Partager l'article ! De l'actualité du christianisme dans nos sociétés (I): Le P. Thomas Rosica, basilien, directeur de la tél ...
Le P. Thomas Rosica, basilien, directeur de la télévision catholique « Sel et Lumière », et ancien coordinateur canadien des JMJ de Toronto en 2002, a adressé un discours sur la sainteté et les jeunes aux participants du rassemblement « Rise Up » du « Catholic Christian Outreach » (CCO), le 30 décembre 2007, à Calgary, dans l'Etat de l'Alberta. Même s'il est adressé à des canadiens, le thème de ce très beau texte nous parait intéresser l'Eglise universelle et l'ensemble du monde occidental, qui doit être préoccupé de la place à réserver à Dieu. S'il est un peu long, ce texte mérite vraiment d'être lu in extenso !
________Excellences, Mgrs Miller et Prendergast,
Confrères prêtres, frères et soeurs,
Chers amis de Catholic Christian Outreach,
Au cours de notre première session aujourd'hui le professeur Reginal Bibby a abordé l'état de la religion et de la pratique de la foi dans notre pays avec des statistiques sociologiques surprenantes peut-être pour certains et consolantes pour d'autres. La foi, la religion et la spiritualité restent un sujet brûlant au Canada ! L'année qui tire maintenant à sa fin a vu émerger une question importante dans le monde et spécialement dans notre vaste « terre natale » ; Y a-t-il une place pour Dieu dans notre monde d'aujourd'hui ? Le débat sur les accommodements raisonnables au Québec porte sur ses racines ancestrales et sur l'immigration, l'histoire et la culture, mais il porte aussi beaucoup sur la place de la religion et de la foi au Québec et au Canada. Dieu merci, le cardinal Marc Ouellet a remis la religion et la foi au premier plan au cours des derniers mois, non seulement au Québec, mais aussi au Canada.
Y a-t-il de la place pour Dieu et pour la sainteté dans le Canada d'aujourd'hui ? Quelle sorte de révolution est nécessaire pour ramener Dieu dans notre société ? Comment pouvons-nous redécouvrir les révolutionnaires de la sainteté qui ont traversé l'histoire du Canada et l'histoire de notre Église ? Est-ce le lieu pour de nouveaux révolutionnaires de la sainteté au Canada et dans le monde aujourd'hui ? Chaque crise que traverse l'Église, chaque crise que traverse le monde, est une crise de la sainteté et une crise des saints. La sainteté est cruciale parce qu'elle est le visage de l'Église.
Il y a bien longtemps, dans sa lettre à la communauté d'Éphèse, saint Paul écrit : « Vous n'êtes plus des étrangers ni des gens de passage, vous êtes citoyens du peuple saint, membres de la famille de Dieu, car vous avez été intégrés dans la construction qui a pour fondations les Apôtres et les prophètes ; et la pierre angulaire c'est le Christ Jésus lui-même. En lui, toute la construction s'élève harmonieusement pour devenir un temple saint dans le Seigneur. En lui, vous êtes, vous aussi, des éléments de la construction pour devenir par l'Esprit Saint la demeure de Dieu. » (Éphésiens 2, 19-22)
Quel est le « temple saint » que nous sommes appelés à construire ? Quelle est cette nouvelle révolution ? Comment pouvons-nous devenir des citoyens avec les saints ? Au cours de ma présentation, j'aimerais considérer cette révolution extrême de la sainteté et vous donner un aperçu de cette seconde citoyenneté que nous avons tous !
La vie dans le Christ est une vie de saintetéL'histoire de la fondation du christianisme est la vie du Christ. La religion chrétienne demeure la réponse de l'humanité à la venue du Christ comme la révélation de l'amour de Dieu ; par l'attention à sa Parole, la contemplation de sa vie, de sa mort et sa résurrection ; et par l'obéissance à sa volonté que son amour soit exprimé à tous les êtres humains : personne ne doit être exclu du cercle de son amour.
