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Hymne des JMJ - Sydney 2008
Vendredi 16 mai 2008

Nous ne pouvons terminer ces réflexions sans citer ce qu’écrivait le vénéré et Vénérable Jean-Paul II dans l’encyclique « Ecclesia de Eucharistia » (17 avril 2003)  à propos de Marie, qu’il appelle FEMME « Eucharistique » (chapitre VI), expression que je traduirais plus volontiers en français par FEMME de l’EUCHARISTIE, et même MERE DE L'EUCHARISTIE.


On trouvera l'intégralité de ce document ICI.

Mgr Jacques MASSON

 

À l'école de Marie, Femme "eucharistique"


53. Si nous voulons redécouvrir dans toute sa richesse le rapport intime qui unit l'Église et l'Eucharistie, nous ne pouvons pas oublier Marie, Mère et modèle de l'Église. Dans la lettre apostolique Rosarium Virginis Mariæ, en désignant la Vierge très sainte comme Maîtresse dans la contemplation du visage du Christ, j'ai inscrit l'institution de l'Eucharistie parmi les mystères lumineux. Marie peut en effet nous guider vers ce très saint Sacrement, car il existe entre elle et lui une relation profonde.


À première vue, l'Évangile reste silencieux sur ce thème. Dans le récit de l'institution, au soir du Jeudi saint, on ne parle pas de Marie. On sait par contre qu'elle était présente parmi les Apôtres, unis « d'un seul cœur dans la prière » (cf. Ac 1, 14), dans la première communauté rassemblée après l'Ascension dans l'attente de la Pentecôte. Sa présence ne pouvait certes pas faire défaut dans les Célébrations eucharistiques parmi les fidèles de la première génération chrétienne, assidus « à la fraction du pain » (Ac 2, 42).


Mais en allant au-delà de sa participation au Banquet eucharistique, on peut deviner indirectement le rapport entre Marie et l'Eucharistie à partir de son attitude intérieure. Par sa vie tout entière, Marie est une femme « eucharistique ». L'Église, regardant Marie comme son modèle, est appelée à l'imiter aussi dans son rapport avec ce Mystère très saint.


54. Mysterium fidei! Si l'Eucharistie est un mystère de foi qui dépasse notre intelligence au point de nous obliger à l'abandon le plus pur à la parole de Dieu, nulle personne autant que Marie ne peut nous servir de soutien et de guide dans une telle démarche. Lorsque nous refaisons le geste du Christ à la dernière Cène en obéissance à son commandement: « Faites cela en mémoire de moi! » (Lc 22, 19), nous accueillons en même temps l'invitation de Marie à lui obéir sans hésitation: « Faites tout ce qu'il vous dira » (Jn 2, 5). Avec la sollicitude maternelle dont elle témoigne aux noces de Cana, Marie semble nous dire: « N'ayez aucune hésitation, ayez confiance dans la parole de mon Fils. Lui, qui fut capable de changer l'eau en vin, est capable également de faire du pain et du vin son corps et son sang, transmettant aux croyants, dans ce mystère, la mémoire vivante de sa Pâque, pour se faire ainsi “pain de vie” ».


55. En un sens, Marie a exercé sa foi eucharistique avant même l'institution de l'Eucharistie, par le fait même qu'elle a offert son sein virginal pour l'incarnation du Verbe de Dieu. Tandis que l'Eucharistie renvoie à la passion et à la résurrection, elle se situe simultanément en continuité de l'Incarnation. À l'Annonciation, Marie a conçu le Fils de Dieu dans la vérité même physique du corps et du sang, anticipant en elle ce qui dans une certaine mesure se réalise sacramentellement en tout croyant qui reçoit, sous les espèces du pain et du vin, le corps et le sang du Seigneur.


Il existe donc une analogie profonde entre le fiat par lequel Marie répond aux paroles de l'Ange et l'amen que chaque fidèle prononce quand il reçoit le corps du Seigneur. À Marie, il fut demandé de croire que celui qu'elle concevait « par l'action de l'Esprit Saint » était le « Fils de Dieu » (cf. Lc 1, 30-35). Dans la continuité avec la foi de la Vierge, il nous est demandé de croire que, dans le Mystère eucharistique, ce même Jésus, Fils de Dieu et Fils de Marie, se rend présent dans la totalité de son être humain et divin, sous les espèces du pain et du vin.


« Heureuse celle qui a cru » (Lc 1, 45): dans le mystère de l'Incarnation, Marie a aussi anticipé la foi eucharistique de l'Église. Lorsque, au moment de la Visitation, elle porte en son sein le Verbe fait chair, elle devient, en quelque sorte, un « tabernacle » – le premier « tabernacle » de l'histoire – dans lequel le Fils de Dieu, encore invisible aux yeux des hommes, se présente à l'adoration d'Élisabeth, « irradiant » quasi sa lumière à travers les yeux et la voix de Marie. Et le regard extasié de Marie, contemplant le visage du Christ qui vient de naître et le serrant dans ses bras, n'est-il pas le modèle d'amour inégalable qui doit inspirer chacune de nos communions eucharistiques ?


56. Durant toute sa vie au côté du Christ et non seulement au Calvaire, Marie a fait sienne la dimension sacrificielle de l'Eucharistie. Quand elle porta l'enfant Jésus au temple de Jérusalem « pour le présenter au Seigneur » (Lc 2, 22), elle entendit le vieillard Syméon lui annoncer que cet Enfant serait un « signe de division » et qu'une « épée » devait aussi transpercer le cœur de sa mère (cf. Lc 2, 34-35). Le drame de son Fils crucifié était ainsi annoncé à l'avance, et d'une certaine manière était préfiguré le « stabat Mater » de la Vierge au pied de la Croix. Se préparant jour après jour au Calvaire, Marie vit une sorte « d'Eucharistie anticipée », à savoir une « communion spirituelle » de désir et d'offrande, dont l'accomplissement se réalisera par l'union avec son Fils au moment de la passion et qui s'exprimera ensuite, dans le temps après Pâques, par sa participation à la Célébration eucharistique, présidée par les Apôtres, en tant que « mémorial » de la passion.


