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Hymne des JMJ - Sydney 2008
Mardi 6 mai 2008
Nous publions ici une intéressante étude qui a été réalisée par l'Agence Fides, sur le site de laquelle on peut la télécharger (Ici), du moins en sa première partie publiée. Les données livrées sont de première importance pour qui entend connaître les enjeux attachés à la famille et s'engager à la défendre. Il est nécessaire de les diffuser.

_______________

La population européenne

Au mois de mai 2007 le “Réseau Européen de l’Institut de la Politique de la Famille (IPF) a présenté au Parlement Européen un rapport élaboré par une équipe multidisciplinaire d’experts, qui contenait des statistiques et des informations données par des organismes internationaux, pour les années 1980-2005. Ce Rapport est le dernier, l’étude la plus digne de foi, sur la situation de la famille en Europe.


Sur les données concernant la population, le Rapport note une croissance lente de la population européenne, même si elle est plus grande dans les années 2002-2007, que dans les cinq années précédentes. A la fin de 2006, la population européenne s’élevait à 500 millions de personnes. L’Irlande (avec une croissance de 16,3%), le Luxembourg (11, 6%), et l’Espagne (11%), sont les Pays qui présentent une croissance plus grande. En revanche, l’Allemagne (avec une croissance de 0,8%), la Suède (2,4%), et la Finlande (2,7%) sont les Pays qui présentent la croissance la plus faible.


Entre 1994 et 2006, la population européenne s’est accrue de 19 millions de personnes. 80% de la croissance de la population dans cette période, est due à la présence de 15 millions d’immigrés, et non par la croissance naturelle qui est restés stationnaire (seulement 310.000 personnes par an environ), inférieure de beaucoup à celle des Etats-Unis d’Amérique où la croissance de la population est 12 fois supérieure à la croissance européenne. Seles la France et la Hollande présentent une croissance naturelle supérieure à leur propre immigration.


Le Rapport estime que, à partir de 2005, l’Europe commencera lentement à se dépeupler, alors que les Etats-Unis continueront à croître et, aux rythmes annuels, en 2060, l’Europe et les Etats-Unis auront le même nombre de population, environ 454 millions d’habitants.

 

Le vieillissement

En Europe, il y a plus de personnes âgées que d’enfants. Alors que, e, 1980, il y avait 36 millions d’enfants de plus que de personnes âgées, en2004, le nombre des personnes âgées dépassait le nombre des jeunes de moins de 14 ans, avec une perte de 23 millions en 25 ans, ce qui représente une diminution de 21%, et 10% dans les dix dernières années. La population des moins de 14 ans représente seulement 16,2% de l’ensemble de la population (80 millions de personnes dans l’Union Européenne de 27 pays.


L’augmentation de plus de 18 millions des personnes âgées en 25 ans représente un pourcentage de 29%. Les 81,7 millions de personnes ayant plus de 65 ans correspondent à un sixième du total. Le nombre des personnes ayant plus de 80 ans a augmenté de 84%, et elles représentent un totale de 18,8 millions (1 habitant de la Communauté européenne sur 25). Seul 1 Italien sur 7 (14,5%) est jeune. L’Espagne avec 44% de baisse, le Portugal avec 40%, et l’Italie avec 37%  sont les Pays qui ont perdu le plus grand nombre de jeunes (de moins de 14 ans) de 1980 à 1905. L’Italie (avec près de 20%), l’Allemagne et la Grèce, sont les Pays qui compte le plus grand nombre de personnes âgées.


Une des contradictions les plus profondes de la politique européenne, vient du fait que le travail ne s’adapte pas au vieillissement de la population. L’âge de la retraite, en effet, continue à diminuer dans toute l’Europe Occidentale. Aux Etats-Unis, en revanche, la participation à la force de travail de ceux qui sont proches de la soixantaine, dépasse par exemple la participation des Italiens, de 30% environ. On peut dire la même chose pour des Pays comme le Japon et la Corée du Sud, par rapport à leurs concurrents européens, comme la France et l’Allemagne. Pour faire face de manière convenable et adaptée à cette question, il serait nécessaire de repenser le système du bien-être et du marché du travail, en privatisant graduellement les systèmes des retraites, pour assure une liberté plus grande de choix aux travailleurs.


Il faudrait aussi, considérant les effets du vieillissement de la population, adopter une nouvelle approche vers la santé, en abandonnant la vision de la santé considérée comme une simple question de coûts sociaux ou d’assistance, pour l’interpréter plutôt comme investissement.


Il faut considérer également, pour ce qui concerne le problème du vieillissement, les données liées au handicap. Le vieillissement de la population et l’augmentation de la longévité des personnes, entraînera, sur la base des statistiques, une augmentation du nombre des personnes âgées handicapées, et de soins de longe durée. Le nombre des personnes handicapées en Europe s’élève à plus de 50 millions, et représentent 10% de la population européenne. Il y a un rapport étroit entre le handicap et l’âge avancé ; le problème suivant s’ajoute aussi aux autres problèmes qui concernent les handicaps : l’exclusion des personnes  handicapées, du marché du travail, de manière excessive ; les inégalités encore plus marquées pour les femmes aptes selon leurs possibilités ; des possibilités moindres d’insertion dans le domaine social et dans celui du travail pour les personnes qui pré »sentent des handicaps intellectifs ou des difficultés d’apprentissage. Ce sont là des problèmes qui, étant donné la situation actuelle, restent, dans de nombreux Pays européens, à la charge des familles. La politique européenne le sait, mais ne procède pas aux choix nécessaires pour résoudre les problèmes des familles européennes, en les rendant « ouverts » à la vie.


