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Samedi 31 juillet 2010 6 31 /07 /2010 07:50

Par L'Equipe d'Hermas

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Vendredi 19 février 2010 5 19 /02 /2010 11:25

Par L'Equipe d'Hermas
Les Archives d'Hermas ont été mises à jour pour y intégrer les premières méditations du temps de Carême.
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Mardi 12 janvier 2010 2 12 /01 /2010 13:22

La pause imposée par ces déboires techniques permet de rappeler

que "Hermas" met à votre service trois éléments :

1.
UN BLOGUE

hermas.info : celui que vous êtes en train de regarder et qui est consacré aux publications régulières : articles, nouvelles, etc.
2.
UN FORUM

Les discussions d'Hermas : ce forum a pour objet de vous permettre d'entrer en contact, prinicipalement, avec Mgr Jacques Masson, auteur des Catéchèses d'Hermas. C'est la raison pour laquelle il a été ouvert. Vous pouvez vous y inscrire pour y ouvrir une boîte, sur laquelle vous correspondrez avec lui, ou pour lui adresser directement un message auquel il sera répondu sur l'adresse internet que vous mentionnerez.

Ce forum vous permet aussi, accessoirement, d'entrer en contact avec les autres auteurs du Blogue, selon les mêmes modalités.
3.
DES ARCHIVES

Les Archives d'Hermas : elles ont pour objet de réunir de manière ordonnée les études ou les analyses qui ont été publiées sur le Blogue, parfois de manière discontinue.  A l'expérience, il s'avère que ces documents sont perdus dans la liste des articles publiés, et qu'il est difficile de les retrouver - quand on se souvient seulement de leur existence. Les Archives vous permettent de les voir exposées sans discontinuité, avec un effort particulier de présentation qui favorise, nous l'espérons, la formation ou l'information.

La mise à jour de ces Archives est lente, car elle constitue un travail supplémentaire qui repose sur peu de moyens. Elle reste cependant un objectif important pour l'Equipe d'Hermas.info

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Dimanche 25 octobre 2009 7 25 /10 /2009 15:00

Nous avons décidé, pour faciliter en particulier les entretiens de Mgr Masson et de ses interlocuteurs, qui sont nombreux à lui écrire à la suite de ses interventions, d'ouvrir un petit forum, intitulé "Les discussions d'Hermas”.

Ce forum est ouvert à titre expérimental. La pratique montrera s'il est utile ou non. Son adresse est la suivante : http://hermas.forum-actif.eu

Tout visiteur peut y accéder.

Cependant, pour y intervenir, il faut s'y inscrire et en respecter les règles – qui y sont indiquées. L’inscription vous apportera, sur le forum, la création d’une boîte aux lettres personnelle. A chaque connection, votre “nom d’utilisateur” et votre “mot de passe” vous seront demandés [qu’il ne faut donc pas perdre].

Le premier sujet évoqué concerne l’article ici commencé par Mgr Masson et portant, à l’occasion des fêtes prochaines, sur le purgatoire. Ce sujet vous intéresse-t-il ? Vous pose-t-il quelque difficulté ? N’hésitez pas à vous manifester, à poser à l’auteur les questions qui vous paraîtront s’imposer.

Pour ce faire, vous pouvez intervenir soit en postant une réponse au message, soit en écrivant à l’auteur.

- Pour répondre, rien de plus simple : il suffit de cliquer sur la touche réponse, de rédiger votre message et de l’envoyer (après l’avoir prévisualisé et éventuellement corrigé).

- Pour lui écrire, de deux choses l’une : soit vous lui adressez un message par sa boîte du forum, soit vous lui écrivez directement. Vous constaterez que, sous sa photo, deux petites icônes sont prévues à cette fin. L’icône “MP” [message personnel] vous orientera vers la boîte aux lettres du forum ; l’icône “E-mail” vers son adresse email classique.

Sur ce forum, vous aurez naturellement la possibilité de soumettre vos propres questions aux intervenants de votre choix. N’hésitez pas, le cas échéant, à peser toute question que ce soit sur le fonctionnement du forum lui-même.

Nous signalerons, sous les articles publiés, que la discussion en est ouverte sur le forum, par l'icône suivante, sur laquelle il suffira de cliquer :


Bons entretiens !

Accès au forum

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Mardi 25 août 2009 2 25 /08 /2009 10:32

Beaucoup d'entre vous sont déjà rentrés, auxquels nous souhaitons bon courage. Les vacances, pour eux, sont déjà - presque - de lointains souvenirs.

En attendant la reprise des articles sur Hermas.info, nous vous informons de ce que nous avons ouvert un "Groupe" - selon la terminologie consacrée - sur Facebook. Ce Groupe est intitulé, comme il se doit : HERMAS.INFO

Chacun d'entre-vous, bien sûr, peut venir s'y inscrire. Vous y serez les bienvenus.

