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Eglise universelle

Vendredi 6 janvier 2012 5 06 /01 /Jan /2012 08:00

Par L'Equipe d'Hermas

 

    "  Le mystère que nous fêtons aujourd’hui vous invite à ressembler aux enfants"
 

adoration-mages-2006.jpg "Mes bien-aimés, le rappel des actions du Sauveur des hommes est pour nous d’une grande utilité si, après leur avoir donné l’hommage de notre foi, nous les prenons comme idéal à imiter. Dans l’économie des mystères du Christ, les miracles sont autant de grâces qui viennent à l’appui de l’enseignement, afin que nous puissions suivre l’exemple de Celui que notre esprit confesse par la foi ; même les humbles commencements que le Fils de Dieu accepta en naissant de la Vierge sa mère nous préparent à progresser dans la piété. Les cœurs droits, en effet, reconnaissent en une seule et même personne la petitesse de l’homme et la grandeur de Dieu. Celui qu’un berceau montre enfant, le ciel et les esprits célestes le proclament leur Créateur. Ce petit au corps menu, c’est le Seigneur et le Maître du monde ; il est contenu dans le sein de sa mère, lui qu’aucune limite ne renferme, et cet abaissement même est le remède à nos blessures, le relèvement de notre déchéance : car si deux réalités si distantes ne s’étaient unies en une seule, la nature humaine n’aurait pu être réconciliée avec Dieu.

"Les remèdes qui nous ont été donnés nous fixent notre manière de vivre, et la règle des mœurs a été tirée d’une médecine que l’on appliquait à des morts. Ce n’est pas sans raison que les trois mages, conduits par la clarté d’une nouvelle étoile pour adorer Jésus, ne le virent pas en train de commander aux démons, de ressusciter les morts, de rendre la vue aux aveugles, la marche aux boiteux, la parole aux muets, ni d’exercer aucunement sa puissance divine : ils trouvèrent un enfant silencieux, tranquille, confié aux mains de sa mère ; en lui n’apparaissait aucun indice de son pouvoir : il ne montrait qu’un prodige, et un grand : son humilité même. Le seul spectacle de cette enfance sacrée à laquelle se prêtait Dieu, le Fils de Dieu, offrait aux yeux l’enseignement qui devait être proclamé à toutes les oreilles ; ce que ces lèvres ne pouvaient proférer, il suffisait de le voir pour en sentir l’effet. Toute la victoire du Sauveur, cette victoire qui a subjugué le monde et le démon, a commencé par l’humilité et s’est achevée dans l’humilité. Il a inauguré ses jours prédestinés dans la persécution et les a terminés dans la persécution. A celui qui n’était qu’un enfant n’a pas manqué l’occasion de souffrir, à celui qui devait un jour subir la Passion n’a pas manqué la douceur de l’enfance : le Fils unique de Dieu a voulu mettre sous le signe d’un même abaissement de sa majesté et sa naissance d’homme et sa mort par la main des hommes.

Epiphanie.jpegC’est en faisant valoir le privilège de son humilité que le Tout-Puissant a sauvé notre cause, qui était fort mauvaise ; il a détruit la mort et l’auteur de la mort en ne refusant rien de ce que ses persécuteurs ont voulu lui faire subir : obéissant au Père, il a souffert avec une suprême douceur la cruauté de ses bourreaux. A combien plus forte raison ne devons-nous pas être humbles et patients, nous qui n’avons jamais à endurer que des épreuves méritées ! Qui, en effet, peut se glorifier d’avoir le cœur sans tache, d’être exempt de péché (Prov., XX, 9) ? Saint Jean l’affirme : Si nous disons que nous n’avons pas de péché, nous nous abusons, la vérité n’est pas en nous (I Jean, 1,8). Existe-t-il un homme tellement préservé du péché que la justice n’ait rien à lui reprocher, la miséricorde rien à lui pardonner ? Bien-aimés, la sagesse chrétienne ne consiste ni à discourir abondamment, ni à discuter subtilement, ni à convoiter des honneurs, elle consiste dans l’humilité sincère et volontaire, celle même que le Seigneur Jésus, depuis le sein de sa mère jusqu’au supplice de la croix, a choisie et enseignée comme étant toute sa force. Un jour que ses disciples, au dire de l’Evangéliste, se demandaient entre eux qui serait le plus grand dans le Royaume des cieux, Jésus appela un petit enfant, le mit au milieu d’eux et dit :En vérité je vous le déclare, si vous ne retournez pas à l’état des enfants, vous n’entrerez pas dans le Royaume des cieux. Qui donc se fera petit comme ce petit enfant, celui-là sera le plus grand dans le Royaume des cieux (Matth., XVIII, 1-4). Le Christ aime l’enfance par laquelle il a débuté dans son âme comme dans son corps, modèle de douceur. Le Christ aime l’enfance, vers elle il oriente les hommes plus âgés, il y ramène les vieillards, il la donne en exemple à tous ceux qu’il élève au royaume éternel.

