Communautés

Mardi 4 mars 2008 2 04 /03 /2008 12:00

Par La rédaction
garcia-gasco.jpg Le rôle du politicien est de servir le bien commun et de garder, protéger et favoriser ses valeurs fondamentales.

Si les politiciens n'ont pas pour perspective première le bien commun, leurs propositions politiques seront inappropriées. Les jolies phrases, les slogans et les promesses ne suffisent pas. Les électeurs savent parfaitement faire la différence entre ceux qui se fondent sur des éléments qui profitent à tous et ceux qui ne représentent qu’eux-mêmes, ou une fraction idéologique de la société. Sans référence au bien commun, l'action politique perd son sens principal.

L'Eglise a toujours enseigné la primauté du bien commun et, ce faisant, elle a instruit de bons citoyens pour chaque État. Celui qui veut grandir dans l'amour selon le modèle de Jésus-Christ, ne peut pas mettre entre parenthèses ses obligations à l’égard de la communauté dans laquelle il vit. Au contraire, il doit mettre tous ses efforts à contribuer au bien commun, lequel de réalise pleinement lorsque tous les citoyens sont assurés dans leurs droits.

Ce n’est pas en l’identifiant plus ou moins subtilement à l’idéologie qui accompagne un gouvernement que l’on peut procurer la meilleure éducation aux vertus civiques, mais par un engagement persévérant et efficace pour obtenir que les droits humains soient véritablement offerts à tous, spécialement aux plus faibles et aux plus nécessiteux.

Plus y aura de personnes à s’engager en faveur des droits et de la dignité de la personne humaine, et meilleure sera la démocratie. Plus il y aura de citoyens à se prévaloir des libertés publiques pour agresser ceux qui ne pensent pas comme eux, et plus nous nous éloignerons de la démocratie. Les hommes et les femmes qui aspirent à acquérir ou à conserver une responsabilité publique doivent bien se rappeler que leur conduite est un langage d'éducation pour les citoyens.

La démocratie est confirmée ou niée chaque fois que l’un de ses acteurs s’engage en faveur ou contre les droits et la dignité de l'homme. Les hommes et les femmes qui aspirent à acquérir ou à conserver une responsabilité publique doivent bien se rappeler que leur conduite est un langage d'éducation pour les citoyens, parfois plus éloquent que les gestes médiatiques ou les phrases d'impact bien calculées. Les actions, les mots et les gestes des politiciens et des personnages publics peuvent contribuer à enrichir ou à appauvrir la coexistence des citoyens. Ils sont le miroir dans lequel les citoyens se regardent, dans l'attente de voir confirmées les valeurs humaines et politiques désirées.

Malgré les coups d’effets qui peuvent être obtenus grâce aux stratagèmes propres à cette société médiatique, rien ne peut effacer la responsabilité éthique et sociale de l’engagement politique. Les droits humains, spécialement ceux des plus vulnérables et des plus menacés, sont les clés éthiques objectives du bien commun, qui exigent des acteurs publics qu’ils s’y accordent par un idéal de respect profond pour les personnes qui aille très au-delà des calculs d’opportunité ou de rentabilité électorale.

La campagne électorale est l’occasion de présenter un scénario d'éducation aux valeurs. Les programmes et les projets qui sont guidés par des querelles, des opportunismes ou des gestes de stratégies mensongères auront du mal à aller au-delà de l’instant éphémère d'une gloire médiatique. Quand le politicien s’adresse aux citoyens, il doit exprimer un respect profond envers l’électorat, lequel demande à ses représentants cohérence et dignité pour dynamiser la vie communautaire.

L'Église catholique veut contribuer à la rénovation des valeurs véritablement démocratiques et apporter sa conviction de la primauté des valeurs spirituelles sur les valeurs matérielles. Il ne sera jamais juste de construire artificiellement une culture athée, une société sans référence religieuse. La démocratie est pleinement justifiée lorsqu’elle permet à l’être humain de vivre plus dignement, lorsqu’elle favorise son initiative, sa créativité, sa hauteur de vues et le porte à se préoccuper davantage du bien et des droits des autres, spécialement de ceux qui souffrent le plus ou qui sont plus délaissés.

Le jeu démocratique ne coïncide pas avec la recherche d’une victoire électorale à tout prix. Il exprime que l’on a appris à vivre dans le respect total de la dignité de chacun, selon ce idéal que « tous les droits sont pour tous ».

Avec ma bénédiction et mon affection,

+ Agustín García-Gasco
Cardinal archevêque de Valencia (Espagne)
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