La liturgie de l'Église catholique fait revivre sur un an les événements de la vie du Christ, l'un après l'autre, et rappelle constamment la vie de ceux et celles qui ont prêté attention à la vie du Christ, héroïquement. Le cycle liturgique que nous vivons cette semaine en est un parfait exemple, il nous fait revivre les évènements de la vie du Christ : la naissance de Jésus à Bethléem est immédiatement suivie par la fête du martyre d'Étienne, la fête de Jean l'évangéliste, le martyre des Saints Innocents, la fête d'un autre grand martyre - saint Thomas Becket, et aujourd'hui, la fête de la sainte famille. L'Église nous enseigne que nous ne pouvons pas demeurer à l'étable de Bethléem mais que nous devons nous rendre en Galilée, puis à la colline du Calvaire, à Jérusalem, là où l'histoire entière atteint son sommet. Comme nous passons de fêtes en fêtes, nous passons d'admirateurs à imitateurs de Jésus, nous devenons plus disciples et nous grandissons en sainteté.
Les Béatitudes: un tracé pour la saintetéLes béatitudes du Sermon sur la Montagne (Mt 5, 1-12) sont une recette pour cette sainteté radicale. La sainteté est un mode de vie qui implique l'engagement et l'activité. Elle n'est pas un effort passif, mais plutôt un choix continu pour approfondir sa relation personnelle avec Dieu et ensuite pour permettre à cette relation d'orienter toutes nos actions dans le monde. La sainteté exige un changement radical de mentalité et d'attitude. Le fait d'accepter l'appel à la sainteté place Dieu comme notre objectif final dans tous les aspects de nos vies. Cette orientation fondamentale vers Dieu lui-même enveloppe et soutient nos relations avec les autres êtres humains. Soutenue par une vie vertueuse et enrichie par les dons de l'Esprit Saint, notre vie en Dieu nous attire toujours plus proche de lui-même, jusqu'au jour où nous le verrons face à face dans le Ciel et où nous atteindrons l'union totale avec Lui.
Un saint est un ami de Dieu qui prend au sérieux les béatitudes dans sa vie. Chacun de nous est appelé à devenir un ami de Dieu. Nous faisons grandir notre amitié avec Dieu comme avec les autres en devenant présent à Dieu, en parlant avec Dieu, en étant généreux avec Dieu. Ici et maintenant, nous pouvons trouver la sainteté dans notre expérience personnelle en persévérant dans l'effort sur notre lieu de travail, en élevant patiemment nos enfants, en construisant de bonnes relations à la maison, à l'école et au travail. Si nous faisons de toutes ces choses une partie de notre réponse aimante à Dieu, nous sommes sur la voie de la sainteté. Cette nécessité de bons exemples est aussi importante dans le domaine de la vie chrétienne. Dans ce but, l'Église encourage la dévotion aux saints. Un saint est quelqu'un qui « a vécu (ou vit) dans la pratique des vertus selon son état, de manière fidèle, constante, et jusqu'à l'héroïsme. »
Beaucoup pensent que la sainteté est un privilège réservé seulement à une élite. En fait, devenir un saint est le devoir de chaque chrétien, et même plus, nous pourrions même dire que c'est la tâche de tout le monde ! Combien de fois avons-nous pensé que les saints n'étaient que des « excentriques » que l'Église exalte pour notre admiration ; des gens qui n'étaient pas représentatifs et en décalage avec la réalité humaine ? C'est certainement vrai de tous ces hommes et femmes qui étaient « excentriques » littéralement : Ils déviaient du centre, de la pratique habituelle, de la manière ordinaire de faire les choses, les méthodes établies. On peut toutefois voir les saints d'une autre façon, en considérant qu'ils se situent « radicalement au centre ».
Nous avons besoin de l'exemple de ces saints, femmes et hommes, qui n'avaient pas de modération mais seulement de l'exubérance ! Il s'agissait de gens avec des affections ordinaires, qui ont pris Dieu au sérieux et étaient donc libres d'agir avec exubérance. La réponse du saint à l'amour extravagant de Dieu est également immodéré, marqué par la fidélité et l'engagement total. G. K. Chesterton disait : « [Ces] personnes ont exagéré ce que le monde et l'Église avaient oublié ».