"Mais pour bien comprendre comment peut s’opérer en nous une conversion si admirable, et par quel détour nous devons revenir à l’état d’enfant, écoutons saint Paul qui nous dit : Ne vous montrez pas enfants sous le rapport du jugement, mais faites-vous petits enfants quant à la malice (I Cor. XIV, 20). Ce n’est donc pas aux amusements de l’enfance, ni à ses tâtonnements maladroits qu’il nous faut retourner ; il faut lui demander quelque chose qui convienne encore à la gravité des années, à savoir le rapide apaisement des colères, le prompt retour au calme, l’oubli des offenses, l’indifférence aux honneurs, l’amour de l’union mutuelle, l’égalité d’humeur. C’est un grand bien de ne pas savoir nuire et ne pas aimer la méchanceté : car être injuste et se venger, c’est la prudence de ce monde ; mais ne rendre à personne le mal pour le mal (Rom. XII, 17), c’est la sérénité de l’enfance chrétienne. Bien-aimés, le mystère que nous fêtons aujourd’hui vous invite à ressembler ainsi aux enfants. Le Sauveur, cet enfant qu’adorent les mages, vous convie à l’imitation de cette humilité ; c’est pour montrer quelle gloire il réserve à de tels imitateurs qu’il a consacré par le martyre des enfants nés en même temps que lui ; issus comme lui de Bethléem, et ses égaux en âge, ils sont dès lors associés à sa Passion. Que l’humilité soit donc aimée, que les fidèles évitent en tout l’orgueil ! Que chacun préfère les autres à soi et que personne ne recherche son propre intérêt, mais celui d’autrui (I Cor. X, 24) ; quand tous seront remplis de tels sentiments de bienveillance, le poison de l’envie disparaîtra, car celui qui s’élève sera abaissé, et celui qui s’abaisse sera élevé (Luc XIV, 11). C’est Notre-Seigneur Jésus-Christ qui l’atteste lui-même, lui qui, avec le Père et l’Esprit-Saint, vit et règne comme Dieu dans les siècles des siècles. Amen."

Saint Léon le Grand (7ème sermon sur l'épiphanie)


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Petit-Roi.JPGFête de l'Enfance, l'Epiphanie est aussi la fête de tous les enfants. C'est à l'Epiphanie qu'en Espagne, par exemple, leur sont offerts les cadeaux, non à Noël. Nous en profitons donc pour souhaiter une bonne et sainte fête à tous les enfants de France et de Navarre, e incluso a los de España, ¡ claro ! especialmente  a los de la familia, que abrazamos cariñosamente.

    Que cette belle fête de lumière soit pour tous, petits et grands, une source de joies familiales, autour de la célèbre galette des rois ! Et que ceux qui n'auront pas le bonheur de la vivre en famille soient assurés que nous nous associerons à eux dans la chaleur de notre prière.


QUE LA FETE COMMENCE !
   

 

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Publié dans : Eglise universelle - Communauté : Nos amis les saints
Jeudi 13 octobre 2011 4 13 /10 /Oct /2011 16:25

Par Pierre GABARRA

  Un lecteur nous a écrit les lignes suivantes, à la suite de l'extrait que nous avons récemment publié du texte de Simone Weil sur les partis politiques :

 

" Si vous lisez plus avant Simone Weil, vous constaterez que son hésitation à se "convertir" à l'Eglise romaine tient précisément à ce qu'elle a noté que l'Eglise romaine est organisée comme un parti politique. On ne peut énumérer tous les théologiens et artistes qui, du temps de la puissance de l'Eglise romaine, de Dante à Shakespeare en passant par Luther ont dénoncé, parfois au péril de leur vie, l'attentat de l'Eglise romaine contre la vérité. Celle-là n'a d'ailleurs jamais cédé son pouvoir comme elle essaie de le faire croire aujourd'hui : il lui a été ravi par la concurrence. L'originalité de Simone Weil est donc de se méfier de l'Eglise romaine en un temps, où, en principe, elle a renoncé à l'exercice du pouvoir temporel.

 

" Le temps de la morale et du sacerdoce juifs est révolu selon l'apôtre Paul. Sans morale, il n'y a pas de politique possible, ni aucune connivence avec un parti quelconque. Ne jetons pas la pierre aux partis politiques, dont beaucoup de modèles institutionnels dérivent de ceux de l'Eglise romaine.

