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On se souvient, bien sûr, de la polémique née l'an passé de l'intervention des évêques français qui avaient critiqué le célèbre et fructueux Téléthon. Il ne s'agissait pas pour eux d'en critiquer le principe, mais l'affectation des sommes recueillies. La situation étant inchangée, les évêques se manifestent à nouveau sur cette question. C'est le cas, en particulier de Mgr Raffin, évêque de Metz, dans une déclaration du 9 novembre dernier. En voici le texte.
La campagne du Téléthon 2007, on le sait, est pilotée depuis Metz. Un fort engagement des médias à la cause qu’il défend a fait que le Téléthon est devenu, depuis sa première édition en 1987, une grande opération nationale de solidarité destinée à financer les recherches susceptibles de guérir les myopathies.
L’Association Française contre les Myopathies (AFM), créée en 1958, favorise et soutient, grâce aux fonds recueillis à l’occasion du Téléthon, des recherches destinées à découvrir l’origine des maladies neuromusculaires et plus largement des maladies d’origine génétique, et à développer des thérapies classiques ou plus innovantes comme la thérapie génique ou la thérapie cellulaire.
Mais, en même temps, une partie des fonds de la collecte du Téléthon – un peu moins de 2% - est affectée à la recherche sur les embryons.
Certes, je me réjouis de ce que la solidarité nationale finance des recherches concernant la santé – encore que celles-ci pourraient être financées par les seuls fonds publics –, mais je ne puis être d’accord avec le financement de recherches, si minimes soient-elles, en contradiction manifeste avec l’éthique, même dans un cadre strictement défini par la Loi : le légal en effet n’est pas forcément moral.
L’embryon humain n’est jamais un objet utilisable au gré d’intérêts divers, même si, parmi ces intérêts, il y a la guérison possible de maladies graves.
Par conséquent, tant que l’on n’offrira pas aux donateurs la possibilité de s’opposer à l’affectation éventuelle de leurs dons à la recherche sur les embryons, il m’est impossible de soutenir la campagne du Téléthon".
+ Fr. Pierre RAFFIN, o.p.
évêque de Metz
La finale de l'évêque dominicain peut surprendre : "Il m'est impossible de soutenir la campagne du Téléthon". Elle donne curieusement à entendre que les organisateurs de cette manifestation l'aurait personnellement invité à la soutenir. La raison en échappe d'autant plus que l'épiscopat a manifesté ses plus claires réserves à cet égard. On ne voit dès lors pas que lesdits organisateurs se soient aventurés à demander à l'évêque de Metz - qui n'est pas le pittoresque Mgr Gaillot - un soutien si manifestement contraire à ces réserves.
En réalité, au regard d'une question qui concerne le droit naturel, opposable à tous, ce "il m'est impossible de soutenir..." doit plutôt être entendu comme : "On ne peut pas soutenir..." ou, plus limitativement : "Un chrétien ne peut pas, en conscience, soutenir..." Si nous ne nous trompons pas, ne serait-il pas plus simple et plus éclairant de l'exprimer ainsi ?
Puisque c'est bien au regard d'un jugement moral universel que la question finalement se pose, et non au regard d'une appréciation prudentielle personnelle, on ne nous en voudra pas de préférer cette formulation. Au reste, l'essentiel demeure : les conditions actuelles d'affectation des fonds recueillis ne permettent pas à un chrétien, en particulier, de soutenir cette entreprise, si utile soit-elle au demeurant.