Les « saints » comme le disent les catholiques d'aujourd'hui, sont ceux qui, dans l'opinion des autres gens, ont réussit dans cette entreprise. L'Église catholique romaine « canonise » certains saints, en les plaçant sur la liste (canon) de ceux qui ont reçus le sceau de son approbation après une longue étude et un processus de discernement. Les saints qui ne sont pas dans le canon sont beaucoup plus nombreux que ceux qui y sont ; et parfois un saint qui est dans le canon ne reçoit pas ou peu de vénération des hommes d'aujourd'hui. Ce sont toujours les gens qui décident si quelqu'un est pour eux un héros. Et s'il y a une époque où les jeunes hommes et femmes ont besoin d'authentiques héros, c'est bien la nôtre. L'Église comprend que les saints, leurs prières et leurs vies, sont pour les hommes sur la terre, et que la sainteté, à titre d'honneur terrestre, n'est pas convoitée par les saints eux-mêmes. Une vie de saint est toujours nouvelle et surprenante, mais aussi toujours la même. Les vies de saints sont racontées encore et encores pour ceux qui les entendent, dans le but de clarifier pour eux des enjeux, de les inspirer et de les confronter à des choix qu'eux seuls peuvent faire par eux-mêmes.
Le pape Jean-Paul II : pape de la saintetéLa beauté du christianisme c'est que quelqu'un peut atteindre la grandeur sans renommée ou sans aventure lointaine. L'Église reconnaît la vaillante endurance des hommes et des femmes qui témoignent de l'Évangile chaque jour dans un monde qui devient ouvertement plus hostile aux chrétiens. En près de 27 années de pontificat, le pape Jean-Paul II a donné à l'Église 1338 bienheureux et 482 saints. Certains à l'intérieur de l'Église reprochent à Jean-Paul II d'avoir créé une « inflation » des saints de et des bienheureux. Je suis en désaccord avec ces voix, surtout après plusieurs années de travail avec des jeunes comme vous dans cette salle. Vous avez désespérément besoin de vrais héros et héroïnes, modèles et témoins de foi et de vertu que le monde du sport, du cinéma, de la science et de la musique ne peut pas apporter.
Jean-Paul II nous a rappelé que les héros et les héroïnes que le monde offre aux jeunes d'aujourd'hui sont terriblement imparfaits. Ils nous laissent vides. Les véritables « stars » du pontificat de Jean-Paul II sont les saints et les bienheureux qui n'ont pas essayé d'être regardé comme des héros, de choquer ou de provoquer. Pour croire que la grandeur est à notre portée, nous avons besoin de modèles de réussite à imiter.
Karol Wojtyla était lui-même un témoin extraordinaire qui, par son dévouement, ses efforts héroïques, sa longue souffrance et sa mort, a communiqué le puissant message de l'Évangile aux hommes et aux femmes d'aujourd'hui. Une grande part du succès de son message tient au fait qu'il a été entouré d'une immense nuée de témoins qui se tenait près de lui et le soutenait tout au long de sa vie. Pour Jean-Paul II, l'appel à la sainteté n'exclut personne; elle n'est pas le privilège d'une élite spirituelle.