 

Ce message nous paraît mériter réponse.

 

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*     *

 

Simone Weil ne dit aucunement dans cette Note, comme vous l’affirmez, que l’Eglise romaine serait organisée comme un parti politique, et il est inexact de dire que c’est cela qui l’aurait fait hésiter à se “convertir”. Ni vous ni moi ne savons rien, au demeurant, de la réalité de sa conversion. Il convient cependant de noter, pour se garder de toute caricature, qu’elle écrivait au P. Perrin des mots fort éloignés de toute répugnance à la conversion lorsqu’elle lui faisait part de sa « très grande joie » à l’entendre dire que ses pensées, telles qu’elle les lui avaient exposées, n’étaient « pas incompatibles avec l’appartenance à l’Église », ou lorsqu’elle lui déclarait aimer « Dieu, le Christ et la foi catholique autant qu’il appartient à un être aussi misérablement insuffisant de les aimer », ou encore : « J’aime les saints à travers leurs écrits et les récits concernant leur vie (…) J’aime la liturgie, les chants, l’architecture, les rites et les cérémonies catholiques » (lettre du 19 janvier 1942).

 

Il est vrai, néanmoins, qu’elle déclarait aussi, dans la même lettre n’avoir « à aucun degré l’amour de l’Église à proprement parler », non pas, comme vous le dites, parce que cette dernière serait organisée comme un parti politique, mais parce qu’elle constitue ce que Simone Weil appelait « une chose sociale ». Le propos était extrêmement réducteur, ne serait-ce que parce qu’il méconnaissait la réalité sociale de la communion des saints, mais il était partiellement vrai en ce que l’Eglise est aussi une réalité sociale terrestre. Or c’est cela qui lui « faisait peur », disait-elle dans la même lettre, parce que son pessimisme en la matière la portait à voir en toute chose sociale « le domaine du diable. La chair pousse à dire “moi” et le diable pousse à dire “nous” ; ou bien à dire, comme les dictateurs, “je” avec une signification collective ». « Par social – ajoutait-elle – je n’entends pas ce qui se rapporte à une cité, mais seulement les sentiments collectifs  ». Ce n’est donc pas parce qu’elle est “romaine”, comme vous le suggérez, que l’Eglise catholique éveillait chez elle cette méfiance, mais parce qu’elle est une “chose sociale” et que, en tant que telle, ajoutait-elle, « elle appartient au Prince de ce monde ».

 

C’est donc un contresens d’attribuer ses hésitations au baptême au caractère romain de l’Eglise, alors qu’elle les attribuait elle-même à un caractère collectif qui pouvait être dit de toute autre “chose sociale”, quelle qu’elle fût, et qui, en tant que telle, lui paraissait constituer, pour elle, une menace pour la liberté de sa conscience. Elle aurait très bien pu écrire la même chose, par exemple, de tout groupe protestant, étant rappelé, puisque vous évoquez l’histoire, que la Réforme n’a pas été non plus avare de "sentiments collectifs" qui l'ont conduite à écrire des pages sanglantes, de fanatisme et d’intolérance.

 

Il faut concéder au pessimisme de Simone Weil que la recherche et la défense de la vérité sont choses difficiles partout où des hommes s’assemblent, parce que le consensus y est généralement la condition de leur vie commune. Y triomphent des intérêts, des modes, des conformismes, des prêt-à-penser, plus ou moins oppressants, qui gauchissent à des degrés divers, et jusqu’au péché de l’esprit, le rapport des hommes à la vérité. L’Eglise catholique, cela est certain, y est exposée, et souvent sujette, nous ne le déplorons que trop, ainsi que bien des articles parus sur ce blogue l’attestent. Cependant, croyez-vous que l’on puisse soutenir, sans précisément trahir effrontément la vérité, qu’il n’en est ainsi que d’elle et que, par exemple, les groupes où vous vivez, religieux ou civils, n’y sont pas sujets eux-mêmes ?

 

Poser la question, c’est y répondre. Le travers ici dénoncé est un travers humain, et se rencontre partout où se groupent des hommes. L’expérience le montre à l’envi. En cela, le propos de Simone Weil est juste et universel. Cette expérience n’en est que plus cruelle lorsque la vérité supposée portée par la communauté mise en cause est plus haute. Le conformisme ou l’esprit mondain d’un club de boules est fâcheux, mais il n’y a pas là qui vaille l’indignation. Pourquoi les mêmes travers la suscitent-ils quand ils affectent l’Eglise catholique, si ce n’est parce qu’on reconnaît en elle, fût-ce à son corps défendant, la grandeur et la noblesse de son message et de sa mission que tant « d’esprit de ce monde » souvent trahit, dans ses clercs et ses fidèles ?

