Partager l'article ! Obsèques de Dom Gérard Calvet, O.S.B. : dernier hommage: « Notre Père... » Il aurait voulu mourir au chœu ...
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« Notre Père... »
Il aurait voulu mourir au chœur, accomplissant pour la dernière fois "l’œuvre de Dieu", l’œuvre de la vie du moine. Il a été en quelque sorte exaucé car ses dernières paroles, prononcées en voiture, au moment où l’attaque le terrassait, furent « Pater noster », le « notre Père » qui termine chaque office au moment où, s’inclinant profondément, le moine offre à Dieu toute son adoration. C’est dans cette dernière inclination qu’il nous a quittés.
Pour la dernière fois, lundi, sous le ciel bleu de Provence et dans le froid du Mistral naissant, Dom Gérard réunissait tous les siens, ceux d’hier et ceux d’aujourd’hui, à l’image de ces deux anciens « fils » évoquant des souvenirs à la fois émouvants et burlesques des temps anciens de la fondation, à Bédoin, il n’y a pas loin de 40 ans déjà. Malgré les larmes, les yeux rougis par les veilles, les pauvres sourires, c’est pour une fête de famille que l’ancien Père Abbé nous avait rassemblés une fois encore, autour de lui.
Depuis son décès, nuit et jour, devant son corps exposé, revêtu des ornements pontificaux, avec mitre et crosse, mais avec aussi, tout près, sa coule - le simple vêtement de chœur du moine - les prières et les supplications n’ont cessé de monter.
Et c’est devant les siens rassemblés, sa famille de la terre, ses fils du Monastère, les moines, les oblats, le cardinal Panafieu, Mgr Cattenoz, Mgr Guillaume et les nombreux Pères Abbés, les représentants de différents monastères et abbayes, les supérieurs des communautés Ecclesia Dei, les prêtres et amis venus de toute la France, que son enveloppe charnelle a été dérobée à nos yeux. Immense instant d’émotion.
Puis a commencé, pour une ultime et solennelle intercession, la sainte messe, en cette liturgie bénie et à l’ordonnancement si parfait, cette liturgie sacrée pour laquelle Dom Gérard a donné tant de lui-même. Que cette douce beauté est réconfortante pour ceux qui restent !
Mgr Perl nous a donné le message du Pape Benoît XVI. Le Pape s’y « souvient que Dom Gérard a passé la plus grande partie de son existence tourné vers le Seigneur, pour louer Dieu et guider ses frères dans la prière, afin que tous soient toujours plus proches de notre Créateur et Sauveur ». Il « rend grâce pour l’attention de Dom Gérard à la beauté de la liturgie latine, appelée à être toujours davantage source de communion et d’unité dans Eglise ».
Dom Louis-Marie, Abbé de Sainte-Madeleine, a su, avec la piété du fils et la sagesse du disciple, mais aussi lui-même comme un père, nous donner d’entrer un peu dans l’intimité des derniers instants de Dom Gérard – de ce dernier battement du cœur qu’il a reçu au creux de sa propre main – nous rappeler ses nombreux combats et engagements et surtout le message qu’il a toujours prêché à temps et à contretemps : la nécessité absolue de la vie intérieure.
Les témoignages d’amitié se sont ensuite succédés : celui notamment de Mgr Perl, témoin privilégié de l’attachement de Dom Gérard à l’Eglise et au Vicaire du Christ, attachement dont il fut témoin lorsque Dom Gérard rencontra le cardinal Gagnon, envoyé par le pape Jean-Paul II ; celui de Bernard Antony, ami de toujours, ému aux larmes ; celui de l’un des plus anciens frères de la fondation.
Tous sont allés, du plus grand au plus humble, s’incliner devant son tombeau ; son corps se trouve désormais entre l’autel, où le prêtre a célébré si souvent, et le tabernacle où le moine a contemplé si souvent son Seigneur, attendant la bienheureuse résurrection.
Mon très révérend Père, cher Père Dom Gérard, « que les anges vous emmènent au paradis, qu’à l’arrivée les martyrs vous accueillent et qu’ils vous introduisent dans la cité sainte, Jérusalem. Que les chœurs des anges vous reçoivent, et puissiez-vous, avec Lazare qui fut pauvre autrefois, posséder le repos éternel ».
In Paradisum...
Marie-Béatrice d'Oro