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Les Catéchèses d'Hermas

Mercredi 4 janvier 2012 3 04 /01 /Jan /2012 14:54

Par PRIMEROS CRISTIANOS - Traduit de l'espagnol par Pierre GABARRA

pc-copie-1Depuis les temps les plus reculés, tant en Orient qu’en Occident, l’Eglise a célébré le 6 janvier la manifestation de Dieu au monde.

 

L’Epiphanie [du grec epi-faneia : manifestation] est la première manifestation au monde païen du Fils de Dieu fait homme, qui eut lieu par l’adoration des mages – racontée par saint Matthieu (2, 1-12). Ce passage, avec sa référence au prophète Michée, est l’un des cinq épisodes qui constituent l’Evangile de l’Enfance chez cet évangéliste (chap. 1-2). L’Evangile de l’Enfance de saint Luc (1-2), en revanche, ne le mentionne pas.

 

Pour bien comprendre ce récit, et percevoir son contenu théologique, il est nécessaire de préciser tout d’abord la portée de la citation de Michée, d’indiquer qui étaient les Mages et ce qu’était l’étoile dont on dit qu’elle les a guidés jusqu’au berceau de l’Enfant. 

 

Le texte de Michée

 

Le centre de l’épisode des Mages est la citation du prophète Michée, à laquelle se réfèrent, dans le récit, les prêtres et les scribes consultés par Hérode au sujet de l’endroit où devait naître le Messie. « A Bethléem de Judée, lui dirent-ils ; ainsi, en effet, est-il écrit par le prophète : “Et toi, Bethléem, terre de Juda, tu n'es nullement le moindre des clans de Juda ; car de toi sortira un chef qui sera pasteur de mon peuple Israël” » (Mat. 2, 5-6).

 

Ce passage prophétique est certainement messianique. Michée console son peuple, face à la menace assyrienne, par la promesse d’un Libérateur futur, descendant de David. Il ne découle pas de ce texte que le Messie devait nécessairement naître, matériellement, à Bethléem ; il suffisait qu’il en fût originaire par son ascendance davidique. 

 

Le texte de Michée, dans la bouche des scribes, et sous la plume de l’évangéliste, signifie que pour les premiers le Messie devait naître à Bethléem, de la descendance de David, et que, pour le second, Jésus réalisait ces paroles.

 

 Qui étaient les Mages ?

 

EpiphanieL’évangéliste présente les protagonistes du récit comme « des Mages qui venaient d’Orient ». Il n’indique pas leur nombre, ni leur nom, ni le lieu exact de leur provenance. La tradition antique offre différentes interprétations, mais sans certitude. En ce qui concerne le nombre, les monuments archéologiques différent considérablement. Une fresque du cimetière de saint Pierre et saint Marcellin, à Rome, en représente deux. Un sarcophage conservé au Musée du Latran en montre trois. On en voit quatre sur un monument du cimetière de sainte Domitille, et jusqu’à huit sur un vase du Musée Kircherian. Dans les traditions orales syriennes et arméniennes, on parle même de douze Mages. Néanmoins, le nombre qui s’est imposé est celui de trois, peut-être en référence aux trois offrandes qu’ils ont déposées – d’or, d’argent et de myrrhe – ou bien parce que l’on a cru qu’ils représentaient les trois races : Sem, Cam et Jafet.

 

Les noms qui leur sont donnés (Melchior, Gaspard et Balthasar) sont relativement récents. Ils apparaissent dans un manuscrit italien anonyme du IXème siècle,  et, peu avant, dans un manuscrit parisien de la fin du VIIème siècle, sous la forme “Bithisarea, Melichior y Guthaspa”. Chez d’autres auteurs, et dans d’autres régions, ils sont connus sous des noms totalement différents. Leur condition royale, qui n’a aucun fondement historique, semble avoir été introduite par une interprétation trop littérale du Psaume 72,10 : « Les rois de Tarsis et des îles rendront tribut. Les rois de Saba et de Seba feront offrande ». Ils n’apparaissent à aucun moment, dans les antiques représentations de l’art chrétien, avec des attributs royaux mais uniquement avec un bonnet phrygien et des vêtements de nobles persans.

 

Les témoignages anciens différent également quant à leur lieu d’origine. Les uns les font provenir de Perse, d’autres de Babylone ou d’Arabie, et même de lieux aussi peu situés en Orient que la Palestine, l’Egypte ou l’Ethiopie.  Toutefois, un précieux élément archéologique datant de la période de Constantin montre l’antiquité de la tradition, apparemment plus proche de l’intention de l’évangéliste, selon laquelle les Mages seraient venus de Perse. Une lettre synodale du Concile de Jérusalem de 836 indique qu’en l’an 614, lorsque les soldats perses de Chosroes II détruisirent tous les sanctuaires de Palestine, ils respectèrent la basilique constantinienne de la Nativité, à Bethléem, parce que, en voyant la mosaïque du frontispice qui représentait l’Adoration des Mages, ils identifièrent ces derniers comme des compatriotes en raison de leur vêtement.

  

L’étoile des Mages  

 

Dans le récit de saint Matthieu, l’étoile joue un rôle important. C’est une étoile que les Mages ont vue en Orient, puis qu’ils ne revirent plus jusqu’à leur sortie de Jérusalem, sur le chemin de Bethléem. Alors, elle s’est mue devant eux en direction du Nord-Sud pour, finalement, s’arrêter au-dessus de la maison où se trouvait l’Enfant.

 

Les Mages disent l’avoir reconnue comme l’étoile de Jésus [« Nous avons vu, en effet, son astre à son lever et sommes venus lui rendre hommage » (Mt 2,2)]. A supposer le caractère préternaturel de l’étoile, qui semble n’avoir été vue que par les Mages, il resterait à expliquer comment ils ont pu comprendre qu’il s’agissait de celle de Jésus, jusqu’à se sentir poussés à se déplacer pour aller l’adorer.

 

Il n’y aurait rien d’étrange, à cet égard, que des perses pieux se soient intéressés aux Ecritures des juifs et qu’ils aient participé de quelque manière à leur espérance en un Messie Roi, de sorte qu’en percevant le phénomène stellaire, ils l’aient mis en relation avec ce dernier. Quoi qu’il en soit, ce que l’on peut dire c’est que, d’une manière ou d’une autre, Dieu les a poussés à se mettre en route et à se diriger vers Israël à la recherche d’un grand roi.

 

La célébration de la fête de l’Epiphanie du Seigneur

 

 Depuis des temps très reculés, tant en Orient qu’en Occident – à l’exception de la ville de Rome, et, probablement, des provinces d’Afrique – l’Eglise célèbre le 6 janvier la manifestation de Dieu au monde, fête qui deviendra ultérieurement l’Epiphanie. En effet, déjà au IIème siècle, on rencontre des références à une commémoration du baptême de Jésus dans certaines sectes gnostiques. Cependant, il faut attendre la seconde moitié du IVème siècle pour trouver des premiers témoignages dans des milieux orthodoxes.

