Communautés

Jeudi 13 mars 2008 4 13 /03 /Mars /2008 12:00

Par La rédaction
 
gregoire_13.jpg Rémi Morin.- Si pour l'Eglise la démocratie n'est pas le mal et la mort, peut-on parler, en retour, d’une “option préférentielle” de l’Eglise pour la démocratie ?

Hermas.- Terrain dangereux s'il en est, car on risque ici de chagriner beaucoup de monde ! Pourtant, il faut bien se rendre à cette évidence : l’Eglise a totalement fait sienne, et depuis longtemps, l’analyse notamment de François de Vitoria (et que l'on retrouve chez la plupart des médiévaux) selon laquelle le sujet – le théologien dominicain parlait de “cause matérielle” – du pouvoir politique est la communauté politique elle-même, laquelle en transfère l’exercice à des gouvernants. Elle va plus loin et tranche un immense débat qu'il est impossible ici seulement de résumer, en ajoutant que la communauté politique conserve, ce faisant, la faculté de contrôler leur action, voire de les remplacer. Cette communauté politique, on l'appelle aussi le "peuple", à condition de donner à cette expression un sens universel, qui exclut toute distinction entre "gouvernants" et "gouvernés". Le peuple pris en ce sens est le “sujet” du pouvoir par droit naturel, ce pourquoi Suarez considérait, quant à lui, que la démocratie était elle-même de droit naturel. Les sociétés peuvent néanmoins recevoir des modalités de gouvernement différentes, selon des mécanismes différents, que la philosophie chrétienne a examinés à fond depuis le Moyen-Age. L’élection comme le droit de rébellion y ont très tôt trouvé place.

Il reste que l’Eglise, de fait, considère que le système démocratique est celui qui, grâce à ses procédures de contrôle, permet et garantit le mieux le droit des peuples, cause matérielle du pouvoir. Le Compendium de doctrine sociale
l’indique explicitement, de même qu’il reconnaît explicitement la validité du principe relatif à la séparation des pouvoirs comme garde-fou contre l’arbitraire (nn. 395 et 407). Dans l’encyclique Centesimus annus, Jean-Paul II a indiqué que l’Eglise « apprécie le système démocratique, comme système qui assure la participation des citoyens aux choix politiques et garantit aux gouvernés la possibilité de choisir et de contrôler leurs gouvernants, ou de les remplacer de manière pacifique lorsque cela s'avère opportun » (Compendium, n. 406). “Apprécier”, dans ce jugement général, ne veut pas dire juger comme unique possible. Tout catholique a la faculté, pour son pays, en fonction de l'histoire et du génie propre de ce dernier, de préférer un autre régime et de militer en sa faveur, pour autant que les principes fondamentaux relatifs au pouvoir soient saufs. Cependant, il ne peut pas ignorer la position de l’Eglise sur ce point, que Pie XII défendait déjà.


Rémi Morin.-
Pourtant, si l’Eglise a cette position de principe, il n’est pas douteux que la démocratie moderne produise des “fruits de mort”, dont il n’est pas non plus douteux que la propagation tienne au rôle notamment de l’opinion et au poids des lobbies dans ce type de système. On pense notamment à l'avortement provoqué, à la question de l'euthanasie, à celles des unions homosexuelles...

Hermas.-
C’est un principe acquis depuis l’antiquité que tout régime, quelle que soit sa forme, est sujet à des perversions, et que chacun a ses perversions propres. Dans l’abstraction il est possible de dégager froidement les avantages et défauts de chacun d’eux, et de définir que la forme idéale de régime tient à une conjonction équilibrée de ces avantages. Il est également aisé de confronter une réalité décevante à des conditions abstraites de gouvernement, non actuelles et plus ou moins idéalisées. Mais la pratique introduit dans ces analyses une donnée de fait essentielle que l’abstraction ignore : le péché et toutes les contingences morales et sociales qu’il introduit dans l’histoire.

