Jeudi 14 juin 2007
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10:35
Par La rédaction
Quelques nouvelles de l'Eglise universelle qui souffre, pour la vie, la liberté et la paix, et à laquelle nous devons nous associer.
Inde
On a appris qu'un millier de chrétiens ont, le 29 mai dernier, manifesté à New Delhi pour réclamer que les autorités fédérales mettent fin aux violences anti-chrétiennes (Ici). La manifestation était organisée par différents groupes catholiques et protestants, notamment le All India Catholic Union et le All India Christian Council pour protester contre l'inaction des autorités fédérales face aux violences anti-chrétiennes commises ces derniers mois dans le pays. Le président du All India Catholic Council a rappelé qu'au moins 80 attaques contre des chrétiens avaient été recensées depuis le début de cette année. Il ne suffit pas que le gouvernement fédéral se déclare pour l'ordre et le respect de la loi, si dans le même temps « il regarde en spectateur impassible les violences faites aux chrétiens », a déclaré le leader catholique.
Le Rév. Madhu Chandra, responsable au sein du All India Christian Council, a ajouté que la manifestation du 19 mai avait été décidée pour réagir face à l'inaction des autorités fédérales, auxquelles un mémorandum avait été remis cinq jours plus tôt. Ce texte, remis au Premier ministre Manmohan Singh et à la responsable du Parti du Congrès Sonia Gandhi, faisait part de « la profonde préoccupation » des chrétiens face à « la montée des violences ». Y étaient notamment mis en exergue les récentes attaques filmées de pasteurs protestants dans les Etats du Maharashtra et du Rajasthan.Les attaques contre des pasteurs et des religieuses, contre leurs demeures et des églises étaient fréquentes, mais il est très grave de constater que désormais les épouses et les enfants des pasteurs sont eux aussi pris à parti et subissent de graves violences, a déclaré le pasteur Madhu Chandra. Dans bien des cas, la police reste passive, et parfois elle est de mèche avec les assaillants, a-t-il ajouté.Pour John Dayal, il est plus que temps que le Parti du Congrès réagisse et prenne ses responsabilités, lui qui a été porté au pouvoir par les voix « des dalits, des minorités et des pauvres, qui espéraient trouver là un parti qui les protègeraient ». Selon les chiffres communément admis, 60 % des 24 millions de dalits (les intouchables) en Inde sont de religion chrétienne.Devant le millier de manifestants, la présidente de l'India Peace Organization, la musulmane Begum Fatima, a remarqué que, dans la très grande majorité des cas, lorsque des chrétiens sont attaqués, ils le sont au motif qu'ils convertissent au christianisme des pauvres et des aborigènes. « Si les dalits et les classes arriérées (backward classes) de religion hindoue ont le droit de se convertir au bouddhisme, à l'islam ou à la religion sikh, pourquoi ne pourraient-ils pas se convertir au christianisme ? », s'est-elle interrogée, en référence aux conversions « de masse » qui ont régulièrement lieu dans le pays.Un leader dalit, Udit Raj, a pour sa part déclaré que les dalits et les minorités religieuses ne faisaient désormais plus confiance aux autorités fédérales pour les défendre. Il a souligné que le Maharashtra, où deux pasteurs ont été battus le 7 mai dernier, est dirigé par une coalition dominée par le Parti du Congrès.
A cet égard, on ne peut que rappeler l'oeuvre du Père Yesumarian s.j. (cf. Ici), qui se bat au péril de sa vie pour les intouchables, victimes permanentes de l'apartheid que leur fait subir la société indienne, qui n'a que peu d'égard pour leur humanité et leur dignité. A noter que 80% des chrétiens indiens sont des intouchables.
Irak
« Les chrétiens en Irak se meurent ». Ce cri d'alarme a été lancé jeudi 7 juin à Rome lors de la messe de requiem pour le père Ragheed Aziz Ganni, le prêtre chaldéen tué dimanche 3 juin à Mossoul (Irak), en même temps que trois diacres à la sortie d?une messe qu'il venait de célébrer.La messe était célébrée par Mgr Philip Najim, procureur de l'Eglise chaldéenne près le Saint-Siège, dans la chapelle du collège pontifical irlandais, où le père Ganni avait suivi des cours pendant cinq ans. « Eglises fermées, voitures piégées, conversions forcées, enlèvements en série : en Irak les chrétiens se meurent ? l'Eglise est en voie de disparition, victimes de persécutions, de menaces et de violences de la part d'extrémistes qui ne vous laissent pas le choix : se convertir ou prendre la fuite », a déclaré Mgr Najim dans son homélie. « Depuis quelque temps, la communauté chrétienne en Irak est la cible d'enlèvements, de menaces et d'actes d'intimidation et de terreur, sans qu'aucune protection ne leur soit assurée de la part du gouvernement ou des forces de coalition », a-t-il dénoncé. « Les chrétiens sont pris pour cible, tels des boucs émissaires, victimes d'actes d'exploitation et d'opérations de nettoyage. Ils ne peuvent professer librement leur foi, les femmes ont l'obligation de porter le voile et les croix sont retirées des églises », a-t-il constaté. Aujourd'hui en Irak, a poursuivi Mgr Najim, « les enlèvements de prêtres sont de plus en plus fréquents », « les chrétiens sont obligés de payer des taxes s'ils veulent conserver leur habitation ou garder leur croyance, sous peine de confiscation par les milices ». Le représentant du Saint-Siège a déploré que les chrétiens, dans cet « Irak déchiré sur le plan confessionnel et religieux » n'obtiennent aucun appui, n'aient personne pour soutenir leur cause, et soit totalement abandonnés à leur sort. « Quelle grande injustice sur les plans historique, politique et humanitaire ! » s'est-il exclamé. « La seule alternative est de renoncer à ses racines et de quitter sa patrie en allant grossir les rangs d'un flux migratoire qui ne cesse de s'amplifier », a-t-il observé avec amertume. Père Ganni, a poursuivi le procureur chaldéen au Vatican, « est un martyr de cette Eglise chaldéenne aujourd'hui souffrante et couverte de sang que le pape Benoît XVI appelle l'Eglise des martyrs vivants ». « Que son martyre constitue l'aube d'une ère nouvelle pour la vie et pour la paix en Irak » a-t-il souhaité. « Nous avons besoin que le Siège apostolique encourage l'Eglise irakienne et tous les chrétiens à l'unité ». « Que le sacrifice du père Ganni soit comme une nouvelle lymphe vitale pour sa communauté, pour son Eglise en Irak et pour toute l'Eglise universelle ».
Ne les oublions pas.