Comment imaginer les sentiments de Marie, tandis qu'elle écoutait, de la bouche de Pierre, de Jean, de Jacques et des autres Apôtres, les paroles de la dernière Cène: « Ceci est mon corps, donné pour vous » (Lc 22, 19)? Ce corps offert en sacrifice, et représenté sous les signes sacramentels, était le même que celui qu'elle avait conçu en son sein! Recevoir l'Eucharistie devait être pour Marie comme si elle accueillait de nouveau en son sein ce cœur qui avait battu à l'unisson du sien et comme si elle revivait ce dont elle avait personnellement fait l'expérience au pied de la Croix.


57. « Faites cela en mémoire de moi » (Lc 22, 19). Dans le « mémorial » du Calvaire est présent tout ce que le Christ a accompli dans sa passion et dans sa mort. C'est pourquoi ce que le Christ a accompli envers sa Mère, il l'accomplit aussi en notre faveur. Il lui a en effet confié le disciple bien-aimé et, en ce disciple, il lui confie également chacun de nous: « Voici ton fils! ». De même, il dit aussi à chacun de nous: « Voici ta mère! » (cf. Jn 19, 26-27).


Vivre dans l'Eucharistie le mémorial de la mort du Christ suppose aussi de recevoir continuellement ce don. Cela signifie prendre chez nous – à l'exemple de Jean – celle qui chaque fois nous est donnée comme Mère. Cela signifie en même temps nous engager à nous conformer au Christ, en nous mettant à l'école de sa Mère et en nous laissant accompagner par elle. Marie est présente, avec l'Église et comme Mère de l'Église, en chacune de nos Célébrations eucharistiques. Si Église et Eucharistie constituent un binôme inséparable, il faut en dire autant du binôme Marie et Eucharistie. C'est pourquoi aussi la mémoire de Marie dans la Célébration eucharistique se fait de manière unanime, depuis l'antiquité, dans les Églises d'Orient et d'Occident.


58. Dans l'Eucharistie, l'Église s'unit pleinement au Christ et à son sacrifice, faisant sien l'esprit de Marie. C'est une vérité que l'on peut approfondir en relisant le Magnificat dans une perspective eucharistique. En effet, comme le cantique de Marie, l'Eucharistie est avant tout une louange et une action de grâce. Quand Marie s'exclame: « Mon âme exalte le Seigneur et mon esprit exulte en Dieu mon Sauveur », Jésus est présent en son sein. Elle loue le Père « pour » Jésus, mais elle le loue aussi « en » Jésus et « avec » Jésus. Telle est précisément la véritable « attitude eucharistique ».


En même temps, Marie fait mémoire des merveilles opérées par Dieu dans l'histoire du salut, selon la promesse faites à nos pères (cf. Lc 1, 55), et elle annonce la merveille qui les dépasse toutes, l'Incarnation rédemptrice. Enfin, dans le Magnificat est présente la tension eschatologique de l'Eucharistie. Chaque fois que le Fils de Dieu se présente à nous dans la « pauvreté » des signes sacramentels, pain et vin, est semé dans le monde le germe de l'histoire nouvelle dans laquelle les puissants sont « renversés de leurs trônes » et les humbles sont « élevés » (cf. Lc 1, 52). Marie chante les « cieux nouveaux » et la « terre nouvelle » qui, dans l'Eucharistie, trouvent leur anticipation et en un sens leur « dessein » programmé. Si le Magnificat exprime la spiritualité de Marie, rien ne nous aide à vivre le mystère eucharistique autant que cette spiritualité. L'Eucharistie nous est donnée pour que notre vie, comme celle de Marie, soit tout entière un Magnificat!

Jean-Paul II

par La rédaction publié dans : CATECHESE - Mgr Masson communauté : Chrétiens et heureux de croire
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Vendredi 16 mai 2008

Les noces de Cana, et Marie au pied de la Croix


Les noces de Cana


Jean 2

1 Le troisième jour, il y eut des noces à Cana de Galilée, et la MERE de Jésus y était.
2 Jésus aussi fut invité à ces noces, ainsi que ses disciples.
3 Or il n'y avait plus de vin, car le vin des noces était épuisé. La mère de Jésus lui dit : « Ils n'ont pas de vin. »
4 Jésus lui dit : « Que me veux-tu, FEMME ? Mon HEURE n'est pas encore arrivée. »
5 Sa mère dit aux servants : « Tout ce qu'il vous dira, faites-le. »
6 Or il y avait six jarres de pierre, destinées aux purifications des Juifs, et contenant chacune deux ou trois mesures.
7 Jésus leur dit : « Remplissez d'eau ces jarres. » Ils les remplirent jusqu'au bord.
8 Il leur dit : « Puisez maintenant et portez-en au maître du repas. » Ils lui en portèrent.
9 Lorsque le maître du repas eut goûté l'eau changée en vin - et il ne savait pas d'où il venait, tandis que les servants le savaient, eux qui avaient puisé l'eau - le maître du repas appelle le marié
10 et lui dit : « Tout homme sert d'abord le bon vin et, quand les gens sont ivres, le moins bon. Toi, tu as gardé le bon vin jusqu'à présent ! »
11 Tel fut le premier des SIGNES de Jésus, il l'accomplit à Cana de Galilée et il manifesta sa gloire et ses disciples crurent en lui.

Quand on commente ce récit, dans les homélies, ou en toute autre occasion, on oublie que, après cela, Jésus ne reste pas à Cana :


Jean 2
12 Après quoi, il descendit à Capharnaüm, lui, ainsi que sa mère et ses frères et ses disciples, et ils n'y demeurèrent que peu de jours.
13 La Pâque des Juifs était proche et Jésus monta à Jérusalem.

Le « signe » de Cana, l’eau changée en vin, se situe dans le cadre de la Pâque toute proche ! Et cette mention est précieuse. Car Jésus monte à Jérusalem, chasse les vendeurs du Temple et leur déclare, pour justifier son geste : « Détruisez ce sanctuaire et en trois jours je le relèverai ». Et saint Jean explique : « Il parlait du sanctuaire de son Corps » (Jean 2, 19-21). Et cette remarque est importante pour nous permettre de comprendre le « signe » de Cana : non pas le « miracle », mais le « signe » qui indique une réalité que l’on ne voit pas, mais que l’on peut découvrir en étudiant avec attention le récit de saint Jean.