L’Eglise le méconnaît moins que quiconque, dont la mission est le salut des hommes. Quant elle évoque ces questions politiques, elle introduit immédiatement des distinctions qui ne permettent en aucune façon de penser que son appréciation sur le système politique, en soi, puisse être de quelque façon un cautionnement des démocraties de fait. C’est pourquoi elle parle en particulier de “démocratie authentique”, pour en fixer les critères et en juger ces dernières. Le Compendium de doctrine sociale souligne spécialement à cet égard que la démocratie n’est qu’un système, et en tant que tel un instrument, dont le caractère moralement bon n’est pas automatique mais dépend de sa soumission à la loi morale, comme tout comportement humain. Il est donc parfaitement possible d’affirmer à la fois que la démocratie constitue en principe le système qui assure le mieux le droit des peuples et que telles démocraties modernes fonctionnent de manière immorale, en raison des fins poursuivies ou des moyens mis en œuvre, jusqu'à tourner en systèmes d'aliénation. Ce sont des nuances importantes qu'il faut avoir présent à l'esprit quand on parle du rapport de l'Eglise à la démocratie.


Rémi Morin.-
On revient alors à la question des “structures de péché”.

Hermas.-
Exactement. L’Eglise, il faut y insister, ne poursuit pas de fin temporelle. Le pape l’a récemment rappelé. Elle est une société surnaturelle qui œuvre pour le salut des hommes. Comme les penseurs chrétiens l’ont souligné depuis le Moyen-Age, auquel nous devons décidemment tout, l’Eglise ne s’intéresse à la politique que pour autant qu’elle met plus ou moins directement en cause ce salut. Depuis le deuxième concile du Vatican, elle insiste sur le fait de sa responsabilité à l’égard de l’homme, qu’elle appelle « son chemin » comme il est celui du Christ.
Le cardinal Cañizares Llovera, cardinal archevêque de Tolède, a récemment montré, dans une homélie que nous avons citée [Ici], que c’est cela qui provoquait son intervention en faveur de la vie et des droits fondamentaux de la personne humaine, directement mis en cause par l’évolution dégénérative des démocraties occidentales, et de la société espagnole en particulier.

L’Eglise y dénonce toujours le péché, et son expansion socialement contagieuse, qui conduit à décliner au pluriel ces fruits de mort, très au-delà du temps où ces péchés sont individuellement commis. Quand elle évoque les “structures de péché”, c’est cela qu’elle vise : la production et l’incidence dramatique du péché dans le temps, qui va jusqu'à provoquer, à une époque déterminée, des conditionnements et des obstacles à une vie sociale humaine et juste, qu’ils soient d’ordre institutionnel ou économique. La structure de péché est ainsi à la vie sociale, en quelque sorte, ce que le vice est à la vie individuelle : une disposition affermie au mal, qui l'encourage et le facilite. J’attire cependant votre attention sur le fait que ce péché n’est pas uniquement celui de ceux qui procurent la mort, du pourrisseur, des gens sans foi ni loi, bref, des autres... C’est aussi le vôtre, c’est le mien. Et qui sait si les nôtres, chrétiens, n'ont pas en cela une efficience mortifère plus forte que ceux des autres ? Comme il y a une communion des saints, il y a, inversée, une communion des maux. Nos actes ont tous des conséquences, qui appesantissent ou libèrent la vie sociale. L’engagement de l’homme vertueux lui donne de l’oxygène, son repli la plombe.


Rémi Morin.-
Vous avez évoqué à plusieurs reprises l’héritage du Moyen-Age, immense période au regard de laquelle les quelque deux cent ans qui ont suivi la Révolution sont chronologiquement très courts. Il y a une chose, à cet égard, qui est pourtant très étonnante
. Comment se fait-il que l’Europe occidentale, si incroyablement riche, depuis 2000 ans, de philosophes et de théologiens chrétiens, qui ont apparemment tout inventé de nos sociétés, de la liberté et du droit, de l’égalité et du respect de la personne, et même de la laïcité et de la démocratie, comment se fait-il que cette Europe en ait perdu la mémoire, jusqu'à récuser son identité chrétienne dans la construction européenne ou jusqu’à édifier, dans cette amnésie, des structures de péché qui menacent la vie sociale elle-même et qui, de ce fait, la menacent d’un retour à la barbarie ?

