Partager l'article ! Attali et la démocratie...: (Source et autres commentaires ici) On peut se féli ...
On peut se féliciter qu'un rapport - un de plus - vienne pointer certaines améliorations permettant de relancer la croissance économique qui nous fait tant défaut. Il n'en reste pas moins que la commission dite Attali pose, plus encore que les précédentes, un véritable problème démocratique par le comportement de ses membres autant que par celui du gouvernement.(Source et autres commentaires ici)
Voilà, en effet, une commission - désignée on ne sait trop comment - d'experts plus ou moins auto-proclamés, sans aucune garantie ni intellectuelle, ni statutaire, d'indépendance, qui se croit autorisée à prendre des "décisions" (c'est comme cela que sont appelées ce qui devrait être des propositions...), dont le président se répand dans les médias en tsar intransigeant de la vérité universelle. Il est même grossier : pour preuve, on rappellera les insultes proférées à l'encontre de M. Goasguen, député, qui avait l'outrecuidance de n'être pas d'accord avec M. Attali : Claude Goasguen, qui a osé critiquer publiquement "la République des experts", sous-entendant qu'il n'était pas aberrant de penser que c'est aux élus du peuple de proposer et d’avaliser les réformes, s'est vu dire sur Europe 1 par Jacques Attali que lui et ses godillots préférerait certainement "la République des imbéciles, où il aurait certainement toute sa place"... (à écouter ICI - pour un florilège de certaines des sentences ainsi distribuées par cet homme à l'égo quelque peu démesuré, voir ICI). Un tel comportement traduit une état d'esprit bien peu compatible tant avec les exigences de la démocratie qu'avec la lucidité et la réflexion intellectuelle véritablement honnête qui devrait présider aux travaux d'une commission.
Voilà une commission, sans légitimité démocratique, ni responsabilité d'aucune sorte, qui s'investit d'un pouvoir de décision et d'orientation politique, avec la bénédiction a priori (!) du président de la République et du gouvernement.
Or, les électeurs français, qui ont voté pour un président et un parlement, n'ont pas voté Attali, ne lui ont pas donné de mandat et n'ont pas approuvé son programme personnel de gouvernement.
Ils n'ont pas permis au gouvernement et au parlement d'abdiquer leur rôle et leurs pouvoirs au profit d'un technocrate, ancien idéologue de François Mitterand en 1981 (marquée par une très forte idéologie et une bien moins forte croissance, je crois me souvenir !) et dont les frasques financières et la mégalomanie a laissé un excellent souvenir à la BERD (Banque européenne pour la reconstruction et le développement de l'Europe de l'Est) dont il a été mis à la porte prématurément (par des imbéciles certainement).
Sa mégalomanie méprisante est d'autant plus malvenue qu'on lui cherche en vain un quelconque succès dans sa longue carrière technocratique.
La composition obscure de la commission n'est d'ailleurs pas plus rassurante. Et il est d'autant plus inquiétant de constater la pusillanimité du gouvernement, qui s'est préalablement lié les mains en acceptant a priori d'appliquer toutes les propositions sans se réserve de bénéfice d'inventaire, que ce rapport, bouclé bien rapidement, avec bien peu de consultations et apparemment pas mal d'idées reçues, ait manifestement été sous la coupe des gros lobbyes de grands (grande distribution, gros cabinet d'avocats américains...), que M. Attali fréquente depuis si longtemps dans les salons de la République, et à qui il entendu manifestement faire de gros cadeaux aux conséquences sociales et économiques bien douteuses. On aurait pourtant souhaité qu'il prenne en considération la pression fiscale et para-fiscale qui achève notamment les classes moyennes autrement que pour proposer une hausse de la TVA et de la CSG...
Souhaitons que le gouvernement ait un peu de courage et que le parlement fasse son travail en triant avec lucidité le contenu de ce qui ne doit rester qu'un "rapport" - pour ne pas présenter plus de garanties de qualité et d'indépendance que certains slogans publicitaires - sans céder à l'oukaze du "tout ou rien" de M. Attali, même s'il est ce magicien détenteur du savoir universel pour lequel il se prend. A chacun son travail, nonobstant les égos.