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Humeur

Lundi 12 juillet 2010 1 12 /07 /2010 16:00

Par L'Equipe d'Hermas

On s'en souvient : le monde entier avait été ému par la détention d'abord, puis par les conditions de la libération d'Ingrid Betancourt. D'autant plus ému, dans le monde catholique, qu'elle avait alors exprimé une foi vive qui tranchait comme une lame avec les discours entendus habituellement sur les chaînes de télévision.

 

Puis sont venus les soupçons de coquetterie, de manipulation médiatique et d'exploitation financière, au scandale d'anciens co-otages qui ont écrit plusieurs livres pour donner une image fort différente de celle donnée sur soi par Ingrid Betancourt.

 

Et voilà que vient la goutte qui fait déborder le vase. Alors qu'il avait toujours été signalé, y compris par ses proches amis, qu'elle avait, en connaissance de cause, pris des risques démesurés le jour où elle a été enlevée par les FARC, la voici qui a annoncé avoir présenté au gouvernement colombien une demande d'indemnisation de près de 7 millions de dollars en réparation des dommages moraux et financiers causés par son enlèvement.

 

La démarche était tellement choquante et a soulevé une telle vague d'indignation en Colombie même [le vice-président Francisco Santos a parlé de  "prix mondial de l'ingratitude", par allusion à la libération de l'otage par l'armée], que Mme Betancourt a dû se rétracter devant la télévision colombienne pour exprimer ses "regrets" d'avoir eu une telle idée et assurer qu'elle avait décidé, avec ses avocats (sic), de ne pas attaquer l'Etat - même si les démarches amiables qu'elle mène [donc toujours pour être indemnisée] avec lui n'aboutissent pas. Elle continue en effet de se plaindre de ce qu'on ne l'ait pas empêchée (sic) de se rendre là où elle fut enlevée. 

 

Il nous est difficile de ne pas partager le sentiment de profond agacement qui anime ses détracteurs.

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Jeudi 6 mai 2010 4 06 /05 /2010 18:27

Par Pierre GABARRA

J’ignore quelles raisons lui valent aujourd'hui ce soudain intérêt, mais différents organes de presse évoquent une loi du « 26 brumaire an IX de la République », qui disposait que « toute femme désirant s’habiller en homme doit se présenter à la Préfecture de police pour en obtenir l’autorisation », laquelle « ne peut être donnée qu’au vu d’un certificat d’un officier de santé ». Deux circulaires, de 1892 et de 1909, ont néanmoins autorisé les femmes, libéralisation des mœurs oblige, à porter pantalons à cheval ou à vélo. Les femmes, pour porter un pantalon, avaient besoin, hors ces circonstances un peu laxistes, on en conviendra, d’obtenir ce que l’on appelait alors une « permission de travestissement ».


Peut-être ce réveil est-il lié aux débats actuels sur la burka, avec l’idée (toujours peut-être) sous-jacente qu’il ressortirait d’un égal ridicule de prétendre l’interdire. L’idée, cependant, ne va sans doute pas jusqu’à suggérer, naturellement, que toutes les françaises devraient la porter dans quelques décennies.


Quoi qu’il en soit, on évoque également l’intervention en 2003 de M. Jean-Yves HUGON, député UMP, lequel restera au moins relativement connu de la postérité pour avoir demandé alors au ministre délégué à la Parité et à l’Egalité professionnelle [ah, ces jolis intitulés que l’on croirait tirés du roman “1984” d’Orwell…] – dont le nom, quant à lui (elle), est définitivement tombé dans les oubliettes de l’histoire, d’abroger cette loi. Ledit délégué, ayant refusé l’invitation, il est dit ça et là que la fameuse loi serait toujours applicable.


La première réflexion qui s’impose, assez massivement, est que députés et journalistes ont bien du temps à perdre à soulever de tels lapins, qui ne présentent aucun intérêt.


La seconde se porte, malgré tout, sur l’évolution des mœurs vestimentaires féminines. Chacun a sans doute eu l’occasion de voir un de ces vieux films français en noir et blanc, tournés dans les années quarante au milieu des quartiers interlopes de Paris, avec leurs personnages de petits voyous, de souteneurs et de filles de joie. Quand on compare à ces dernières tant de femmes, jeunes ou moins jeunes, que l’on croise quotidiennement dans la rue aujourd’hui, y compris naturellement de fort "bon milieu", bien catho et tout, la comparaison n’est certes pas flatteuse. A côté de nos femmes “libérées”, les péripatéticiennes d’alors avaient l’allure de petites bourgeoises bien rangées, habillées somme toute modestement, seules leurs poses trahissant un peu la nature particulière de leur profession. Etrange inversion vestimentaire et symbolique.


