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Mercredi 25 avril 2007 3 25 /04 /Avr /2007 15:55

Par La rédaction

Pères, nous avons besoin de vous !


Individuellement et/ou collectivement (cf., en particulier, Qu'as-tu fait de ton frère) vous avez relayé dans le débat public les valeurs de l'Evangile et les paroles du Saint-Père invitant les catholiques, notamment, à s'opposer à la culture de mort, à défendre la vie de son commencement à sa fin naturelle, et à défendre la famille.

 
Le Saint-Père a, en effet, défini trois principes "non-négociables" pour les catholiques :

1°- La protection de la vie à toutes ses étapes, du premier moment de sa conception jusqu'à sa mort naturelle ;

2°- La reconnaissance et la promotion de la structure naturelle de la famille - comme union entre un homme et une femme fondée sur le mariage - et sa défense contre des tentatives de la  rendre juridiquement équivalente à des formes d'union radicalement différentes qui, en réalité, lui portent préjudice et contribuent à sa déstabilisation, en obscurcissant son caractère spécifique et son rôle social irremplaçable ;

3°- La protection du droit des parents d'éduquer leurs enfants.

 
Ces principes sont fondés sur la nature humaine elle-même. Ils sont donc communs à toute l'humanité. L’Eglise, en assurant leur défense et leur promotion, loin de se borner à mener une action à caractère purement confessionnel, ou de s’immiscer dans un ordre qui ne serait pas le sien, remplit sa mission « d’experte en humanité » et de « gardienne de l’ordre naturel ».

 
Or, il apparaît que dans le débat public et en particulier aujourd'hui, pour le second tour des élections présidentielles, les deux candidats en lice proposent des programmes qui heurtent, à des degrés différents mais qui heurtent tout de même frontalement, l’un et l’autre, ces principes fondamentaux.

 
Apparaissent alors, pour les catholiques laïcs soucieux de concourir à l'action de l'Eglise dans le monde, deux difficultés majeures qu'ils vous demandent de les aider à surmonter.

 
LA PREMIERE DIFFICULTE est de savoir, compte tenu des circonstances présentes, singulières et nouvelles, s'ils peuvent moralement donner leur suffrage à l’un des candidats et selon quelles modalités ils devront se déterminer en conscience.


Peut-on, appliquant la distinction faite par le cardinal J. Ratzinger en juillet 2004 dans son Memorandum aux évêques américains de juillet 2004, considérer que seul un vote comportant une adhésion formelle à l’un des programmes constituerait un acte immoral et que le vote pour un candidat, à seul effet d’exclure l’autre, dont le programme est réputé plus mauvais encore, pourrait être analysé comme une simple coopération matérielle éloignée, justifiée par une raison proportionnée et moralement acceptable ?

 
Doit-on, au contraire, considérer qu’au regard de deux programmes, destinés en principe à être appliqués, qui ne différent sur la violation des exigences éthiques non négociables, que dans leur degré d’engagement dans le mal, le catholique doit refuser tout « compromis sur ces valeurs humaines essentielles », fût-il présenté comme « l’inévitable acceptation d’un prétendu moindre mal » (Benoît XVI, Discours pour les 50 ans de  l’Union européenne), dès lors que « la conscience chrétienne bien formée ne permet à personne de favoriser par son vote la mise en acte d’une loi ou d’un programme politique, dans lequel les contenus fondamentaux de la foi et de la morale sont détruits par la présence de propositions qui leur sont alternatives ou opposées » (Note doctrinale concernant certaines questions sur l’engagement et le comportement des catholiques dans la vie politique, 24 nov. 2002, n. 4) ?

 
LA SECONDE DIFFICULTE est le corollaire de la première. Elle consiste à donner un sens politiquement significatif au vote réservé ou à l'abstention éventuelle des chrétiens.


A supposer que vous jugiez que le vote est possible, il ne paraît pas possible de laisser ignorer aux candidats qui en seraient bénéficiaires que le vote des chrétiens n’a pu se porter sur eux que sous la réserve explicite du respect des valeurs non-négociables, sans adhésion aux projets qui les violent. Sinon, ce vote viendra se diluer dans l’ensemble des votes apportant leur adhésion à ces projets et donnera au candidat finalement élu l’illusion que son électorat lui a donné tout entier mission de les appliquer.

 
A supposer, au contraire, que vous jugiez légitime l’objection de conscience chrétienne, les fidèles ont besoin de connaître cette légitimité, soit qu’elle doive s’exprimer par une abstention pure et simple, soit qu’elle doive s’exprimer par un vote blanc, sans pour autant renoncer à l’engagement politique par d’autres voies. Là encore, il est important, au regard des enjeux éthiques considérables qui sont en cause, que les candidats connaissent la possibilité et le sens de cette objection de conscience, afin qu’ils en prennent la mesure, avant le vote final, et qu’elle ne soit pas diluée, après ce vote, dans la comptabilisation des désabusés de la politique.


