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Vendredi 2 mai 2008 5 02 /05 /Mai /2008 07:45

Par La rédaction
Et Marie ?

Elle a conçu du Saint-Esprit. Elle est désormais Mère, et pas n’importe quelle Mère, la Mère du Fils de Dieu qui s’est fait chair, qui s’est fait homme dans son sein. Et elle est ainsi la Mère de Dieu ! Sur elle repose la nuée lumineuse qui indique la présence de Dieu. Elle est devenue le Temple de Dieu, un tabernacle, une église, une cathédrale. Elle porte Dieu en Elle. Pour la première fois, Dieu, pur Esprit, devient un être humain que l’on pourra toucher, qui partagera notre condition humaine, qui est resté avec nous.

Mais elle est restée Vierge «  car rien n’est impossible à Dieu ».

Que va-t-elle faire ? Et Joseph ? Marie fait confiance à Dieu. L’Ange lui a donné comme signe la conception de Jean-Baptiste, le fils de sa cousine Elizabeth qui en est à son sixième. Aussi, de la Galilée, au nord d’Israël, elle part pour la Judée dans le village où réside Elizabeth, que l’on identifie actuellement avec la le village de Ain Karim, à 6 km à l’ouest de Jérusalem. Elle va aider sa cousine, mais elle a probablement aussi l’intention de lui raconter ce qui est advenu en Elle, et ce qu’elle doit faire vis-à-vis de Joseph.

Lisons ce récit de la Visitation écrit par saint Luc qui a recueilli toutes ces informations de la bouche même de Marie qu’il a connue chez l’apôtre Saint Jean qui, après la mort de Jésus, l’avait prise chez lui :

La Visitation Luc 1

39 En ces jours-là, Marie partit et se rendit en hâte vers la région montagneuse, dans une ville de Juda.
40 Elle entra chez Zacharie et salua Élisabeth.
41 Et il advint, dès qu'Élisabeth eut entendu la salutation de Marie, que l'enfant tressaillit dans son sein et Élisabeth fut remplie d'Esprit Saint.
42 Alors elle poussa un grand cri et dit : « Bénie es-tu entre les femmes, et béni le fruit de ton sein !
43 Et comment m'est-il donné que vienne à moi la mère de mon Seigneur ?
44 Car, vois-tu, dès l'instant où ta salutation a frappé mes oreilles, l'enfant a tressailli d'allégresse en mon sein.
45 Oui, bienheureuse celle qui a cru en l'accomplissement de qui lui a été dit de la part du Seigneur ! »
46 Marie dit alors : « Mon âme exalte le Seigneur,
47 et mon esprit tressaille de joie en Dieu mon Sauveur,
48 parce qu'il a jeté les yeux sur l'abaissement de sa servante. Oui, désormais toutes les générations me diront bienheureuse,
49 car le Tout-Puissant a fait pour moi de grandes choses. Saint est son nom,
50 et sa miséricorde s'étend d'âge en âge sur ceux qui le craignent.
51 Il a déployé la force de son bras, il a dispersé les hommes au cœur superbe.
52 Il a renversé les potentats de leurs trônes et élevé les humbles,
53 Il a comblé de biens les affamés et renvoyé les riches les mains vides.
54 Il est venu en aide à Israël, son serviteur, se souvenant de sa miséricorde,
55 - selon qu'il l'avait annoncé à nos pères - en faveur d'Abraham et de sa postérité à jamais ! »
56 Marie demeura avec elle environ trois mois, puis elle s'en retourna chez elle.


Nous avions dans le récit de l’Annonciation les premières paroles du « Je vous salue », les paroles mêmes de l’Ange Gabriel : « Je vous salue Marie, pleine de grâce, le Seigneur est avec vous ». Nous avons à présent la suite du « Je vous salue » : « Vous êtes bénie entre toutes les femmes, et le fruit de vos entrailles est béni », paroles d’Elizabeth qui fut alors « remplie de l’Esprit » pour s’exprimer en ces termes.

Qui prétendra encore que réciter des « je vous salue » est une ritournelle ? C’est nous rappeler sans cesse que Dieu s’est fait homme pour nous, pécheurs. C’est rappeler à Marie, Mère de Dieu, qu’Elle est devenue notre Mère au pied de la Croix et que sa Mission est de prier pour nous, pour tous les hommes, tout au long de notre vie « maintenant et à l’heure de notre mort ».
   
Il y a aussi le texte du Magnificat, « Mon âme exalte le Seigneur », qui est une composition de Marie reprenant des passages de l’Ancien Testament.