Le serviteur de Dieu Jean-Paul II a beaucoup parlé aux jeunes de l'appel à la sainteté et de la vocation à devenir des saints. Rappelez vous son message pour les Journées Mondiales de la Jeunesse de l'an 2000 à Rome. Il a écrit à ses chers jeunes amis du monde entier ces paroles inoubliables qui sont devenue le cri de ralliement de la plus grande célébration du Jubilé :
« Jeunes de tous les continents, n'ayez pas peur d'être les saints du nouveau millénaire! Soyez contemplatifs et aimant de la prière, cohérent avec votre foi et généreux au service de vos frères, membres actifs de l'Eglise et artisans de paix. Pour réaliser cet engageant projet de vie, restez à l'écoute de sa Parole, prenez des forces dans les Sacrements, spécialement de l'Eucharistie et de la Pénitence. Le Seigneur vous veut apôtres intrépides de son Evangile et constructeurs d'une nouvelle humanité. »
Deux ans plus tard, pour nos Journées Mondiales de la Jeunesse au Canada, Jean-Paul II a abordé une nouvelle fois le thème de la sainteté et des saints, dans le message qu'il nous a adressé :
« De même que le sel donne de la saveur aux aliments et que la lumière éclaire les ténèbres, de même la sainteté donne le sens plénier à la vie, en en faisant un reflet de la gloire de Dieu. Combien de saints, même parmi les jeunes, compte l'histoire de l'Église ! Dans leur amour pour Dieu, ils ont fait resplendir leurs vertus héroïques à la face du monde, devenant des modèles de vie que l'Église a présentés en vue de leur imitation par tous. Parmi eux, il suffit de rappeler: Agnès de Rome, André de Phú Yên, Pedro Calungsod, Joséphine Bakhita, Thérèse de Lisieux, Pier Giorgio Frassati, Marcel Callo, Francisco Castelló Aleu ou encore Kateri Tekakwitha, la jeune Iroquoise appelée "le lys des Mohawks". Chers jeunes, par l'intercession de cette foule immense de témoins, je prie le Dieu trois fois saint de vous rendre saints, les saints du troisième millénaire. »
À la messe de clôture au parc Downsview, le dimanche 28 juillet 2002, le pape Jean-Paul II a lancé ce défi:
« Et si, au plus profond de votre coeur, vous entendez résonner le même appel au sacerdoce ou à la vie consacrée, n'ayez pas peur de suivre le Christ sur la voie royale de la Croix! Dans les moments difficiles de l'histoire de l'Eglise, le devoir de la sainteté devient encore plus urgent. Et la sainteté n'est pas une question d'âge. La sainteté, c'est vivre dans l'Esprit Saint, comme l'ont fait Kateri Tekakwitha, ici en Amérique, et de nombreux autres jeunes. »
Le pape Benoît XVI a poursuivi dans la dynamique des invitations de Jean-Paul II, à exhorter à la sainteté lors des Journées Mondiales de la Jeunesse à Cologne en Allemagne. Lors de la célébration d'ouverture le 18 août 2005, Benoît XVI s'est adressé ainsi à la foule de jeunes du monde entier :
« Chers jeunes, l'Église a besoin de témoins authentiques pour la nouvelle évangélisation: des hommes et des femmes dont la vie a été transformée par la rencontre avec Jésus; des hommes et des femmes capables de communiquer cette expérience aux autres. L'Église a besoin de saints. Nous sommes tous appelés à la sainteté et seuls les saints peuvent rénover l'humanité. Beaucoup nous ont précédés sur ce chemin d'héroïsme évangélique et je vous exhorte à recourir souvent à leur intercession. »
Le Saint-Père a poursuivit sur ce thème à la grande veillée du samedi soir, le 10 août 2005, à Marienfeld :
« C'est le grand cortège des saints - connus ou inconnus -, par lesquels le Seigneur, tout au long de l'histoire, a ouvert devant nous l'Evangile et en a fait défiler les pages; c'est la même chose qu'il est en train de faire maintenant. Dans leur vie, comme dans un grand livre illustré, se dévoile la richesse de l'Evangile. Ils sont le sillon lumineux de Dieu, que Lui-même, au long de l'histoire, a tracé et trace encore. »
Peu après, le pape Benoît XVI s'est exclamé au cours de cette assemblée apocalyptique de plus d'un million de jeunes pèlerins rassemblés en prières à Marienfeld:
« Les saints, avons-nous dit, sont les vrais réformateurs. Je voudrais maintenant l'exprimer de manière plus radicale encore: c'est seulement des saints, c'est seulement de Dieu que vient la véritable révolution, le changement décisif du monde. »
Quelle révolution pour ramener Dieu dans la société canadienne ?