Dans un cas comme dans l’autre, vous êtes véritablement LES SEULS qui soyez en mesure, par votre autorité et votre position, de donner publiquement, entre ces deux tours, une lisibilité politique à ces choix nécessaires.

 
Il ne s'agit pas d'appeler à voter pour Untel plutôt que pour Untel, ni de suggérer que l’Eglise serait du côté de celui-ci contre celui-là, mais de donner des orientations claires aux fidèles. Même si ces derniers sont appelés à agir dans leur sphère propre, par l’exercice de leur prudence personnelle, le vote ne laisse pas d’être un acte moral réclamant une conscience éclairée. Par qui pourra-t-elle l’être en l’occurrence, sinon par vous, Pasteurs du troupeau ? Depuis des années, l’Eglise ne cesse, à temps et à contre temps, et avec succès, de plaider partout dans le monde la cause de l’homme, sans se laisser arrêter par les intérêts propres des groupes ou des nations, parce que la vérité du message évangélique les transcende tous et ne peut être réduite à aucun d’eux. Faites-nous la miséricorde de cette même charité en ces circonstances délicates où la conscience de beaucoup est troublée.


Même pour des incroyants, cette parole serait un signe éclairant, parce que chaque homme de bonne volonté est aujourd’hui en quête de repères éthiques. Pour les fidèles des autres religions, avec lesquels des déclarations communes ont été précédemment faites, cette parole manifesterait aussi un engagement courageux auquel ils sont tous intéressés. 

 
Vos fils respectueux dans le Christ ressuscité.

 

Nous invitons nos lecteurs qui seraient intéressés par cette démarche, à la faire connaître largement autour d'eux, et, naturellement, à la faire connaître en premier lieu à leur propre évêque. Avec tous nos remerciements anticipés.

Hermas.info


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Publié dans : Politique
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Commentaires

Super ! J'y souscris de tout coeur et vous souhaite bon succès dans cette démarche, pour le bien de tous !
Commentaire n°1 posté par Pierre de V. le 25/04/2007 à 21h32

l'objection de conscience s'impose comme seule réponse aux violations de la dignité humaine que sont prêts à assumer les deux candidats restants.


non possomus! mais cela doit s'accompagner d'un effort d'engagement concrêt de notre part en politique/liste aux municipales/relais et soutien aux élus courageurx/...voyez comme ils s'aimennt dans nos quartiers...


 


 

Commentaire n°2 posté par anthelene le 26/04/2007 à 12h04
il y a mille manières d'agir dans la politique, dans la société, avec des associations, auprès des personnes âhgées, en travaillant auprès des élus. Ne focalisons pas tout sur une élection de président. L'abstention ? Bel hommage de notre loyauté. Pourquoi pas? C'est aux législatives que tout va vraiment se jouer. En tout cas, c'est bien de demander aux évêques d'intervenir. On  ne voit pas qui, à part, eux, peuvent trancher la question.
Commentaire n°3 posté par Grégoire le 26/04/2007 à 21h04
l\\\'abstention me paraît être la seule réponse responsable dans la situation. Jusqu\\\'où être prêt à aller, de concession en concession ?
Commentaire n°4 posté par crocodile le 27/04/2007 à 16h38
C'est un sacré débat que nous servez là ! Je trouve super que les cathos retrouvent leur fierté dans la vie politique et qu'ils se sentent unis à leurs évêques pour faire avancer les choses.

merci beaucoup pour cette initiative, qu'on aimerait mieux relayée !

En Christ !
Commentaire n°5 posté par Joël le 27/04/2007 à 16h47
Oui, je relaye cet appel qui apparait essentiel. Entre deux choix insatisfaisants, on a besoin des évêques, pas pour un discours abstrait et frileux, mais pour dire ce qui est acceptable, vu l'ensemble des programmes et de la situation de la France, ou pas et s'ils comptent , moralement, soutenir le moins pire ou s'abstenir.