 

Quand, en revanche, Simone Weil écrit, dans la suite qui vous nous invitez à lire, qu’il « faut avouer que le mécanisme d'oppression spirituelle et mentale propre aux partis a été introduit dans l'histoire par l'Église catholique dans sa lutte contre l'hérésie », elle se trompe. Cette lutte, en effet, a pu mettre en œuvre de tels mécanismes, bien sûr, mais les circonstances de la Passion du Christ ou celles du martyre des premiers chrétiens attestent, pour ne citer qu’elles, que l’Eglise romaine n’en a pas, loin s’en faut, la paternité. Il est par ailleurs pour le moins surprenant que vous puissiez évoquer le nom de Luther quand vous parlez de victimes de la persécution ou de l'intolérance romaines, lui dont il est pourtant difficile de méconnaître les appels à brûler les sorcières et les exhortations au sang et au carnage adressées aux princes allemands.

 

Pierre Gabarra 

 

 

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Publié dans : Eglise universelle - Communauté : Chrétiens et heureux de croire
Jeudi 17 mars 2011 4 17 /03 /Mars /2011 08:30

Par L'Equipe d'Hermas
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Publié dans : Eglise universelle - Communauté : Prières, neuvaines chrétiennes
Lundi 28 février 2011 1 28 /02 /Fév /2011 19:44

Par Mgr Michel CHAFIK

Après dix-huit jours de manifestations, la jeunesse vient de tourner la longue page d’histoire confisquée par Moubarak. Le Raïs immobile a su épargner à son pays les guerres et les conflits qui déchirent le Moyen-Orient mais, figé dans son obsession sécuritaire, il ne l’a pas préparé à entrer dans l’avenir. Plus grave, crispé sur le pouvoir politique et économique, il s’est désintéressé du  champ social et culturel que les Frères musulmans ont eu beau jeu d’investir. Sous leur influence, on a assisté à la « réislamisation » de la société. Contrastant avec retour vers le passé le plus archaïque, les réseaux sociaux bruissaient en Egypte. Grâce à Facebook, le peuple a préparé la révolte.

 

Que celle-ci ait été initiée par la jeunesse n’est pas un hasard. Le peuple égyptien est, par nature, conservateur. Ce trait de caractère explique, plus encore que l’instauration d’un féroce régime policier, qu’il ait pu vivre, un demi siècle durant, sous la férule des dictateurs.

 

Aujourd’hui, sur le pays des pharaons, souffle le vent grisant de la liberté. Le peuple, qui n’en revient pas d’avoir osé, a recouvré sa dignité et sa fierté. Il a renoué avec la douce gaîté qui constitue le trait le plus marquant de son tempérament. De nouveau, les rires fusent et la parole se libère. Ce sont les blagues, prétendent d’aucuns, les noktas, qui ont chassé Moubarak « le jour du jugement dernier ». 

 

Toute révolution, on le sait, est un funambule qui, suspendu entre cimes et gouffres, risque à chaque instant de basculer. Qu’adviendra-t-il de celle-ci ?

 

Les acteurs de la révolution

 

La révolution est le fruit d’une longue gestation : le petit peuple, qui n’en pouvait plus d’être exploité, piétiné, méprisé, l’appelait de ses vœux ; la jeunesse l’a mise au monde. 

 

Les leaders de la révolte viennent des classes moyennes de la société égyptienne. Ils ont fait des études, dans des collèges étrangers le plus souvent, mais, malgré leurs diplômes, se trouvent sans emploi, sans logement, sans avenir. Le désir de liberté, le rejet de la corruption et des violences policières les ont poussés à descendre dans l’arène.

 

Leurs aspirations sont claires. Ils veulent la levée de l’état d’urgence, le changement de la constitution et l’organisation d’élections démocratiques.

 

Une misère multiforme

 

La révolution a vu le jour sous le poids conjugué du désir de modernité et d’une profonde crise sociale.

 

La misère est omniprésente en Egypte où la grande majorité de la population vit sous le seuil de la pauvreté. Beaucoup d’Egyptiens gagnent l’équivalent d’un euro cinquante par jour. Comment, avec si peu, survivre, c’est-à-dire d’abord se nourrir ? La viande à dix euros le kilo est interdite au peuple dont l’alimentation se compose, pour l’essentiel, de thé, de fèves et de pain. Les Egyptiens, connus pour leur humour, ont tout un lot d’histoires sur cette dernière denrée, de plus en plus coûteuse, de plus en plus légère, un peu de croute pour enfermer beaucoup de vent. La guerre du pain aura-t-elle lieu ?

