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Premiers chrétiens

Vendredi 18 mars 2011 5 18 /03 /Mars /2011 07:47

Par Primeroscristianos.com - Traduction française Pierre Gabarra

 

pc-copie-1.jpg Au 12ème siècle, Guillaume de Saint-Thierry (1075-1148), bénédictin puis cistercien, emploie de nombreuses fois l’expression « spiritualia exercitia » [exercices spirituels], par opposition aux « exercices corporels » ; pour saint Bernard, notre sanctification constitue toute entière un exercice spirituel.

 

Les auteurs chrétiens des premiers siècles commencèrent à utiliser l’expression « exercitium » en un sens général, en référence à la lutte ascétique toujours nécessaire pour contrecarrer l’inclination au péché et, en un sens plus particulier, pour tendre à la vertu indispensable pour faire face au martyre.

 

Dans la seconde moitié du 13ème siècle, saint Bonaventure recommande le « mentale exercitium » sur soi-même, sur la vanité du monde, sur les fins dernières et la gloire du Ciel ; il conseille la méditation de la Passion de Jésus-Christ et recommande notamment le changement de vie, la fuite du péché, la contrition, la confession fréquente, la méditation et l’examen de conscience.

 

(à suivre)

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Publié dans : Premiers chrétiens - Communauté : Prières, neuvaines chrétiennes
Jeudi 17 mars 2011 4 17 /03 /Mars /2011 08:21

Par Primeroscristianos.com - Traduction française Pierre Gabarra

pc-copie-1.jpg La fameuse phrase de Cicéron « numquam minus solus quam cum solus sum » [jamais je ne suis moins seul que lorsque je suis seul], a définitivement pris place dans la littérature spirituelle chrétienne avec saint Ambroise. C’est lui qui l’a transcrite en lui donnant un sens profondément chrétien.

 

A la fin du IVème siècle, on rencontre à l’intérieur des institutions qui ont le plus progressé - l’érémitisme en Egypte ; le cénobitisme, qu’il s’agisse de celui de saint Antoine, de saint Pacôme ou de saint Basile - malgré de notables différences, un idéal commun : le service exclusif de Dieu et la séparation du monde ; l’isolement et le silence ; la pénitence corporelle et l’organisation de la prière, l’ensemble joint à la lecture spirituelle et à la récitation des psaumes.

 

Cette étape culmine avec l’apparition de l’illustre figure de saint Augustin et, plus concrètement, des Confessions, qui constituent, de fait, un guide précieux pour nous introduire dans le monde de la retraite spirituelle.

 

Au cours des siècles qui suivirent, la vie monastique, une fois introduite dans l’Occident européen, va connaître un développement extraordinaire, jusqu’à l’époque de saint Bernard. Elle généralise, comme pratique monastique, la coutume de consacrer des jours entiers à la vie de piété après la profession religieuse ; en ce sens, on peut considérer qu’il s’agit-là, en rigueur de termes, d’une retraite spirituelle. Cependant, l’expression de “retraites” ou “d’exercices spirituels” n’a pas encore alors acquis le sens qui lui sera ultérieurement donné.

 

(à suivre)

 

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Publié dans : Premiers chrétiens - Communauté : Prières, neuvaines chrétiennes
Mercredi 16 mars 2011 3 16 /03 /Mars /2011 12:42

Par Primeroscristianos.com - Traduction française Pierre Gabarra

  

pc-copie-1.jpg « Les premiers chrétiens pratiquaient déjà ce que nous appelons des “retraites”. Après l’Ascension du Christ dans le Ciel, nous voyons les Apôtres, accompagnés d’un grand nombre de personnes, se rassembler au Cénacle, entourant la Bienheureuse Vierge Marie, dans l’attente de l’effusion du Paraclet promis par Jésus. La sainte Ecriture nous dit que l’Esprit-Saint les trouva ainsi, persévérant dans la prière (Actes, 1. 14).

