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Jeudi 19 janvier 2012 4 19 /01 /Jan /2012 16:10

Par Les CAHIERS DE SAINT FRANCOIS

 

CSF10Nous avons le plaisir de vous faire part de la parution du numéro 10 des Cahiers de Saint François, qu’il vous est possible de télécharger, gratuitement, dans la colonne de droite [“nouveau”], en cliquant sur la photo de ce numéro.

 

Nous vous rappelons que vous avez aussi la possibilité de vous y abonner, gratuitement, en vous rendant, dans la colonne de droite, à la “Page” “Les Cahiers de saint François”. N’hésitez pas à diffuser cette revue autour de vous, à la faire connaître.

 

Au sommaire, ce mois-ci, notamment :

 

- L’épopée des Frères armés du Sahara (Patrick Nouaille-Degorce)

 

- Les “Bikers” du Seigneur

 

- Il paraît qu’on blasphème à Toulouse ces derniers temps… (Abbé Simon d’Artigue Curé de la paroisse étudiante de Toulouse)

 

- Sainte Jeanne d’Arc, un modèle pour aujourd’hui (Extraits du message de Mgr Mathieu, évêque de Saint-Dié)

 

- “Dieu t’appelle, pourquoi pas ?” (Foyer vocationnel “Marcel Van”)

 

- Lorette aux XVIème et XVIIème siècle : le plus grand pèlerinage du monde

 

- Appel aux familles de Zouaves pontificaux

 

- Messe en l’honneur des Zouaves pontificaux à Yvré-L’Evêque (Abbé Gaëtan de Bodard)

 

- Ils nous parlent de saint François de Sales (Abbé Joël Lambert, de la Société Nouvelle Gorini - Frère Maximilien-Marie du Sacré-Coeur)

 

- De Rome à l’Afrique : Léopold Joubert (1842-1927), Zouave pontifical et missionnaire laïc

 

- Etat des recherches sur le monastère de Sainte Elisabeth à ce jour (Dominique Sabourdin-Perrin)

 

- Le mystère de l’Incarnation, à l’Oratoire avec le Père Charles de Condren (Claude Pouillard)

 

- 350ème anniversaire de la béatification de saint François de Sales (Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur)

 

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Mercredi 11 janvier 2012 3 11 /01 /Jan /2012 13:08

Par le P. J. A. FORTEA CUCURULL, trad. de l'espagnol par Pierre GABARRA

padrefortea.jpgJe me suis imposé, page après page, la lecture de l’ennuyeux et interminable livre des Mémoires du cardinal Tarancón, en me demandant ici et là s’il allait enfin nous dire, sur quelque sujet que ce soit, quelque chose qui importait vraiment. Mais non. Par un zig-zag permanent, il a évité tout thème conflictuel. Personnellement, je n’en ai pas été déçu ; ce sont les siens qui l’ont été. En effet, ce qu’il revient finalement à dire sur chaque sujet, obliquement, c’est ceci : « Je n’étais pas comme vous l’imaginiez, j’étais beaucoup plus conservateur que vous ne le pensiez ». 

 

Cependant, un livre ne se substitue pas à une vie. Madrid, dans les années 80, était un archidiocèse immergé dans un processus jacobin qui annonçait les pires brumaires. S’il n’a pas explosé, c’est que de bons prêtres ont tenu à leur poste : obéissants, loyaux envers le Magistère, faisant leur devoir. En revanche, si ce gouvernement de l’archidiocèse s’était poursuivi dix ans de plus, il est incontestable, et nul ne peut en douter, l’archidiocèse aurait volé en éclats. Fort heureusement, le clergé manifeste une forte tendance à la longévité. De sorte que, bien malgré la révolution taranconienne, une infinité de bons prêtres ont tenu bon. Les progressistes les considéraient comme des cas désespérés. Que ne vivent pas les prêtres traditionnels !  Il semble qu’ils en aient eu alors à vivre plus que jamais.