 

Les mises en garde de l’armée contre les conséquences désastreuses de nouveaux mouvements sociaux restent vaines. Aujourd’hui le pays s’enfonce dans la grève générale pour réclamer des hausses de salaire et de meilleures conditions de vie. Qui saura le remettre au travail ?

 

Un système éducatif défaillant

 

Ici comme ailleurs, la pauvreté s’accompagne d’un fort taux d’analphabétisme : 40% des Egyptiens ne savent ni lire ni écrire. Comment les accompagner vers la démocratie, comment s’assurer que les responsables des bureaux de vote ne profiteront pas de leur handicap ?

 

Ceux qui eurent la chance d’être scolarisés sont à peine mieux lotis. De la maternelle à l’université, l’éducation repose sur la mémorisation, qui endort l’esprit critique. Sur ce point, le fait mérite d’être souligné, les institutions étatiques et musulmanes ont des avis parfaitement concordants. Il ne faut pas que les gens apprennent à réfléchir, ce serait trop dangereux !

 

Un vide politique abyssal

 

Je vous parle de révolution mais le terme, sans doute, est mal choisi. La révolution implique un projet alternatif, démocratique et solidaire, toutes choses introuvables sur les bords du Nil. C’est d’ailleurs le propre de la dictature que d’organiser le vide, un vide abyssal en Egypte. Qui saura porter le rêve de la place Tahrir ? 

 

Ni les communistes qui sont actuellement au plus bas, tout comme les Nassériens ; ni le Wafd, une plaisanterie dirigée par un milliardaire de l’industrie pharmaceutique ; ni encore telle ou telle personnalité, qui ne représente qu’elle-même: el-Baradei a joué et semble-t-il perdu, quand Amr Moussa, ancien ministre des Affaires Etrangères et président de la Ligue arabe occupe, pour combien de temps ?, le devant de la scène.

 

Il semblerait que l’on s’achemine vers un nouvel acte dans le combat, toujours recommencé, qui oppose l’armée aux Frères musulmans. 

 

Les ambigüités de l’armée

 

Les Egyptiens entretiennent des relations très ambigües avec leur armée qu’ils craignent autant qu’ils la respectent. Durant la révolution, celle-ci fit preuve de beaucoup de sang froid. Elle sut temporiser, ne pas réprimer la contestation et, l’heure venue, pousser Moubarak vers la sortie. Ce faisant, elle sauvait un régime qui lui garantit une place privilégiée et de confortables avantages matériels. Elle dit avoir entendu la jeunesse, mais jusqu’à quel point ? Rien ne se fera sans les militaires qui, pour imposer à la présidence une personnalité garante de leurs intérêts, disposent de tous les moyens


L’inconnu islamique 

 

Interdit comme parti politique, le mouvement des Frères musulmans, fondé en 1928, n’en constitue pas moins la première force d’opposition du pays. 

 

Certains, dont je suis, pensent que les Frères attendent que le fruit soit mûr pour le cueillir. D’autres soulignent qu’ils sont divisés entre une vieille garde conservatrice en perte de vitesse et des leaders plus jeunes qui trouvent leur modèle dans l’AKP turque. 

 

Peu importe la mise en scène, Moubarak a signé un impossible traité méphistophélique au terme duquel il fit de l’âme égyptienne le prix de son pouvoir temporel. Le tissu social du pays s’est alors déchiré entre une élite occidentalisée et corrompue et un peuple misérable et fanatisé. De la sorte, aujourd’hui c’est hommes contre femmes, tradition contre modernité, islam contre christianisme. 

 

Qu’est-il arrivé à l’Egypte de mon enfance, à cette terre qui cultivait avec tant de naturel la convivialité et le vivre ensemble ? 

 

En évoquant ces souvenirs d’un passé pas si lointain, je ne cède pas à la déploration convenue du bon vieux temps. Je cherche seulement à comprendre ce qui a pu endurcir le cœur des hommes, enfermer les communautés dans un entre-soi aussi étouffant que paranoïaque.

 

La citoyenneté pour tous  

 

Pourtant, en suivant à la télévision les derniers événements, j’ai vu se lever une autre Egypte. La révolution a, semble-t-il, balayé les clivages d’un autre temps pour unir, autour d’un même espoir, les contraires qui cohabitent au sein du pays. Peut-on y voir la naissance de la nation moderne, une et indivisible, qui garantirait à tous ses citoyens les mêmes droits ?.