Marie est restée trois mois chez Elizabeth, certainement jusqu’à la naissance de Jean-Baptiste. Elizabeth n’a pas manqué de raconter à sa jeune cousine ce qui était arrivé à Zacharie dans le Temple, l’apparition de l’Archange Gabriel, les doutes qu’il avait eux, et pourquoi il était resté muet, pour avoir douté des paroles de l’Ange.

Marie, de son côté a raconté, à n’en point douter ce qui lui était arrivé. Elizabeth savait que Marie s’était consacrée à Dieu corps et âme, et pourtant, inspirée par le Saint-Esprit elle salue la Mère de son Seigneur. Elle a été la première à être mise au courant des « mirabilia Dei », des merveilles de Dieu. Marie n’a pas manqué non plus d’exprimer ses “craintes” humaines : comment le dire à Joseph qui ne pourrait pas ne pas s’apercevoir que Marie portait un enfant dans son sein ? Et puis, les gens du pays, les mauvaises langues, qui s’en prendraient à Marie, fille indigne qui avait renié son vœu ; et à Joseph, homme impur, qui avait transgressé les commandements de Dieu…

Et quand Marie repart, trois mois plus tard… les premiers signes de sa grossesse sont évidents… Les doutes de Joseph… qui reste un homme et qui avait mis toute sa confiance en Marie sa fiancée, et qui ne comprend pas. Lui aussi, il aura besoin d’une intervention divine pour être sûr, et pour comprendre. Mais il faut se mettre à sa place ! Nous verrons cela à propos d’un autre texte dont personne ne parle jamais.


MARIE, VIERGE ET MERE

Pourquoi de nouveau ce titre alors que les textes précédents sont très clairs ? Il est difficile de ne pas présenter un autre texte qui est la preuve par neuf de la naissance virginale de Jésus, Fils de David. Personne n’en parle jamais, parce que personne ne le comprend. Et pourtant il tient plus de place dans l’Evangile de saint Mathieu que les récits de la Résurrection.

Il s’agit de la Généalogie de Jésus, qui commence précisément l’Evangile de saint Mathieu. J’ai travaillé neuf ans sur ce texte (et sur celui de saint Luc) et l’ai présenté comme thèse de doctorat en théologie biblique. La liturgie le présente trois fois comme lecture d’Evangile à la Messe : le jour de la Nativité de la Sainte Vierge, et deux fois pendant le temps de l’Avent. Cela gêne tous les prêtres qui doivent lire ce passage d’Evangile ! Et, de fait, entendre cette liste de noms est rébarbatif. Et pourtant… c’est d’une beauté et d’une richesse, que l’on ne peut méconnaître pour comprendre la place et le rôle de Marie, choisie par Dieu comme Mère en préservant sa virginité, la Mère du Sauveur de tous les hommes, la Mère de la Mission.

Il faut tout d’abord se rappeler que saint Mathieu écrit à des Juifs, qui connaissaient bien les Ecritures, l’Ancien Testament donc, et les commentaires, et qui étaient très attachés aux généalogies qu’ils conservaient jalousement chez eux et dans le Temple de Jérusalem. Ils étaient très attachés également aux nombres. Les nombres avaient une valeur symbolique, mnémotechnique, qui permettaient à des gens qui ne savaient pas lire (qui connaissaient toutefois la Bible par cœur), mais qui savaient compter. Pour nous, sans explication, ce texte est indéchiffrable et on se demande pourquoi saint Mathieu l’a donné. Voilà l’explication.

Ce texte est suivi par un récit qui s’intitulerait « Conception virginale de Jésus », les paroles de l’Ange à Joseph, qui se termine par la citation du prophète Isaïe : « Voici que la Vierge concevra et enfantera un fils, auquel on donnera le nom d’Emmanuel, Dieu avec nous ». Et ainsi tout ce chapitre premier fait un ensemble, comme le soulignait mon professeur d’Ecriture Sainte, le Père Joseph Trinquet, Sulpicien (auteur du Nouveau testament Osty Trinquet en français), pour en arriver à cette conclusion : c’est la réalisation des promesses et des annonces faites par Dieu au peuple hébreu par l’intermédiaire des prophètes. Mais la réalisation dépasse l’attente et les espérances.