Marie, la Mère de Jésus, Jésus et ses disciples sont invités à ces noces. Le Père Trinquet, grand bibliste et mon professeur, dont j’ai déjà parlé, faisait remarquer ceci : comment des invités se permettraient-ils d’intervenir, si quelque chose venait à manquer ? Il s’élevait contre l’admiration émue de certains spécialistes, prédicateurs et lecteurs, envers Jésus « qui aurait pitié de deux malheureux époux qui se trouveraient en difficulté »… Pour lui, c’était oublier ce que Jean déclarait à la fin de son évangile : « Jésus a accompli (...) bien d’autres signes qui ne sont pas relatés dans ce livre. Ceux-là l’ont été pour que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu (...) » (21, 30-31), et réduire ce « signe » à un simple geste humain de compassion, c’est rabaisser bien bas la valeur du « signe », le premier !


La réalité, disait-il est toute autre, se référant aux coutumes de l’époque : la cérémonie de noces durant plusieurs jours, voire une semaine, les invités participaient à la fête, chacun se chargeant d’apporter une partie de ce qui était nécessaire pour le bon déroulement de la fête. Et ainsi, si Marie se permet de signaler à Jésus que le vin vient à manquer, c’est que Marie et Jésus avaient offert le vin nécessaire pour les invités. Aussi fait-elle remarquer à Jésus : « ils n’ont plus de vin », ce qui manifeste la délicatesse de Marie, qui s’adresse à son Fils, chef de la famille, puisque saint Joseph n’est plus, pour qu’il y pourvoie.


« Quid mihi et tibi » est la réponse de Jésus.


Cette réponse a été souvent interprétée comme un refus de Jésus, prononcé avec dureté, d’autant plus que Jésus ajoute « femme » : « Qu’y a-t-il de commun entre toi et moi ? » Marie ne l’a pas comprise ainsi puisqu’elle dit aussitôt aux serviteurs : « Tout ce qu’il vous dira, faites-le. »


En réalité, cette formule est un sémitisme assez fréquent dans l’Ancien Testament (Jg 11, 12 ; 2 Sam 16,10 ; 19, 32 ; 1 R 17, 18). Son sens dépend du ton sur lequel il est dit. Il peut aller de l’accueil le plus favorable au refus absolu, voire au mépris : que puis-je faire pour toi ? Que me veux-tu ? En quoi puis-je t’être utile ? Ou encore : « De quoi te mêles-tu ? Pour qui te prends-tu ? Occupe-toi de tes affaires, je sais ce que j’ai à faire… ».


Bref, on l’emploie aussi bien pour repousser une intervention jugée inopportune que pour signifier à quelqu’un qu’on ne veut avoir aucun rapport avec lui. Seul le contexte permet de préciser la nuance exacte. Ici, Jésus ne refuse pas, comme le montre la phrase de Marie aux serviteurs. Mais Jésus objecte seulement à sa Mère que « son Heure n’est pas venue », comme l’explique en note la Bible de Jérusalem

 

« Femme »


L’expression n’est pas rare dans le langage courant, pour s’adresser à quelqu’un. A la femme adultère, Jésus déclare : « Femme, où sont-ils ? Personne ne t’a condamnée ? » (Jn 8, 11). De même, Jésus emploiera le terme « homme », quand il s’adresse à quelqu’un qui se présente à lui pour demander une guérison.


Cette appellation, qui nous paraît insolite entre un fils et sa mère, sera reprise en saint Jean quand Marie est au pied de la Croix (19,6), où sa signification s’éclaire comme un rappel de Genèse 3, 15-20 : « Je mettrai une inimitié entre toi et le Femme ». Marie est la nouvelle Eve, « la Mère des vivants
» (cf Genèse 3, 20). Loin d’être un terme employé pour s’adresser à une inconnue, le mot « Femme » prend ici toute une autre valeur. Il est suivi et lié d’une manière certaine à ce qui suit : « Mon Heure n’est pas encore venue ». Jésus met un lien entre la FEMME et SON HEURE, comme nous le verrons plus tard, mais qu’il nous faut découvrir dès à présent.


« L’Heure »


L’ « Heure » de Jésus est l’heure de sa glorification, de son retour à la droite du Père. L’Evangile de Jean en marque l’approche :

- « Ils voulurent alors l’arrêter, mais personne ne porta la main sur Lui car son heure n’était pas encore venue » (Jn 7 30) ;
- « Personne ne l’arrêta, parce que son heure n’était pas encore venue » (Jn 8, 20) ;
- « La voici venue l’heure où le Fils de l’homme doit être glorifié » (Jn 12, 23 : après l’entrée messianique à Jérusalem) ;
- « Maintenant, mon âme est troublée. Et que dire ? Père sauve-moi de cette heure ? Mais c’est pour cela que je suis arrivé à cette heure. Père, glorifie ton nom » (Jn 12 27-28a) ;
- « Avant la fête de Pâques, Jésus sachant que son heure était venue de passer de ce monde au Père, ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu’à la fin » (Jn 13 1). Suit alors le Lavement des Pieds ;
- « Père l’heure est venue, glorifie ton Fils pour que ton Fils te glorifie » (Jn 17, 1), dit Jésus dans la prière sacerdotale, avant de se rendre à Gethsémani.

Fixée par le Père cette heure ne saurait être avancée. Mais elle reste l’objectif premier et principal de Jésus, qui ne l’oublie jamais, et qui, à une question d’ordre matériel, passe aussitôt au plan supérieur, surnaturel, à sa mission. Par exemple, à la Samaritaine à laquelle il demande de l’eau pour se désaltérer, il annonce l’Eau Vive : « Celui qui boira de l’eau que je lui donnnerai n’aura plus jamais soif : l’eau que je lui donnerai deviendra en lui source d’eau jaillissant en vie éternelle » (Jn 4, 14). Au paralytique que l’on fait passer par le toit en raison de la foule qui entoure la maison où il se trouve, Jésus déclare « Tes péchés te sont remis ». Il le guérira ensuite, comme signe confirmant la portée de ses paroles.


A Cana, devant l’intervention de sa Mère, Jésus pense au bon vin de la Nouvelle Alliance, à son Sang versé en abondance pour le salut des hommes. Mais, ne pouvant avancer l’Heure fixée par le Père, à la demande de Marie, sa réponse devient ainsi une annonce symbolique de cette Heure où il donnera son Corps et son Sang.


