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Mardi 12 mai 2009 2 12 /05 /2009 06:45

Par Trad. P. Gabarra
CH III.– LE BIEN COMMUN, LOI SUPREME ET PRINCIPE SPECIFICATEUR DE LA SOCIETE PARFAITE (suite)

1. La société est nécessaire au bien de l’homme (suite)

A.- Jusqu’où va la philosophie : la société, à laquelle l’homme est naturellement incliné, est nécessaire au développement de sa personnalité et à l’obtention de son bonheur naturel (suite)


b] De tous temps, et en tous lieux, les hommes ont formé des sociétés organisées

Deuxième raison.- Quand une chose se produit toujours et partout, c’est le signe évident qu’elle répond à une inclination et à une loi naturelle. Ce qui est violent, contre nature, est toujours rare ; en revanche, ce qui est naturel a lieu toujours, ou presque toujours, et les cas isolés, qui se produisent ici ou là, ne font que confirmer la règle commune. Il est naturel que la graine convenablement semée et cultivée dans une terre fertile germe, se développe et fructifie, même s’il arrive, en raison d’empêchements particuliers, que des graines ne germent pas, que des tiges ne se développent pas ou que des épis ne mûrissent pas ou se perdent.

Or l’ethnologie et l’histoire nous montrent que l’homme, de tous temps et sous toutes les latitudes, a formé des noyaux compacts et suffisamment développés pour constituer une société civile parfaite, avec leurs lois ou leurs coutumes, ainsi qu’avec une autorité qui leur correspondait. Il n’était pas nécessaire pour cela que les individus qui les composaient fussent des millions, ou seulement même des milliers. Il suffit qu’ils aient constitué ce que le langage classique appelle une cité : une polis pour les grecs, une civitas pour les romains. Le concept et la réalité ne répondent pas à un critère mathématique. Ils admettent une infinité de formes et de degrés.

c) L’homme isolé est dans un état d’indigence corporelle et spirituelle

Troisième raison.- Celle-ci se déduit des conditions de l’humanité dans l’état présent de la nature déchue.

♦ Les faiblesses corporelles de l’enfance, les maladies de la vieillesse, les infirmités de toutes sortes qui accompagnent l’homme à tout âge, rendent nécessaires l’association des uns et des autres, afin qu’ils s’aident mutuellement.

Les tout-petits ont besoin de leurs père et mère ; les grands-parents de leurs enfants ; les petits frères ont besoin de leurs aînés, et les malades des gens sains. Il ne peut être pourvu aux nécessités et aux infirmités corporelles par les seuls recours et la seule compétence de la famille. Une infinité de maux ne peuvent trouver remède qu’en dehors d’elle. Des remèdes plus scientifiques sont nécessaires, des cliniques bien équipées. L’hygiène, la chirurgie, ont dû sortir du champ et de la pauvreté familiale pour pouvoir secourir efficacement l’humanité souffrante par des concours et des compétences que seule pouvait procurer la cité, la société parfaite.

S’y ajoutent les services d’éclairage, de chauffage, d’alimentation, de vêtement, de voies de communication, de moyens de transport, de santé, dont le coût très élevé ne peut être assuré que par une société parfaite. La suppression de tous ces services rendrait la vie impossible, insupportable. Si de simples restrictions de lumière ou d’eau occasionnent tant de désagréments et tant de protestations, que l’on songe à ce que serait leur privation totale et celle des autres services.

(à suivre)
Traduction © hermas
L'intégralité de la traduction en cours peut-être consultée sur http://hermas.fr.nf

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