Cordialement,

L'Equipe de Hermas.info
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Jeudi 26 mars 2009 4 26 /03 /2009 12:30

Par Equipe Hermas.info

Depuis sa création, le 1er janvier 2007, le blog Hermas.info a étendu le champ de ses interventions. Initialement conçu pour apporter seulement des commentaires sur l’actualité française, à la lumière des principes du christianisme, il s’est bientôt étendu à la catéchèse, grâce à la collaboration de Mgr Masson, à des commentaires relatifs à l’actualité ecclésiale et à des traductions de textes qui nous paraissaient utiles à la réflexion, ainsi qu’aux réalités du monde et de l’Eglise universelle.

 

A l’approche du 1000ème article paru, il nous a semblé utile de resserrer des liens que nous avons avec des catholiques québécois, dont certains figurent parmi nos fidèles lecteurs.

 

L’ensemble de ces circonstances a conduit notre équipe à réfléchir à la mise en œuvre de modalités de publication permettant de mieux rendre compte de cette diversité de champs, de les rendre plus visibles, de sorte que leur accès respectif soit facilité, sans enchevêtrement.

 

C’est ainsi que l’idée a germé de créer un site, auquel nous avons donné tout simplement ce nom : Hermas – lequel sera divisé en autant de chapitres spécifiques. Après bien des heures de mise en œuvre, nous le publierons dans quelques jours sur internet, en son état encore provisoire, incomplet, et à parfaire. Nous indiquerons ici bientôt son adresse internet, et l’invitation demeure toujours ouverte, à ceux que tenterait l’aventure, de nous apporter le concours de leur collaboration, occasionnelle ou régulière.

 

Cordialement,

 

L’Equipe de Hermas.info

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Mercredi 11 juin 2008 3 11 /06 /2008 21:49

Supposons que vous ayez la chance de posséder un Mac...

Supposons toujours que vous ayez aussi la chance d'être équipé du système 10.5 au moins...

Supposons enfin que vous ayez plaisir, ou intérêt, à lire régulièrement Hermas.info...

Savez-vous que vous avez la possibilité d'y accéder sans avoir à ouvrir votre navigateur habituel, grâce à un petit logiciel fûté, sympathique et... gratuit ?

Je suppose que non puisque nous en parlons. Ce logiciel a un nom : Fluid. Vous voulez en profiter ? Alors suivez le guide !

1] ETAPE 1, allez sur le site de ce logiciel : ICI. Vous y êtes ? Bien. A droite de la page d'accueil, vous avez une colonne en haut de laquelle il est écrit : "Free Download" (téléchargement gratuit). Cliquez sur "Fluid 0.9.1.5". C'est parti ! Vous téléchargez ainsi le logiciel.

2] ETAPE 2. Une fois celui-ci téléchargé (et désarchivé) sur votre bureau, ouvrez-le en cliquant 2 fois sur son icône, un joli petit globe terrestre.

3] ETAPE 3. Cette fenêtre s'ouvre,


Remplissez-là comme il est indiqué, sauf pour la mention "icon" : là, c'est celle que j'ai choisie dans mes propres photos. Vous pouvez utiliser une photo à vous : c'est la sainte liberté des enfants de Dieu !

Ensuite, vous cliquez sur "create", en bas à droite. C'est bon ? On continue.

4] ETAPE 4. Une autre fenêtre s'ouvre :


Le gentil petit logiciel vous annonce ainsi que vous avez réussi ! Si !
Il ne vous reste plus qu'à appuyer sur la touche "Launch Now"... Allez-y, n'ayez pas peur !

Ca y est : vous avez sur votre bureau un logiciel dédié à Hermas.info - merci à vous. Il vous suffira désormais de l'ouvrir pour accéder directement à nos articles - à tous les articles, du premier au dernier.

Soyons sport : vous pouvez aussi ajouter d'autres sites, selon la même procédure, en changeant simplement l'adresse internet (URL) et le nom du site ("name"). Cf. Etape 3.

Pas mal, non ? Bonne lecture !
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Lundi 26 mai 2008 1 26 /05 /2008 12:58

Par La rédaction

I.- Il n’aura pas échappé aux plus distraits de nos lecteurs que la présentation de Hermas.info a changé. Nous avions auparavant, en bannière, une photo d’un lac de montagne, celui d’Annecy en l’occurrence. Elle offrait cet intérêt d’être belle, d’associer une vision du ciel, de la terre et de l’eau, pour exprimer la réalité créée à laquelle nous sommes attachés et, accessoirement, d’avoir été prise par la fille de onze ans de l’un d’entre nous [ça compte quand même, que croyez-vous, et à tous points de vue : il a fallu s’expliquer avec elle sur son retrait…]. Ma foi, cette présentation nous convenait fort bien.

 

Mais ce contentement devait être de courte durée. L’œil averti et aiguisé de notre ami A. a frappé, qui a tout à la fois trouvé cette nouvelle bannière, mieux adaptée, et l’a “peaufinée“. Un très grand merci à lui à nouveau ! Nous comptons sur lui pour vous parler lui-même des travaux qui sont les siens par ailleurs.

 

II.- Quelle est cette nouvelle bannière ? C’est à grands traits que nous la présentons, aucun de nous n’étant, de près ou de loin, spécialiste en la matière, sous le contrôle de plus compétents.