 

Pour parachever ces mauvaises perspectives des progressistes, il faut tenir compte des baisses terrifiantes survenues par sécularisation chez les libéraux. Entre les défections des uns et la longévité des autres, ils ne s’y retrouvaient pas. C’était comme une malédiction de Toutânkhamon. Parmi les exaltés, les pertes au combat furent plus grandes que sur le Front oriental pendant la seconde guerre mondiale.

 

Telle était la situation lorsque Tarancón dut présenter sa démission, en pleine possession de ses facultés physiques, mentales et cardinalices. Il s’est alors retiré dans ses terres, à Burriana (1). Encore heureux, parce que s'il était demeuré à Madrid, il aurait été comme le Huitième passage de la navette du Nostromo (2).

 

Je suis convaincu que pour Tagliaferri (3), le nouveau nonce, Burriana était encore trop près de Madrid. Il aurait préféré que le cardinal aille exercer son ministère à Trinidad-y-Tobago. Qu’il apprenne l’anglais, qu’il apprenne l’anglais, c’est la langue de l’avenir.

 

Source : “Le cardinal Tarancón : l’heure de l’analyse est venue”, inEl Blog del Padre Fortea” (Intereconomia).

 

_______________

(1) Dans la province de Castellón, au Nord de la communauté valencienne (NdT).

 

(2) Allusion au film de Ridley Scott, Alien le huitième passager. Alien est cet extra-terrestre qui surgit à bord d'une navette du vaisseau de remorquage Nostromo, lors d'une expédition, et qui tente de tuer les autres sept passagers (NdT).

 

(3) Mgr Mario Tagliaferri (1927-1999), fut nommé nonce apostolique en Espagne le 20 juillet 1985. Il resta pendant dix ans à ce poste avant d'être nommé nonce apostolique à Paris, où il resta pendant trois ans, jusqu'à son décès (NdT). 

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Vendredi 9 juillet 2010 5 09 /07 /Juil /2010 12:56

Par Pierre GABARRA

Pacelli12.jpgIl y a quelques jours, la télévision a donné une nième émission sur le rôle du Pape Pie XII pendant la guerre, à l’égard des juifs. Le thème est aussi récurrent que celui des magazines parisiens parlant cycliquement de l’art de maigrir, du coût de l’immobilier, de la franc-maçonnerie, des  philosophes ou du palmarès des hôpitaux. Avec ici un petit “plus”, qui est la haine nourrie de manière obstinée contre ce Pontife, qu’il s’agit de salir à toute force pour en faire un collaborateur du nazisme. A quelles fins ? C’est un autre débat.


Le titre général et prétentieux de la série d’émissions est : « Les détectives de l’histoire ». Cette émission est dirigée par M. Laurent Joffrin, la haute Conscience du journal Libération.


Le plateau de télévision, présenté comme une vaste salle de rédaction, était “agrémenté” pour cette émission consacrée à Pie XII, ici et là, de mitres, de calices, de cierges. Un exemple de bon goût destiné, probablement, à dégager des remugles d’intolérance et de cléricalisme pour faciliter la conviction de la malice de l’Eglise. M. Joffrin paraissait impatient d’arriver à cette conclusion, pressant l’un des intervenants de cette question, à propos de Pie XII : « Alors, coupable ? Il est coupable ? » Avant de trancher : « Il est donc coupable ».

 

Il se trouve que dans le même temps le Daily Telegraph publiait le 6 juillet dernier le compte-rendu de recherches menées dans les archives vaticanes par un historien allemand, M. Michael Hesemann, au nom de la Pave the Way Foundation, un groupe interconfessionnel américain qui consacre depuis plusieurs années une partie ses efforts à ces recherches. Sous le titre « Le “Pape de Hitler” a sauvé des milliers de vies juives”, le journal anglais y déclare :


 « Le pape Pie XII, étiqueté comme “pape d’Hitler”, en raison de son silence pendant l'Holocauste, a organisé l'exode de quelque 200.000 Juifs d'Allemagne à peine trois semaines après la Nuit de Cristal, où des milliers de Juifs ont été arrêtés et envoyés dans des camps concentration ».