On rit de la loi du « 26 brumaire an IX de la République » ; on s’indigne de la burka. Mais entre les deux, en ce domaine vestimentaire comme en nombre de domaines, il paraît que le sens de la mesure rationnelle et raisonnable soit sorti du champ de perception du plus grand nombre.

 

 

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Vendredi 16 avril 2010 5 16 /04 /2010 17:56

Par L'Equipe d'Hermas

Voici trois anecdotes qui nous paraissent assez éclairantes sur la situation de notre société.

 

Premier épisode : qu’on le sache ou qu’on l’ignore – au fond, cela est probablement égal – M. Luc-Marie [apparemment, le Marie est désormais abandonné] Chatel est ministre de l’éducation nationale. On dit beaucoup de choses de cette institution. Peu de bien. Au travers de l’expérience de ces quarante dernières années, elle offre surtout l’image d’une formidable usine à gaz et à décérébrer. Mais enfin, rien n’interdit de porter sur elle un regard naïf. Ceux dont elle a laissé la connaissance de la langue française à peu près intacte pourront penser que l’éducation nationale a vocation à “éduquer”, c'est-à-dire, selon l’étymologie latine, à “élever”. Bien que cela ne soit guère d’évidence, cette vocation à “élever” est d’ordre culturel. On peut donc encore penser, naïveté toujours, que le fonctionnaire chargé de cette noble tâche “nationale” soit un homme pour le moins docte, à défaut d’être sage. Un homme de savoir, de réflexion et de culture, qui soit à même d’entrer, en quelque sorte par connaturalité, en intelligence avec les finalités de sa mission.

 

Il est dès lors assez intéressant de consulter le “cursus” de ce M. Chatel. Né aux Etats-Unis, il a fait des études de… gestion à l’Université Paris I pour décrocher un DESS de “marketing”. Puis il est entré dans le groupe L’Oréal, où il a exercé des fonctions en rapport avec cette formation humaniste, et celles de “directeur des ressources humaines”, autrement dit, selon le jargon initialitique à la mode, de “DRH”. M. Chatel est aussi connu, dit-on, pour être spécialisé dans les problèmes de consommation. Voilà l’homme de sagesse et de culture que le gouvernement de la République française a commis à l’éducation de la Nation. Cherchez l’erreur. Les méchantes langues disent que le ministre aura pour le moins tiré de cette enrichissante expérience intellectuelle l’art de la crème, ou de la pommade. De fait, M. Chatel a été porte-parole de l’UMP et il est porte-parole du gouvernement.

 

 

Deuxième épisode : cette fois en terrain plus connu. Nul n’ignore que le divorce est une institution bien établie en France. Présenté comme un droit d’évidence et le garant de la liberté des individus par rapport aux liens du mariage civil, le divorce est en réalité une machine à fracasser les familles, les psychologies – en particulier des enfants qui en sont victimes – et les repères moraux. Or voici Dame Pervenche Dupond qui vit un divorce sanglant avec M. Archibald Dupond, son époux tant aimé cinq ans plus tôt. Tout se passe mal, et le Monsieur, qui ne dédaigne pas d’être catholique fervent à ses heures [dans ce domaine aussi, il y a du temps partagé], se montre odieux avec Pervenche. Il faut passer devant le juge.

 

Là encore, que la petite voix naïve s’élève : un juge est un magistrat. Il exerce un magistère, par l’exercice d’un pouvoir qui est une émanation du pouvoir politique, ordonné à rendre la justice. La justice : rendre à chacun ce qui lui est dû, art difficile et noble tâche, qui réclame une fermeté et une exactitude de jugement que seule confère la vertu qui lui est adaptée. Art qui réclame aussi de la hauteur de vue et, bien évidemment, de l’indépendance. Or voici que les époux Dupond comparaissent devant M. Arsène Codifiet. En fait de juge indépendant, haut dans ses vues, magistrat, M. Codifiet vient lui-même de divorcer de cette garce de Chloé, au terme d’une procédure déchirante. Ce juge ne devrait-il pas s’occuper d’autres choses que de juger des divorces ? Eh bien non. Cherchez l’erreur.