Il s’agit d’une plaque funéraire, trouvée dans une sépulture chrétienne du IIIème siècle, près de saint Laurent-hors-les-murs, à Rome. Elle est actuellement au musée du Latran. Elle représente le Christ, les apôtres, et des agneaux. On sait que la symbolique de l’agneau est très présente, dans les Evangiles comme dans le Livre de l’Apocalypse. L’Agneau par excellence, c’est bien sûr le Christ lui-même, l’Agneau de Dieu, sans tache, qui s’est offert en sacrifice pour notre rédemption (cf. Jean 1,28). L’iconographie chrétienne en a donné très tôt des représentations.


Les agneaux, ou les brebis, ce sont d’abord les apôtres et, à travers eux, l’Eglise entière. L’image est associée à la fois au propre sacrifice des apôtres, à l’innocence dont ils doivent faire preuve [« Voici que je vous envoie comme des brebis au milieu des loups » Jean 10,16] et à leur justice, par rapport à l’iniquité de ceux qui sont symbolisés dans saint Mathieu par des boucs (25,32-33). Ils désignent aussi ceux qui se sont écartés de Dieu [Jean 10, « allez plutôt vers les brebis perdues de la maison d'Israël » Jean 10,6], dont la préoccupation doit à ce point animer tous le chrétiens, et d’abord leurs chefs, qu’il leur faut au besoin abandonner celles qui sont déjà réunies pour s’en aller chercher une seule qui serait perdue (Luc 15,4).


L’image des brebis est aussi associée au fait qu’elles constituent un troupeau, unifié par la conduite nécessaire d’un berger, d’un pasteur. Que celui-ci vienne à être frappé, annonce Jésus lui-même, et c’est tout le troupeau qui sera dispersé (Mathieu 26,31). Jésus n’hésite pas à dire explicitement qu’il est ce pasteur, et le texte grec permet d’insister sur le fait qu’il n’est pas seulement un pasteur – car il en est de mauvais – mais le bon Pasteur, qui connaît chaque brebis par son nom, y compris celles qui ne sont pas encore du troupeau, et pour lesquelles toutes il a donné sa vie afin de les réunir dans l’unité (Jean 10,11-16). Saint Pierre l’appelle à son tour « le pasteur et le gardien de nos âmes » (1 Pierre, 2,25).


Saint Pierre, précisément, a un statut à part : lui aussi est pasteur, mais d’un troupeau qui n’est pas le sien. C’est celui de Jésus, qu’il a charge de paître en son nom : « Pais mes brebis » (Jean 21,16). Jésus, comme disait saint Eucher, est ainsi « Pasteur de pasteurs ».



III.- Sur la plaque funéraire qui est désormais la bannière d’Hermas.info, Jésus est représenté en pasteur. Trois fois. Au centre, bien sûr, avec son bâton de berger, que symbolise aujourd’hui encore la crosse épiscopale ou abbatiale, mais aussi de chaque côté de la scène : à l’extrême gauche, et à l’extrême droite. Dans chaque cas, il est vêtu de la même façon, d’un vêtement qui n’est pas le même que celui des autres personnages. A chaque fois il est représenté jeune, imberbe, à la mode romaine antique, sans limbe, dans sa seule humanité, selon les représentations habituelles de l’époque.


A gauche, Jésus est tourné vers trois brebis ; à droite, vers deux. Il est frappant d’observer que dans les deux cas il est lui-même tourné vers l’extérieur. S’agit-il là de ces fameuses brebis qui ne sont pas encore du troupeau, ou de celles qui l’ont quitté, qu’évoquent les Evangiles dans les textes précités ? C’est bien vraisemblable. L’ensemble donne une image de la mission, toute ouverte sur l’extérieur. On observera les gestes de Jésus : à gauche, il caresse ; à droite il bénit, avec la bénédiction latine, les trois premiers doigts dressés, qui symbolisent la Trinité, les deux derniers fermés sur la main, qui signifient l’union des deux natures dans le Christ, divine et humaine. Ici c’est sa tendresse qui s’exprime, par la caresse ; là sa miséricorde, par le geste de bénédiction, lequel est peut-être celui de l’absolution, geste qui évoque, dans la symbolique utilisée par la main, l’Incarnation de Dieu pour la rémission des péchés.

 

De chaque côté du personnage central, du “Jésus central” qui est ainsi en majesté du seul fait de sa position, indépendamment de toute autre représentation sensible, les Douze apôtres, six à gauche, six à droite. Devant chacun d’eux, une brebis. Chacun est pasteur. Mais toutes les brebis, sans exception, ont exclusivement leur visage tourné vers le Christ. Ce sont bien ses brebis. Il les connaît, dit-il, mais ses brebis, elles aussi, le connaissent (Jean 10,14). Elles le suivent « parce qu’elles connaissent sa voix » (Jean, 10,4), la voix du Verbe fait chair. Elles l’écoutent, et donc il parle : « Je suis le Chemin, la Vérité, la Vie » (Jean 14,6). Au centre Jésus, là aussi, caresse la brebis qui est la plus proche de sa main droite. Toujours la tendresse, toujours l’amour. L’amour et la confiance sont le ciment de ce troupeau.