 

Le journal relève que, selon l’historien allemand, celui qui n’était encore que le cardinal Pacelli écrivit aux archevêques catholiques du monde entier pour les presser de demander des visas pour des “non-aryens catholiques” et des juifs convertis au catholicisme qui voulaient quitter l’Allemagne. M. Elliot Hershberg, président de la Pave the Way Fondation, a déclaré, ajoute le journal :

 

« Nous pensons que de nombreux juifs qui sont parvenus à quitter l’Europe ont pu n’avoir aucune idée de ce que leurs visas et leurs documents de voyage ont été obtenus grâce à ces efforts du Vatican. Tout ce que nous avons trouvé jusqu’à présent semble indiquer que l’image négative du Pape Pie XII est fausse ».

 

Le Daily Telegraph poursuit : Pie XII a été critiqué pour n'avoir pas dénoncé explicitement l'Holocauste, le régime nazi ou pour n’avoir pas excommunié Hitler. Le Dr Hesemann dit que des preuves supplémentaires suggèrent que les visas auraient été donnés aux Juifs ordinaires désespérés, pour échapper à la persécution. « Le fait que cette lettre parle de ‘Juifs convertis’ et de ‘non-aryens’ catholiques semble bien être une couverture », a déclaré le Dr Hesemann. « On ne pouvait pas être sûr que les agents nazis n’apprendraient rien de cette initiative », a-t-il ajouté. « Pacelli devait s'assurer qu'ils n'en feraient pas usage pour leur propagande, pour proclamer que l'Eglise est un allié des Juifs. »

 

L'appel du cardinal Pacelli, alors secrétaire d'État du Vatican, est daté du 30 novembre 1938, c'est-à-dire 20 jours après la Nuit de Cristal. Le cardinal Pacelli était en mesure de demander ces visas parce que le concordat de 1933, signé avec les nazis, prévoyait spécialement la protection des juifs convertis au christianisme.

 

Le Dr Ed Kessler, Directeur de l'Institut Woolf des religions abrahamiques, basé à Cambridge, a déclaré: « Il est clair que Pie XII a facilité le sauvetage de Juifs de Rome. » relève encore le journal, qui indique enfin que Sir Martin Gilbert, historien britannique et principal expert mondial de l'Holocauste, a déclaré que le pape Pie XII devait être considéré comme un Juste parmi les nations par Yad Vashem, l’autorité israélienne du mémorial de l’Holocauste.

 

Dans son édition du 7 juillet, le journal israélien Aaretz a lui aussi fait honnêtement écho aux recherches du Dr Hesemann.

 

Sur ce sujet, on lira ou relira avec profit les ouvrages suivants :

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Vendredi 25 juin 2010 5 25 /06 /Juin /2010 17:02

Par L'Equipe d'Hermas

Comme certains l'auront déjà remarqué, nous avons décidé, en accord avec le responsable des "Cahiers de saint François", d'ouvrir une "page" spéciale consacrée à ces derniers.

 

Celle-ci est accessible, soit par le menu situé sous la bannière Hermas, soit, à droite de ce texte, dans la rubrique "Page".

 

Nous y présentons les sept numéros déjà parus, que vous avez la possibilité de découvrir en cliquant sur chaque numéro - opération qui ouvrira le numéro correspondant en format PDF. Vous avez aussi, de la sorte, la possibilité de télécharger ce numéro.

 

En colonne de gauche, un lien a été créé, sur la page, pour entrer en contact avec les responsables de la Revue et souscrire un abonnement, pour l'heure gratuit.

