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Nouvelle incursion dans l'actualité présidentielle, puisqu'aujourd'hui le Président de la République doit être reçu au Vatican par le Saint Père !
Ce voyage est « extrêmement important » à la fois pour des « raisons diplomatiques » et des raisons d'intérêt « national », a indiqué le porte-parole de l'Elysée, David Martinon lors du point presse du 13 décembre, « puisque la diplomatie du Saint-Siège est une diplomatie extrêmement active et influente : c'est un partenaire qui compte et c'est un allier de poids pour un grand nombre de sujets, un grand nombre de dossiers importants en ce moment même ».
Diplomatie tout d'abord donc, et de citer le Liban, la Terre Sainte, l'Afrique et l'Amérique latine : « Le Liban, puisque le Saint-Siège s'implique et s'est impliqué de longue date pour essayer de trouver une solution pour assurer la stabilité du Liban, où comme vous le savez, les autorités religieuses ont une grande importance. Le Vatican est aussi présent sur le conflit palestino-israélien et il était d'ailleurs représenté à la conférence d'Annapolis. De façon générale, le Vatican est sensible à l'évolution des communautés chrétiennes au Moyen-Orient, mais aussi sur le continent africain où le Vatican continue de jouer un rôle de médiateur sur un certain nombre de dossiers. J'ai dit l'Afrique mais j'aurais aussi pu citer l'Amérique latine où le Vatican est très présent ».
Le porte-parole de l'Elysée a encore souligné, pour ce qui est du point de vue « national », le « respect » et « l'attachement » du président français « de façon générale à la question spirituelle ». « Le président de la République avait eu l'occasion, rappelait M. Martinon, de s'interroger et de s'exprimer sur la question des religions dans la République française. Il avait, en 2004, écrit un livre d'entretiens avec le Père Philippe Verdin, qui s'appelait ‘La République, les religions, l'espérance'. Ce sera l'occasion pour le président de redire son respect et son attachement, non à une religion en particulier, même si la religion chrétienne tient une place importante en France de par l'histoire et l'actualité, mais de façon générale à la question spirituelle, puisqu'il a toujours considéré qu'elle était au cœur d'un grand nombre de concitoyens, quelle que soit leur confession ».
Il est tout de même "amusant" de constater que, par des contorsions politiquement correctes, l'Elysée en vienne à taire le fait qu'outre l'histoire et l'actualité, 65 % des français sont catholiques et chrétiens à plus de 70 % (contre 3 % de musulmans, cf. l'article consacré à cette question, ICI)... Ces chrétiens commencent à en avoir un petit peu assez d'être traités comme s'ils n'étaient qu'une minorité parmi d'autres, avec les mêmes réalités et les mêmes besoins ! Ils sont également en droit d'être agacés par cette espèce de positivisme spiritualiste imbécile, fondé sur une inculture historique crasse et supine, sottement assumée, qui avait déjà porté le précédent Président, de fort oubliable mémoire, à s'opposer résolument à la reconnaissance politique de l'héritage chrétien de l'Europe.
Non, Messieurs, ne vous en déplaise, le christianisme n'est pas une religion comme une autre; il ne peut se satisfaire du soi-disant respect indifférentiste dont vous prétendez l'entourez. Non par arrogance, non par prétention à quelque empire que ce soit sur les consciences, mais en raison de ce titre ineffaçable selon lequel RIEN de ce que vous prétendez être ne serait sans lui. Ni le sens de la personne et de la vie, ni le sens du droit, ni le sens de la loi, ni le sens de l'égalité, de la solidarité ou de la démocratie n'existeraient en cette société sans lui. Ni même - est-il nécessaire d'ajouter, dans des circonstances historiques qui mettent en avant la présence de l'islam - le sens de la laïcité, qui s'est construit sur la distinction évangélique du spirituel et du temporel. C'est un fait auquel nul ne peut se soustraire, et l'Eglise conserve aujourd'hui son rôle en défendant, contre vous souvent, le respect de ces acquis que vous dissipez.
Seuls sont vôtres l'ingratitude historique, l'amnésie, le desséchement matérialiste, l'atomisation de la société, le déracinement des consciences, le culte des égoïsmes et de l'Argent. Votre prétendue prise en compte d'un attachement des Français à la "question spirituelle" ne procède au mieux que de la nostalgie d'un ciment social détruit que vous pressentez être incapables de remplacer.
Espérons que cette visite sera l'occasion pour le Président de la République, qui ne dédaignera pas de devenir chanoine d'honneur du Latran (pourquoi, au fait, si cela ne signifie pas d'attachement particulier au christianisme ?) d'en prendre quelque peu conscience, la grâce aidant, et d'avoir le courage de le reconnaître. Ses échanges avec le Saint-Père, dont on peut espérer qu'ils seront fructueux, devraient pouvoir l'y aider.
Il s'agit là, après tout, d'une intention de prière majeure.