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Vendredi 10 février 2012 5 10 /02 /Fév /2012 14:34

Par Infocatólica - Traduction de l'Espagnol par Pierre GABARRA

SOURCE : INFOCATOLICA. - Eternal World Television Network, EWTN, la chaîne de radio et de télévision catholique la plus importante au monde, a fait assigner le 9 février 2012 le gouvernement des Etats-Unis, après la décision de Barack Obama d’obliger les établissements catholiques à se conformer à la loi visant à couvrir financièrement, par des contrats d’assurance-maladie conclus avec leurs salariés, le remboursement des pilules abortives, des moyens contraceptifs et de la stérilisation. Cette assignation tend à obtenir que le mandat fédéral du ministère de la Santé, délivré par Kathleen Sibelius le 20 janvier dernier, soit déclaré contraire à la Constitution.

 

ZWTN.JPG

 

En une note de presse publiée hier, la EWTN, qui touche plus de 200 millions de personnes dans 140 pays, indique qu’elle a présenté sa demande devant la cour du district de Birmingham (Alabama), contre la Secrétaire du Département de la Santé et des Services, Kathleen Sibelius, et d’autres agences gouvernementales.

 

“Nous n’avions pas d’autre choix”, a affirmé le Président et CEO de EWTN, Michael P. Warsaw, qui a expliqué que par le mandat de l’administration Obama, EWTN « se verrait obligé par le gouvernement de choisir : soit de donner à nos employés une couverture pour les contraceptifs, les moyens de stérilisation et les produits abortifs, en violation de notre conscience, soit de n’offrir à ceux qui travaillent chez nous et à leurs familles aucune couverture médicale. Aucune des deux hypothèses n’est acceptable ».

 

Cette demande a été présentée par les avocats Mark Rienzi et Kyle Duncan, du Fonds Becket pour la Liberté Religieuse, une organisation sans but lucratif qui se consacre à la protection de ce droit et des traditions religieuses, avec près de vingt ans d’expérience.

 

Warsaw a ajouté : « Nous recourons à cette mesure non seulement pour nous défendre mais aussi pour protéger d’autres institutions – catholiques et non catholiques, religieuses ou laïques -  contre ce mandat qui leur est imposé ».

 

Pour le Président de EWTN, organisation qui est soutenue par des dons, « il ne fait aucun doute que ce mandat viole les droits du Premier Amendement [de la Constitution des E.-U.]. Le moment est venu pour EWTN, en tant qu’institution catholique, de se dresser pour dire que ça suffit. Notre espoir est que le jugement fera droit à notre requête ».

 

Le Fonds Becket a déjà présenté deux demandes similaires : l’une au nom du Belmont Abbey College, une université catholique, l’autre au nom de la Colorado Christian University, implantée près de Denver. Cette dernière démarche montre qu’il ne s’agit pas d’une affaire purement catholique.

 

L’avocat Mark Rienzi a dit à ce sujet que “lorsque le gouvernement a ordonné que toutes les couvertures médicales privées s’étendent à certains produits pharmaceutiques abortifs, à la formation et aux conseils qui s’y rapportaient, [nos clients] savaient qu’ils ne pouvaient pas obéir à la fois à l’injonction du gouvernement et à leurs convictions religieuses ».

 

De son côté, le juriste Kyle Duncan, conseiller général du Fonds Becket, a expliqué que EXTN pourrait se voir contraint de payer plus de 600.000 dollars de pénalités chaque année si elle refusait de prendre en charge dans les plans de santé les anti-contraceptifs, les stérilisations et les pharmacopées abortives.

 

Dans un communiqué, le Fonds Becket explique que la demande judiciaire a pour objet de défendre l’objection de conscience face à « la contrainte exercée par le gouvernement pour porter les demandeurs à violer leur propre religion ».

 

Il indique en outre que le mandat de l’administration Obama est sans précédent dans la loi fédérale et dépasse les lois anticonceptionnelles de tous les Etats.

 

Bien que la loi prévoie une exception religieuse, elle est tellement étroite que les organisations religieuses régulières, comme EWTN ou un hôpital catholique, par exemple, ne peuvent pas y entrer.

 

Les évêques appellent à la désobéissance civile

 

Depuis l’annonce de la mesure obligeant les employeurs, comme EWTN, à souscrire à ces contrats d’assurance à partir du mois d’août 2013, en dépit de la promesse qu’avait faite Obama d’une large exception respectueuse de la liberté religieuse, plus de 150 évêques des Etats-Unis ont annoncé qu’ils ne se soumettraient pas à la loi et ont appelé à la désobéissance civile.

 

Les chefs orthodoxes et les communautés juives et protestantes se sont joints aux évêques catholiques pour exprimer leur refus de la décision de l’administration Obama.

 

L’un des évêques catholiques, Mgr Fabian W. Bruskewitz, de Lincoln, dans l’Etat de Nebraska, a souligné que « nous ne pouvons pas nous soumettre et nous ne nous soumettrons pas à cette loi injuste. Comme les martyrs des premiers jours, nous devons être prêts à accepter la souffrance qui pourrait inclure de lourdes peines et la prison ».