Avant de confier à Pierre la charge de paître son troupeau, on s’en souvient, Jésus l’interroge par trois fois : « Pierre, m’aimes-tu ? ». Pour ce qui nous intéresse ici plus directement, c’est presque une leçon de théologie politique : aimer, ce n’est rien d’autre que de vouloir le bien de quelqu’un. Ici est indiquée la marque d'un gouvernement chrétien, mais aussi de tout gouvernement juste : il s’agit de gouverner par amour, pour le bien des gouvernés. Qu’il s’agisse de citoyens ou de brebis au sens de l’Evangile, en vérité il n’y a pas de différence quant à cette exigence là, et le Christ, pour tout ordre est, en droit, le centre et la clé de voûte de tout.

 

Comme on le sait, l’ouvrage majeur d’Hermas, ce Père apostolique sous le patronage duquel nous avons placé notre blog, s’intitule : « Le Pasteur ». Nous sommes heureux de nous placer ici de la sorte plus visiblement sous la conduite du Pasteur des pasteurs, Celui en qui tout doit être restauré. 

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Dimanche 16 mars 2008 7 16 /03 /2008 12:00

Par La rédaction

caridad.jpg Rémi Morin.- Dans le précédent entretien, vous avez évoqué la question liturgique. Pourtant la liturgie, la messe, globalement, relèvent tout de même de la sphère du sacré, de l’adoration, de la prière, de l’ordre de la charité en quelque sorte, même si ses fruits rayonnent sur le monde. Cela me conduit à vous poser cette autre question : doit-on considérer que, pour un chrétien, la sphère politique doive s’identifier à cet ordre de la charité, de sorte qu’il doive poursuivre la réalisation d’une société qui serait régie par cette dernière ? Est-ce que, pour dire les choses autrement, la justice sociale ce n’est pas, finalement, l’exercice même de la charité ?

Hermas.-
Cette question est fondamentale. Pour se garder de confusions qui peuvent être très dommageables, il faut apporter deux précisions essentielles. La première concerne la charité, que vous rappelez. « L’amour du Christ nous presse », dit saint Paul. Dans l’économie morale du chrétien, c’est elle, vous le savez, qui fait le lien de toutes les vertus et qui les imprègne toutes, en particulier la justice et la prudence. Il y a donc lieu, d’abord, de se laisser guider par ce qu’elle-même nous porte à faire pour le service de nos semblables - le bien, selon l’adage, étant « diffusif de soi ». C’est là, certainement, le moteur le plus efficace de l’amour du bien commun. Insister sur la charité n’est certainement pas vain, même dans l’ordre politique. Vous connaissez le mot de saint Augustin : la mesure de la charité c’est d’aimer sans mesure.

Cela signifie, pour ce qui nous intéresse, non seulement qu’elle peut adoucir l’application de la justice, mais encore qu’elle peut la dépasser de très loin, en se portant notamment là où la justice n’exige rien... ou trop. C’est ce qui fait l’immense force des associations caritatives et les rend si nécessaires. Jamais, par exemple, l’Etat ne pourrait accomplir ce que fait l’Ordre de Malte, ou une petite association comme Saint-Pierre d'Antioche, pour ne citer qu'eux, pour cette raison très simple qu’il ne connaît pas l’amour, et surtout pas celui des petits, des pauvres et des délaissés. Il peut créer des « handicapés de la vie » mais il ne peut pas les guérir. La charité, si. L’action de Mère Teresa de Calcutta en est un exemple solaire. C’est pourquoi le magistère a toujours considéré que la charité était, dans l’ordre social, le complément nécessaire de la justice. Le Compendium indique, parlant audacieusement de « charité sociale et politique », qu’elle est « le critère suprême et universel de l'éthique sociale tout entière », qu’elle seule peut procurer la paix et que la justice, qui ne se suffit pas, doit subir « une “refonte” importante de la part de l'amour », par un renouvellement des structures, des organisations sociales, des règles juridiques (nn. 204-207). La formule est superbe et montre bien qu’il n’y a que le christianisme, décidemment, qui soit capable de proposer quelque chose de vraiment nouveau en ce monde. C’est là le cœur de l’Evangile. S’il fallait y renoncer en politique, alors il n’y aurait pas de politique possible sans apostasie, ce qui jette à nouveau une lumière très crue sur la distinction de Weber entre “morale de situation” et “morale de responsabilité“, déjà évoquée, et sur les comportements qui s’en inspirent.

Cependant, et c’est la seconde précision, il faut maintenir que la vertu qui doit premièrement s’exercer dans l’ordre social, ou politique, c’est bien la justice, laquelle impose de rendre à chacun son dû, et sans laquelle il n’y a pas de droit. C’est elle qui ordonne chacun au bien commun, auquel il doit concourir, et c’est elle, en retour, qui impose à la société de lui procurer l’ensemble des biens, matériels et moraux, qu'il est en mesure d'exiger. La société politique étant essentiellement de l’ordre de la relation à autrui, c’est la justice qui permet, et qui impose au besoin, le respect des droits de chacun ou qui en sanctionne la violation.