 

« Les chrétiens de l’Eglise primitive se comportaient de même, lesquels, sans s’écarter de la vie des autres, se réservaient à Dieu dans leurs maisons ; les anachorètes également, qui se retiraient dans quelque désert pour s’y consacrer dans la solitude à la prière… et au travail ! (…) Tous les chrétiens qui se sont préoccupés sincèrement de leur âme ont fait, d’une manière ou d’une autre, leurs retraites. Parce qu’il s’agit d’une pratique chrétienne » (Saint Josemaría Escrivá).

 

Cette pratique spirituelle est commune dans l'Eglise depuis les premiers siècles : à chaque fois qu'une personne a cherché à se préparer à une mission, ou, plus simplement, a ressenti l’urgence de correspondre avec une plus grande générosité aux touches de la grâce, elle s’est efforcée t’intensifier ses relations avec le Seigneur.

 

Dès le début de son pontificat, Benoît XVI a recommandé les jours de retraite spirituelle, en particulier celles qui se font en complet silence [Discours a un groupe d’évêques en visite ad limina, 26 novembre 2005]. Lors du traditionnel Message pour le Carême de cette année 2011, en se référant à l’Evangile du deuxième dimanche, celui de la Transfiguration du Seigneur, il a insisté : il s’agit d’une invitation à s’éloigner du bruit de la vie quotidienne pour s’immerger dans la présence de Dieu, Lui qui veut nous transmettre, chaque jour, une parole qui pénètre aux profondeurs de notre esprit, où celui-ci discerne le bien et le mal (cf. Hébreux, 4, 12), et fortifier notre volonté de suivre le Seigneur.

 

Un peu d’histoire

 

“Retraite” est la traduction d’un mot latin, “recessus”, qui signifie s’écarter, se retirer. Lorsque cet isolement a une finalité religieuse, un motif surnaturel, alors on parle à proprement parler de retraites spirituelles.

 

L’idée de se retirer, pour tâcher de parler plus intimement avec Dieu dans l’oraison, est inhérente à la nature humaine. Dans la plupart des cas, cette retraite consistera d’abord dans ce recueillement intérieur qui est nécessaire pour faciliter le dialogue de l’âme avec Dieu.

 

 Dans la Sainte Ecriture, les témoignages relatifs à de telles retraites sont très abondants, où l’on voit des hommes se disposer ainsi à une rencontre personnelle plus directe avec Dieu. Il faut aussi bien garder à l’esprit le rôle qu’y joue le désert dans la vie d’Israël, comme peuple choisi de Dieu.

 

Moïse, les Prophètes et saint Jean-Baptiste constituent un précédent dont se sont inspirés les premiers Pères du désert : saint Athanase, dans la Vie de saint Antoine, cite Elie comme modèle de tous les solitaires.

 

Jésus-Christ, lui-même, « rempli de l’Esprit Saint, revint du Jourdain, et il fut conduit par l'Esprit au désert, où il demeura quarante jours » (Luc, 4, 1-2). Après l’Ascension du Christ, nous trouvons les Apôtres et un groupe nombreux de fidèles réunis à l’intérieur du Cénacle, en compagne, de la Très-Sainte Vierge, dans l’attente de l’effusion du Paraclet que Jésus leur avait promis.

(à suivre)

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Samedi 11 décembre 2010 6 11 /12 /Déc /2010 20:32

Par primeroscristianos.com
SECTION VII : L’ACTE DU MARTYRE DE SAINT CYPRIEN (258)

pc-copie-1.jpg L’empereur Valérien était consul pour la quatrième fois et Gallien pour la troisième. Le 3 des calendes de septembre (30 août), à Carthage, dans son cabinet, Paterne dit à Cyprien :


« Les très saints Empereurs Valérien et Gallien ont daigné m’adresser des lettres par lesquelles ils ordonnent à ceux qui ne suivent pas la religion romaine d’en reconnaître désormais les cérémonies. C’est pour cette raison que je t’ai fait citer : que réponds-tu? »


Cyprien: « Je suis chrétien et évêque. Je ne connais pas de dieux, si ce n’est le seul et vrai Dieu qui a fait le ciel et la terre, la mer et tout ce qu’ils contiennent. C’est ce Dieu que nous, chrétiens, nous servons; c’est lui que nous prions jour et nuit, pour nous et pour tous les hommes, et pour le salut des empereurs eux-mêmes.