 

L’origine de la solennité de l’Epiphanie est assez obscure. Les hypothèses les plus différentes ont été avancées, ici ou là, de sorte qu’en définitive il semble que cette fête soit née d’un processus d’inculturation de la foi, comme une christianisation d’une célébration païenne du Soleil levant, profondément enracinée dans la région orientale de l’Empire.

 

Bientôt, en Occident, la fête de l’Epiphanie a reçu un triple contenu théologique, comme célébration de la manifestation aux gentils du Dieu incarné – adoration des Rois Mages ; comme manifestation de la filiation divine de Jésus – baptême dans le Jourdain ; et comme manifestation du pouvoir divin du Seigneur – miracle des noces de Cana. En Orient, avec l’introduction de la fête de la Nativité, le 25 décembre, la solennité de l’Epiphanie a perdu son caractère de célébration de la naissance du Christ, pour se centrer sur la commémoration du Baptême dans le Jourdain.

 

Dans l’Eglise romaine, la célébration liturgique de l’Epiphanie est aujourd’hui centrée sur l’universalité du dessein salvifique de Dieu. Ainsi, les lectures font référence à la vocation des gentils au salut, déjà annoncée par les prophètes (Isaïe 60, 1-6) et pleinement réalisée dans le Christ (Ephésiens, 3, 2-3 et 5-6 ; Mt 2, 1-12). Cette même perspective se retrouve dans les textes euchologiques.

 

_______________ 

  

BIBL.: J. ENCISO VIANA, La estrella de Jesús, en Por los senderos de la Biblia, t. II, Madrid-Buenos Aires 1957, 155-160; J, RACETTE, L'Évangile de 1'Enfance selon S. Matthieu, «Sciences Ecclésiastiques» 9 (1957) 77-82; S. MUÑOZ IGLESIAS, El género literario del Evang. de la Infancia en S. Mateo, «Estudios Bíblicos» 17 (1958) 245-273, especialmente 264-268; ÍD, Venez, adorons-le, en Assemblés du Seigneur, 13,31-44; A. M. DENIS, L'adoration des Mages vue par Saint Matthieu, «Nouvelle Revue Théologique» 82 (1960) 32-39; G. D. GORDINI, A. M. RAGGI, Magi, en Bibl. Sanct. 8,494-528.

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Publié dans : Les Catéchèses d'Hermas - Communauté : Chrétiens et heureux de croire
Dimanche 16 octobre 2011 7 16 /10 /Oct /2011 16:49

Par L'Equipe d'Hermas

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(cliquer sur l'image dessus)


annivers


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Publié dans : Les Catéchèses d'Hermas - Communauté : Nos amis les saints
Dimanche 21 novembre 2010 7 21 /11 /Nov /2010 07:00

Par Mgr Jacques MASSON (1937-2010)

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EN UNION AVEC LES ENFANTS DU MONDE

POUR LA PAIX, LES PRETRES,

NOS FRERES PERSECUTES D'ORIENT

 

 

Hermas a déjà présenté cette Fête religieuse, mieux connue sous le nom de « chandeleur », et marquée par une recette culinaire, les crêpes ; les fidèles, bien souvent, ne retiennent que les cierges bénits ce jour-là, et ils les emporte chez eux pour en assurer la protection. Cette année, nous présentons en particulier les prières du rite précédent de cette Fête Liturgique, qui sont d’une grande richesse, et une nourriture spirituelle profonde et enrichissante pour notre âme. Dom Guéranger les a recueillies dans son ouvrage irremplaçable « L’Année Liturgique »

 

Origine de la Fête de la Présentation

 

Cette Fête, malheureusement tombe la plupart du temps en semaine, et est peu connue des fidèles. C’est une fête Liturgique important qui rappelle un événement de la vie de Jésus, sa présentation au Temple, et la « purification » de Marie.

 

C’était une fête juive selon la Loi de Moïse, dont les prescriptions se trouvent dans la Livre du Lévitique, chapitre 12° :

1. 

Yahvé parla à Moïse et dit :

2. 

Parle aux Israélites, dis-leur : Si une femme est enceinte et enfante un garçon, elle sera impure pendant sept jours comme au temps de la souillure de ses règles.

3. 

Au huitième jour on circoncira le prépuce de l'enfant

4. 

et pendant trente-trois jours encore elle restera à purifier son sang. Elle ne touchera à rien de consacré et n'ira pas au sanctuaire jusqu'à ce que soit achevé le temps de sa purification.

 

6. 

Quand sera achevée la période de sa purification, que ce soit pour un garçon ou pour une fille, elle apportera au prêtre, à l'entrée de la Tente du Rendez-vous, un agneau d'un an pour un holocauste et un pigeon ou une tourterelle en sacrifice pour le péché.

7. 

Le prêtre l'offrira devant Yahvé, accomplira sur elle le rite d'expiation et elle sera purifiée de son flux de sang. Telle est la loi concernant la femme qui enfante un garçon ou une fille.

8. 

Si elle est incapable de trouver la somme nécessaire pour une tête de petit bétail, elle prendra deux tourterelles ou deux pigeons, l'un pour l'holocauste et l'autre en sacrifice pour le péché. Le prêtre fera sur elle le rite d'expiation et elle sera purifiée.

 

PRESENTATION.jpg C’est pourquoi cette fête, jusqu’à des temps récents portait le nom de « Purification de Marie », car le rite concernait surtout la Mère de l’enfant. Mais ce n’est qu’au VIII° siècle que cette fête prit un caractère « marial » : comme toute mère juive, Marie est allée en effet« racheter » son fils (rite qui rappelle que Dieu, lors de la dixième plaie d’Egypte, pour sauver les Hébreux de l’Esclavage, avait sauvé les premiers-nés des hébreux, alors que l’ange exterminateur frappait tout les premiers-nés des Egyptiens). Et Marie, juive, a suivi cette loi de Dieu, et s’est rendue au Temple de Jérusalem, 40 jours après la naissance de Jésus, pour accomplir le rite prescrit et offrir à Dieu un couple de tourterelle ou de pigeons, car Marie et Joseph « étaient incapables de trouver la somme nécessaire pour offrir en holocauste un tête de petit bétail » (Lévitique 12, 8). Cette fête est une des plus anciennes solennités de Marie.

 

Le texte du Lévitique ne parle que de la purification de la Mère. Mais Luc ajoute l’autre aspect de cette cérémonie : apporter l’enfant, Jésus, à Jérusalem, pour le présenter au Seigneur comme il était prescrit dans la loi, dans le Livre de l’Exode, chapitre 13 :


1. 

Yahvé parla à Moïse et lui dit :

2. 

Consacre-moi tout premier-né, prémices du sein maternel, parmi les Israélites. Homme ou animal, il est à moi.

3. 