Il y a tout lieu de penser qu’une société humaine de pure charité, à supposer qu’elle fût seulement possible, serait contradictoirement une société d’injustices. L’ordre de la charité, que vous évoquez, ne peut pas se substituer à l’ordre de la justice. Le franciscanisme médiéval a peut-être contribué à brouiller les cartes, mais le magistère est très clair : comme nous venons de le voir, il indique que la charité est un complément de la justice ; elle n’est pas la justice sociale. La politique ne peut donc se réduire ni à un utopisme caritatif, ni à une sécheresse juridique. C’est une illusion des libéraux de penser que l’ordre de la charité n’a rien à voir avec le droit, alors qu’il peut et doit la favoriser, par exemple en aidant l’action de mouvements associatifs, et c’est une illusion des socialistes de penser que le droit puisse se substituer à la charité, en l’imposant en quelque sorte par voie législative au nom de l’égalité et de la justice sociale. L’opposition de la charité et de la justice est d’ailleurs à relativiser : la charité est en quelque manière un dû (« tu aimeras ton prochain… »), et l’accomplissement parfait de la justice résulte de la charité. Il faut seulement prendre garde de ne pas confondre les ordres.


Rémi Morin.- Se pose alors la question, plusieurs fois évoquée lors de nos entretiens, de l’engagement. Quelles sont les formes de cet engagement pour nous, concrètement ?

Hermas.- Les principes qui viennent d’être rappelés autorisent à dire qu’il n’y a pas de limites assignables à ces formes. Partout où je puis agir comme chrétien, dans le cadre des relations humaines qui constituent la trame d’une vie sociale, je dois le faire. Cela suppose déjà d’agir sur soi-même, par conversion. Il y a un grand principe, en morale, qui dit ceci : « Nul ne donne ce qu’il n’a pas » ou, à l’inverse, « Nul ne peut donner que ce qu’il a ». Cela vaut évidemment en notre domaine. « Que sert à l’homme de conquérir le monde s’il vient à perdre son âme ? ». La question est d’ampleur dans le nôtre, qui milite à tant d'égards contre le salut. Pour ne pas s’y diluer, pour être un “sel” susceptible de jouer évangéliquement son rôle, il faut être structuré, par l’étude, par la prière. Nous avons des instruments pour cela : le Catéchisme de l'Eglise catholique, le Compendium de doctrine sociale et l'encyclique prochaine du Saint-Père sur ces questions sociales en est un pour l'étude ; la vie sacramentelle, que nous évoquions plus tôt, en est un autre pour la prière. A partir de là, tout peut se faire, par cercles concentriques successifs, dans la famille, dans les écoles, dans les activités associatives et professionnelles, dans celles de partis politiques éventuellement, dans l’engagement de la vie locale, régionale ou nationale, selon les dons et la formation de chacun.


Il faut souligner que cet effort de conversion n’est pas seulement d’ordre moral. Il est aussi d’ordre intellectuel. Nous ne nous rendons pas bien compte à quel point nos psychologies sont gauchies par l’individualisme dominant, qui est un obstacle énorme au respect des principes que nous avons évoqués. Dans la conception de Thomas d’Aquin, chacun est vraiment conçu comme la partie d’un tout. Le bien de chacun y est ordonné au bien de la société, de sorte que chaque homme est moralement tenu de tendre à réaliser et à promouvoir le bien commun par tous ses actes extérieurs. Parce que ce bien, c’est tout à la fois notre bien, et mon bien. Dans cette perspective, le souci du bien commun est intimement assimilé et vécu comme une préoccupation majeure, première, directive de tous nos choix, de tous nos comportements, tout simplement parce que la nature humaine est telle – c'est-à-dire politique – que c’est uniquement à travers le bien commun que nous pouvons trouver notre propre perfection humaine. Cela ne veut évidemment pas dire que l’on ne puisse rien faire pour soi, pour son propre intérêt, mais que les choix que nous faisons en ce domaine sont toujours, explicitement ou implicitement, référés aux biens communs concentriques de la famille, de l’entreprise, de la cité, de la société tout entière, afin, au minimum, de ne pas leur nuire. Saint Thomas va très loin dans cette ligne puisqu’il considère qu’il n’est pas possible d’être un homme bon si l’on n’a pas ce souci du bien commun (1-2, q. 92, a. 1 ad 1). L’individualisme, à cet égard - il faut le dire avec beaucoup de force - est contre nature. Comment peut-on dès lors prétendre défendre la vérité, le droit, la justice dans la vie sociale si l’on ne prend pas soin, d’abord, de s’en guérir ?

Rémi Morin.- En définitive, tout serait donc bien politique ?

