Les Catéchèses d'Hermas
Il y a bien des façons de voir une même chose. Ainsi de l'avortement, en lequel d'aucuns voient une avancée sociale et démocratique nécessaire et irréversible, parce qu’il constituerait un droit de la femme, tandis qu’il apparaît à d’autres pour ce qu’il est premièrement et directement : la mise à mort d’un être humain innocent.
Cette divergence ne tient pas simplement à un débat d’opinions, comme on le suggère souvent, mais à une approche profondément différente de la réalité, l’une focalisée sur le primat de la “personne”, prise comme principe volontaire d’auto-détermination – comme l’a bien mis en lumière Mgr Montes, que nous avons cité il y a peu – l’autre tournée vers la personne d’autrui. La première s’exprime en revendication de droits subjectifs, au rang desquels figurerait le droit à disposer de son corps, l’autre s’exprime en respect du droit objectif de toute personne innocente à la vie.
Dans le large argumentaire utilisé pour “justifier” l’avortement, figurent, à côté des arguments purement revendicatifs [« j’ai droit à…, mon ventre m’appartient, etc. »], des arguments qui en appellent à la miséricorde : l’enfant sera handicapé, malheureux, et c’est un devoir de lui épargner une vie de tourments et de déplaisirs. Les personnes qui sont engagées aussi bien dans l’aide apportée aux mamans en détresse – et nous saluons ici, spécialement, les associations Mère de Miséricorde, Magnificat, Tom pouce – qu’à l’accueil des enfants handicapés, savent les trésors de joie que beaucoup peuvent faire partager.
On nous a transmis, à cet égard, cette vidéo d’une jeune fille coréenne, Mademoiselle Hee Ah Lee, lourdement handicapée, qui n’a en particulier que deux doigts à chaque main et qui, pourtant, donne des concerts… de piano ! Personnellement, ce n’est pas tant la prouesse technique – si réelle pourtant ! – qui nous stupéfie, que l’amour qu’il a fallu à la mère de cette personne pour que cette dernière puisse s’épanouir ainsi dans une joie si visible. Quelle leçon, à admirer, à méditer et à transmettre. Quel hommage, aussi, rendu indirectement aux vertus de la musique. Voilà, en tout cas, une réponse bien sereine à ceux qui affirment que le malheur assuré des handicapés rend leur élimination souhaitable in utero. Oui, il y a bien des façons de voir une même chose. Y compris le handicap.
A voir absolument [Ici]!