Moïse dit au peuple : « Souvenez-vous de ce jour, celui où vous êtes sortis d'Égypte, de la maison de servitude, car c'est par la force de sa main que Yahvé vous en a fait sortir

12. 

tu céderas à Yahvé tout être sorti le premier du sein maternel

14. 

Lorsque ton fils te demandera demain : «Que signifie ceci ?» tu lui diras : «C'est par la force de sa main que Yahvé nous a fait sortir d'Égypte, de la maison de servitude.

15. 

Comme Pharaon s'entêtait à ne pas nous laisser partir, Yahvé fit périr tous les premiers-nés au pays d'Égypte, aussi bien les premiers-nés des hommes que les premiers-nés du bétail. C'est pourquoi je sacrifie à Yahvé tout mâle sorti le premier du sein maternel et je rachète tout premier-né de mes fils. »

 

Et ce n’est pas sans raison que la fête de la Purification de Marie insiste en premier lieu sur la Présentation de Jésus au Temple, les deux titres étant toutefois inséparables. Saint Luc en effet raconte cet épisode de la vie de la Sainte Famille qui parle de la présentation de Jésus et mentionne aussi la prophétie du vieillard Siméon concernant Marie : Luc chapitre 2° :


22. 

Et lorsque furent accomplis les jours pour leur purification, selon la Loi de Moïse, ils l'emmenèrent à Jérusalem pour le présenter au Seigneur,

23. 

selon qu'il est écrit dans la Loi du Seigneur : Tout garçon premier-né sera consacré au Seigneur,

24. 

et pour offrir en sacrifice, suivant ce qui est dit dans la Loi du Seigneur, un couple de tourterelles ou deux jeunes colombes.

25. 

Et voici qu'il y avait à Jérusalem un homme du nom de Syméon. Cet homme était juste et pieux ; il attendait la consolation d'Israël et l'Esprit Saint reposait sur lui.

26. 

Et il avait été divinement averti par l'Esprit Saint qu'il ne verrait pas la mort avant d'avoir vu le Christ du Seigneur.

27. 

Il vint donc au Temple, poussé par l'Esprit, et quand les parents apportèrent le petit enfant Jésus pour accomplir les prescriptions de la Loi à son égard,

28. 

il le reçut dans ses bras, bénit Dieu et dit :

29. 

« Maintenant, Souverain Maître, tu peux, selon ta parole, laisser ton serviteur s'en aller en paix ;

30. 

car mes yeux ont vu ton salut,

31. 

que tu as préparé à la face de tous les peuples,

32. 

lumière pour éclairer les nations et gloire de ton peuple Israël. »

33. 

Son père et sa mère étaient dans l'étonnement de ce qui se disait de lui.

34. 

Syméon les bénit et dit à Marie, sa mère : « Vois ! cet enfant doit amener la chute et le relèvement d'un grand nombre en Israël ; il doit être un signe en butte à la contradiction -

35. 

et toi-même, une épée te transpercera l'âme ! - afin que se révèlent les pensées intimes de bien des cœurs. »

36. 

Il y avait aussi une prophétesse, Anne, fille de Phanouel, de la tribu d'Aser. Elle était fort avancée en âge. Après avoir, depuis sa virginité, vécu sept ans avec son mari,

37. 

elle était restée veuve ; parvenue à l'âge de quatre-vingt-quatre ans, elle ne quittait pas le Temple, servant Dieu nuit et jour dans le jeûne et la prière.

38. 

Survenant à cette heure même, elle louait Dieu et parlait de l'enfant à tous ceux qui attendaient la délivrance de Jérusalem.

 

Cette fête fut célébrée à Jérusalem dès le IV° siècle, et eut d’abord comme thème la rencontre de Siméon avec l’enfant Jésus. Siméon proclame que Jésus est la lumière du monde, et qu’il sera un signe de contradiction, dans ce que la liturgie appelle « le Cantique de Siméon » qui est récité ou chanté chaque soir à l’office de Complies

 

Le Cantique de Siméon

Nunc dimittis servum tuum,

Domine, secundum verbum tuum in pace :

Quia viderunt oculi mei salutare tuum.

Quod parasti ante faciem omnium populorum :

Lumen ad revelationem gentium,

et gloriam plebis tuæ Israel

 

« Maintenant, Seigneur, laisse ton serviteur

S'en aller en paix, selon ta parole.

Car mes yeux ont vu ton salut,

Que tu as préparé devant tous les peuples,

Lumière pour éclairer les nations,

Et gloire de ton peuple Israël. »

(Luc 2, 29-32).

 

La « Chandeleur »


Cette fête a reçu un troisième titre, qui lui vient d’une habitude romaine au VII° siècle : à cette occasion on célébrait en effet à Rome une procession de pénitence qui commençait à l’aurore et devait se faire à la lueur des cierges. Cette procession représentait le voyage de Joseph, de Marie et de Jésus, pour aller de Bethléem au Temple de Jérusalem. Au X° siècle la coutume s’installa de procéder à la bénédiction de ces cierges.

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Publié dans : Les Catéchèses d'Hermas - Communauté : Prières, neuvaines chrétiennes
Samedi 13 novembre 2010 6 13 /11 /Nov /2010 15:00

Par L'Equipe d'Hermas

Nous poursuivons ici la publication des travaux de Mgr Masson, ajoutés au fur et à mesure sur la page "Nouvelle Evangélisation".

 

Ce texte, publié en octobre 2008, porte sur le mois de novembre et concerne la dévotion spéciale de ce mois : la prière pour les défunts.

 

Il peut être téléchargé en cliquant sur l'image ci-dessous :

 

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Publié dans : Les Catéchèses d'Hermas - Communauté : Prières, neuvaines chrétiennes
Dimanche 7 novembre 2010 7 07 /11 /Nov /2010 19:53

Par L'Equipe d'Hermas

Ce document peut être téléchargé à droite de cette page

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Publié dans : Les Catéchèses d'Hermas - Communauté : Prières, neuvaines chrétiennes
Mardi 2 novembre 2010 2 02 /11 /Nov /2010 16:19

Par L'Equipe d'Hermas

 

I.- Nous nous en voulons d’avoir qualifié ce 2 novembre, dans l’article précédent, de « jour des morts » - titre que nous nous sommes donc empressés de corriger. Ce repentir vient de la consternante lecture de feuilles publiques comme Le Figaro, où l’on lit les propos d’une certaine Nadine Beauthéac, psychothérapeute, affirmant avec la docte assurance que nous aimons à trouver chez nos sorciers modernes - “philosophes” et spécialistes en tous genres : « Il faut créer du sens dans ce moment de non-sens qu’est la mort ». 

 

Parler en ce jour de « fête des morts », en effet, est, dans le climat actuel de paganisme et d'autisme métaphysique, un contresens théologique.  Laissons cela aux réducteurs de tête et à leurs clients.