Hermas.- La proposition sent un peu le souffre, il faut bien en convenir, mais est-elle absolument fausse ? Il paraît possible de l’affirmer dans l'ordre temporel sans verser dans le totalitarisme. Tout est politique, oui, non pas au sens où la totalité devrait absorber la particularité ou l’individualité pour les configurer à un projet univoque, dans lequel la liberté des hommes serait noyée ou asservie, mais, au rebours, au sens où la personne humaine, parce qu’elle est humaine, est appelée à s’épanouir dans des relations sociales qui lui sont vitales, et dont la qualité et la richesse résultent finalement de la multitude des actes bons qu’elle y accomplit.

A cet égard je voudrais souligner ceci : il faut renoncer, décidément, à user de ce langage qui consiste à réserver à certains hommes le nom “d’hommes politiques”, au motif qu’ils font profession de conquérir, exercer ou conserver le pouvoir, au risque de justifier le mot désespérant de Jouvenel : « L’Etat, c’est eux ». Nous sommes tous hommes ou femmes politiques, par cela même que nous sommes des hommes et des femmes, c'est-à-dire par nature. On peut dire qu’il y a des gens qui sont “politiciens”, parce qu’ils font profession de conserver, d’exercer ou de conquérir le pouvoir, et d’autres qui ne le sont pas ; mais on ne peut en aucun cas affirmer que certains seraient des “hommes politiques” tandis que d’autres seraient… seraient quoi, d’ailleurs ? Cela n’a aucun sens. Rien n'est plus propice à la démobilisation et au repli sur l'intérêt particulier. Il ne s’agit pas simplement de purisme. Cette rigueur de vocabulaire a une portée réelle. Elle peut nous aider à mieux prendre conscience que notre place naturelle est dans la politique, dans la relation sociale, que tous nos actes extérieurs peuvent intéresser le bien commun, et l'intéressent de fait, et que la qualité de ce dernier dépend aussi véritablement de soi. Elle peut aussi nous aider à revaloriser, à nos propres yeux et dans la réalité extérieure, le sens d’une "démocratie authentique", dans laquelle chacun est quotidiennement un véritable acteur. Dans le fond, ce qu’on appelle “le civisme” part nécessairement de cette prise de conscience.

Les médiévaux avaient beaucoup plus le sens de ces choses que nous. Quand ils parlaient de la société politique, ils n'hésitaient pas, sans confusion avec l'Eglise, à parler de "corps mystique". Cette analogie, qui nous paraît si étrange aujourd'hui, avait l'immense avantage de mettre en valeur les solidarités vitales du corps social et les influences réciproques, organiques, de ses membres. Vous connaissez le discours de saint Paul et de saint Augustin sur ce point, pour l'Eglise : si la main souffre, c'est tout le corps qui souffre avec elle. Analogiquement, il en est de même ici : le bien ou le mal que je fais est un bien ou un mal pour tous. La notion de "structure de péché", que nous avons déjà évoquée, est finalement dans la ligne de cette pensée. La conception juridique moderne du contrat social, qui ne met en relation que des individus isolés poursuivant un intérêt commun, est, à tous égards, infiniment plus pauvre.


Il n’y a pas que les échéances électorales ou l’engagement partisan qui soient l’occasion d’un engagement politique. Dans tous les domaines de la vie quotidienne il est possible d’ajouter comme il est possible de retrancher au bien commun, par ses initiatives, l’exemple que l’on donne, ses témoignages, ses choix, ses comportements, ses discours. En prendre conscience, c’est se responsabiliser, et en tirer les conséquences c’est influer sur cette unité de destin dans l’universel qu’est la vie sociale. Tel, par exemple, qui se montre injuste dans sa vie professionnelle, en refusant une juste rémunération à ses salariés ou à ses collaborateurs pour prix de leur travail, ou en se dérobant à ses devoirs à l’égard de son propre employeur, aura beau faire toutes les déclarations de foi qu’il voudra, il n’en retranchera pas moins quelque chose à ce bien commun. Tel qui s’astreint par exemple encore à garder en toutes circonstances un comportement courtois quand il prend le volant, à ne pas imposer ses conversations téléphoniques à ses semblables dans les transports, à respecter la propreté des lieux publics ou privés où il passe, etc. contribue à l’amélioration de la vie sociale, comme aussi les parents qui élèvent bien leurs enfants, ou les enseignants qui les forment au respect des autres et au respect de la vérité, laquelle est le fondement essentiel de toute relation. Il n’y a pas de petite chose en ce domaine, et toutes ont une portée politique. C'est pourquoi l'on a eu raison de se montrer sévère à l'égard des propos tenus il y a peu par le Président de la République en public, même si l'on soutient qu'il n'a fait que répondre à une agression. Au bout du compte, ce sont bien des millions de comportements conjugués, en bien ou en mal, qui donnent à une société sa physionomie.


Rémi Morin.-
Une toute dernière question, car il faut en finir, même si nous avons laissé beaucoup de questions dans l'ombre, sur l'islam, l'Europe, par exemple : pour vous, Hermas.info constitue-t-il un engagement politique ?
 