Hermas.-
C’est, en effet, stupéfiant. Loin paraît le temps où de grands esprits, évoquant leurs prédécesseurs, ne se regardaient eux-mêmes que comme "des nains dressés sur les épaules de géants" ! Nous avons eu saint Augustin, saint Ambroise, nous avons eu saint Bernard et Yves de Chartres, Jean de Salisbury et le grand Thomas d’Aquin, et Gilles de Rome, et l’école de Salamanque sur laquelle a brillé Vitoria, et Suarez, et Billot, et Maritain – dont on dit qu’il n’a plus de postérité en France, et Ramirez ou Derisi, et tant de penseurs plus ou moins illustres qu’on ne peut ici mentionner, tant d'écoles divergentes qui ne se sont pas moins retrouvées dans ce prodigieux effort d'intelligence. Comment se fait-il qu’il ne reste pratiquement que des cendres de ce que ces hommes ont apporté par leur génie, ne serait-ce que dans l’ordre de la cité, hormis des habitudes dont l’immense majorité de nos concitoyens n’ont aucune idée de l’origine ? Pourquoi, avec un tel héritage, notre époque ne sait-elle produire que des nains dressés sur leur seul ego, tels nos pseudo-philosophes de plateau, incapables de produire autre chose que des châteaux de sable ou des bulles de savon, comme si tant de peines et d'intelligence n’avait servi de rien ? La lumière des sagesses anciennes brille toujours, évidemment. Mais elle n'éclaire plus, elle n'ouvre plus de routes, sauf pour un petit nombre. On leur préfère aujourd'hui les jeux dérisoires de lumières projetés sur des murs sombres, tels que les évoque Pagnol dans Jazz.


Pour le monde intellectuel catholique, en particulier celui des séminaires, cette situation nous paraît avoir une première explication. Nous payons ici au prix fort l'abandon de la métaphysique dans l'enseignement des élites catholiques. Il n'y a pas un seul des auteurs précédemment cités qui n'ait été métaphysicien. Quoi qu'on puisse penser ou soutenir, la morale ou l'éthique, individuelle ou sociale, a nécessairement un soubassement métaphysique, ne serait-ce que parce qu'elle repose toute entière sur le concept de nature, qui est la substance d'une chose en tant qu'elle est inclinée à sa fin. Or on a depuis longtemps oublié la leçon de Pie XI, qui soulignait, dans sa lettre Unigenitus Dei Filius
(1924), qu'il n'est pas plus possible d'être bon théologien sans philosophie que d'être bon philosophe sans théologie.

Le pape Benoît XVI a apporté une autre réponse à votre question, plus générale, dans son encyclique Spe salvi, en rappelant qu’il n’en est pas des progrès moraux comme des progrès scientifiques [ou du moins techniques, devrait-on corriger, car le progrès scientifique connaît ce que les scientifiques appelent des "changements de paradigme" ou de systèmes de pensée, qui sont distincts des progrès techniques] : ils ne s’additionnent pas. Malheureusement ! La raison en est que l’histoire morale est une histoire de la liberté, de sorte que chaque homme, et chaque génération, qui est un nouveau commencement, a la redoutable faculté de s’enrichir du passé... ou de le ruiner. L'histoire des sociétés est ainsi une histoire du fils prodigue dont il n'est pas assuré qu'elle ait le même dénouement. Cela donne le vertige, mais c’est ainsi. On peut par exemple « aller à Thomas », selon l’invitation constante des papes, comme on peut « aller au néant ». Et c'est ainsi que 1968 a pu être, comme le dit le P. François Daguet, o.p., « la fin du christianisme comme civilisation ». Je suis convaincu qu'une bonne partie de la doctrine sociale de l'Eglise est inintelligible à beaucoup à cause de cette absence de philosophie. Comment dès lors accéder utilement aux auteurs précédemment évoqués, et comment faire actuellement rayonner leur pensée, ou l'enrichir encore ?
Cela aussi fait partie de la responsabilité de chacun. A nous de choisir, jusque sur le terrain politique, si nous voulons être un chaînon vivant de valeurs, inscrites dans une tradition, ou si nous préférons assumer les ruptures opérées, en ponctuant cette inusable politique du chien crevé au fil de l'eau d'indignations impuissantes.

