Mardi 10 février 2009
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Par Mgr J. Masson
ADAM... Le Nouvel ADAM
En cette année où nous célébrons le bimillénaire de la naissance de Saint Paul, mettons-nous à l'écoute de qu'il écrit : Saint Paul oppose Adam, au Christ, le premier Adam au
dernier Adam, au « Nouvel Adam » ; l'un source de la mort, l'autre source de la Vie
Romains 5
12. Voilà pourquoi, de même que par un seul homme le péché est entré dans le monde, et par le péché la mort, et qu'ainsi la mort a passé en tous les hommes, du fait que tous
ont péché -;...
15. Mais il n'en va pas du don comme de la faute. Si, par la faute d'un seul, la multitude est morte, combien plus la grâce de Dieu et le don conféré par la grâce d'un seul
homme, Jésus Christ, se sont-ils répandus à profusion sur la multitude.
Et de même dans la Lettre aux Corinthiens
1 Corinthiens
21. Car, la mort étant venue par un homme, c'est par un homme aussi que vient la résurrection des morts
22. De même en effet que tous meurent en Adam, ainsi tous revivront dans le Christ.
45. C'est ainsi qu'il est écrit : le premier homme, Adam, a été fait âme vivante ; le dernier Adam, esprit vivifiant.
Adam... le Christ : Adam... le Nouvel Adam.
Les relations entre Adam et le Christ, et la doctrine de saint Paul (Benoît XVI, audience du 3 décembre 2008) :
« Dans la catéchèse d'aujourd'hui, nous nous arrêterons sur les relations entre Adam et le Christ, dont parle saint Paul dans la célèbre page de la Lettre aux Romains (5, 12-21), dans laquelle il
remet à l'Eglise les lignes essentielles de la doctrine sur le péché originel. En vérité, dans la première Lettre aux Corinthiens, en traitant de la foi dans la résurrection, Paul avait déjà
présenté la confrontation entre notre ancêtre et le Christ: "En effet, c'est en Adam que meurent tous les hommes; c'est dans le Christ que tous revivront... Le premier Adam était un être
humain qui avait reçu la vie; le dernier Adam - le Christ - est devenu l'être spirituel qui donne la vie" (1 Co 15, 22.45). Avec Rm 5, 12-21 la confrontation entre le Christ et Adam devient plus
articulée et éclairante: Paul parcourt l'histoire du salut, d'Adam à la Loi et de celle-ci au Christ. Ce n'est pas tellement Adam, avec les conséquences du péché sur l'humanité, qui se
trouve au centre de la scène, mais Jésus Christ et la grâce qui, à travers Lui, a été déversée en abondance sur l'humanité. La répétition du "beaucoup plus" concernant le Christ souligne que le
don reçu en Lui dépasse, de beaucoup, le péché d'Adam et les conséquences qu'il produit sur l'humanité, de sorte que Paul peut parvenir à la conclusion: "Mais là où le péché s'était
multiplié, la grâce a surabondé" (Rm 5, 20). La comparaison que Paul effectue entre Adam et le Christ met donc en lumière l'infériorité du premier homme par rapport à la prééminence du
deuxième.
« Le mal demeure mystérieux. On l'a représenté dans de grandes images, comme le fait le chapitre 3 de la Genèse, avec cette vision des deux arbres, du serpent, de l'homme pécheur. Une grande
image qui nous fait deviner, mais ne peut pas expliquer ce qui est en soi illogique. Nous pouvons deviner, pas expliquer; nous ne pouvons pas même le raconter comme un fait détaché d'un autre,
parce que c'est une réalité plus profonde. Cela demeure un mystère d'obscurité, de nuit. Mais un mystère de lumière vient immédiatement s'y ajouter. Le mal vient d'une source subordonnée. Dieu
avec sa lumière est plus fort. Et c'est pourquoi le mal peut être surmonté. C'est pourquoi la créature, l'homme peut être guéri... A la source constante du mal, il [Dieu] a opposé une
source de bien pur. Le Christ crucifié et ressuscité, nouvel Adam, oppose au fleuve sale du mal un fleuve de lumière. Et ce fleuve est présent dans l'histoire: nous voyons les saints, les
grands saints, mais aussi les saints humbles, les simples fidèles. Nous voyons que le fleuve de lumière qui vient du Christ est présent, il est fort ».
