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« Je vous ai dit ces choses, pour que vous ayez la paix en moi.
Dans le monde vous aurez à souffrir. Mais gardez courage ! J'ai vaincu le monde » (Jn 16,33)

 

Hymne des JMJ - Sydney 2008
Mardi 13 mai 2008


S’il est un pays sur le sort duquel il est difficile à un Français chrétien d’être indifférent, c’est bien celui du Liban, en raison des liens historiques, culturels et spirituels très forts qui existent avec les communautés chrétiennes de cette contrée. Il est difficile – il devrait l’être, en tout cas – à tout Français quel qu’il soit d’oublier aussi la mémoire de ces 58 parachutistes Français des 1er et 9ème RCP, qui ont été assassinés au petit matin du 23 octobre 1983, dans l’immeuble du « Drakkar », par des individus qui, non contents de tirer gloire de leur inhumanité, ne craignent pas d’affirmer, avec toute la sauvagerie dont ils sont capables, qu’elle serait agréable à Dieu.

 

De telles affirmations, pour un chrétien, sont d’une monstruosité sans nom. Le “Hezbollah”, auto-proclamé “Parti de Dieu”, ne craint pas, dans son drapeau, de brandir une AK 47 dans l’une des lettres mêmes qui expriment le nom de Dieu. Il était attribué à Baal, le dieu phénicien, de prendre plaisir et satisfaction aux sacrifices d’innocents, notamment de jeunes enfants. La Bible l’évoque dans le Livre de Jérémie, où Dieu se défend, en quelque sorte, d’être en rien dans de telles injustices (Jérémie, 19, 5). On a peine à seulement imaginer, à moins précisément d’avoir perdu tout sens de Dieu ou de renouer avec de tels dérèglements d’esprit, que l’on puisse prêter à Celui dont on est supposé ne pouvoir invoquer le Nom qu’avec un infini respect, des “sentiments” de haine, de mépris d’autrui, de domination terrestre, y compris contre ses propres frères ou coreligionnaires.

 

Lorsque M. Amine Gemayel reproche au Hezbollah, par les coups de force insurrectionnels qu’il mène contre le Liban pour le faire tomber sous son joug politico-religieux, de chercher à « ramener (le Libanais) des siècles en arrière », ce n’est pas seulement d’un point de vue politique qu’il faut l’entendre, mais aussi d’un point de vue religieux et du point de vue de la civilisation même.

 

Récemment, le Saint-Père a fait connaître qu’il était « extrêmement préoccupé par la situation du Liban où le marasme politique a entraîné une escalade verbale, maintenant suivie d’affrontements armés, avec leur cortège de morts et de blessés. Si la tension s’est relâchée, je me dois d’encourager les libanais à renoncer à une agressivité qui jetterait leur pays dans l’irréparable ». Le dialogue, ajoutait-il, « la compréhension et la recherche d’un compromis raisonnable sont la seule voie pour rendre au Liban ses institutions, et à sa population la sécurité nécessaire pour une vie normale et pleine d’espoir dans l’avenir ». Le problème est que l’on n’a jamais vu se dessiner de solutions raisonnables là où les interlocuteurs ne les souhaitaient pas.

 

Voilà des décennies que le Hezbollah milite pour instaurer une révolution iranienne au Liban, même si ses dirigeants actuels n’en font plus l’aveu comme l’avait fait en son temps le peu regretté cheikh Fadlallah. Après s’être vainement essayé à l’action politique plus ou moins pacifique pour tenter de s’imposer, le Hezbollah tente aujourd’hui d’arracher le pouvoir par la force et le coup d’Etat, selon des méthodes qui ne sont pas sans rappeler celles du communisme révolutionnaire. Comme l’a souligné encore M. Gemayel, les récents événements « font tomber le masque » – s’il était nécessaire ! En tournant ses armes désormais contre les Libanais eux-mêmes, comme pendant la guerre civile, le Hezbollah perd cette image qu’il s’était patiemment forgée contre Israël, à la faveur de l'aveuglement volontaire de beaucoup de pays, de défenseur du Liban contre l’étranger. Mais il est probable qu'il n'en a désormais cure. Servi par la sottise des Occidentaux, qui se plaisent à distinguer en lui une "branche politique" acceptable et une "branche armée" inacceptable, inféodé à l’Iran, comme nul ne l’ignore, et sans doute encore à la Syrie, il est à craindre que ce parti ne recule devant rien pour atteindre ses objectifs.

 

Le Pape Jean-Paul II disait du Liban qu’il était « un message ». Le message d’une volonté constante de dépasser des clivages confessionnels ou politiques pour établir une société commune. Le pape Benoît XVI ajoute que « sa vocation (…) est d’être, au Proche-Orient et de par le monde, la preuve concrète de ce qu’il est possible aux hommes de vivre en paix ensemble ». Pour qu’il soit à la hauteur de cette vocation, Benoît XVI nous invite tous à prier Notre-Dame du Liban. C’est une prière à laquelle nous nous associons volontiers en ce 13 mai, nous souvenant qu’il y a 91 ans, Marie elle-même insistait pesamment auprès des enfants de Fatima, comme elle le fit à Pontmain, pour leur demander de prier pour la paix. « Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés fils de Dieu » (Matthieu, 5, 9). Le “Parti de Dieu”, le voilà : celui des artisans de paix, de pardon, de respect et d’amour mutuel. Cette voie est autrement plus difficile, plus héroïque que celle qui consiste à démolir son prochain, parce qu’elle impose d’abord un combat et une victoire sur soi-même, sur ses égoïsmes, ses ambitions personnelles, ses courtes vues partisanes, ses tentations de domination sur les autres.

 

A nos chapelets donc ! Pour le Liban, et pour le monde !

par La rédaction publié dans : Politique communauté : Chrétiens et heureux de croire
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Mardi 22 avril 2008

    On peut penser ce que l'on veut de Mme Boutin et de son action politique - et je n'oublie pas le caractère non-partisan d'Hermas en écrivant cet article - mais il n'en reste pas moins qu'il est toujours remarquable de voir une personnalité politique assumer publiquement ses convictions chrétiennes.

Nous avons assez reproché à certains de se dire catholiques et de s'empresser de prôner l'absence d'incidence de leur foi sur leur action politique (rappelons-nous les contorsions de François Bayrou l'année dernière) pour saluer ceux qui ont le courage (courage, même si ce courage résulte en grande partie de la couardise des autres chrétiens occultes...) d'adopter le comportement inverse.

C'est ce que vient de faire Mme Boutin dans un entretien accordé au Monde.fr publié en plusieurs extraits, dont l'un est intitulé "ma foi fait ce que je suis", que vous pouvez consulter (
ICI).

On en profitera pour signaler à ceux qui seraient intéressés le blog de Mme le Ministre (
ICI).
par La rédaction publié dans : Politique communauté : Chrétiens et heureux de croire
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Lundi 21 avril 2008

Après avoir accueilli et remercier le Pape de son discours, le secrétaire général de l'ONU, M. Ban Ki-Moon, lui a rendu un grand hommage. En voici quelques citations :


« De multiples manières, notre mission nous unit à la vôtre. Vous avez parlé du terrible défi de la pauvreté affectant une si grande part de la population, et expliqué que nous ne pouvons pas nous permettre l'indifférence et l'isolement égoïste. Vous avez encouragé la non prolifération des armes nucléaires et appelé à un désarmement nucléaire progressif et d'un commun accord ». « Vous avez dit clairement que ceux qui ont davantage de pouvoir n'ont pas le droit de l'utiliser pour violer les droits des autres, et affirmé que la paix est basée sur le respect des droits de tous. Vous avez parlé des ressources d'eau et des changements climatiques comme des questions d'importance cruciale pour la famille humaine tout entière ».


