséquences morales de considérer la destruction de la vie humaine innocente comme une simple affaire de choix personnel. Un système juridique qui viole le droit fondamental à la vie en le ramenant à de tels choix est fondamentalement vicié.

23. De même, les atteintes directes à la dignité et au caractère sacré de la vie humaine, comme le clonage humain et la recherche destructive sur des embryons humains, sont également intrinsèquement mauvaises. Elles doivent toujours être combattues. Les autres agressions directes sur la vie humaine innocente et les violations de la dignité humaine, comme le génocide, la torture, le racisme, et le ciblage des non-combattants dans des actes de terreur ou de guerre, ne peuvent jamais être justifiés.

(à suivre)

 

______________

(1) « L’ignorance du Christ et de son Évangile, les mauvais exemples donnés par autrui, la servitude des passions, la prétention à une autonomie mal entendue de la conscience, le refus de l’autorité de l’Église et de son enseignement, le manque de conversion et de charité peuvent être à l’origine des déviations du jugement dans la conduite morale. » (Catéchisme de l’Eglise catholique, n° 1792).

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Mardi 18 décembre 2007

    Vous pouvez retrouver les chroniques de Mgr Brizard sur le site de l'oeuvre d'orient (ICI). Nous ne résistons pas à l'envie de vous en adresser la dernière, dont le thème ne peut que nous toucher et nous revigorer dans nos "combats" quotidiens (et notamment de paix et d'évangélisation).

____________

images-copie-26.jpeg    "Sans doute avez-vous été touchés comme moi par la vie de Sainte Joséphine Bakhita, cette esclave soudanaise, n fois vendue, n fois battue, que Benoît XVI nous présente au seuil de son encyclique comme modèle d’espérance. Découvrant qu’il y avait un Dieu qui la connaissait et qui l’aimait et qui même l’attendait, elle avait un espérance : « Je suis définitivement aimée, a-t-elle dit, et quel que soit ce qui m’arrive, je suis attendue par cet amour. Et ainsi ma vie est bonne ». Cette nouvelle sainte canonisée est une figure de l’espérance. En plus, elle provient d’un pays où les chrétiens souffrent particulièrement. Malheureusement, c’est loin d’être le seul pays où les chrétiens souffrent.

Face à cela, je trouve que nous tenons trop vite des propos désespérés sur la situation des chrétiens orientaux et sur l’avenir des Eglises orientales. Comme chrétiens, nous n’avons pas le droit de désespérer ; au contraire, nous devons soutenir l’espérance de nos frères en proie à la persécution et à tant d’autres difficultés et nous devons pareillement délivrer un message plein d’espérance à nos compatriotes et à nos frères chrétiens pour qu’ils se rendent compte comme nous de l’importance du soutien qu’ensemble nous devons apporter.

L’espérance passe par le regard. Il y a une manière de regarder la réalité ou ce qu’on croit être la réalité qui n’est pas vraie. Ce n’est pas vrai que la réalité est faite d’instantanés juxtaposés. Les médias nous présentent des faits choisis qui vont souvent dans le même sens, celui de la catastrophe parce que tout simplement le bien ne fait pas de bruit, en tout cas, pas autant qu’un superbe attentat à la voiture piégée. Le chrétien réfléchit et agit comme s’il voyait l’invisible. Même en Irak, on construit des églises comme à Karakosh. L’évêque de Moussol me disait la semaine dernière qu’il ouvrait un séminaire. Cela ne veut absolument pas dire qu’il nie la réalité : il a été lui-même été enlevé, deux de ses prêtres l’ont été récemment et aussi des étudiantes.

L’espérance, c’est qu’il n’y a pas de fatalité. Tous les événements, même tragiques, s’inscrivent dans une histoire, trop souvent méconnue. Or, au Proche-Orient, peut-être plus qu’ailleurs, on sait que c’est le Seigneur lui-même qui mène l’histoire. N’est-ce pas de Chaldée, c’est-à-dire d’Irak, qu’est sorti Abraham, père des croyants ? Quand on lit la Bible, on ne tarde pas à voir que Dieu lui-même s’est révélé à travers une histoire qui a conduit le peuple élu d’Egypte en Canaan, de Jérusalem à Babylone, qu’on appelle aujourd’hui Bagdad. Combien de fois, tout a semblé perdu. L’expérience historique de la foi montre que le Seigneur est souverainement fidèle à son Alliance et à ceux qui savent, telle sainte Joséphine Bakhita, qu’ils sont définitivement aimés par Dieu. L’histoire ne continuerait-elle pas à révéler Dieu ?"


+ Mgr Philippe BRIZARD
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"A la Grèce, nous devons surtout notre raison logique.
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Mais à l'Evangile nous devons notre idée même de l'homme.
Si nous renions l'Evangile, nous sommes perdus".

Mal Jean de Lattre de Tassigny