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Publié dans : Documents - Communauté : Chrétiens et heureux de croire
Mercredi 5 mai 2010 3 05 /05 /Mai /2010 11:47

Par L'Equipe d'Hermas
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Publié dans : Documents - Communauté : Chrétiens et heureux de croire
Mardi 6 avril 2010 2 06 /04 /Avr /2010 16:41

Par L'Equipe d'Hermas

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Publié dans : Documents - Communauté : Chrétiens et heureux de croire
Samedi 6 février 2010 6 06 /02 /Fév /2010 19:12

Par L'Equipe d'Hermas
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Publié dans : Documents - Communauté : Benoit XVI
Mardi 12 janvier 2010 2 12 /01 /Jan /2010 10:14

Nous avons procédé - dans les Archives d'Hermas - à une remise en forme [de notre point de vue plus claire, plus agréable] et à certaines corrections dans la traduction du texte du P. Santiago Ramirez, sur le bien commun.


La traduction de ce te texte très important va bientôt être poursuivie, avec les commentaires qui l'accompagnent.
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Publié dans : Documents - Communauté : Benoit XVI
Lundi 23 novembre 2009 1 23 /11 /Nov /2009 00:01

Par Mgr J. Masson

LETTRE DE JAN PAUL II

AU CARDINAL VICAIRE UGO POLETTI

 

Talare sacerdoti

 

A mon Vénéré frère

Le Cardinal Ugo POLETTI

Vicaire Général pour le Diocèse de Rome.

 

              Le soin de mon bien-aimé Diocèse de Rome, pose à mon esprit de nombreux problèmes, parmi lesquels il apparaît mériter une grande considération, en raison des conséquences pastorales qui en découlent, ce problème concernant la discipline de l’habit ecclésiastique.

 

              A plusieurs reprises, lors de mes rencontres avec les prêtres, j’ai exprimé ma pensée à ce sujet, en soulignant la valeur et la signification de ce signe distinctif, non seulement parce qu’il contribue à la dignité du prêtre dans son comportement extérieur, ou dans l’exercice de son ministère, mais surtout parce qu’il manifeste, au sein de la Communauté Ecclésiastique le témoignage public que chaque prêtre est tenu de donner de sa propre identité et de son appartenance spéciale. Et parce que ce signe exprime concrètement notre volonté « de ne pas être du monde » (cf. Jean 17, 14), dans la prière composée pour le Jeudi Saint de cette année, à propos de l’habit ecclésiastique, je m’adressais au Seigneur par cette invocation : « Fais que nous n’attristions pas ton Esprit… avec ce qui se manifeste comme une volonté de cacher son propre sacerdoce devant les hommes et d’en éviter tout signe extérieur » (Jean Paul II, Precatio feria V in cena Domini anno MCMLXXXII recurrente, universis Ecclesiae sacerdotibus destinata, 4, die 25 mar. 1982: Insegnamenti di Giovanni Paolo II, V, 1 [1982] 1064).

 

              Envoyés par le Christ pour l’annonce de l’Evangile, nous avons un Message à transmettre, qui s’exprime soit par les paroles, soit aussi par les signes extérieurs, surtout dans le monde d’aujourd’hui qui se montre si sensible au langage des images. L’habit ecclésiastique, comme l’habit religieux, a une signification particulière : pour le prêtre diocésain, il a principalement le caractère de signe qui le distingue du milieu séculier dans lequel il vit ; pour le religieux et pour la religieuse, il exprime aussi le caractère de consécration, et met en évidence la fin eschatologique de la vie religieuse. En conséquence, l’habit est utile et convient aux fins de l’évangélisation, et il amène à réfléchir sur la réalité que nous représentons dans le monde, et sur la primauté des valeurs spirituelles que nous affirmons dans l’existence de l’homme. Par le moyen de ce signe, il devient plus facile aux autres personnes d’arriver au Mystère dont nous sommes porteurs, à Celui auquel nous appartenons, et que nous voulons annoncer avec tout notre être.

 

              Je n’ignore pas les raisons d’ordre historique, dépendant du milieu, d’ordre psychologique et social, qui peuvent être mises en avant pour s’y opposer. Je pourrais toutefois dire que des raisons tout aussi valables, de même nature, existent en sa faveur.