« Je suis profondément reconnaissant à Sa Sainteté le pape Benoît XVI de nous transmettre un peu de sa foi - et de nous faire confiance... Puissions-nous être fortifiés par sa visite aujourd'hui ».


« Laissez-moi exprimer ma grande appréciation pour la précieuse contribution du Saint-Siège dans le travail de l'Assemblée générale et en particulier pour votre rôle important dans la promotion de la justice sociale, dans l'éducation et le soulagement de la pauvreté et de la faim à travers le monde ».

 

Merci M. le Secrétaire général.

par La rédaction publié dans : Politique communauté : Chrétiens et heureux de croire
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Lundi 14 avril 2008
   

    A
lors que l'on peut toujours s'interroger sur l'existence d'une politique familiale du gouvernement français, malgré les promesses, les attentes et les préoccupations de son électorat, la conférence des évêques de France a réagi, par la publication d'un communiqué de presse, au projet de seconds couteaux du gouvernement tendant à supprimer la carte famille nombreuse.

En voici le texte, qui reste d'ailleurs pertinent, même si le projet a apparemment été abandonné  :

"Au moment ou l'Etat envisage de supprimer la carte famille nombreuse, il importe de rappeler que la politique familiale de l'Etat doit soutenir la famille, structure essentielle de notre société.

La démographie est une des chances de la France. Le soutien des familles nombreuses n'est pas seulement une forme normale de solidarité nationale envers ceux qui prennent le risque d'avoir  des enfants et de les élever. C'est aussi un acte politique de préparation de l'avenir.

Dans cette perspective, la suppression du financement public de la carte famille nombreuses serait incompréhensible.

Nous souhaitons que l'Etat maintienne une politique sérieuse d'engagement à l'égard de la famille  et ne la destabilise pas davantage.

+ Mgr Jean-Charles Descubes
Archevêque de Rouen
Président du Conseil pour les questions
familiales et sociales
"


par La rédaction publié dans : Politique communauté : Chrétiens et heureux de croire
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Vendredi 4 avril 2008
Une petite incursion dans la campagne présidentielle américaine. On sait que les lobbies y ont une place considérable et contraignent les candidats, qui cherchent à plaire à tous sans déplaire aux autres, à un impressionnant exercice d'équilibrisme pendant plus d'un an.

A la différence de l'Europe, les chrétiens ont de vrais et puissants lobbies - pour le meilleur et parfois pour le pire, lorsqu'il s'agit de sectes ou de courants extrémistes - qui pèsent grandement sur les débats et permettent à un certains nombre de valeurs chrétiennes, sinon d'être adoptées ou respectées en tout temps, du moins de rester d'actualité, comme références dans le débats, et parfois de s'imposer.

Et l'actualité américaine est pleine de ces polémiques, qui partent bien souvent soit d'un discours ou de l'expression d'une position de fond du candidat, soit d'une simple petite phrase maladroite prononcée rapidement dans l'euphorie d'un meeting à 23h30 après 6 mois d'une campagne effrénée.

La dernière en date est imputable à M. Barrack Obama, qui, dans un meeting en Pennsylvanie, a déclaré :

"Quand on parle du SIDA, la meilleure prévention est l'éducation, qui devrait impliquer une éducation à l'abstinence et d'apprendre aux enfants que le sexe n'est pas quelque chose de banal. Mais cela devrait aussi impliquer une information sur la contraception. Parce que j'ai deux filles de 9 et 6 ans. Première des choses, je vais leur apprendre  la morale et des valeurs. Mais si elles font une erreur, je ne veux pas les punir avec un bébé".

C'est en raison de cette dernière phrase que le
Directeur de la Christian Defense Coalition demande à M. Obama des excuses.

Chaque mot compte là-bas. Et ici ? - Ici ? Ma foi, dans les médias, on préfère réserver l'exercice de sa vigilance républicaine et morale sur des choses moins polémiques comme le contenu objectivement débile de banderoles brandies par des hooligans pendant un match de foot...

par La rédaction publié dans : Politique communauté : Chrétiens et heureux de croire
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Vendredi 28 mars 2008
Voici un récit fort intéressant, recueilli sur Ie site [non moins intéressant] "eucharistie miséricordieuse" [Ici], qui concerne la conversion et le baptême de M. Magdi Cristiano Allam. Menacé de mort, celui-ci vit depuis cinq ans sous escorte policière. Son baptême a suscité de violentes critiques, contre lui et contre Benoît XVI. Voici les textes qui émaillent cet événement ô combien significatif : un commentaire de Sandro Magister [cf. Ici], les propos de l'intéressé lui-même, la réaction de M. Aref Ali Nayed, tête pensante de la "lettre des 138", et enfin la mise au point du Père Federico Lombardi, s.j., qui dirige actuellement Radio Vatican. Nous les reproduisons intégralement, malgré leur longueur, en raison de l'intérêt évident qu'ils représentent.

Le commentaire de Sandro Magister

Trois jours plus tôt, dans un message audio diffusé sur Internet, Oussama ben Laden avait accusé “le pape du Vatican“ d’avoir “un rôle important“ dans la “nouvelle croisade“ contre l’islam.

Mais rien n’intimide Benoît XVI. Le samedi 22 mars, veille de Pâques, le pape a baptisé dans la basilique Saint-Pierre un musulman converti, Magdi Allam, avec six autres hommes et femmes de quatre continents. Agé de 56 ans, Egyptien de naissance, cet écrivain et journaliste réputé est directeur adjoint du principal quotidien Italien, le “Corriere della Sera“ et l’auteur de livres importants dont le dernier s’intitule: “Viva Israele“.

Pour son baptême – suivi immédiatement de sa confirmation et de sa communion – Allam a choisi Cristiano comme deuxième prénom. Il a raconté et expliqué sa conversion dans une lettre publiée dans son journal le dimanche de Pâques.

Aussitôt, la nouvelle a fait le tour du monde. Dans les médias musulmans, les commentaires sur Allam et Benoît XVI étaient majoritairement polémiques. Dans les milieux ecclésiastiques, des critiques ont filtré concernant la publicité donnée à la conversion, qui est en fait restée secrète jusqu’au dernier moment.

Au Vatican, un commentaire est paru dans “L’Osservatore Romano“. Il s’agissait d’une note de son directeur Giovanni Battista Vian:

“Le geste de Benoît XVI est une affirmation modérée et claire de la liberté religieuse. Qui est aussi la liberté de changer de religion, comme l’a souligné en 1948 la Déclaration universelle des droits de l’homme (même si ce point précis de la déclaration a malheureusement été revu par la suite). Ainsi, quiconque demande le baptême sans y être contraint a le droit de le recevoir. De même qu’il n’y a eu aucune amplification, il n’y a aucune intention hostile à l’égard d’une grande religion telle que l’islam“.