 

Qu’est-ce que vivre, et qu’est-ce que mourir pour un chrétien ? Vivre, c’est être ouvert à Dieu, dans la réception de sa grâce, dos tourné à la mort du péché. Etre mort, c’est Lui être fermé. La Vie est la condition de qui marche sur le Chemin qui conduit à la contemplation de la Vérité, face à face, dans la béatitude éternelle. La mort est la condition de qui a rompu avec les sources d’eau vive, s’enfermant soi-même jusqu’à cette séparation éternelle qu’est l’enfer.

 

L’Eglise - pour ce qui est de l'au-delà - ne prie pas pour les morts. Elle ne prie que pour les vivants. Aussi parle-t-elle en ce jour des « fidèles » défunts : ceux des défunts qui, en dépit des accidents parfois terribles de cette existence, de ses tentations et de ses doutes, sont demeurés dans la foi vive, fidèles par grâce de miséricorde.

 

 

"Les âmes des justes sont dans la main de Dieu. Et nul tourment ne les atteindra. Aux yeux des insensés ils ont paru mourir, leur départ a été tenu pour un malheur et leur voyage loin de nous pour un anéantissement, mais eux sont en paix. S'ils ont, aux yeux des hommes, subi des châtiments, leur espérance était pleine d'immortalité; pour une légère correction ils recevront de grands bienfaits. Dieu en effet les a mis à l'épreuve et il les a trouvés dignes de lui; comme l'or au creuset, il les a éprouvés, comme un parfait holocauste, il les a agréés. Au temps de leur visite, ils resplendiront, et comme des étincelles à travers le chaume ils courront. Ils jugeront les nations et domineront sur les peuples, et le Seigneur régnera sur eux à jamais. Ceux qui mettent en lui leur confiance comprendront la vérité et ceux qui sont fidèles demeureront auprès de lui dans l'amour, car la grâce et la miséricorde sont pour ses saints et sa visite est pour ses élus" (Sagesse, 1, 3-9).

 

 

II.- Comme la fête de la Toussaint, cette fête du 2 novembre est essentiellement une fête de la vie, du triomphe de la vie sur les puissances de la mort, de la grandeur de Dieu dont les desseins sur le monde n’échouent pas. Une fête de l’espérance théologale, aussi, puisqu’elle exprime notre espérance que nos êtres chers soient de ce « Nombre » sacré connu de Dieu seul.

 

La « Commémoration des fidèles défunts » porte seulement l’accent sur une vérité adjacente : Dieu est le Saint, le Pur, le Séparé. Nul ne s’approche de sa Face qui ne soit purifié. Comment s’opère cette purification chez ces vivants pour qui nous prions ? “Séjour” en une sorte de lieu de transition entre notre monde et la Vision ? “Transpersion” par le regard du Christ ? Nul ne peut le dire. Mais nul ne peut nier - en dépit des assurances, là encore, des doctes patentés - que la foi chrétienne se soit toujours attachée à la vérité de ce fait purifiant et douloureux. Au début du 3ème siècle, sainte Perpétue racontait comment, en un songe, elle vit son jeune frère décédé délivré de ses tourments par sa propre prière.

 

La prière, c’est elle qu’appelle l’Eglise pour nos défunts, en nous rappelant, s’ils sont décédés dans l’amitié de Dieu, qu’ils sont des Vivants qui peuvent aussi intercéder pour nous. C’est avec cette double énergie de l’espérance que nous faisons monter nos prières pour nos êtres chers - et spécialement, en cette année, pour notre ami Mgr Jacques Masson.

 

 

 

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Publié dans : Les Catéchèses d'Hermas - Communauté : Prières, neuvaines chrétiennes
Vendredi 29 octobre 2010 5 29 /10 /Oct /2010 19:26

Par L'Equipe d'Hermas

A Mgr Jacques Masson

et pour notre consolation

De la bonne et de la mauvaise tristesse

 

jeanchrysostome.jpg Faites silence, mes frères, si vous ne voulez laisser perdre des paroles utiles et qui vous seront bien nécessaires en ce moment. Le besoin de la médecine ne se fait jamais mieux sentir, que lorsqu'une grave maladie se déclare : s'il y a lieu d'appliquer avec soin le collyre, c'est lorsque l'oeil est en souffrance. Vous qui êtes exempts de pareilles infirmités, écoutez-moi donc sans murmurer, car l'homme en santé, lui-même, ne peut rien perdre à connaître les médicaments salutaires: et vous dont le mal a gagné l'âme et obscurci la clairvoyance, n'en soyez que plus attentifs à ouvrir les yeux afin que le collyre de la parole de salut vous soit. appliqué, non-seulement pour votre consolation, mais encore pour votre guérison. Si la personne qui a mal aux yeux refuse de les ouvrir pour y recevoir le collyre versé par le médecin, le remède se répand au dehors de la pupille, et l'oeil demeure endolori : de même, si l'affligé, dans l'excès de sa tristesse, ferme son âme aux avertissements qui pourraient le sauver, il souffre encore davantage, et éprouvera peut-être la vérité de ces paroles de l'Ecriture : que la tristesse du monde opère la mort. (II Cor. VII, 10). Le bienheureux apôtre Paul, ce docteur des fidèles, ce médecin de salut, a dit qu'il y a deux tristesses : l'une bonne, l'autre mauvaise ; l'une utile, l'autre funeste; l'une qui sauve, l'autre qui perd. Et pour que personne ne révoque en doute ce que je dis, je vais citer ses propres paroles. Il dit : « La tristesse qui est selon Dieu produit pour le salut une pénitence stable; mais la tristesse du siècle produit la mort » (Ibid.) Voilà la mauvaise tristesse.

 

La loi générale de la mort

 

Voyons donc, mes frères, si la tristesse présente, si celle qui dévore maintenant les coeurs et s'exprime dans le langage, est utile ou funeste, capable d'aider ou de nuire. Voilà un corps inanimé ; sur une table est étendu un homme qui n'est plus un homme, des membres privés de vie ; on crie, il ne répond pas; on l'appelle, il n'entend pas ; son visage est pâle, défiguré, d'une transparence qui laisse voir la mort : à ce spectacle vient se joindre l'idée du silence éternel qu'il va désormais garder, du plaisir qu'on a goûté dans son commerce, des services qu'il aurait pu nous rendre; le sang parle, les plus tendres paroles arrivent à notre coeur, avec le regret d'une longue familiarité. Voilà sans doute de quoi tirer des larmes, exciter des gémissements, et plonger l'âme entière dans une tristesse profonde. A cette douleur si forte, si bien armée, la première chose à opposer, c'est que tout ce qui naît ici-bas est condamné à mourir. Telle est la loi de Dieu, telle est l'immuable sentence qu'après sa faute le premier père du genre humain s'entendit signifier, quand Dieu lui dit : « Tu es terre, et tu iras en terre » Qu'y a-t-il donc d'étonnant à ce qu'un homme, né pour ce destin, ait satisfait à la loi, à la sentence divine? Faut-il s'indigner de ce qu'un fils de mortels ait répondu à l'appel, à l'irrésistible appel de la nature qui est la sienne? Ce qui est si ancien n'a rien d'étrange, ce qui est quotidien n'a rien d'inouï, ce qui est commun à tous n'est particulier à personne.