Le signe de Cana devient ainsi une annonce, la première annonce de l’Eucharistie lors de son premier « signe », tout au début de son Ministère,. Et ce signe est obtenu par l’intervention de Marie, dans le temps qui précède la Pâques. Marie obtient le signe et l’annonce de l’Eucharistie, qui contiendra de manière sacramentelle sous les espèces du pain et de vin, ce qui se réalisera sur la Croix, le Corps et le Sang de son Fils, de Celui qu’elle a engendré et conçu du Saint-Esprit : « Ave Verum Corpus natum de Maria Virgine. Nous vous saluons Vrai Corps né de la Vierge Marie ». Mère du Fils de Dieu, Elle devient aussi la Mère de l’Eucharistie.

 

Il faut noter enfin la mention chronologique de saint Jean, qui ne saurait être fortuite : « Le troisième jour » (qui est le dernier jour de la première semaine de ministère public de Jésus), après avoir utilisé par trois fois l’expression « le lendemain ». Saint Luc avait déjà noté que Marie et Joseph avaient retrouvé Jésus dans le Temple, après trois jours de recherche. Après Cana, Jésus se rend à Jérusalem pour la Pâque, chasse les vendeurs du Temple ; et, aux Juifs qui lui demandent un signe pour expliquer pourquoi il agit ainsi, Jésus répond : « Détruisez ce Temple et en trois jours je le relèverai (...) Il parlait du sanctuaire de son corps » (Jn 2,19.21), précise saint Jean, l’homme au regard perçant, l’aigle de Patmos.


Marie au pied de la Croix

 

Nous sommes dans la dernière semaine de la vie publique de Jésus. La première et la dernière semaine s’achèvent par la manifestation de la gloire de Jésus. Mais on n’est plus comme à Cana, au temps des signes . « L’Heure est venue » et « six jours avant la Pâque Jésus se rend à Béthanie », d’où il partira pour l’entrée messianique à Jérusalem, et célèbrera le repas pascal, au cours duquel il instituera l’Eucharistie : « Ceci est mon Corps, Ceci est Mon Sang ».


Le vendredi, dernier jour de cette dernière semaine de Jésus, l’HEURE est venue. Jésus est en Croix sur le Calvaire. La FEMME est présente, Marie, sa Mère ; comme à Cana.


Jean 19

25 Or près de la croix de Jésus se tenaient sa mère et la sœur de sa mère, Marie, femme de Clopas, et Marie de Magdala.
26 Jésus donc voyant sa mère et, se tenant près d'elle, le disciple qu'il aimait, dit à sa mère : « Femme, voici ton fils. »
27 Puis il dit au disciple : « Voici ta mère. » Dès cette heure-là, le disciple l'accueillit chez lui.
28 Après quoi, sachant que désormais tout était achevé pour que l'Écriture fût parfaitement accomplie, Jésus dit : « J'ai soif. »
29 Un vase était là, rempli de vinaigre. On mit autour d'une branche d'hysope une éponge imbibée de vinaigre et on l'approcha de sa bouche.
30 Quand il eut pris le vinaigre, Jésus dit : « C'est achevé » et, inclinant la tête, il remit l'esprit.


C’est en ces termes que Jésus s’adresse à Marie : « FEMME », puis il déclare à Jean : « Voici ta MERE ».


La FEMME devient ainsi la MERE, de Jean, des autres Apôtres, des disciples. Donnée à Jean comme MERE, elle sera consacrée comme telle le jour de la Pentecôte, quand l’Esprit Saint descendra sur les Apôtres et Marie, Elle, qui est « pleine de grâce », sur laquelle repose l’Ombre du Très-Haut, la Toute Pure, l’Immaculée (Actes 2). Celle qui nous a donné le Fils de Dieu, Celle qui nous a obtenu le « signe » de Cana, de l’Eucharistie, du Corps et du Sang versé pour tous, pour la multitude, devient MERE DE L’EUCHARISTIE, et donc la MERE DE L’EGLISE qui sera assidue à la « fraction du pain » dont elle tirera toute sa force pour enseigner toutes les nations ; et donc, la MERE DE LA MISSION, parce qu’Elle est la « Nouvelle Eve », « la Mère des vivants », non pas comme Eve qui transmettait avec la vie, le poison de la mort : la Mère des Vivants qui se nourrissent du Corps et du Sang de son Divin Fils, le principe d’une nouvelle naissance, d’une nouvelle Conception, Elle qui nous a engendrés dans la douleur au pied de la Croix pour une vie nouvelle, sainte, immaculée. Je suis l’Immaculée Conception.


Ce lien entre Marie, Jésus et le Sacrifice de son Fils se poursuit au long des siècles dans le Saint Sacrifice de la Messe : Marie reste au pied de la Croix, de son Fils qui ne cesse de répéter « Ceci est mon Corps, Ceci est mon Sang ». Elle est au pied de l’autel, tout comme Elle était au pied de la Croix, et elle ne cesse de nous redire, ce qu’Elle disait au serviteurs à Cana : « Faites tout ce qu’il vous dira ».


On ne peut pas laisser de côté un autre passage où saint Jean nous décrit la vision qu’il a eue de la FEMME :


Apocalypse 12

1Un signe grandiose apparut au ciel : une Femme ! le soleil l'enveloppe, la lune est sous ses pieds et douze étoiles couronnent sa tête


Sous l’image de la FEMME, de nombreux auteurs voient la Vierge Marie, la nouvelle Eve, enlevée au Ciel et couronnée REINE DE L’UNIVERS, Reine de tous les peuples auxquels elle apporte son Divin Fils. La liturgie de l’Assomption a repris ce texte comme chant d’entrée (Introït). Saint Jean nous laisserait ainsi entrevoir Marie, élevée au Ciel corps et âme. Le dogme de l’Assomption de Marie au Ciel, avec son corps, a été proclamé en 1950 par le Pape Pie XII. Il laisse de côté une autre question, sur la fin terrestre de Marie, dont le mystère se cache sous la parole « la Dormition de Marie » : Marie a-t-elle connu la mort, à laquelle elle ne devait pas être soumise, n’ayant pas le péché originel ? Certains disent oui, d'autres disent non. Ceux qui disent oui font remarquer que Jésus n’avait pas le péché originel, et qu’il a connu la mort. Ceux qui disent non font remarquer, pour Jésus « quia ipse voluit »… parce qu’il l’a voulu. Et d’ajouter que si Marie devait mourir, elle serait morte au moment où le glaive de douleur transperçait son âme, au Calvaire, comme son fils, mais que Dieu l’en avait protégée.