Par hasard, le même numéro du journal du pape contenait un long article sur la liturgie de Pâques et sur la très ancienne tradition d’y célébrer les sacrements de l’initiation chrétienne. Il est intitulé “L'intimo legame tra il battesimo e il martirio [Le lien étroit entre le baptême et le martyre]“.

Un lien souligné par Benoît XVI le lundi de Pâques quand, au moment du "Regina Caeli" de midi, il a invité les fidèles à prier pour les évêques, les prêtres, les religieux et les laïcs tués en 2007 dans les pays où ils étaient en mission:

“Dans la lumière du Christ ressuscité, la journée annuelle de prière pour les missionnaires martyrs, qui tombe aujourd’hui, prend une valeur toute particulière“.

Dans le passé, lorsqu’il était musulman, Allam a fait l’objet de menaces de mort à cause de ses critiques contre “un islam qui est physiologiquement violent et historiquement conflictuel“. Depuis cinq ans, il vit protégé par un service d’escorte armé et il habite dans un lieu secret au nord de Rome, avec sa femme Valentina et son petit garçon Davide.

Comme journaliste, Allam a marqué les esprits avec deux articles publiés en 2003. Dans le premier, il a repris le sermon prononcé le vendredi 6 juin de cette même année dans la Grande Mosquée de Rome par l’imam égyptien Abdel-Samie Mahmoud Ibrahim Moussa. Dans le second article, il a traduit de l’arabe les sermons des imams de six autres mosquées d’Italie. Presque tous exaltaient le terrorisme par le suicide et incitaient à la haine envers l’Occident et Israël.

Suite au premier article, le gouvernement égyptien a rappelé l’imam qui avait prononcé le sermon.

Allam s’est aussi distingué par ses commentaires sur le discours de Benoît XVI à Ratisbonne, qui étaient en total accord avec les thèses du pape.

Ses critiques ne visent pas seulement l’islamisme. En diverses occasions, Allam a dénoncé “la reddition morale, l’obnubilation intellectuelle, la collusion idéologique et la collaboration dans les faits de l’Occident avec les extrémismes islamistes“.

A cause de ces positions, Allam a fait l’objet d’attaques en règle de la part de musulmans mais aussi d’intellectuels italiens et européens. Pendant l’été 2007, près de 200 professeurs de différentes universités, y compris la Cattolica de Milan, ont signé une lettre contre lui, en l’accusant d’intolérance.

Allam suscite aussi la méfiance de nombreux ecclésiastiques. Suite à son article contre le sermon de l’imam de Rome, l’archevêque Michael L. Fitzgerlad, qui était alors président du conseil pontifical pour le dialogue interreligieux, avait déploré qu’“en se comportant ainsi, on courre le risque de compromettre le dialogue“.

A plusieurs reprises, Allam a dénoncé une autre peur répandue dans l’Eglise: celle qui fait que dans les pays musulmans – où l’apostasie est parfois passible de la peine de mort – l’on renonce à baptiser, et que dans les pays chrétiens les musulmans qui se sont convertis se cachent.

Avec le baptême que lui a administré le pape en public dans la nuit de Pâques, Allam entend faire sortir de ces “catacombes“.

Mais ce ne sera pas facile. Côté musulman, parmi les réactions hostiles à son baptême, on trouve deux signataires importants de la lettre des 138 – la lettre symbole du dialogue entre l’Eglise de Rome et l’islam: l’imam italien Yahya Pallavicini et le théologien libyen Aref Ali Nayed, directeur du Royal Islamic Strategic Studies Center d’Amman, en Jordanie.

Les deux hommes ont fait partie de la délégation de cinq représentants musulmans qui, les 4 et 5 mars derniers, ont convenu avec le Vatican des prochaines étapes du dialogue. Une audience avec Benoît XVI est notamment au programme.

Cependant, dans leur critique du baptême d’Allam, tous deux éludent la question capitale de la liberté religieuse, alors qu’elle est au cœur du programme de dialogue entre l’Eglise et les signataires de la lettre des 138.

Yahya Pallavicini s’est dit “embarrassé par le manque de sensibilité“ dont ont fait preuve ceux qui ont voulu baptiser Allam à Saint-Pierre. “Un geste accompli au lendemain de l’anniversaire de la naissance du Prophète, le Noël musulman, qui risque de générer des messages négatifs et qui révèle l’intention politique du Vatican de faire prévaloir la suprématie de l’Eglise catholique sur les autres religions“.

Nayed, qui est l’âme véritable de la lettre des 138, en tant qu’auteur principal, a eu des mots plus durs encore.

Il critique Allam mais plus encore Benoît XVI, accusé d’avoir voulu réitérer, par le geste du baptême, “l’exécrable“ (“infamous“ dans la lettre originale en anglais) discours de Ratisbonne.

Nayed en arrive à qualifier de “totalitaire“ et “quasi manichéenne“ la symbolique ténèbres-lumière développée par le pape dans son homélie de la veillée pascale.

Si le Vatican ne prend pas ses distances – dit encore Nayed – le baptême administré par Benoît XVI signifie définitivement que le pape approuve et soutient les “discours de haine“ d’Allam contre l’islam.

Le commentaire de Nayed est reproduit ci-dessous dans son intégralité. Il est suivi d’une réponse du père Federico Lombardi, directeur du bureau de presse du Saint-Siège, interviewé par Radio Vatican le 27 mars.

Mais avant, voici la version intégrale de la lettre qu’Allam a adressée au directeur du “Corriere della Sera“ pour raconter sa conversion. Seule une partie de la lettre avait été publiée par le quotidien:


Le commentaire de M. Magdi Cristiano Allam

Cher directeur, ce que je vais te raconter concerne une décision de foi religieuse et de vie personnelle que j’ai prise. Elle ne vise en aucune façon à impliquer le “Corriere della Sera“, dont j’ai l’honneur de faire partie depuis 2003 comme directeur adjoint “ad personam“. Je t’écris donc à titre privé, en tant que personnage de cette histoire.

Hier soir, veille de Pâques, je me suis converti à la religion catholique, renonçant ainsi à mon ancienne foi musulmane.

Par la grâce divine, la lumière est finalement apparue au fruit sain et mûr d’une longue gestation vécue dans la souffrance et la joie, entre la réflexion profonde et intime et l’expression consciente et manifeste.

Je suis particulièrement reconnaissant envers Sa Sainteté le pape Benoît XVI, qui m’a administré les sacrements de l’initiation chrétienne – Baptême, Confirmation et Eucharistie – en la basilique Saint-Pierre, au cours de la célébration solennelle de la Veillée Pascale. J’ai pris le nom chrétien le plus simple et le plus explicite: “Cristiano“. Depuis hier soir, je m’appelle donc Magdi Cristiano Allam.

Pour moi, c’est le plus beau jour de ma vie. Pour un croyant, recevoir le don de la foi chrétienne de la main du Saint Père le jour de la fête de la Résurrection du Christ est un privilège sans égal et un bien inestimable.