Peu avant Noël cette année, le pape Benoît XVI s'est adressé aux mouvements d'action catholique en Italie. Il parla de la jeune Italienne Antonia Meo, dont les vertus héroïques viennent d'être reconnues par la congrégation pour les causes des saints. Antonia, surnommée affectueusement Nennolina, est morte du cancer des os en 1937, peu avant son septième anniversaire. Le Saint-Père a rappelé combien pendant sa brève vie, elle « montra une foi, une espérance et une charité toute spéciale » et, la présentant comme un modèle pour les jeunes, il affirma que « son existence si simple, mais si importante, prouve que la sainteté est pour tous les âges : pour les bébés, les jeunes, les adultes et les personnes âgées. »Benoît XVI affirmait : « Elle a parcouru rapidement l'autoroute qui conduit à Jésus... Qui est en fait le vrai « chemin » qui conduit au Père, et vers sa demeure et notre demeure définitive qui est le ciel. (...) Jésus est le chemin qui conduit à la vraie vie, la vie qui ne finit jamais. Il s'agit souvent d'un chemin raide et étroit, mais si nous nous laissons attirer par Lui, il est toujours splendide, comme sur un sentier de montagne : plus on monte, plus il devient facile de contempler en bas de nouveaux panoramas, toujours plus beaux et plus vastes. Le voyage est fatigant, mais nous ne sommes pas seuls. ... L'important, c'est de ne pas quitter notre chemin, sinon nous risquons de tomber dans un abysse ou de nous perdre dans les bois. »
Les mots du Pape pour décrire la sainteté et la sont clairs, simples et immanquables: voyager rapidement : « L'autoroute qui conduit à Jésus est une voie qui est toujours splendide, comme sur un sentier de montagne : plus on monte, plus il devient facile de contempler en bas de nouveaux panoramas, toujours plus beaux et plus vastes. Le voyage est fatigant mais nous ne sommes pas seuls. »
CCO et la nouvelle révolutionJeunes hommes et femmes du CCO, vous êtes des amis des saints ! J'ai pu accompagner bon nombre d'entre vous pour notre grand pèlerinage historique sur les pas des saints et bienheureux en août 2005. Qui peut oublier notre rencontre avec la communauté carmélite cloîtrée à Cologne où vécu Édith Stein, née juive, là où l'une des grandes saintes du dernier siècle a commencé un voyage qui l'amena finalement au camp de la mort d'Auschwitz. Sainte Thérèse Bénédicte de la Croix nous apprend à chercher la vérité en toute chose, et à aimer Jésus, l'homme de la Croix. Elle partagea le destin de ses frères et soeurs juifs à Auschwitz, plutôt que d'utiliser son baptême pour échapper à la réalité de l'Holocauste.
À Munich, nous avons réfléchi sur les saints et bienheureux de la seconde guerre mondiale et de la période nazie. Le bienheureux Rupert Mayer, S.J., était un prêtre jésuite allemand, mieux connu pour ses prédications et ses efforts apostoliques à Munich entre les premières et secondes guerres mondiales. Le père Mayer a allumé le feu de l'amour de Dieu dans la ville de Munich.
Quand nous avons visité la fameuse université de Munich, nous y sommes allés comme pèlerins et chercheurs, désirant professer notre foi chrétienne à la façon des « martyrs de la rose blanche » : Kurt Huber, Hans et Sophie Scholl et leurs pairs. Ils étaient des jeunes riches de foi et avaient une vision œcuménique profonde. Bien qu'ils aient vécu à un moment différent, ils sont d'une importance énorme. Plusieurs de leurs jeunes amis se sont associés au groupe et ont également perdu leurs vies en résistant à la machine de guerre et à l'idéologie nazies. Les étudiants de la "Rose blanche" sont des exemples qui montrent que tous les Allemands n'ont pas suivi aveuglément Hitler.
Quand nous avons franchi la frontière en Italie du Nord, nous avons été les invités de la famille du bienheureux Pier Giorgio Frassati, ce jeune homme sportif décédé à l'âge de 24 ans à Turin en 1925. À son époque, le jeune Frassati incarnait l'activisme politique, la solidarité, le travail pour la justice sociale et les pauvres, la piété authentique et la dévotion, l'humanité et la bonté, la sainteté, la simplicité, la foi et la charité. Pas étonnant qu'à sa béatification en 1990, le pape Jean Paul II l'appela : « L'homme des huit béatitudes. »
Dans la ville de Mesero en Lombardie près de Milan, nous avons réfléchi pendant deux jours sur la vie et le témoignage de Gianna Beretta Molla. La décision finale de la jeune mère pour la vie de sa fille Gianna Emmanuela fut la fleuraison naturelle et le point culminant d'une vie extraordinaire de vertus et de sainteté, de désintéressement et de joie tranquille. Qui ne peut oublier la véritable communion des saints qui nous fut partagée par le mari de sainte Gianna, Pietro Molla, et ses enfants !
