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« Je vous ai dit ces choses, pour que vous ayez la paix en moi.
Dans le monde vous aurez à souffrir. Mais gardez courage ! J'ai vaincu le monde » (Jn 16,33)

 

Hymne des JMJ - Sydney 2008
Mardi 25 septembre 2007

 


page14-1.jpg
Il semble que les dispositions de la Lettre apostolique du pape Benoît XVI sur l’élargissement de la messe selon l'ordo de 1962 soient entrées en application dans la paix, ce qui constitue un premier objectif atteint par le texte.

A dire vrai, il n’y a pas de raison qu’il en soit autrement, ainsi que nous l’avons déjà souligné, si les interlocuteurs sont de bonne volonté, mieux : de volonté bonne. Parmi le jeune clergé, qui n’a pas été acteur des querelles passées, la « forme extraordinaire du rite latin » apparaît simplement pour ce qu’elle est : un élément vénérable du patrimoine liturgique de l’Eglise, de leur patrimoine sacerdotal. C’est pourquoi d’aucuns ne soulèvent aucune objection à la découvrir, à y puiser, voire à l’utiliser.


C
’est pour faciliter cette découverte et cet usage que l’un d’eux, M. l’abbé Pierre-Emmanuel DESAINT, praticien des deux formes liturgiques, a élaboré un ouvrage intitulé Apprendre à célébrer la messe basse selon le Missel de 1962 (format A4, env. 70 pages). Cet ouvrage, très pédagogique, a été préparé en collaboration avec les moines de l’abbaye Notre-Dame de Fontgombault. Il peut être commandé sur le site internet de l’auteur (Ici) ou à l’adresse suivante :


M. l’Abbé Pierre-Emmanuel Desaint
84, rue du Connétable
60500 Chantilly

par La rédaction publié dans : Documents
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Jeudi 20 septembre 2007

drapeau-liban-deuil.jpgI.-    Le Liban est à nouveau endeuillé, par l’assassinat à Sin-el-Fil [Beyrouth], d’Antoine Ghanem (1943-2007), tué en même temps que quatre autres personnes. Ce député chrétien maronite de Baabda, du parti Kataëb, était avocat et professeur de droit à l’Université libanaise. Il avait lui-même fait une partie de ses études à Lyon. Il était de ces politiciens courageux qui se sont opposés à l’hégémonie de la Syrie et de ses alliés au Liban. Nous présentons ici toutes nos condoléances à sa famille.

Après tant d’années de guerre, tant de souffrances, tant de déchirures dans le tissu social et les familles, certains courants politiques et certaines puissances régionales semblent vouloir tout faire pour que ce pays ne retrouve pas de stabilité institutionnelle. Le vide, le chaos est l’humus où ils entendent prospérer et imposer leur loi, directement ou indirectement, par la violence. A l’évidence, des Libanais eux-mêmes sont complices de cette subversion, à des degrés divers. M. Amine Gemayel, ancien président de la République libanaise et chef du parti Kataëb, tout en appelant ses concitoyens à la modération et à la prière, a fustigé le comportement de ceux qui ne cessent de critiquer l’Etat et qui, cependant, « continuent à paralyser le gouvernement, le Parlement, les institutions de l’État et l’économie ».

L’enjeu de ce que L’Orient-le-Jour appelle « le sanglant décompte », qui porte aujourd’hui à dix le nombre des personnalités anti-syriennes assassinées depuis l’assassinat de Marwan Hamadé, le 1er octobre 2004, est pour l’heure celui de la prochaine échéance électorale, par laquelle doit bientôt être désigné le président de la République. Il s’agit de frapper de peur les opposants anti-syriens et de diminuer physiquement leur nombre, comme l’a souligné le chef du PSP, M. Walid Joumblatt : « C’est un rituel macabre, et le décompte l’est tout autant ; le calcul machiavélique du régime syrien consiste à réduire un par un la majorité parlementaire à la veille de l’élection présidentielle. Il faut tenir, nous n’avons pas le choix ».

 
II.-     Là comme ailleurs, l’Eglise et les chrétiens, avec d’autres, restent debout pour s’opposer à cette barbarie de toute leur voix. Voici la déclaration qui a été rendue publique hier par les évêques maronites du Liban, réunis autour du patriarche Nasrallah Sfeir, et dont nous empruntons la citation à l’Orient-le-Jour [Ici]. Elle constitue un exemple de la sollicitude pressante de l’Eglise pour le bien commun de la cité.

« Notre appel cette année émane d’un cœur blessé, en raison de la situation à laquelle est parvenu notre pays. Celui-ci se trouve désormais au bord du gouffre du fait des crises et des catastrophes qui l’ont secoué (…).

« Nous gardons toutefois l’espoir que ses fils sauront faire preuve d’éveil et se rendront compte à quel point ils sont arrivés, et cela afin de se retrouver à nouveau et de joindre leurs efforts pour sauver un pays qui ne peut l’être que par eux. Charité bien ordonnée commence par soi-même. Il est vain de regarder à droite et à gauche, à l’Est ou à l’Ouest. Nous ne trouverons ce que nous recherchons que sur la terre qui nous a vus naître.


« 1 - Une échéance cruciale

« Le Liban fait face aujourd’hui à une échéance cruciale, l’élection d’un président de la République. Le sort de la nation libanaise dépend du bon choix qui sera fait. Le Liban ne pourrait renaître que dans un climat de coopération entre son président, son gouvernement et son Parlement.

« Mais il souffre aujourd’hui de la difficulté de parvenir à un accord sur le choix d’un bon citoyen prêt à agir pour sauver le pays des périls qui le menacent. Les candidats sont nombreux à la première magistrature et les détracteurs de chacun d’eux le sont aussi, au seul énoncé du nom (…).

« Il est souhaitable que soit élu un président qui rassemble les Libanais de toutes les catégories, un homme d’expérience, un politique chevronné, capable de prendre ses décisions par lui-même, imposant le prestige de l’État et œuvrant à étendre son pouvoir sur l’ensemble des citoyens.

« Il sera de son devoir de savoir qu’il a été élu pour réaliser les aspirations du peuple libanais, non pour satisfaire les ambitions et les souhaits de telle ou telle personne, État, fraction ou catégorie de gens.

« Le président de la Chambre a lancé une initiative visant à un accord sur le choix d’un président de la République faisant l’unanimité des Libanais autour de son nom. Nous espérons que cette initiative sera couronnée de succès.

« Il est du devoir des honorables députés de prendre part à la séance électorale, de par la responsabilité qu’ils ont envers la patrie et leurs compatriotes. Le renoncement dans ce domaine est synonyme de boycottage de la nation. Or nul, quel qu’il soit et quelle que soit la position qu’il occupe, n’est en mesure de boycotter sa nation et contribuer à entraver ses affaires.


« 2 - L’émigration massive et ses causes

« Si l’échéance présidentielle n’a pas lieu, le destin du pays sera obscur. Cela inquiète les Libanais et suscite leur colère. Ce sont les dirigeants et les hommes politiques qui devront assumer cette responsabilité devant Dieu, devant la conscience et devant l’histoire. Cette vision pessimiste a porté et porte encore de nombreux citoyens à émigrer à la recherche de la tranquillité sur une terre où ils peuvent retrouver la sécurité et le repos de l’esprit.