A presque 56 ans, c’est, à ma modeste échelle, un fait historique, exceptionnel et inoubliable, qui marque un tournant radical et définitif par rapport au passé. Le miracle de la Résurrection du Christ s’est reflété sur mon âme, en la libérant des ténèbres d’une prédication où la haine et l’intolérance à l’égard du “différent“, condamné sans examen comme “ennemi“, l’emportent sur l’amour et le respect du “prochain“ qui reste toujours et en tout cas une “personne“. De la même manière, mon esprit s’est affranchi de l’obscurantisme d’une idéologie qui légitime le mensonge et la dissimulation, ainsi que la mort violente, ce qui conduit à l’homicide et au suicide, la soumission aveugle et la tyrannie. J’ai ainsi pu adhérer à la religion authentique de la Vérité, de la Vie et de la Liberté. A l’occasion de ma première fête de Pâques comme chrétien, j’ai découvert non seulement Jésus mais aussi, pour la première fois, le vrai et unique Dieu, qui est le Dieu de la Foi et de la Raison.

Ma conversion au catholicisme est l’aboutissement d’une méditation intérieure progressive et profonde. Jamais je n’aurais pu m’y soustraire, étant donné que, depuis cinq ans, je suis contraint de vivre enfermé, avec une surveillance continue de ma maison et une escorte de carabiniers pour chacun de mes déplacements. Cette situation est due aux menaces et aux condamnations à mort que m’adressent les extrémistes et les terroristes islamiques, d’Italie ou de l’étranger.

J’en suis venu à m’interroger sur le comportement de ceux qui ont publié des fatwas – des sentences juridiques islamiques – en me traitant, moi qui étais musulman, d’“ennemi de l’islam“, “hypocrite parce chrétien copte faisant semblant d’être musulman pour nuire à l’islam“, “menteur et diffamateur de l’islam“. Ils justifient de cette façon ma condamnation à mort.

Je me suis demandé comment il était possible que quelqu’un qui – comme moi – s’est inlassablement battu avec conviction pour un “islam modéré“, prenant la responsabilité de s’exposer directement en dénonçant l’extrémisme et le terrorisme islamique, ait fini par être condamné à mort au nom de l’islam et sur la base d’une justification coranique.

J’ai donc dû prendre acte du fait que, au delà de la situation caractérisée par la domination du phénomène des extrémistes et du terrorisme islamique au niveau mondial, la racine du mal se trouve dans un islam qui est physiologiquement violent et historiquement conflictuel.

Parallèlement, la Providence m’a fait rencontrer des catholiques pratiquants de bonne volonté qui, à cause de leur témoignage et de leur amitié, sont peu à peu devenus un point de référence sur le plan de la certitude de la vérité et de la solidité des valeurs. Tout d’abord mes nombreux amis de Communion et Libération, en tête desquels le père Juliàn Carròn; mais aussi de simples religieux comme le père Gabriel Mangiarotti, sœur Maria Gloria Riva, le père Carlo Maurizi et le père Yohannis Lahzi Gaid. Ma redécouverte des salésiens, grâce aux pères Angelo Tengattini et Maurizio Verlezza, a culminé dans une amitié renouvelée avec leur recteur majeur, le père Pascual Chavez Villanueva. J’ai enfin reçu le soutien de hauts prélats d’une grande humanité comme le cardinal Tarcisio Bertone, Mgr Luigi Negri, Mgr Giancarlo Vecerrica, Mgr Gino Romanazzi et surtout Mgr Rino Fisichella, qui m’a suivi personnellement dans mon parcours spirituel d’acceptation de la foi chrétienne.

Mais, sans aucun doute, la rencontre la plus extraordinaire et qui a le plus influé sur ma décision de me convertir, c’est celle du pape Benoît XVI. Lorsque j’étais musulman, je l’ai admiré et défendu pour sa capacité à faire, du lien indissociable entre foi et raison, le fondement de la religion authentique et de la civilisation de l’homme. Comme chrétien, j’y adhère pleinement pour m’inspirer d’une nouvelle lumière dans l’accomplissement de la mission que Dieu m’a réservée.

Mon itinéraire a commencé quand j’avais quatre ans. Ma mère, Safeya, était une musulmane croyante et pratiquante. Par le premier d’une série de “hasards” qui se sont révélés non pas fortuits mais intégrés dans le destin divin auquel chacun de nous est appelé, elle m’a confié aux soins pleins de tendresse de sœur Lavinia, de l’ordre des comboniennes. Elle était convaincue que je recevrais une bonne éducation chez ces religieuses catholiques italiennes, installées au Caire, ma ville natale, pour témoigner de leur foi chrétienne à travers une œuvre tendant à contribuer au bien commun.

C’est ainsi que j’ai commencé mon expérience de la vie scolaire, effectuée chez les salésiens de l’Institut Don Bosco pour le collège et le lycée. Tout compte fait, on m’y a transmis non seulement un savoir mais surtout la conscience des valeurs. C’est grâce aux religieux catholiques que j’ai acquis une conception profondément et essentiellement éthique de la vie. Selon cette conception, la personne créée à l’image et à la ressemblance de Dieu est appelée à remplir une mission qui s’insère dans un dessein universel et éternel visant à la résurrection intérieure de chaque individu sur cette terre et à celle de l’humanité entière le Jour du Jugement Dernier. Cette conception, fondée sur la foi en Dieu et sur la primauté des valeurs, est axée sur le sens de la responsabilité individuelle et du devoir envers la collectivité. A cause de cette éducation chrétienne et parce que j’ai partagé l’expérience de la vie avec des religieux catholiques, j’ai toujours eu une foi profonde en la transcendance et j’ai toujours recherché la certitude de la vérité dans les valeurs absolues et universelles.

A un moment donné, la présence aimante et le zèle religieux de ma mère m’ont rapproché de l’islam. Je l’ai pratiqué périodiquement sur le plan cultuel et j’y ai cru sur le plan spirituel. J’en faisais une interprétation qui à l’époque – les années Soixante – correspondait en gros à une foi respectueuse de l’homme et tolérante envers le prochain. Le contexte était celui du régime de Nasser, avec une prédominance du principe laïque consistant à séparer la sphère religieuse de la sphère séculière.

Mon père, Mahmoud, était tout à fait laïc. Sur ce point, il était semblable à une majorité d’Egyptiens qui prenaient l’Occident comme modèle en matière de liberté individuelle, d’usages sociaux et de modes culturelles et artistiques. Malheureusement le totalitarisme politique de Nasser et l’idéologie belliqueuse du panarabisme, qui visait à l’élimination physique d’Israël, ont conduit l’Egypte à la catastrophe et ouvert la voie à la redécouverte du panislamisme, à l’arrivée au pouvoir des extrémistes musulmans et à l’explosion du terrorisme musulman mondialisé.

Les nombreuses années passées à l’école m’ont aussi permis de bien connaître, de près, la réalité du catholicisme ainsi que celle des femmes et des hommes qui ont consacré leur vie à servir Dieu au sein de l’Eglise. Dès cette époque, je lisais la Bible et les Evangiles et j’étais particulièrement fasciné par la figure humaine et divine de Jésus. J’ai pu assister à la sainte messe et il m’est même arrivé, une seule fois, de m’approcher de l’autel et de recevoir la communion. Ce geste manifestait évidemment mon attirance vers le christianisme et mon désir de me sentir inclus dans la communauté religieuse catholique.

Par la suite, quand je suis arrivé en Italie au début des années Soixante-dix, dans les fumées des révoltes étudiantes et les difficultés d’intégration, j’ai vécu une période où un athéisme affiché me tenait lieu de foi, tout en restant fondé sur la primauté des valeurs absolues et universelles. Je n’ai jamais été indifférent à la présence de Dieu, même si c’est seulement maintenant que je sens que le Dieu de l’Amour, de la Foi et de la Raison se concilie pleinement avec le patrimoine de valeurs qui sont enracinées en moi.