— Tu persévères dans cette volonté?


— Une volonté bonne, qui connaît Dieu, ne peut être changée.


— Pourras-tu donc, suivant les ordres de Valérien et de Gallien, partir en exil pour la ville de Curube?


— Je pars.


— Ils ont daigné m’écrire au sujet non seulement des évêques, mais aussi des prêtres. Je veux donc savoir de toi les noms des prêtres qui demeurent dans cette ville.


— Vous avez très utilement interdit la délation par vos lois. Aussi ne puis-je les révéler et les trahir, On les trouvera dans leurs villes.


— Je les ferai rechercher, et dès aujourd’hui, dans cette ville.


— Notre discipline défend de s’offrir de soi-même, et cela contrarie tes calculs, mais si tu les fais rechercher, tu les trouveras.


— Oui, je les trouverai, et il ajouta : Les Empereurs ont aussi défendu de tenir aucune réunion et d’entrer dans les cimetières. Celui qui n’observera pas ce précepte bienfaisant encourra la peine capitale.


— Fais ton devoir.


Alors le proconsul Paterne ordonna que le bienheureux Cyprien, évêque, fût exilé.


s.Cyprien.jpg Il demeurait depuis longtemps déjà dans son exil, lorsque le proconsul Galère Maxime succéda à Aspase Paterne. Il rappela Cyprien du lieu de son exil et ordonna, qu’on le fit comparaître devant lui. Cyprien, le saint martyr choisi de Dieu, revint donc de Curube où l’avait exilé Paterne; il demeurait, conformément, à l’ordre donné, dans ses terres, où il espérait chaque jour voir arriver ceux qui devaient l’arrêter, comme un songe l’en avait averti.


Il s’y trouvait donc lorsque soudainement, le jour des ides de septembre (le 13), Sous le consulat de Tuscus et de Bassus, deux employés du proconsul, l’un écuyer de l’officium de Galère Maxime, l’autre palefrenier du même officium, vinrent le prendre ; ils le firent monter en voiture, se mirent à ses côtés et le conduisirent à Sexti, où Galère s’était retiré en convalescence. Celui-ci remit la cause au lendemain.


On ramena Cyprien à Carthage dans la maison du directeur de l’officium, laquelle était située au quartier de Saturne, entre la rue de Vénus et la rue Salutaire. Tout ce qu’il y avait de fidèles s’y porta; mais le saint, l’ayant su, ordonna de faire retirer les jeunes filles; le reste de la foule stationna devant la porte de la maison.


Le lendemain matin, dix-huitième jour des calendes d’octobre, dès le matin, la foule immense, sachant l’ajournement prononcé la veille par Galère Maxime, se transporta à Sexti.


Le proconsul dit à Cyprien : « Tu es Thascius Cyprien?

— Je le suis.

— Tu t’es fait le pape de ces hommes sacrilèges?

— Oui.

— Les très saints Empereurs ont ordonné que tu sacrifies.

— Je ne le fais pas.

— Réfléchis

— Fais ce qui t’a été commandé. Dans une chose aussi juste, il n y a pas matière à réflexion »


Galère, ayant pris l’avis de son conseil, rendit à regret cette sentence : « Tu as longtemps vécu en sacrilège, tu as réuni autour de toi beaucoup de complices de ta coupable conspiration, tu t’es fait l’ennemi des dieux de Rome et de ses lois saintes ; nos pieux et très sacrés Empereurs, Valérien et Gallien, Augustes, et Valérien, très noble César, n’ont pu te ramener à la pratique de leur culte. C’est pourquoi, fauteur de grands crimes, porte-étendard de ta secte, tu serviras d’exemple à ceux que tu as associés à ta scélératesse : ton sang sera la sanction des lois. »


Ensuite il lut sur une tablette l’arrêt suivant : « Nous ordonnons que Thascius Cyprien soit mis à mort par le glaive ».


Cyprien, dit: « Grâces à Dieu ».