 

              C’est pourquoi je dois noter que les raisons ou prétextes contraires, confrontés de manière objective et avec sérénité, avec le sens religieux, et avec les attentes de la plus grande partie du Peuple de Dieu, et avec le fruit positif du témoignage courageux de l’habit lui aussi, apparaissent comme étant beaucoup plus de caractère purement humain qu’ecclésiologique.

 

              Dans la cité moderne séculière où le sens du sacré s’est affaibli de manière effroyable et terrible, les gens ont besoin aussi de ces rappels à Dieu, qui ne peuvent être négligés sans un certain appauvrissement de notre service sacerdotal.

 

              En vertu de ces considérations, le ressens le devoir, comme Evêque de Rome, de m’adresser à vous, Monsieur le Cardinal, qui partagez de plus près mes soins et mes sollicitudes dans le gouvernement de mon diocèse, pour que, d’accord avec les Sacrées Congrégations pour le Clergé, pour les Religieux et les Instituts Séculiers, et pour l’Education Catholique, vous veilliez à étudier les initiatives opportunes destinées à remettre en valeur le port de l’habit ecclésiastique ou religieux, en prenant à ce sujet les dispositions nécessaires et en veillant à leur application.

 

              En invoquant sur vous, Monsieur le Cardinal, sur le Diocèse de Rome tout entier, l’aide toute-puissante du Seigneur, par l’intercession de la Très Sainte Vierge « Salus Populi Romani », j’accorde de grand cœur la Bénédiction Apostolique .

 

Donné au Vatican, le 8 septembre 1982

JEAN-PAUL II

 

Le texte de la lettre du Saint-Père se trouve en italien sur le site suivant:

 

© Traduction de l'italien par Mgr Jacques Masson pour Hermas.info

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Dimanche 22 novembre 2009 7 22 /11 /Nov /2009 14:17

Par Benoît XVI
Quand l'Europe se couvrait "d’un blanc manteau de nouvelles églises"

par Benoît XVI

Rome, audience générale du mercredi 18 novembre 2009


Chers frères et sœurs, dans les catéchèses des dernières semaines, j’ai présenté divers aspects de la théologie du Moyen Age. Mais la foi chrétienne profondément enracinée des hommes et des femmes de ce temps-là n’est pas seulement à l’origine de chefs d’œuvre de la littérature théologique, de la pensée et de la foi. Elle a aussi inspiré l’une des plus hautes créations artistiques de la civilisation universelle : les cathédrales, véritable gloire du Moyen Age chrétien.

En effet, pendant environ trois siècles à partir du début du XIe siècle, on voit une extraordinaire ferveur artistique se manifester en Europe. Voici comment un ancien chroniqueur décrit l’enthousiasme et l’ardeur au travail de cette époque : "Il est arrivé que dans le monde entier, mais surtout en Italie et dans les Gaules, on a commencé à reconstruire les églises, même si beaucoup d’entre elles, étant encore en bon état, n’avaient pas besoin d’une telle restauration. C’était comme un concours entre les peuples ; on aurait cru que le monde, se dépouillant de ses guenilles, voulait se vêtir partout d’un blanc manteau de nouvelles églises. En somme, presque toutes les cathédrales, beaucoup d’églises de monastères et même des oratoires de villages, furent alors restaurés par les fidèles" (Rodolphe le Glabre, Historiarum 3, 4).

Divers facteurs ont contribué à cette renaissance de l’architecture religieuse. Tout d’abord, des conditions historiques plus favorables, comme une sécurité politique accrue, accompagnée d’une augmentation constante de la population et du développement progressif des villes, des échanges et de la richesse. De plus, les architectes trouvaient des solutions techniques de plus en plus élaborées pour accroître les dimensions des édifices, tout en garantissant leur solidité et leur majesté.