Le Pape Pie XII laisse la porte entrouverte et emploie une formule d’une grande beauté : « A la fin du cours de sa vie terrestre (...) » dans la publication du dogme de l’Assomption de la Très Sainte Vierge Marie .

 

Pie XII :Constitution apostolique " Munificentissimus Deus "

Définissant le dogme de l'Assomption

1er novembre 1950

Alors, puisque l'Eglise universelle, en laquelle vit l'Esprit de vérité, cet Esprit qui la dirige infailliblement pour parfaire la connaissance des vérités révélées, a manifesté de multiples façons sa foi au cours des siècles, et puisque les évêques du monde entier, d'un sentiment presque unanime, demandent que soit définie, comme dogme de foi divine et catholique, la vérité de l'Assomption au ciel de la Bienheureuse Vierge Marie - vérité qui s'appuie sur les Saintes Lettres et ancrée profondément dans l'âme des fidèles, approuvée depuis la plus haute antiquité par le culte de l'Eglise, en parfait accord avec les autres vérités révélées, démontrée et expliquée par l'étude, la science et la sagesse des théologiens - nous pensons que le moment, fixé par le dessein de Dieu dans sa Providence, est maintenant arrivé où nous devons déclarer solennellement cet insigne privilège de la Vierge Marie.


Nous, qui avons confié Notre pontificat au patronage particulier de la Très Sainte Vierge, vers qui Nous Nous réfugions en tant de vicissitudes des plus tristes réalités, Nous qui avons consacré à son Coeur Immaculé le genre humain tout entier en une cérémonie publique, et qui avons éprouvé souvent sa très puissante assistance, Nous avons une entière confiance que cette proclamation et définition solennelle de son Assomption apportera un profit non négligeable à la société humaine, car elle tournera à la gloire de la Très Sainte Trinité à laquelle la Vierge Mère de Dieu est unie par des liens tout particuliers. Il faut, en effet, espérer que tous les fidèles seront portés à une piété plus grande envers leur céleste Mère ; que les âmes de tous ceux qui se glorifient du nom de chrétiens, seront poussées au désir de participer à l'unité du Corps mystique de Jésus-Christ et d'augmenter leur amour envers Celle qui, à l'égard de tous les membres de cet auguste corps, garde un coeur maternel. Et il faut également espérer que ceux qui méditent les glorieux exemples de Marie se persuaderont de plus en plus de quelle grande valeur est la vie humaine si elle est entièrement vouée à l'accomplissement de la volonté du Père céleste et au bien à procurer au prochain ; que, alors que les inventions du " matérialisme " et la corruption des moeurs qui en découle menacent de submerger l'existence de la vertu et, en excitant les guerres, de perdre les vies humaines, sera manifesté le plus clairement possible, en pleine lumière, aux yeux de tous, à quel but sublime sont destinés notre âme et notre corps ; et enfin que la foi de l'Assomption céleste de Marie dans son corps rendra plus ferme notre foi en notre propre résurrection, et la rendra plus active.


Ce Nous est une très grande joie que cet événement solennel arrive, par un dessein de la Providence de Dieu, alors que l'Année Sainte suit son cours, car ainsi nous pouvons, pendant la célébration du très grand Jubilé, orner le front de la Vierge Mère de Dieu de ce brillant joyau et laisser un souvenir plus durable que l'airain de Notre piété très ardente envers la Mère de Dieu.


C'est pourquoi, après avoir adressé à Dieu d'incessantes et suppliantes prières, et invoqué les lumières de l'Esprit de vérité, pour la gloire du Dieu Tout-Puissant, qui prodigua sa particulière bienveillance à la vierge Marie, pour l'honneur de son Fils, Roi immortel des siècles et vainqueur de la mort et du péché, pour accroître la gloire de son auguste Mère et pour la joie et l'exultation de l'Eglise tout entière, par l'autorité de Notre-Seigneur Jésus-Christ, des bienheureux apôtres Pierre et Paul, et par la Nôtre, Nous proclamons, déclarons et définissons que c'est un dogme divinement révélé que Marie, l'Immaculée Mère de Dieu toujours Vierge, à la fin du cours de sa vie terrestre, a été élevée en âme et en corps à la gloire céleste.


C'est pourquoi, si quelqu'un - ce qu'à Dieu ne plaise - osait volontairement nier ou mettre en doute ce que Nous avons défini, qu'il sache qu'il a fait complètement défection dans la foi divine et catholique.


Et pour que Notre définition de l'Assomption au ciel de la Vierge Marie dans son corps parvienne à la connaissance de l'Eglise universelle, Nous voulons que Nos lettres apostoliques présentes demeurent pour en perpétuer la mémoire, ordonnant que les copies qui en seront faites, ou même les exemplaires qui en seront imprimés, contresignés de la main d'un notaire public, et munis du sceau d'une personne constituée en dignité ecclésiastique, obtiennent foi absolument auprès de tous, comme le feraient les présentes Lettres elles-mêmes si elles étaient exhibées ou montrées.


Qu'il ne soit permis à qui que ce soit de détruire ou d'attaquer ou contredire, par une audacieuse témérité, cet écrit de Notre déclaration, décision et définition. Si quelqu'un avait la présomption d'y attenter, qu'il sache qu'il encourrait l'indignation du Dieu Tout-Puissant et des bienheureux apôtres Pierre et Paul.


Donné à Rome, près de Saint-Pierre, l'année du très saint Jubilé mil neuf cent cinquante, le premier novembre, en la fête de tous les Saints, de Notre pontificat le douzième an.

(à suivre)

Mgr Jacques MASSON


par La rédaction publié dans : CATECHESE - Mgr Masson communauté : Chrétiens et heureux de croire
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Jeudi 15 mai 2008
Les réflexions qui suivent partiront uniquement des écrits de saint Jean qui parle deux fois de Marie dans l’Evangile, et de la vision de la Femme dans l’Apocalypse. Ce qui nécessite auparavant une présentation de Jean et de son Evangile, pour tirer toute la richesse du témoignage et de la pensée du « voyant de Patmos » (qui est, bien sûr, l’évangéliste Jean, « le disciple que Jésus aimait », comme il se présente lui-même dans son Evangile).

