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David par Michel Ange
BETHLEEM LA VILLE DE DAVID
Le bourg de Bethléem est situé à huit kilomètres au sud de Jérusalem. Appelé Ephrata, aujourd’hui Bethléem, il appartient aux fils de Juda, lors du partage de la Terre Promise, opéré entre les tribus d’Israël, dès leur entrée dans le Pays après les 40 années passées dans le désert. Selon la tradition, Rachel, femme de Jacob, y mourut en couches à la naissance de son deuxième fils, Benjamin et y fut enterrée. Au temps où gouvernaient les Juges, c’est à Bethléem que Ruth, l’étrangère, rencontra Booz, devint sa femme et la mère d’Obed, père de Jessé, lui-même père de David. David naît à Bethléem. Dieu y envoie le prophète Samuel pour le sacrer Roi.
1 Samuel chapitre 16°, 1. 10-13
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1. |
Yahvé dit à Samuel : « Jusques à quand resteras-tu à pleurer Saül, alors que moi je l'ai rejeté pour qu'il ne règne plus sur Israël ? Emplis d'huile ta corne et va ! Je t'envoie chez Jessé le Bethléemite, car je me suis choisi un roi parmi ses fils ». |
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10. |
Jessé fit ainsi passer ses sept fils devant Samuel, mais Samuel dit à Jessé : « Yahvé n'a choisi aucun de ceux-là ». |
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11. |
Il demanda à Jessé : « En est-ce fini avec tes garçons ? », et celui-ci répondit : « Il reste encore le plus jeune, il est à garder le troupeau ». Alors Samuel dit à Jessé : « Envoie-le chercher, car nous ne nous mettrons pas à table avant qu'il ne soit venu ici ». |
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12. |
Jessé l'envoya chercher : il était roux, avec un beau regard et une belle tournure. Et Yahvé dit : « Va, donne-lui l'onction : c'est lui ! » |
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13. |
Samuel prit la corne d'huile et l'oignit au milieu de ses frères. L'esprit de Yahvé fondit sur David à partir de ce jour-là et dans la suite. Quant à Samuel, il se mit en route et partit pour Rama |
David est consacré Roi par Samuel
A la même époque, le prophète Michée (cf. « hermas », l’Avent [2] » avait prophétisé sur l’avenir glorieux de Bethléem :
« Mais toi, Bethléem Ephrata, le moindre des clans de Juda, c’est de toi que me naîtra celui qui doit régner sur Israël : ses origines remontent aux temps antiques » (Michée 5, 1). (cf. Mathieu 2, 6).
Plus de huit siècles plus tard, saint Luc qui s’est informé de tout avec précision depuis le début (cf. Luc 1, 3), rapporte les événements suivants dans son Evangile :
Luc chapitre 2°, 1-5) :
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1. |
Or, il advint, en ces jours-là, que parut un édit de César Auguste, ordonnant le recensement de tout le monde habité. |
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2. |
Ce recensement, le premier, eut lieu pendant que Quirinius était gouverneur de Syrie. |
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3. |
Et tous allaient se faire recenser, chacun dans sa ville. |
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4. |
Joseph aussi monta de Galilée, de la ville de Nazareth, en Judée, à la ville de David, qui s'appelle Bethléem - parce qu'il était de la maison et de la lignée de David - |
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5. |
afin de se faire recenser avec Marie, sa fiancée, qui était enceinte. |
Quand César Auguste décide le recensement de toute la terre, Joseph et Marie se mettent donc en route pour Bethléem pour se faire inscrire dans la ville de David. La route est longue entre les deux villes (100 km) d'autant plus que la grossesse de Marie est proche de son terme. Arrivés à Bethléem, Marie accouche et pose son premier-né dans une crèche car il n'y a pas de place pour eux dans 'hôtellerie.
Marie et Joseph se rendent à Bethléem pour le recensement
Détail du panneau de gauche du triptyque, Triptyque Portinari,
par Hugo van der Goes, vers 1475
(cf. ci-dessous, le triptyque)
Le recensement, à Bethléem, de Marie et Joseph, de Pieter Brueghel,
Musées Royaux, Bruxelles.
P. Brueghel représente l’arrivée de Marie et Joseph à Bethléem, près de l’auberge qui sert de bureau de recensement. Une arrivée qui passe inaperçue. Le couple s’avance au milieu des personnes qui s’adonnent à leurs activités quotidiennes. Les unes attendent leur tour au bureau de recensement, d’autres vaquent à leurs occupations, indifférentes à ce couple.
La naissance de Jésus parmi les plus pauvres, dans des conditions difficiles aurait pu passer inaperçue et pourtant... des bergers et des mages d'Orient viennent honorer l'Enfant.