Toutefois c’est surtout grâce à l’ardeur et au zèle spirituel du monachisme en pleine expansion qu’ont été élevées des églises abbatiales où la liturgie pouvait être célébrée avec dignité et solennité et où les fidèles attirés par la vénération des reliques des saints, buts d’incessants pèlerinages, pouvaient s’arrêter pour prier.

C’est ainsi que sont nées les églises et cathédrales romanes, caractérisées par un développement longitudinal, en longueur, des nefs afin d’accueillir de nombreux fidèles ; des églises très solides, aux murs épais, aux voûtes de pierre et aux lignes simples et essentielles.

Une nouveauté est l’introduction de sculptures. Les églises romanes étant le lieu de la prière monastique et du culte rendu par les fidèles, les sculpteurs, plutôt que de se préoccuper de la perfection technique, veillaient surtout à la finalité éducative. Puisqu’il fallait susciter dans les âmes des impressions fortes, des sentiments qui puissent inciter à fuir le vice, le mal, et à pratiquer la vertu, le bien, le thème récurrent était la représentation du Christ comme juge universel, entouré des personnages de l’Apocalypse.

En général ce sont les portails des églises romanes qui offrent cette représentation, pour souligner que le Christ est la Porte qui mène au Ciel. Les fidèles, en franchissant le seuil de l’édifice sacré, entrent dans un temps et un espace différents de ceux de la vie ordinaire. Au-delà du portail de l’église, ceux qui croyaient au Christ, souverain, juste et miséricordieux, pouvaient, selon l’intention des artistes, avoir un avant-goût de la béatitude éternelle dans la célébration de la liturgie et dans les actes de piété accomplis à l’intérieur de l’édifice sacré.

Aux XIIe et XIIIe siècles, un autre type d’architecture s’est répandu, à partir du nord de la France, pour la construction des édifices sacrés. C’était le gothique, qui avait deux caractéristiques nouvelles par rapport au roman : l’élan vertical et la luminosité.

Les cathédrales gothiques offraient une synthèse de foi et d’art harmonieusement exprimée dans le langage universel et fascinant de la beauté, qui suscite aujourd’hui encore l’émerveillement. L’introduction des voûtes ogivales reposant sur de robustes piliers permit d’augmenter notablement leur hauteur. L’élan vers le haut voulait inviter à la prière et était lui-même une prière. La cathédrale gothique entendait traduire ainsi, dans ses lignes architecturales, la soif que les âmes ont de Dieu.

De plus, grâce aux nouvelles solutions techniques adoptées, les murs extérieurs pouvaient être percés et embellis de vitraux polychromes. Autrement dit, les fenêtres devenaient de grandes images lumineuses, très aptes à instruire le peuple dans la foi. Elles racontaient – scène par scène –la vie d’un saint, une parabole, ou d’autres épisodes bibliques. Depuis les vitraux colorés, un flot de lumière se déversait sur les fidèles pour leur raconter l’histoire du salut et les impliquer dans cette histoire.

Un autre mérite des cathédrales gothiques est que toute la communauté chrétienne et civile participait à leur construction et à leur décoration, chacun à sa façon mais de manière harmonieuse ; les humbles et les puissants y participaient, les analphabètes et les savants, parce que, dans cette maison commune, tous les croyants étaient instruits dans la foi. La sculpture gothique a fait des cathédrales une "Bible de pierre", représentant les épisodes de l’Evangile et expliquant les contenus de l’année liturgique, de la Nativité à la Glorification du Seigneur.

De plus, à cette époque, la perception de l’humanité du Seigneur se répandait de plus en plus et les souffrances de sa Passion étaient représentées de façon réaliste : le Christ souffrant, "Christus patiens", devint une image aimée de tous, capable d’inspirer la piété et le repentir des péchés. Les personnages de l’Ancien Testament étaient également présents et leur histoire devint ainsi familière, comme partie de l’unique et commune histoire du salut, aux fidèles qui fréquentaient les cathédrales,.

