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Jeudi 11 décembre 2008 4 11 /12 /2008 11:38

Nous avons reçu plusieurs messages à propos de la question du travail le dimanche, qui méritent une courte observation.

 

Elles mettent le doigt – en particulier celle de Michel – sur ce qui constitue, probablement, l'essentiel du débat. Comme nous l'avons relevé contre notamment M. Devedjian, qui paraît l'ignorer, la loi française sur le repos dominical est une loi républicaine. Il n'empêche que, comme beaucoup d'éléments de notre droit, ou de notre vie sociale, de notre culture, cette législation s'enracine bien - malgré elle - dans une perception chrétienne de la civilisation et de la vie politique.

 

Ce à quoi nous assistons, c'est à une remise en cause radicale de cet acquis, de ce trésor d’humanisme patiemment constitué, par propos délibéré ou par une sorte d'appauvrissement intellectuel et moral qui coquine avec la barbarie, avec un pré-christianisme dont l'irrationnalisme ambiant montre qu'il a même rompu avec les principes de la culture gréco-latine.

 

L'idéal de vie de la consommation, the modern way of life, pourrait-on dire,  vécu comme valeur humaine, comme exigence sociale, comme principe de comportement professionnel et même familial, et comme norme du droit - puisqu'il justifie la réforme de la loi sur le repos dominical - est l'une des manifestations les plus claires et les plus affligeantes de cette régression. Le regretté Marcel de Corte avait depuis longtemps diagnostiqué cette réduction de l’homme, de l’ordre du bien à celui du faire. Bien avant encore, l’Evangile a lancé ce trait : « Leur dieu, c’est leur ventre ». Encore ne visait-il alors, somme toute, que des marginaux au regard de la culture juive. Aujourd’hui, cette gastrolâtrie est devenu le credo implicite du plus grand nombre, la philosophie même de la société, et seuls des marginaux trouvent la force de s’y opposer.

 

Chrétiens, nous sommes témoins de la vérité de l’ordre naturel comme de l’ordre surnaturel, dont l’Eglise, selon le mot de Pie XII, est également « la gardienne ». Saint Thomas d’Aquin rappelle que l’on peut être martyr pour la défense même de l’ordre naturel. Le martyr est un témoin de vérité. Le débat actuel n’est donc pas un simple débat contingent sur la politique social du gouvernement. Il met en cause notre foi, et il met en cause le devenir de la société et de l’homme, ses horizons, le sens de sa vie. C’est pourquoi il nous faut y être activement présents. La pétition, qui figure sur le côté droit de cette page, est une approche modeste. Mais une approche réelle, et à la portée de tous. Signez-là, faites-la connaître. Ecrivez à vos députés !

 

Ne laissez pas à d’autres la faculté arbitraire de décider, au regard des idéaux de la culture de mort, qui est une sous-culture dégénérée, ce que doivent être ou ne pas être l’homme et le monde de nos enfants.

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