Dès que l’arrêt fut prononcé, la foule des chrétiens se mit à crier. « Qu’on nous coupe la tête avec lui ». Ce fut ensuite un désordre indescriptible ; la foule cependant suivit le condamné jusqu’à la plaine de Sexti. Cyprien, étant arrivé sur le lieu de l’exécution, détacha son manteau, s’agenouilla et pria Dieu, la face contre terre. Puis il enleva son vêtement, qui était une tunique à la mode dalmate, et le remit aux diacres. Vêtu d’une chemise de lin, il attendit le bourreau. A l’arrivée de celui-ci, l’évêque donna ordre qu’on comptât à cet homme vingt-cinq pièces d’or. Pendant ces apprêts, les fidèles étendaient des draps et des serviettes autour du martyr.


Cyprien se banda lui-même les yeux. Comme il ne pouvait se lier les mains, le prêtre Julien et un sous-diacre, portant, lui aussi, le nom de Julien lui rendirent ce service.


En cette posture, Cyprien reçut la mort. Son corps fut transporté à quelque distance, loin des regards curieux des païens. Le soir, les frères, munis de cierges et de torches, transportèrent le cadavre dans le domaine funéraire du procurateur Macrobe Candide, sur la route de Mappala, près des réservoirs de Carthage.


Quelques jours plus tard Galère mourut.


Le bienheureux martyr Cyprien mourut le dix-huitième jour des calendes d’octobre, sous le règne des empereurs Valérien et Gallien. Notre-Seigneur Jésus-Christ, à qui soit gloire et honneur, règne dans les siècles des siècles. Amen.

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Publié dans : Premiers chrétiens - Communauté : Prières, neuvaines chrétiennes
Jeudi 9 décembre 2010 4 09 /12 /Déc /2010 07:00

Par L'Equipe d'Hermas

SECTION VI : LE MARTYRE DES CHRETIENS DE SCILLIUM (180)


Sous le consulat de Praesens, consul pour la seconde fois, et de Claudianus, le seize des calendes d'août, à Carthage, dans le secretarium (salle d'audience), comparurent Speratus, Nartzalus et Cittinus, Donata, Secunda, Vestia.


pc-copie-1.jpg - Le proconsul Saturninus : «Vous pouvez obtenir le pardon de notre seigneur l'Empereur, si vous revenez à la raison ».

- Speratus : « Jamais, nous n'avons rien fait de mal, ni participé à aucune iniquité. Jamais, nous n'avons rien dit de mal. Au contraire, quand on nous maltraitait, nous avons rendu grâces, parce que nous honorons notre Empereur ».

- Le proconsul Saturninus : « Nous aussi, nous sommes religieux, et notre religion est simple ; nous jurons par le génie de notre seigneur l'Empereur, nous prions pour son salut. Vous aussi, vous devez le faire ».

- Speratus : « Si tu veux m'écouter tranquillement, je vais t'expliquer le mystère de la simplicité ».

- Le proconsul Saturninus : « Tu vas attaquer notre religion; je ne t'écouterai pas. Jurez plutôt par le génie de notre seigneur l'Empereur.»

- Speratus : « Moi, je ne connais pas l'empire de ce monde ; mais plutôt je sers ce Dieu qu'aucun homme n'a vu ni ne peut voir avec ses yeux. Je n'ai pas commis de vol ; si j'achète quelque chose, je paie l'impôt. C'est que je connais mon Seigneur, l'Empereur des rois de toutes les nations. »

- Le proconsul Saturninus dit à tous les autres : « Abandonnez cette croyance ».

- Speratus dit : « La croyance mauvaise, c'est de commettre l'homicide, de rendre un faux témoignage ».

- Le proconsul Saturninus : « Ne vous associez pas à cette folie. »

martyrs-de-Scillium.jpg- Cittinus dit : « Nous ne craignons personne, si ce n'est le Seigneur notre Dieu qui est au ciel ».

- Donata dit : « Nous honorons César en tant que César, mais nous ne craignons que Dieu ».

- Vestia dit : « Je suis chrétienne ».

- Secunda dit : « Je le suis, je veux l'être ».

- Le proconsul Saturninus à Speratus : « Tu persistes à te dire chrétien ? »

- Speratus : « Je suis chrétien ». Et tous firent la même déclaration.