 

Troisième épisode : voici un jeune enfant de 8 ans soustrait à la garde de sa mère, immigrée de fraîche date, parlant à peine le français, et réputée par l’Administration toute puissante être incapable d’exercer ses devoirs maternels. Depuis cinq ans, cet enfant est placé dans une famille d’accueil, qui en tire 1.000 euros par mois, et multiplie ses gains avec d’autres enfants. La mère a moins de droits pour voir son enfant que n’en a une femme lambda pour aller visiter en prison son criminel de mari. Lorsqu’elle cherche à téléphoner à l’enfant, la conversation est surveillée, “médiatisée”, selon le jargon de l’Administration, dont l’agent instrumentaire décide discrétionnairement de ce qui peut être dit et de ce qui ne doit pas être dit. Nous sommes en France, naturellement, pas en ex République Démocratique Allemande.

 

Survient, encore une fois, petite Naïveté : bien sûr tout cela est difficile, mais sans doute nécessaire, pour le bien de cet enfant qui fait partie des quelque 70.000 enfants dont s’occupe ainsi l’Administration, pour des cas souvent dramatiques. D’ailleurs, à n’en pas douter, l’enfant doit être dans une famille exemplaire, et puisque la mère est catholique, sans doute cette famille l’est-elle aussi, qui doit veiller à ce que l’enfant fasse ses Pâques et reçoive une éducation chrétienne – respect de la liberté religieuse oblige. Il n’est pas douteux non plus que les personnes qui jugent si la mère peut ou non voir son enfant et apprécient sa capacité à être mère sont elles-mêmes des mères irréprochables, de familles unies, pleines de sagesse, exemplaires. Flûte, patatras !… voilà que petite Naïveté vient de s’étaler de tout son long ! Quelle glissade ! Eh non, là encore, que nenni. La famille d’accueil, qui concubine, n’a que faire de ces considérations, l’enfant a bien assez de sa télé, et puis ce ne serait pas facile d’emmener à la fois ce petit à l’église et ses “frères” de sort à la mosquée. Quant aux personnes qui s’autorisent à juger de la capacité de la mère à être telle, et de la qualité de sa “relation maternelle”, la charité commande de ne pas s’attarder sur ce point, mais de modèle de mère et d’épouse, et de famille, cela ne doit pas être prévu par les règlements de l’Administration. L’image même de ce que représente une famille ou une mère pour un chrétien paraît être totalement étrangère à ce monde et à ses valeurs. Cherchez une fois encore l’erreur.

 

Petits épisodes, petites anecdotes, mais significatives. L’humain, ici est là, est gouverné par la gestion, le marketing, cette résorption des fins dans l’utilitaire. Il suffit, pour ainsi "marketer", de savoir manier les instruments mis à votre disposition. Le reste, au fond, n'est que secondaire. L'essentiel est que la Machine tourne.

 

 

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Vendredi 19 mars 2010 5 19 /03 /2010 11:11

Par L'Equipe d'Hermas

Certains esprits chagrins s'imagineront que, décidément, nous faisons une fixation sur le diocèse de Nancy, mais il nous plairait à nous-mêmes - ô combien - de ne pas avoir occasion d'en donner l'impression.


Le diocèse de Nancy, en effet, sur son propre SITE internet, fait une promotion de ce qui est désormais appelé le "denier de l'Eglise", et qu'en d'autres temps on appelait le "denier du culte". Jusque-là, rien que de très normal, rien que de très sain. "Les dons - peut-on lire sur le site, cette fois, de la Conférence des Evêques de France - constituent l'unique source de revenus de l'Eglise puisqu'elle ne reçoit aucune subvention de l'Etat [ni du Vatican, contrairement à l'idée reçue]. Donner à l'Eglise, c'est donc soutenir sa présence et son rôle dans la société et lui donner les moyens d'accomplir sa mission". Le "denier de l'Eglise", en particulier, "est une libre participation annuelle des catholiques d'un diocèse et chacun donne selon ses possibilités (...) pour assurer la vie matérielle des prêtres et la rémunération des laïcs salariés en mission dans l'Église".


Ce qui est moins sain, et moins normal, on en conviendra, est le slogan et l'affiche utilisés pour accrocher le chaland. Qu'on en juge par la reproduction de l'affiche qui sert officiellement - nous y insistons - de support visuel à cette campagne publique du denier de l'Eglise :


denier2010


La bêtise et la vulgarité du message n'échapperont à personne, où copinent le jeu de mot débilo-sacrilège et l'invocation du diable - avec la légèreté de qui n'y croit pas. Non, non, on ne rêve pas, ce message n'est pas tiré de Charlie-Hebdo, mais bien du site du diocèse de Nancy.