 

 

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Jeudi 2 février 2012 4 02 /02 /Fév /2012 14:03

Par InfoCatólica - Traduction de l'Espagnol par Pierre GABARRA

 

Hier, un groupe de professeurs catholiques de l’Université de Cordoue, soutenus par le diocèse, a présenté au Palais épiscopal de cette ville un rapport sur l’avortement. Leur étude souligne que la réforme apportée par la loi de 2010 « permet l’avortement en raison des malformations ou des maladies affectant le foetus  », ce qui implique la légitimation, dans la loi espagnole, du concept de "vies sans valeur vitale", lequel était exprimé dans le programme euthanasique du régime national socialiste allemand. Etaient présents le directeur du secrétariat diocésain de pastoral universitaire, Miguel Castro, ainsi que les professeurs et responsables du rapport, MM. Juan Luis Sevilla et Julio Ruiz.

 

Puisse cette initiative en inspirer d'autres du même genre de ce côté-ci des Pyrénées. 

 

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Source : INFOCATOLICAMgr-Fernandez--Cordoba-.jpg.- Le document a été présenté par M. Juan Luis SEVILLA, qui en a expliqué le contenu en soulignant que les auteurs avaient eu recours à la médecine, à la biologie, à l’économie, au droit et, finalement, au Magistère de l’Eglise, en rappelant que « dans l’Eglise l’avortement n’avait jamais été accepté ».

 

Il a également souligné que l’objectif du rapport était de répondre en particulier à la question de l’avortement en Andalousie, question fondamentale dans cette région en raison de sa très grande incidence sociale.

 

Le projet, soutenu par l’évêque de Cordoue, Mgr Demetrio FERNANDEZ [Photo ci-jointe], comme par son prédécesseur, a été mené à bien pendant l’année universitaire 2009/2010, en travaillant en particulier sur le développement humain dans sa phase prénatale, sur le commerce que représente la pratique de l’avortement, sur la régulation législative et sur la dimension morale du problème.

 

M. Juan Luis  SEVILLA, professeur de l’Université catholique de Cordoue, chargé du volet juridique du rapport, a indiqué que le fait de considérer les malformations ou les maladies comme une cause de suppression de la vie « revenait à se rapprocher dangereusement, et même à légitimer dans la législation espagnole, le principe de “vies sans valeur vitale”, tel qu’il se manifestait dans le programme du régime national socialiste allemand ».

 

M. SEVILLA a également qualifié « d’aberration juridique » que l’avortement soit considéré comme un droit, et estimé que la loi sur l’avortement de 1985 avait « ouvert la porte, sous prétexte de » régler certains cas, mais que « les politiques libérales se sont abritées derrière ces considérations pour ensuite les multiplier ».

 

Ainsi que M. Miguel CASTRO l’a expliqué, les exemplaires du rapport seront distribués gratuitement par les différents diocèses d’Andalousie, et par toutes les collectivités intéressées par la question de l’avortement, dans une perspective chrétienne, humaniste et, en même temps, académique.

 

De son côté, M. Julio RUIZ a rappelé les chiffres de l’avortement en Andalousie pour les années 1999-2008, à savoir plus de 150.000 enregistrés officiellement, sans tenir compte de ceux qui ne l’ont pas été. De plus, il a affirmé que ces chiffres démontraient que l’avortement avait été l’occasion d’un véritable négoce pendant toutes ces années, qu’il a évalué à plus de 100 millions d’euros.

 

Finalement, les intervenants ont souligné qu’il était nécessaire de garder présent à l’esprit que  « l’on est en présence d’un être humain, de la conception jusqu’à la naissance », et que la loi de 1985 ne peut être qualifiée de bonne « dès lors qu’elle ouvre la porte à la mort d’êtres humains innocents ».

 

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Lundi 22 août 2011 1 22 /08 /Août /2011 16:52

Par Lauren Funk
Ci-après, un article récent (18 août 2011) du Catholic family & human rights institute, qui rejoint celui de Miguel Argaya ROCA, que nous avons publié il y a quelques mois [consultable et téléchargeable ICI].
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LES ETATS-UNIS ET DES DIPLOMATES DE L'ONU AURAIENT FAIT LA PROMOTION DE L'AVORTEMENT
COMME MODE DE CONTROLE DES POPULATIONS
us.jpgNEW YORK, 19 août (C-FAM) Le nouveau livre de la journaliste Mara Hvistendahl sur l’avortement sélectif en fonction du sexe de l’enfant (1) montre comment les diplomates américains ont agi pour promouvoir l’avortement, souvent par le biais des institutions onusiennes, comme moyen de contrôler les populations dans les pays en développement.