 

Si nous savons que nos ancêtres et nos bisaïeux sont partis par ce même chemin de la mort, si les patriarches même, si les prophètes, à commencer par Adam ont dû mourir pour s'en aller de ce monde, retirons notre âme de cet abîme de tristesse : ce mortel n'a fait que payer sa dette. Et qu'y a-t-il de triste dans l'acquittement d'une dette ? Cette dette, on ne saurait s'en décharger à prix d'argent : cette dette, ni la vertu n'en dispense, ni la sagesse, ni la puissance ; et les rois mêmes sont contraints de la payer. Ah ! je vous exciterais à redoubler de tristesse, si, pouvant empêcher ou retarder cet événement au prix de quelque sacrifice, votre négligence ou votre parcimonie l'eût laissé s'accomplir. Mais, puisque tout provient d'un éternel et immuable décret de la Divinité, c'est à tort que nous nous plaignons, à tort que nous recherchons en nous-mêmes les raisons de cette mort, quand il est écrit : « Au Seigneur Dieu appartiennent les dénouements de la mort » (Ps. LXVII, 21). Pénétrons-nous de cette condition imposée généralement à la vie : et les yeux de notre âme, grâce à ce premier remède, commenceront à éprouver quelque soulagement.

 

La mort peut être un bienfait


annivers.jpgMais, dites-vous que la mort est un malheur commun à tous, je le sais bien : je n'ignore pas que celui que j'ai perdu n'a fait que payer sa dette : mais je songe à l'attrait de son commerce, aux liens qui nous unissaient, à notre intimité : de là mes regrets. Si pour cette raison vous vous abandonnez à la tristesse, vous êtes le jouet de l'erreur et non le sujet de la raison. Vous devez savoir que Dieu qui vous avait donné ce bonheur, peut vous en donner un autre qui le surpasse; que celui qui vous a infligé cette perte, saura bien, dans une autre occasion, la réparer. Pour ce qui est de l'intérêt, si vous songez au vôtre, vous devez considérer aussi celui du défunt : peut-être est-ce un bonheur pour lui, suivant ce qui est écrit : « Il a été enlevé, pour que la malice ne changeât point son intelligence. Son âme était agréable à Dieu, et pour cette raison il s'est hâté de le retirer du milieu de l'iniquité » (Sag. IV, 11, 14). Que dire de l'intimité que le temps efface quelquefois, au point que la mémoire n'en garde aucune trace? Ce que le temps peut faire, à plus forte raison la sagesse et la réflexion doivent-elles l’opérer. Songeons surtout à cette sentence divine exprimée par la bouche de l'Apôtre : « La tristesse du siècle produit la mort » Plaisir, intérêt présent, commerce intime, toutes ces choses sont du monde, toutes ces joies sont du siècle et passent avec lui : se décourager, se contrister pour cela, n'est-ce pas vraiment une maladie mortelle? Je ne puis que vous le répéter encore, vous le répéter sans cesse : « La tristesse du siècle produit la mort » Pourquoi produit-elle la mort? Parce qu'une tristesse excessive nous conduit ou au doute ou au blasphème.

 

Le deuil est aboli par la loi nouvelle


Mais, dira-t-on, nous interdis-tu de pleurer les morts? Quand on a pleuré les patriarches, et Moïse, ce ministre de Dieu, et tant de prophètes ; quand Job, le juste par excellence, a déchiré ses vêtements après avoir perdu ses fils; ce n'est pas moi qui défends de pleurer les morts, c'est l'Apôtre des Gentils, lequel parle ainsi : « Je ne veux pas que vous ignoriez, mes frères, au sujet de ceux qui dorment, que vous ne devez pas vous affliger comme ceux qui n'ont pas d'espérance » (I Thessalon. IV, 12). Ce texte si clair ne saurait être obscurci par les exemples de ceux qui avant la loi ou à l'ombre de la loi, ont pleuré leurs morts. Ils avaient raison de pleurer, parce que le Christ n'était pas encore venu du ciel sécher par sa résurrection cette source de larmes. Ils avaient raison de pleurer, parce que la sentence de mort portait encore ses effets. lis avaient raison de gémir: car la résurrection n'était pas encore prêchée. Les saints espéraient la venue du Seigneur: mais en attendant, ils pleuraient leurs morts, parce qu'ils n'avaient pas encore vu celui qu'ils espéraient. Siméon, un de ces saints de l'ancien temps, d'abord inquiet à la pensée de mourir, n'eut pas plutôt reçu entre ses bras Jésus Notre-Seigneur, encore enfant selon la chair, qu'il se félicita de sa mort prochaine, en disant : « Maintenant vous laissez, Seigneur, votre serviteur s'en aller en paix parce que mes yeux ont vu le Sauveur qui vient de vous. » (Luc, II, 29-30). O bienheureux Siméon ! Il avait vu l'objet de son espérance, etdésormais il considérait la mort comme une paix, un repos. Mais vous direz : Ne lit-on pas dans l'Evangile que la fille du chef de la synagogue fut pleurée, que les soeurs de Lazare le pleurèrent. C'est que ces affligés restaient attachés à la doctrine de l'ancienne loi, attendu qu'ils n'avaient pas encore vu le Christ ressusciter d'entre les morts. Que dis-je ? Le Seigneur lui-même pleura Lazare enseveli, non certes, pour donner l'exemple de pleurer les morts, mais pour montrer par ses larmes qu'il s'était revêtu d'un corps véritable; ou encore, dans son humanité, il pleurait sur les Juifs qu'un pareil signe même ne devait pas faire croire en lui. En effet, ce n'est pas la mort de Lazare qui pouvait causer ses larmes, puisque Jésus lui-même l'avait déclaré endormi, et avait promis de le ressusciter, ce qui fut fait.

