Vendredi 25 avril 2008
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10:22
Par La rédaction
Que l'on ne se méprenne pas quant au fait que le collectif contre
l'handiphobie, Hermas et bien d'autres aient pu laisser paraitre une certaine émotion face à
l'acquittement de Mme Debaine (v. ICI et ICI) et manifester une certaine satisfaction face à la décision du parquet de faire appel.
Il ne s'agit évidemment pas de demander une peine
pour Mme Debaine, qui est présumée innocente jusqu'au terme de l'appel et que nous ne pouvons pas et ne voulons pas juger. C'est à la justice d'en décider après audition des avocats. D'ailleurs,
sa détresse ne peut pas nous laisser indifférent et une sanction pénale classique n'est peut-être pas nécessairement adaptée.
Mais cet acquittement appelle deux réflexions.
1°- On ne peut pas se satisfaire d'un
verdict de non-culpabilité, alors que les faits ont été reconnus (faits qui, sous réserve de la présomption d'innocence, apparaissaient bien conformes à la qualification de "meurtre" telle que
définie par l'article 221-1 du Code pénal). Ce verdict est choquant qui revient à affirmer que l'on peut, aujourd'hui en Europe, tuer une personne sans être hors-la-loi, au motif qu'elle
était handicapée. Cela n'est pas sans
évoquer certaines heures sombres de l'histoire.
D'autant que, même si l'on ne peut pas discuter l'indéniable souffrance de cette mère, il n'en reste pas moins que l'humanité prétendue d'un tel geste est bien contestable et que le
tolérer ouvre la porte à la justification progressive de bien d'autres meurtres sans que l'on puisse en
prévoir la limite.
2°- La place que réserve concrètement notre société - au-delà des effets d'affichage - aux personnes lourdement
handicapées, mentales en particulier, est condamnable. Outre l'insuffisante de structures d'accueil, de travail ou d'aide aux familles, la culture sociale tend de plus en plus à les stygmatiser.
De la publicité faite pour l'IVG à l'arrêt Perruche ou à l'acquittement de Mme Debaine, les signaux sociaux et médiatiques conduisent à traiter la personne lourdement handicapée en effaçant son
humanité. Mme Debaine aurait-elle été conduite à de telles extrêmités si elle avait été aidée et assistée par une société plus attentive ?
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Publié dans : Société
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