La généalogie se divise en 3 parties de 14 noms chacune : d’Abraham à David, de David à Jéchonias, de Jéchonias à Jésus. Saint Mathieu, dans l’Ancien Testament a trouvé, d’Abraham à David, 14 noms, ce qui est peu pour 1000 ans… Mais cela lui a donné l’idée du plan de la généalogie : 14 ! Un nombre important, le nombre de David ! Comment ? C’est simple. En hébreu, il n’y avait pas de nombres, et l’écriture ne comprenait au début que des consonnes. Chaque consonne servait aussi de nombre. Et précisément D a V i D, les trois consonnes D, V, D étaient aussi les nombres 4 et 6. D a V i D : 4 + 6 + 4  = 14. Répété trois fois, cela indiquait une certitude : la généalogie, pour les Juifs, était une démonstration par des documents sûrs, les généalogies, que Jésus était bien le Fils de David annoncé. Et nous voyons qu’il était Fils de David par Joseph qui lui donnait ce titre officiel, et fils de David par Marie, qui lui donnait à elle seule le sang de David.

Notons aussi la présence de quatre femmes : Thamar, Rahab, Ruth, la femme de Urie (Bethsabée), et de Marie. Des pages et des pages ont été écrites sur la raison de la place de ces quatre femmes. La réalité est plus simple, selon la tradition biblique : trois de ces quatre femmes ont été inspirées par l’Esprit de Dieu (on l’appelait ainsi dans l’AncienTestament, sans savoir encore qu’il était une personne de la Sainte Trinité) pour maintenir la lignée messianique voulue par Dieu au moment où les hommes risquaient de la compromettre. C’est donc l’action de l’Esprit inspirateur qui veille sur la lignée messianique.

Pour Ruth, la tradition juive dit qu’elle était stérile, « car elle n’avait pas de matrice », et que l’Esprit de Dieu lui « façonna » une matrice pour lui permettre de devenir la grand-mère de David : nous sommes là devant l’Esprit Créateur ! (la parole utilisée est « façonnée », la même que celle utilisée pour indiquer comment Dieu avait façonné l’homme avec la glaise du sol !).

La généalogie de saint Mathieu indique donc l’action de l’Esprit de Dieu, action inspiratrice et créatrice. Et la présence de Marie qui « supplante » d’un certaine manière Joseph par un raccourci admirable « Joseph, l'époux de Marie, de laquelle naquit Jésus » nous présentant la Sainte Famille, conjugue ces deux actions, inspiratrice et créatrice. Elle montre que, en Marie, l’Esprit Saint est intervenu d’une manière admirable et particulière, en substituant Marie à Joseph (qui n’intervient pas comme père, comme “générateur”), en évitant de dire que Joseph est le Père de Jésus, et en introduisant ainsi une nouveauté dans les généalogies juives où les femmes, quand elles étaient mentionnées, ne l’étaient que comme épouse, et pas comme mère. Marie figure à la place de l’homme comme étant celle qui a donné, seule (avec l’Esprit Saint), naissance à Jésus.

La présence des quatre femmes, pour les Juifs, est l’affirmation, et la démonstration que Marie est Mère tout en étant restée Vierge, par l’action du Saint-Esprit. Ce que le texte qui suivra la Généalogie reprend et explique.

Lisons cette généalogie, dans laquelle saint Mathieu a dû enlever des noms, et notamment des Rois indignes et pervers, pour maintenir le nombre de 14 :

Mathieu 1
La généalogie de Jésus

1 Livre de la genèse de Jésus Christ, fils de David, fils d'Abraham :
2 Abraham engendra Isaac, Isaac engendra Jacob, Jacob engendra Juda et ses frères,
3 Juda engendra Pharès et Zara, de Thamar, Pharès engendra Esrom, Esrom engendra Aram,
4 Aram engendra Aminadab, Aminadab engendra Naasson, Naasson engendra Salmon,
5 Salmon engendra Booz, de Rahab, Booz engendra Jobed, de Ruth, Jobed engendra Jessé,
6 Jessé engendra le roi David. David engendra Salomon, de la femme d'Urie,
7 Salomon engendra Roboam, Roboam engendra Abia, Abia engendra Asa,
8 Asa engendra Josaphat, Josaphat engendra Joram, Joram engendra Ozias,
9 Ozias engendra Joatham, Joatham engendra Achaz, Achaz engendra Ézéchias,
10 Ézéchias engendra Manassé, Manassé engendra Amon, Amon engendra Josias,
11 Josias engendra Jéchonias et ses frères ; ce fut alors la déportation à Babylone.
12 Après la déportation à Babylone, Jéchonias engendra Salathiel, Salathiel engendra Zorobabel.
13 Zorobabel engendra Abioud, Abioud engendra Éliakim, Éliakim engendra Azor,
14 Azor engendra Sadok, Sadok engendra Akhim, Akhim engendra Élioud,
15 Élioud engendra Éléazar, Éléazar engendra Matthan, Matthan engendra Jacob,
16 Jacob engendra Joseph, l'époux de Marie, de laquelle naquit Jésus, que l'on appelle Christ.
17 Le total des générations est donc : d'Abraham à David, quatorze générations ; de David à la déportation à Babylone, quatorze générations ; de la déportation de Babylone au Christ, quatorze générations.