- Le proconsul Saturninus dit : « Est-ce que vous voulez un sursis pour réfléchir ? »

- Speratus dit : « Dans une chose si claire, il n'y a pas à réfléchir ».

- Le proconsul Saturninus : « Qu'y a-t-il dans votre boîte ? »

- Speratus : « Les Livres sacrés et les Epîtres de Paul, homme juste ».

- Le proconsul Saturninus dit : « Profitez d'un ajournement à trente jours, et souvenez-vous. »

- Speratus répéta : « Je suis chrétien. » Et tous firent de même.

- Alors le proconsul Saturninus lut sa sentence sur la tablette : « Speratus, Nartzalus, Cittinus, Donata, Vestia, Secunda, et tous les autres, ont confessé qu'ils vivaient suivant le rite chrétien. Attendu qu'on leur a offert la faculté de revenir à la religion traditionnelle des Romains, et qu'ils ont refusé avec obstination, nous les condamnons à périr par le glaive. »

- Speratus dit : « Nous rendons grâces à Dieu ».

- Nartzalus dit : « Aujourd'hui, martyrs, nous sommes au ciel. Grâces à Dieu ! »

- Le proconsul Saturninus fit faire par le héraut la proclamation suivante : « Speratus, Nartzalus, Cittinus, Veturius, Felix, Aquilinus, Laetantius, Januaria, Generosa, Vestia, Donata, Secunda, sont conduits au supplice par mon ordre ».

- Tous les martyrs s'écrièrent : « Grâces à Dieu ! »

Et ils furent aussitôt décapités pour le nom du Christ.

______________

Paul Monceaux, «La vraie Légende dorée», Ed. Payot, Paris 1928.

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Publié dans : Premiers chrétiens - Communauté : Prières, neuvaines chrétiennes
Dimanche 5 décembre 2010 7 05 /12 /Déc /2010 07:00

Par primeroscristianos.com - Trad. française : Hermas.info

Une double attente


pc-copie-1.jpg La signification du sens originel de l'Avent a donné lieu à des interprétations différentes. Certains auteurs considèrent que, sous l'influence de la prédication de Pierre Chrysologue (5ème siècle), la liturgie de l'Avent, préparait simplement à la célébration liturgique annuelle de la naissance du Christ et que c’est seulement plus tard - à partir de la considération de l'accomplissement parfait de sa seconde venue - que sa signification s’est dédoublée, jusqu’à inclure également la joyeuse attente de la Parousie du Seigneur.


Cependant, les partisans de la thèse contraire ne manquent pas : l'Avent aurait été dès l’origine un temps orienté vers la Parousie, c’est-à-dire vers le jour où le Rédempteur couronnera définitivement son oeuvre. Quoi qu’il en soit, la superposition des deux dimensions est devenue si intime qu'il est difficile d'attribuer l’un ou l'autre aspect aux lectures scripturaires ou euchologiques de ce temps liturgique.


Le calendrier romain actuellement en vigueur conserve la double dimension théologique qui fait de l'Avent un temps de joyeuse espérance : "l’Avent a une double nature : c’est le temps de préparation aux solennités de Noël, où l’on commémore la premier venue du Fils de Dieu parmi les hommes, et c’est à la fois le temps où, à cette mémoire, les esprits se tournent vers l'attente de la seconde venue du Christ, à la fin des temps. Pour ces deux raisons, l'Avent nous est manifesté comme un temps d'attente priante et joyeuse (Calendrier romain, Normes universelles sur l'année liturgique et sur le calendrier, 39).

 

fin

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Publié dans : Premiers chrétiens - Communauté : Prières, neuvaines chrétiennes
Samedi 4 décembre 2010 6 04 /12 /Déc /2010 12:00

Par primeroscristianos.com - Trad. française : Hermas.info

Un temps de pénitence


pc-copie-1.jpg Plus tard, les conciles de Tours (563) et de Mâcon (année 581) parleront, de manière plus précise, des observances existant "depuis les temps anciens" avant Noël. En effet, à près d'un siècle de distance, saint Grégoire de Tours (mort en 490) offrait le même témoignage, par une simple référence. Nous lisons dans le canon 17 du concile de Tours que les moines "doivent jeûner pendant le mois de décembre jusqu'à Noël, tous les jours."