« On dit que près d’un million de Libanais de toutes confessions ont quitté le Liban, soit pour trouver un gagne-pain, soit par dégoût de la situation, soit par désespoir face à une situation qui ne fait qu’empirer depuis deux ans. La plupart des Libanais craignent que leur situation n’empire à l’instar de celle des autres qui ont pris la fuite.

« Auparavant, l’émigration était individuelle et se limitait à certains membres d’une même famille. À présent, c’est toute la famille qui s’en va (…). L’émigration vers les pays arabes peut n’être que provisoire, mais ceux qui partent loin, vers l’Australie, le Canada et les États-Unis ne reviennent pas.

« a. Les causes de l’émigration sont nombreuses, la principale étant la raréfaction des opportunités d’emploi qui touche notamment les jeunes, porteurs dans leur majorité de diplômes universitaires. Dans tous les pays, la fuite des cerveaux n’est pas seulement une grande perte, c’est une perte mortelle. »

« b. La situation générale, qui n’incite pas à la tranquillité, poussant de nombreux Libanais, y compris des députés et des responsables, à quitter le pays pour l’Europe ou pour certains pays arabes à la recherche de la sécurité et de crainte d’assassinats. Il suffit de constater que depuis 2004, il y a eu au Liban quatorze assassinats ou tentatives d’assassinats, et quatre personnes visées en ont réchappé. Le Liban n’avait pas connu un tel phénomène au cours des trente dernières années, en dépit des catastrophes survenues sur son territoire (…).

« c. La récession économique que le Liban traverse, notamment la capitale, et la fermeture des magasins et des établissements de tourisme, y compris des hôtels, des restaurants et des cafés du fait du sit-in du centre-ville, qui a incité leurs propriétaires à transférer leurs activités dans certains pays arabes en attendant d’aller encore plus loin.

« Les touristes se sont abstenus de venir au Liban, surtout en été, et comment en serait-il autrement après les attentats qui touchent à la vie des habitants.

« d. Les guerres qui se sont déroulées en juillet-août 2006 et cette année-ci à Nahr el-Bared. On estimait que cette dernière ne durerait pas plus d’une semaine, elle s’est prolongée pendant plus de trois mois et a causé des pertes énormes dans les rangs de l’armée libanaise, sans toutefois et heureusement porter atteinte à sa disponibilité, sa discipline et sa détermination

 « e. Les divergences entre les hommes politiques et leurs interminables polémiques. Les divergences touchent à des questions cruciales portant sur des choix fondamentaux pour la patrie. Ou bien la patrie sera souveraine, libre et indépendante, ou bien elle sera dépendante de l’étranger. Nous avons vu où la dépendance que nous avions connue durant plus d’un quart de siècle nous avait menés. Or au lieu de nous jeter sur nos problèmes avec objectivité et sincérité, nous continuons à prêter l’oreille à tel ou tel pays et à nous précipiter pour agir selon sa volonté. Nous ignorons ainsi que personne au monde ne préfère l’intérêt d’autrui au sien propre et nous sommes heureux des armes et de l’argent qu’ils nous fournissent pour nous entretuer.

« C’est pourquoi il nous faut ouvrir bien nos yeux et voir en face les dangers qui nous menacent à présent que le pays est arrivé au bord de la faillite et que sa dette a dépassé les 40 milliards de dollars, pendant que de nombreux Libanais intéressés continuent à se livrer à des procès vaseux.

« À cet égard, il faut noter que la tonalité des discours a atteint ces derniers temps des niveaux que les Libanais ne connaissaient pas auparavant, une tonalité brutale pleine de mépris pour l’autre. Qui ne se respecte pas lui-même ne peut s’attendre à ce que les gens le respectent.


« 3. Où est le remède ?

« Si chaque grande communauté tente d’asseoir son hégémonie sur les autres avec les armes qu’elle possède et l’argent qu’elle reçoit, quelle que soit son origine, et étendre son pouvoir par la force et la terreur sur ses compatriotes, nous ne voyons alors aucun remède à ce mal. »

« Il existe au Liban dix-huit communautés censées coexister sur un pied d’égalité devant la loi dans un climat de solidarité, de concorde et de fraternité (…).

« Mais comment parvenir à ce climat de tranquillité et de confiance pour tous les Libanais tant que telle ou telle fraction continue à amasser les armes et à mobiliser les combattants et les entraîner au combat ; tant qu’elle se taille quasiment un émirat dans lequel elle exerce le monopole et interdit à quiconque veut y pénétrer de faire ce qu’il entend ; tant qu’elle ne tient pas compte des autres, ni de l’État en place; et tant qu’elle importe ce qu’elle désire de marchandises sans contrôle, qu’elles soient interdites ou pas, comme s’il n’existait pas de douanes surveillant ce qui entre dans le pays. Il ne fait pas de doute que tout cela fait peser (sur le pays) la menace d’une dangereuse dislocation et de la création de mini-États en guerre entre eux sur les ruines de la patrie unique.

« Le remède est que chacun d’entre nous revienne à sa conscience et à son patriotisme (…) pour édifier notre patrie commune, unique en son genre au monde. Ainsi que l’avait dit de lui Jean-Paul II et qui continue à résonner dans tous les esprits, le Liban est le message de l’Orient et de l’Occident. Il est un message de liberté et de coexistence entre chrétiens et musulmans (…).


« 4 - Édifions une patrie

« Les nations se nourrissent et prospèrent des sacrifices de leurs fils. Nous remercions le Ciel que l’armée libanaise se soit montrée plus solide que jamais et que ses officiers et ses soldats aient affronté la mort avec courage et détermination. Au cours de la seconde moitié du XXe siècle, l’armée avait dû affronter plusieurs incidents qui avaient conduit à sa division. Cette fois-ci, elle a tenu face à l’épreuve. Nous en félicitons son commandant, ses officiers et ses soldats.

« La nation a besoin de tous ses fils. Les forts doivent y aider les faibles, les riches tendre la main aux pauvres, les sains assister les malades et les handicapés, surtout en ces jours difficiles qui voient la masse des gens vivre dans des conditions dures.

« Il faut que l’on ait à l’esprit que la nation a besoin de tous ses citoyens. Si chaque groupe pense fonder une patrie indépendante des autres, il ne restera plus de nation digne de ce nom.


« 5 - Les exigences de cette phase de l’histoire du Liban

« Nous vivons aujourd’hui une période difficile qui nécessite beaucoup de sagesse et de capacité de vision. Nous espérons que tous les responsables s’élèveront au niveau des exigences du moment et que nul d’entre eux ne recherchera son intérêt particulier. Nous devons tous rechercher à travers un dialogue franc l’intérêt commun du pays. Nous devons tous savoir que le Liban est trop petit pour être divisé et que la Providence nous impose de vivre ensemble sur un pied d’égalité devant la loi (…).

« Nous ne devons pas regarder notre patrie avec pessimisme, malgré tous les problèmes dont elle souffre, alors que le monde entier le regarde avec optimisme et appréciation (…).


