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Mercredi 20 juin 2007 3 20 /06 /2007 08:27

Par La rédaction

   Quelques résultats intéressants concernant les élections législatives qui viennent de se dérouler. On signalera l'élection de M. Vanneste (58,56%), de M. Nesme (50,10%), de Mme Boutin (58,37%). Pour les résultats des candidats courageux, selon la liste établie par la fondation de service politique, voir ICI et pour ceux des candidats hostiles, voir ICI.

Les rapports de force ne changent pas beaucoup, les réelections étant, dans les deux listes, les plus nombreuses, ce qui nous est plutôt favorable.

       Quelques enseignements aussi.

La survenance d'une simple vaguelette bleue n'est pas une surprise, après que le gouvernement a sorti de son chapeau, sans explication ni projet sérieusement bouclé, la question de la TVA sociale : c'était un chiffon rouge que l'opposition ne pouvait laisser passer. En jouant de l'imprécision d'une mesure, annoncée à la va-vite, et de son éventuel impact sur le pouvoir d'achat, elle est devenue une arme médiatique simple et efficace comme les ténors du parti socialiste savent en créer avec talent. Les conséquences du discours du premier ministre sur ce point étaient aussi clairement prévisibles que celles de l'instauration du CPE par son prédécesseur dans les conditions dont on se souvient !

Si cela est accidentel, que cela soit imputable au phénomène de cour bien connu ou à une crise d'humilité des artisans de la victoire présidentielle, il reste que MM Fillon et Borloo ont faire preuve d'une imprudence de débutants et/ou d'un préoccupant manque de lucidité en croyant une large victoire acquise. Or,  l'histoire enseigne suffisamment que rien n'est jamais joué d'avance, surtout lorsqu'un climat de confiance dans le verdict des urnes endort votre électorat, qui se dispense alors plus facilement d'aller voter. Et si cela était délibéré, cela relevait d'un machiavélisme d'apprenti-sorcier largement inopportun.

Car sur une question aussi sensible, l'excès de confiance du gouvernement a permis à l'opposition d'accroitre le nombre de ses députés, sans avoir toujours, ni programme, ni meneur, ni crédibilité.

Si l'UMP a
, certes, une majorité absolue et si l'on peut considérer qu'une majorité de plus de 400 députés était inutile, voire excessive, il n'en reste pas moins que la véritable conséquence de ce mauvais second tour pour la majorité est avant tout psychologique et sociologique.

D'une part, "l'état de grâce" du président le mieux élu depuis plusieurs décennies aura duré un mois et demi.

Le dynamisme créé par l'élection présidentielle et le vote d'adhésion qui s'y était manifesté, qui ouvrait la traditionnelle fenêtre de 100 jours ou "l'état de grâce", pendant lequel toute réforme est possible, est aujourd'hui annihilé. On se retrouve ainsi trop vite dans le jeu politique ordinaire, où les réformes se heurteront à présent de nouveau à une opposition requinquée, qui a retrouvé confiance en elle pour avoir su faire d'une défaite annoncée une demi-victoire. Cet affaiblissement de la majorité
vient de se fermer la meilleure fenêtre de la réforme.

D'autre part, on doit regretter qu'un certain nombre de jeunes candidats (que l'on place en général dans les circonscriptions les moins faciles et que les élections où se dégage une large majorité permet en réalité de voir apparaitre de manière significative), qui pouvaient espérer venir apporter un peu de sang neuf à l'assemblée après le premier tour, on été balayés au second tour, souvent au profit du sortant.

Bref, M. Fillon s'est tiré une balle dans le pied. C'est une façon de recouvrer sa lucidité.


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