Ensuite, on a plus que jamais besoin de s'organiser en lobby : nous représentons des préoccupations majoritaires, contrairement aux lobbies ultra minoritaires que les politiques tentent de flatter par des mesures démagos et dangereuses !  Utilisons ce poids politique important, avec leurs méthodes, pour enfin nous faire entendre et cesser d'être occultés, même quand ce n'est pas politiquement correcte.
Commentaire n°6 posté par Fab. le 27/04/2007 à 16h50
C'est très bien, mais ils ne répondront pas : ils ne se mobilisent jamais sur des questions politiques. Malheureusement !
Commentaire n°7 posté par Bobobo le 27/04/2007 à 16h51
Bravo pour l'appel, car c'est vrai qu'aujourd'hui j'hésite, en conscience, alors même que j'ai voté Sarko au 1er tour, faute d'avoir pensé à cela avant. Cordialement.
Commentaire n°8 posté par fafa2 le 27/04/2007 à 16h53
Un bémol aux commentaires que je lis. Je pense quand même qu'entre deux maux il faut choisir le moindre : la vision de la société de Royal est aux antipodes de nos valeurs, qui sont quand même mieux représentées chez Sarkozy ! Donc je voterai pour lui, étant entendu qu'il faut faire pression pour qu'aucune loi ne passe sur les beaux-parents ou le CUC... D'autant que je pense qu'une majorité UMP est beaucoup plus sensible à nos principes qu'une majorité de gauche (voir les signatures de parlementaires de la pétition de libertepolitique.com).

Alors je voterai Sarko, sous condition et en restant mobilisé.
Commentaire n°9 posté par Pierre le 27/04/2007 à 16h56
Pierre, je crois que tu te berces d'illusions. Tu vois, pour moi la gauche est souvent corrompue par conviction, c'est pour ça que je vote à droite. Mais la droite l'est souvent par intérêt. L'avortement, c'est pas la gauche qui l'a fait passer, et c'est une de lois les plus calamiteuses depuis 30 ans ! Là on est vraiment très embêtés. On a bien besoin de l'avis de nos évêques.
Commentaire n°10 posté par Chloé le 27/04/2007 à 17h08

La question du vote au second tour est un cas de conscience. Je suis favorable au vote blanc, mais je suis écartelé ! En tout cas il me semble indispensable d'agir dès maintenant dans plusieurs directions, en utilisant ce formidable relais qu'est Internet, qui libère notre expression :


1- Relayer auprès de nos évêques cette adresse. Que chacun le fasse auprès du sien, ce n'est pas difficile, cela prend 5 minutes. Et l'essentiel n'est pas le poids (négligeable) du vote blanc mais que nos pasteurs s'expriment ! Mgr Brincard (comme par hasard !) vient de le faire sur le site de son diocèse.


2- Mobiliser nos élus, nos paroisses, nos familles et amis, nos groupes de réflexion, nos groupes scouts, nos associations familiales (je suis président d'une AFC et je viens d'écrire au président de la confédération en ce sens) pour préparer dès maintenant une action forte, organisée, médiatisée et relayée, qui se terminera sans doute dans la rue à l'automne, pour nous opposer au CUC. La loi Veil n'est passée qu'en raison de l'indifférence générale des catholiques. Ne recommençons pas. Tout cela ne s'improvise pas sur une table de bistrot, il faut être professionnel et nous entourer des gens qui savent faire. Nos associations, la "cathosphère" possède ces moyens. Pas en septembre ! dès maintenant. Là encore, écrivez !


3- aller chercher un par un tous les élus favorables à la défense de la vie et les présidents d'associations catholiques pour constituer enfin un mouvement transversal, supra partisan, regroupant tous les hommes de bonne volonté capables de dépasser les clivages politiques et de sortir du politiquement correct en vertu duquel un membre de l'UMP ne se commet pas avec un membre du FN. C'est eux qui connaissent les rouages de l'administration, des ministères et du parlement. Pas nous ! C'est à eux d'agir et de nous entraîner derrière eux.


Gardons l'espérance ! Nous savons que, spirituellement  nous avons gagné. Mais ne baissons pas les bras en ce bas monde !

Commentaire n°11 posté par Edouard le 27/04/2007 à 18h26
Edouard, vous avez raison. Il faut agir, se retrousser les manches, s'engager.

Et puis il ne faut pas voir nos évêques comme des adversaires ou des peureux. Ils ont leurs responsabilités, pas faciles. La cathophobie, ce n'est pas une illusion. Alors il faut plutôt les aider, comme des enfants aident leurs parents, ou des frères des frères. Ils ne demandent qu'à remplir leur mission de servir et c'est tant mieux si Mgr Brincard prend la parole, et tant mieux c'est votre blog l'a aidé. L'Eglise c'est aussi un tissu de solidarité, une communion dans l'universel, tendue vers une même fin.

Votre démarche est un service dans l'Eglise. Un vibrant merci pour tous !!!
Commentaire n°12 posté par Emilien le 27/04/2007 à 20h52
petit avis perso, je crois que le billet de mons. Brincard est d'avant le premier tour...
Commentaire n°13 posté par ZOp le 27/04/2007 à 21h16

Bravo pour votre initiative.


Oui, nous avons un besoin urgent d'entendre une parole forte pour former notre conscience afin d'agir dimanche en pleine liberté, la liberté des enfants de Dieu qui consiste à choisir ce qui est bien.

Commentaire n°14 posté par JP le 04/05/2007 à 08h55
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