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Témoignages [Mgr Masson]

Jeudi 11 février 2010 4 11 /02 /Fév /2010 20:05

Par Mgr Jacques MASSON

J’ai déjà présenté dans « Hermas » l’état de la débâcle liturgique dans l’Eglise, en France et en Belgique notamment, d’après des témoignages directs.


Certains lecteurs ont pu penser que j’exagérais. Et pourtant je puis garantir la vérité de tout ce que j’ai écrit à ce sujet, car j’en avais été le témoin direct, ou en avais reçu le témoignage direct incontestable.


C’est une débâcle qui paraît sans fin. Jusqu’où irons-nous, jusqu’où « iront-ils » ? « Domine, usquequo » ?


J’ai appris dans la quinzaine écoulée qu’un « mariage religieux » avec Messe avait été célébré entre deux divorcés, dans une petite paroisse du Diocèse de Nancy. Témoignage indirect, de seconde main. Etant donné la pratique actuelle qui se multiplie, de faire des « cérémonies de bénédiction à l’église » pour des divorcés remariés, la prudence s’imposait. Etant bien entendu toutefois qu’une cérémonie de « remplacement », faite à l’église, avec simple bénédiction (et non pas bénédiction nuptiale – mais quelle est la différence pour la plupart des fidèles souvent non pratiquants ou peu pratiquants ?), avec tout le cérémonial, chants, lectures, décoration florale, orgue… et robe blanche bien sûr, est déjà une faute grave de la part du prêtre qui s’y prête, car il trompe les gens : pour les gens, le prêtre les a mariés à l’église. Et si le prêtre ne fait pas la différence entre simple bénédiction, comme on bénit des fruits par exemple, ou une table, et la bénédiction nuptiale, nous sommes devant un cas très grave. Qui est d’une extrême gravité également, si le prêtre sait qu’il ne donne qu’une simple bénédiction : car c’est une parodie de Sacrement, et une tromperie grave et coupable pour les fidèles. On ne peut laisser planer de doute en matière de Sacrement, et il est coupable de se livrer à des cérémonies de ce genre, formellement interdites par l’Eglise.


Mais revenons à ce « mariage religieux « récent ». Les voisins de ma famille, de vrais amis, sont venus me saluer. J’en ai profité pour dire « innocemment » : - « Alors vous avez eu un beau mariage dans votre famille ». - « Oh oui, me répond la voisine, mère de deux enfants charmants, une belle famille, mais non pratiquante, comme la plupart les gens du village. C’était le 20 juin dernier. Le marié était le cousine de mon mari. Il avait été marié, et était divorcé. Puis il avait rencontré une femme mariée elle aussi, et mère d’une enfant, divorcée elle aussi. Ils vivaient ensemble depuis plusieurs années, et avaient eu deux enfants.

 

Puis ils ont décidé de se marier à l’église, avec Messe, ce que le Curé a été tout « heureux ». de faire. « Se marier à l’église avec Messe », pour la plupart des gens, peut prêter à confusion, étant donné la multiplication des « assemblées dominicales en l’absence de prêtres » (ADAP, que les gens considèrent tout simplement comme une Messe. Il n’est pas rare qu’ils déclarent : « oh, Madame Untel, dit mieux la Messe que Monsieur le Curé (sic !)  » (exemple cité aussi par S. Exc .Mgr Piero Marini dans Cérémoniaires des Papes, Bayard, 2007).

 

Discrètement, pour ne pas troubler, je me suis informé sur le genre de cérémonie : lecture, bénédiction… ? « Non, tout comme à notre mariage : cela a duré plus d’une heure : il y a eu tout comme pour notre mariage. Et même le prêtre a récité la prière pendant laquelle il élève l’hostie et la calice ; il y a eu la bénédiction des anneaux ; les mariés ont répondu aux mêmes questions que nous, et je me souviens même que le prêtre a dit : ‘je vous déclare unis par les liens du mariage’. Et puis, cela a été émouvant, car, au moment ‘de la paix’, les mariés se sont embrassés longuement. Puis ils ont communié, et nous avec ».

 

Je ne sais pas si, dans l’assistance, il y avait une seule personne pratiquante. J’en serais fort étonné, connaissant bien l’endroit. Des gens braves, serviables, généreux, bons vivants, bons amis, qui tiennent à leur église (où la Messe n’est jamais célébrée), et qui l’entretiennent, mais qui ne pratiquent pas, et ne se confessent pas, cela ne fait pas de doute.

 

Conclusion : les gens disent maintenant : l’Eglise remarie maintenant les divorcés.


Mgr Jacques Masson


AAA.jpg On se reportera avec intérêt, sur la question de l'accès des divorcés "remariés" à la sainte communion, au document publié sur cette question par la Congrégation pour la doctrine de la foi, le 14 septembre 1994

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Publié dans : Témoignages [Mgr Masson] - Communauté : Chrétiens et heureux de croire
Mercredi 27 janvier 2010 3 27 /01 /Jan /2010 08:11

Par Mgr Jacques MASSON

Il y aurait beaucoup d’autres choses à dire encore, hélas, sur la débandade actuelle en liturgie, en général dans l’administration des Sacrements :


La distribution de la Sainte Communion

-.La distribution de la Sainte Communion systématiquement dans la main aux enfants qui font leur Première communion, la Profession ;

-.La distribution systématique de la Sainte Communion par les laïcs, à la demande du prêtre, même si l’assistance est peu nombreuse ;

-.La distribution de la Sainte Communion par les laïcs, lors de concélébrations, ou même quand le prêtre est seul et qu’il va s’asseoir pendant ce temps (ce qui est formellement interdit. Mais voilà, il faut donner leur place aux laïcs, dans la célébration eucharistique au nom de leur sacerdoce commun. Et puis, il faut préparer l’avenir, quand il n’y aura plus de prêtres !).


Le Sacrement de la Réconciliation, la Confession

Il devient de plus en plus difficile aux laïcs (je ne parle pas de Rome, ni de la paroisse dans laquelle j’exerce régulièrement mon ministère), mais de ce que j’apprends par mes parents et mes amis, en France, en Belgique, en Suisse, en Allemagne.

-.Il devient de plus en plus difficile de trouver un prêtre pour se confesser ;

-.Il faut parfois, souvent devrait-on dire, téléphoner à plusieurs paroisses pour connaître les horaires des confessions : une demi-heure, par exemple, le Samedi Saint, durant la Semaine Sainte (sic)

-.Si on la le bonheur de trouver un prêtre, il sera souvent en civil, portera tout de même l’étole ce qui est interdit

-.Mais vous risquez de vous entendre dire : « mais ce ne sont pas des péchés, c’est de la poussière, ce sont des broutilles, et vous me dérangez pour cela ! » (sic)

-.Il n’est pas rare non plus que, l’horaire des confessions étant terminé (une heure tout au plus), le prêtre dise aux quelques fidèles qui attendent encore « leur tour » : « L’horaire est passé, je dois vous quitter. Revenez une autre fois » (sic)

-.Pour abréger aussi, le prêtre supprime la récitation de l’Acte de Contrition.

-.EN REVANCHE, si vous voulez vous confesser, PROFITEZ DES OCCASIONS QUE VOUS OFFRENT VOS PRETRES : LES LITURGIES PENITENTIELLES AVEC ABSOLUTION GENERALE (formellement interdites, et invalides) : vous n’aurez pas même à dire vos péchés ! Nous ne vous sentirez pas « gênés ». Vous vous confesserez « en ligne », « sur la toile », sur « Internet Nouvelle Liturgie » : en direct, pas d’interlocuteurs, fil direct avec le Ciel. Que demander de plus ?

-.Dans de nombreux Pays d’Europe, cette pratique est habituelle et remplace « officiellement » la Confession privée, sans que les PASTEURS N’INTERVIENNENT FACE A UNE PRATIQUE QUI REND INVALIDE L’ADMINISTRATION D’UN SACREMENT.

CE QUI EST EXTREMEMENT GRAVE POUR LES PRETRES, MAIS AUSSI POUR LES PASTEURS !


Le « mariage » à l’église des divorcés remariés ?

Non je ne plaisante pas ! La question m’a été posée par des amis, de nombreuses fois, ces trois dernières années lors de mes vacances en France et en Belgique : dans leur paroisse (étant donné le nombre des amis qui m’en ont parlé, cela fait déjà un certain nombre de paroisses !), le Curé a célébré à l’église le « mariage » de divorcés remariés. Les « futurs époux » se sont présentés en grande  pompe à l’église, la « mariée » revêtue bien sûr d’une grande robe blanche (symbole de la virginité, comme chacun le sait, et une profusion de fleurs d’orangers aux boutonnières pour les invités). Ils ont été accueillis par le Curé, en aube et étole, au son de l’orgue ou de l’harmonium. Il y a eu deux lectures, dont l’Evangile, un sermon. Puis le prêtre a récité une prière (laquelle ?) et a béni les anneaux, et les époux.


Pour les gens, l’Eglise permet donc maintenant le mariage des divorcés remariés ! Cette pratique n’est pas isolée elle devient habituelle, vraiment. Certes, nous savons bien que le prêtre n’a pas donné la Bénédiction Nuptiale (du moins j’espère que le prêtre le sait, car cela serait vraiment une faute très grave). Il a dû, je pense, donner une simple bénédiction. Ce qui n’est pas sans une grande culpabilité de sa part, car les gens se connaissent pas la différence entre Bénédiction nuptiale et simple Bénédiction. Quoi qu’il en soit, c’est très grave de la part du prêtre de se permettre de faire de telles cérémonies. Ou bien il est conscient que cela n’a pas de valeur, et alors il trompe les gens, qui sont de bonne foi. Ou bien il a « pitié » de ces pauvres personnes qui vivent dans l’adultère. Mais, s’il sait que sa bénédictin n’a aucune valeur, alors, il les trompe, et il trompe tous les fidèle. Il se livre à une parodie de Sacrement, ce qui ne peut se justifier en aucune manière. Ou bien, il croit à ce qu’il fait, qu’il donne bien la « Bénédiction Nuptiale ». Il est alors hérétique sur ce point, et gravement coupable.