Continuant vers Assise, nous avons réfléchi sur les vies de deux saints bien-aimés d'Ombrie, François et Claire. Pour François, la norme était toujours le Christ et seulement le Christ. Dans la petite église de San Damiano qui était alors en ruine, François entendit ces mots qui lui était adressés de la croix : « Vas, répare ma maison, comme tu peux le voir, elle est en ruines. » Benoît XVI résuma bien la mission de François : « Cette maison" était d'abord sa propre vie, qui devait être "réparé" à travers une conversion authentique : c'était l'Église, non pas celle faite de briques, mais de personnes vivantes, qui ont toujours besoin de purification. »Alors que nous entendions l'histoire de Claire, l'amie bien-aimée de François, nous avons réalisé que partout où les franciscains se sont établis dans l'ensemble de l'Europe, là également sont allés les Pauvres Clarisses, dépendant seulement de l'aumône et obligées d'avoir une foi complète en Dieu pour recevoir grâce d'autrui. Claire et François nous enseignent la signification de l'amitié, de la pureté et de la dévotion saintes.
Arrivant dans la ville éternelle de Rome pour la partie finale du voyage, nous avons passé quatre jours au Vatican. C'est là que la génération de Vatican II a découvert la vie de l'architecte et de celui qui a rêvé du Second Concile du Vatican, Angelo Roncalli - le bienheureux Jean XXIII. Dès le début, « Papa Giovanni » s'est fait aimer par des millions de personnes de partout par sa chaleur et sa vision contagieuse. Il a souligné la pertinence de l'Église dans une société qui change rapidement et il a fait ressortir les vérités les plus profondes de l'Église au sein du monde moderne.
Quatre autres citoyens du Royaume de DieuAujourd'hui, je voudrais vous offrir quatre saintes femmes et saints hommes pour votre face book CCO qui nous montrent la voie sur la route nous menant au ciel. Nous avons besoin de leur vie, de leur vision et de leur exemple pour nous soutenir, nous encourager, et nous aider à devenir des révolutionnaires de sainteté en notre époque.
Marie : Notre-Dame de Lourdes et l'Immaculée conceptionOn dit de la bienheureuse Mère de Dieu que l'amour lui a donné des milliers de noms et titres. L'un des titres et dogmes importants par lesquels nous connaissons Marie est « l'Immaculée conception ». Le 11 février 1858, une jeune fille de 14 ans, Bernadette Soubirous, affirma qu'une belle dame lui était apparue dans la grotte isolée de Massabielle à l'extérieur de la ville de Lourdes dans la région sud-ouest de la France. La dame s'identifia plus tard comme « l'Immaculée conception » et apparu à Bernadette 18 fois.
Même le scepticisme initial des autorités locales de l'Église servit de moment de purification au grand message de Lourdes qui continue de résonner dans le monde entier. Il y a très peu de lieux de pèlerinage sur terre où l'on peut éprouver le mystère de la croix et la signification de la douleur rédemptrice qui sont au cœur de la vie chrétienne.
Beaucoup de gens supposent toujours incorrectement que l'Immaculée conception se rapporte à la conception du Christ. En fait, elle se rapporte à la foi que Marie, par faveur divine spéciale, était sans péché dès le moment où elle fut conçue. Sans la conscience du péché originel, l'Immaculée conception n'a pas de sens. Par le dogme de l'Immaculée conception, Dieu était présent et vivant chez Marie dès les premiers moments de sa vie. La grâce de Dieu est plus grande que le péché; elle vainc le péché et la mort.
Quand nous honorons la Mère de Dieu sous le vocable « Immaculée conception », nous reconnaissons en elle un modèle de pureté, innocence, confiance, curiosité enfantine, révérence, respect, vivant paisiblement à côté d'une conscience mature que cette vie n'est pas simple. Il est rare de trouver la révérence et la sophistication, l'idéalisme et le réalisme, la pureté, l'innocence et la passion, à l'intérieur de la même personne comme nous le trouvons en Marie. Quelque chose à l'intérieur de nous aspire toujours à l'innocence, la pureté, la fraîcheur et la confiance. Si nous perdons ces derniers, nous nous trouvons cyniques et désillusionnés avec un mécontentement qui nous vient précisément d'avoir vécu, d'avoir ouvert nos yeux, d'avoir la connaissance sans innocence. Nous devons tenir cette innocence et expérience avec une tension appropriée. Par l'Immaculée conception et Notre-Dame de Lourdes, nous avons une image de l'humanité et de la divinité chez nous. Dieu est en effet à l'aise en notre présence et nous dans la sienne.
