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Mercredi 25 avril 2007 3 25 /04 /2007 14:46

Par La rédaction

    A comparer les programmes des candidats au second tour de l'élection présidentielle, je constate que, concernant les trois principes non-négociables (respect de la vie du début à la fin, protection de la famille, liberté pour les parents d'éduquer leurs enfants), celui de Nicolas Sarkozy est le plus proche de ces préoccupations (cf. comparatif en matière de bioéthique établi par l'alliance pour le droit de la vie ; cf. comparatif Hermas sur la famille...), refusant l'euthanasie, la mariage et l'adoption homosexuels, préconisant le financement de recherches sur les cellules souches adultes... à la différence de Ségolène Royal, qui légitime l'euthanasie, prône l'allongement du délai d'IVG et une modification de la loi bioéthique, notamment pour permettre l'assistance à la procréation aux couples de femmes (ce qui, soit dit en passant, constitue une inadmissible discrimination envers les couples masculins !), laissant ainsi présager  de dérives plus dangereuses encore en matière de recherches embryonnaires et de clônage.

    Mais aujourd'hui, après que la campagne présidentielle a largement permis aux candidats de s'exprimer et même peut-être de se laisser aller, pour séduire et rassembler, je ne suis toujours pas certain de devoir voter Sarkozy. Voici quelques unes des raisons de mes doutes.

    M. Sarkozy entend défendre le mariage et la famille. Il affirme ainsi, et l'on ne peut que s'en réjouir : "Je veux que le mariage protège la filiation et le cadre naturel de la famille. Pour cette raison, je n'ouvrirai pas le mariage, ni l'adoption aux couples de même sexe." Pourtant, il prône un nouveau contrat d'union civile donnant aux couples homosexuels les mêmes droits qu'aux familles, en reconnaissant aux homosexuels "les mêmes droits
aux couples de même sexe qu'aux couples mariés, à l'exception de la filiation et de l'adoption". Par là-même, s'opère une assimilation progressive de la famille et du couple homosexuel, contrairement à ce qui est affirmé.

Pourquoi ne pas simplement maintenir le PACS, qui garantit déjà l'égalité patrimoniale ? Pourquoi un nouveau contrat signé en mairie, sinon pour l'identification progressive de l'union homosexuelle au mariage ?
Simplement parce que le lieu de conclusion est plus chatoyant ? "J'ai proposé un contrat d'union civile, avec une cérémonie (...) en mairie, ce qui est quand même autre chose que le PACS au greffe sinistre du Tribunal d'instance, puisque comme vous le savez, peut-être êtes-vous pacsé, le PACS est un papier qu'on signe pas du tout en mairie, au greffe du Tribunal d'Instance" dit-il lui-même d'ailleurs. Tout est dans le symbole d'une institution que l'on déboulonne, pour complaire à une minorité d'activistes (qui ne votera d'ailleurs pas à droite en grande majorité). On sait pourtant qu'une fois ce "CUC" obtenu, ces derniers ne cesseront pas de demander le mariage et le droit à l'adoption, qui sera alors l'étape suivante, nécessaire, de ce pas à pas auquel le candidat UMP prête ainsi activement la main. C'est oublier, est-ce par clientélisme ou par "branchitude", que ces droits ont été accordés aux familles parce qu'elles présentent un intérêt vital pour la société et le bien commun : mettre au monde et accueillir les enfants, les élever et assurer une stabilité sociale. Les couples homosexuels ne sont qu'une société particulière d'intérêt patrimonial avec un affectio societatis affectif, ce qui ne justifie objectivement aucun traitement privilégié par la société.

   De la même façon, M. Sarkozy
veut reconnaître "la réalité des liens affectifs qui peuvent se créer entre un enfant et le conjoint de son parent biologique, par la création d'un statut du beau-parent. Ce statut permettra de reconnaître des droits et des devoirs aux adultes qui élèvent dans le désintéressement, la générosité, la tendresse, des enfants qui ne sont pas les leurs. Ce statut sera applicable aux couples de même sexe, mais aussi aux familles recomposées."

   Ici encore, les propositions de Monsieur Sarkozy heurtent de front son respect affiché de la famille : refuser l'adoption par des couples homosexuels et donner des droits de nature parentale au concubin de même sexe, fleure bon l'hypocrisie... En outre, donner à des tiers des droits sur un enfant est à la fois illégitime, car les parents ont seuls le droit et le devoir de l'éduquer et de l'élever, et dangereux. Où s'arrêter ? Une "nounou" peut avoir d'importants liens affectifs avec l'enfant. Faut-il pour autant lui donner des droits sur lui ? Et que faire en cas de séparation ? Comment peut-il être admissible par un père qu'un tiers ait des droits sur son propre enfant au prétexte que sa mère se trouve actuellement avec un autre ? Surtout, c'est un élément supplémentaire de démembrement de la famille et d'atomisation sociale, à un moment où l'on constate les profonds ravages sociaux, psychologiques et éducatifs de la désintégration de la famille traditionnelle : l'éliminer progressivement, en donnant des conséquences juridiques à l'instabilité ne résoudra pas ce problème et ne fera qu'en créer de nouveaux.

    Les électeurs ont malheureusement les yeux ailleurs et c'est regrettable. Il est pourtant certain que ni les électeurs de droite, ni les élus de droite, dans leur grande majorité, n'approuvent les propositions litigieuses de M. Sarkozy. Certes, on peut toujours se dire que ces projets sont seulement racoleurs et miser, pour la suite, sur une possible opposition parlementaire en cas de présentation desdits projets au Parlement...  Mais il y a tout lieu de craindre qu'entre M. Sarkozy et Mme Royal, soit par clientélisme, soit par conviction, n'existe dans leurs programmes respectifs qu'une différence de vocabulaire ou d'approche et qu'en toute hypothèse la famille soit directement menacée dans les deux cas. La famille, et donc la société tout entière. On ne voit donc plus, à l'examen, de "raison" de voter Sarkozy, alors même que l'on serait "de droite"... et c'est d'ailleurs, semble-t-il, ce que bien des chrétiens sont en train de se dire (cf. par exemple, Ici).

   
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