Vendredi 25 avril 2008
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Par La rédaction
Après le prononcé de la scandaleuse
décision Perruche - heureusement contrée rapidement par le parlement - s'est constitué le "Collectif contre l'Handiphobie"
(ICI), pour s'opposer à la culture de la mort envers les handicapés.
C'est pour cette raison que le collectif a réagi à l'acquittement de Mme Debaine et aux réactions favorables qu'il a pu parfois susciter. Rappelons-le, Mme Debaine, qui avait reconnu avoir
noyé dans sa baignoire sa fille handicapée moteur (v. l'article consacré à ce
sujet, ICI), a été
déclaré non-coupable par une cour d'assises. Le parquet a interjeté appel de cette décision et l'on attend la décision de la seconde cour d'appel.
Pour le collectif, cet acquittement est un bien mauvais signal pour la société. « L'acquittement de Mme Debaine enfonce chacun de
nous dans sa part d'ombre », ont déclaré à Zenit.org Sophie et Damien Lutz, parents de Philippine, âgée de 8 ans, microcéphale et polyhandicapée, porte-parole du Collectif contre l'Handiphobie.
Ils posent la question du soutien de la société aux parents en difficulté en constatant la douleur - que l'on imagine sans peine - des
parents d'enfants lourdement handicapés : « Une maman a craqué : le désespoir l'a poussée à mettre fin aux jours de son enfant lourdement handicapé. De nombreux parents ont peur de
craquer : ils résistent au désespoir en continuant de croire jour après jour que leur enfant a sa place parmi les vivants ».
C'est pourquoi le Collectif des Parents contre l'Handiphobie tient à « exprimer son inquiétude et même son angoisse face aux doutes que les applaudissements à l'annonce de
l'acquittement de Mme Debaine distillent dans notre société », en l'état de la confusion du message lancé par
cette décision de justice : « Sans vouloir peser davantage sur les épaules de cette mère, nous regrettons que cet acquittement lance un message ambivalent dans un contexte où les
personnes lourdement handicapées et dépendantes ont besoin d'être rassurées sur les intentions de la société à leur égard. Cette décision enfonce chacun dans sa part d'ombre. Un sursaut est
nécessaire pour ne pas glisser dans la confusion ».
Car « derrière le drame de cette femme et de sa fille c'est la société tout entière qui ne leur a pas porté suffisamment secours qui doit se remettre en question. Nous parents d'enfants
handicapés, nous avons besoin d'un message fort de la société qui nous rappelle que toute vie, même affaiblie, a du prix à ses yeux ».
« Nous, parents d'enfants handicapés, comprenons d'expérience qu'elle ait pu perdre pied, mais nous avons besoin d'être sûrs que ce geste n'est pas une solution, ne doit pas en être
une », déclarent les signataires.
Ils posent aussi - à raison - la question de la protection de la vie des personnes les plus faibles : « Les personnes handicapées ont besoin d'être sûres que leur vie est autant
protégée que celle d'une personne en bonne santé. Nos enfants handicapés ont besoin de vivre dans un climat de sécurité, de protection, et de respect ». « Tout citoyen a besoin que la société assure, y compris dans sa justice, ce climat qui garantit la paix dans les relations familiales surtout
quand elles sont douloureuses », concluent les parents.
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Publié dans : Société
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