Récemment, le pape Benoît XVI a autorisé des indulgences spéciales pour marquer le 150ième anniversaire des apparitions de Lourdes que nous célébrons cette année. Aujourd'hui, je demande à notre Notre-Dame de Lourdes de continuer d'inonder de simplicité, de révérence, d'idéalisme, de réalisme, de pureté, d'innocence, de passion et de conviction CCO; ces mêmes cadeaux ont été par le passé offerts à une jeune paysanne de Lourdes qui a eu une vision et un dialogue incroyable avec la Mère même de Dieu. Cette vision et ce dialogue continuent à apporter au monde souffrant soulagement et d'espoir.
Saint Joseph : patron de l'Église universelle et du Canada, modèle de masculinité et de paternité
Le deuxième grand exemple et modèle pour nous en est un que nous prenons souvent pour acquis à ce moment de l'année. Saint Joseph est souvent éclipsé par la gloire du Christ et la pureté de Marie. Mais il a, lui aussi, attendu que Dieu lui parle et il lui a répondu avec obéissance. On nous dit que Joseph était un menuisier, (plus probablement un constructeur), un homme qui travaillait pour sa famille. Saint Joseph a révélé dans son humanité le rôle unique des pères pour proclamer la vérité de Dieu par les mots et l'action. Les défis présents de la paternité et de la masculinité ne peuvent pas être compris en isolation de la culture dans laquelle nous vivons. L'effet du père absent sur les enfants est profondément alarmant. Combien d'entre nous ont été affecté par la crise de la paternité? Combien de nous ont été privés d'un père ou d'un grand-père dans nos vies ?
Saint Joseph est un grand exemple de virilité, de masculinité et de paternité. Sa situation paradoxale de « père adoptif de Jésus » nous amène à découvrir la vérité au sujet de la paternité. D'abord, parce qu'il s'est tenu comme un père face à un garçon qui était son fils seulement dans le sens légal, il se rendait bien compte, comme chaque père devrait le sentir, qu'il a servi comme représentant de Dieu le Père. En second lieu, saint Joseph a compris que lui, un simple homme conçu et né dans le péché, avait reçu la mission de diriger cette famille de Nazareth. Il n'a pas négligé cette autorité et ne l'a pas utilisé pour un gain égoïste. Au contraire, il a exercé sa responsabilité dans une parfaite humilité, au service de sa famille. Troisièmement, Joseph protégeait et pourvoyait aux besoins de Jésus et Marie. Il lui donna le nom de Jésus, lui enseigna comment prier, comment travailler, comment être un homme. Même si aucun mot ou texte ne lui sont attribués, nous sommes sûrs que Joseph a prononcé deux des mots les plus important qui pouvaient être dits lorsqu'il nomma son fils « Jésus » et qu'il l'appela « Emmanuel ».
Joseph, le « père nourricier » du Seigneur révèle que la paternité est plus que le simple fait biologique de la génération. Un homme est plus un père quand il s'investit lui-même dans la formation morale et spirituelle de ses enfants. Les vrais pères et les vrais hommes sont ceux qui communiquent la puissance paternelle et la compassion. Ils sont les hommes de la raison au milieu des passions conflictuelles ; hommes de conviction qui restent toujours ouvert à un véritable dialogue sur les différences ; des hommes qui ne demandent rien qu'ils ne risqueraient pas eux-mêmes. Joseph est un homme chaste, fidèle, travailleur, simple et juste. Il nous rappelle qu'un foyer, une communauté ou une aumônerie universitaire ne sont pas construits sur le pouvoir et les possessions, mais sur la bonté, non pas sur la richesse et les biens, mais sur la foi, la fidélité, la pureté et l'amour mutuel."
A SUIVRE