Hermas.- A n’en pas douter ! Il n’a jamais été contesté que l’engagement politique puisse s’exprimer par la parole ou l’écriture. Est-ce un engagement utile, ça, c’est un autre débat, que d’autres que nous seraient mieux à même de trancher, à commencer par nos lecteurs. Pour l’heure, il nous semble que oui, d’autant que dans le phénomène des blogs, ce qui paraît beaucoup compter c’est le fait qu’ils puissent être écho les uns des autres, s’enrichissant de leurs réflexions ou de leurs informations, et faire ainsi entendre des discours dont il y a tout lieu de penser qu’ils n’auraient aucune chance de s’exprimer avec une telle audience sans eux. Ce phénomène est intéressant également parce qu’il surajoute de la “socialité” (pardon pour cet affreux néologisme…) dans cette société éclatée et gangrenée par l’individualisme. Il permet de créer des liens, des dialogues, comble des solitudes, nourrit des amitiés, des solidarités, par-delà les frontières, permet des collaborations - auxquelles, quant à nous, nous sommes toujours ouverts. L’Eglise d’ailleurs, a recommandé de ne pas hésiter à faire de l’univers d’internet un vecteur d’évangélisation, et c’est ce qui se fait. Notre place y est très modeste, mais c’est pour nous une fierté, là aussi, d’entrer dans une telle intention.


- FIN -
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Samedi 15 mars 2008 6 15 /03 /2008 01:08

Par La rédaction
saintjean.jpg Rémi Morin.- Nous arrivons aujourd’hui à notre septième entretien, après avoir finalement déjà brassé pas mal de choses…

Hermas.- Espérons que ce ne soit ni trop confusément, ni surtout trop erronément !

Rémi Morin.- Je voudrais revenir au blog, plus précisément, avant de conclure, peut-être, sur la question de l’engagement. Je sais bien qu’il faut se garder des étiquettes mais on a envie de vous demander : où vous situez-vous ? Quand on lit les articles publiés, on voit qu’en particulier vous avez consacré de longs articles à la question de la messe, au fameux Motu proprio de juillet 2007, et que vous avez formulé des appréciations assez sévères sur certains dirigeants des Scouts d’Europe à cet égard. Est-ce que tout cela n’est pas un peu “décalé” par rapport au projet politique d’Hermas et, si non, cela vous situe-t-il dans le camp “traditionaliste” ?

Hermas.- Sur le principe, vous avez raison de vous en tenir à cette règle : pas d’étiquette. Ça ne veut pas dire “pas d’engagement”. L’étiquette, c’est ce qu’on colle sur le dos de quelqu’un qu’on ne veut pas ou qu’on ne peut pas comprendre, pour le mettre dans une de ces petites boîtes qu’évoque la chanson de Graeme Allwright, vous savez ? C’est le rôle plus trivialement des gardiens de prison et des boutiquiers. Pour répondre à votre première question, et même si le propos peut paraître un peu provocateur, la messe n’est pas une question étrangère à la politique. Sur le fondement de toute la tradition spirituelle de l’Eglise, le deuxième concile du Vatican a eu ce mot magnifique : la messe est « le centre et le sommet de la vie chrétienne ».

Il en est ici de cette proposition comme de celle de Jean-Paul II au sujet de l’histoire, évoquée dans un entretien précédent : la prend-on au sérieux ? C’est une proposition qui est propre à réunir tous les courants de l’Eglise dans cette conviction que le sacrifice rédempteur du Christ est le point d’équilibre de toute l’histoire humaine et le centre de gravité de toute notre existence, en toutes ses actualisations. Si elle est vraie, alors l’activité publique, qui est une activité humaine, naturellement humaine, dans un monde créé par Dieu, et une activité de notre vie chrétienne, ne peut pas échapper à ce rayonnement christologique que les baptisés ont mission de seconder. Nous avons précédemment évoqué la figure de Maurice Schumann, qui aimait à se décrire aussi fou de la France que catholique romain. Son presque homonyme Robert Schuman – l’un des pères de l’Europe, qui disait que les saints à venir seraient « des saints en veston », a été forgé dans l’adoration eucharistique et n’aurait manqué pour rien au monde sa messe quotidienne, jusque dans ses activités ministérielles [rappelons que sa cause de béatification a été introduite en 1991]. Par piété personnelle ? Pas uniquement. Parce qu’il réalisait la vérité de ce qui a été énoncé par le concile. Vous savez, nous autres chrétiens avons tout, tout à gagner à unifier nos vies, à les rendre visiblement cohérentes en tout, jusque dans nos activités professionnelles et politiques. Le bien commun y gagnera nécessairement. La messe et la communion eucharistique sont un lieu d'édification de cette cohérence, par l'unité de la loi de la foi et de la loi de la prière.

Rémi Morin.- Cependant, cette conviction vous conduit à prendre parti, quand même, dans ces querelles autour de la messe ?

