Communautés

Jeudi 19 mars 2009 4 19 /03 /2009 09:34

I- (ZENIT.org) - Le pape Benoît XVI a demandé les soins gratuits pour les malades du sida dès son arrivée à l'aéroport de Yaoundé au Cameroun, mardi après midi. Un appel qui a reçu très peu d'écho. Il appelle les Africains à la responsabilité dans la lutte contre le sida. Les médias ont passé sous silence ce passage de sa conférence de presse dans l'avion de Rome à Yaoundé. Le pape fait également allusion à l'engagement de l'Eglise auprès des malades : quelque 25 % des structures qui les accueillent sont catholiques. Il cite l'engagement de la communauté de Sant'Egidio - une allusion au projet « DREAM », sigle anglais pour « « Amélioration des ressources en médicaments pour lutter contre le Sida et la malnutrition » par exemple au Malawi - et des religieux de Saint-Camille de Lellis, ou des religieuses (les Missionnaires de la Charité par exemple).

 

Mais ce que la presse a retenu, ce sont des propos prêtés au pape. Nous publions ci-dessous le texte intégral de la déclaration.


Voici la question du journaliste et la réponse de Benoît XVI, dans son contexte.

"Question - Votre Sainteté, parmi les nombreux maux qui affligent l'Afrique, il y a également en particulier celui de la diffusion du sida. La position de l'Eglise catholique sur la façon de lutter contre celui-ci est souvent considérée comme n'étant pas réaliste et efficace. Affronterez-vous ce thème au cours du voyage ?

Benoît XVI -  Je dirais le contraire : je pense que la réalité la plus efficace, la plus présente sur le front de la lutte contre le sida est précisément l'Eglise catholique, avec ses mouvements, avec ses différentes réalités. Je pense à la Communauté de Sant'Egidio qui accomplit tant, de manière visible et aussi invisible, pour la lutte contre le sida, aux Camilliens, à toutes les religieuses qui sont à la disposition des malades... Je dirais qu'on ne peut pas surmonter ce problème du sida uniquement avec des slogans publicitaires. Si on n'y met pas l'âme, si on n'aide pas les Africains, on ne peut pas résoudre ce fléau par la distribution de préservatifs : au contraire, le risque est d'augmenter le problème. La solution ne peut se trouver que dans un double engagement : le premier, une humanisation de la sexualité, c'est-à-dire un renouveau spirituel et humain qui apporte avec soi une nouvelle manière de se comporter l'un avec l'autre, et le deuxième, une véritable amitié également et surtout pour les personnes qui souffrent, la disponibilité, même au prix de sacrifices, de renoncements  personnels, à être proches de ceux qui souffrent. Tels sont les facteurs qui aident et qui conduisent à des progrès visibles. Je dirais donc cette double force de renouveler l'homme intérieurement, de donner une force spirituelle et humaine pour un juste comportement à l'égard de son propre corps et de celui de l'autre, et cette capacité de souffrir avec ceux qui souffrent, de rester présents dans les situations d'épreuve. Il me semble que c'est la juste réponse, et c'est ce que fait l'Eglise, offrant ainsi une contribution très grande et importante. Nous remercions tous ceux qui le font."


II- On se permettra trois observations.


1°) La polémique est ainsi partie, une fois de plus, d'une phrase tirée de son contexte de manière mal intentionnée.


2°) Il est toujours particulièrement choquant de voir que certains considèrent que l'Afrique ne serait pas capable, contrairement à l'occident, de mettre en oeuvre des programmes d'éducation ou d'humanisation faisant appel non pas seulement à la technique mais aussi à l'intelligence. Comme l'a dit hier Mgr Sarr, archevêque de Dakar, les concepts de fidelité et d'abstinence ont beaucoup de sens en Afrique et peut-être même plus qu'en Europe aujourd'hui. Et d'ailleurs, l'opinion exprimée par le Pape est également celle de responsables africains sérieux, comme le président burkinabé, Blaise Compaoré, dont le pays n'est pas dans le peloton de tête de la prévalence.


3°) Il est manifeste que les idolâtres arrogant du "tout préservatif" ne connaissent pas l'Afrique et la pauvreté qui touchent nombre de ses enfants. Le préservatif ne peut pas être la seule réponse, ni une réponse suffisante au SIDA en Afrique, pas plus qu'il ne l'a été en France. L'éducation sexuelle et la responsabilisation est indispensable, même simplement à titre complémentaire, car celui qui a une vie sexuelle désordonnée aura des rapports non-protégés s'il n'en a pas sous la main au moment idoine ; car en Afrique, les préservatifs ne sont ni également, ni universellement distribués, ce qui n'est pas surprenant sur un continent où l'eau et la nourriture ne le sont pas non plus ; car en Afrique on vend des préservatifs contrefaits ou usagés sur les marchés ; car il arrive que les copains se repassent des préservatifs ou qu'on en réutilisent des usagés... Alors, non, le préservatif n'est pas la solution miracle, l'éducation et la responsabilisation étant indispensable (qui elles d'ailleurs permettent à terme de se passer du préservatif, alors que l'inverse n'est pas vrai on l'a vu). La polémique marque en tenant l'occidentalo-centrisme aveuglant de ses auteurs.

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Publié dans : Préservatif et sida - Communauté : Catholique - Partager    
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