Avec ses visages pleins de beauté, de douceur, d’intelligence, la sculpture gothique du XIIIe siècle révèle une piété heureuse et sereine, qui se plaît à répandre une dévotion sincère et filiale envers la Mère de Dieu, parfois vue comme une jeune femme souriante et maternelle, mais surtout représentée comme la souveraine du ciel et de la terre, puissante et miséricordieuse. Les fidèles qui remplissaient les cathédrales gothiques aimaient y trouver aussi des expressions artistiques rappelant les saints, modèles de vie chrétienne et intercesseurs auprès de Dieu.

Les manifestations "laïques" de la vie ne manquaient pas ; voici qu’apparaissent, çà et là, des représentations des travaux des champs, des sciences et des arts. Tout était orienté vers Dieu et lui était offert dans le lieu où se célébrait la liturgie.

On peut mieux comprendre le sens qui était attribué à une cathédrale gothique en lisant le texte de l’inscription gravée sur le portail central de Saint-Denis, à Paris : "Passant, toi qui veux louer la beauté de ces portes, ne te laisse éblouir ni par l’or, ni par la magnificence, mais plutôt par le rude labeur. Ici brille une œuvre célèbre, mais veuille le ciel que cette œuvre célèbre qui brille fasse resplendir les esprits, afin que, avec les vérités lumineuses, ils s’acheminent vers la vraie lumière, où le Christ est la véritable porte".

Chers frères et sœurs, je voudrais maintenant souligner deux aspects de l’art roman et gothique qui sont également utiles pour nous.

Le premier aspect est que les chefs d’œuvre artistiques nés en Europe dans les siècles passés sont incompréhensibles si l’on ne tient pas compte de l’âme religieuse qui les a inspirés. Un artiste qui a toujours témoigné de la rencontre entre esthétique et foi, Marc Chagall, a écrit que "pendant des siècles, les peintres ont trempé leur pinceau dans cet alphabet coloré qu’était la Bible". Quand la foi - en particulier quand elle est célébrée dans la liturgie - rencontre l’art, une harmonie profonde se crée, parce que l’une et l’autre peuvent et veulent parler de Dieu, en rendant visible l’Invisible. Je voudrais partager cela lors de la rencontre du 21 novembre avec les artistes, en leur proposant à nouveau cette amitié entre la spiritualité chrétienne et l’art, souhaitée par mes vénérés prédécesseurs, en particulier par les Serviteurs de Dieu Paul VI et Jean-Paul II.

Le second aspect est que la force du style roman et la splendeur des cathédrales gothiques nous rappellent que la "via pulchritudinis", la voie de la beauté, est un chemin privilégié et fascinant pour s’approcher du Mystère de Dieu. Qu’est-ce que la beauté - que les écrivains, les poètes, les musiciens, les artistes contemplent et traduisent dans leur langage - sinon le reflet de la splendeur du Verbe éternel fait chair ? Saint Augustin affirme : "Interroge la beauté de la terre, interroge la beauté de la mer, interroge la beauté de l’air qui se dilate et se diffuse. Interroge la beauté du ciel, interroge l’ordre des étoiles, interroge le soleil, qui avec sa splendeur éclaire le jour ; interroge la lune, qui avec sa clarté atténue les ténèbres de la nuit. Interroge les bêtes sauvages qui se déplacent dans l’eau, celles qui marchent sur terre, celles qui volent dans les airs : âmes qui se cachent, corps qui se montrent ; visible qui se fait conduire, invisible qui conduit. Interroge-les ! Tous te répondront : Regarde-nous : nous sommes beaux ! Leur beauté les fait connaître. Cette beauté changeante, qui l’a créée, sinon la Beauté Immuable ?" (Sermo CCXLI, 2 : PL 38, 1134).

Chers frères et sœurs, que le Seigneur nous aide à redécouvrir la voie de la beauté comme l’un des itinéraires, peut-être le plus attirant et le plus fascinant, pour parvenir à rencontrer et aimer Dieu.
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