Un ensemble de preuves historiques établit un lien entre, d’une part, les partisans de l’avortement et du contrôle des populations et la politique d’aide au développement des Etats-Unis, et, d’autre part, des organisations telles le Planning Familial International, et le Secrétariat des Nations-Unies.

Le général William Draper Jr., l’un des généraux américains de la Seconde Guerre Mondiale devenu diplomate américain, était, d’après la journaliste, auteur du nouveau livre « Sélection non naturelle », un « ardent partisan de l’avortement ». Le général Draper a représenté les intérêts des gouvernements pour le contrôle des populations en les liant aux problèmes de sécurité et de développement international pendant la seconde guerre mondiale : il a établi l’existence d’une relation entre les taux élevés de natalité et la pauvreté, ainsi que l’existence d’un danger de voir la pauvreté devenir la cause d’une naissance du communisme en Asie. Il a dès lors fait la promotion de l’avortement comme méthode de contrôle des naissances, et a encouragé son utilisation dans le seul but de faire diminuer le taux des naissances. Il espérait ainsi obtenir des améliorations des situations économiques dans ces pays, comme remèdes à des conditions qui auraient pu devenir le terreau de révolutions populaires.

Le général Draper a continué à conseiller les administrations présidentielles après les années cinquante et soixante lorsque se présentaient des menaces à la sécurité nationale des Etats-Unis venues de pays ayant des taux de naissances élevés dans les pays en développement. Pour lui, l’avortement et le « planning familial » étaient la solution. Le général Draper a été « responsable des premières recommandations encourageant le gouvernement des Etats Unis à venir en aide aux autres nations, sur demande, pour gérer leurs problèmes de population », affirmait le Planning Familial International en 1966 lorsqu’il remettait au général le prix d’honneur Margaret Sanger.

Le général Draper s’est aussi montré favorable à la création de l’agence de l’O.N.U. pour la population, L’UNFPA, en 1969. Les observateurs internationaux ont critiqué cette institution pour sa promotion du « planning familial » et de l’accès à l’avortement comme solution aux problèmes de pauvreté dans les pays à la population importante ou ayant des taux de natalité élevés.

Le fils du général Draper, William H. Draper III, est devenu une des personnalités les plus importantes des Nations-Unies la décennies suivante. Draper III a été nommé directeur du Programme des Nations-Unies pour le développement (ONUPD) en 1986. Sous sa direction, l’ONUPD a fait augmenter ses fonds et mis en place une division des « Femmes dans le développement », division qui concentre ses efforts sur l'accès universel à la contraception, les droits sexuels, le VIH et et l’égalité homme-femme.

M. Draper III est aussi membre émérite du conseil d’administration de l’organisation Population Action International (PAI). Cette organisation avait été fondée par le général Draper sous le nom « Comité de Crise sur les Populations » (Population Crisis Committee), et continue à jouer un rôle actif dans le soutien aux programmes travaillant sur les questions des populations. Il a par exemple joué un rôle important à la conférence du Caire sur la population et le développement en 1994.


Les recherches de Mara Hvistendahl ainsi que d’autres ont aussi révélé que des personnalités politiques importantes telles Henry Kissinger avaient, elles aussi, fait la promotion de l’avortement au niveau international, dans le but de faire diminuer les taux de fécondités dans le monde entier. En 1974, Kissinger avait affirmé dans une note au gouvernement que l’avortement était vital comme solution au problème de l’augmentation de la population mondiale. « Aucun pays n’a réduit sa croissance des population sans avoir recours à l’avortement », disait la note signée par Kissinger.


Des présidents des Etats Unis, dont Lyndon Johnson, John F. Kennedy et Georges H.W. Bush ont aussi donné leur soutien à la promotion du contrôle des populations dans les pays pauvres. Cela faisait partie de la politique de stabilité internationale, et était censer assurer la sécurité des Etats-Unis.

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(1) Ce livre s'intitule : Unnatural Selection: Choosing Boys Over Girls and the Consequences of a World Full of Men (La sélection contre-nature : Le choix des garçons au détriment des filles et des conséquences d’un monde plein d’hommes). Il est, d’après le Wall Street Journal, « l’un des livres les plus importants jamais écrits pour la campagne anti-avortement ». On peut en lire quelques pages sur le site d'Amazon (cliquer, ci-dessus, sur la photo du livre).

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Lundi 28 juin 2010 1 28 /06 /Juin /2010 15:29

Par Droit de naître : communiqué

Droit de Naître a remis le 25 juin 2010 au Premier Ministre 3.910 pétitions de foyers indignés par les mesures de Roselyne Bachelot organisant la plus grande liberté d’accès à l’avortement.

 

En confessant « son combat pour permettre aux femmes de disposer de leur corps », elle a dévoilé sa nature d’otage de l’avortement à tout-va car la future mère ne peut pas faire ce qu’elle veut de l’autre corps qu’elle porte, et ne peut pas en disposer comme d’un esclave !

 

Si les nouvelles mesures entrent en vigueur elles établiront deux scandales.