« Conclusion

« Le Liban est notre patrie. Nos fils et nos aïeux y reposent (…). Il n’est pas permis que nos mains le défigurent, déchirent l’unité de ses fils et portent atteinte à son passé glorieux et son avenir prometteur.

« En conclusion, nous appelons tous les Libanais à s’en remettre à Dieu auquel nous croyons tous, chacun à sa manière, et à lui demander de retirer de leur cœur toute haine et amertume et à y placer en échange la concorde (…) ».

par La rédaction publié dans : Documents
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Mardi 11 septembre 2007

    Invité  cet été au Congrès  célébrant le 125ème anniversaire des Knights of Colombus (cf.) – dont le regretté cardinal Edouard GAGNON (1918-2007) était membre, le cardinal T. BERTONE, Secrétaire d’Etat, a donné une  conférence sur le thème de "la foi en action", c'est-à-dire sur l'engagement du chrétien consécutif, dans la vie sociale, à son acquiescement donné à la personne du Christ. Nous donnons ici quelques extraits de ce discours, propre à stimuler nos engagements.

Quelle est l'essence de cet acquiescement, et comment le vivre comme laïc ? s'est-il interrogé. Cet acquiescement, ce "Oui" donné au Christ « est tout simplement le "Oui" de la foi. C'est notre pleine acceptation, sans réserve, de Jésus comme Seigneur et notre engagement à le suivre comme maître et enseignant. En effet, le mot "oui" n’a de sens que dans le contexte d’un dialogue entre deux personnes : celle qui le prononce et celle qui l’accepte. Dans le cas de la foi, la personne à qui nous adressons ce "Oui" n'est autre que le Fils de Dieu, l'Oint, le Verbe éternel fait chair. Le Pape Benoît XVI a souligné le besoin urgent pour chacun d'entre nous de rencontrer Jésus ; bien plus, il a montré et continue de montrer – tant par ses paroles que par sa vie – que l’accomplissement véritable, la joie et la paix durable ne peuvent être trouvés qu’en disant "Oui" au plan divin du salut tel qu’il a été révélé dans la personne de Jésus-Christ. Ce n’est que dans la communication intime avec le Fils incarné de Dieu que nous découvrons la grâce de  “mettre notre foi en action” ».

    L’apostolat, souligne le cardinal Bertone, ne peut trouver sa profondeur et sa persévérance que dans cet enracinement.

« (…) C'est précisément le message adressé par le pape Benoît XVI dans sa lettre encyclique Deus Caritas est. Comme on lui demandait pourquoi il avait consacré sa première encyclique au thème de l'amour, il répondit qu'il avait souhaité manifester l'humanité de la foi. Ce n’est qu’en vivant la vie de la foi – c'est-à-dire en s’immergeant profondément dans l'amour et la miséricorde de Dieu tels qu’ils sont révélés en Jésus-Christ – que nous sommes rendus capables d’aimer notre prochain comme nous-mêmes et de lui pardonner. Nul ne connaît mieux que les laïcs de l’Eglise les obstacles, les défis et les tentations de découragement auxquels se heurte la vie de la foi dans un monde de plus en plus complexe et contradictoire. Dans leur vie de famille, leur lieu de travail ou dans la vie publique, les laïcs sont continuellement exposés à la tentation de compromettre leur “oui” à Dieu en diluant les valeurs de l’Evangile ou en apposant des limites ou des conditions à l’amour du prochain ».

 

« (…) Le Saint-Père a souligné, lors de sa visite pastorale au Brésil, les défis uniques lancés par le monde contemporain à la vocation des laïcs. En relevant que l'Amérique est un « continent de chrétiens baptisés », il a affirmé qu’il « était temps de combler l'absence notable - dans la sphère politique, dans le monde des médias et dans les universités - de voix et d’initiatives de chefs catholiques aux personnalités fortes et à l’engagement généreux, qui soient cohérents dans leurs convictions éthiques et religieuses ». Le pape a insisté fortement sur la nécessité  pour les chrétiens actifs dans ces milieux sociaux et culturels de sauvegarder les valeurs éthiques. Par-dessus tout, a-t-il dit, « là où Dieu est absent - Dieu avec le visage humain de Jésus-Christ – ces valeurs ne se manifestent pas dans toute leur force, et ne suscitent pas de consensus autour d’elles. Je ne veux pas dire que les non-croyants ne peuvent pas vivre une moralité élevée et exemplaire ; je dis seulement qu'une société dans laquelle Dieu est absent ne trouvera pas le consensus nécessaire sur des valeurs morales ni la force de vivre selon le modèle de ces valeurs, même lorsqu'elles sont en conflit avec des intérêts privés ». En bref, être catholique dans le monde actuel réclame du courage ; pas davantage, cependant, que lorsque Jésus a appelé ses premiers disciples en Galilée ».

 
    Le cardinal Bertone a également mis l’accent sur un aspect essentiel de l’apostolat des laïcs, à savoir la nécessité de tirer “dans le même sens” dans l’Eglise et avec l’Eglise, de travailler dans l’unité et la charité. Cet appel prend un tour particulièrement digne d’intérêt au moment où le pape Benoît XVI appelle, dans l’Eglise universelle – et en particulier dans notre pays – les fidèles à mettre un terme à leurs querelles liturgiques. Mais ce qui vaut à grande échelle vaut aussi à petite, pour chaque diocèse, chaque communauté paroissiale :

 

« (…) Notre témoignage intégral et persuasif à la vérité de l'Évangile dépend profondément de la capacité des évêques, des prêtres, des diacres, des religieux et des laïcs à travailler ensemble pour la diffusion de Royaume de Dieu en reconnaissant le rôle distinctif de chaque vocation dans le Corps du Christ (…) ».

 

Il faut chercher à « faciliter la coopération efficace entre vous, vos Évêques, vos pasteurs, les membres du personnel paroissial et les communautés sociales dans lesquelles vous vivez et travaillez. Si votre communauté locale souffre des blessures de la division, qu’elles soient profondes ou non, prenez le temps d'approfondir votre cohésion, car lorsque celle-ci fait défaut dans une famille paroissiale ou une église locale, la capacité de témoigner du Christ dans une société élargie en est affaiblie ».

par La rédaction publié dans : Documents
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Samedi 7 juillet 2007

"Chers frères dans l'Episcopat,

 
C'est avec beaucoup de confiance et d'espérance que je remets entre vos mains de pasteurs le texte d'une nouvelle Lettre Apostolique "Motu Proprio Data", sur l'usage de la liturgie romaine antérieure à la réforme de 1970. Ce document est le fruit de longues réflexions, de multiples consultations, et de la prière.


Des nouvelles et des jugements formulés sans information suffisante, ont suscité beaucoup de confusion. On trouve des réactions très diverses les unes des autres, qui vont de l'acceptation joyeuse à une dure opposition, à propos d'un projet dont le contenu n'était, en réalité, pas connu.

 
Deux craintes s'opposaient plus directement à ce document, et je voudrais les examiner d'un peu plus près dans cette lettre.

 
En premier lieu il y a la crainte d'amenuiser ainsi l'autorité du Concile Vatican II, et de voir mettre en doute une de ses décisions essentielles, la réforme liturgique.

