Les Catéchèses d'Hermas
Lors de son voyage en Chine, Ségolène Royal a proposé à notre méditation ce proverbe chinois, ainsi traduit : « Un Chinois qui ne vient pas sur
Est-ce véritablement un proverbe chinois ? Seul pourrait le dire quelque connaisseur. Pour nous, fort peu éclairés en la matière, il ne restera qu’un mot comme un autre, du style : « Qui n’a pas mangé de la tarte tatin chez Gustave ne sait pas ce que c’est que de vivre ». Sauf qu’en l’occurrence, le bon mot se termine par un vilain mot. Un peu comme si l’on disait : « Qui n’a pas mangé de la tarte tatin chez Gustave ne sait pas ce que c’est que de vivaturer ». Autant le dire tout de go, ça fait cucu.
Mais voilà pourtant que le mot, dégagé de sa maladresse écolière, devient un mot politique. On s’en gausse ici, on le défend là. Car les choses sont ainsi faites en ce pays que tout est enjeu. Votre gamin de douze ans dirait cela que vous en ririez, tout simplement, pour relever l’étourderie. Et votre enfant, évidemment, la corrigerait. Et l'affaire serait terminée.
A force de le chercher, on le trouve. Naturellement, c’est à M. Lang que l’on doit ce progrès de la pensée. L’homme, qui a d’autant plus d’autorité sur la question qu’il a été ministre de la culture, s’est dit « un peu envieux » [le « un peu » est une coquetterie, bien sûr] de cette invention. « J'aurais aimé inventer ce beau mot (…) qui exprime la plénitude d'un sentiment de bravoure ». Et de nous expliquer que « l'inventivité sémantique fait partie de la capacité d'un candidat à parler une autre langue que la langue de bois ». Ah, que nous voilà rassurés ! Il suffit d’ailleurs de se reporter aux glorieuses pages de
Le mot de la fin revient pourtant à l'enfance. Entendant ce «beau mot», mon fils me demande: «Dis, Papa, cette dame n'est pas allée à l'école ?» Si, si, cher enfant ! Comment lui expliquer, à l'aube de sa vie, ce que de simples petits mots de ce genre peuvent traduire de vacuité chez ceux qui entendent gouverner son destin ?