 

1) De futures ARS, Agences régionales de santé, auront l’instruction d’intégrer la prise en charge des avortements comme une composante à part entière de l’offre de soins : le ministre de la Santé de la France aura établi l’équation « avortement = offre de soins ».

 

2) Ce militantisme idéologique n’a peur d’aucune contradiction : il nous augmente les dépenses de l’État de VINGT SEPT MILLIONS d’euros, à la charge des contribuables. En pleine crise budgétaire, quand le Gouvernement cherche où faire de bonnes économies, continuer à financer le massacre des innocents serait un contre-sens, l’augmenter est une aberration.

 

Droit de Naître vient de demander au Premier Ministre d’empêcher son ministre de la Santé de poursuivre sa politique de la terre brûlée : dans son aveuglement idéologique, la ministre de la Santé n’a pas pensé octroyer une pareille somme à aider les futures mères et leur bébé.

 

Contact presse : Georges MARTIN  06. 20. 14. 73. 49

 

Droit de Naître, 39 avenue Pasteur – 92400  COURBEVOIE

Tel : 01 49 05 48 99          Fax : 01 47 68 84 79

e-mail droitdenaitre@wanadoo.fr   www.droitdenaitre.org

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Jeudi 25 mars 2010 4 25 /03 /Mars /2010 15:00

Par Jorge Enrique MUJICA - Trad. de l'espagnol : Pierre GABARRA
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Mardi 16 mars 2010 2 16 /03 /Mars /2010 16:00

Par L'Equipe d'Hermas

Egan.jpg


Le cardinal Edward Michael EGAN (°1932), archevêque émérite de New-York, célébrera la prochaine fête de l’Annonciation (25 mars), le soir, selon la forme extraordinaire du rite latin (édition de 1962).


Le prélat célébrera également, à cette occasion, le 15ème anniversaire de l’Encyclique “Evangelium vitae” (1995) du Pape Jean-Paul II.


HI_Front.jpg Le rapprochement entre cette fête liturgique et cet anniversaire, au nom de la défense de la vie, sera souligné symboliquement par le fait que la cérémonie aura lieu à l’église des Saints-Innocents, au cœur de Manhattan. La messe sera précédée par la récitation du Rosaire pour la Vie.


On connaît les positions très fermes du cardinal EGAN sur la question de l’avortement. Dans un article qu’il avait publié sur le site de l’Archidiocèse de New-York, alors qu’il était encore archevêque de cette grande métropole, le prélat n’avait pas hésité à comparer les arguments avancés pour justifier l’avortement à ceux d’Hitler et de Staline pour commettre des meurtres de masse.


Sous cette grande photo, représentant un fœtus dans le sein de sa mère, il avait écrit :


fig19.jpg« Avez-vous quelque doute que ce soit qu’il s’agisse bien d’un être humain ? Si vous n’avez pas un tel doute, doutez-vous qu’il s’agisse d’un être humain innocent ? Si vous n’avez pas davantage de doute sur ce point, doutez-vous que les autorités d’une société civilisée aient le devoir de protéger cet être humain innocent contre quiconque aurait l’intention de le tuer (…) ? » « Adolf Hitler s’est convaincu lui-même et a convaincu les siens que les juifs et les homosexuels étaient autre chose que des être humains. Joseph Staline a fait la même chose à l’égard des Cosaques et des aristocrates russes. Pourtant, Hitler et les siens avaient vu de leurs propres yeux des juifs et des homosexuels, et Staline et les siens avaient vu de leurs propres yeux des Cosaques et des aristocrates russes ».

 

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Publié dans : Avortement - Communauté : Benoit XVI
Mardi 16 mars 2010 2 16 /03 /Mars /2010 12:36

Par Alejandro LLANO - trad. de l'espagnol par Pierre GABARRA

aaaaa[AGEA] Ne s’est-il donc rien passé ici, en Espagne ? Bien sûr que si, et quelque chose de très grave. Le Sénat vient d’approuver la nouvelle loi sur l’avortement, qui implique la tolérance à peu près totale de la liquidation des enfants non encore nés. On ne peut pas avaler ça comme on boit un verre d’eau. C’est un poison qu’on nous propose d’avaler, qui ne fera pas seulement du mal à ceux qui liquident des victimes innocentes, mais à nous tous.


Ceux qui ont élaboré la loi, et qui en ont accompagné la présentation par le mensonge, sont ceux qui nous gouvernent par le choix du peuple souverain. Il y a quelque chose qui ne colle pas chez nous. Quelque chose qui sent la pourriture. L’Espagne est le pays le plus permissif du monde en matière de sexualité et de famille : le pays où sont autorisées les pratiques les plus cruelles, promues par un endoctrinement insidieux, sur l’affectivité et le sexe, exercé sur des enfants qui ont à peine atteint l’âge de l’adolescence.