Vers 95, Jean, exilé dans l’île de Patmos, écrit l’Apocalypse. Il écrit ensuite son Evangile, plus de 60 ans après les faits, et alors que les trois Evangiles, dits “Synoptiques”, sont déjà rédigés depuis longtemps et bien connus. Il est le seul survivant des Apôtres et il n’est pas loin d’être centenaire. Il est représenté par un aigle, pour indiquer « le regard perçant du voyant ».

Il a recueilli chez lui à Ephèse la Sainte Vierge, qui a vécu probablement avec sa propre mère, Salomé, épouse de Zébédée, et mère de Jacques le Majeur et de Jean, le « disciple que Jésus aimait », qui devait être un jeune homme d’une vingtaine d’année environ au moment du ministère public de Jésus.

La vie de Jésus est bien connue des chrétiens du 1° siècle par la prédication des Apôtres, par les trois Evangiles de Mathieu, Marc et Luc dont la rédaction est certainement plus ancienne et plus proche des faits que ne le prétendent certains auteurs. En effet, sans entrer dans les détails, une erreur dans le texte de la généalogie de Jésus en Mathieu, tel que nous le possédons actuellement, postule une rédaction très ancienne de l’Evangile de Mathieu en araméen, et de sa traduction très ancienne elle aussi en grec (cf J. Masson, Jésus Fils de David dans les généalogies de saint Mathieu et de Saint Luc).

Saint Luc écrit même, dès le début, qu’il s’est « informé soigneusement de tout depuis les origines » (1, 3). Il a certainement connu saint Jean et rencontré la Sainte Vierge chez lui. Son Evangile a des traits communs avec l’Evangile de Jean. Et pourtant, il ne parle pas des noces de Cana, ni du discours sur le Pain de Vie, ni de l’apparition de Jésus, ni de la pêche miraculeuse après la Résurrection, etc., pas plus que ne l’ont fait Mathieu et Marc.

Ecrit tardivement, l’Evangile de Jean présente toutefois des précisions d’une grande fraîcheur. « C’était environ la dixième heure » (1, 39) : il parlait alors de sa première rencontre avec Jésus. « Tel fut le premier des signes », à propos des noces de Cana (2, 11). « Ce fut là le second signe accompli par Jésus à son retour de Judée en Galilée » : la guérison du fils d’un fonctionnaire royal à Cana (4, 54). « Ce fut là la troisième fois que Jésus se montra à ses disciples, une fois ressuscité des morts » (21, 14).

Saint Jean, de plus, donne l’explication de certains gestes ou paroles de Jésus : c’est « l’oeil pénétrant du voyant » qui a compris, et qui nous livre la clef de lecture : « Mais lui parlait du Temple de son Corps » (2, 21) ; « Il parlait de l’Esprit que devaient recevoir ceux qui croient en lui » : discours sur la promesse de l’eau vive (7, 39).

En revanche, il ne parle pas de l’Institution de l’Eucharistie, dont la communauté chrétienne vivait alors régulièrement. Mais il donne le discours de Jésus sur le Pain de Vie, après la multiplication des pains, qui explique sans ambiguïté le sens plénier de l’Eucharistie ; il mentionne aussi le Lavement des pieds fait par Jésus, avant l’Institution de l’Eucharistie, comme purification nécessaire et indispensable pour recevoir le Pain de Vie, annonce du Sacrement de la Pénitence.

Saint Jean présente aussi une autre caractéristique propre : l’insistance sur le nombre 7. Son Evangile contient le récit de 7 « miracles » qu’il appelle « signes » ; il raconte les sept premiers jours du ministère de Jésus (qui se terminent par les noces de Cana), et les sept derniers jours (qui se terminent au Calvaire). Et, pour l’apparition au Lac de Tibériade et la pêche miraculeuse après la Résurrection, il y a 7 disciples. Ce ne peut être le fruit du hasard. C’est pourquoi il de la plus haute importance de bien noter tous les détails donnés par Jean, et le choix qu’il a fait des « signes » qu’il a retenus, d’autant plus que les « signes », les gestes ou les discours retenus ne se trouvent pas dans les trois autres Evangiles. On ne peut dire qu’il a voulu les compléter, car ce serait impossible, comme il l’indique dans les deux conclusions de son Evangile tant Jésus a fait d’autres signes (cf 20, 30 ; 21, 25).

Mais il précise, et il est important de le souligner : «Jésus a accompli (…) bien d’autres signes qui ne sont pas relatés dans ce livre. Ceux-là l’ont été pour que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu (...) » (21, 30-31). Toute explication devra tenir compte strictement de cette clef de lecture que nous donne saint Jean.

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La première et la dernière semaine du ministère de Jésus


    La semaine inaugurale, le premier jour, commence par la le témoignage de Jean :

Jean 1
19 Et voici quel fut le témoignage de Jean, quand les Juifs lui envoyèrent de Jérusalem des prêtres et des lévites pour lui demander : « Qui es-tu ? »
20 Il confessa, il ne nia pas, il confessa : « Je ne suis pas le Christ. » -
21 « Qu'es-tu donc ? lui demandèrent-ils. Es-tu Élie ? » Il dit : « Je ne le suis pas. » - « Es-tu le prophète ? » Il répondit : « Non. »
22 Ils lui dirent alors : « Qui es-tu, que nous donnions réponse à ceux qui nous ont envoyés ? Que dis-tu de toi-même ? » -
23 Il déclara : « Je suis la voix de celui qui crie dans le désert : Rendez droit le chemin du Seigneur, comme a dit Isaïe, le prophète. »
24 On avait envoyé des Pharisiens.
25 Ils lui demandèrent : « Pourquoi donc baptises-tu, si tu n'es ni le Christ, ni Élie, ni le prophète ? »
26 Jean leur répondit : « Moi, je baptise dans l'eau. Au milieu de vous se tient quelqu'un que vous ne connaissez pas,
27 celui qui vient derrière moi, dont je ne suis pas digne de dénouer la courroie de sandale. »
28 Cela se passait à Béthanie au-delà du Jourdain, où Jean baptisait.