Cher directeur, tu m’as demandé si je ne craignais pas pour ma vie, parce que je serais conscient que ma conversion au christianisme m’attirera certainement une énième – et beaucoup plus grave – condamnation à mort pour apostasie.

Tu as tout à fait raison. Je sais à quoi je m’expose mais j’affronterai mon destin la tête haute, sans courber l’échine et avec la solidité intérieure de celui qui est sûr de sa foi. Et je le serai encore plus après le geste historique et courageux du pape qui – dès qu’il a connu mon désir – a tout de suite accepté de me conférer personnellement les sacrements d’initiation au christianisme.

Sa Sainteté a lancé un message explicite et révolutionnaire à une Eglise qui a été jusqu’à présent trop prudente dans la conversion des musulmans, puisqu’elle s’est abstenue de faire du prosélytisme dans les pays à majorité musulmane et n’a rien dit de la réalité des musulmans convertis dans les pays chrétiens. Par peur. Peur de ne pas pouvoir protéger les convertis contre leur condamnation à mort pour apostasie. Peur des représailles exercées sur les chrétiens qui vivent dans les pays musulmans.

Aujourd’hui Benoît XVI nous dit, par son témoignage, qu’il faut vaincre la peur et ne pas craindre d’affirmer la vérité de Jésus y compris aux musulmans.

Pour ma part, je dis qu’il est temps de mettre fin aux abus et à la violence des musulmans qui ne respectent pas la liberté de choix en matière de religion.

En Italie il y a des milliers de convertis à l’islam qui vivent sereinement leur nouvelle foi. Mais il y a aussi des milliers de musulmans convertis au christianisme qui sont obligés de cacher leur nouvelle foi par peur d’être assassinés par les extrémistes musulmans cachés parmi nous. Par un de ces “hasards” qui laissent entrevoir la main discrète du Seigneur, mon premier article dans le "Corriere della Sera", le 3 septembre 2003, était intitulé: “Les nouvelles catacombes des musulmans convertis”. C’était une enquête sur des nouveaux chrétiens en Italie qui dévoilaient leur profonde solitude spirituelle et humaine, due à la défaillance des institutions de l’Etat, qui ne veillent pas à leur sécurité, et au silence de l’Eglise elle-même.

Et bien, je souhaite que le geste historique du pape et mon témoignage les persuadent que le moment est venu de sortir des ténèbres des catacombes et d’affirmer publiquement leur volonté d’être pleinement eux-mêmes.

Si nous sommes incapables, ici en Italie, berceau du catholicisme, de garantir à tous la pleine liberté religieuse, comment pourrions-nous l’être quand nous dénonçons la violation de cette liberté dans d’autres pays du monde? Je prie Dieu pour que ce jour de Pâques spécial voie la résurrection spirituelle de tous les fidèles au Christ qui ont été jusqu’à maintenant dominés par la peur. Joyeuses Pâques à tous.


Le commentaire de M. Aref Ali Nayed (musulman)

En tant que foi, l’islam est un don de Dieu. En tant que don, il est donné gracieusement par Dieu. La manière dont quelqu’un réagit à ce don est une affaire profondément intime entre cette personne et Dieu.

C’est son Créateur qui connaît et qui juge le mieux l’âme de Magdi Allam. C’est Dieu qui jugera la façon dont il a réagi au don de la foi. Allam est responsable devant son Créateur dans les limites de sa liberté et de sa capacité. Le fait qu’il ait reçu la communion catholique lorsqu’il était jeune et sous l’influence de ses premiers professeurs catholiques semble indiquer qu’il a été christianisé lorsqu’il était enfant. A cause de cette première éducation catholique, on dit qu’il n’a jamais soutenu ou pratiqué les piliers de l’islam.

Le cas d’Allam nous renvoie, une fois de plus, à la préoccupation légitime de nombreux experts musulmans à propos de l'abus de confiance qui se produit parfois quand des parents musulmans, pour des raisons économiques ou autres, envoient leurs enfants dans des écoles catholiques. Il faudra parler de ce qui arrive aux enfants, y compris aux musulmans, dans les écoles catholiques, à chaque fois que l’on parlera de la “dignité de l’homme“ dans les discussions à venir. L’école comme vecteur de prosélytisme est une des questions importantes à discuter.

En ce qui concerne la décision délibérée et provocatrice du Vatican de baptiser Allam en une occasion aussi spéciale et de manière aussi spectaculaire, il suffit de dire ceci:

1. Il est triste que l’acte intime et personnel que constitue une conversion religieuse se transforme en un moyen triomphaliste de marquer des points. Une telle instrumentalisation d’une personne et de sa conversion est contraire eux principes de base de l’affirmation de la dignité de l’homme. De plus, cette conversion tombe au plus mauvais moment, alors que des représentants musulmans et catholiques sincères travaillent avec ardeur pour combler les fossés qui séparent les deux communautés.

2. Il est triste que la personne choisie en particulier pour ce geste hautement public soit connue pour avoir produit – et continuant à produire – des discours de haine. Le message central du dernier article d’Allam est identique à celui de l’empereur byzantin que le pape a cité au cours de son exécrable discours de Ratisbonne. On n’est pas loin de la vérité si l’on y voit une autre façon de réaffirmer le message de Ratisbonne – le Vatican soutenant toujours qu’il a mal été interprété. Il est maintenant important que le Vatican prenne ses distances par rapport aux positions d’Allam. Ou peut-être les musulmans doivent-ils interpréter le baptême administré par le pape au vu et au su de tous comme un soutien du Saint-Siège aux positions d’Allam sur la nature de l’islam (ce n’est pas un hasard si elles concordent avec le discours de Ratisbonne)?

3. Il est triste qu’à l’occasion de la célébration si particulière de Pâques, Benoît XVI ait choisi comme message fondamental de son discours religieux une opposition quasi manichéenne entre les symboles des “ténèbres“ et de la “lumière“, où les ténèbres sont attribuées aux “autres“ et la lumière à “soi“. Il est également triste que l’idée de “paix“ exprimée dans ce discours se réduise à amener les “autres“ vers la bergerie à travers le baptême. De la part de Rome, un discours si totalitaire est tout sauf bénéfique.

Le spectacle tout entier, avec sa chorégraphie, son personnage et ses messages, provoque de sérieuses interrogations sur les motivations, les intentions et les plans de certaines personnes que le pape consulte à propos de l’islam. Néanmoins, nous ne laisserons pas cet épisode malheureux nous détourner de notre effort pour poursuivre “A Common Word“ pour le bien de l’humanité et de la paix dans le monde. Notre dialogue n’est pas basé sur une logique de réciprocité de type “œil pour œil“. C’est plutôt une théologie compatissante pour “corriger ce qui nous sépare“, par respect pour le Dieu Amour et pour l’Amour du prochain.


Le commentaire du Père Lombardi, s.j.

Tout d’abord, l’affirmation la plus significative est sûrement que le professeur Aref Ali Nayed confirme sa volonté de poursuivre le dialogue d’approfondissement et de connaissance réciproque entre musulmans et chrétiens. Il confirme aussi qu’il ne met pas du tout en question le cheminement commencé par l’échange de lettres et les contacts établis, au cours des dix-huit derniers mois, entre les sages musulmans signataires des fameuses lettres et le Vatican, notamment par l’intermédiaire du conseil pontifical pour le dialogue interreligieux. Ce cheminement doit se poursuivre, il est d’une très grande importance, il ne faut pas l’interrompre et il passe avant des épisodes qui peuvent provoquer des malentendus.