C’est à Bethléem que naît Jésus, le recensement de Quirinus ayant contraint Joseph et Marie, qui habitaient à Nazareth en Galilée, à se rendre « à la ville de David appelée Bethléem… avec Marie sa fiancée qui était enceinte… Le temps où elle devait enfanter se trouva résolu. Elle mit au monde son fils premier-né », comme le rapporte saint Luc (cf. Luc 2) :
Luc chapitre 2° 4-7
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Joseph aussi monta de Galilée, de la ville de Nazareth, en Judée, à la ville de David, qui s'appelle Bethléem - parce qu'il était de la maison et de la lignée de David - |
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5. |
afin de se faire recenser avec Marie, sa fiancée, qui était enceinte. |
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6. |
Or il advint, comme ils étaient là, que les jours furent accomplis où elle devait enfanter. |
On peut se poser la question de savoir pourquoi Marie, qui était enceinte et sur le point de mettre au monde son enfant, a fait elle aussi ce long voyage ! Pour quoi Joseph le lui a-t-il imposé, ou pourquoi a-t-elle voulu faire ce long déplacement !
Saint Luc, qui est d’une grande précision, n’écrit pas :
« Joseph aussi monta de Galilée, avec Marie, sa fiancée, qui était enceinte…en Judée, à la ville de David, qui s'appelle Bethléem - parce qu'il était de la maison et de la lignée de David ».
Il aurait suffi qu’il montât tout seul à Bethléem, laissant Marie à Nazareth !
Il écrit, et il faut bien faire attention comment saint Luc a rédigé la phrase, pour bien la comprendre ;
« Joseph aussi monta de Galilée… en Judée, à la ville de David, qui s'appelle Bethléem - parce qu'il était de la maison et de la lignée de David, afin de se faire recenser avec Marie, sa fiancée, qui était enceinte »
Joseph ne monte pas, avec Marie sa fiancée qui était enceinte, de Nazareth à Bethléem. Il monte de Nazareth à Bethléem… afin de se faire recenser avec Marie, sa fiancée, qui était enceinte »
Pourquoi ? « Parce qu'il était de la maison et de la lignée de David ». Et Luc précise sans possibilité d’ambiguïté : « Afin de se faire recenser avec Marie, sa fiancée, qui était enceinte ».
Ce qui indique clairement que Marie, elle aussi, s’est fait recenser à Bethléem, étant fille héritière de sa famille (n’ayant pas de frères), et donc qu’elle était elle aussi soumise à ce recensement pour payer les taxes, car elle était« de la maison et de la lignée de David ».
Et Jésus, qui n’est pas le fils conçu par Joseph, mais par le Saint-Esprit, est bien ainsi « fils de David » par le sang que sa mère lui donne, et le « Fils de David », annoncé par les prophètes, par le titre qui lui vient de « l’adoption » de Jésus par Joseph qui prend Marie comme épouse, et transmet ainsi, légalement, selon la loi juive, le titre solennel de « Fils de David ».
Et c’est ainsi que le plan de Dieu se réalise, grâce à l’édit de César Auguste, d’un recensement fait par Quirinius. Il n’y a pas de hasard ! Dieu est Maître de l’Histoire. Et, grâce aux hommes dont il respecte la liberté, le Messie naît bien, à Bethléem, comme l’avait annoncé le prophète Michée.
A Bethléem ! Nom hautement significatif, puisqu’il veut dire « Maison du Pain »
La naissance de Jésus à Bethléem
« BETHLEEM », LA « MAISON DU PAIN »
». C’est dans la Ville de David que Jésus est né. A Bethléem dont le nom veut dire « La Maison du Pain ». Il retournera plus tard, à son retour d’Egypte, habiter à Nazareth, nom sous lequel il sera connu « Jésus de Nazareth ». Mais ce qui compte c’est la signification que Dieu a voulue, en faisant naître son fils, dans la Ville de David, dans la« Maison du Pain ». Non seulement Fils de David, mais bien plus encore ! La naissance à Bethléem était nécessaire pour montrer en Jésus le Fils de David, mais c’est aussi une indication de la Mission qu’il a reçue du Père
En effet, Jésus, après la première multiplication des pains déclare :
« Je suis le pain de vie » (Jean 6, 35a.48). « Je suis le pain vivant descendu du Ciel… Et le pain que je donnerai c’est ma chair pour la vie du monde » (Jean 6 51). « Si vous ne mangez la chair du Fils de l’Homme et ne buvez son Sang, vous n’aurez pas la vie en vous » (Jean 6, 52b).
C’est tout le riche « Discours sur la Pain de Vie » que seul Saint Jean rapporte dans son Evangile, 30 ou 40 après la rédaction des trois autres Evangiles, alors que la première communauté chrétienne vivait régulièrement de « la fraction du pain », comme elle appelait alors l’Eucharistie. Et Jean en nous rapportant le discours de Jésus, précise bien dans quel sens il faut comprendre les paroles que Jésus prononcera lors de la Dernière Cène : CECI EST MON CORPS, CECI EST MON SANG !