Ces faits ne peuvent pas, ne doivent pas échapper aux Pasteurs. Mais je n’ai jamais entendu parler d’interventions de leur part, de mesures prises à l’égard de ces prêtres qui se livrent à des parodies de Sacrement, quelles que soient les raisons qui les y poussent. Et ils ne prennent aucune mesure pour empêcher que ces faits scandaleux et honteux se reproduisent. La multiplication de ces « mariages » montre à l’évidence leur silence sur cet autre point. Je ne me permets pas de juger, Dieu m’en garde ! Mais tout de même ! Nous devons élever la voix pour que ces pratiques non catholiques cessent au plus tôt, car il y va du salut des gens, de leur foi : les gens sont troublés, ils ne comprennent plus ce qui se passe ! On les trompe ! Et c’est très grave !


Si des prêtres veulent « disposer » des Sacrements à leur manière, et non pas en faisant ce que demande et veut l’Eglise, mais selon leur propre « foi », QU’ILS S’EN AILLENT, et qu’ils cessent de propager une fausse doctrine qui n’est pas celle de l’Eglise, qui n’est pas celle de l’Eglise du Christ, qui n’est pas ce que le Christ a révélé.


SATIS ! C’en est assez ! (parole latine qui veut dire « assez »). Je préfère m’arrêter à ce point ! L’écoeurement, la tristesse, la peine que l’on ressent devant tout cela, sont vraiment trop grands. Ce n’est pas la première crise que connaisse l’Eglise. Certes ! Mais, tout de même, aussi généralisée ! On sent derrière elle la « griffe de Lucifer », son acharnement ! Mais pour autant, les fidèles et les prêtres qui en souffrent, ne doivent pas se décourager : qu’ils se souviennent des paroles mêmes du Christ à Saint Pierre : « Les portes de l’enfer ne prévaudront pas - « Portae inferi non prevalebunt ».


L’ouvrage, « Les Nouveaux Prêtres », de Michel de Saint Pierre, est bien loin dans le temps, mais il était déjà bien loin de la réalité à laquelle nous en sommes arrivés ! Il a été écrit en effet en 1964, alors que j’étais au Séminaire Saint Sulpice ! Dont j’ai déjà parlé sur « hermas » : mes trois années de « purgatoire ».  Si l’Eglise n’était pas d’origine divine, dit un proverbe populaire, il y a bien longtemps que les prêtres l’auraient détruite.


Nous ne pouvons que méditer la parole que le Seigneur Dieu adressait aux prêtres de l’Ancienne Alliance, par l’intermédiaire du Prophète Osée (4,1-6) :

1. 

Écoutez la parole de Yahvé, enfants d'Israël, car Yahvé est en procès avec les habitants du pays : il n'y a ni fidélité ni amour, ni connaissance de Dieu dans le pays,

2. 

mais parjure et mensonge, assassinat et vol, adultère et violence, et le sang versé succède au sang versé.

3. 

Voilà pourquoi le pays est en deuil et tous ses habitants dépérissent, jusqu'aux bêtes des champs et aux oiseaux du ciel, et même les poissons de la mer disparaîtront.

4. 

Pourtant que nul n'intente procès, que nul ne réprimande! C'est avec toi, prêtre, que je suis en procès.

5. 

Tu trébucheras en plein jour, le prophète aussi trébuchera, la nuit, avec toi, et je ferai périr ta mère.

6. 

Mon peuple périt, faute de connaissance. Puisque toi, tu as rejeté la connaissance, je te rejetterai de mon sacerdoce;


En cette Année Sacerdotale, PRETRES, convertissons-nous, revenons à Dieu, faisons pénitence, comme nous y invite le Seigneur Dieu lui-même par la bouche du Prophète Joël. Que cesse cette débâcle qui s’est abattue sur le monde. Que tous, nous retrouvions le Chemin de Dieu, que tous nous entendions et méditions sa Parole de Vie, pour que le monde, guidé par ses Pasteurs, retrouve Celui qui est « la Voie, la Vérité et la Vie »

 

 

Joël, chapitre 2

1. 

Sonnez du cor à Sion, donnez l'alarme sur ma montagne sainte! Que tous les habitants du pays tremblent, car il vient, le jour de Yahvé, car il est proche!

2. 

Jour d'obscurité et de sombres nuages, jour de nuées et de ténèbres! Comme l'aurore, se déploie sur les montagnes un peuple nombreux et fort, tel que jamais il n'y en eut, tel qu'il n'en sera plus après lui, de génération en génération.

3. 

Devant lui, le feu dévore, derrière lui, la flamme consume. Le pays est comme un jardin d'Éden devant lui, derrière lui, c'est une lande désolée! Aussi rien ne lui échappe.

4. 

Son aspect est celui des chevaux; comme des coursiers, tels ils s'élancent.

5. 

On dirait un fracas de chars bondissant sur les sommets des monts, le crépitement de la flamme ardente qui dévore le chaume, un peuple fort rangé en bataille.

6. 

A sa vue, les peuples sont dans les transes, tous les visages perdent leur couleur.

7. 

Ils s'élancent comme des braves, tels des guerriers, ils escaladent les murailles. Chacun va droit sa route, sans s'écarter de sa voie.

8. 

Nul ne bouscule son voisin, chacun va son chemin; à travers les traits ils foncent sans rompre leurs rangs.

9. 

Ils se ruent sur la ville, s'élancent sur les murailles, escaladent les maisons, pénètrent par les fenêtres comme des voleurs.

10. 

Devant lui la terre frémit, les cieux tremblent! Le soleil et la lune s'assombrissent, les étoiles perdent leur éclat!

11. 

Yahvé fait entendre sa voix à la tête de ses troupes! Car ses bataillons sont sans nombre, car il est puissant, l'exécuteur de ses ordres, car il est grand, le jour de Yahvé, très redoutable - et qui peut l'affronter ?

12. 

« Mais encore à présent - oracle de Yahvé - revenez à moi de tout votre cœur, dans le jeûne, les pleurs et les cris de deuil. »

13. 

Déchirez votre cœur, et non vos vêtements, revenez à Yahvé, votre Dieu, car il est tendresse et pitié, lent à la colère, riche en grâce, et il a regret du mal.

14. 

Qui sait ? S'il revenait ? S'il regrettait ? S'il laissait après lui une bénédiction, oblation et libation pour Yahvé, votre Dieu ?

15.

Sonnez du cor à Sion! Prescrivez un jeûne, publiez une solennité,

16. 

réunissez le peuple, convoquez la communauté, rassemblez les vieillards, réunissez les petits enfants, ceux qu'on allaite au sein! Que le jeune époux quitte sa chambre et l'épousée son alcôve!

17. 

Qu'entre l'autel et le portique pleurent les prêtres, serviteurs de Yahvé! Qu'ils disent : « Pitié, Yahvé, pour ton peuple! Ne livre pas ton héritage à l'opprobre, au persiflage des nations! Pourquoi dirait-on parmi les peuples : Où est leur Dieu ? »

 

Non Seigneur, ne laisse pas ton peuple aux mains de prêtres dévoyés, de mercenaires, de loups rapaces qui ne se cachent même pas et agissent en plein jour, en toute impunité. Le Pape Paul VI avait dit, ce lundi de Pentecôte 1970 : « La fumée de Satan est entrée dans l’Eglise ». Que dirait-il à présent. Ce n’est plus une fumée ! C’est l’incendie.


Lors du Temps de l’Avent, nous avons répétons sans cesse « viens Seigneur Jésus ». Oui, demandons-Lui de venir au secours du « petit reste » qui essaie de remettre à leur place les pierres emportées par les démolisseurs !

Seigneur, ayez pitié de votre peuple :

 « Parce Domine, Parce populo tuo,

ne in aeternum irascaris nobis »

« Seigneur, ayez pitié de votre peuple,

 ne vous irritez pas pour toujours contre lui »

Mgr J. Masson

 

 

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Publié dans : Témoignages [Mgr Masson] - Communauté : Chrétiens et heureux de croire
Lundi 25 janvier 2010 1 25 /01 /Jan /2010 20:36

Par Mgr Jacques MASSON

4) Les Messes « TGV » (« A Très Grande Vitesse »)


Mais il y a plus, il y a plus grave encore. La rapidité avec laquelle sont récitées les prières, et « célébrées » les Messes. On en est arrivé à ce que j’appelle « les Messes TGV », les Messes dites « à très grande vitesse ». Car la réalité est bien ainsi.


Je dois dire honnêtement que ce n’est pas un problème qui date d’hier, ni de la Réforme liturgique. Cela dépend seulement et uniquement du prêtre, de sa foi, de la conscience qu’il a du Mystère qui se réalise par lui, quel que soit le rite qu’il célèbre, la Messe Tridentine, ou le Nouvel Ordo.