 
Cette crainte n'est pas fondée. A ce propos, il faut dire avant tout que le Missel, publié par Paul VI et réédité ensuite à deux reprises par Jean-Paul II, est et demeure évidemment la Forme normale - la Forma Ordinaria - de la liturgie Eucharistique. La dernière version du Missale Romanum, antérieure au Concile, qui a été publiée sous l'autorité de Jean XXIII en 1962 et qui a été utilisée durant le Concile, pourra en revanche être utilisée comme Forma Extraordinaria de la Célébration liturgique. Il n'est pas convenable de parler de ces deux versions du Missel Romain comme s'il s'agissait de deux rites. Il s'agit plutôt d'un double usage de l'unique et même rite.

 
Quant à l'usage du Missel de 1962, comme Forma Extraordinaria de la Liturgie de la Messe, je voudrais attirer l'attention sur le fait que ce Missel n'a jamais été juridiquement abrogé, et que par conséquent, en principe, il est toujours resté autorisé. Lors de l'introduction du nouveau Missel, il n'a pas semblé nécessaire de publier des normes propres concernant la possibilité d'utiliser le Missel antérieur. On a probablement supposé que cela ne concernerait que quelques cas particuliers, que l'on résoudrait localement, au cas par cas. Mais, par la quelques cas particuliers, que l'on résoudrait localement, au cas par cas. Mais, par la suite, il s'est vite avéré que beaucoup de personnes restaient fortement attachées à cet usage du Rite romain, qui leur était devenu familier depuis l'enfance. Ceci s'est produit avant tout dans les pays où le mouvement liturgique avait donné à de nombreuses de personnes une remarquable formation liturgique, ainsi qu'une familiarité profonde et intime avec la Forme antérieure de la Célébration liturgique. Nous savons tous qu'au sein du mouvement conduit par Mgr. Lefebvre, la fidélité au Missel ancien est devenue un signe distinctif extérieur ; mais les raisons de la fracture qui naissait sur ce point étaient à rechercher plus en profondeur. Beaucoup de personnes qui acceptaient clairement le caractère contraignant du Concile Vatican II, et qui étaient fidèles au Pape et aux Evêques, désiraient cependant retrouver également la forme de la sainte liturgie qui leur était chère ; cela s'est produit avant tout parce qu'en de nombreux endroits on ne célébrait pas fidèlement selon les prescriptions du nouveau Missel ; au contraire, celui-ci finissait par être interprété comme une autorisation, voire même une obligation de créativité ; cette créativité a souvent porté à des déformations de la liturgie à la limite du supportable. Je parle d'expérience, parce que j'ai vécu moi aussi cette période, avec toutes ses attentes et ses confusions. Et j'ai constaté combien les déformations arbitraires de la liturgie ont profondément blessé des personnes qui étaient totalement enracinées dans la foi de l'Eglise.

 
C'est pour ce motif que Jean-Paul II s'est vu dans l'obligation de donner, avec le Motu proprio Ecclesia Dei du 2 juillet 1988, un cadre normatif pour l'usage du Missel de 1962; ce cadre ne contenait cependant pas de prescriptions détaillées, mais faisait appel de manière plus générale à la générosité des Evêques envers les justes aspirations des fidèles qui réclamaient cet usage du Rite romain. A cette époque, le Pape voulait ainsi aider surtout la Fraternité Saint Pie X à retrouver la pleine unité avec le Successeur de Pierre, en cherchant à guérir une blessure perçue de façon toujours plus douloureuse. Cette réconciliation n'a malheureusement pas encore réussi; cependant, une série de communautés a profité avec gratitude des possibilités offertes par ce Motu Proprio. Par contre, en dehors de ces groupes, pour lesquels manquaient des normes juridiques précises, la question de l'usage du Missel de 1962 est restée difficile, avant tout parce que les Evêques craignaient, dans ces situations, que l'on mette en doute l'autorité du Concile. Aussitôt après le Concile Vatican II, on pouvait supposer que la demande de l'usage du Missel de 1962 aurait été limitée à la génération plus âgée, celle qui avait grandi avec lui, mais entre temps il est apparu clairement que des personnes jeunes découvraient également cette forme liturgique, se sentaient attirées par elle et y trouvaient une forme de rencontre avec le mystère de la Très Sainte Eucharistie qui leur convenait particulièrement. C'est ainsi qu'est né le besoin d'un règlement juridique plus clair, que l'on ne pouvait pas prévoir à l'époque du Motu Proprio de 1988 ; ces normes entendent également délivrer les Evêques de la nécessité de réévaluer sans cesse la façon de répondre aux diverses situations.

 
En second lieu, au cours des discussions sur ce Motu Proprio attendu, a été exprimée la crainte qu'une plus large possibilité d'utiliser le Missel de 1962 puisse porter à des désordres, voire à des fractures dans les communautés paroissiales. Cette crainte ne me paraît pas non plus réellement fondée. L'usage de l'ancien Missel présuppose un minimum de formation liturgique et un accès à la langue latine ; ni l'un ni l'autre ne sont tellement fréquents. De ces éléments préalables concrets découle clairement le fait que le nouveau Missel restera certainement la forme ordinaire du Rite romain, non seulement en raison des normes juridiques, mais aussi à cause de la situation réelle dans lesquelles se trouvent les communautés de fidèles.

 
Il est vrai que les exagérations ne manquent pas, ni parfois des aspects sociaux indûment liés à l'attitude de certains fidèles liés à l'ancienne tradition liturgique latine. Votre charité et votre prudence pastorale serviront de stimulant et de guide pour perfectionner les choses. D'ailleurs, les deux formes d'usage du Rite romain peuvent s'enrichir réciproquement : dans l'ancien Missel pourront être et devront être insérés les nouveaux saints, et quelques-unes des nouvelles préfaces. La Commission Ecclesia Dei, en lien avec les diverses entités dédiées à l'Usus Antiquior, étudiera quelles sont les possibilités pratiques. Dans la célébration de la Messe selon le Missel de Paul VI, pourra être manifestée de façon plus forte que cela ne l'a été souvent fait jusqu'à présent, cette sacralité qui attire de nombreuses personnes vers le rite ancien. La meilleure garantie pour que le Missel de Paul VI puisse unir les communautés paroissiales et être aimé de leur part est de célébrer avec beaucoup de révérence et en conformité avec les prescriptions ; c'est ce qui rend visible la richesse spirituelle et la profondeur théologique de ce Missel.

 
J'en arrive ainsi à la raison positive qui est le motif qui me fait actualiser par ce Motu Proprio celui de 1988. Il s'agit de parvenir à une réconciliation interne au sein de l'Eglise. En regardant le passé, les divisions qui ont lacéré le corps du Christ au cours des siècles, on a continuellement l'impression qu'aux moments critiques où la division commençait à naître, les responsables de l'Eglise n'ont pas fait suffisamment pour conserver ou conquérir la réconciliation et l'unité ; on a l'impression que les omissions dans l'Eglise ont eu leur part de culpabilité dans le fait que ces divisions aient réussi à se consolider. Ce regard vers le passé nous impose aujourd'hui une obligation: faire tous les efforts afin que tous ceux qui désirent réellement l'unité aient la possibilité de rester dans cette unité ou de la retrouver à nouveau. Il me vient à l'esprit une phrase de la seconde Epître aux Corinthiens, où Saint Paul écrit : "Nous vous avons parlé en toute liberté, Corinthiens; notre coeur s'est grand ouvert. Vous n'êtes pas à l'étroit chez nous ; c'est dans vos coeurs que vous êtes à l'étroit. Payez-nous donc de retour; (...) ouvrez tout grand votre coeur, vous aussi!" Paul le dit évidemment dans un autre contexte, mais son invitation peut et doit aussi nous toucher, précisément sur ce thème. Ouvrons généreusement notre cœur et laissons entrer tout ce à quoi la foi elle-même fait place.