Le discours sur le Pain de Vie
Saint Jean, en effet, en nous rapportant le discours de Jésus sur « le Pain de Vie », précise bien dans quel sens il faut comprendre les paroles que Jésus prononce lors de la Dernière Cène, et qui sont rapportes par les trois autres Evangiles et par Saint Paul :
CECI EST MON CORPS, CECI EST MON SANG
« Jésus prit du pain, et, après avoir prononcé la bénédiction, il le rompit et le donna à ses disciples en disant : <<PRENEZ ET MANGEZ CAR CECI EST MON CORPS>> » (Mathieu 26, 26).
La Dernière Cène
LE MESSIE SAUVEUR DES NATIONS
Sorti d’Egypte, le peuple d’Israël conquiert la Transjordanie et campe dans les steppes de Moab. Le roi de Moab fait alors appel à un prophète qui n’appartient au peuple d’Israël, un païen, un « faux prophète » (non pas un charlatan, mais un prophète qui rapporte ce qu’il entend, mais qui ne vient pas de Dieu). Et alors que son Roi lui demandait de maudire le peuple d’Israël, pris par l’Esprit de Dieu, le prophète Balaam prononce alors cet oracle qui vient de Dieu :
« Je le vois, mais non pour maintenant, je l’aperçois, mais non de près ; un Astre issu de Jacob devient Chef, un sceptre se lève, issu d’Israël » (Nombres, 24, 17).
C’est l’annonce faite par Dieu, par la bouche du « païen » Balaam, de la royauté dans la tribu de Jacob, ancêtre de David, ancêtre de Jésus.
Il y avait l’annonce, il y a la réalisation :
« Jésus étant né à Bethléem de Judée, au temps du Roi Hérode, voici que des Mages venus d’Orient se présentèrent à Jérusalem, et demandèrent : <<Où est le Roi des Juifs qui vient de naître ? Nous avons vu en effet son ASTRE à l’Orient, et sommes venus lui rendre hommage… Alors Hérode manda secrètement les Mages, se fit préciser par eux la date de l’apparition, et les dirigea sur Bethléem… Sur ces paroles, ils se mirent en route ; et voici que l’ASTRE qu’ils avaient vu en Orient les devançait jusqu’à ce qu’il vint s’arrêter au-dessus de l’endroit où était l’enfant. La vue de l’ASTRE les remplit d’une grande joie… Entrant alors dans le logis, ils virent l’enfant avec Marie sa Mère, et tombant à genoux , ils se prosternèrent devant lui » (Mathieu 2, 1-2, 7-8a, 9-11).
Je ne puis m’empêcher de faire quelques remarques d’une importance capitale, pour qui veut bien comprendre les Evangiles, la « Bonne Nouvelle ».
Saint Mathieu écrit pour des Juifs objets d’un choix particulier de Dieu. Le salut semble réservé au Peuple d’Israël. Et pourtant, au début de son Evangile, la généalogie de Jésus commence par ces mots :
« Généalogie de Jésus-Christ, fils de David, fils d’Abraham » (Mathieu, 1, 1)
Pourquoi cette mention d’Abraham, alors que saint Mathieu veut nous montrer, dans la généalogie Jésus comme Fils de David ? Tout simplement parce qu’Abraham est le premier Patriarche que Dieu a choisi en ces termes :
« Je ferai de toi un grand peuple, je te bénirai, je magnifierai ton nom qui servira de bénédiction… Par toi, se béniront toutes les nations de la terre » (Genèse, 12, 2.3a)
C’est bien là l’annonce que le salut est réservé non seulement à Israël, mais à toutes les nations. La mention de Saint Mathieu tout au début de son Evangile, est d’ailleurs confirmée et renforcée par les dernières paroles de ce même Evangile :
« Allez donc de toutes nations faites des disciples, les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, et leur apprenant à observer tout ce que je vous ai prescrit. Et moi, je suis avec vous pour toujours jusqu’à la fin des siècles » (Mathieu, 28, 19-20)
Il faut remarquer aussi que Saint Mathieu, dans les Evangiles de l’Enfance de Jésus, met l’accent sur Saint Joseph, et cite à peine Marie, à la différence de Saint Luc. Mais il faut noter surtout, un passage non moins important, qui montre que Mathieu veut annoncer au Peuple d’Israël le salut annoncé par les Prophètes, mais que ce salut s’adresse aussi à toutes les autres nation : la venue des Mages, de personnages qui ne font partie du Peuple d’Israël, et qui, après les bergers avertis par les Anges, sont ceux qui viennent adorer le « Roi d’Israël qui vient de naître ». Dans cet épisode, curieusement, mais cela est riche de signification, saint Mathieu ne cite pas Joseph mais seulement Marie. Il écrit tout simplement :
Les Mages « entrant dans le logis virent l’enfant avec sa Mère, et tombant à genoux, se prosternèrent devant lui » (Mathieu 2, 11).
C’est Marie qui présente son Fils aux « aux païens », symbole de toutes les nations du monde, dès sa naissance. Il est bien, comme l’avait déclaré le vieillard Siméon 40 jours après sa naissance : « Lumen ad revelationem Gentium» : « Lumière pour éclairer les Nations » (Luc 2, 32a).
(à suivre)