Quand la Messe tridentine était alors en usage, je me souvient très bien que les prières de l’Offertoire et du Canon étaient « dites » à voix basse. La liturgie prévoyait des gestes qui se répétaient, comme les signes de Croix par exemple sur l’Hostie et sur le Calice : « Hostiam puram, + Hostiam Sanctam, + Hostiam Immaculatam, + Panem Sanctum, +  Vitae aeternae, + et Calicem Salutis perpetuae ». Entre chaque expression, les rubriques prévoyaient un signe de croix ( + ) tracé par le célébrant, sur l’Hostie et sur le Calice. Ces signes de Croix, au lieu de permettre au prêtre de marquer un temps d’arrêt, une courte pause pour lui permettre de bien se pénétrer du mystère qu’il célébrait, se transformaient en une « course contre la montre » : des signes de croix tracés à toute vitesse, faisant penser que le prêtre était en train de « chasser les mouches ». D’où la réflexion de nombreux prêtres de l’époque (ils avaient déjà perdu le sens du sacré !) : « pourquoi tous ces signes de croix mal faits ? Il vaut mieux en faire un bien, que cinq mal faits ». Les pauvres (déjà à cette époque) : et s’ils avaient songé à « bien faire » ces cinq signes de Croix ? Qui les empêchaient de bien les faire, avec recueillement avec piété ?


On comprend que, avec la possibilité de prières plus « courtes », le choix soit allé au plus pressé. Car, dans la Messe tridentine, le fidèle ne pouvait se rendre compte de la manière avec laquelle les prières étaient « récitées » par le célébrant. Mais, avec le Nouvel Ordo, tout est dit à voix haute : rien n’échappe aux fidèles. Ou plutôt : tout échappe aux fidèles, car les prières sont dites, récitées, avec une telle vitesse, que, bien souvent, il n’a pas le temps de prêter attention à ce que « récite » le prêtre », de mémoire souvent, en regardant les assistants. Le Sanctus à peine terminé, il se retrouve déjà après la Consécration, sans s’en être rendu compte. Et, ce qui se « faisait » à voix basse dans la Messe tridentine, se fait à voix haute dans le Nouvel Ordo. Mais ne peut passer inaperçu !


Quelle mouche pique donc les prêtres, pour qu’ils récitent les textes de la Messe avec une telle rapidité ? Comment peuvent-ils se pénétrer des paroles qu’ils prononcent ? Ils sont pressés ? Qu’ont-ils à faire d’autre, si ce n’est CELEBRER LES SAINTS MYSTERES ? « Père infiniment bon, toi vers qui montent nos louanges…Nous t’en supplions Dieu tout-puissant… Il prit-le-pain-le-donna-à-ses-disciples-en-disant-ceci-est-mon-corps-livré-pour-vous-faites-ceci-en-mémoire-moi-il-est-grand-le-mystère-de-la-foi » Le tout, dit, récité, de manière monotone, monocorde, neutre, sans pause, d’un seul trait, à peine le temps de reprendre son souffle. « Ouf, « Ite Missa est ». ça y est j’ai dit la Messe : j’ai été brave ce dimanche ; 35 minutes avec l’homélie » (sic ) Et les fidèles ? « Tiens, c’était la Consécration ! Tiens la Messe est terminée : « allez dans la paix du Christ! ». 


Le prêtre se rend-il bien compte qu’il ne récite pas un texte, une prière : IL EST EN TRAIN DE PARLER A DIEU AU NOM DU PEUPLE QUI LUI EST CONFIE ET QUI DOIT POUVOIR S’UNIR A SA PRIERE ! Non, beaucoup ne s’en rendent plus compte. Ils ne parleraient pas ainsi aux gens qu’ils rencontrent, à leurs amis : personne ne les comprendraient. Ce serait même d’une grande incorrection. Et pourtant ils parlent au Dieu Trois Fois Saint : « Sanctus, Sanctus, Sanctus ». Pas même une pause, un petit arrêt au moment de prononcer les Paroles Sacrées, quand intervient le Seigneur, au moment de la Consécration pour dire « CECI EST MON CORPS, CECI EST MON SANG »


Parler à Dieu ? Agir « in persona Christi » ? Qui le dirait ? Tourné vers le peuple, le prêtre, l’hostie, dans les mains, puis le calice, tout en prononçant les paroles sacrées de la Consécration, regarde les gens, leur montre l’Hostie, tourne la tête de droite à gauche, récite les « formules » de la Consécration de mémoire (ce qui est formellement interdit, pour éviter de se tromper) comme si, à ce moment là, c’étaient les fidèles qui intervenaient ! Ne devrait-il pas être incliné, recueilli, marquer un léger temps de silence, pour manifester que ce n’est plus lui qui agit, qu’il laisse la place au Seigneur qui va se rendre présent dans l’accomplissement de son Sacrifice ? Et laisser ainsi le temps aux fidèles de s’unir à lui, dans sa prière, dans son adoration, en ce moment solennel où s’accomplit notre salut ?


Il faut reconnaître aussi que le texte de la Consécration, tel qu’il est rédigé actuellement, fait plus penser à un « récit » pur et simple, où se mêlent sans distinction la partie de récit de l’Institution de l’Eucharistie à la Dernière Cène, et la partie qui est la Consécration de l’Hostie et du Vin : en raison de la ponctuation tout d’abord ( : - deux points -, qui indiquent une continuité -  au lieu de . –point - qui marquait une pause ; et en raison de la mise en lettres majuscules de paroles concernant le simple récit de la cène,  et les paroles mêmes de l’Institution de l’Eucharistie. Une confusion est facile à faire, quand on n’a pas reçu une formation suffisante pour éviter une interprétation et une attitude erronées à ce moment grandiose et sacré !


Et cela, il faut le dire et le répéter, n’aide certes pas le prêtre qui n’a pas reçu une formation suffisante, à se rendre compte de qui se passe, de ce qu’il réalise, de ce que le Christ réalise par son Ministre.

(à suivre)

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Publié dans : Témoignages [Mgr Masson] - Communauté : Benoit XVI
Dimanche 24 janvier 2010 7 24 /01 /Jan /2010 14:41

Par Mgr J. MASSON

3) Nécessité de célébrer la sainte messe avec les prières fixées par l’Eglise


C’est là aussi un problème grave et répandu : le prêtre « manipule » la liturgie, les textes proposés par l’Eglise, comme s’il pouvait en disposer. De quel droit ? Au nom de quelle autorité ? De la sienne ? N’est-il pas un ministre, un intendant, un serviteur, tout simplement ? L’aurait-il oublié ?


Il est fréquent, notamment, mais pas seulement, pour les Messes de Mariage, ou les enterrements célébrés avec Messe, que le prêtre introduise des lectures, des prières de son choix : les cas abondent, et ne sont pas isolés :

-.remplacer la première Lecture par un texte profane qui n’a rien à voir avec la Bible. Ce qui est formellement interdit. J’ai assisté dernièrement à un enterrement en Belgique. Le prêtre, que j’avais déjà rencontré auparavant, et que je connaissais, m’a demandé au dernier moment de concélébrer. Je m'en suis bien gardé, sachant à quoi je risquais de m’exposer. Il avait demandé à la petite fille du défunt, une maman catéchiste, de choisir les lectures. Ce qu’elle a très bien fait. Il n’en a pas tenu compte. Et on nous a lu un texte profane.

-.Les prières de l’Offertoire n’avaient rien à voir avec le texte liturgique officiel.

-.Pas de « Lavabo », le lavement des mains.

-.Je n’ai jamais entendu la Prière Eucharistique utilisée. Seules les paroles de la Consécration « étaient les bonnes ».

-.La Messe était-elle valide ? On peut se poser la question en de nombreux endroits, car, pour qu’elle soit valide, il faut que le prêtre fasse ce que veut l’Eglise !

- Et que dire de « la paix » ? Un signe de paix ? un geste de paix : une « distraction », un « geste mondain », une « procession », une « débandade » qui n’en finit plus, et qui fait passer inaperçue une prière importante : « AGNEAU DE DIEU QUI ENLEVES LE PECHE DU MONDE PRENDS PITIE DE NOUS ».

- Bien sûr, il était en aube froissée avec une étole, et se promenait d’un bout à l’autre de l’autel, les bras ballants.

- Un cas isolé ? PAS DU TOUT ! Un cas parmi tant d’autres ! parmi beaucoup d’autres.


Pourquoi le choix systématique des prières les plus brèves ?

Pour donner un plus grand choix de prières au Prêtre qui célèbre la Sainte Messe, le Nouvel Ordo a introduit de nouvelles prières « ad libitum », « au choix ».

- Au début, pour la « liturgie pénitentielle »,

- De nouvelles Prières Eucharistiques, trois tout d’abord ajoutées au Canon Romain pluriséculaire, puis d’autres qui se sont ajoutées pour être utilisées en des circonstances particulières.

- La possibilité aussi de choisir, pour les Lectures et l’Evangile ou la lecture du jour, ou « sa forme brève »

- La possibilité de choisir entre les deux prières (déjà abrégées par rapport à celle de l’Ordo Tridentin) prévues avant la Communion du prêtre

- La distribution de la Sainte Communion : c’est à savoir qui ira le plus vite, pour ne pas la faire durer trop longtemps : les prêtres sont devenus des « distributeurs automatiques ! « le-Corps-du-Christ-le-Corps-du-Christ »…

Le but n’était certes pas d’abréger la Messe, même si, il faut le reconnaître, certaines prières ont été abrégées (au moment du Lavabo), ou ont été enlevées.


Mais que s’est-il passé ? C’est simple :: être bref, faire CE QUI EST BREF ! (La Messe, c’est fatiguant », me disait ce confrère de séminaire !) :

- La Deuxième Prière Eucharistique est « récitée » par la presque totalité des prêtres. (Je l’ai appelée « le Canon Randal », en relation avec l’acteur de cinéma de l’époque, qui portait un fusil au « canon scié »).