 

Les coptes, qui sont partie prenante de la révolution, n’ont plus peur. Ils n’acceptent plus, et ils le crient haut et clair, d’être traités en citoyens de seconde zone discriminés sur les plans politique, économique, juridique et culturel. Ils refusent pareillement d’être considérés comme la minorité chrétienne du pays, cette notion n’étant que le dernier avatar de la dhimmitude, la version moderne de celle-ci. Egyptiens parmi les Egyptiens, ils demandent que l’ appartenance religieuse ne figure plus sur les cartes identité et que soit abrogé l’article 2 de la constitution qui fait de la charia islamique la source du droit. . 

 

Assimilée à tort à l’athéisme, la laïcité, « almaniyyah », effraie en Orient. Elle est pourtant la meilleure des protections contre l’instrumentalisation de la religion, son utilisation à des fins politiques ou économiques. Les musulmans réformistes, qui ont rédigé il y a peu un texte intitulé « Documents pour le renouvellement du discours religieux »*, en conviennent : la laïcité est juridiquement compatible avec l’Islam. 

 

L’Egypte nouvelle saura-t-elle conjuguer démocratie, citoyenneté et laïcité ?

 

Mgr Michel Chafik

Recteur de la Mission copte catholique de Paris

« Notre Dame d’Egypte »

 

* Version en ligne de la revue égyptienne « Yawm al-Sâbi » (Le Septième jour), le 24 janvier

 

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A chacun de mes séjours en Egypte, je constate avec effroi la progression de l’islamisation de la société. Dans les rues, les jupes courtes qui enchantaient les années 60-70 ont disparues, les têtes se sont couvertes, d’abord de hijabs colorés, ensuite de sombres niqabs. Les hommes ont laissé pousser leurs barbes et arborent avec fierté le bleu qui, sur leur front, témoigne de leur assiduité à la prière. Jusqu’au cœur du désert, les mosquées se sont multipliées, ainsi que le nombre des prêcheurs et des chaînes télévisées religieuses.

 

Dans un tel contexte, je me sens déplacé. Vous connaissez, n’est-ce pas ?, ces dessins dans lesquels il faut repérer l’élément insolite. « Cherchez l’erreur » dit la légende. Parce que chrétiens, je suis l’erreur dans mon pays natal. En ces jours de liesse populaire, je tairai les vexations, les discriminations, les crimes perpétrés contre les coptes.

 

Dans le café de mon père se retrouvaient avec un même plaisir coptes et musulmans. Mes compagnons de foot appartenaient indifféremment à l’une ou l’autre des deux communautés, seul importait l’efficacité du coup de pied. J’aimais aller à la mosquée voisine de notre maison pour me rafraîchir, m’y reposer et parler avec l’imam. Mes camarades musulmans appréciaient pareillement de passer un temps à l’église pour y contempler l’iconostase et y écouter nos mélopées. Avec nos amis musulmans, nous partagions le kaeke de Noël et celui du Ramadan et bien sûr nous allions les féliciter au retour du hajj. Je me souviens du petit chameau en cuivre qu’ils me rapportèrent de la Mecque et que j’emportais ensuite au séminaire. 

 

Si tel était le cas, Moubarak aurait gagné son pari : l’Islam, en Egypte, se serait largement dépolitisé. A supposer qu’il ne s’agisse pas d’un mirage, d’un de ces tours de passe-passe dont les Frères ont le secret, le prix à payer pour cette évolution est exorbitant. Le tissu social de l’Egypte n’y a pas résisté. Aujourd’hui, c’est hommes contre femmes, villes contre campagnes, jeunes contre vieux, riches contre pauvres, tradition contre modernité, islam contre christianisme.

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Publié dans : Eglise universelle - Communauté : Prières, neuvaines chrétiennes
Lundi 3 janvier 2011 1 03 /01 /Jan /2011 08:30

Par L'Equipe d'Hermas

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Publié dans : Eglise universelle - Communauté : Prières, neuvaines chrétiennes
Samedi 25 décembre 2010 6 25 /12 /Déc /2010 13:10

Par Mgr Michel CHAFIK


المجد لله في الاعالي وعلي الارض السلام
« Gloire à Dieu au plus haut des cieux et paix sur la terre »

 

 

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NOEL 2010  
Chers amis,

Il est des traditions particulièrement douces. Pour rien au monde, je ne manquerais ce rendez-vous que je vous donne depuis près de dix ans maintenant, au crépuscule de l’année finissante, à l’aube de l’année nouvelle.