Deuxièmement, administrer le baptême à quelqu’un suppose que l’on s’assure qu’il a accueilli librement et sincèrement la foi chrétienne, dans ses articles fondamentaux, exprimés dans la "profession de foi". Celle-ci est proclamée publiquement au moment du baptême. Bien entendu, tout croyant est libre de garder ses propres idées sur une très large gamme de questions et problèmes qui suscitent chez les chrétiens un pluralisme légitime. Accueillir dans l’Eglise un nouveau croyant ne signifie pas, évidemment, que l’on adopte toutes ses idées et positions, notamment en matière politique ou sociale.

Le baptême de Magdi Cristiano Allam est une bonne occasion de réaffirmer expressément ce principe fondamental. Il a le droit d’exprimer ses idées, qui restent des idées personnelles et qui, bien entendu, ne deviennent en aucune manière l’expression officielle des positions du pape ou du Saint-Siège.

En ce qui concerne le débat sur le discours du pape à Ratisbonne, les explications sur son interprétation correcte selon les intentions du pape ont été données depuis longtemps. Il n’y a pas de raison de les remettre en question. Toutefois, certains sujets qui avaient été abordés alors, comme le rapport entre foi et raison, entre religion et violence, continuent bien sûr à faire l’objet de réflexions, de débats et de prises de position diverses, puisqu’ils renvoient à des problèmes qui ne peuvent être résolus une fois pour toutes.

Troisièmement, la liturgie de la Veillée Pascale a été célébrée comme chaque année, et la symbolique de la lumière et des ténèbres en fait partie depuis toujours. C’est certainement une liturgie solennelle et la célébration par le pape à Saint-Pierre est une circonstance très particulière. Mais qualifier de "manichéisme" l’explication des symboles que donne le pape – il le fait chaque année et il y est passé maître – c’est peut-être plus une preuve d’incompréhension de la liturgie catholique qu’une critique pertinente du discours de Benoît XVI.

Enfin, qu’il nous soit permis, à notre tour, de manifester notre amertume à cause de ce que le professeur Nayed dit à propos de l’éducation dans les écoles chrétiennes des pays à majorité musulmane, en s’inquiétant du risque de prosélytisme. Nous croyons que la très grande tradition d’engagement éducatif de l’Eglise catholique mérite un jugement bien différent. C’est vrai même dans les pays à majorité non-chrétienne (l’Egypte, mais aussi l’Inde, le Japon, etc.) où, depuis très longtemps, les jeunes qui fréquentent les écoles et universités catholiques sont presque tous des non-chrétiens et le restent tranquillement, tout en ayant une vraie estime pour l’éducation reçue. Nous ne pensons pas que l’accusation de manquer de respect envers la dignité et la liberté de la personne humaine soit méritée aujourd’hui par l’Eglise. L’attention doit être portée en priorité sur de tout autres violations de celles-ci. Et si le pape a pris le risque de ce baptême, c’est peut-être aussi dans ce but: affirmer la liberté de choix en matière de religion, conséquence de la dignité de la personne humaine.

En tout cas, le professeur Aref Ali Nayed est un interlocuteur pour qui nous gardons une très grande estime et avec qui cela vaut toujours la peine de discuter loyalement. C’est ce qui nous permet d’avoir confiance en la poursuite du dialogue.
par La rédaction publié dans : Politique communauté : Chrétiens et heureux de croire
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Jeudi 27 mars 2008

Comme nous l'annoncions hier, M. Léonetti et plus d'une centaine d'autres députés ont proposé hier de réformer les dispositions de la loi de 2004 sur la journée dite "de solidarité". Leur proposition, que nous avons présentée, a été adoptée par l'Assemblée nationale en première lecture. Il y a lieu de s'en féliciter.

 

Nous en profitons ici, sollicités par l'un de nos lecteurs, pour souligner que cette proposition n'a pas été présentée simplement parce que les fonctionnaires de l'Education nationale, identifiés contre toute justice à une caste de paresseux, n'ont pas appliqué la loi précédente. En réalité, ce n'est pas une catégorie professionnelle qui a posé problème, mais le système légal lui-même.


Comme les députés l'ont constaté à cette occasion, le choix systématique du lundi de la Pentecôte s'est également heurté à la résistance des familles, dont beaucoup ne mettaient pas leurs enfants en classe ce jour-là, ainsi qu'à celle des salariés eux-mêmes puisque que 56% seulement d'entre eux y ont travaillé. C'est dire que l'absentéisme était égal dans le secteur privé et dans le secteur public. Les députés ont également constaté qu'imposer ce jour avait provoqué de nombreux effets pervers, en particulier une baisse d'activité de 20 à 40 % dans l'hôtellerie-restauration, ce qui est tout à fait considérable, ainsi que la remise en cause de milliers de manifestations traditionnelles en France.

 

Certains jugent ce dernier aspect tout à fait négligeable. Ils ont manifestement tort. La vie associative constitue un maillage très important et très utile de la société française. Selon les constatations de l'INSEE, la France comptait, en 2002, plus de 21 millions de personnes membres d'une association. En 2007, cela représentait un budget cumulé de 59 milliards d'euros - excusez du peu - et un volume d'emploi à plein temps de plus d'un million de personnes, pour plus d'un million d'associations exerçant dans des domaines aussi divers que l'action humanitaire, l'action sociale, la défense des droits, l'éducation, les sports, la culture, les loisirs, l'économie ou le développement local. Outre leur aspect économique indéniable, ces associations tissent des réseaux humains de solidarité, de convivialité et de cohésion sociale irremplaçables. Il est dès lors pour le moins paradoxal de considérer qu'il soit pensable, voire indispensable d'en bouleverser l'activité au nom de... la solidarité !

 

Le lien entre ces associations et le week-end de la Pentecôte n'a pas été inventé pour agacer ceux qui sont soudain devenus, allez savoir pourquoi, des inconditionnels du travail le lundi de la Pentecôte, après n'avoir longtemps jamais pensé que l'on pût travailler ce jour-là. Il est fort ancien. La fête, par exemple, de la Batellerie du Tarn, à Moissac, date de cinq siècles. Beaucoup de ces associations trouvent avantage à profiter, pour leurs activités, d'une période de trois jours cumulés, renouvelée chaque année, qui n'a pas d'équivalent, à notre connaissance, en dehors du lundi de Pâques. Par son cumul même, cette période est aussi une période familiale. Sous ce rapport encore il est paradoxal de la bousculer au nom de la solidarité.

 

Enfin, les tenants du maintien du lundi de Pentecôté travaillé, s'il sont catholiques, prennent argument de ce que ce jour n'est pas une fête religieuse. Ils omettent cependant ce "détail" : c'est que depuis fort longtemps ce lundi de Pentecôte est néanmoins l'occasion choisie de nombreuses fêtes religieuses, en particulier de "Fraternités" ou de pèlerinages qui regroupent des dizaines de milliers de catholiques de tous âges, partout en France, pour des cérémonies qui sont directement liées à la fête de la Pentecôte elle-même, et, de ce fait, non transposables à une autre date. Le choix du lundi de Pentecôte - dont il faut rappeler, pour la petite histoire, qu'il avait été fait sans que les évêques aient été seulement consultés - a ainsi profondément perturbé la vie de l'Eglise, comme l'avait souligné en son temps Mgr Lalanne, ce qui est tout de même difficile à justifier.