Le deuxième jour de cette semaine, le lendemain, Jean-Baptiste présente Jésus : « Voici l’Agneau de Dieu »

Jean 1
29 Le lendemain, il voit Jésus venir vers lui et il dit : « Voici l'agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde.
30 C'est de lui que j'ai dit : Derrière moi vient un homme qui est passé devant moi parce qu'avant moi il était.
31 Et moi, je ne le connaissais pas ; mais c'est pour qu'il fût manifesté à Israël que je suis venu baptisant dans l'eau. »
32 Et Jean rendit témoignage en disant : « J'ai vu l'Esprit descendre, tel une colombe venant du ciel, et demeurer sur lui.
33 Et moi, je ne le connaissais pas, mais celui qui m'a envoyé baptiser dans l'eau, celui-là m'avait dit : «Celui sur qui tu verras l'Esprit descendre et demeurer, c'est lui qui baptise dans l'Esprit Saint. »
34 Et moi, j'ai vu et je témoigne que celui-ci est l'Élu de Dieu. »


Le troisième jour de cette semaine, le lendemain, une fois encore : les premiers disciples, André, Jean, Simon appelé « Céphas »

Jean 1
35 Le lendemain, Jean se tenait là, de nouveau, avec deux de ses disciples.
36 Regardant Jésus qui passait, il dit : « Voici l'agneau de Dieu. »
37 Les deux disciples entendirent ses paroles et suivirent Jésus.
38 Jésus se retourna et, voyant qu'ils le suivaient, leur dit : « Que cherchez-vous ? » Ils lui dirent : « Rabbi - ce qui veut dire Maître -, où demeures-tu ? »
39 Il leur dit : « Venez et voyez. » Ils vinrent donc et virent où il demeurait, et ils demeurèrent auprès de lui de jour-là. C'était environ la dixième heure.
40 André, le frère de Simon-Pierre, était l'un des deux qui avaient entendu les paroles de Jean et suivi Jésus.
41 Il rencontre en premier lieu son frère Simon et lui dit : « Nous avons trouvé le Messie » - ce qui veut dire Christ.
42 Il l'amena à Jésus. Jésus le regarda et dit : « Tu es Simon, le fils de Jean ; tu t'appelleras Céphas » - ce qui veut dire Pierre.

Le quatrième jour, le lendemain, une fois encore : de nouveaux disciples, Philippe, Nathanaël

Jean 1
43 Le lendemain, Jésus résolut de partir pour la Galilée ; il rencontre Philippe et lui dit : « Suis-moi ! »
44 Philippe était de Bethsaïde, la ville d'André et de Pierre.
45 Philippe rencontre Nathanaèl et lui dit : « Celui dont Moïse a écrit dans la Loi, ainsi que les prophètes, nous l'avons trouvé : Jésus, le fils de Joseph, de Nazareth. »
46 Nathanaèl lui dit : « De Nazareth, peut-il sortir quelque chose de bon ? » Philippe lui dit : « Viens et vois. »
47 Jésus vit Nathanaèl venir vers lui et il dit de lui : « Voici vraiment un Israélite sans détour. »
48 Nathanaèl lui dit : « D'où me connais-tu ? » Jésus lui répondit : « Avant que Philippe t'appelât, quand tu étais sous le figuier, je t'ai vu. »
49 Nathanaèl reprit : « Rabbi, tu es le Fils de Dieu, tu es le roi d'Israël. »
50 Jésus lui répondit : « Parce que je t'ai dit : «Je t'ai vu sous le figuier», tu crois ! Tu verras mieux encore. »
51 Et il lui dit : « En vérité, en vérité, je vous le dis, vous verrez le ciel ouvert et les anges de Dieu monter et descendre au-dessus du Fils de l'homme. »


Le troisième jour (Jean, 2, 1), «  il y eut des noces à Cana de Galilée » : c’est-à-dire, trois jours après la rencontre avec Philippe, comme l’indique la Bible de Jérusalem (note f : « Trois jours après la rencontre avec Philippe et Nathanaël ; l’évangile s’ouvre ainsi  par une semaine complète, comptée presque jour par jour, et aboutissant à la manifestation de la gloire de Jésus »).

La première semaine se termine ainsi par les noces de Cana : la Femme, l’Heure, l’eau changée en bon vin…
(à suivre)

Mgr Jacques MASSON

par La rédaction publié dans : CATECHESE - Mgr Masson communauté : Chrétiens et heureux de croire
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Mardi 13 mai 2008

    Nous publions avec un jour de décalage - week-end de la Pentecôte et pèlerinage de Chartres oblige - les instructions de Mgr Masson sur Notre-Dame. Ceux qui auront eu le loisir de méditer les perfections de Marie sur les routes du pèlerinage n'en auront que plus à coeur d'en poursuivre ici les déclinaisons.


A tous, qu'il nous soit permis de rappeler qu'en ce 13 mai 2008 nous fêtons le 91ème anniversaire de la première apparition de Marie aux enfants de Fatima. Dès ce jour, la Reine du Ciel a instamment demandé aux petits voyants la récitation quotidienne du chapelet, comme une condition et
un
instrument de la
« paix pour le monde ». C'est un message qui n'a rien perdu de son urgence.



LA VISITE DES MAGES

MARIE PRESENTE JESUS AUX NATIONS



Dans les trois Evangiles Synoptiques, saint Mathieu et saint Luc sont les seuls à nous parler de l’Enfance de Jésus. Saint Mathieu met l’accent sur Joseph, et saint Luc sur Marie. Ils ont un fonds commun d’information. Mais chacun y puise à sa manière, en opérant des raccourcis qui n’indiquent nullement qu’il n’est pas au courant d’autres événements qu’il passe sous silence.


Saint Luc, par exemple, après la présentation de Jésus au Temple, fait retourner Jésus directement à Nazareth (Luc 2,39), alors que nous savons par saint Mathieu qu’il y eut d’abord la visite des Mages et la fuite en Egypte, dont il est le seul à parler. Un tableau synoptique permettra de bien suivre la chronologie des événements d’après les données complémentaires de ces deux Evangiles.