« Il y a un moment pour tout et un temps pour toute chose sous le ciel. » (Qo 3,1)

L’année 2010 avait débuté sous les pires auspices. La révélation des crimes perpétrés avait blessé l’Eglise au plus intime mais, guidée par le Saint Père, dans la vérité et dans la compassion, elle fit face à la tourmente. Signe de la Providence, que 2010 ait été l’année du prêtre aida à dépasser les traumatismes, à panser les plaies. La célébration du sacerdoce vint, à point nommé, réactiver les liens si profonds qui unissent, membres d’un même corps, les prêtres et les fidèles. La voix de l’Eglise, un instant brouillée, put de nouveau porter haut et clair la Bonne Nouvelle.

Le mal avait attaqué l’Eglise de l’intérieur ; à l’extérieur, pareillement, les ténèbres s’épaississaient. En Orient, les témoins du Christ furent, plus que jamais, la cible du fanatisme et de l’obscurantisme. Annonçant leur disparition programmée, les Cassandre reprirent du service. Notre espérance s’en trouvait insidieusement entamée, quand le Pape réunit en synode les patriarches et les évêques du Moyen-Orient. Dans ce dialogue à plusieurs voix, la parole se libéra et les média s’en firent l’écho. Les instances internationales à leur tour s’emparèrent du sujet, demandant que soient respectés, pour les chrétiens aussi, les droits de l’homme.

Un des objectifs de ce synode, à l’issue duquel notre patriarche fut créé cardinal, semble d’ores et déjà atteint. Arraché à sa longue amnésie, le monde se souvient qu’il y a des chrétiens en Orient, que l’on peut être catholique autrement que latin, arabe et cependant chrétien.

Entre les deux rives du christianisme, tant de ponts sont à construire par la prière, la charité et les visites ! Convaincu que rien ne vaut que la rencontre, « la visitation » comme le disait un des évêques présents à Rome, j’ai accompagné en Egypte un groupe de pèlerins de Saint François de Sales ; des chrétiens soucieux de découvrir, non pas les pyramides-qui répètent au demeurant, du fond des âges, que  « l’homme ne vit pas seulement de pain »- mais l’Eglise Copte, une Eglise de la nativité, maternelle et féconde, fragile et rayonnante.

 L’Egypte se souvient avec fierté et humilité qu’elle a servi de refuge à la Sainte Famille, qu’elle a été le phare intellectuel, non pas tant de l’empire d’Alexandre, que de la chrétienté naissante avec Athanase et Cyrille, surtout et avant tout avec les pionniers du monachisme, Antoine et Pacôme. Sans la prière des moines, l’Eglise ne serait pas. Présents autant que jamais dans le désert, ils fécondent son sol aride, font lever dans les coeurs la semence divine.

« Il y a un moment pour tout et un temps pour toute chose sous le ciel » .

Aujourd’hui, temps de joie, de tendresse et de paix, Noël s’annonce, Noël est là. Que la grâce de la Nativité enveloppe d'un délicat cocon protecteur l’année à venir et que son temps, quel qu’il soit, clément ou chahuté, s’en trouve adouci.


Joyeux Noël et Bonne Année dans la sainte lumière de l’Emmanuel !

Mgr Michel Chafik
Recteur de la Mission Copte Catholique de Paris
http://www.notredame-egypte.fr/


    
-Chaque dimanche, messe copte à 11h en la chapelle « Notre Dame d’Égypte ».
  15, rue Philippe de Girard. Paris 10ème. Métro : la Chapelle.

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Publié dans : Eglise universelle - Communauté : Prières, neuvaines chrétiennes
Jeudi 16 décembre 2010 4 16 /12 /Déc /2010 12:31

Par L'Equipe d'Hermas

Avec le Bienheureux

Camille COSTA DE BEAUREGARD

[Téléchargement gratuit : cliquer sur l'image]

 

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Publié dans : Eglise universelle - Communauté : Prières, neuvaines chrétiennes
Mercredi 8 décembre 2010 3 08 /12 /Déc /2010 12:03

Par L'Equipe d'Hermas

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Prière d'un enfant à Marie

pour les prêtres

 

en union avec les enfants du monde

 

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Publié dans : Eglise universelle - Communauté : Prières, neuvaines chrétiennes
Mardi 7 décembre 2010 2 07 /12 /Déc /2010 14:16

Par L'Equipe d'Hermas

Lumignon.jpg La « fête des lumières » lyonnaise a pour lointaine origine un vœu, dit “vœu des échevins” fait par les autorités de la ville, en 1643, à la suite de la protection de la sainte Vierge contre la peste. La procession annuelle qui en est résultée avait cependant lieu le 8 septembre.