Après cette démonstration, et pour qu’il n’y ait pas d’équivoque (merci saint Mathieu d’avoir pensé à nous, sans le savoir, pour nous permettre de découvrir cette merveille accomplie par Dieu !), saint Mathieu explique ce qui s’est passé : Joseph qui se rend compte, qui est perplexe, qui ne doute pas, mais qui ne comprend pas… Et on le comprend bien. Et la bonté de Dieu, qui « ne fait rien sans avertir l’homme » comme le dit l’Ancien testament. Voici ce texte :

Mathieu 1
La naissance virginale de Jésus

18 Et voici comment Jésus Christ fut engendré. Marie, sa mère, était fiancée à Joseph : or, avant qu'ils eussent mené vie commune, elle se trouva enceinte par le fait de l'Esprit Saint.
19 Joseph, son mari, qui était un homme juste et ne voulait pas la dénoncer publiquement, résolut de la répudier sans bruit.
20 Alors qu'il avait formé ce dessein, voici que l'Ange du Seigneur lui apparut en songe et lui dit : « Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie, ta femme : car ce qui a été engendré en elle vient de l'Esprit Saint ;
21 elle enfantera un fils, et tu l'appelleras du nom de Jésus : car c'est lui qui sauvera son peuple de ses péchés. »
22 Or tout ceci advint pour que s'accomplît cet oracle prophétique du Seigneur :
23 Voici que la vierge concevra et enfantera un fils, et on l'appellera du nom d'Emmanuel, ce qui se traduit : « Dieu avec nous ».
24 Une fois réveillé, Joseph fit comme l'Ange du Seigneur lui avait prescrit : il prit chez lui sa femme ;
25 et sans qu'il l'eut connue, elle enfanta un fils auquel il donna le nom de Jésus.


Ce qui était en effet la réalisation d’une prophétie d’Isaïe au Roi Achaz descendant de David :

Isaïe 7 (vers 735-734 avant Jésus-Christ)

10 Yahvé parla encore à Achaz en disant :
11 Demande un signe à Yahvé ton Dieu, au fond, dans le shéol, ou vers les hauteurs, au-dessus.
12 Et Achaz dit : Je ne demanderai rien, je ne tenterai pas Yahvé.
13 Il dit alors : Écoutez donc, maison de David! est-ce trop peu pour vous de lasser les hommes, que vous lassiez aussi mon Dieu ?
14 C'est pourquoi le Seigneur lui-même vous donnera un signe : Voici, la vierge est enceinte, elle va enfanter un fils et elle lui donnera le nom d'Emmanuel.


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Vous avez peut-être noté que saint Luc parle de Marie, et saint Mathieu, de Joseph. C’est normal. Saint Luc n’était pas juif. De plus, il a bien connu saint Jean qui avait accueilli Marie chez lui, et auprès de qui Luc avait pu recevoir toutes ses informations.

Saint Mathieu était juif, apôtre, et il écrivait pour des Juifs. Il s’attache donc au témoignage de Joseph, auprès de la famille de Saint Joseph.


Mgr Jacques MASSON

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La prière mariale de l’Angélus


On la récitait dans le passé trois fois par jour, à 6 heures à midi et à 18 heures, et les cloches sonnaient à cette occasion, trois fois trois coups, puis à la volée. Il serait bon de reprendre cette dévotion.

- « L’Ange du Seigneur annonça à Marie »
- « Et elle a conçu du Saint Esprit »

« Je vous salue Marie pleine de grâce le Seigneur est avec vous, vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus le fruit de vos entrailles est béni.
« Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort, Ainsi-soit-il (ou Amen)

- « Voici la Servante du Seigneur »
- « Qu’il me soit fait selon votre parole »


« Je vous salue Marie…

- « Et le Verbe s’est fait chair »
- « Et il a habité parmi nous »


« Je vous salue Marie …

- « Priez pour nous Sainte Mère de Dieu »
- « Afin que nous soyons dignes des promesses de Jésus-Christ ».


Prions :
Daignez répandre Seigneur votre grâce dans nos âmes,
Afin que nous qui avons connu par l’Ange
L’Incarnation de votre Fils,
Nous parvenions par sa Passion et par sa Croix
A la gloire de la Résurrection.
Par le Christ Notre Seigneur.
Ainsi-soit-il

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Publié dans : Les Catéchèses d'Hermas - Communauté : Chrétiens et heureux de croire
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