- La Troisième Prière Eucharistique vient en deuxième place ;

- La Première Prière Eucharistique, le « Canon Romain » ? De mémoire de prêtre, depuis 40 ans, je ne l’ai pas entendue une seule fois ! Et c’est pourquoi, pour réparer cet « oubli », je la choisis chaque jour.

- Une seule prière suffit à présent au prêtre avant de communier au Corps et au Sang du Christ, parmi les deux qui lui sont proposées (dans la Messe Tridentine, il y avait trois prières obligatoires).

(à suivre)

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Publié dans : Témoignages [Mgr Masson] - Communauté : Benoit XVI
Samedi 23 janvier 2010 6 23 /01 /Jan /2010 10:19

Par Mgr J. MASSON

2. Nécessité de célébrer la sainte Messe selon les rubriques fixées par l'Eglise


Avec les ornements requis


Je vais devoir me répéter. Mais, ci-dessus, j’ai exposé simplement les règles de l’Eglise dans ce domaine. A présent c’est pour montrer, dans le concret, à quel point de désobéissance en est arrivé un grand nombre de Ministres sacrés à l’égard des règles de l’Eglise ; qui se comportent en ce domaine avec une désinvolture déconcertante et révoltante, au détriment du caractère sacré du Mystère qu’ils sont censés célébrer, au grand scandale de nombreux fidèles désorientés, qui ne savent plus où aller pour « trouver une Messe normale ».


“Pour célébrer et administrer l'Eucharistie, les prêtres et les diacres revêtiront les vêtements sacrés prescrits par les rubriques”, rappelle le canon 929.


D’autres textes déclarent sans ambiguïté :


« Dans l'Église, qui est le Corps du Christ, tous les membres n'exercent pas la même fonction. Cette diversité des ministères dans la célébration de l'Eucharistie se manifeste extérieurement par la diversité des vêtements liturgiques. Par conséquent, ceux-ci doivent être le signe de la fonction propre à chaque ministre. Il faut, cependant, que ces vêtements contribuent aussi à la beauté de l'action liturgique ».


« Le vêtement sacré pour tous les ministres quel que soit leur grade commun est l'aube, serrée autour des reins par le cordon, sauf si elle est faite selon le mode de la soutane, afin qu'elle épouse le corps sans cordon. Avant de revêtir l'aube, si elle n'entoure pas parfaitement le col de l'habit commun, on revêtira l'amict ».


On ne peut donc que réprouver expressément l'abus suivant, qui est contraire aux prescriptions des livres liturgiques : même avec la participation d'un seul assistant, il n'est pas permis aux ministres sacrés de célébrer la sainte Messe sans revêtir les vêtements liturgiques, ou de porter seulement l'étole sur la coule monastique ou sur l'habit commun religieux, ou encore sur un vêtement civil.


Les Ordinaires (les Evêques) sont tenus de corriger dans les plus brefs délais des abus de ce genre, et ils doivent veiller à pourvoir toutes les églises et tous les oratoires dépendant de leur juridiction, d'un nombre suffisant de vêtements liturgiques, confectionnés selon les normes.


Et si les Evêques ne le font pas, les fidèles peuvent faire remarquer charitablement en privé au prêtre qu’il est en pleine désobéissance. Qu’ils n’aient pas peur : cela s’appelle « la correction fraternelle ». Et si le prêtre n’obtempère pas, alors, qu’ils fassent comme le demande Saint Paul ; « Dic Eclesiae » : qu’ils en réfèrent alors à l’Eglise, au Pasteur.


Pour le prêtre :


« Le vêtement propre au prêtre célébrant, pour la Messe et pour les autres actions sacrées en liaison immédiate avec la Messe, est la chasuble, De même, lorsque, conformément aux rubriques, le prêtre revêt la chasuble, il ne doit pas omettre de porter l'étole.


« Tous les Ordinaires doivent veiller à ce que tout usage contraire soit supprimé ».


Les « Ordinaires » ?, c'est-à-dire les Evêques. Il faut reconnaître que trop peu d'entre eux se soucient d'exiger de leurs prêtres le respect du port de la chasuble. Bien trop souvent ces prêtres ont été formés à une époque où, même au sein des séminaires, on omettait sciemment la chasuble pour la messe quotidienne. Le texte précédent demande clairement à ce que l'on revienne à l'usage prévu.


On doit aussi rester vigilant sur une mode apparue en Belgique et en France et qui consiste à revêtir l'étole par dessus la chasuble ou l'habit religieux. Cet usage n’a pas de raison d’être.


Il serait fastidieux de citer des exemples. Nous assistons de plus en plus à ces « libertés cléricales ». L’usage se généralise.


Pourquoi ? C’est la question qui n’a cessé de revenir tout au long de ces réflexions ! Oui, POURQUOI ? Et une autre parole est revenue, une réponse presque spontanée tellement elle est évidente : la DESACRALISATION, la perte du sens du Sacerdoce chez le Prêtre.


Par conviction chez certains (et alors, que font-ils encore dans l’Eglise ?), par ignorance chez d’autres au moment de leur formation, par l’exemple contagieux pour beaucoup.


Je le dis avec insistance : évitons tout jugement ! Nous n’avons pas à juger. Mais nous ne pouvons rester sans rien faire, et assister à cette forme d’apostasie galopante. Répondons avec générosité à l’appel de Notre Saint-Père le Pape Benoît XVI. Et, en cette Année Sacerdotale qu’il a décrétée, prions le Sant Curé d’Ars pour la sanctification des prêtres, pour la conversion des prêtres, pour que le Seigneur nous donne de bons et saints prêtres [à suivre].

Mgr J. Masson

 

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Publié dans : Témoignages [Mgr Masson] - Communauté : Chrétiens et heureux de croire
Vendredi 22 janvier 2010 5 22 /01 /Jan /2010 08:05

Par Mgr J. MASSON

CONSEQUENCES sur la célébration de l’Eucharistie et des autres sacrements

 

1.- la nécessité de célébrer la Sainte Messe


Il faut tout d’abord bien préciser sur un point et y insister : les Sacrements, et en particulier le Saint Sacrifice de la Messe ne sont pas « l’affaire » du prêtre : il n’en est pas le « maître », il ne peut en disposer comme il veut, l’arranger selon ce qu’il pense, ce qu’il ressent, ce qu’il croit. Il a reçu un dépôt, qu’il doit transmettre intact, comme le déclare et le demande Saint Paul, sans oser y ajouter ou y retrancher quoi que ce soit, déclare avec insistance le Magistère de l’Eglise. Il est « Ministre » du Christ, « intendant » du Royaume de Dieu, il agit « in persona Christi », et non pas en son propre nom. Il est donc de son devoir de se conformer en tout, et entièrement, à la doctrine du Christ, transmise par l’Eglise, sans se permettre de toucher aux choses sacrées.


Le Christ, à la Dernière Cène a dit à ses Apôtres : « faites ceci en mémoire de moi » : c’est un ordre, et pas une consigne. Et, nous l’avons vu, le Pape Jean Paul II rappelle dans l’Encyclique « Ecclesia de Eucharistia » la nécessité pour chaque prêtre de célébrer la Sainte Messe chaque jour. Le Pape Benoît XVI est revenu fréquemment sur la célébration de la Messe quotidienne, comme premier moyen indispensable de vie spirituelle pour le prêtre, avec la récitation du Bréviaire, la Lectio Divina, l’Adoration, le Chapelet, et la pratique fréquente du Sacrement de la Pénitence, de la Réconciliation, de la Confession.  Avant toute autre action pastorale.


Questions :

- Tous les prêtres, même pourvus de plusieurs paroisses, célèbrent-ils la Messe chaque jour ?

- Combien récitent chaque jour le Bréviaire (qui est une obligation « sub gravi », grave), ou prient le Chapelet, ou consacrent un temps suffisant à l’Adoration du Seigneur présent dans le Tabernacle ?

- Combien se confessent fréquemment, même et surtout s’ils ne sont pas en état de célébrer dignement la Sainte Messe ?


Je n’exagère pas : j’ai connu des prêtres qui ne célébraient la Messe que le dimanche, sans s’être confessés depuis plusieurs années, malgré une situation « humaine » qui était loin d’être conforme avec les engagements qu’ils avaient pris ? Inconscience ? Aveuglement ? Un prêtre, ancien collègue de séminaire, Curé d’un nombre élevé de paroisses de campagne, auquel je demandais combien de Messes il allait célébrer le lendemain dimanche, me répondit : UNE SEULE : C’EST FATIGANT. C’est désolant. Et les pauvres ouvriers, ses paroissiens, qui travaillent dans les champs plus de 12 heures par jour, et ceux qui sont au casse-fonte dans les aciéries voisines ? C’est loin d’être un cas isolé ! Hélas !

Et les pauvres fidèles ? Privés de Messe, les personnes âgées surtout, les enfants ? Il arrive même fréquemment, et c’est le comble de l’aberration, j’ai vu cela en Belgique, mais cela existe aussi en France, que, pour « la prise de possession d’une paroisse », c’est-à-dire pour l’installation d’un nouveau Curé dans une paroisse, ou d’un Doyen dans son Doyenné, tous les prêtres du Doyenné se joignent à lui pour CONCELEBRER LA MESSE, abandonnant ainsi leurs fidèles… Car, ce dimanche-là, ils ne célèbrent pas d’autre Messe !