 
Il n'y a aucune contradiction entre l'une et l'autre édition du Missale Romanum. L'histoire de la liturgie est faite de croissance et de progrès, jamais de rupture. Ce qui était sacré pour les générations précédentes reste grand et sacré pour nous, et ne peut à l'improviste se retrouver totalement interdit, voire considéré comme néfaste. Il est bon pour nous tous, de conserver les richesses qui ont grandi dans la foi et dans la prière de l'Eglise, et de leur donner leur juste place. Evidemment, pour vivre la pleine communion, les prêtres des communautés qui adhèrent à l'usage ancien ne peuvent pas non plus, par principe, exclure la célébration selon les nouveaux livres. L'exclusion totale du nouveau rite ne serait pas cohérente avec la reconnaissance de sa valeur et de sa sainteté.

 
Pour conclure, chers frères, il me tient à cœur de souligner que ces nouvelles normes ne diminuent aucunement votre autorité et votre responsabilité, ni sur la liturgie, ni sur la pastorale de vos fidèles. Chaque évêque est en effet le modérateur de la liturgie dans son propre diocèse (cfr. Sacrosanctum Concilium, n. 22 :  "Sacrae liturgiae moderatio ab Ecclesiae auctoritate unice pendet : quae quidem est apud Apostolicam Sedem et, ad normam iuris, apud Episcopum").

 
Rien n'est donc retiré à l'autorité de l'évêque dont le rôle demeurera de toute façon celui de veiller à ce que tout se passe dans la paix et la sérénité. Si quelque problème devait surgir et que le curé ne puisse pas le résoudre, l'ordinaire local pourra toujours intervenir, en pleine harmonie cependant avec ce qu'établissent les nouvelles normes du Motu Proprio.

 
Je vous invite en outre, chers frères, à bien vouloir écrire au Saint-Siège un compte-rendu de vos expériences, trois ans après l'entrée en vigueur de ce Motu Proprio. Si de sérieuses difficultés étaient vraiment apparues, on pourrait alors chercher des voies pour y porter remède.

 
Chers Frères, c'est en esprit de reconnaissance et de confiance que je confie à votre cœur de Pasteurs ces pages et les normes du Motu Proprio. Souvenons-nous toujours des paroles de l'Apôtre Paul, adressées aux prêtres d'Ephèse: "Soyez attentifs à vous-mêmes, et à tout le troupeau dont l'Esprit-Saint vous a établis gardiens, pour paître l'Eglise de Dieu, qu'il s'est acquise par le sang de son propre Fils" (Ac 20,28).

 
Je confie à la puissante intercession de Marie, Mère de l'Eglise, ces nouvelles normes, et j'accorde de tout mon cœur ma bénédiction apostolique à vous, chers frères, aux curés de vos diocèses, et à tous les prêtres vos collaborateurs ainsi qu'à tous vos fidèles".

 

Fait auprès de Saint-Pierre, le 7 juillet 2007

Benoît XVI

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Samedi 7 juillet 2007
LETTRE APOSTOLIQUE EN FORME DE MOTU PROPRIO DU SOUVERAIN PONTIFE BENOÎT XVI

Sur l’usage de la Liturgie romaine antérieure à la réforme de 1970

(Traduction empruntée, à quelques réserves près, au site Eucharistie Miséricorde)

Texte original latin [Ici]

 

    LES SOUVERAINS PONTIFES ont toujours veillé jusqu’à nos jours à ce que l’Église du Christ offre à la divine Majesté un culte digne, « à la louange et à la gloire de son nom » et « pour le bien de toute sa sainte Église ».


Depuis des temps immémoriaux et aussi à l’avenir, le principe à observer est que « chaque Église particulière doit être en accord avec l’Église universelle, non seulement quant à la doctrine de la foi et aux signes sacramentels, mais aussi quant aux usages reçus universellement de la tradition apostolique ininterrompue, qui sont à observer non seulement pour éviter des erreurs, mais pour transmettre l’intégrité de la foi, parce que la lex orandi de l’Église correspond à sa lex credendi » (1).


Parmi les Pontifes qui ont eu ce soin se distingue le nom de saint Grégoire le Grand qui fut attentif à transmettre aux nouveaux peuples de l’Europe tant la foi catholique que les trésors du culte et de la culture accumulés par les Romains au cours des siècles précédents. Il ordonna de déterminer et de conserver la forme de la liturgie sacrée, aussi bien du Sacrifice de la Messe que de l’Office divin, telle qu’elle était célébrée à Rome. Il encouragea vivement les moines et les moniales qui, vivant sous la Règle de saint Benoît, firent partout resplendir par leur vie, en même temps que l’annonce de l’Évangile, cette très salutaire manière de vivre de la Règle, « à ne rien mettre au-dessus de l’œuvre de Dieu » (chap. 43). Ainsi, la liturgie selon les coutumes de Rome féconda non seulement la foi et la piété mais aussi la culture de nombreux peuples. C’est un fait en tout cas que la liturgie latine de l’Église sous ses diverses formes, au cours des siècles de l’ère chrétienne, a été un stimulant pour la vie spirituelle d’innombrables saints et qu’elle a affermi beaucoup de peuples par la religion et fécondé leur piété.


Au cours des siècles, beaucoup d’autres Pontifes romains se sont particulièrement employés à ce que la liturgie accomplisse plus efficacement cette tâche ; parmi eux se distingue saint Pie V, qui, avec un grand zèle pastoral, suivant l’exhortation du Concile de Trente, renouvela tout le culte de l’Église, fit éditer des livres liturgiques corrigés et « réformés selon la volonté des Pères », et les donna à l’Église latine pour son usage.


Parmi les livres liturgiques du Rite romain, la première place revient évidemment au Missel romain, qui se répandit dans la ville de Rome puis, les siècles suivants, prit peu à peu des formes qui ont des similitudes avec la forme en vigueur dans les générations récentes.


« C’est le même objectif qu’ont poursuivi les Pontifes romains au cours des siècles suivants en assurant la mise à jour des rites et des livres liturgiques ou en les précisant, et ensuite, depuis le début de ce siècle, en entreprenant une réforme plus générale » (2). Ainsi firent mes prédécesseurs Clément VIII, Urbain VIII, saint Pie X (3), Benoît XV et le bienheureux Jean XXIII.


