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Lundi 30 avril 2007 1 30 /04 /Avr /2007 10:22

Par La rédaction
Nous présentons ici une lettre qui nous a été envoyée par un de nos lecteurs, Marc. M., que nous remercions de cette contribution. Devant les difficultés de choix que présente ce second tour, son opinion nous a paru justifier cette publication, en parallèle de celles déjà exprimées.

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Au premier tour, aucune difficulté. Si les grands candidats provoquaient les interrogations de la conscience, il n’en était pas de même de certains petits. Au second, c’est une autre affaire puisque les deux candidats restants proposent des programmes qui lui répugnent. Que faire ? S’en tenir à ce seul fait et aller à pêche ou voter blanc ?

Personnellement, cela ne me satisfait pas, pour deux raisons qui n’on rien à voir avec la discussion de la moralité de l’abstention. Deux raisons qui sont de pur fait, sans être des accommodements de conscience.

La première est patente : si les deux candidats présentent des programmes qui comportent des volets immoraux, celui de Madame Royal est incontestablement beaucoup plus pervers, ne serait-ce que parce qu’elle est ouvertement favorable à l’euthanasie, à une réforme de la loi de 2004 sur la recherche sur les embryons, à une reconnaissance complète des unions homosexuelles et de l’adoption par ces couples.

La seconde ne l’est pas moins. Un programme est fait pour être appliqué, certes. Dans les deux cas. Pourtant la perspective de cette application n’est aucunement la même. Madame Royal élue, cette application est certaine, purement et simplement. Pour cette raison que la gauche est acquise à ces projets par idéologie. Par foi progressiste, pourrait-on dire. La sincérité de la candidate, en quelque sorte, est le gage le plus sûr de ce que le pire, avec elle, est probable. Il n’en est pas ainsi de M. Sarkozy. Je n’ai pas confiance en ses sincérités et convictions. Paradoxalement, cette duplicité que je me sens en droit de lui prêter ménage un espace permettant d’espérer raisonnablement que la partie de ses projets contre-nature, plus réduite que celle de sa concurrente, ne sera pas appliquée.

La conjonction de ces deux raisons me porte à voter pour le candidat de droite.

Dans un cas comme dans l’autre, certes, ce n’est pas le président élu qui vote les réformes. Ce sont les majorités parlementaires. Mais dans cette autre perspective, mon appréciation ne varie pas. Nons savons qu’un grand nombre de députés et sénateurs de l’actuelle majorité sont hostiles aux réformes contre-nature contenues dans le projet Sarkozy, tandis que la majorité de gauche est acquise à celles de Mme Royal. Une chose est de flatter l’échine des lobbies homosexuels pour engranger des voix, autre chose est de satisfaire, le moment venu, leurs exigences. C’est vrai aussi dans les deux cas. Ce qui les distingue cependant, c’est encore et toujours que le parti Royal est acquis à la contre-nature par conviction, tandis que le parti Sarkozy, beaucoup plus mélangé sur ces questions, laisse entrevoir de réelles capacités de résistance.

Me dira-t-on que c’est du pragmatisme ? Non. A regarder d’abord le bien de mon pays, qui est la finalité que je dois poursuivre en votant, mon urgence est d’écarter Mme Royal. Il n’y a rien là qui soit immoral. A voter pour M. Sarkozy, c’est premièrement ce que je fais. Est-ce que j’adhère pour autant aux projets contre-nature de ce dernier, comme à une œuvre mauvaise ? Non, ni formellement, ni matériellement. Pour les raisons que je viens de dire, le choix de sa candidature ne contient pas, per se, la certitude de leur application, comme c’est le cas dans le vote socialiste. Il contient en revanche une marge suffisante pour m'y opposer dans la durée.

Je n’ai donc, pour ce qui me concerne, plus d’hésitation : je voterai Sarkozy, avec la conviction que les combats évoqués pendant cette campagne ne font que commencer. Il ne s’agit ici que d’éviter le pire, hélas. Demain, ce ne seront pas des projets globaux qu’il s’agira de discuter, mais des projets précis, sur lesquels je pourrai faire pression en participant à des groupes d’information, en faisant du lobbying, et en faisant pression sur mon député.

Il y a peut-être une part de naïveté dans ma démarche, je suis prêt à le concéder. Je n'ai pas choisi de naître dans une société démocratique. Mais j'y suis, et je suis comptable, à ma place, des progrès que le mal y peut accomplir. L'abstention ne me permettra pas de m'y opposer, tandis que le vote en faveur du candidat de droite ne rend (à mes yeux, et en conscience) rien d'irrémédiable.
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Publié dans : Politique
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