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Nous nous faisions l’écho – dans un article du 5 juillet dernier (ICI) – de l’appel lancé par Mgr Maroy, évêque congolais (RDC), pour alerter les dirigeants de son pays et la communauté internationale sur les risques d’une reprise de la guerre civile dans l’Est du pays.
Son appel n’a pas suscité grande réaction.
Depuis août 2007, les combats ont repris et embrasé la région de Goma. Les populations de cette région sont pourtant parmi les plus éprouvées par la décennie de guerre civile et/puis avec les turbulents voisins de l’Est. Elles pensaient avoir retrouvé la paix depuis quelque temps. Mais c’était oublier les préoccupations humanistes de ce bienfaiteur de l’humanité, le général déchu Laurent Nkunda, qui n’a pas eu grand mal à trouver des partisans pour déclencher une nouvelle rébellion, dont les premières victimes ne sont pas les autorités de Kinshasa, mais bien la population civile, victime, une fois encore, d’exactions multiples et qui a été contrainte à l’exil.
Une trêve avait été signée depuis septembre, qui n’a pas été respectée : depuis le week-end dernier, les combats à l’arme lourde ont repris et auraient fait plus de cent morts (officiellement…) hier. Le général déchu, manifestement menacé par l’armée gouvernementale, demande aujourd’hui un cessez-le-feu. Pour réarmer ?
Au-delà du discours idéologique commode mais périmé qu’emploient certains responsables africains pour masquer leurs propres turpitudes ou incompétences, qui fait de l’Afrique une pure victime (de la colonisation, de la communauté internationale, de l’insuffisance d’aides publiques, de l’interventionnisme occidental, etc.), on ne peut nier que l’Afrique soit aujourd’hui surtout victime d’un manque d’Etat, lié à la corruption endémique et au manque d’élites dignes de ce nom. Avec, il est vrai, des complicités extérieures, longtemps occidentales et aujourd'hui surtout chinoises.
Ce n’est pas politiquement correct, mais ceux qui aiment et connaissent l’Afrique, qui ne supportent pas de voir un continent si riche saigné au profit des comptes en banque d’une clique de responsables se désintéressant du sort des populations, en sont tous conscients. Avant de donner encore plus, il faut donner mieux ; avant de soutenir un président, il faut qu’il en soit digne.
Cela n’en prend pas forcément le chemin. L’Europe, qui donne pourtant beaucoup pour l'Afrique, est prompte à s’auto-flageller sur les souvenirs de la colonisation (que tout le monde juge avec des yeux du XXIème siècle et la complaisance d’idéologues médiatiques, en oubliant qu’elle a eu des aspects positifs et, surtout, qu'elle est devenue une arme pour certains responsables africains, qui y cherchent une excuse facile à leurs incompétences) et sur les questions d’immigration.
On vient d’apprendre qu’il avait été décidé d’inviter M. Robert Mugabe au sommet Europe-Afrique, malgré l’opposition de la Grande-Bretagne (que l’on se plaît, c’est rare, à voir aussi ferme sur une telle question) envers celui qui est un despote tragique, qui affame son peuple, pour subsister. L’aider à durer nous vaudra certainement dans quelques temps la joie de financer des programmes alimentaires d’un pays dont les ressources importantes – c’était le grenier de l’Afrique austral – ont servi à alimenter les comptes suisses d’une clique sanglante… Et la joie de pouvoir nous reprocher, un fois de plus, d’avoir soutenu un dictateur.