Plus récemment, le Concile Vatican II exprima le désir que l’observance et le respect dus au culte divin soient de nouveau réformés et adaptés aux nécessités de notre temps. Poussé par ce désir, mon prédécesseur le Souverain Pontife Paul VI approuva en 1970 des livres liturgiques restaurés et partiellement rénovés de l’Église latine ; ceux-ci, traduits partout dans le monde en de nombreuses langues modernes, ont été accueillis avec plaisir par les Évêques comme par les prêtres et les fidèles. Jean-Paul II reconnut la troisième édition type du Missel romain. Ainsi, les Pontifes romains se sont employés à ce que « cet édifice liturgique, pour ainsi dire, […] apparaisse de nouveau dans la splendeur de sa dignité et de son harmonie » (4).


Dans certaines régions, toutefois, de nombreux fidèles se sont attachés et continuent à être attachés avec un tel amour et une telle passion aux formes liturgiques précédentes, qui avaient profondément imprégné leur culture et leur esprit, que le Souverain Pontife Jean-Paul II, poussé par la sollicitude pastorale pour ces fidèles, accorda en 1984, par un indult spécial Quattuor abhinc annos de la Congrégation pour le Culte divin, la faculté d’utiliser le Missel romain publié en 1962 par Jean XXIII ; puis de nouveau en 1988, par la lettre apostolique Ecclesia Dei en forme de motu proprio, Jean-Paul II exhorta les Évêques à utiliser largement et généreusement cette faculté en faveur de tous les fidèles qui en feraient la demande.


Les prières instantes de ces fidèles ayant déjà été longuement pesées par mon prédécesseur Jean-Paul II, ayant moi-même entendu les Pères Cardinaux au consistoire qui s’est tenu le 23 mars 2006, tout bien considéré, après avoir invoqué l’Esprit Saint et l’aide de Dieu, par la présente Lettre apostolique je DECIDE ce qui suit :


Art. 1.- Le Missel romain promulgué par Paul VI est l’expression ordinaire de la « lex orandi » de l’Église catholique de rite latin. Le Missel romain promulgué par S. Pie V et réédité par le B. Jean XXIII doit être considéré comme l’expression extraordinaire de la même « lex orandi » de l’Église et être honoré en raison de son usage vénérable et antique. Ces deux expressions de la « lex orandi » de l’Église n’induisent aucune division de la « lex credendi » de l’Église ; ce sont en effet deux mises en œuvre de l’unique rite romain.


Il est donc permis de célébrer le Sacrifice de la Messe suivant l’édition type du Missel romain promulgué par le B. Jean XXIII en 1962 et jamais abrogé, en tant que forme extraordinaire de la Liturgie de l’Église. Mais les conditions établies par les documents précédents Quattuor abhinc annos et Ecclesia Dei pour l’usage de ce Missel sont remplacées par ce qui suit :


Art. 2.- Aux Messes célébrées sans peuple, tout prêtre catholique de rite latin, qu’il soit séculier ou religieux, peut utiliser le Missel romain publié en 1962 par le bienheureux Pape Jean XXIII ou le Missel romain promulgué en 1970 par le Souverain Pontife Paul VI, et cela quel que soit le jour, sauf le Triduum sacré. Pour célébrer ainsi selon l’un ou l’autre Missel, le prêtre n’a besoin d’aucune autorisation, ni du Siège apostolique ni de son Ordinaire.


Art. 3.- Si des communautés d’Instituts de vie consacrée et de Sociétés de vie apostolique de droit pontifical ou de droit diocésain désirent, pour la célébration conventuelle ou «communautaire», célébrer dans leurs oratoires propres la Messe selon l’édition du Missel romain promulgué en 1962, cela leur est permis. Si une communauté particulière ou tout l’Institut ou Société veut avoir de telles célébrations souvent ou habituellement ou de façon permanente, cette façon de faire doit être déterminée par les Supérieurs majeurs selon les règles du droit et les lois et statuts particuliers.


Art. 4.- Aux célébrations de la Messe dont il est question ci-dessus à l’art. 2 peuvent être admis, en observant les règles du droit, des fidèles qui le demandent spontanément.


Art. 5.-


§ 1. Dans les paroisses où il existe un groupe stable de fidèles attachés à la tradition liturgique antérieure, le curé accueillera volontiers leur demande de célébrer la Messe selon le rite du Missel romain édité en 1962. Il appréciera lui-même ce qui convient pour le bien de ces fidèles en harmonie avec la sollicitude pastorale de la paroisse, sous le gouvernement de l’Évêque selon les normes du canon 392, en évitant la discorde et en favorisant l’unité de toute l’Église.


§ 2. La célébration selon le Missel du bienheureux Jean XXIII peut avoir lieu les jours ordinaires ; mais les dimanches et les jours de fêtes, une Messe sous cette forme peut aussi être célébrée.


§ 3. Le curé peut aussi autoriser, pour les les fidèles ou les prêtres qui le demandent, la célébration sous cette forme extraordinaire dans des cas particuliers comme des mariages, des obsèques ou des célébrations occasionnelles, par exemple des pèlerinages.


§ 4. Les prêtres utilisant le Missel du bienheureux Jean XXIII doivent être idoines et non empêchés par le droit.


§ 5. Dans les églises qui ne sont ni paroissiales ni conventuelles, il appartient au Recteur de l’église d’autoriser ce qui est indiqué ci-dessus.


Art. 6.- Dans les Messes selon le Missel du B. Jean XXIII célébrées avec le peuple, les lectures peuvent aussi être proclamées en langue vernaculaire, utilisant des éditions reconnues par le Siège apostolique.


Art. 7.- Si un groupe de fidèles laïcs dont il est question à l’article 5 § 1 n’obtient pas du curé ce qu’ils lui ont demandé, ils en informeront l’Évêque diocésain. L’Évêque est instamment prié d’exaucer leur voeu. S’il ne peut pas pourvoir à cette forme de célébration, il en sera référé à la Commission pontificale Ecclesia Dei.


Art. 8.- L’Evêque qui souhaite satisfaire à une telle demande de fidèles laïcs, mais qui, pour différentes raisons, en est empêché, peut en référer à la Commission pontificale Ecclesia Dei, qui lui fournira conseil et aide.


Art. 9.-


§ 1. De même, le curé, tout bien considéré, peut concéder l’utilisation du rituel ancien pour l’administration des sacrements du Baptême, du Mariage, de la Pénitence et de l’Onction des Malades, s’il juge que le bien des âmes le réclame.


§ 2. Aux Ordinaires est accordée la faculté de célébrer le sacrement de la Confirmation en utilisant le Pontifical romain ancien, s’il juge que le bien des âmes le réclame.


§ 3. Tout clerc dans les ordres sacrés a le droit d’utiliser aussi le Bréviaire romain promulgué par le bienheureux Pape Jean XXIII en 1962.


Art. 10.- S’il le juge opportun, l’Ordinaire du lieu a le droit d’ériger une paroisse personnelle au titre du canon 518, pour les célébrations selon la forme ancienne du rite romain, ou de nommer soit un recteur soit un chapelain, en observant les règles du droit.


Art. 11.- La Commission pontificale Ecclesia Dei, érigée par le Pape Jean-Paul II en 1988 (5), continue à exercer sa mission.


Cette commission aura la forme, la charge et les normes que le Pontife romain lui-même voudra lui attribuer.