Mais que représente la Messe pour certains prêtres ? Un exemple : Au cours d’une concélébration « de masse », dans le Diocèse de Nancy, un prêtre se trouvait au fond de l’église. Un ami lui demande : « Tu as pu célébrer la Messe d’aussi loin ? ». La réponse : « J’ai tendu le bras à la consécration, et j’ai gagné 14 euros » (le prix alors d’un honoraire de Messe en France).


Un autre exemple : Dans ma paroisse d’origine, dans le Diocèse de Nancy, où il y pénurie de prêtres, c’est vrai, le Curé, qui dessert quatre paroisses a nommé des « remplaçants », des laïcs, bien sûr, des femmes, des « aumônières », qui gèrent la paroisse, s’occupent, avec beaucoup de zèle bien souvent, des « assemblées dominicales en l’absence de prêtres », des enterrements notamment. Et il n’est pas rare que le Curé en personne assiste à ces « cérémonies » d’enterrement, présidées et dirigées par cette brave personne, sans célébrer la Messe, et en disant le plus naturellement du monde : « Je célébrerai dimanche prochain la Messe pour le (ou la) défunte) (sic !). AHURISSANT, non ? POURQUOI ? Sans doute pour préparer les fidèles à voir des laïcs « remplacer » les prêtres quand il n’y en aura plus ! En vertu du sacerdoce des fidèles, bien sûr !


Notre Seigneur disait : « J’ai pitié de cette foule, car ils sont comme des brebis sans pasteurs ». Pauvres fidèles livrés aux mains de mercenaires, de « fonctionnaires du culte » ! Pauvres PASTEURS aussi, qui ne veillent pas sur ceux que le Christ leur a confiés : les prêtres dont ils ont la charge. Le Pape Benoît XVI rappelle ce point capital aux Evêques quand ils viennent en visite « ad limina », chaque cinq ans, en pèlerinage à Rome, se recueillir sur la Tombe des Apôtres Pierre et Paul, et rendre compte de la gestion de leur Diocèse. Dans le Message déjà cité, adressé aux prêtres participant à la Retraite Sacerdotale Internationale d’Ars fin septembre dernier, le Pape Benoît XVI déclarait :


« Les phrases simples et denses du saint Curé sur l’Eucharistie nous aident à mieux percevoir la richesse de ce moment unique de la journée où nous vivons un face à face vivifiant pour nous-mêmes et pour chacun des fidèles. "On ne comprendra, écrivait-il, le bonheur qu’il y a de dire la messe que dans le ciel". C’est pourquoi je vous encourage à fortifier votre foi et celles des fidèles dans le Sacrement que vous célébrez et qui est la source de la vraie joie. Le saint d’Ars s’écriait : "Le prêtre doit avoir la même joie (que les apôtres) en voyant Notre Seigneur qu’il tient entre ses mains" ».

« … je vous redis : "Rien ne remplacera jamais le ministère des prêtres au cœur de l’Église !" Vivants témoins de la puissance de Dieu à l’œuvre dans la faiblesse des hommes, consacrés pour le salut du monde, vous demeurez, mes chers frères, choisis par le Christ lui-même afin d’être, grâce à Lui, sel de la terre et lumière du monde. Puissiez-vous durant cette retraite spirituelle, expérimenter de manière profonde l'Intime indicible pour être parfaitement unis au Christ afin d'annoncer son Amour autour de vous et d'être entièrement engagés au service de la sanctification de tous les membres du Peuple de Dieu ».


Appel angoissé du Successeur de Pierre, du Vicaire du Christ, du « Doux Christ en Terre ».


Puissions-nous retrouver la fraîcheur de notre « oui », « adsum », « me voici », quand nous avons répondu à l’appel personnel de Dieu, quand, le jour de notre Ordination Sacerdotale, nous avons répondu ainsi à notre Evêque. ADSUM, et dire avec Saint Paul : « Je me dépenserai moi-même tout entier pour vos âmes » (2 Corinthiens 12, 15), que Mgr Lallier avait fait imprimer sur les images de son Intronisation à Nancy : « impendar et superimpendar pro animabus vestris »

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Publié dans : Témoignages [Mgr Masson] - Communauté : Benoit XVI
Jeudi 21 janvier 2010 4 21 /01 /Jan /2010 08:06

Par Mgr J. MASSON

Quelques réflexions s’imposent


Elles concernent ce qui se passe trop souvent dans les paroisses, et qui tend à se généraliser rapidement, malheureusement, et il faut le déplorer avec force, dans la manière de célébrer la Messe, contrairement aux prescriptions de l’Eglise et du Magistère. « Dans le Missel romain il est prescrit que ce soit le prêtre seul qui récite la Prière Eucharistique pendant que le peuple s'y associe dans la foi en silence » (cf. Ecclesia de Eucharistia, § 28).


En France, en Belgique, deux pays que je connais bien, il est de moins en moins rare que le prêtre fasse réciter toute la Prière Eucharistique, y compris les Paroles de la Consécration, par les fidèles, en même temps que lui ; ou tout au moins les paroles finales « Per ipsum et cum ipso et in ipso » (Par Lui avec Lui et en Lui..). Pour les Messes des enfants, ou pour les Messes où l’assistance n’est pas nombreuse, le prêtre fait parfois avancer les fidèles ou les enfants, et tous se placent autour de l’autel, comme pour une « concélébration », et récitent les prières avec le prêtre. Les fidèles, dit-on, ne concélèbrent pas : ILS CO-CELEBRENT. Au nom du Sacerdoce des fidèle, bien sûr ! Désobéissance évidente de la part des prêtres, qui ne peuvent invoquer l’ignorance des textes du Magistère à ce sujet.


POURQUOI CETTE ATITUDE ? POURQUOI LEURS PASTEURS, QUI NE PEUVENT PAS NE PAS ETRE AU COURANT, n’interviennent-ils pas ? POURQUOI NE VEILLENT-ILS PAS A INFORMER LEURS PRETRES DE LA NECESSITE DE RESPECTER LES REGLES PRESCRITES, EN CETTE MATIERE, PAR LE MAGISTERE DE L’EGLISE ?


La question suivante se pose : n’y-a-t-il pas à la base une confusion grave entre le « Sacerdoce commun des fidèles », et le « Sacerdoce Ministériel » des prêtres ? Sans porter de jugement téméraire, d’après les réflexions entendues de la bouche de prêtres concernés, je crois que l’on peut répondre par l’affirmative. De plus en plus se répand l’idée que c’est toute la communauté qui « fait l’Eucharistie ».


« Hermas » (13 octobre 2008, 28 octobre 2008, 4 novembre 2008) a cité le cas du Père Gérard Fourez, Jésuite belge. Ce Père présente en effet une perspective qui s’éloigne totalement, des théologies classiques et qui invite à s’interroger sur le sens profond de l’Eucharistie et des Ministères ordonnés. A le lire, on ne peut que se poser la question : le prêtre est-il nécessaire pour la « célébration de l’Eucharistie », pour le pain et le vin deviennent le Corps et le Sang du Christ ? La réponse est : « Non, elle peut être utile, mais elle n’est pas nécessaire ! ». Il pose clairement la question, nous allons le voir, et il y répond : « C’est l’engagement de la communauté suscité par l’Esprit et par l’Evangile… qu’un prêtre soit présent ou pas ». Nous sommes en plein délire, en pleine hérésie, tout comme l’est ce Vicaire de Nancy qui déclarait un jour que, à la Messe, « il ne se passe rien, on se souvient de ce qui s’est passé il y a 20 siècles ».Voici ce texte, déjà cité par « hermas », mais qui prend toute sa place dans le cadre de cette étude :


« Il est certain que beaucoup de catholiques ont eu une conception assez magique du rôle du prêtre. Les paroles de la consécration sont encore vues comme un rituel magique. De même, il était généralement admis que la présence d’un ecclésiastique ordonné donnait une valeur spécifique à l’extrême-onction ou d’autres sacrements. De même on donnait une valeur quasi magique à un évêque juridiquement successeur des apôtres.

« Cependant lors du dernier Concile du Vatican, les théologiens ont rappelé qu’il y a Eglise chaque fois que quelques-uns se réunissent au nom de Jésus et de son Evangile.

« Qu’est-ce qui fait qu’il y a une Eucharistie ? Est-ce la présence du prêtre ou d’une communauté qui, à la suite de Jésus, dit : “Voici ma vie que je donne ?” Ce ne sont pas les paroles de la consécration qui font qu’il y a Eucharistie et que Dieu est présent. C’est l’engagement de la communauté suscité par l’Esprit et par l’Evangile. C’est ainsi que, quand une communauté se réunit pour faire mémoire – en paroles et en actions – de la bonne nouvelle en Jésus-Christ, elle célèbre l’Eucharistie, qu’un prêtre ordonné soit présent ou pas. Les individus rassemblés deviennent une communauté d’Eglise, Corps du Christ.

« Cela ne veut pas dire qu’il ne faille pas des ministres (des serviteurs) de la communauté, pour la réunir, pour parler en son nom, pour proclamer le pardon de Dieu, pour animer des réunions, des célébrations… L’important c’est que la communauté soit vivante et libératrice. Le rôle du prêtre, c’est de rendre cela possible ; mais sans prêtre, une communauté peut aussi être vivante et libératrice.

« Certaines personnes ont un charisme qui leur permet de bien animer la communauté. Elles peuvent exercer un leadership dans la communauté, pour autant que celle-ci les mandate pour le faire.

« Si la communauté confère des pouvoirs à certains de ses membres, ce n’est pas pour qu’ils dominent, ou qu’ils s’estiment indispensables. Le service rendu à la communauté ne doit pas devenir un facteur de conflits, au contraire, une dynamique peut s’instaurer entre la communauté et les animateurs.