Rémi Morin.-
A l’évidence, le choix de la plupart, pour notre génération, semble être définitivement fait... A ce constat, et compte tenu de la vitesse du courant, on peut légitimement se demander s’il peut y avoir encore des institutions à proprement chrétiennes. En France, cette question est accolée à des circonstances historiques particulières, parce que la rupture fondamentale qui s’est opérée en 1789 est bien une rupture avec le christianisme lui-même comme ciment institutionnel. Il y a bien, d’un côté, des institutions d’Ancien Régime qui étaient 
chrétiennes et, de l’autre, des institutions démocratiques issues de la Révolution qui ont tragiquement pris le parti de ne l'être plus. Avec ce point d’orgue que vous évoquiez, mai 1968, qui marque la rupture d’une unité morale encore subsistante jusque-là, et l’apparition du relativisme éthique posé comme règle sociale. Dès lors, la démocratie moderne ne scelle-t-elle irrémédiablement l’impossibilité de réconcilier christianisme et “démocratie authentique”, rendant ainsi inéluctable une sorte de descente aux enfers progressive tournant à la négation échelonnée, de lois en lois, des droits fondamentaux de la personne humaine ?

Hermas.-
Grave question, à tous égards ! Sur le premier point, il n’est pas contestable que les institutions d’Ancien Régime, qui étaient explicitement chrétiennes, assuraient bien mieux un climat chrétien (c'est un euphémisme), par l’harmonie qu’elles établissaient entre les fins naturelles et surnaturelles de l’homme, de sorte qu’elles favorisaient aussi mieux le salut des hommes. De ce seul point de vue, elles mériteraient davantage d’intérêt et de respect de la part des catholiques de notre temps. A l’inverse, il est historiquement établi que la Révolution s’est déployée dans la haine du christianisme. Comme Jean de Viguerie l’a souligné, elle a provoqué des persécutions religieuses inconnues alors depuis Dioclétien, ne serait-ce que par le massacre de 8.000 prêtres, sans compter l'épisode inouï de cruauté et d'invention criminelle du génocide vendéen. Elle a également introduit des processus de dévitalisation chrétienne qui sont toujours puissamment à l’œuvre dans notre société. Le nier serait de l’aveuglement. L’hypothèse que vous évoquez d’une “descente aux enfers” en ce domaine n’a enfin rien de théorique, hélas, et bien des observateurs évoquent les glissements du régime démocratique de fait sur les pentes du totalitarisme ou de la tyrannie, même si cela fait encore sourire le plus grand nombre. La loi, qui est supposée tirer sa légitimité de la conformité au droit naturel, y taille régulièrement des brèches, toujours au nom de la démocratie, et par les manipulations mentales et sociales qu’elle autorise, dès l’école. C’est un fait.

Il faut cependant apporter ici une réserve importante, parce qu’il y a une tentation qui consiste, jusque dans certains milieux catholiques, à considérer que l’institution fait tout. Otez la démocratie, substituez-lui une monarchie catholique et vous retrouverez l’harmonie des fins. Sur le papier, en effet, cela tient. Cependant, dans la réalité, c’est une autre chose, parce qu’il n’y a pas de baguette magique pour produire cet effet. La politique est une sphère de la vie humaine qui ne peut pas ne pas compter sur la liberté, soit pour la favoriser, soit pour la réduire. C'est précisément cela que signifie le mot "politique" dans le langage d'Aristote et de saint Thomas : un domaine qui doit compter avec les aléas de la liberté. Avec quoi, avec qui et pour qui seront ces institutions parfaites ? Dans la même encyclique Spe salvi, le pape Benoît XVI a souligné que « la condition droite des choses humaines, le bien-être moral du monde, ne peuvent jamais être garantis simplement par des structures, quelle que soit leur validité. (…) Même les structures les meilleures fonctionnent seulement si, dans une communauté, sont vivantes les convictions capables de motiver les hommes en vue d’une libre adhésion à l’ordonnancement communautaire. La liberté nécessite une conviction ; une conviction n'existe pas en soi, mais elle doit toujours être de nouveau reconquise de manière communautaire » (Loc. cit.).