La natalité

De moins en mois d’enfants naissent en Europe: en 2006, on a enregistré 5.100.000 naissances. La situation est stationnaire de 1995 à 2006, avec une augmentation seulement de 1,1% entre 2005 et 2006. Ce que l’on appelle, le niveau de « remplacement des générations », fixé à un pourcentage de 2,1 enfants par femme, est assez éloigné. En 2005, il a été de 1,38 dans l’Union européenne. La France (1,94%), et l’Irlande (1,88%) sont les deux seuls Pays ayant le meilleur indice de natalité. La Grèce (1,28%), l’Espagne (1,34%), l’Italie (1,34%) sont les Pays où l’indice de natalité est considéré comme critique.


Lors de l’audience accordée aux membres du Congrès organisé par la Commission des Episcopats de la Communauté Européenne (COMECE) sur les valeurs et les perspectives de l’Europe, le 24 mars 2007, Le Pape benoît XVI déclarait : « Sous le profils démographique, on doit malheureusement constater que l’Europe semble se trouver sur une voie qui pourrait la conduire au renvoi de l’histoire. Ceci, en plus de mettre en péril la croissance économique, peut aussi causer des difficultés énormes à la cohésion sociale, et surtout, favoriser un individualisme dangereux, inattentif aux conséquences pour l’avenir. On pourrait presque penser que le Continent Européen perd de fait confiance en son propre avenir ».


François Dumont, professeur à La Sorbonne a parlé d’un « hiver démographique » à propos de l’Europe, se référant à cette situation qui ne permet la substitution des générations. Dans les pays les plus en danger dans ce domaine, l’Italie et l’Espagne, 100 femmes d’aujourd’hui seront remplacées demain par 70 femmes seulement, avec une baisse de 30% de la natalité. La baisse démographique et le vieillissement de la population ont des conséquences également de caractère économique, parce que la richesse d’un Pays dépend aussi du nombre de ses habitants. La Belgique, par exemple, qui présente une forte baisse de la population active, est un Pays qui crée six fois moins de richesse que l’Italie, parce qu’elle a six moins de population. Aux conséquences de caractère économique, s’ajoutent aussi les conséquences de caractère social, chez les jeunes et dans la population de plus de 65 ans, qui sera toujours plus nombreuse, et qui déterminera les politiques sociales.


En Europe, on tend à aborder le problème du vieillissement de population, en éludant le facteur culturel, qui est le cœur du problème, qui alimente la crainte d’engendrer, et la désaffection à l’égard de la famille. Toujours d’après Dumont, la cause première du déclin démographique est la transformation profonde qu’a connue la famille à partir des années 1960 : « Une transformation, dit-il, qui a touché la femme et la durée de l’union, la dimension et la composition des noyaux, le rôle des parents et le lien entre les générations. La structure traditionnelle composée d’un père qui travaille et pourvoit aux besoins économiques, une mère éducatrice et une famille nombreuse, a presque entièrement disparu en Europe, pour faire place à des formes dites modernes, qui ont leur origine en Europe du Nord, et qui reposent que le ‘respect’ des choix individuels de l’autre, sur l’égalité des rôles entre l’homme et la femme, sur le sentiment, comme base de la formation des couples et du rapport entre parents et enfants ; c’est une transformation soutenue et accompagnée par la révolution féministe. Le résultat a été  d’avoir des familles plus ‘vivaces’, mais beaucoup plus fragiles et instables, incapables de se maintenir sans des politiques de soutien… Quand ce soutien se montre insuffisant, la natalité diminue en conséquence… Nous avons aujourd’hui une situation dans laquelle le nombre des mariages diminue, et, en même temps, et où ils sont plus fragiles ; le nombre des unions de fait est en augmentation, mais elles sont encore moins stables, et la décision d’avoir des enfants est retardée au-delà de 30 ans. Tout cela ne favorise pas les naissances ! ».


D’après l’avis de l’historien français, ce qui se passe aujourd’hui en Europe n’est pas différent de ce qui s’est passé en d’autres époques historiques pour d’autres civilisations qui se sont éteintes. L’extinction a toujours respecté un schéma : dénatalité, vieillissement, déclin, et enfin, décadence. La nouveauté de ce qui se passe est l’intensité et la durée de la chute de la fertilité, qui a concerné tout d’abord l’Europe du Nord, puis s’est étendue à la Méditerranée, en changeant toute la structure de la consommation, en ayant des répercussions sur le système économique, n’encourageant pas la recherche et les investissements dans des produits nouveaux. Pour toutes ces raisons, il faut retrouver un dynamisme démographique en mesure d’abaisser l’âge moyen de la population. Et, dans cette perspective, il faut alors des mesures importantes pour aider la famille et les jeunes. De nombreux Pays européens, toujours selon l’historien français, tendent à confondre la politique sociale et la politique de la famille. La première est une politique de solidarité momentanée pour aider un sujet à satisfaire un de ses besoins. La politique de la famille, en revanche, est une politique de solidarité entre les générations, une affirmation de durée dans une société dominée par la consommation immédiate. « Considérer la famille comme un simple objet d’une politique sociale, déclare Dumont, veut dire faire de la famille un objet de pitié et transmettre une image très triste. La politique de la famille, en revanche, doit permettre à la famille de prendre librement ses propres responsabilités. Et tout pouvoir public qui veut avoir une influence sur la vie des familles, doit tendre à cela, à partir de la publicité jusqu’au monde du travail.

(à suivre)

par La rédaction publié dans : Famille,mariage,enfants communauté : Chrétiens et heureux de croire
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