                          Saint Mathieu                         Saint Luc
  Annonce de la naissance de Jean-Baptiste (1, 25)
  Annonciation à Marie (1, 26-38)
  Visitation de Marie à Elizabeth (1, 39-45)
  Le Magnificat de Marie (1, 46-56)
  Naissance de Jean-Baptiste (1, 57-58)
  Circoncision de Jean-Baptiste (1, 59-66)
  Le Benedictus de Zacharie (1, 67-79)
Ascendance de Jésus, généalogie (1, 17)  
Conception virginale de Jésus (annonce à Joseph) 1, 18-25  
  Naissance de Jésus et visite des bergers (2, 1-20)
  Circoncision de Jésus (1 21)
  Présentation de Jésus au Temple (2, 22-28)
  Le Nunc Dimittis de Siméon (2, 29-32)
  Prophétie de Siméon (2, 32-35)
  Prophétie d’Anne (2, 36-38)
La visite des Mages (2, 1-12)  
Fuite en Egypte et massacre des Innocents (2, 13-18)  
Retour d’Egypte et établissement à Nazareth (2, 19-23)  
  Vie cachée de Jésus à Nazareth (2, 39-40)
  Jésus à Jérusalem au milieu des Docteurs (2, 41-50)
  La vie cachée à Nazareth (2, 51-52)
  La vie cachée de Jean-Baptiste (1, 80)


Plusieurs mois ont passé depuis la Présentation de Jésus au Temple. Ses parents retournent à Bethléem, située à quelques kilomètres au sud de Jérusalem. Ils vont y rester plusieurs mois, voire une bonne année. Jusqu’au jour où…


 

La visite des Mages

Matthieu 2

1 Jésus étant né à Bethléem de Judée, au temps du roi Hérode, voici que des mages venus d'Orient arrivèrent à Jérusalem
2 en disant : « Où est le roi des Juifs qui vient de naître ? Nous avons vu, en effet, son astre à son lever et sommes venus lui rendre hommage. »
3 L'ayant appris, le roi Hérode s'émut, et tout Jérusalem avec lui.
4 Il assembla tous les grands prêtres avec les scribes du peuple, et il s'enquérait auprès d'eux du lieu où devait naître le Christ.
5 « A Bethléem de Judée, lui dirent-ils ; ainsi, en effet, est-il écrit par le prophète :
6 Et toi, Bethléem, terre de Juda, tu n'es nullement le moindre des clans de Juda ; car de toi sortira un chef qui sera pasteur de mon peuple Israël. »
7 Alors Hérode manda secrètement les mages, se fit préciser par eux le temps de l'apparition de l'astre,
8 et les envoya à Bethléem en disant : « Allez vous renseigner exactement sur l'enfant ; et quand vous l'aurez trouvé, avisez-moi, afin que j'aille, moi aussi, lui rendre hommage. »
9 Sur ces paroles du roi, ils se mirent en route ; et voici que l'astre, qu'ils avaient vu en Orient, les précédait jusqu'à ce qu'il vînt s'arrêter au-dessus de l'endroit où était l'enfant.
10 A la vue de l'astre ils se réjouirent d'une très grande joie.
11 Entrant alors dans le logis, ils virent l'enfant avec Marie sa mère, et, se prosternant, ils lui rendirent hommage ; puis, ouvrant leurs cassettes, ils lui offrirent en présents de l'or, de l'encens et de la myrrhe.
12 Après quoi, avertis en songe de ne point retourner chez Hérode, ils prirent une autre route pour rentrer dans leur pays.

 

Il s’agit du Roi Hérode le Grand qui régna de 37 à 4 avant l’ère chrétienne. Il n’était pas descendant de David, mais d’un certain Antipater, et avait épousé Mariamme I descendant de Simon, frère de Judas Maccabée (qui mena la révolte contre l’occupation des Séleucides, de 166 à 160). C’est lui qui ordonna le massacre des Innocents. Hérode le Grand mourra à Jéricho fin mars-début avril de l'an 4 avant l’ère chrétienne.


Nous savons peu de choses sur les Mages, appelés les "Rois Mages". Qu’ils soient au nombre de trois, vient du fait des trois cadeaux offerts à Jésus : de l’or, de l’encens et de la myrrhe. Ce sont des richesses et des parfums d’Arabie. Les Pères y ont vu symbolisées la Royauté (l’or), la Divinité (l’encens), et la Passion (la myrrhe) du Christ.


L’adoration des Mages accomplit les oracles messianiques sur l’hommage des NATIONS au Dieu d’Israël : les Nombres, Isaïe, les Psaumes. Et Saint Mathieu, qui écrit pour des Juifs a tenu à retenir ce passage dans son Evangile qui commence par la mention d’Abraham (1, 1) « en qui seront bénies toutes les nations », et qui se termine par l’envoi en mission : « Allez dans le monde entier, enseignez toutes les nations, baptisez-le au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit » (28, 19) : car le salut n’est pas pour les Juifs seulement, mais pour toutes les nations.

 

C'est ce que montre d’ailleurs l’épisode du devin "païen" Balaam, chargé par son Roi Balaq de maudire Israël, et qui va bénir le peuple issu d’Abraham et annoncer précisément dans la descendance d’Abraham, et de son arrière-petit-fils, Juda, 4° fils de Jacob, la naissance d’un Chef (Astre : dieu et roi) auquel obéiront toutes les nations. Et cette vision de Balaam se perpétuera dans le monde non hébreu, dont feront partie les Mages, qui reconnaîtront alors, dans l’Etoile qu’ils ont vue en Orient, ce Chef annoncé par Balaaam, et viendront alors adorer l’Enfant à Bethléem.

 

Nombres 
Balaq, roi de Moab, devant le danger présenté par le peuple d’Israël sorti d’Egypte sous la conduite de Dieu et de Moïse, fait appel à Balaam, un devin des bords de l’Euphrate qui reconnaît Yahvé pour son dieu. Il est toutefois ennemi d’Israël, cependant il le bénit à plusieurs reprises contre sa volonté, contrait par l’esprit tout-puissant de Dieu.


Nombres 23
20 J'ai reçu la charge d'une bénédiction, je bénirai et je ne me reprendrai pas.
21 Je n'ai pas aperçu de mal en Jacob ni vu de souffrance en Israël. Yahvé son Dieu est avec lui ;chez lui retentit l'acclamation royale.
22 Dieu le fait sortir d'Égypte, Il est pour lui comme des cornes de buffle.