Ceci nous paraît être d’une extraordinaire lucidité. On peut bien avancer que de bonnes institutions contribuent à faire des hommes bons. Ce n’est évidemment pas faux, ce pourquoi il faut y travailler. Mais deux difficultés se présentent. D’abord, lorsqu’elles existent, il y faut des hommes qui jouent le jeu, qui « conspirent »
au bien auquel ces institutions sont ordonnées, sans quoi elles s’effondrent. Cela ne va pas de soi. La chute de l’Ancien Régime doit autant à ses ennemis qu’à ses élites - qui se confondaient souvent. Ne dit-on pas que la cour du roi Très-Chrétien était athée ? Ensuite, s’il s’agit de les instaurer ou de les restaurer, que faut-il faire ? La tâche est impossible sans que soient vivantes les convictions « capables de motiver les hommes en vue d’une libre adhésion à [cet] ordonnancement communautaire », sauf à verser dans la tyrannie. Imaginez, par exemple, ce que devrait faire un gouvernement "bon" s'il advenait qu'il en fût soudainement constitué un. Que devrait-il décider, par exemple, au sujet de l'avortement ? La nécessité de ce consensus est d'une importance capitale. Les nostalgiques de structures anciennes paraissent, pour l'ordinaire, n'y prendre pas assez garde parce que, dans le fond, ils s'attachent plus à la structure qu'à l'homme pour lequel elle est faite, et d'avantage à l'idée qu'ils se forgent du monde qu'à la réalité du monde lui-même. En cela, quoi qu'ils en aient, ils sont des modernes, gagnés à l'esprit du temps. C’est un fait sur lequel, pour le moins, les acquis de la philosophie politique médiévale demeurent pourtant dans toute leur force : une société politique est une société d’hommes concourant actuellement à une fin commune, sur la base de valeurs communes.

Nous en revenons alors à notre point de départ, c'est-à-dire à LA question politique par excellence, lancinante : que faire pour créer cette base ? Ce n’est pas à l’histoire, certes utile en son ordre, d’apporter la réponse mais à nos actes libres, à nos engagements de chrétiens d’ici et de maintenant, pour témoigner prophétiquement de nos convictions, les rendre convaincantes et les faire partager. Il n'y a rien d'inéluctable, ni dans cette société, ni dans une autre, tant que des chrétiens peuvent se lever, avec d'autres hommes de bonne volonté, pour tenter de construire une société plus juste. Puisque nous invoquons l'histoire, on ne peut pas oublier que l'espérance chrétienne, avec d'autres facteurs, a eu raison du communisme soviétique, lequel, à tant d'égards, en constituait pourtant l'exacte négation.

Bouder cet engagement-là, qu'on le veuille ou non, c'est prendre sa part de ce qui advient sans lui. En morale sociale comme en morale individuelle, le volontaire, et le moralement responsable, peut être constitué par l'acceptation passive du mal. Cela peut s'exprimer en termes extrêmement concrets : quand une loi mauvaise est promulguée - et cela adviendra probablement bientôt, selon nos sources, au sujet des couples homosexuels - on trouve toujours de bons esprits pour le déplorer. On en trouve beaucoup moins qui se mobilisent pour les prévenir quand il en est encore temps. Est-il nécessaire de rappeler que l'Eglise nous en fait un devoir ? Ainsi que le rappelait récemment Mgr Garcia-Gasco, cardinal-archevêque de Valence (Espagne),
« Celui qui veut grandir dans l'amour selon le modèle de Jésus-Christ, ne peut pas mettre entre parenthèses ses obligations à l’égard de la communauté dans laquelle il vit » [Ici].

(à suivre)

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Commentaires

merci pour cette série d'articles profonds et enrichissants. On attend la suite du feuilleton avec impatience...
Commentaire n°1 posté par Aloïsius le 13/03/2008 à 15h58
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