 

Celui-ci [qui, au fait ?] assume pleinement la belle idée, avec de fausses précautions de langage qui fleurent bon les années soixante, quand des curés "éclairés" prêchant à leurs ouailles, leur lançaient, avant de démollir quelque chose de leur foi : "Je vais peut-être vous choquer, mais..."

 

"L’Église de France lance la campagne annuelle du denier. Marronnier oblige, nombre de médias, presse écrite comme télévision, s’en font l’écho. C’est dans ce contexte médiatisé que s’inscrit celle voulue par notre diocèse.

 

"« Voulue » car elle ne manquera pas de surprendre, susciter des commentaires, voire heurter. Ce n’est pas un « dérapage » ! Le message utilise le vocabulaire et le style de ceux que nous visons : non plus nos fidèles donateurs (leur confiance nous reste un atout), mais tous ceux parmi les jeunes foyers qui vivent aux marges de l’Église, partageant ses valeurs, de sensibilité catholique (57 % des français) mais ne franchissant qu’occasionnellement le seuil des églises : pour demander un service d’Église."

 

Et sur un document d'AFP, nous voici gratifiés de ces autres précisions, fort utiles, qui donnent toute leur dimension à la démarche "ecclésiale" :

 

"Nous nous sommes dits : situons-nous en rupture, non pas pour choquer, mais pour provoquer le débat, pour que les gens s'interrogent. Or, quel meilleur message que l'humour", demande la porte-parole du diocèse.

Si la proposition du visuel a semé le doute au diocèse, "l'un de nos laïcs, par ailleurs professeur de marketing dans l'école de commerce de Nancy, nous a convaincu de la pertinence de la démarche", raconte Françoise Penigaud.

"C'est le poids des mots : Jésus crise, il n'est pas content, il s'indigne", explique la porte-parole, qui reconnaît que "les gens en interne sont parfois choqués, mais en aucun cas on ne peut dire que nous somme blasphématoires".

 

Tout y est : le goût de provoquer, le mépris assumé des convictions froissées, le "jeunisme", l'infantilisme ["Jésus crise (sic), il n'est pas content"], le collapsus de l'apostolat dans le marketing et jusqu'à cette indécrottable conviction que la vulgarité est séductrice et, en l'occurrence, profitable. A quelle personne censée fera-t-on croire que ceux qui "vivent aux marges de l'Eglise", et qui l'ont quittée souvent à cause de sa désubstantialisation cléricale, pourront se laisser berner par cette campagne qui les prend pour des imbéciles ? Et qu'en ont-ils à faire, eux, que "Jésus pas être content" ?


Jusqu'à quand cet interminable bazar durera-t-il ? Nous n'avons que faire des "contextes médiatisés", des "coups de pub", des complexes ecclésiastiques devant le monde. Nous sommes baptisés, pas des "gens en interne", selon le jargon d'entreprise. Nous sommes des fils de Dieu qu'Il a rachetés au prix du Sang de son Fils, nous sommes tous appelés, selon les enseignements du Concile, à la sainteté. Nous voulons vivre à hauteur de cette ambition divine. Nous n'avons que faire des orientations ecclésiales données par des professeurs... de marketing ! Nous avons besoin que l'on nous ouvre des chemins de lumière, pas de retrouver dans les églises et les cures les slogans crétinisants ou les tics de ce monde dégénéré dans l'économisme et qui pèse si lourdement sur nos épaules.


Voulez-vous que nous vous aidions, nous laïcs, de notre labeur quotidien ? Marchez donc devant, en prêtres, en saints, marchez dans la crainte de Dieu, rendez vous visibles et crédibles aux yeux de tous, sans vous cacher derrière cravates, jeans ou costumes, avancez dans la sanctification de son Nom, marchez en apôtres, marchez dans le renoncement et la prière, dans l'amour de la vérité et des âmes, dans le respect de l'Eucharistie, abandonnez ces postures adolescentes, ces mièvreries qui vous tiennent encore tellement à coeur, bref, grandissez, grandissez enfin, et la contagion de ce que vous serez gagnera le monde. Alors afflueront ceux qui vous paraissent aujourd'hui si loin !