Le canon 9 du concile de Mâcon a ordonné au clergé, et probablement aussi à tous les fidèles, de « jeûner trois jours par semaine : le lundi, le mercredi et le vendredi, de la Saint-Martin à Noël, et de réciter en ces jours l’Office divin, comme cela se fait en carême » (Mansi, IX, 796 et 933). Bien que l'interprétation historique de ces textes soit difficile, il semble, selon eux, qu’à ses origines le temps de l'Avent ait été introduit en prenant un caractère pénitentiel, ascétique, avec une participation au culte plus fréquente.


Cependant, les premières informations sur la célébration du temps liturgique de l'Avent, apparaissent au milieu du sixième siècle, dans l'église de Rome.


Il semble que cet Avent romain comprenait au début six semaines, bien que, très vite, sous le pontificat de Grégoire le Grand (590-604) - il ait été réduit aux quatre semaines actuelles.

 

(à suivre)

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Publié dans : Premiers chrétiens - Communauté : Prières, neuvaines chrétiennes
Jeudi 2 décembre 2010 4 02 /12 /Déc /2010 07:00

Par primeroscristianos.com - Trad. française : Hermas.info

 

La venue du Fils de Dieu sur la terre est un événement si immense que Dieu a voulu le préparer pendant des siècles. (...) En célébrant chaque année la liturgie de l’Avent, l’Église actualise cette attente du Messie : en communiant à la longue préparation de la première venue du Sauveur, les fidèles renouvellent l’ardent désir de son second Avènement (cf. Ap 22, 17). Par la célébration de la nativité et du martyre du Précurseur, l’Église s’unit à son désir : "Il faut que Lui grandisse et que moi je décroisse" (Jn 3, 30).

(Catéchisme de l'Eglise catholique, nn. 522-524).

 

Avec le temps de l'Avent, l'Eglise romaine commence une nouvelle année liturgique. Le temps de l'Avent gravite autour de la célébration du mystère de la Nativité de notre Seigneur Jésus-Christ.

 

A PARTIR DU 4ÈME SIECLE

 

pc-copie-1.jpg L'origine et la signification de l'Avent sont un peu obscures ; cependant, le terme “adventus” était déjà connu dans la littérature chrétienne des premiers siècles de la vie de l'Eglise, et a probablement été inventé à partir de son utilisation dans la langue latine classique.


La traduction latine de la Bible, dite la Vulgate (4ème siècle), désignait par le terme “adventus” la venue du Fils de Dieu au monde, dans sa double dimension d’avènement dans la chair - l'incarnation -  et d’avènement glorieux - la parousie.


La tension entre ces deux significations est présente tout au long de l'histoire du temps liturgique de l'Avent, bien que le sens de “venue” ait laissé place à celui de “temps de préparation à la venue”.

 

Il est possible que l’amplitude même des réalités contenues sous le terme Avent ait rendu difficile l’organisation d’un temps liturgique déterminé faisant apparaître la richesse de sa signification. Quoi qu’il en soit, le cycle de l’Avent fut l'un des derniers éléments intégrés dans l'année liturgique (5ème siècle).

 

Il semble qu’à la fin du quatrième siècle et pendant le cinquième siècle, alors que Noël et l'Épiphanie prenaient une importance croissante dans les églises d’Hispanie et des Gaules, en particulier, le besoin ait commencé à se faire sentir de consacrer quelques jours à la préparation de ces célébrations.


Mis à part un texte ambigu attribué à saint Hilaire de Poitiers, la première mention de la mise en œuvre de ce désir se trouve dans le canon 4 du Concile de Saragosse, en 380 : "Pendant vingt et un jours, à compter des 16èmes calendes de janvier (17 décembre), Il n’est permis à personne de s’absenter de l'église, et chacun doit s’y rendre chaque jour" (H. Bruns, Canones Apostolorum et Conciliorum II, Berlin, 1893, 13-14). L’assiduité au culte durant les jours correspondant, en partie, à notre actuel temps de l’Avent, est prescrit, par conséquent, d'une manière imprécise.
(à suivre)

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Publié dans : Premiers chrétiens - Communauté : Prières, neuvaines chrétiennes
Mardi 30 novembre 2010 2 30 /11 /Nov /2010 07:00

Par primeroscristianos.com

pc-copie-1.jpg - Rusticus dit à Hiérax : “Et tes parents, à toi, où sont-ils ?”