Mais, si la compagne d'Adam, Eve, était la « Mère de tous les vivants »... condamnés à la port, le Nouvel Adam nous est donné par Marie, la Femme dont parlait la Genèse. La
Femme qui se trouve au pied de la Croix, et que le Nouvel Adam donne comme Mère à Jean, et à toute l'humanité, est la Mère qui donne la Vie... l'antithèse d'Eve. Maire est ainsi devenue dans la
Tradition chrétienne LA NOUVELEL EVE.
EVE ... LA NOUVELLE EVE
La nouvelle Eve et le nouvel Adam, Marie et Jésus, réparent la désobéissance de la première Eve et du nouvel Adam. Mais il faut exprimer ce mystère en respectant le fait que Marie est relative au
Christ.
Dès l'aube de l'Evangile, l'obéissance de Marie lors de l'Annonciation est toute relative à l'obéissance de Jésus à son Père.
En reprenant saint Irénée, l'obéissance maternelle de la Nouvelle Eve, "de manière à porter Dieu en obéissant à sa parole, est toute relative à l'obéissance filiale du Nouvel Adam, obéissance au
Père "jusqu'à la mort et la mort de la Croix" (cf. Phil 2,8). (Saint Irénée Adversus Haereses V, 19, 1.Marie est par son obéissance "cause de salut pour elle-même et pour tout le genre
humain" (Adversus Haereses III, 22, 4, texte cité par Vatican II, LG 56).
On peut rappeler ici les paroles de Vatican II:
« La Bienheureuse Vierge avança dans son pèlerinage de foi, gardant fidèlement l'union avec son Fils jusqu'à la Croix où, non sans un dessein divin, elle était debout, souffrant cruellement avec
son Fils unique, associée d'un cœur maternel à son sacrifice, donnant à l'immolation de la victime, née de sa chair, le consentement de son amour. » (Vatican II, Lumen Gentium 58)
Ce texte a été longuement repris par Jean-Paul II (Redemptoris Mater § 14). Il développe alors la comparaison entre Marie et Abraham.
Jean-Paul II a aussi ressaisi l'enseignement de saint Louis-Marie de Montfort sur la "présence mystérieuse de la Croix" au premier instant de l'Incarnation:
« Marie est également la Nouvelle Eve, associée au Nouvel Adam dans l'obéissance qui répare la désobéissance originelle de l'homme et de la femm. A travers cette
obéissance, le Fils de Dieu entre dans le monde. La Croix elle-même est déjà mystérieusement présente à l'instant de l'Incarnation, au moment de la conception de Jésus dans le sein de Marie. En
effet, l'ecce venio de la Lettre aux Hébreux (cf. He 10, 5-9) est l'acte d'obéissance primordial du Fils au Père, c'est déjà l'acceptation de son Sacrifice rédempteur lorsqu'il entre
dans le monde" (Jean-Paul II, Lettre aux Familles Monfortaines § 4)
A propos de l'obéissance du Nouvel Adam et de la Nouvelle Eve, il convient de rappeler le grand principe si bien formulé par saint Louis-Marie: "Ce que je dis absolument de Jésus-Christ, je le
dis relativement de la Sainte Vierge". Tel est le sens de la précision apportée par Jean Paul II :
« Entre l'obéissance du Christ et l'obéissance de Marie, il existe bien sûr une asymétrie déterminée par la différence ontologique entre la Personne divine du Fils et la personne humaine de
Marie, d'où découle également l'exclusivité de l'efficacité salvifique originelle de l'obéissance du Christ, de laquelle la Mère elle-même a reçu la grâce de pouvoir obéir de façon totale à Dieu
et de collaborer ainsi à la mission de son Fils. » (Jean Paul II, Lettre aux Familles Monfortaines § 6)
Mgr Masson