Jeudi 15 novembre 2007
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Par La rédaction
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"Quarante-trois ans après la promulgation de la Constitution Lumen gentium sur l'Église, son chapitre V sur les
laïques conserve une étonnante actualité, son langage lui-même n'ayant pas tellement vieilli. Nous savons que le deuxième chapitre de la Constitution, portant sur le Peuple de Dieu, «
concerne à titre égal laïques, religieux et clercs » (n.30), mais il convenait qu'un chapitre spécial traite de la mission des laïques dans l'Église et dans le monde, compte
tenu que les pasteurs « n'ont pas été institués par le Christ pour assumer à eux seuls tout l'ensemble de la mission salutaire de l'Église » (ibid) et que les laïques ont une vocation propre au sein de l'Église.
La description que donne la Constitution des fidèles laïques les distingue des clercs et des religieux et les présente comme les chrétiens qui,
étant incorporés au Christ par le baptême, intégrés au Peuple de Dieu, faits participants à leur manière de la triple fonction de l’Église, exercent pour leur part dans l’Église et dans
le monde la mission qui est celle de tout le peuple de Dieu.
Tout en affirmant que « le caractère séculier est le caractère propre et particulier » (n.31), la Constitution n’en souligne pas moins leur mission évangélisatrice par le
témoignage et la parole, par la sainteté de leur vie et par leur contribution à faire advenir le règne de Dieu. Pour la majorité des fidèles laïques cette mission s’accomplit d’abord
dans la famille, mais aussi dans le monde du travail, dans la société où ils sont insérés, dans le monde économique et politique.
À l’époque du Concile Vatican II on ne parlait pas encore d’agentes et d’agents de pastorale, mais la Constitution en posait les fondements lorsqu’elle affirmait que « les pasteurs
doivent reconnaître et promouvoir la dignité et la responsabilité des laïques dans l’Église » (n.38) et plus précisément lorsqu’elle affirme que « les laïques peuvent encore,
de diverses manières, être appelés à coopérer plus immédiatement avec l’apostolat hiérarchique, à la façon de ces hommes et de ces femmes qui étaient des auxiliaires de l’apôtre Paul
dans l’Évangile » (n.33)
Dix ans après la fin du Concile Vatican II, le Pape Paul VI dans son encyclique sur L’évangélisation dans le monde moderne affirmait : « Il est certain qu’à côté des ministères
ordonnés, grâce auxquels certains sont mis au rang des Pasteurs et se consacrent d’une manière particulière au service de la communauté, l’Église reconnaît la place de ministères non
ordonnés, mais qui sont aptes à assurer un service spécial de l’Église ».
On pourra trouver aussi dans l’Exhortation apostolique de Jean-Paul II sur La vocation et la mission des fidèles laïques dans l’Église et dans le monde une actualisation du
chapitre IV de la Constitution Lumen gentium. Je note ce passage : « Les pasteurs doivent reconnaître et promouvoir les ministères, les offices et les fonctions des fidèles laïques,
offices et fonctions qui ont leur fondement sacramentel dans le Baptême, dans la Confirmation, et de plus, pour beaucoup d’entre eux, dans le mariage » (n.23).
Plus près de nous, l’Exhortation apostolique qui a suivi le Synode des évêques sur L’Église en Amérique reprend les mêmes propos que j’ai évoqués plus haut sur la vocation et la mission
des laïques dans l’Église et dans le monde, et sur la vocation spéciale de ceux et celles que nous appelons ici « agents ou agentes de pastorale ».
Qui que nous soyons dans l’Église, puissions-nous être fidèles à notre vocation propre et à
notre vocation commune tout en oeuvrant à la mission d’évangélisation qui est celle de tout le peuple de Dieu."
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+ Mgr Jacques Berthelet
Evêque de Saint Jean Longueuil (ICI)