 

Ainsi, comme on peut le constater, les résistances au lundi de la Pentecôte travaillé sont loin de se résumer à des raideurs de fonctionnaires paresseux. Beaucoup de catholiques s'y sont opposés courageusement parce qu'ils ont vu, à raison, que la loi de 2004 introduisait une nouvelle brèche dans l'expression collective de leur foi.


Il est heureux que le bon sens l'ait enfin emporté à l'Assemblée nationale. Reste au Sénat à confirmer cette évolution.

 

par La rédaction publié dans : Politique communauté : Chrétiens et heureux de croire
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Mercredi 26 mars 2008

Ce mercredi, les députés vont être appelés à se prononcer à nouveau sur cette question, plus exactement sur une proposition de loi présentée par 113 députés à la suite de M. LEONETTI, en vue d’assouplir le régime de la “journée de solidarité” instauré par la loi du 30 juin 2004, dont on se souvient qu’elle avait été votée après la canicule de 2003, qui avait fait 15.000 morts. Afin de mieux saisir la portée de la réforme proposée, il convient de rappeler le régime actuellement en vigueur, ce qui nous conduit à rappeler ce que nous en avions déjà écrit en janvier dernier.

 

Le régime actuel

 

La loi n° 2004-626 du 30 juin 2004, « relative à la solidarité pour l’autonomie des personnes âgées et des personnes handicapées », on le sait, a notamment imposé aux salariés une journée supplémentaire de travail, appelée « journée de solidarité » (art. L. 212-16 du code du travail), sans supplément de rémunération, une contribution de 0,3 % étant mise à la charge des employeurs.


Contrairement à bien des idées reçues, en particulier chez ceux qui se sentent obligés de retenir cette date, au mépris de l’emploi qui en est fait de très longue date, notamment par la vie associative, cette loi n’a pas imposé de fixer absolument cette journée de travail au lundi de la Pentecôte - lequel, de ce chef, n’a pas été “supprimé”.


Le principe général, explicitement posé par la loi, est que cette « journée de solidarité » doit être déterminée par « une convention, un accord de branche ou une convention ou un accord d’entreprise » (art. L. 212-16 al. 2). Elle doit donc résulter - elle devrait - procéder d'un accord, d'une négociation. Sur ce fondement, cette journée peut donc être fixée à n’importe quelle date possible de l’année. Ce n’est que dans l’hypothèse où un tel accord n’existerait pas – et donc à titre subsidiaire – que « la journée de solidarité est le lundi de la pentecôte » (al. 4).


De ce point de vue, le lundi de la Pentecôte n’a jamais cessé d’être un jour férié. Il figure d’ailleurs toujours, avant comme après la loi du 30 juin 2004, dans la liste légale de l'article L.222-1 du code du travail, lequel dispose : « Les fêtes légales ci-après désignées sont des jours fériés : le 1er janvier, le lundi de Pâques, le 1er mai, le 8 mai, l'Ascension, le lundi de Pentecôte, le 14 juillet, l'Assomption, la Toussaint, le 11 novembre, le jour de Noël » (1).


Ce n’est donc que dans l’hypothèse où aucun accord de branche ou d’entreprise ou aucune convention n’existent que ce jour férié – qui ne cesse pas de l’être sur le principe – devient un jour non chômé pour les seules personnes alors concernées. Tel est le régime actuel.

 

La proposition Léonetti

 

La proposition aujourd’hui en discussion ne remet pas en cause le principe même de la journée de solidarité, mais sa mise en œuvre. Les auteurs de cette proposition se sont rendu compte que la loi se heurtait dans son application à des difficultés non négligeables. En particulier, 70 % des entreprises n’ayant pas mis en œuvre d’accord sur la question, la journée de solidarité, par le mécanisme légal, tombait pour elles le lundi de Pentecôte. Or un salarié sur deux ne se rendait pas à son travail ce jour-là, tandis que, de leur côté, la plupart des services publics étaient fermés et que l’on observait un absentéisme de l’ordre de 50 % dans le secteur de l’éducation nationale. Il fallait aussi compter avec le fait qu’aucun solution d’accueil n’a été trouvé pour les quelque 4,5 millions d’enfants dont les parents devaient travailler le lundi de la Pentecôte et avec les incidences économiques négatives de cette réforme sur le tourisme.


La proposition Léonetti n’a pas pour objet, comme on le lit parfois, de faire de nouveau du lundi de la Pentecôte un jour férié, puisqu’il n’a jamais cessé de l’être, comme il vient d’être montré. Elle n’a pas pour objet, non plus, d’empêcher que ce jour soit choisi comme journée de solidarité. Elle a pour objet de supprimer toute référence à ce jour dans le texte de loi, afin d’éviter qu’il ne soit choisi, par nécessité, lorsque les conventions ou accords collectifs n’ont pas déterminé un autre jour. Autrement dit la proposition débattue tend à faire perdre au lundi de Pentecôte son rôle de substitut légal nécessaire, ce qui est déjà beaucoup. Il vise à donner une entière liberté aux partenaires sociaux, au sein de l’entreprise ou à défaut au sein de la branche, pour fixer les modalités d’accomplissement de la journée de solidarité les plus adaptées aux besoins de l’entreprise, quitte à ce que cette “journée de solidarité” soit éventuellement fractionnée.


Pour les départements de la Moselle, du Haut-Rhin et du Bas-Rhin, trois députés ont proposé que l’accord ou, à défaut, la décision de l’employeur, ne puisse déterminer ni le premier et le second jour de Noël ni, indépendamment de la présence d’un temple protestant ou d’une église mixte dans les communes, le Vendredi-Saint comme la date de la journée de solidarité.


Il est permis d'espérer, si cette proposition est adoptée, que les employeurs se montreront un peu plus clairvoyants dans la détermination de cette "journée de solidarité".


_______________

(1) Rappelons, pour mémoire, que dans les départements du Bas-Rhin, du Haut-Rhin et de la Moselle, s’ajoutent à cette liste deux jours fériés supplémentaires, à savoir le 26 décembre et le Vendredi saint.

par La rédaction publié dans : Politique communauté : Chrétiens et heureux de croire
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Lundi 24 mars 2008

Il est habituel d’entendre ce genre de remarque dans les milieux catholiques : tout se délite, mais que faire ? Vient un conférencier, qui expose des principes de discernement, sur la politique et la morale. On l’écoute patiemment, mais on l’attend finalement sur ceci : va-t-il, oui ou non nous dire quoi faire, quoi entreprendre pour que cela change enfin ? Sinon, chacun repart un peu déçu, comme si les analyses présentées n’avaient servi de rien et comme s’il n’appartenait pas à chacun, au bout du compte, de réfléchir à ce qu’il doit faire et de se déterminer à l’action.