Hermas.- Prendre parti, oui, forcément. Comment en serait-il autrement ? S’engager en quoi que ce soit, c’est toujours choisir. La difficulté est qu’il y a de fait, en effet, des choix qui divisent. Pour la question que vous posez, où est le principe d’unité ? C’est cela qu’il faut toujours se demander. On vous reprochera toujours d’apporter la division, par exemple, quand vous secouerez des conformismes, quand vous viendrez troubler des bonnes consciences installées dans leurs habitudes. Vous ne l’avez jamais remarqué ? Pensez à l’effet produit par vos discours discordants, lors de ces repas d’affaire ou de famille, quand vous troublez le consensualisme obligé par vos propos sur l’avortement, le divorce, l’homosexualité, que sais-je ? En l’espèce, il est clair que le principe d’unité est à Rome, et pas dans telles ou telles officines. Théologiquement, c’est d’ailleurs la soumission au Vicaire du Christ qui constitue le critère du “schisme”, c'est-à-dire, étymologiquement parlant, du choix qui divise. Or, en l’espèce, la situation est parfaitement claire, au sujet de la messe. Sans revenir à ses détails, le Saint-Père se propose explicitement de mettre un terme à ce scandale insupportable (et pourtant si bien supporté par beaucoup !) de la division des catholiques sur la messe. Insupportable parce que l’eucharistie, précisément, est le sacrement de l’unité. Les exclusions qui émanent dès lors d’un côté ou de l’autre constituent, de ce point de vue, des contresens théologiques fondamentaux. Pour y parvenir, le Pape a eu recours à une distinction qui paraît bien un peu volontariste, entre forme ordinaire et forme extraordinaire de l’unique rite latin, mais qui…

Rémi Morin.- Volontariste ?

Hermas.- Oui, salva reverentia, parce qu’elle ne paraît pas correspondre à la réalité historique de ce que Paul VI avait entendu faire, en substituant le rite nouveau à l’ancien, afin d’établir avec lui le droit commun de l’Eglise universelle de rite latin. La distinction apportée par le Motu proprio de 2007 paraît, de ce point de vue, un peu forcée. Mais, après tout, peu importe. En matière de discipline liturgique prévaut cet adage : “Ce qu’un pape a fait, un autre peut le défaire”. Il est cocasse, à cet égard, de voir certains “progressistes” nier cette faculté, pour défendre l’exclusivité en quelque sorte de la messe de Paul VI, comme l’ont fait certains “traditionalistes” pour défendre celle de saint Pie V.

Rémi Morin.- La fin justifie les moyens ?...

Hermas.- Cette problématique n’a pas de sens ici. La fin est bonne, et elle n’a rien à justifier puisque les moyens sont eux-mêmes bons. Pour nous l’essentiel est dans la fin poursuivie : établir la paix, d’une part, et favoriser la réussite de la réforme liturgique, d’autre part, laquelle a généré souvent des abus et des infléchissements de sens et de sacralité qui sont patents. De notre point de vue, personne ne peut raisonnablement soutenir que cette double finalité n’est pas juste et souhaitable, pour le bien de tous. La distinction opérée par Benoît XVI a pour objet de l’atteindre, en rapprochant les communautés séparées, principalement dans leur lieu naturel de vie, qui est la paroisse, sous le contrôle du curé, et en rapprochant les formes liturgiques, appelées à s’enrichir mutuellement dans une cohabitation vivante et ouverte. C’est là, d’ailleurs, que pourrait le mieux se faire un “apprivoisement” réciproque et une réflexion commune sur d’autres sujets possibles de division, comme celui de la réception de certains textes conciliaires. Comment ceux qui s'opposent, en France, à cette réconciliation, ne le voient-ils pas ? L’expérience montre que, dans les paroisses, beaucoup de gens sont favorables à cette cohabitation. Un ami, récemment, qui n’est aucunement traditionnaliste, me faisait observer qu’il ne rencontrait jamais d’hostilité quand il l’évoquait autour de lui.

Notre position est là : entrer dans l’intention du Saint-Père. C’est par rapport à elle que se déterminent les comportements. Si nous défendons des droits reconnus, nous n’entrons pas dans un parti ; ce sont ceux qui les violent qui tentent de séparer ce qui doit être uni. L’accusation de “traditionaliste” ou “d’intégriste” que nous valent ces défenses est donc totalement inopérante. A l’occasion du décès de Dom Gérard Calvet, de l’Abbaye Sainte-Madeleine du Barroux, le pape a adressé un message, qui a été lu pendant la cérémonie des funérailles. Il a notamment souligné qu’il « rendait grâce pour l’attention de Dom Gérard à la beauté de la liturgie latine » - qui est, en l’occurrence, l’ancienne liturgie – et il a ajouté qu’elle est  « appelée à être toujours davantage source de communion et d’unité dans Eglise ». La tranquille assurance du pape est frappante, sur la conviction qui est la sienne de ce que le but qu’il poursuit sera atteint.

On ne peut pas, enfin, méconnaître cet aspect, qui intéresse plus directement notre sujet. Dans les enjeux considérables de cette époque, notamment politiques, la division actuelle des catholiques creuse des fossés inutiles entre des gens qui nourrissent de part et d'autres de grandes qualités de conviction et d'engagement. Comment et pourquoi ne pas souhaiter que tout soit entrepris pour qu'il soit comblé ? Ici comme ailleurs, c'est le sens du bien commun qui est sollicité - enrichi, de l'intérieur, par le sens des âmes.

(à suivre)
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