- Celui-ci répondit : “Notre vrai père est le Christ ; notre vraie mère est notre foi en lui. Quant à mes parents terrestres, ils sont morts. Moi, je suis d' Iconion, en Phrygie ; j'en ai été arraché, et je suis venu ici”.

- Le préfet Rusticus dit à Libérien : “Et toi, qu'as-tu à dire ? Es-tu chrétien ? Es-tu, toi aussi, un impie ?”

- Libérien dit : “Moi aussi, je suis chrétien. Je ne suis pas un impie, mais j'adore le seul vrai Dieu”.

justin.jpg- Le préfet dit à Justin : “Ecoute-moi, toi qu'on dit éloquent, toi qui crois connaître la vraie doctrine. Si tu es fouetté, puis décapité, es-tu convaincu que tu dois ensuite monter au ciel ?”

- Justin : “J'espère que j'y aurai ma demeure, si j'endure tout cela. Je le sais : à tous ceux qui auront ainsi vécu est réservée la récompense divine jusqu'à la consommation du monde entier”.

- Le préfet Rusticus : “Ainsi, tu t'imagines que tu monteras aux cieux pour y recevoir des récompenses ?”

- Justin : “Je ne l'imagine pas, je le sais, j'en ai la certitude”.

- Le préfet Rusticus : “Finissons-en ; arrivons à la chose qu'on vous demande, et qui presse. Venez tous, et, tous ensemble, sacrifiez aux dieux”.

- Justin : “Personne, à moins d’être fou, n'abandonne la piété pour tomber dans l'impiété”.

- Le préfet Rusticus : “Si vous n'obéissez pas, vous serez punis sans pitié”.

- Justin : “C'est notre désir d'être frappés à cause de notre Seigneur Jésus-Christ, pour être sauvés. Ce sera notre salut et notre sécurité devant le tribunal plus redoutable, où le monde entier passera, de notre Maître et Sauveur”.


De même, les autres martyrs s'écrièrent : “Fais ce que tu veux. Nous sommes chrétiens, nous ne sacrifions pas aux idoles”. Alors le préfet Rusticus rendit sa sentence, en ces termes : “Les prévenus, n'ayant pas voulu sacrifier aux dieux en obéissant à l'ordre de l'Empereur, seront fouettés et emmenés pour être punis de la peine capitale, conformément aux lois”.


Les saints martyrs glorifièrent Dieu, puis sortirent pour aller au lieu ordinaire des exécutions. Là, ils furent décapités, consommant ainsi leur martyre dans la confession du Sauveur. Quelques-uns des fidèles, secrètement, enlevèrent leurs corps pour les déposer dans un lieu convenable, avec l'aide de la grâce de notre Seigneur Jésus-Christ, à qui soit gloire dans les siècles des siècles. Amen.

(fin)

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Publié dans : Premiers chrétiens - Communauté : Chrétiens et heureux de croire
Lundi 29 novembre 2010 1 29 /11 /Nov /2010 07:00

Par Hermas.info

SECTION V : MARTYRE DE SAINT JUSTIN ET DE SES COMPAGNONS (Rome, 165)


pc-copie-1.jpg C'était le temps où sévissaient les défenseurs criminels de l'idolâtrie. Des ordres impies, visant les pieux chrétiens, étaient affichés en ville et à la campagne, enjoignant de les forcer à faire des libations en l'honneur des vaines idoles (1).

 

Donc, on arrêta ensemble les saints. On les conduisit au préfet de Rome, qui s'appelait Rusticus.


Quand ils furent devant le tribunal, le préfet Rusticus dit à Justin : “D'abord, obéis aux dieux, et soumets-toi aux empereurs".


- Justin : "On ne mérite ni reproche ni condamnation, pour obéir aux commandements de notre Sauveur Jésus-Christ".