 

La tradition des lumières apposées sur les fenêtres remonte proprement à l’année 1852, où, par un providentiel concours de circonstances, la date de l’inauguration de la statue de la Vierge à Fourvière, qui devait en être l’occasion, fut reportée du 8 septembre, date anniversaire du traditionnel vœu des échevins, au 8 décembre, fête de l’Immaculée Conception, dont le culte était déjà bien établi avant sa définition dogmatique (8 décembre 1854).

 

Depuis lors, on le sait, cette fête des lumières, qui est une fête de l’Immaculée, a été dénaturée pour entrer à Lyon dans l’arsenal de la société festive. 

 

Cependant, pour nous, catholiques, cela ne change rien : nous avons naturellement vocation à transmettre. Transmettons donc aussi cette tradition, et cette fois où que nous soyons.

 

Vous habitez Lyon, Paris, Bayonne, Québec, Pagny-sur-Moselle, Hazmieh ou Barcelone ? Qu’importe ! Achetez des petits lumignons, faites ce soir une petite cérémonie en famille avec vos enfants, mettez à chacune de vos fenêtres au moins un de ces lumignons, et que votre lumière brille dans la nuit, en l’honneur de notre Dame.

 

Qui sait ? Peut-être vous en interrogera-t-on. Ce sera alors l’occasion de communiquer autrement la Lumière - celle dont nous célébrons la venue en ce temps de l'Avent.

 


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Publié dans : Eglise universelle - Communauté : Prières, neuvaines chrétiennes
Mardi 7 décembre 2010 2 07 /12 /Déc /2010 07:00

Par primeroscristianos.com - Trad. française : Hermas.info

3.- L’origine de la fête


pc-copie-1.jpg L'ancienne fête de la Conception de Marie (Conception de sainte Anne), qui prit naissance dans les monastères de Palestine à la fin du septième siècle, et la fête moderne de l'Immaculée Conception ne sont pas identiques à l'origine, bien que la fête de la Conception de sainte Anne soit devenue, au fil du temps, celle de l'Immaculée Conception.


Pour déterminer l'origine de cette fête, il faut tenir compte des documents authentiques que nous possédons. Le plus ancien est le canon de la fête, composé par saint André de Crète, qui a écrit son hymne liturgique dans la seconde moitié du septième siècle. Dans l'Eglise d'Orient, la solennité, issue de communautés monastiques, entra dans les cathédrales, fut glorifiée par les prédicateurs et les poètes, et entra finalement comme fête dans le calendrier de Basile II, avec l'approbation de l'Église et de l'Etat.


Dans l'Eglise d'Occident, la fête apparaît alors que son développement en Orient s'est arrêté. Le timide commencement de la nouvelle fête dans certains monastères anglo-saxons, au onzième siècle, en partie noyé par la conquête normande, a été suivi par sa réception dans certains chapitres et diocèses du clergé anglo-normand. La connaissance définitive et fiable de la fête en Occident est venue d'Angleterre. On la  trouve dans le calendrier de Old Minster, Winchester, vers l’an 1030, et dans un autre calendrier de New Minster, Winchester, écrit entre 1035 et 1056. Cela démontre que la fête était reconnue par l’autorité et observée par les moines saxons avec une remarquable solennité.


Immaculee.jpg Après l'invasion normande, en 1066, l’arrivée récente du clergé normand abolit la fête dans certains monastères d’'Angleterre où il avait été établi par les moines anglo-saxons. Mais vers la fin du onzième siècle, grâce aux efforts d'Anselme le Jeune, elle fut reprise dans de nombreux établissements anglo-normands. Au Moyen Âge, la fête de la Conception de Marie fut communément appellée la “fête de la nation normande”, ce qui montre qu’elle était célébrée en Normandie avec une grande splendeur et qu’elle s’étendit à travers toute l'Europe occidentale.


Par un décret du 28 Février 1476, Sixte IV étendit finalement la fête à toute l'Eglise latine et accorda une indulgence à tous ceux qui assisteraient aux offices divins de la solennité. Pour mettre un terme à toute discussion, Alexandre VII promulgua, le 8 Décembre 1661, la fameuse constitution "Sollicitudo omnium Ecclesiarum", dans laquelle il déclara que l'immunité de Marie du péché originel au premier moment de la création de son âme et de son infusion dans le corps était objet de foi.


De l'époque d'Alexandre VII jusqu’à la période qui a précédé la définition finale, aucun doute ne subsistait chez les théologiens quant au fait que le privilège de Marie faisait partie des vérités révélées par Dieu. Enfin, Pie IX, entouré d'une foule splendide de cardinaux et d'évêques, promulgua le dogme le 8 Décembre 1854.

(fin)

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