 

Evidemment, ce discours va déplaire ! Mais c'est l'expression de notre propre droit, à nous, de nous "situer en rupture", non pour choquer, ni d'ailleurs pour provoquer de débat, mais pour vous rappeler à vos devoirs, ce qui constitue un droit inaliénable des baptisés. Que l'on se représente une seconde - une seule toute petite seconde - ce que serait la réaction du Curé d'Ars s'il avait cette misérable publicité entre les mains. Est-ce  donc si difficile à imaginer ? Il est vrai que le saint curé savait, lui, ce que "diable" veut dire... et qu'il n'avait pas souci d'émarger les mêmes comptes.

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Vendredi 19 février 2010 5 19 /02 /2010 10:01

Par L'Equipe d'Hermas

MS.jpgIl fut un temps où les grands débats qui agitaient les esprits éclairés se déclinaient en socinianisme, arianisme, monophysisme, unitarianisme. On discutait de Nicée, et de Constantinople, d’Ephèse et de Chalcédoine, de Filioque et de processions. Tout cela est un petit peu perdu de vue, à dire vrai. La lumière s’est retirée mais l’agitation demeure. Alors on parle plutôt de l’avenir des primates ou de celui du Parti socialiste, de la création du hamburger hallal chez Quick ou de l’échec préoccupant de la “Ferme Célébrités”. A chaque époque son horizon.


L’immanquable débat du jour – car il en faut à peu près un par jour – est celui qui porte sur la Marianne publicitaire que le gouvernement a cru bon de prendre comme symbole pour lancer son “grand emprunt” dans tous les grands journaux.

 

Shtroumfette.jpg On voit la donzelle tout de blanc vêtue dans une longue robe qui lui tombe jusqu’aux pieds nus, fort avancée en sa grossesse, coiffée d’un bonnet également blanc qui ressemble davantage à un bonnet de Schtroumph qu’à un bonnet phrygien [à l’évidence, nous ne sommes pas les seuls à avoir été frappés par cette ressembleschtrouferie].

 

C’est la Schtroumphette fille-mère de la République, visiblement moins sage que la vraie Sctroumphette, quoiqu'elle soit plus sobrement vêtue. Maternité oblige.

 

La noble figure est accompagnée [à défaut d’autre chose – certains évoquent le passage d’un Schtroumph, mais lequel ?] d’un slogan : « La France investit dans son avenir. » Je prends soin de respecter l’intégralité du message solennel : le mot “avenir” est bloqué par un point final [les mauvais esprits diraient que la phrase en son entier comporte trois points]. Un avenir sans futur, en quelque sorte. Ce n'est pas forcément prometteur.

 

Quoi qu’il en soit, l’image « fait débat », comme on dit en cuistrerie. Elle choque, scandalise, même !  Il y a des politiciens qui s'en étranglent. Vos journaux, si l’on peut dire, en sont gros. Mais le plus cocasse de l’affaire est que nos penseurs de pub, quel que soit l’esprit ambiant, n’ont pu imaginer d’autre représentation visuelle de “l’avenir” que par celle d’un enfant à naître. A naître, je dis bien, c'est-à-dire d’une de ces petites choses que la loi nous autorise massivement à tuer pour préserver nos aises, nos droits, ou nous protéger des conséquences de nos erreurs ou de nos peurs. Bref, de notre propre futur.

 

Avouez que l’image, au bout du compte, ne manque pas de paradoxe, et que le ridicule dépasse bien celui du bonnet. Voici une Schtroumphette républicaine qui avorte quelque 250.000 enfants par an sur l’autel de la liberté, dont le moindre des soucis est de protéger les enfants de France et qui s’apprête à accoucher, sans père connu, de… de quoi au fait ? D'une abstraction, comme de coutume.

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Lundi 1 février 2010 1 01 /02 /2010 13:07

Par L'Equipe d'Hermas

Nous avions fait écho aux persécutions imbéciles dont avait été victime le maire de la commune de Savenay, au Québec, parce qu'il ouvrait les conseils municipaux par une prière. Nous renvoyons à cette série d'articles, sans manquer de rappeler que cette polémique s'est achevée par la réélection massive du maire.


En France, une polémique du même genre a éclaté [le mot est fort...] à Fontgombault (Indre), lieu bien connu de la vie bénédictine en raison de l'Abbaye qui s'y trouve.


Figurez-vous que le maire de cette commune, M. Jacques TISSIER, a invité « ses ouailles (sic) à la prière pour le peuple haïtien » à l'issue de ses voeux. C'est le journaliste de service de "La Nouvelle République", M. Sébastien Acke, qui s'exprime ainsi, croyant de toute évidence trouver là un événement et un article à sa mesure - à moins qu'il ne manie l'humour au second degré.