 

Quelle vision de l’homme est donc celle de ces maîtres de la mort ? Ils ignorent ce qu’est la dignité humaine. Ils tergiversent sur le respect dû à la personne dans toutes les phases de son existence. Ils pensent, par exemple, par une erreur philosophiquement grossière, que l’identité dépend de la continuité spacio-temporelle. Comme le fœtus est uni au corps de la mère, il pourrait en être ôté comme on enlève une tumeur.


Les partisans de l'avortement sont hostiles à la vie. Ils défendent également l’eugénésie et l’euthanasie. Ils représentent l’antithèse, à considérer les choses essentiellement, des libertés démocratiques. Mais en regard, quelle est l’attitude de ceux qui sont présumés favorables à la vie, celle de millions de personnes qui ont à peine bougé le petit doigt pour s’opposer à cette grande violence ? Pourtant, n’ont-ils pas organisé une manifestation ? Oui, et alors ? Ont-ils cru une seule seconde qu’il suffirait de sortir un jour avec d’autres dans la rue ? Non, ça ne suffira pas, et tout le monde le sait bien.  Mais ils ont préféré cacher leur tête sous leurs ailes. Comme ainsi ils ne voyaient rien, ils se sont imaginé que les autres ne verraient pas davantage leur mollesse et leur manque d’idées.


Le présupposé culturel principal de l’imposition de l’avortement, dans une société, c’est le matérialisme. Si les êtres humains ne sont qu'une association sophistiquée d'éléments charnels, alors on peut tout en faire. Il n’y a pas lieu dès lors d’argumenter intellectuellement pour les défendre, parce que la raison devient sans valeur dans ces considérations. Nous sommes tous devenus des libéraux et des économistes. L'important, c’est la richesse, et la liberté de faire circuler l’argent d’un lieu à l’autre. Le reste, c’est de la métaphysique, c'est-à-dire de la perte de temps. Qu’en serait-il d’ailleurs si, au bout du compte, c’était bien la métaphysique qui devait peser sur les décisions, pour qu’elles soient inclinées dans un sens ou dans un autre ? Peut-être se passerait-il, précisément, ce qui est en train de se passer. La vision du monde qui finirait pas s’imposer serait celle de ceux qui maintiennent que la force vient d’en-bas, qu’il n’y a pas d’autre éthique que celle que dicte le pragmatisme et qu’il n’existe aucune différence essentielle entre un être humain et un animal de compagnie.


La vision du monde dans laquelle l’avortement est accepté sans difficulté est celle qui considère la réalité comme un tout, sans distinctions radicales ni graduations. C’est ce que l’on appelle, de manière plus sophistiquée, l’holisme, ou le totalisme. Le tout informe est un. Il faut protéger le milieu ambiant et éviter qu’une espèce prédatrice, comme celle des humains, attaque et détruise les espaces naturels. Le sommet de ce qu’on peut atteindre en matière de spiritualité, c’est la suavité bêtasse de type new-age. Avant tout, il faut éviter l’agressivité. Pas de films où l’on se prendrait la tête avec des problèmes de profondeur humaine ou de radicalité morale. Le plus adapté, pour les enfants comme pour les grands, ce sont les animations, où pullulent enfants ingénus et gentils monstres. Il n’est pas mauvais non plus d’exalter la violence, si c’est à grand renfort de technique et que ça finit bien. On doit éviter à tout prix l’usage des livres.


La résignation et la docilité, jointes à un conformisme sans crispation, composent un état d’âme civilisé et ouvert, libre de préjugés, où les injustices sont masquées et les fœtus jetés à la poubelle. Le sacrifice des enfants est une métaphore et une annonce de la mort cérébrale et morale de presque tout un peuple.


Nous touchons le fond. Pour agir de manière différente, il est absolument nécessaire de penser autrement. Ou, tout simplement, de penser. Parce que ce qui est le plus grave, au fur et à mesure des agressions que nous subissons, c’est que nous en venions à cesser de penser.

Alejandro Llano


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Publié dans : Avortement - Communauté : Chrétiens et heureux de croire
Vendredi 5 mars 2010 5 05 /03 /Mars /2010 15:23

Par Miguel ARGAYA ROCA - Trad. de l'espagnol par Pierre GABARRA
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Publié dans : Avortement - Communauté : Chrétiens et heureux de croire
Vendredi 5 mars 2010 5 05 /03 /Mars /2010 15:20

Par Miguel ARGAYA ROCA - Trad. de l'espagnol par Pierre GABARRA

Voici la fin du texte de l'article de M. Miguel ARGAYA ROCA, publié progressivement sur Hermas.info

Nous profitons de la circonstance pour remercier l'AGEA, dont ce texte est tiré, de son amitié.