« La communauté (l’Eglise) mandate certaines personnes qui alors réunissent la communauté sans s’y opposer à outrance. Et, s’il n’y a pas de ministre ordonné, la communauté peut vivre et célébrer l’Eucharistie,  et ainsi vivre son Evangile ».


Le Supérieur des Jésuites est-il intervenu auprès du Père Fourez, pour le faire revenir sur ses déclarations en opposition ouverte avec la Foi bimillénaire de l’Eglise, ou bien continue-t-il à diffuser et à propager IMPUNEMENT la fausse doctrine, en trompant les fidèles ? Et il n’est pas le seul dans ce cas, hélas ! Les statistiques les plus sérieuses sont affligeantes, concernant le nombre de prêtres

- qui ne croient pas à la Présence Réelle du Christ dans les Saintes Espèces

- qui ne croient pas en la Présence Réelle du Christ dans l’Hostie, après la Célébration de la Messe

- qui ne croient pas que la Messe soit LE SACRIFICE DU CHRIST, mais un simple Mémorial de sa Passion

- qui réduisent la Messe à l’Assemblée des Fidèles dans le Christ, qui a dit « là où deux ou trois sont réunis en mon Nom, je suis au milieu » d’eux, en enlevant ainsi de la Messe tout aspect de Sacrifice : l’accent est mis sur la « communion » en recevant le pain qui fait mémoire de ce qu’a fait le Christ à la dernière Cène, sans qu’il y ait autre chose qu’un simple souvenir des gestes et des paroles

- qui nient ainsi la Présence RELLE du Christ sous les espèces du Pain et du Vin


A ce propos, le lecteur se souviendra probablement de ce que j’ai rapporté, et qui s’est produit dans ma propre paroisse d’origine en 1967 (oui, 1967 déjà !). Le Jeudi Saint, à la Messe in « Coena Domini », il déclara qu’il dépendait pas du prêtre qui récitait les paroles de la Consécration que le pain et le vin deviennent le Corps du Christ, MAIS DES FIDELES. Et d’ajouter qu’il n’y avait pas de présence réelle après la Messe : un souvenir, une nourriture, un « viatique » une provision pour le « voyage », pour les mourants, les agonisants, les malades. Et il déclarait pendant le sermon  « Vous ne faites pas la génuflexion devant un frigidaire, car c’est un garde-manger. Devant le tabernacle c’est de même ! »… Après la Messe, au, cours d’une longue discussion houleuse, il me déclara : « D’ici peu, chaque père de famille célèbrera l’Eucharistie chez lui pendant les repas. Et, pour préparer les gens à cela, on va introduire la communion dans la main ». Je lui répondis : « alors nous n’aurons plus la même religion, nous n’avons déjà plus la même religion ». Deux ans plus tard, les fidèles pouvaient recevoir l’Hostie dans la main…


Oui, en 1967 déjà ! Un précurseur du Père Fourez ! Mais il y en avait déjà beaucoup comme cela. Je m’en était aperçu au séminaire Saint Sulpice. Je renvoie le lecteur aux récits que j’ai faits de cette époque (à suivre).

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Publié dans : Témoignages [Mgr Masson] - Communauté : Benoit XVI
Vendredi 27 novembre 2009 5 27 /11 /Nov /2009 00:00

Par Mgr J. Masson
  1. Le cordon
  2. Le Cérémonial des Évêques (Cæremoniale Episcoporum) de 1984 précise :
  3. « Le vêtement sacré pour tous les ministres quel que soit leur grade commun est l'aube, serrée autour des reins par le cordon, sauf si elle est faite selon le mode de la soutane, afin qu'elle épouse le corps sans cordon. Avant de revêtir l'aube, si elle n'entoure pas parfaitement le col de l'habit commun, on revêtira l'amict »

        Ce qui maintient l’usage obligatoire de la soutane, et, presque nécessairement l’usage de l’amict.


Le cordon ou cingulum est mis immédiatement sur l'aube pour la serrer à la taille et, par là, éviter que son ampleur gêne le prêtre dans ses mouvements. Le cordon est généralement blanc, mais il peut cependant suivre la couleur du jour et être de même teinte que l'ornement.


En le serrant autour de sa taille, le prêtre récite la prière suivante :


« Praecínge me, Dómine, cingulo puritátis, et extíngue in lumbis meis humórem libídinis; ut máneat in me virtus continéntiae et castitátis ».

« Ceignez-moi, ô Seigneur du cordon de la pureté, et éteignez en mes reins l’ardeur de concupiscence, afin que se maintienne en moi la vertu de la continence et de la chasteté »

 

Les prêtres dans la presque unanimité, et de très nombreux Pasteurs également, même quand ils apparaissent à la télévision, ont abandonné la soutane, et ensuite le clergyman, pour être comme tout le monde, comme tous les hommes. Et peu à peu, l’amict, le cordon , l’aube habituelle.


Avaient-ils besoin de recourir à ce « prétexte » pour découvrir en eux « l’animal » qui dort, la bête qui sommeille, la concupiscence qui n’est autre que le dérèglement des sens, dans la domaine de la chasteté notamment ?

N’ont-ils jamais ressenti ce « feu dévorant » de la concupiscence ? Seraient-ils de fer ou de marbre ?


Bien sûr que si, depuis leur enfance, ou presque ! Et alors, se consacrant corps et âme au Seigneur Jésus, notamment par le vœu de chasteté, ils ne peuvent pas ignorer la nécessité absolue de la prière, de l’intimité avec Dieu, pour rester fidèle au Christ, et à leur engagement. « Sans moi, vous ne pouvez rien faire, » disait le Maître : c’est particulièrement vrai dans ce domaine.

Pourquoi ont-ils alors abandonné cette belle prière ? Par ignorance ? Par inconscience? Par présomption … ou pour être plus libres… pour faire comme tout les autres hommes ? Nul ne peut donner de réponse, et je m’en garderais bien !. Mais il y a un peu de tous ces motifs, à la base de l’abandon de cette prière, qui rappelle à chaque Consacré, le vœu qu’il a fait.

 

Les prêtres de ma génération n’ignoraient pas cette prière. Les prêtres qui ont été formés après 1969, n’ont pas pu la connaître, si on ne la leur a pas enseignée au séminaire ? Et pourquoi ne la leur a-t-on pas enseignée ?

 

En ce sens, on peut dire qu’il s’est produit une rupture dans la tradition de l’Eglise, dans ce domaine. Volontaire ? Subie ? par crainte de paraître « arriéré » ? Je laisse la réponse à d’autres, car la réponse n’est pas unique.

 

Mais, on peut dire sans jugement téméraire, que la faute revient d’abord à ceux qui ont eu la charge de les former, et aux Pasteurs qui n’ont pas veillé sur leur troupeau, comme ils auraient dû le faire, et sur la formation des futurs prêtres, « sicut pupillam oculi », comme sur la prunelle de leurs yeux !

 

Et pourtant, Saint Paul nous en avertit : «  Je ne fais pas le bien que je veux, et commets le mal que je ne veux pas…Quand je veux faire le bien, c’est le mal qui se présente à moi » (Romains, 7, 19.22)

 

En se ceignant du cordon, et en récitant cette prière, le prêtre ne fait pas un geste habituel et banal ! Ce geste lui rappelle sa fragilité humaine, le met en garde, et le fait se tourner vers Dieu afin que rien ne le sépare de Lui, et qu’il puisse être vraiment « alter Christus », un « autre Christ ».

 

Quelle imprudence ! Quelle inconscience, ou bien quel orgueil ! Et s’il était conscient… quelle perversion de s’approcher ainsi des Saints Mystères en état de péché mortel ! Je n’ose y croire… Et pourtant !

 

  1. L’étole


L'étole, dérivé du latin stola qui signifie longue robe, lui-même du grec στολη (stolē), est un ornement liturgique de l'évêque, du prêtre et du diacre. Elle est l'insigne par excellence de la prêtrise.

 

L'étole, dans sa forme primitive, était une longue robe, garnie de deux bandes verticales, les clavi, comme sur la dalmatique. La robe a été supprimée, et il n'est resté que les bandes qui forment l'étole actuelle.

 

Il s'agit d'une bande de tissu ornée d'une petite croix placée au milieu. Le prêtre la laisse pendre de chaque côté tandis que le diacre la porte transversalement, tous deux par dessus l'aube ou le surplis pour la Messe et l'administration des Sacrements.

 

Avant 1969, à la messe, le simple prêtre la portait croisée sur la poitrine, et l'évêque décroisée, signe que le second dispose de la plénitude du sacerdoce, et non le premier.

 

Après 1969, c’était l’usage normal de croiser l’étole pour le prêtre, un geste qui vient de la cérémonie de l’ordination du prêtre : au moment où l’Evêque détache le côté droit de l’étole (portée de manière transversale par le diacre), pour la croiser devant la poitrine du nouveau prêtre, n’a jamais été supprimée. Et pourtant, la totalité a choisi ce qui était « permis » pour devenir la règle… Cela gênait vraiment de porter l’étole croisée ? Ah ! Mais il fallait le cordon ! Et l’aube classique ! et l’amict ! et la soutane ! Le pied sur la pente glissante !

 

Pourquoi, lorsqu’il y a un choix, choisir toujours ce qui s’éloigne de la Tradition ? « On enlève la barrette, et on se retrouve marié », disait Dom Roy, que j’ai déjà cité à plusieurs reprises !

 

C’est bien vrai ! C’est dans la ligne des choses : l’abandon de la soutane entraîne l’abandon de l’aube habituelle et de l’amict, et nécessairement l’abandon du cordon qui permettait de le fixer autour de la taille, et de croiser l’étole.