Le maire « a-t-il rompu le pacte républicain ? », s'interroge-t-il sans rire. La FOL (sic), bien nommée, s'agite évidemment. La Fol, c'est la Fédération des organisations laïques de l'Indre, dont le Président est M. Saladin lui-même. 


Le journaliste rapporte le propos de M. Saladin, bien assaisonné : « Ou bien il s'agit d'un transfert d'émotion (la situation dramatique d'Haïti) qui a fait oublier un instant, à cet élu, l'endroit où il se trouvait et il suffirait qu'il s'en explique et regrette cette attitude pour que la polémique soit close. Ou bien il s'agit d'un acte délibéré s'inscrivant dans un contexte de lutte contre un des fondements de notre société ». Dans ce cas, poursuit le sycophante républicain « on s'attaque directement et délibérément à l'un des ciments de la société française, la laïcité », qui, au-delà de « l'irrespect envers les habitants ; l'outrage à la République ; la séparation de l'Église et de l'État », appelle à « une grande vigilance pour que de tels faits ne se reproduisent pas ». Fermez le ban.

 

« Le débat est digne d'intérêt, conclut le journaliste, il mérite franchement votre contribution.» Et comment ! Qui en douterait ? Le maire a-t-il perdu la raison ou est-il empreint d'une malignité pervertissime ? Grave question...


Notre opinion est surtout que l'on doit s'ennuyer ferme dans les bureaux de la Fol et de la Rédaction de "La Nouvelle République" pour se construire ainsi ce "scandale" dérisoire. Dérisoire et grotesque, comme toujours en pareil cas. 


"Le chien aboie et la caravane passe". Bravo, M. le Maire ! Catholiques ou non, croyants ou non, les gens de bien ont bien compris, eux, votre message.

Soutenons-le !

 

 

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Jeudi 14 janvier 2010 4 14 /01 /2010 16:12

Par Pierre Gabarra

Comme vont les choses, tout de même. Du temps qu'il était vivant, M. ... comment s'appelle-t-il déjà ? La presse n'en parle déjà plus... Ah oui, Philippe Séguin, était un empêcheur de politiquer en rond, redouté ou détesté à qui mieux mieux, à qui on avait trouvé une charge qui lui permettait de parler de temps en temps, par rapports interposés, sans que personne ne l'entende.

Mort, le voilà devenu un grand homme. Mieux, LE grand homme. Clercs et laïcs, d'un seul pleur, s'en vont gémir sur sa dépouille, hélas mortelle. Dans la société politicienne, on ne soupçonnait pas, à dire vrai, qu'il existât un homme d'Etat. Or voici qu'il est né par son décès. Il est dès lors de bon ton d'incliner la tête.

Il n'est pas jusqu'à Radio Notre-Dame pour sacrifier, ce matin, à l'exercice cultuel. Une journaliste y est même allé jusqu'à y dire qu'il "incarnait l'identité nationale" ! C'est quand même fort. Je ne saurais vous dire la suite car, exaspéré, j'ai éteint ma radio. Mais fort quand même : il incarnait l'identité nationale et nous ne le savions pas ! Comme il arrive avec des saints - saint François d'Assise, par exemple - nous avons vécu avec lui sans savoir ce qu'il était. Et dire que l'on se creusait la tête au sujet de cette identité alors qu'elle avait, tout près de nous, un visage familier !

Grande figure du Gaullisme. Là encore, ce gaullisme n'a jamais été une telle référence, ressuscitée en particulier par Mitterand, que depuis qu'il est mort. On aime, à ce qu'il paraît, ce genre de procédé. Grand gaulliste, donc, dont il n'est pas question, en revanche de rappeler qu'il vient du socialisme ni des raisons qui l'ont rapproché du gaullisme au moment de la guerre d'Algérie.

Peu nous importe tout cela, au fond, ni que l'on salue en lui un grand commis de la République. A l'heure qu'il est seul compte pour nous ce qui compte désormais seul pour lui, et pourquoi nous adressons une prière : le bien de son âme. Ce qui est étonnant, comme souvent, c'est la démesure de l'événement et le conformisme qui l'entoure, avant de sombrer, comme toujours, dans un prochain oubli.