 

La résurrection

 

Les anciens gardèrent donc leurs usages et leur faiblesse jusqu'à la venue du Christ: Mais du jour où le Verbe fut fait chair et habita parmi nous, du jour où le dernier Adam abrogea la sentence portée contre le premier, du jour où le Seigneur anéantit notre mort par sa mort et ressuscita des enfers le troisième jour, la mort cessa d'être un objet d'effroi pour les fidèles, on ne craint plus le déclin du jour, parce que le soleil levant paraît au ciel. Ecoutez plutôt la voix du Seigneur qui ne saurait mentir : « Je suis la résurrection et la vie: celui qui croit en moi, quand même il serait mort, vivra, et quiconque vit et croit en moi, ne mourra jamais » (Jean, XI, 25,26). Elle n'a rien d'ambigu, mes très-chers frères, cette parole divine : Quiconque croit au Christ et garde ses commandements, vivra, même après sa mort. S'emparant à son tour de cette parole, et s'y attachant de toute la force de sa foi, l'apôtre saint Paul enseignait ce qui suit : « Je ne veux pas que vous ignoriez, mes frères, au sujet de ceux qui dorment, que vous ne devez pas être tristes » (I Thessalon. IV, 12). Admirable révélation de l’Apôtre ! Un mot lui suffit pour prêcher la résurrection, avant d'en enseigner le dogme. Il appelle les morts « Ceux qui dorment » et fait entendre clairement par là qu’ils doivent ressusciter. « Vous ne devez pas être tristes au sujet de ceux qui dorment, ainsi que les autres ». Ceux qui n'ont pas l'espérance, qu'ils s'abandonnent à la tristesse : nous qui sommes fils de l'espérance, réjouissons-nous. Maintenant, quelle est cette espérance qui nous distingue, c'est ce qu'il nous apprend en disant : « Si nous croyons que Jésus est mort et ressuscité, Dieu amènera de même avec Jésus ceux qui se seront endormis en lui » ( I Thessalon. IV, 13). Jésus est pour nous, et le salut durant notre vie terrestre, et la vie à notre départ d'ici-bas. « Pour moi, dit l'Apôtre, vivre est le Christ, et mourir un gain » (Philipp. I, 2-1). Gain en effet, puisqu'une prompte mort nous dispense des peines et des tribulations attachées à une vie plus longue. Voici maintenant que le prophète nous fait savoir dans quel ordre et de quelle manière sera réalisée notre espérance : « Nous vous affirmons sur la parole du Seigneur que nous qui vivons et qui sommes réservés pour l'avènement du Seigneur, nous ne préviendrons pas ceux qui se sont déjà endormis. Car le Seigneur lui-même, au commandement et à la voix de l'archange, et au son de la trompette de Dieu, descendra du ciel; et ceux qui seront morts dans le Christ, ressusciteront les premiers. Ensuite, nous qui vivons, qui sommes restés, nous serons emportés avec eux dans les nuées au-devant du Christ dans les airs: et ainsi nous serons à jamais avec le Seigneur » (I Thessalon. IV, 14-16). Il veut dire par là que le Seigneur à son arrivée trouvera beaucoup de chrétiens encore vivants et non séparés de leur corps; ceux-ci, néanmoins, ne seront pas ravis au ciel avant que les saints morts, ressuscités par la trompette de Dieu et la voix de l'archange, soient sortis de leurs tombeaux. Mais une fois réveillés, ils seront enlevés dans les nuées, conjointement avec les vivants, pour aller au-devant de Jésus-Christ dans les airs : et dès lors ils règneront à jamais avec lui. Et certes l'on ne saurait révoquer en doute que les corps, malgré leur pesanteur, puissent être soulevés dans les airs: c'est ainsi qu'à la voix du Seigneur, le corps de Pierre put marcher sur les eaux. L'histoire d'Elie nous fournit encore une confirmation de notre espérance, dans ce fait qu'il fut ravi au ciel à travers les airs sur un char enflammé.

 

Répondons avec joie à l'appel de Dieu

 

Mais vous demanderez peut-être : En quel état sera-t-on après la résurrection? C'est votre Seigneur qui vous l'apprend: « Alors les justes brilleront comme le soleil dans le royaume de leur Père » (Matth. XIII, 43). Que dis-je, comme le soleil? Quand les fidèles doivent être transfigurés à l'image du Christ, comme l'atteste l'apôtre Paul : « Notre vie est dans les cieux: c'est de là aussi que nous attendons le Sauveur, Notre-Seigneur Jésus-Christ, qui réformera le corps de notre humilité en le conformant à son corps glorieux » (Philipp. III, 20, 21). Sans nul doute cette chair mortelle sera transfigurée en conformité de la splendeur du Christ: ce qui était mortel se revêtira d'immortalité: car « ce qui avait été semé dans l'infirmité, ressuscitera dans la force » (I Corinth. XV, 43). La chair ne craindra plus la corruption, elle ne sera plus sujette à la faim, à la soif, aux maladies, aux accidents. La paix profonde, une sécurité constante, peuvent se rencontrer dans cette vie. Autre est cette gloire céleste, où la joie même ne subira point d'éclipses.

 

L'attente de la résurrection est le fond du christianisme

 

Voilà ce que saint Paul avait dans l'esprit et sous les yeux, lorsqu'il disait : « Je désirais d'être dissous et d'être avec Jésus-Christ, chose bien meilleure pour moi » (Philipp. I, 23). Ailleurs il parle explicitement : « Pendant que nous sommes dans ce corps, nous voyageons loin du Seigneur: car c'est par la foi que nous marchons, et non par une claire vue. Mais nous aimons mieux sortir de ce corps et aller jouir de la présence du Seigneur » (II Corinth. V, 6-8). Hommes de peu de foi, que faisons-nous donc, quand nous perdons le courage et la paix, pour peu qu'une des personnes qui nous sont chères s'en aille auprès du Seigneur? Que faisons-nous en préférant voyager en ce monde, plutôt que d'être transportés en présence du Christ? Oui, toute notre vie n'est qu'un voyage comme des étrangers en ce monde, nous n'avons pas de séjour fixe, nous travaillons, prenons de la peine, marchant par des voies difficiles, hérissées de dangers : de toutes parts des pièges, des ennemis tant spirituels que corporels, de tous côtés des sentiers d'erreur. Et quand tant de périls nous assaillent, loin de faire des voeux pour notre délivrance, nous allons jusqu'à plaindre et pleurer ceux qui sont délivrés, comme s'ils étaient perdus! Quel service Dieu nous a-t-il donc rendu par son Fils unique, si nous redoutons encore le trépas? Pourquoi nous glorifier d'avoir été régénérés par l'eau et par l'Esprit, si le départ d'ici-bas nous afflige? Le Seigneur lui-même nous crie : « Si quelqu'un me sert, qu'il me suive, et où je suis, là sera aussi mon serviteur » (Jean, XII, 26).