Art. 12.- Cette Commission, outre les facultés dont elle jouit déjà, exercera l’autorité du Saint-Siège, veillant à l’observance et à l’application de ces dispositions.


Tout ce que j’ai établi par la présente Lettre apostolique en forme de Motu proprio, j’ordonne que cela ait une valeur pleine et stable, et soit observé à compter du 14 septembre de cette année, nonobstant toutes choses contraires.


Donné à Rome, près de Saint-Pierre, le 7 juillet de l’an du Seigneur 2007, en la troisième année de mon pontificat.


Benoît XVI


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[1] INSTITUTIO GENERALIS DU MISSEL ROMAIN, troisième édition, 2002, n. 397.
[2] JEAN-PAUL II, Lettre ap. Vicesimus quintus annus (4 décembre 1988), n. 3 : AAS 81 (1989), p. 899 ; La Documentation catholique 86 (1989), pp. 518-519.
[3] Ibidem.
[4] Saint Pie X, Motu proprio Abhinc duos annos (23 octobre 1913) : AAS 5 (1913), pp. 449-450 ; cf. JEAN-PAUL II, Lettre ap. Vicesimus quintus annus, n. 3 : AAS 81 (1989), p. 899; La Documentation 86 (1989), p. 519.
[5] Cf. JEAN-PAUL II, Motu proprio Ecclesia Dei adflicta (2 juillet 1988), n. 6 : AAS 80 (1988), p. 1498: La Documentation catholique 85 (1988), pp. 788-789.
par La rédaction publié dans : Documents
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Mercredi 4 juillet 2007
    La Congrégation pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements, à quelques jours du Motu proprio de Benoit XVI relatif à l'ancien Ordo de la messe, a demandé la plus large diffusion, à tous ceux qui le peuvent, du discours inaugural prononcé par le Préfet de ladite Congrégation, le cardinal Arinze, le 26 octobre 2006, à l'ouverture du colloque organisé à l'occasion du jubilé d'or de l'Institut Supérieur de Liturgie de l'Institut Catholique de Paris (1).

Nous nous y prêtons volontiers. Merci d'en faire de même autour de vous, si vous le pouvez.

Il est observé que ce texte très important n'a pas été publié, curieusement, dans le dossier consacré à ce colloque par la Documentation catholique
(cf. n°2376 du 18 mars 2007).

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L'horizontalisme, qui conduit le peuple à se célébrer lui-même au lieu de célébrer les Mystères du Christ, a des conséquences néfastes pour la foi catholique et le culte

1. Bienheureuse célébration. Temps de Grâce.

Dieu soit loué pour la célébration de ce cinquantième anniversaire de la vie et du service de "l'Institut Supérieur de Liturgie". Durant ces cinquante ans, l'Institut a offert à l'Eglise une contribution importante et significative à la réflexion, à la vie et à la formation dans le domaine de la Liturgie. Nous prions le Seigneur Jésus de bien vouloir bénir et récompenser tous ceux qui, dans le passé, ou de nos jours, ont prêté ou prêtent encore leur concours à cette section importante de l'Institut Catholique de Paris. La Congrégation pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements adresse ses plus chaleureuses félicitations à cet Institut. La célébration d'un jubilé comme celui-ci n'est pas seulement une occasion pour rendre grâce, mais elle nous offre aussi l'opportunité de mener une réflexion, en vue d'un réexamen des orientations, afin de tracer clairement la route qu'il convient de suivre, et prendre des résolutions pour le futur. Nous aborderons quelques thèmes au sujet desquels on peut penser qu'un Institut Supérieur de Liturgie semblable à celui-ci pourrait s'efforcer de rendre certains services. Il est important de montrer un chemin de lumière dans les différents domaines qui constituent la Liturgie. A ce titre, comme nous le verrons, l'ars celebrandi et l'homélie méritent qu'on y prête une attention particulière. De même, dans le cadre de l'ecclésiologie de communion, il importe de souligner avec clarté les rôles assumés par le prêtre et l'Evêque diocésain. Après avoir évoqué ces différents points, nous serons en mesure de présenter, en conclusion, une liste des principaux services qu'on pourrait attendre d'un Institut de Liturgie.

2. Montrer un chemin de lumière dans le domaine de la Liturgie

Tout d'abord, l'un des devoirs d'un Institut Supérieur de Liturgie est d'être comme un phare qui désigne un chemin de lumière en matière de Liturgie. Assumer une telle fonction permet à la fois d'informer et aussi de former des responsables, qui soient capables d'apprécier à leur juste valeur les richesses contenues dans le culte public de l'Eglise, et qui, de surcroît, soient prêts à les partager avec les autres. Cela permet d'éclairer et de mieux expliciter le lien étroit qui existe entre la théologie et la liturgie, entre la foi de l'Eglise et la célébration des Mystères du Christ, entre la lex credendi et la lex orandi. il est vrai qu'un Institut Supérieur de Liturgie doit promouvoir la recherche. Toutefois, avant tout, il convient qu'il établisse ses travaux sur les bases solides et durables de la foi, de la Tradition de l'Eglise et sur l'héritage, qui est présent dans les textes, les gestes et les attitudes liturgiques. Un tel Institut doit donc être heureux de considérer que la sainte Liturgie est un don que nous recevons du Christ par l'Eglise. De fait, la sainte Liturgie n'est pas une chose que l'on invente. Elle comprend, en effet, des éléments immuables, qui proviennent de notre Sauveur Jésus Christ, comme les éléments essentiels des Sacrements, et aussi des éléments variables, qui ont été soigneusement transmis et conservés par l'Eglise. Beaucoup d'abus, dans le domaine de la Liturgie, ont pour origine, non pas la mauvaise volonté, mais l'ignorance, « puisqu'on rejette généralement ce dont on ne perçoit pas le sens plus profond, et dont on ne connaît pas l'ancienneté » (Redemptionis sacramentum, n° 9).
Ainsi, certains abus ont-ils pour origine la place indue qui est accordée à la spontanéité, ou à la créativité, ou bien à une fausse idée de la liberté, ou encore à cette erreur qui a pour nom: « horizontalisme », qui consiste à placer l'homme au centre de la célébration liturgique au lieu de porter son attention vers le haut, c'est-à-dire vers le Christ et ses Mystères. On dissipe les ténèbres grâce à la lumière, et non par des condamnations verbales. C'est pourquoi, notamment, un Institut Supérieur de Liturgie doit avoir le souci de former des experts dans la meilleure et authentique tradition théologico-liturgique de l'Eglise. Il les forme donc à l'amour de l'Eglise et de son culte public, et il leur enseigne à suivre les normes et les orientations données par le Magistère. De même, un tel Institut prévoit aussi des cours appropriés pour ceux qui veulent promouvoir la formation permanente des clercs, des personnes consacrées et des fidèles laïcs. Comme le Pape Jean-Paul Il l'écrivait à l'Assemblée Plénière de la Congrégation pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements, un mois avant sa mort: «Il est urgent que dans les communautés paroissiales, dans les associations et dans les mouvements ecclésiaux on assure des cours appropriés de formation, afin que la Liturgie soit mieux connue dans toute la richesse de son langage et qu'elle soit vécue dans toute sa plénitude. Dans la mesure où cela sera fait, le résultat en sera des bienfaits qui se révèleront dans la vie personnelle et communautaire » (Lettre du pape Jean-Paul II au cardinal Arinze, 3 mars 2005, n° 5).