 

Et, à l’occasion des Messes concélébrées avec un grand nombre de prêtres, on assiste à un spectacle qui fait plus penser à l’armée de Bourbaki, qu’à une cérémonie religieuse. Des aubes « prénatal » plus ou moins à la grandeur de celui qui la porte, froissées la plupart du temps, parce que transportées dans des sacoches, des étoles « volantes » de toutes formes et de toutes les couleurs.

 

Et c’est ainsi que l’on ose se présenter devant Dieu, s’approcher de l’autel du Seigneur, pour baiser « l’autel » qui n’est plus , la plupart du temps qu’une table en bois qui remplace l’autel ancien parce qu’il « tournait le dos au peuple » ! (Quelle horreur, cette expression !!! ).

 

Là aussi, ils oublient que ce n’est pas « face au peuple » que l’on célèbre, mais face à la Croix, au Calvaire, tourné vers le Golgotha à Jérusalem : « Elevons notre cœur ! Nous le tournons vers le Seigneur ». Le Pape Benoît XVI l’a rappelé, et il célèbre « face à la Croix ». Ce que beaucoup lui reprochent, sans savoir bien pourquoi d’ailleurs : un prêtre colombien, ordonné dix ans plus tôt, ayant assisté à la Messe du Saint Père à la Basilique Saint-Pierre, m’a dit : « C’est ridicule, avec la Croix devant lui, on ne voit plus le Pape ! »… Qu’était-il « allé voir » à Saint-Pierre : le Pape, ou bien assister à la Sainte Messe, au Saint Sacrifice de la Messe, à la Célébration Eucharistique comme il est d’usage de dire à présent ?

 

Et quand ils montent à l’autel et embrassent l’autel, ils n’embrassent rien d’autre qu’une simple planche de bois ! Par habitude, parce que cela se fait. Ils ne savent même pas que le prêtre récitait alors une prière… Quand les gens se mettent à table, embrassent-ils la table qui les attend ?

 

On a perdu le bons sens, le sens des choses, leur signification religieuse profonde : c’est vraiment une « désacralisation » progressive qui avance comme un bulldozer, à laquelle nous assistons, et qui enlève progressivement tout ce qui appartenait « au passé ».

 

Là non plus, je ne veux pas être comme Clovis : brûler ce que j’ai adoré et adorer ce que j’ai brûlé ! NON POSSUMUS ! NON POSSUM !

 

Quant à la Croix qui est obligatoire, sur l’étole, toujours d’après le Cérémonial des Evêques de 1984, il y a bien longtemps qu’elle a disparu des étoles… Comme si un mot d’ordre avait été donné.

 

Mais enfin, en tout cela, n’y aurait-il pas un chef d’orchestre ? Le clergyman qui apparaît du jour au lendemain, par un coup de baguette magique de la fée Carabosse ; les chemises de clergyman qui, du jour au lendemain passent du noir au gris, et à toutes les couleurs ; les aubes « prénatal » qui, là aussi, d’un jour à l’autre, règnent en maîtresses dans les sacristies, alors que les anciennes aubes habituelles, plissées, avec dentelles ou sans dentelles, l’amict, et le cordon disparaissent, et sont reléguées Dieu sait où !

 

Et pourtant, là aussi, en revêtant l’étole, le prêtre récitait cette prière d’une grande richesse, qui lui rappelait sa condition d’être mortel à cause du péché, son indignité à s’approcher d’un Ministère aussi sacré, mais aussi qui lui faisait demander de mériter tout de de même la joie éternelle :

 

« Redde mihi, Dómine, stolam immortalitátis, quam pérdidi in praevaricatióne primi paréntis: et, quamvis indígnus accédo ad tuum sacrum mystérium, mérear tamen gáudium sempitérnum.

« Redonnez-moi Seigneur, l’étole (le vêtement) de l’immortalité, que j’ai perdu lors de la prévarication de mes premiers parents, et quoique je m’approche sans en en être digne de ton Ministère Sacré, que je puisse pourtant jouir de la joie éternelle ».

 (A suivre)

Mgr J. MASSON

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Publié dans : Témoignages [Mgr Masson] - Communauté : Praedicatho.com
Jeudi 26 novembre 2009 4 26 /11 /Nov /2009 17:00

Par Mgr J. Masson
  1. L’aube

 

L'aube, du latin alba signifiant vêtement blanc, est un vêtement liturgique utilisé par les anglicans et les catholiques.


L'aube est une tunique longue allant jusqu'aux pieds et de couleur blanche, à manches étroites, serrée à la taille par un cordon. Elle est portée par tous les clercs, de l'évêque à l'acolyte comme habit liturgique. L'aube est ainsi nommée à cause de sa couleur et trouve son origine dans la tunica talaris des Romains, tunique à longs pans, tombant jusqu'aux chevilles et fixée à la taille par un cordon.


Ceux qui ont reçu « les Ordres Mineurs » - acolytes, lecteurs (et anciennement portiers et exorcistes) – pour le service à l’autel, et s’ils n’ont pas « reçu » la soutane, la portent seule, serrée à la taille par un cordon, ou, s’ils ont reçu «  la soutane, ils portent alors au choeur un surplis sur la soutane, ce qui est aussi l’habit requis pour l’assistance des clercs à une cérémonie liturgique.


Les ministres ordonnés - diacre, prêtre, évêque - avec l'étole, sous la dalmatique, la chape ou la chasuble. Le Cérémonial des Évêques (Cæremoniale Episcoporum) de 1984 précise que « le vêtement sacré pour tous les ministres quel que soit leur grade commun est l'aube, serrée autour des reins par le cordon. Si l'on doit revêtir la chasuble ou la dalmatique, l’aube est d’obligation.


L’aube peut être simple, ou ornée de broderies, dans le bas, ou encore aux bras ; les broderies peuvent partir de la taille.


On comprend aisément que la présence de broderies ait entraîné immédiatement sa suppression, car, les prêtres, célébrant sans soutane, on voyait leurs pantalons, par transparence. Et même si l’aube ne portait aucune broderie, elle était « gênante », car elle était normalement plissée, et il fallait la remettre dans ses plis. Et puis, s’il n’y a pas de soutane, ni même de clergyman, l’amict lui-même ne servait plus, et le haut de l’aube montrait le polo, le pull-over etc. Ce qui était loin d’être non seulement beau, mais DIGNE, bien sûr !

 

Enfin, un « prétexte » encore : les aubes à dentelles, que l’on trouvait dans toutes les paroisses, faites par le travail de femmes dévouées au service de l’autel, et qui travaillaient pour la Gloire de Dieu, ces aubes donnaient un sens de richesse qui, pour les prêtres n’allait pas avec l’esprit de pauvreté, de dénuement.

 

Pour remédier à ces signes de richesse, étant donné que Jésus lui-même avait montré l’exemple en naissant dans la pauvreté d’une étable, on acheta alors des aubes nouvelles, simples, modernes, sans plis (ce qui évitait des travaux de repassage), amples (je les appelle des aubes « Prénatal »), n’ayant plus besoin de cordon, avec un col montant, comme pour un pull-over, et qui se fermaient au cou par une fermeture-éclair. Or, ces aubes simples, « pauvres », coûtent très cher. On en est arrivé à ce paradoxe : se défaire de ce qui existe, parce que cela fait trop riche, pour dépenser des sommes folles « pour faire pauvre ». Et cela vaut aussi pour les chasubles, nous le verrons.

 

Et quoi que l’on en dise, ces aubes ne sont pas du tout la « coule » monastique qui a une autre origine, et est pourvue d’un capuchon (cuccula » en latin, d’où le nom de coule), et qui était d'une part à l'origine de la chasuble liturgique et d'autre part à l'origine du vêtement de chœur des moines, qui n'est autre qu'une ample chasuble dont les pans cousus ont formé les manches, ce qui ne nécessitait pas d’amict, ni de cordon.

 

Après la disparition de la soutane, c’est la disparition de l’amict, de l’aube habituelle et du cordon… en attendant la suite…

 

On est loin de ce que rappelait ci-dessus Notre Saint-Père le Pape Benoît XVI à propos des vêtements liturgiques, qui montrent que, en les revêtant, nous revêtons le Christ. C’est vraiment la « déclergification », la « désacerdotalisation » du prêtre qui devient ce que l’on a voulu qu’il devînt : un homme comme les autres.

 

L’aube, en effet n’est pas un simple vêtement que l’on porte ainsi, pour célébrer la Sainte Messe, mais un vêtement de fête, celui de l’enfant prodigue de retour, la robe nuptiale qui a été lavée dans le Sang de l’Agneau, comme le rappelle la prière suivante que l’on récitait en la revêtant (qui le sait encore, qui la connaît ?)

 

«               Deálba me, Dómine, et munda cor meum; ut, in Sánguine Agni dealbátus, gáudiis pérfruar sempitérnis.

