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Mercredi 11 février 2009 3 11 /02 /2009 07:16

Par Pierre Gabarra
CHAPITRE I – VERS UNE APPROCHE COMPLETE DU BIEN COMMUN


Il est de la plus haute importance, dans les sciences comme dans les arts, de saisir exactement leurs objets respectifs pour les apprécier à leur juste valeur.

Il m’a été demandé d’exposer la doctrine politique de saint Thomas, non la mienne, ni celle d’un autre. Or, pour comprendre la doctrine d’un auteur, il faut se placer selon son propre point de vue, entrer dans sa propre mentalité jusqu’à être en mesure, en quelque sorte, de voir et d’examiner le fil de sa pensée par ses propres yeux. Personne mieux que lui-même ne sait ce qu’il dit, ni ce qu’il veut dire. La critique de cette pensée est autre chose. Qu’il s’agisse de l’approuver ou de la contredire, il faut d’abord l’avoir bien comprise.

Quel est donc le point de vue, l’angle de vision de saint Thomas dans sa doctrine politique ? Lui-même nous l’indique explicitement au début de son œuvre politique principale, le de Regno : il s’agit des points de vue théologique, philosophique, historique et expérimental, ces derniers étant illustrés par les exemples des bons gouvernants (1). Saint Thomas ne va pas, cependant, jusqu’à s’intéresser à des cas particuliers ni à des ordonnancements juridiques concrets d’un régime légitime quelconque. Pour cela, il lui aurait fallu vivre la politique en y prenant une part active, ce qui ne convenait pas à son état clérical, et moins encore à son état religieux.

Son tempérament et sa mission providentielle le portaient vers les grands principes régulateurs de la politique et des sciences philosophiques et théologiques. Son âme n’était pas faite pour la “petite” politique quotidienne.

Ses points de vue, qui viennent d’être évoqués, sont essentiellement subordonnés et complémentaires, ainsi que l’exige la nature même de la question soumise à son examen.
(à suivre)

traduction hermas.info ©

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(1) « (...) d'après l'autorité de la sainte Ecriture, l'opinion des philosophes et l'exemple des princes les plus loués » [« Secundum scripturae divinae auctoritatem, philosophorum dogmata et exempla laudatorum principum »] (Du gouvernement royal, L. I, Dédicace au roi de Chypre, p. 25). Nous suivrons, pour la traduction du De regno, la traduction de l'abbé Poupon, (1923), préfacée par le P. R. Garrigou-Lagrange, o.p., qui a été rééditée par les éditions saint-Rémi.
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Publié dans : Le bien commun (S. Ramirez) - Communauté : Catholique - Partager    
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