Communautés

Mercredi 5 décembre 2007 3 05 /12 /Déc /2007 21:09

Par La rédaction
    99-002688.jpg Nous sommes dans la première semaine de l’Avent. Or voici que toutes les rues sont déjà illuminées comme en plein Noël, que les églises et les maisons ont déjà leurs crèches, comme si, finalement, le premier jour de l’Avent n’était que l’ouverture d’un temps festif. Ainsi que le relève Anna Weaver, sur le site de CAN, « les gens sont parfois tellement obsédés par la préparation de Noël, au mois de décembre, qu’ils en oublient les quatre semaines de l’Avent ».

Or l’Avent n’est pas Noël. Il n’en est que la préparation. Comme le carême est une préparation à la fête de Pâques. Le parallèle n’est pas gratuit. Traditionnellement, en effet, l’Avent est considéré comme « un petit carême ». Il en est ainsi également pour toutes ces grandes épiphanies, pour lesquelles il nous est demandé de préparer, dans la conversion personnelle, les voies de Celui qui vient.

Que prépare-t-on en effet ici ? Rien moins que la venue du Sauveur. Traditionnellement encore, la prédication catholique donne une triple dimension à cette attente. Il ne s’agit pas en effet de préparer seulement le joyeux anniversaire de l’Incarnation, avec, accessoirement, « ses jouets par milliers » et ses dindes, mais aussi de méditer sur le retour à venir du Christ en gloire, « qui viendra juger les vivants et les morts », et de cultiver dans cet entre-deux sa venue en nos âmes, dans l’extraordinaire logique de cette incarnation rédemptrice.

« Il est juste, disait saint Bernard, que vous célébriez l'avènement de notre Seigneur avec toute la dévotion possible, qu'une si grande consolation vous comble de bonheur, qu'une si grande grâce vous remplisse d'étonnement et qu'une telle charité vous enflamme d'amour. Mais ne vous contentez point de penser à son premier avènement, quand il vint chercher et sauver ce qui avait péri, mais songez aussi au second, quand il viendra pour nous emmener avec lui. Ah ! je voudrais vous voir sans cesse occupés à méditer sur ces deux avènements, à ruminer dans vos âmes la pensée de tout ce qu'il a fait dans le premier et de tout ce qu'il promet dans le second. Je voudrais vous voir vous endormir dans la méditation de ce double héritage. Ce sont là les deux bras de l'Epoux, dans lesquels l'Epouse reposait lorsqu'elle disait : “Sa main gauche est sous ma tête et il m'embrasse, de sa main droite”. En effet, “dans sa main gauche, comme nous le lisons ailleurs, se trouvent la richesse et la gloire ; et dans la droite, la longueur des jours” » (4ème Sermon sur le 3ème dimanche de l’Avent).
    Loin de la frénésie festive et mercantile de ces jours, l’Avent catholique constitue une invitation à la méditation, à un certain repos contemplatif sur ces grandes perspectives eschatologiques, à la lecture des saintes Ecritures, dont la liturgie propose des textes importants, à quelques pénitences consenties, par exemple dans le manger. Et puis, bien sûr, à une prière plus régulière et plus fervente. Les époux auront ainsi à cœur de se stimuler dans cette voie et d’y conduire leurs enfants, autour de ces symboles, par exemple, que nous avons évoqués dans un article précédent. Il est si facile notamment de rallumer chaque jour la ou les bougies de l’Avent avec eux, pour la prière du soir, et d’y méditer avec eux un petit passage de l’Evangile.

En bien des circonstances de la vie, être catholique réclame des choix de vie, qui peuvent être exigeants et douloureux. Mais ici, tout est chaleur, espérance et consolation, dans l’intimité de Notre-Dame. Comme il serait dommage de se priver de la richesse de ce temps liturgique pour se laisser emporter, une fois encore, par l’air du temps.
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Publié dans : Spiritualité - Communauté : Chrétiens et heureux de croire
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