              « Revêtez-moi, Seigneur d’un blanc éclatant, et guérissez mon cœur, afin que, purifié dans le Sang de l’Agneau, je puisse jouir des joies éternelles »

 

Et, à propos de l’aube (de l’étole), le Saint-Père reprenait cette prière dans l’Homélie de la Messe Chrismale en expliquant toute sa riche signification spirituelle, au moment où nous apprêtons à célébrer la Messe « Mysterium Fidei, le Mystère de Son Sacrifice :

 

« Les textes de la prière qui interprètent l'aube et l'étole vont tous deux dans la même direction. Ils évoquent le vêtement de fête que le maître donne au fils prodigue revenu à la maison, sale et en haillons. Lorsque nous nous approchons de la liturgie pour agir en la personne du Christ, nous nous apercevons tous combien nous sommes loin de Lui; combien il existe de saleté dans notre vie. Lui seul peut nous donner le vêtement de fête, nous rendre digne de présider à sa table, d'être à son service. Ainsi, les prières rappellent également les paroles de l'Apocalypse selon lequel les vêtements des 144.000 élus, non par leurs mérites, étaient dignes de Dieu. L'Apocalypse commente qu'ils avaient lavé leurs vêtements dans le sang de l'Agneau et que, de cette façon, ils étaient devenus blancs comme la lumière (cf. Ap 7, 14). Dès l'enfance, je me suis demandé:  mais lorsqu'on lave une chose dans le sang, elle ne devient certainement pas blanche! La réponse est:  le "sang de l'Agneau" est l'Amour du Christ crucifié. C'est cet amour qui rend propres nos vêtements sales; qui rend vrai notre esprit obscurci et l'illumine; qui, malgré toutes nos ténèbres, nous transforme en "lumière du Seigneur". En revêtant l'aube, nous devrions nous rappeler:  Il a souffert pour moi aussi. Ce n'est que parce que son amour est plus grand que tous mes péchés, que je peux le représenter et être témoin de sa lumière.


« Mais avec le vêtement de lumière que le Seigneur nous a donné lors du Baptême et, de manière nouvelle, lors de l'Ordination sacerdotale, nous pouvons aussi penser au vêtement nuptial, dont Il nous parle dans la parabole du banquet de Dieu […]. Chez Matthieu, le roi vient dans la salle remplie de monde pour voir ses hôtes. Et voilà qu'au sein de cette multitude, il trouve aussi un hôte sans habit nuptial, que l'on jette ensuite dehors dans les ténèbres. Alors Grégoire se demande:  "Mais quelle espèce d'habit lui manquait-il? Tous ceux qui sont réunis dans l'Eglise ont reçu l'habit nouveau du baptême et de la foi; autrement ils ne seraient pas dans l'Eglise. Que manque-t-il donc encore? Quel habit nuptial doit encore être ajouté?". Le Pape répond:  "Le vêtement de l'amour. Et, malheureusement, parmi ses hôtes auxquels il avait donné l'habit nouveau, le vêtement blanc de la renaissance, le roi en trouve certains qui ne portent pas le vêtement de couleur pourpre du double amour envers Dieu et envers le prochain. "Dans quelle condition voulons-nous nous approcher de la fête du ciel, si nous ne portons pas l'habit nuptial - c'est-à-dire l'amour, qui seul peut nous rendre beaux?", demande le Pape. Sans l'amour, une personne est obscure intérieurement. Les ténèbres extérieures, dont parle l'Evangile, ne sont que le reflet de la cécité intérieure du cœur (cf. Saint Grégoire Hom. 38, 8-13).


« A présent, alors que nous nous apprêtons à célébrer la Messe, nous devrions nous demander si nous portons cet habit de l'amour. Demandons au Seigneur d'éloigner toute hostilité en nous, de nous ôter tout sens d'autosuffisance et de nous revêtir véritablement du vêtement de l'amour, afin que nous soyons des personnes lumineuses et qui n'appartiennent pas aux ténèbres ».

 

Combien de prêtres pensent-ils à ce qu’ils font en revêtant l’aube ? C’est devenu un geste banal, d’un vêtement que l’on met et que l’on ôte machinalement, un vêtement de travail. Un geste banal. On est en pleine « désacralisation ». Quel gâchis ![à suivre]

Mgr J. MASSON

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Publié dans : Témoignages [Mgr Masson] - Communauté : Chrétiens et heureux de croire
Mercredi 18 novembre 2009 3 18 /11 /Nov /2009 15:00

Par Mgr J. Masson
Il y a quelques années, il était de bon ton de moquer ceux qui critiquaient les abus dans l'Eglise en les décrivant comme des fossiles attachés uniquement "à la soutane et au latin".

Voici quelques textes propres à étoffer ce qui a été dit dans l'article précédent, pour manifester que l'exigence de la soutane est bien une exigence ecclésiale.

Jean-Paul II le 31 janvier 1994 :

« ...On ressent aujourd'hui particulièrement la nécessité que le prêtre, homme de Dieu, dispensateur de ses mystères, soit reconnaissable par la communauté, également par l'habit qu'il porte. Le prêtre doit être reconnu avant tout par son comportement mais aussi par sa façon de se vêtir pour rendre immédiatement perceptible à tout fidèle et même à tout homme son identité et son appartenance à Dieu et à l'Église. » ( Jean-Paul II, Directoire pour le ministère et la vie des prêtres,1994, p. 69).

Le mardi de Pâques 1997, il redisait encore à des prêtres réunis dans la crypte de Saint Pierre :

« Il n'est pas fiable celui qui se cache dans l'anonymat d'un vêtement civil ».

Ce n'était qu'un rappel des règles du Concile de Trente :

« La témérité de certains prêtres - et leur mépris de la religion - s'affichent à ce point que, faisant peu de cas de leur dignité et de l'honneur clérical, ils portent des vêtements laïcs, ayant ainsi un pied dans les choses divines et l'autre dans les réalités charnelles » (Concile de Trente, session XIV, chapitre 8).

Le 23 mars 1967 l'Épiscopat français avait demandé :

« aux prêtres, pèlerins de Lourdes, de porter la soutane dans le domaine de la grotte: pour qu'on puisse aisément les identifier ; pour écarter les tenues qui n'ont souvent rien d'ecclésiastique; pour créer, dans le sanctuaire, un climat de dignité religieuse profitable aux pèlerins ».



CONGRÉGATION POUR LE CLERGÉ

DIRECTOIRE POUR LE MINISTÈRE ET LA VIE DES PRÊTRES
31 janvier 1994

*


66. /Obligation de l'habit ecclésiastique

Dans une société sécularisée et qui tend au matérialisme, où les signes extérieurs des réalités sacrées et surnaturelles disparaissent souvent, on ressent aujourd'hui particulièrement la nécessité que le prêtre --- homme de Dieu, dispensateur de ses mystères --- soit reconnaissable par la communauté, également grâce à l'habit qu'il porte, signe sans équivoque de son dévouement et de son identité de détenteur d'un ministère public.(211) Le prêtre doit être reconnu avant tout par son comportement mais aussi par sa façon de se vêtir, pour rendre immédiatement perceptible à tout fidèle et même à tout homme (212) son identité et son appartenence à Dieu et à l'Église.

Pour cette raison, le prêtre doit porter «un habit ecclésiastique digne, selon les normes indiquées par la conférence épiscopale et selon les coutumes locales légitimes». (213) Cela signifie que, lorsque l'habit n'est pas la soutane, il doit être différent de la manière de se vêtir des laïcs, et conforme à la dignité et la sacralité du ministère...

A cause de leur incohérence avec l'esprit de cette discipline, les pratiques contraires ne peuvent être considérées comme des coutumes légitimes et doivent être supprimées par l'autorité compétente.(214)

Sauf des situations totalement exceptionnelles, ne pas utiliser l'habit ecclésiastique peut manifester chez le clerc un faible sens de son identité de pasteur entièrement disponible au service de l'Église.(215)

_______________
NOTES

(211) Cf. JEAN-PAUL II, Lettre au Card. Vicaire de Rome (8 septembre 1982): «L'Osservatore Romano», 18-19 Octobre 1982.

(212) Cf. PAUL VI, Allocutions au clergé (17 février 1969; 17 février 1972; 10 février 1978): AAS, 61 (1969), 190, 64 (1972), 223; 70 (1978), 191; JEAN-PAUL II, Lettre aux prêtres à l'occasion du Jeudi-Saint 1979, Novo incipiente (7 avril 1979), 7: AAS 71 403-405; Allocutions au clergé (9 novembre 1978; 19 avril 1979) Insegnamenti, I (1978), 116; II (1979), 929.

(213) C.I.C., can. 284.

(214) Cf. PAUL VI, Motu Propio /Ecclesiae Sanctae, I, 25, 2d: AAS/58 (1966), 770; S. CONGR. POUR LES ÉVEQUES, lettre circulaire à tous les représentants pontificaux Per venire incontro (27 janvier 1976); S. CONGRÉGATION POUR L'ÉDUCATION CATHOLIQUE lettre circulaire  The document (6 janvier 1980): «L'Osservatore Romano» suppl., 12 avril 1980.

(215) Cf. PAUL VI, Catéchèse dans l'audience générale du 17 septembre 1969; Allocution au clergé (1er mars 1973): Insegnamenti, VII (1969), 1065; XI (1973), 176.




À la veille de son départ pour son premier Voyage apostolique en Afrique, le Pape Benoît XVI a reçu en audience, le 16 mars, les membres de la Congrégation pour le Clergé:

"la mission du prêtre a ses racines, de manière spéciale, dans une bonne formation, réalisée en communion avec la Tradition ininterrompue de l'Église, sans coupures ni tentations de discontinuité. Dans ce sens, il est important de favoriser chez les prêtres, et surtout chez les jeunes générations, une réception correcte des textes du Concile oecuménique Vatican II, interprétés à la lumière de tout le bagage doctrinal de l'Église. Elle est urgente la récupération de cette conscience qui pousse les prêtres à être présents, indentifiables et reconnaissables, et par leur jugement de foi, et par les vertus personnelles, mais aussi par l'habit, dans les milieux de la culture et de la charité, qui sont depuis toujours au coeur de la Mission de l'Église".
Mgr J. Masson
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