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Jeudi 14 janvier 2010 4 14 /01 /2010 15:00

aaa-copie-1.jpgLes soldes sont là, Mesdames, Messieurs, les soldes sont là !


Ne manquez pas les lots Bachelot de vaccin contre la grippe A !


Comme vous le savez, Mme Bachelot [qui, comme vous le savez aussi, n'a aucun lien avec l'industrie pharmaceutique - laquelle, annonce les Echos, « est l'un des rares secteurs industriels où l'année 2009 aura été meilleure que l'année 2008 ! », selon Claude Le Pen, consultant auprès d'IMS Health], a commandé 94.000.000 de doses de vaccins au prix approximatif de 10 euros la dose. Elle se retrouve aujourd'hui avec un stock assez conséquent.


Malgré ses efforts, 5,5 millions de personnes seulement se sont fait vacciner avec ce produit dont ont maintes fois été dénoncés le manque de test et les risques médicaux [ce n'est pas grave : ce sera pour des contentieux ultérieurs, et puis on a désormais la botte : on créera un nième fonds de garantie si besoin est, avec l'argent que l'on n'a pas, comme d'habitude].


L'épidémie allait être terrible ! Elle est terminée pour la France.


Comme ce pays compte beaucoup de mauvais citoyens qui, malgré les apparences, ne sont pas tous piqués, il reste sur les bras de Dame Bachelot un stock considérable que la réquisition forcée des personnels de santé n'aura pas suffit à écouler.


Il faut donc en profiter, l'heure est à la baisse !


Qui n'a pas sa dose ? Dépêchez-vous, il en reste encore, avant qu'on ne les écoule dans les pays africains, périmés, certes, mais à bas prix. A vos caddies, il y en a pour tout le monde ! Pensez aussi à vos animaux de compagnie, à votre perroquet, Madame, à votre hamster Monsieur ! Et avez-vous pensé à faire vacciner votre femme de ménage ? Et votre facteur ? Et les peluches de vos enfants ?


Pensez aussi à en acheter pour l'an prochain, on ne sait jamais : et s'il y avait encore une épidémie aussi terrible ? En plus, pensez aux prochaines fêtes, une petite dose, ça fait toujours plaisir, surtout l'inoubliable cru 2009.


Allons-y de bon coeur, ce sont les soldes républicaines ! La santé n'a pas de prix !

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Jeudi 19 novembre 2009 4 19 /11 /2009 17:41

Vraiment, nous nous en voudrions de manquer cet épisode du mache de foute d'hier soir, si capital.

L'événement est si considérable que le Gouvernement de ce pays - la France, comme on sait, en proie à ses doutes psychanalytiques et qui s'interroge officiellement en ce moment sur son identité - est intervenu, si l'on peut dire, sur le terrain.

Acteur éminent du Gouvernement et du Sport, le Ministre Bachelot y est allé de sa harangue, avec toute la classe propre à son rang.

"On a eu une équipe de France qui était absolument asphyxiée et qui a obtenu son match nul à cause d'une grossière erreur d'arbitrage", a-t-elle déclaré. Soulagement : ce n'est pas par la malhonnêteté du capitaine de l'Equipe de France, mais par la faute de l'arbitre. Je me disais aussi... Toujours grave, elle a ajouté : "Si on continue comme ça, sur le mode de ce qui s'est passé hier, on ne va pas être bien en Afrique du Sud, ça va pas durer longtemps". Merveille stylistique. "Ouais, on est mal barrés les mecs", étant entendu, évidemment, que "on", c'est elle, c'est vous, c'est moi, c'est nous tous dans notre identité fouteballlistique à tête chercheuse.

Mais ce n'est pas tout !

L'analyse gouvernementale s'achève par une exhortation chaleureuse, directe, à l'égard de l'Entraîneur de l'équipe qualifiée par tricherie :
"Raymond, il faut vraiment que tu te mobilises et que tes gars se mobilisent parce que nous les Français, on est quand même très inquiets et beaucoup déçus".

Vous pouvez relire, si, si, allez-y, ça vous concerne tous, inquiets et déçus que vous êtes, en goûtant la profondeur du propos et du style ministériels. "Ouais, allez Raymond, mobilise-toi un max, c'est trop !".

A défaut d'identité nationale, soyons au moins rassurés, nous avons une Cause, et quelle Cause !