 

(...) Il est clair que la solution ne peut pas consister à demander aux pays pauvres de le rester et d’abandonner leurs projets d’industrialisation, tandis que le monde “riche” continuera de polluer et de jouir des mêmes niveaux de production  et de consommation. La seule solution consiste, fondamentalement, à assumer l’interdépendance comme un défi pour l’avenir et comme un engagement moral, et à ne pas en faire un simple scénario destiné à justifier l’enrichissement rapide et l’exploitation. Le mondialisme économique, s’il doit s’imposer, devra reporter sur ses protagonistes non seulement ses avantages mais aussi ses responsabilités. A cette fin, il faudrait que les pays riches assument sans réserve leur part de sacrifices. Compte tenu de ce que, pour chaque dollar investi dans le Tiers Monde, le monde développé en récupère quatre, c’est un élémentaire devoir de justice, ce qui devrait déjà suffire à l’imposer. De plus, il s’agit là de l’unique moyen véritablement efficace d’éviter le prévisible big-bang migratoire qui se présente et qui est déjà en cours. Bien que cela puisse paraître paradoxal, pour y arriver, il faut éliminer ou, à défaut, augmenter les quotas d’émigration dans les pays riches et faire disparaître les barrières douanières protectrices qui frappent les importations venant du monde en voie de développement. Sans oublier l’urgente annulation d’au moins une partie de sa dette. De la sorte, on obtiendrait à moyen terme, à n’en pas douter, une décongestion démographique et économique minimale dans ces régions, et, à plus long terme, une tendance certaine à un certain degré d’égalisation dans le niveau de vie de tous les habitants de la planète. En retour, le premier monde y gagnerait quelques siècles de paix. Bien sûr, de telles mesures imposeraient de notables sacrifices, tels que la chute immédiate des salaires et une réduction importante du bien-être individuel et social. La conséquence en serait une perte de voix et d’influence pour les partis politiques et les syndicats, chose qui, par ailleurs, de mon point de vue,  est précisément l’une des causes de la grande difficulté actuelle à mettre en marche un véritable programme de stabilisation économique mondiale. Il y en a d’autres, beaucoup plus importantes et décisives, et moins explicables : le premier monde, convaincu en grande partie de sa supériorité biologique comme WASP [blanc (white), anglo-saxon et protestant], s’est vu perdre ces dernières décennies des points dans les pourcentages démographiques [tandis que les pays “riches” passaient, entre 1950 et 1990, de 832 millions à 1.207, les pays “pauvres” passaient de 1.684 à 4.086], ce qui offre au Tiers Monde des possibilités d'avenir jusqu'à présent difficilement atteignables dans le domaine géopolitique. Il est évident que le XXIème siècle n'est pas celui de la race blanche : si, à l'ONU, les différents pays étaient démocratiquement représentés en fonction de leur nombre d'habitants, les Etats-Unis auraient cinq fois moins de voix que l'Inde, et six fois moins que la Chine. Un hypothétique – mais non impossible – changement des règles du jeu politique international supposerait, donc, une véritable révolution copernicienne sur la scène géostratégique. Il est certain que le monde “riche” souhaite maintenir son statut et son rythme de vie sans perdre, en outre, son hégémonie politique. C'est la raison pour laquelle il a besoin de toute urgence de contenir la croissance démographique des pays en voie de développement et, pour cela, de les convaincre que leur pauvreté est due à un excès de population, tandis que, dans le même temps, il réduit ses quotas d'immigration et fortifie son protectionnisme.

 