3. La promotion de l'ars celebrandi

Une solide base théologico-liturgique, une formation de qualité dans le domaine de la foi, et le respect du caractère propre de la Liturgie ont pour conséquence de favoriser cette réalité qui a pour nom : "l'ars celebrandi" ; de fait, celui-ci sera promu non seulement par le prêtre célébrant, mais aussi par tous ceux qui prennent part aux actions liturgiques : tout d'abord, le diacre, mais aussi les servants d'autel, les lecteurs, ceux qui dirigent le chant et toute l'assemblée qui participe à l'action liturgique. L'ars celebrandi est fondée sur la vérité théologique que le Concile Vatican Il exprime en ces termes : « la Liturgie est considérée à juste titre comme l'exercice de la fonction sacerdotale de Jésus Christ, exercice dans lequel la sanctification de l'homme est signifiée par signes sensibles, est réalisée d'une manière propre à chacun d'eux, et dans lequel le culte public intégral est exercé par le Corps mystique de Jésus Christ, c'est-à-dire par le Chef et par ses membres » (Sacrosanctum concilium, n° 7).
Un Institut de Liturgie devrait aider chaque personne, qui participe à une célébration liturgique, à apprécier cette vérité. Cela concerne en tout premier lieu le prêtre célébrant ou l'Evêque. Si ces derniers sont suffisamment insérés dans la compréhension des célébrations liturgiques qui ont pour Tête le Christ, s'ils respectent l'Ecriture, la Tradition, les fondements historiques des textes sacrés et les richesses théologiques des expressions liturgiques, alors tout cela aura pour résultat bénéfique de manifester d'une manière admirable l'ars celebrandi. Les célébrations liturgiques manifesteront la splendeur de la foi de l'Eglise ; elles nourriront la foi des participants ; elles écarteront de cette foi la torpeur et l'indifférence ; et elles enverront les fidèles à la maison avec la résolution ardente de vivre une vie vraiment chrétienne et de répandre partout la Parole de Dieu. Nous sommes alors bien loin de cette froideur, de cet horizontalisme qui met l'homme au centre de l'action liturgique, et aussi parfois de ce maniérisme ouvertement égocentrique que nos assemblées du dimanche sont parfois obligées de subir. La Lettre du Pape Jean-Paul ll, déjà mentionnée (n. 3), de même que le Synode des Evêques d'octobre 2005 - Les 50 propositions (voir Prop. 25), ont tous les deux souligné l'importance de l'ars celebrandi.

4. L'homélie

Le Concile Vatican II dit que « l'homélie est fortement recommandée comme faisant partie de la liturgie elle-même » (Sacrosanctum Concilium, n° 52). Dans
l'homélie, le pain de la Parole de Dieu est distribué aux fidèles. Les Saintes Écritures sont mises en relation avec les réalités de la vie dans le monde d'aujourd'hui. Et il est vrai qu'une bonne homélie, bien préparée, remplit d'ardeur les cœurs des fidèles qui l'ont écoutée, c'est-à-dire de ce "feu" dont parle l'Évangile des deux disciples d'Emmaüs (cf. Lc 24, 32). Malheureusement, beaucoup d'homélies, prononcées par des prêtres ou des diacres, n'atteignent pas ce but tant désiré. Certaines d'entre elles ressemblent pour une bonne part à des discours marqués par des considérations d'ordre sociologique, psychologique, ou, dans un style encore pire, politique. Ces homélies ne sont pas assez enracinées dans la Sainte Écriture, les textes liturgiques, la Tradition de l'Eglise et une théologie solide. Dans certains pays, il y a des gens qui n'apprécient pas le fait que l'homélie, durant la célébration du Sacrifice eucharistique, soit un ministère pastoral réservé aux seuls ministres ordonnés : le diacre, le prêtre et l'Evêque. Or, il est vrai que les fidèles laïcs, s'ils peuvent très bien assurer la catéchèse en dehors de la Messe , ne sont néanmoins pas habilités à prononcer l'homélie, pour laquelle il est requis de recevoir l'ordination. Un Institut Supérieur de Liturgie peut donc aider à diffuser de justes convictions au sujet de l'homélie. Il peut aider à créer un climat d'opinion pour des homélies où le Peuple de Dieu pourrait trouver une nourriture spirituelle plus substantielle. A ce sujet, il convient de rappeler que, pour de nombreux catholiques, l'homélie est probablement la seule formation permanente religieuse et catéchétique qu'ils reçoivent durant la semaine (cf. Lettre du Pape Jean-Paul II, n° 4; Synode des Evêques d'octobre 2005, Prop. 19).

5. Le rôle liturgique du prêtre

Il est essentiel pour un Institut Supérieur de Liturgie de préciser clairement quel est exactement le rôle du prêtre dans la sainte Liturgie. Le Concile Vatican Il dit, en effet, que « le renouveau de l'Eglise entière dépend pour une grande part du ministère des prêtres animé par l'Esprit du Christ » (Optatam totius préambule). Le sacerdoce commun de tous les baptisés et le sacerdoce ministériel des prêtres ordonnés proviennent du Christ lui-même. Or, si dans la constitution hiérarchique de l’Eglise, on confond les rôles des uns et des autres, cela provoque toujours des dommages. De plus, une telle position ne contribue pas à promouvoir le témoignage rendu au Christ, ni la sainteté du clergé et des fidèles laïcs. Enfin, ni les tentatives de cléricalisation des laïcs, ni les efforts en vue d'une laïcisation du clergé ne peuvent être porteurs des grâces divines. Le Concile Vatican II dit que « dans les célébrations liturgiques, chacun, ministre et fidèle, en s'acquittant de sa fonction, fera seulement et totalement ce qui lui revient en vertu de la nature des choses et des normes liturgiques » (Sacrosanctum Concilium, n° 28). C'est donc faire preuve de fausse humilité et d'une conception inadmissible de la démocratie ou de la fraternité, pour un prêtre, que d'essayer de partager le rôle qu'il exerce dans la liturgie en tant que prêtre, et qui lui est donc strictement réservé, avec les fidèles laïcs. Ainsi, il n'est pas superflu d'affirmer qu'un Institut Supérieur de Liturgie, comme toute faculté de théologie, devrait aider le peuple à comprendre que le sacerdoce ministériel est une partie intégrale et constitutive de la structure de l'Eglise, et que, par conséquent, nous avons absolument besoin de prêtres ordonnés pour célébrer la sainte Messe, pour absoudre les fidèles de leurs péchés au moyen du Sacrement de Pénitence, et pour donner l'Onction des Malades à ceux qui en ont besoin (cf. Tc 5, 14-15). De plus, étant donné que l'on constate que les gens, qui viennent nombreux aux célébrations des mariages et des funérailles, peuvent en tirer de grands bienfaits sur le plan spirituel, il faut donc affirmer que, notamment dans ces cas, nous avons besoin de prêtres pour célébrer le Sacrifice eucharistique, pour adresser des paroles empreintes de spiritualité