Et dire qu'il fut un temps où la France avait des Richelieu pour la gouverner, et des savants pour s'interroger sur l'origine divine de son pouvoir... Mais pardon, je délire, c'est vrai que je ne suis pas vacciné contre le virus HRB6F42b27. Le pouvoir est aujourd'hui au bistrot, sur fond de cannettes de bière et de relents de choucroute. Allez, à la tienne le Raymond ! A la tienne la Roselyne !



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Publié dans : Humeur - Communauté : Benoit XVI - Partager    
Jeudi 19 novembre 2009 4 19 /11 /2009 13:16

Chacun a beau être averti par l'expérience des carences de ce monde et spécialement de cette société, celle-ci ne paraît pas se lasser d'en apporter elle-même la démonstration.

Un événement capital - du moins c'est ce dont on entend nous convaincre - vient de se produire : la qualification de l'équipe de France pour la coupe du monde de fouteballe.


Pour ceux qui ignoreraient ce dont il s'agit, le fouteballe est un sport où l'on réunit 22 types sur de l'herbe pour les faire courir après un ballon pendant 90 minutes, ou à peu près. Ils essayent tant bien que mal de le mettre dans ce qu'on appelle des "buts" - c'est le leur en tout cas.

Tantôt ça marche, tantôt non. Quand l'un des joueurs y parvient, il se met à courir de plus belle dans tous les sens, sans ballon cette fois, fait des pirouettes, s'essuie la figure, montre son ventre, crie, danse, quelquefois s'écrase sur l'herbe, et ses copains lui sautent dessus. Et puis ça recommence, on se remet à courir après le ballon, et ainsi de suite.

Hier, l'équipe de France "rencontrait" - c'est comme ça qu'on dit : l'expression est amusante, comme s'il s'agissait d'une rencontre fortuite : "Ah, tiens, salut, vous êtes dans le coin ? On se fait un p'tit match ?" - l'équipe d'Irlande. Spontanément, bien sûr, j'étais quant à moi pour les irlandais, allez savoir pourquoi, ce qui ne m'a cependant pas détourné de me plonger dans l'Ile au Trésor.


Patatras, voilà que mon équipe favorite perd. Bien sûr, les radios en parlent, les journaux en parlent, et, spectacle radieux, quand vous prenez votre transport du matin, vous voyez, dans votre train encombré, tous ces cadres fort sérieux, cravatés et costumés, puiser  massivement leur vérité du jour et nourrir leur intelligence des belles pages de "L'Equipe".


Or quelle surprise ! Après avoir entendu à la radio que l'équipe de France s'était montrée fort médiocre, voilà que vous apprenez, contraint et forcé, qu'elle a quand même gagné grâce à... "la main de Dieu" ! Rien de moins ! Mazette, quelle bénédiction ! Cependant, comme vos oreilles ont traîné, si je puis dire, pendant que vous vous rasiez (je dis cela pour les hommes, évidemment), la radio vous a quand même appris que la main en question était celle de... Thierry Henry, qui a volontairement arrêté la balle pour pouvoir s'en emparer.
Et ça, ça ne se fait pas.

Un peu plus loin, voilà que le crâne chauve qui est devant vous, n'hésitant pas (par ses mains,
naturellement) à déployer sa gazette malodorante malgré l'affluence, tourne la page : cette fois, le même canard parle de... "miracle" en gros titres! Oui, c'est un miracle qui est survenu, l'Equipe (celle de foute) est sauvée ! NOUS sommes sauvés ! Alleluia ! Je n'ai pas lu l'article, bien sûr, mais on y dit peut-être que les grands joueurs sont "en état de grâce".

Peu importe que le pauvre petit but suffisant ait été marqué dans la tricherie et la malhonnêté, peu importe que l'équipe d'Irlande ait été éliminée de manière déloyale, qu'est-ce ça peut faire ?  "Dieu" n'est-il avec nous, nous sommes MI-RA-CU-LES ! Après tout, n'est-ce pas le résultat qui compte ?  Mais si, bien sûr, c'est la noble loi du sport moderne, sonnant et trébuchant ! Eh oui, ON est en coupe du monde, le jour se lève sur un jour meilleur !
Comme il aurait fallu être bête pour reconnaître que ce "but" ne pouvait pas "valoir", comme il aurait été stupide d'être honnête. L'honneur ? Ah, ah, ah ! Que vaut-il à côté du "Miracle" ?

Quelle dérision ! Quelle réduction misérable, décidément, de tout ce qui est saint à ce qui est médiocre. On a les dieux, les miracles et les grâces que l'on mérite et vraiment, vraiment, ce n'est pas grand chose.
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