 

Supposez qu'un roi terrestre invite quelqu'un à visiter son palais ou à prendre place à sa table, l'invité ne s'empressera-t-il point d'accourir ? Combien ne devons-nous pas nous hâter davantage d'accourir vers le roi du ciel, qui appelle ceux qu'il reçoit, non seulement à sa table, mais encore au partage de son trône : « Si nous mourons avec lui, dit l'Ecriture, nous vivrons avec lui; si nous souffrons, nous régnerons avec lui » (II Timoth. II, 12). Je ne dis pas cela pour qu'on attente à sa vie, pour qu'on se donne la mort contre la volonté du Dieu créateur, pour qu'on chasse son âme de l'asile que lui offre le corps : je dis cela pour que, à l'heure où l'on est appelé soi-même ou voit appeler son prochain, on parte joyeux et content, ou qu'on félicite ceux qui partent. Le fond du christianisme, en effet, c'est l'attente d'une vraie vie après la mort, d'un retour après le départ. Munis de la parole de l'Apôtre, remercions donc avec confiance Dieu qui nous a fait vaincre la mort, par le Christ, Notre-Seigneur, à qui gloire et puissance, maintenant et dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

 

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Publié dans : Les Catéchèses d'Hermas - Communauté : Prières, neuvaines chrétiennes
Mercredi 27 octobre 2010 3 27 /10 /Oct /2010 08:47

Par L'Equipe d'Hermas

(23 octobre 2010) 

 

Traditionnellement, mes frères, l’Eglise ne souhaite pas que l’on prononce un éloge du défunt. Mais en pensant à la parabole des talents, que j’ai souvent citée ces derniers dimanches, je ne peux pas résister à la tentation de l’appliquer à celui qui nous a quittés. Car s’il y a des hommes qui reçoivent sur terre beaucoup de talents à faire fructifier, ce sont bien les prêtres.

 

Mgr Masson a toujours été droit dans sa soutane, si vous me permettez l’expression, ce que notre quotidien régional n’a d’ailleurs pas manqué de rappeler [Est-Républicain, 19 oct. 2010]. Après ses débuts de séminaire à Nancy en 1956, il a dû, par fidélité à ses convictions, s’exiler de sa patrie pour gagner la France lointaine. Il a lui-même raconté toutes les difficultés que pouvait rencontrer un jeune prêtre dans les années soixante, et cette fidélité l’a conduit encore une fois à l’exil lorsqu’il décida de rejoindre Mgr Lefebvre à Ecône pour participer à la fondation de ce qu’on a appelé en France le « séminaire sauvage ». Dans cet exil, il n’avait qu’un but : la formation des prêtres dans la fidélité au Christ et à l’Eglise. Et c’est ainsi qu’il devint le premier directeur du séminaire d’Ecône. 

 

En 1973, il vint à Rome et commença sa longue carrière à la Congrégation pour la Propagation de la Foi, tout en continuant de suivre et de guider de nombreux jeunes prêtres et séminaristes : sa fidélité en faisait malheureusement un paria. Au séminaire français, nous étions particulièrement avertis qu’il nous était interdit de le rencontrer et, à la différence des autres prêtres français résidant à Rome, il n’y était jamais invité. A côté de son ministère romain, il est régulièrement revenu dans sa patrie lorraine, les fidèles de l’abbé Homé à Essey et de l’abbé Hacquard à Neuviller peuvent en témoigner.

 

Sa retraite en 2007 ne fut pas inactive : son nom apparaît sur internet. De nombreux articles, des commentaires de la Bible, de la Liturgie, des enseignements sur la sainte Vierge et les saints anges l’ont rendu célèbre sur la toile francophone. Sans compter ses souvenirs, son témoignage sur la crise des années soixante et soixante-dix, des faits inédits enfin révélés l’an dernier et qui nous ont montré que cette époque fut difficile pour l’Eglise. Nous avons eu aussi la grande joie de le voir célébrer parmi nous : et comme il me l’avait confié, il avait été particulièrement heureux de fêter à notre autel notre sainte Mère du ciel à Saint-Pierre ce 15 août.

 

Ce qui marque les quarante-quatre années de sacerdoce de Mgr Masson, c’est d’avoir toujours voulu en conscience servir le Christ dans la fidélité à l’Eglise, ou bien servir l’Eglise dans la fidélité au Christ, cela revient au même : « Le Christ et l’Église, c’est tout un » comme disait Jeanne d’Arc devant ses juges, et Mgr Masson disait en plaisantant, qu’en bon Lorrain, il était du même sang que notre sainte nationale. 

 

Fidélité au Christ et à l’Église, fidélité au Christ à l’image de cette béatitude que nous entendrons dans la bouche de Notre-Seigneur le jour de la Toussaint : « Heureux êtes-vous lorsqu’on vous persécute à cause de moi » (Matthieu, 5, 11) ; fidélité à l’Église en passant sa vie à faire fructifier les talents reçus, soit dans la formation des prêtres, soit dans le service du Saint-Siège, soit dans l’apostolat auprès des fidèles : nous pourrions donc dire qu’à nos yeux, il a mérité d’entendre les paroles de Notre-Seigneur : « Serviteur bon et fidèle, entre dans la joie de ton maître » (Matthieu, 5, 11).

 

Mais nous ne sommes pas réunis ici pour procéder à une canonisation, même si les cloches ont sonné à la volée selon la coutume de notre diocèse pour l’enterrement d’un prêtre. D’autant plus que Mgr Masson avait une haute idée des vérités de la foi de l’Eglise sur les fins dernières et la nécessité de prier pour les âmes du Purgatoire et que sa piété attendait de nous que nous mettions pour lui notre espérance et notre confiance dans la miséricorde et la bonté infinies du Christ, son Sauveur.

 

Nous sommes donc réunis pour prier pour un prêtre qui nous a quittés. Les fidèles demandent toujours aux prêtres de prier pour eux, mais souvent les prêtres se plaignent qu’on ne prie pas beaucoup, ou du moins pas assez pour eux. Tout prêtre est un homme, tout prêtre est un pécheur : c’est ce qui fait le mystère du sacerdoce du Christ confié à l’Église. Et parce qu’il a reçu beaucoup de talents, parce qu’il a donné entièrement sa vie au Christ, chacun des péchés d’un prêtre, chacune de ses faiblesses n’en prend que plus d’importance. 

 

Le prêtre est un expert en péchés des hommes, expert en tentations et en ruses du démon, mais cela ne l’empêche pas de tomber aussi. Rares sont les hommes, même les prêtres, qui apparaissent dans une robe baptismale sans tache devant le Seigneur : saint Padre Pio le savait bien, lui qui se confessait tous les jours, alors qu’il était déjà pourtant devenu un modèle de sainteté pour les prêtres de son époque. 

 

Face à l’amour infini de Dieu, l’âme du prêtre, au moment de sa mort, ne peut que constater que, parce qu’il s’est donné entièrement au Christ, parce qu’il a été configuré au Christ souverain Prêtre, chacun des moments de sa vie humaine passé sans penser au Christ, sans agir pour le Christ, sans être un ‘autre Christ’ pour les hommes, est un peu comme un vol, en tout cas un manquement à l’offrande totale qu’il a faite de sa vie au Seigneur. 