            Le formidable retard que les intérêts égoïstes des grandes puissances économiques ont fait subir à ce que l’on a appelé la “Ronda de Uruguay”, depuis 1986, et pendant près de deux ans, jusqu’à la signature du GATT, est très significatif à cet égard. Les pays en voie de développement, en revanche, font valoir que leur pauvreté est due au manque de moyens pour améliorer leur productivité et que ce manque est rendu insurmontable en raison d’une discrimination habituelle dans les échanges internationaux et des barrières douanières qui sont élevées devant leurs produits dans les pays riches. Il faut souligner sur ce point que le prix des matières premières – principale source de revenu du Tiers-Monde – suit une courbe “opportunément” descendante sur le marché mondial, ce qui ôte aux pays en voie de développement la capacité effective d’accumuler des devises. Le déficit de leur balance des paiements courants, de la sorte, augmente, au point qu’en 1991 il était de 100.000 millions de dollars, et, avec lui, le montant de leur dette externe, arme fondamentale que le monde “riche” utilise pour sa politique antinataliste. Les pays “pauvres” ne demandent rien d’autre qu’un comportement loyal dans les relations économiques internationales. Ils demandent aussi que la Banque Mondiale et le FMI cessent de conditionner leurs crédits à l’accomplissement des programmes démographiques du FPNU. Au lieu de cela, on leur impose un très dur – je dirais même inhumain – corset démographique. Dans le même temps, on atténue leurs famines et leurs crises par de généreux apports d’aide humanitaire, certainement utiles dans un premier temps face à l’urgence de la mort, mais qui, finalement, n’ont pour effet que d’accoutumer leurs bénéficiaires à dépendre de l’extérieur et à perdre tout intérêt pour leur propre production, soumise à une concurrence déloyale, dès lors que l’approvisionnement humanitaire est gratuit. Ce dont les pays en voie de développement ont besoin, ce n’est pas tant d’une aide permanente, et moins encore d’une brutale et intéressée pression sur leurs comportements démographiques, que de technologie et de commerce et surtout d’un débouché pour leurs excédents de population. A raison, les pays sud-américains ont su répondre au Caire aux prétentions des Etats-Unis, de la Banque Mondiale et du FPNU, en affirmant que l’alarmisme apocalyptique des pays riches ne correspond qu’à une conception pessimiste – et certainement protestante – de l’existence, qui ne parvient pas à saisir que l’être humain dispose non seulement d’une bouche pour manger, mais aussi d’un esprit pour penser et de bras pour travailler. J’ajouterais qu’il répond aussi à un manque de foi inavoué en la capacité de la civilisation occidentale à absorber, et aussi à occidentaliser les apports culturels qu’elle reçoit et qu’elle espère recevoir. Il est clair qu’une société qui n’a pas confiance en la capacité de son propre bagage spirituel à attirer et à gagner de nouveaux venus ne mérite que de disparaître. Les espagnols, et les méditerranées en général, savent ce que signifie le métissage biologique et culturel parce qu’ils ont su s’en enrichir et l’exporter tout au long de l’histoire. Nous devrions être à cet égard une bonne référence pour répondre aux exigences nouvelles, imposées par le phénomène de l’immigration. Bien plus, nous devons en être un, de gré ou de force, parce que personne ne peut enrayer le phénomène et qu’il sera sûrement impossible de freiner le cours naturel des vagues d’immigration. Apprenons donc à manifester au nouveau venu ce sens hispanique proverbial de l’hospitalité, et consolidons, en même temps, les piliers sur lesquels est édifiée notre civilisation, non seulement pour ne pas la perdre dans le marasme ethnique qui nous submerge mais aussi parce que c’est là que l’on peut trouver avec certitude, quoi que d’aucuns s’obstinent à penser, les mécanismes qui permettront d’obtenir le plus profond, le plus efficace et le plus indolore métissage possible.

Miguel ARGAYA ROCA

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Jeudi 4 mars 2010 4 04 /03 /Mars /2010 18:04

Par Miguel ARGAYA ROCA - Trad. de l'espagnol par Pierre GABARRA

Nous vous proposons ICI, de télécharger, en format PDF, l'intégralité de la traduction de l'article de M. Miguel ARGAYA ROCA, publiée par bribes sur Hermas.info

Nous profitons de la circonstance pour remercier l'AGEA, dont ce texte est tiré, de son amitié.

(...) Il est clair que la solution ne peut pas consister à demander aux pays pauvres de le rester et d’abandonner leurs projets d’industrialisation, tandis que le monde “riche” continuera de polluer et de jouir des mêmes niveaux de production  et de consommation. La seule solution consiste, fondamentalement, à assumer l’interdépendance comme un défi pour l’avenir et comme un engagement moral, et à ne pas en faire un simple scénario destiné à justifier l’enrichissement rapide et l’exploitation. Le mondialisme économique, s’il doit s’imposer, devra reporter sur ses protagonistes non seulement ses avantages mais aussi ses responsabilités. A cette fin, il faudrait que les pays riches assument sans réserve leur part de sacrifices. Compte tenu de ce que, pour chaque dollar investi dans le Tiers Monde, le monde développé en récupère quatre, c’est un élémentaire devoir de justice, ce qui devrait déjà suffire à l’imposer. De plus, il s’agit là de l’unique moyen véritablement efficace d’éviter le prévisible big-bang migratoire qui se présente et qui est déjà en cours. Bien que cela puisse paraître paradoxal, pour y arriver, il faut éliminer ou, à défaut, augmenter les quotas d’émigration dans les pays riches et faire disparaître les barrières douanières protectrices qui frappent les importations venant du monde en voie de développement. Sans oublier l’urgente annulation d’au moins une partie de sa dette. De la sorte, on obtiendrait à moyen terme, à n’en pas douter, une décongestion démographique et économique minimale dans ces régions, et, à plus long terme, une tendance certaine à un certain degré d’égalisation dans le niveau de vie de tous les habitants de la planète. En retour, le premier monde y gagnerait quelques siècles de paix. Bien sûr, de telles mesures imposeraient de notables sacrifices, tels que la chute immédiate des salaires et une réduction importante du bien-être individuel et social. La conséquence en serait une perte de voix et d’influence pour les partis politiques et les syndicats, chose qui, par ailleurs, de mon point de vue,  est précisément l’une des causes de la grande difficulté actuelle à mettre en marche un véritable programme de stabilisation économique mondiale. Il y en a d’autres, beaucoup plus importantes et décisives, et moins explicables : le premier monde, convaincu en grande partie de sa supériorité biologique comme WASP [blanc (white), anglo-saxon et protestant], s’est vu perdre ces dernières décennies des points dans les pourcentages démographiques [tandis que les pays “riches” passaient, entre 1950 et 1990, de 832 millions à 1.207, les pays “pauvres” passaient de 1.684 à 4.086], ce qui offre au Tiers Monde des possibilités d'avenir jusqu'à présent difficilement atteignables dans le domaine géopolitique. Il est évident que le XXIème siècle n'est pas celui de la race blanche : si, à l'ONU, les différents pays étaient démocratiquement représentés en fonction de leur nombre d'habitants, les Etats-Unis auraient cinq fois moins de voix que l'Inde, et six fois moins que la Chine. Un hypothétique – mais non impossible – changement des règles du jeu politique international supposerait, donc, une véritable révolution copernicienne sur la scène géostratégique. Il est certain que le monde “riche” souhaite maintenir son statut et son rythme de vie sans perdre, en outre, son hégémonie politique. C'est la raison pour laquelle il a besoin de toute urgence de contenir la croissance démographique des pays en voie de développement et, pour cela, de les convaincre que leur pauvreté est due à un excès de population, tandis que, dans le même temps, il réduit ses quotas d'immigration et fortifie son protectionnisme.