- Le préfet Rusticus : "A quelle science t'adonnes-tu ?"

- Justin : “J'ai essayé d'apprendre toutes les sciences. Puis je me suis attaché à la science vraie des chrétiens, quoiqu'elle ne plaise pas aux gens dans l'erreur".

- Le préfet Rusticus : "Et cette science -là te plaît, à toi, malheureux ?"

- Justin : "Oui, car en suivant les chrétiens je m'attache à la doctrine véritable".

- Le préfet Rusticus : "Et quelle est cette doctrine ?"

- Justin : “C'est notre conception pieuse du Dieu des chrétiens. Ce Dieu, nous croyons qu'il estsaint-justin.jpg unique, que dès l'origine il a été le créateur et le démiurge de toutes les créatures visibles ou invisibles. Nous croyons que le Seigneur Jésus-Christ est le Fils de Dieu, le Messie annoncé par les Prophètes comme devant assister la race des hommes, comme devant être le héraut du salut et le maître de belles sciences. Moi, qui suis un homme, je parle faiblement de lui, je le sens, en comparaison de sa divinité infinie ; je reconnais qu'il y faut une puissance de prophète. Mais il y a les prédictions sur celui que j'ai dit être le Fils de Dieu. Et je sais que les Prophètes étaient inspirés d'en haut quand ils ont prédit son arrivée parmi les hommes”.

- Le préfet Rusticus : " Où vous réunissez-vous ?"

- Justin : "Là où chacun veut, où il peut. Crois-tu donc que nous nous réunissons tous au même endroit ? Non pas. Le Dieu des chrétiens n'est pas limité dans l'espace. Il est invisible, il remplit le ciel et la terre ; partout, il est adoré et glorifié par les fidèles".

- En quel endroit rassembles-tu tes disciples ?"

- Justin : “Moi, je demeure au-dessus d'un certain Martin, près du bain de Timothée. Depuis tout le temps que j'y demeure [et c'est mon second séjour dans la ville de Rome], je ne connais pas d'autre lieu de réunion que cette maison-là. A tous qui voulaient venir chez moi, j'ai communiqué la doctrine de la vérité”.

- Rusticus dit : “Donc maintenant, tu es chrétien ?”

- Justin : “Oui, je suis chrétien”.


- Le préfet Rusticus dit à Chariton : “A ton tour, Chariton. Toi aussi, tu es chrétien ?”

- Chariton : “Je suis chrétien par la volonté de Dieu".

- Le préfet Rusticus dit à une femme, Charito : “Et toi que répons-tu, Charito ?”

- Charito : “Je suis chrétienne, par la grâce de Dieu”.


- Rusticus dit à Evelpiste : “Et toi, qu'es-tu ?”

- Evelpiste, esclave de César, répondit : “Moi, je suis chrétien. Affranchi par le Christ, je partage la même espérance, par la grâce du Christ”.

- Le préfet Rusticus dit à Hiérax : “Toi aussi, tu es chrétien ?”

- Hiérax : “Oui, je suis chrétien ; car j'honore et j'adore le même Dieu”.

- Le préfet Rusticus : “Est-ce Justin qui vous a faits chrétiens ?”

- Hiérax : “Moi, j'étais chrétien, et je le serai toujours”.

- Alors, Péon se leva et dit : “Moi aussi, je suis chrétien”.

- Le préfet Rusticus : “Quel est celui qui t'a instruit ?”

- Péon : “C'est de nos parents que nous avons reçu cette belle croyance”.

- Evelpiste : “Sans doute, j'écoutais avec plaisir les leçons de Justin ; mais c'est à mes parents que, moi aussi, je dois d'être chrétien”.

- Le préfet Rusticus : “Où sont tes parents ?”

- Evelpiste dit : “En Cappadoce.”

 

(à suivre)

____________

Note

(1) La vraie Légende dorée, relation de martyre traduction, introduction et notices, par Paul Monceaux, Editions Payot, Paris, 1928 ; cf. Actes et passions des martyrs chrétiens des premiers siècles, Ed. du Cerf, 2010, pp. 61 ss.

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Publié dans : Premiers chrétiens - Communauté : Prières, neuvaines chrétiennes
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