C’est que chacun voudrait croire à la magie. La société n’est pas en bonne santé, certes, l’avenir de nos enfants en est hypothéqué lourdement. Nous voudrions conjurer cela d’un trait, par une formule efficace qui nous serait donnée par autrui. Or la formule, cette formule-là, n’existe pas. Il n’y a que des actions. Des actions ponctuelles, parfois modestes, mais des actions continuées, persévérantes, longanimes qui peuvent engendrer des changements dans le sens que l’on souhaite. Des actions portées, d’abord, sur des prières que nous omettons de prononcer. Tout cela, prières et actions ne nous paraissent pas, paradoxalement, assez réelles. Nous voudrions du spectaculaire, du définitif, de l’évidence dans l’action entreprise et le résultat immédiatement entrevu.


Les choses humaines, cependant, ne fonctionnent pas ainsi. Il faut compter avec leurs lourdeurs, avec la liberté des autres, avec le péché et ses résistances. Le réel est dense, comme une pâte sur laquelle il faut venir et revenir, et tourner, et travailler avec courage, sans se lasser jamais.


Veut-on agir aujourd’hui pour de bon, pour de vrai ?


• D’abord, pour agir, il faut savoir où l’on va. Si l’on est sincère dans ce désir de changement, alors il faut commencer par se former. Les instruments ne manquent pas, qui sont à portée de chacun : le Catéchisme de l’Eglise catholique et le Compendium de doctrine sociale en sont d’excellents. Chaque catholique devrait les avoir à portée de main. Quand une difficulté se présente, ayons d’abord, avant d’émettre des hypothèses ou des opinions, le réflexe de nous y reporter. Puisque c’est essentiellement comme catholiques que nous voulons agir, notre propre réflexion n’en sera que plus nourrie.


• Ensuite, il ne faut pas agir seuls. Les enjeux sont trop lourds. Il existe des associations catholiques ou des groupes qui fédèrent les efforts que nous souhaitons voir mis en œuvre. Alors épaulons-les. Nous faisons souvent ici écho aux Associations familiales catholiques (A.F.C.). Elles ont une audience nationale, et une influence sur les pouvoirs publics. Adhérons-y. Pourquoi devrait-on rougir de susciter ou d’encourager de la sorte un lobbying catholique ? Cela fait partie de la vie de la cité. L’équation sociale est très simple : là où nous ne sommes pas, LA OÙ VOUS N'ÊTES PAS, ce sont d’autres qui occupent le terrain. Pourquoi ne pas le dire aussi : aidez-nous si vous le pouvez, faites-nous connaître, proposez-nous d’éventuelles contributions écrites, apportez-nous des informations utiles, comme d’aucuns le font déjà.


• Ensuite, il faut saisir les opportunités de l’actualité. Les “opportunités” ; pas les échecs constatés, pour en gémir. C’est trop tard. Quand un débat est lancé, montons au créneau. Soutenons nos évêques ou nos prêtres lorsqu’ils se font entendre ; encourageons-les ou interrogeons-les s’ils ne le font pas. Ces débats, aujourd’hui, peuvent être décisifs pour notre société. Agissons auprès de nos élus, de nos députés en particulier, quand il est encore temps de le faire, c'est-à-dire longtemps à l'avance, sachant qu’aux dires de ceux qui en ont l’expérience, ces derniers sont généralement beaucoup plus attentifs à ce genre de sollicitations qu’on ne le prétend. C’est l’occasion aujourd’hui ou jamais, à propos des débats relancés sur l’euthanasie. Les positions de l’Eglise universelle sont très claires et très argumentées sur ce chapitre, et nous tracent une ligne de conduite non moins claire. Alors écrivons à nos députés, qui auront probablement à se prononcer à nouveau au Parlement sur cette question, pour leur manifester courtoisement mais fermement que nous conditionnerons nos votes futurs à leur engagement parlementaire à venir. En un mot, jouons pleinement notre rôle de citoyens chrétiens.


• Enfin, il faut prier pour soutenir tout cela, et la réflexion, et l’action. Ce n’est pas pour apporter un point d’orgue pieux à ce propos que nous le soulignons. On ne se convainc pas assez de ce que la prière est efficace. Elle est en nos mains pour contribuer à l’efficacité de ce que le Sauveur nous a demandé d’être : sel de la terre.


« Ne disons donc pas : “Que nous ayons prié ou non, ce qui devait arriver arrivera” : ce serait aussi absurde que de dire : “Que nous ayons semé ou non, l’été venu, si nous devons avoir du blé, nous en aurons”. La Pro­vidence porte non seulement sur les résultats, sur les fins, mais aussi sur les moyens à employer, et elle sauvegarde la liberté humaine par une grâce aussi douce qu’elle est forte, “fortiter et suaviter”. “En vérité, en vérité, je vous le dis, ce que vous demanderez à mon Père en mon nom, Il vous le donnera”. La prière n’est donc pas une force débile qui aurait son premier principe en nous. La source de son effica­cité  est en Dieu et dans les mérites infinis de Jésus-Christ. C’est d’un décret éternel de Dieu qu’elle des­cend, c’est de l’amour rédempteur qu’elle provient, c’est à la miséricorde divine qu’elle remonte. (…) Bien loin de s’opposer au gouvernement divin, la prière coopère ainsi à ce gouvernement. Nous sommes deux à vouloir, au lieu d’un ; cette âme pécheresse pour laquelle nous avons longtemps prié, c’est Dieu qui l’a convertie, mais nous étions l’associé de Dieu, et de toute éternité il avait décidé de ne produire en elle cet effet salutaire qu’avec notre concours » (R. Garrigou-Lagrange, O. P., “l’efficacité de la prière”, in Revue des Jeunes, 10 juillet 1923).


Sortons donc de nos torpeurs, de nos lassitudes, de nos habitudes. Pensons à prier en famille chaque jour pour nos gouvernants, remettons en Dieu notre réflexion, nos décisions, nos initiatives nécessaires, avec cette certitude, ferme, fière et responsable que nous pouvons tout en Celui qui nous fortifie. Le Christ ressuscité,  qui a vaincu la mort, ne nous a-t-il pas rappelé qu’un père ne donne pas une pierre à qui lui demande un pain ?

par La rédaction publié dans : Politique communauté : Chrétiens et heureux de croire
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Jeudi 20 mars 2008
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    Le monde semble découvrir la véritable nature du régime chinois - communiste et donc fort peu épris (euphémisme) de démocratie et de droits de l'homme - à l'occasion du traitement réservé par les autorités de Pékin aux contestataires tibétains. Rappelons tout de même que le Tibet a été purement et simplement annexé par l'impérialisme (!) chinois, est depuis tenu d'une main de fer d'un régime qui cherche à faire disparaitre la culture tibétaine et à diluer les tibétains dans leur mère-patrie autoproclamée.

    A cette occasion, Mme Rama Yade, Secrétaire d'Etat aux droits de l'homme, vient de nous gratifier d'une déclaration, qui pourrait prêter à sourire si elle ne constituait une abyssale aberration à la limite de la cuistrerie pour être faite avec tout le sérieux requis. On apprend ainsi (ICI) que Mme Yade n'exclut pas de boycotter la cérémonie inaugurale des Jeux de Pékin s'il y a un « bain de sang », ajoutant que
« S'il y a bain de sang au Tibet, je ne vois pas ce que je vais faire dans un gradin à observer une manifestation sportive ».

    Trois observations, d'inégale portée, s'imposent :

1°- Qu'est-ce que Mme Yade a à faire - aux frais du contribuable français las d'abonder sans cesse un budget en leger défic