 

Le sacerdoce est un trésor confié par le Christ à des vases d’argiles, saint Paul le dit lui-même : « Nous ne nous prêchons pas nous-mêmes, mais Jésus-Christ notre Seigneur, et nous, nous sommes vos serviteurs en Jésus : Dieu a fait luire sa clarté dans nos cœurs, pour que nous fassions briller la connaissance de la gloire de Dieu en la personne du Christ Jésus. Mais nous avons ce trésor dans des vases d’argile, afin que la grandeur appartienne à la puissance de Dieu, et non pas à nous » (II Cor. 4, 5-7). Et même avec la meilleure volonté du monde, un vase d’argile s’use, s’ébrèche, se fend : on peut le recoller, et la grâce de Dieu, par la vie de prière et de sacrements du prêtre, la grâce de Dieu le répare souvent. Mais il n’en reste pas moins que tout prêtre est le destinataire en propre de cette parole de Notre-Seigneur : « A quiconque beaucoup aura été donné, beaucoup sera demandé ; et de celui à qui on a confié beaucoup, on exigera davantage » (Luc. 12, 48).

 

Chaque jour à la sainte Messe, au bréviaire, le prêtre prie pour les âmes qui se confient à lui. Et au moment où l’heure vient (Jn. 5, 25), au moment où la trompette finale (I Cor. 15, 52) du jugement sonne pour le prêtre, au moment où il se présente pour rendre compte et de sa vie chrétienne et de son sacerdoce devant le souverain Prêtre qui a tout pouvoir pour exercer le jugement (Cf. Jn. 5, 27), à ce moment là, nous devons prier pour celui qui a passé sa vie à prier et s’offrir pour nous.

 

Oui, mes frères, il nous faut prier, il nous faudra toujours prier et ne pas oublier dans nos intentions Mgr Masson et avec lui tous les prêtres que nous avons connus et aimés, qui nous ont guidés sur le chemin du Christ et servi de modèles dans notre vie chrétienne et pour nous, jeunes prêtres et diacres ici présents, de modèles de vie sacerdotale donnée à Dieu.

 

Chaque jour, Mgr Masson se confiait à St Michel, particulièrement pour surmonter sa maladie – non pas pour ne plus souffrir mais simplement pour continuer de servir Dieu le plus longtemps possible. St Michel, qui, comme un signe du ciel, est venu saisir l’âme de Mgr Masson le jour-même où l’on commémore dans l’Église la dédicace de son abbatiale au Mont-Saint-Michel. Les tous derniers articles que Mgr Masson a publiés manifestaient sa dévotion profonde envers le Chef de la milice céleste ainsi que les autres Archanges et tous les Anges des cieux.

 

C’est le même st Michel que nous évoquerons à l’offertoire par deux fois : d’abord comme celui qui, brandissant l’étendard du Christ, introduit les âmes à la béatitude éternelle, puis comme l’intercesseur qui, à la droite de l’autel, pendant le saint Sacrifice, fait monter l’encens et nos prières devant la face de Dieu (Per intercessiónem beáti Michaélis… prière de bénédiction de l’encens.). Et tout au long de la célébration des obsèques, la sainte Eglise ne cesse d’appeler les saints Anges à l’aide pour l’âme chrétienne au moment de sa mort et c’est donc en la présence de la milice céleste que nous accompagnons aujourd’hui Mgr Masson pour son dernier voyage.

 

« Seigneur Jésus-Christ, Roi de gloire, délivrez les âmes de tous les fidèles défunts des peines de l'enfer ; délivrez-les de la gueule du lion ; que l'abîme ne les engloutisse pas, qu'elles ne tombent pas dans les ténèbres, mais que le porte-enseigne saint Michel les introduise dans la sainte lumière » (Offertoire) : faisons nôtre ce matin cette prière de notre liturgie que nous allons chanter tout de suite. Par l’intercession de St Michel et des saints Anges qui escortent l’âme de celui qui nous a quittés. Par l’intercession de la Très Sainte Vierge que vénérait particulièrement Mgr Masson et qu’il voulait tant faire aimer des fidèles. Au pied de la Croix qui sera bientôt présente plantée sur notre autel par le saint sacrifice de la Messe, présentons nos prières au seul et unique Sauveur, Notre-Seigneur Jésus-Christ : qu’Il accueille son fidèle serviteur que Marie et saint Michel lui présentent maintenant, qu’Il l’accueille dans la vraie vie, dans la sainte lumière, la lumière éternelle dans la compagnie des Saints et qu’Il exauce ainsi la prière de toute la vie de ce prêtre fidèle : « Je veux vous chanter en présence des Anges, me prosterner  devant vous Seigneur, et rendre hommage à votre saint Nom » (Ps. 137, 1-2 : alléluia de la messe de dédicace du Mont-Saint-Michel).

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Publié dans : Les Catéchèses d'Hermas - Communauté : Chrétiens et heureux de croire
Mardi 26 octobre 2010 2 26 /10 /Oct /2010 11:04

Par L'Equipe d'Hermas

Neuvième jour

 

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Saint Michel Archange, vous introduisez les âmes dans la lumière éternelle. A chaque seconde, des âmes quittent cette terre d'exil, soyez auprès des agonisants qui livrent le dernier combat contre le prince du mensonge et du mal, qui voudrait les entraîner dans l'abîme. Avec la Vierge Marie, soyez auprès de nous pour nous assister à l'heure du grand passage vers l'Eternité. 

 

Présentez notre âme au Dieu de Miséricorde et d'Amour. Me confiant en l'intercession de votre Bienheureux Archange Saint Michel, je vous supplie, Seigneur, de recevoir en votre sainte Demeure l'âme de notre ami, Mgr Jacques Masson.

 

Notre Père, Je vous salue Marie (3 fois), Gloire au Père. Saint Michel Archange, de votre lumière éclairez-nous. De vos ailes, protégez-nous. De votre épée, défendez-nous.

 

  1  
 

Messe des funérailles

célébrée par M. l'Abbé HUSSON

prêtre du diocèse de Nancy

 

 
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  4.jpg  
  5  
 

2

 
 

Inhumation au cimetière 

de Bouxières-aux-Dames

[Meurthe-et-Moselle]

 
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Publié dans : Les Catéchèses d'Hermas - Communauté : Prières, neuvaines chrétiennes
Lundi 25 octobre 2010 1 25 /10 /Oct /2010 07:00

Par L'Equipe d'Hermas

Huitième jour

 

GuidoReniSanMichele

 

Saint Michel Archange, dont la prière conduit au bien, voyez notre prière bien humaine et compréhensible quand un être cher est enlevé à notre affection. Vous notre intercesseur auprès de Dieu, priez intensément pour le repos de l'âme de nos chers défunts, et spécialement de Mgr Jacques Masson, et pour la consolation de ceux qui les pleurent. Que Dieu de Miséricorde les accueille dans le bonheur de la vie éternelle. Me confiant en l'intercession de votre Bienheureux Archange Saint Michel, je vous supplie, Seigneur, de recevoir notre ami Mgr Masson en votre Demeure.


Notre Père, Je vous salue Marie (3 fois), Gloire au Père. Saint Michel Archange, de votre lumière éclairez-nous. De vos ailes, protégez-nous. De votre épée défendez-nous.

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