 

            Le formidable retard que les intérêts égoïstes des grandes puissances économiques ont fait subir à ce que l’on a appelé la “Ronda de Uruguay”, depuis 1986, et pendant près de deux ans, jusqu’à la signature du GATT, est très significatif à cet égard. Les pays en voie de développement, en revanche, font valoir que leur pauvreté est due au manque de moyens pour améliorer leur productivité et que ce manque est rendu insurmontable en raison d’une discrimination habituelle dans les échanges internationaux et des barrières douanières qui sont élevées devant leurs produits dans les pays riches. Il faut souligner sur ce point que le prix des matières premières – principale source de revenu du Tiers-Monde – suit une courbe “opportunément” descendante sur le marché mondial, ce qui ôte aux pays en voie de développement la capacité effective d’accumuler des devises. Le déficit de leur balance des paiements courants, de la sorte, augmente, au point qu’en 1991 il était de 100.000 millions de dollars, et, avec lui, le montant de leur dette externe, arme fondamentale que le monde “riche” utilise pour sa politique antinataliste. Les pays “pauvres” ne demandent rien d’autre qu’un comportement loyal dans les relations économiques internationales. Ils demandent aussi que la Banque Mondiale et le FMI cessent de conditionner leurs crédits à l’accomplissement des programmes démographiques du FPNU. Au lieu de cela, on leur impose un très dur – je dirais même inhumain – corset démographique. Dans le même temps, on atténue leurs famines et leurs crises par de généreux apports d’aide humanitaire, certainement utiles dans un premier temps face à l’urgence de la mort, mais qui, finalement, n’ont pour effet que d’accoutumer leurs bénéficiaires à dépendre de l’extérieur et à perdre tout intérêt pour leur propre production, soumise à une concurrence déloyale, dès lors que l’approvisionnement humanitaire est gratuit. Ce dont les pays en voie de développement ont besoin, ce n’est pas tant d’une aide permanente, et moins encore d’une brutale et intéressée pression sur leurs comportements démographiques, que de technologie et de commerce et surtout d’un débouché pour leurs excédents de population. A raison, les pays sud-américains ont su répondre au Caire aux prétentions des Etats-Unis, de la Banque Mondiale et du FPNU, en affirmant que l’alarmisme apocalyptique des pays riches ne correspond qu’à une conception pessimiste – et certainement protestante – de l’existence, qui ne parvient pas à saisir que l’être humain dispose non seulement d’une bouche pour manger, mais aussi d’un esprit pour penser et de bras pour travailler. J’ajouterais qu’il répond aussi à un manque de foi inavoué en la capacité de la civilisation occidentale à absorber, et aussi à occidentaliser les apports culturels qu’elle reçoit et qu’elle espère recevoir. Il est clair qu’une société qui n’a pas confiance en la capacité de son propre bagage spirituel à attirer et à gagner de nouveaux venus ne mérite que de disparaître. Les espagnols, et les méditerranées en général, savent ce que signifie le métissage biologique et culturel parce qu’ils ont su s’en enrichir et l’exporter tout au long de l’histoire. Nous devrions être à cet égard une bonne référence pour répondre aux exigences nouvelles, imposées par le phénomène de l’immigration. Bien plus, nous devons en être un, de gré ou de force, parce que personne ne peut enrayer le phénomène et qu’il sera sûrement impossible de freiner le cours naturel des vagues d’immigration. Apprenons donc à manifester au nouveau venu ce sens hispanique proverbial de l’hospitalité, et consolidons, en même temps, les piliers sur lesquels est édifiée notre civilisation, non seulement pour ne pas la perdre dans le marasme ethnique qui nous submerge mais aussi parce que c’est là que l’on peut trouver avec certitude, quoi que d’aucuns s’obstinent à penser, les mécanismes qui permettront d’obtenir le plus profond, le plus efficace et le plus indolore métissage possible.

Miguel ARGAYA ROCA

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