I.- « Les Français sont paresseux, les Français ne font rien, les Français ne travaillent pas assez… » Nous savons que les Français ne s’aiment pas et que ce refrain fait partie de la ritournelle obligée de l’autodérision. Les choses ne sont peut-être pas si simples. Au moment où viennent en discussion des mesures relatives aux heures supplémentaires, il nous a paru particulièrement intéressant de nous reporter à des données chiffrées.
Pour ce faire, nous avons consulté les analyses du site toutel’europe.fr, qui est le portail du Centre d'information sur l'Europe [Ici]. Ce dernier est un groupement d'intérêt économique fondé en 1992 par le gouvernement français et la Commission européenne. Ses objectifs sont les suivants : « créer un grand portail sur les questions européennes pour faciliter l'accès des citoyens français à l'information foisonnante en matière "européenne" et offrir des contenus pédagogiques et synthétiques ; suivre et analyser l'actualité européenne que ce soit à travers les études d'opinion, le traitement médiatique, la veille sur internet, la vie intellectuelle ou les travaux universitaires, etc. ; initier (l’inévitable mot…) et explorer de nouveaux dispositifs d'interactivité et de consultation pour mieux impliquer les citoyens français sur les grands enjeux de la construction européenne, ses décisions et son actualité ».
L’étude présentée montre que les pays où l’on travaille le plus, de fait, sont la Grèce et l’Autriche (44,1 h/semaine), ainsi que le Royaume-Uni (43 h/semaine). La France, avec un nombre de 41 h/semaine, se situe légèrement en dessous de la moyenne européenne (41,9), au même niveau que la Belgique, la Hongrie et la Suède, mais au-dessus du Danemark (40,5), de la Finlande (40,5), de l’Irlande (40,7), de la Lituanie (39,8), du Luxembourg (40,9) et des Pays-Bas (40,8). Elle se situe en revanche assez près de l’Allemagne (41,7), contrairement aux idées reçues.
S’agissant des jours fériés annuels, l’Union européenne en compte 11,92 en moyenne. Le pays qui en compte le plus est la Slovénie (18). Celui qui en compte le moins est le Royaume-Uni (8). La Grèce et l’Autriche, qui ont le plus de jours travaillés, en comptent 13. L’Allemagne en compte 9, tout comme l’Espagne et les Pays-Bas. La France en compte 11, c'est-à-dire moins que la moyenne européenne. Même chiffre pour le Danemark, l'Irlande, l'Italie, le Luxembourg et la Suède.
La durée conventionnelle moyenne du temps de travail est en revanche la plus basse en France (35h), tandis qu’elle est de 38,6 pour l’Europe entière (37 en Allemagne et 37,2 au Royaume-Uni).
II.- Un intervenant sur ce site du Centre d'information sur l'Europe souligne cependant ce fait que les données ainsi fournies ne concernent que le travail à temps plein, ce qui est exact. Nous reproduisons ici ses observations :« Pour une durée légale du travail de 35 heures par semaine en France, la durée effective moyenne est de 39 heures pour les emplois à temps plein et de 36,3 heures pour l'ensemble des emplois (temps plein et temps partiel). Par comparaison, ces durées sont inférieures en Grande-Bretagne : 37,2 heures pour les emplois à temps complet et 31,7 heures pour l'ensemble des emplois. Elles sont aussi inférieures aux Etats-Unis et dans plusieurs pays en Europe [Lire]. La durée hebdomadaire moyenne du travail pour l'ensemble des personnes ayant un emploi (salarié ou non, temps plein et temps partiel) est de : - 36,3 h en France - 36,2 h en Italie - 35,1 h au Danemark - 33,8 h aux Etats-Unis - 33,6 h en Allemagne - 33,2 h en Espagne - 31,7 h en Grande-Bretagne (37,2 h pour le temps plein - 15,7 h pour le temps partiel) - 30,1 h en Suède (36,1 h pour ceux "au travail") - 29,2 h aux Pays-Bas. Les valeurs indiquées peuvent surprendre, mais sont d'autant plus intéressantes qu'elles donnent une idée plus exacte de la réalité. Pour une fois, on sait exactement de quoi l'on parle, alors que les chiffres donnés ici et là sont le plus souvent imprécis. Les statistiques habituelles ne prennent en compte que les emplois à temps complet, ce qui fausse tout. Et on ne sait jamais s'il s'agit de la durée du travail officielle ou officieuse (conventions), de la durée théorique des entreprises. Parfois, il s'agit seulement de l'industrie où l'on travaille toujours plus qu'ailleurs mais qui ne représente que 10 à 20 % des emplois d'un pays ».
On pourrait ajouter que la seule considération de la durée du travail est une approche très parcellaire dès lors que cette durée n'est pas en correlation nécessaire avec un haut niveau de développement. Les durées de travail sont en effet plus élevées dans les pays en voie de développement que dans les pays riches.
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I.- « Les Français sont paresseux, les
Français ne font rien, les Français ne travaillent pas assez… » Nous savons que les Français ne s’aiment pas et que ce refrain fait partie de la ritournelle obligée de l’autodérision. Les
choses ne sont peut-être pas si simples. Au moment où viennent en discussion des mesures relatives aux heures supplémentaires, il nous a paru particulièrement intéressant de nous reporter à des
données chiffrées.



