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Mardi 9 octobre 2007 2 09 /10 /Oct /2007 10:04

Par La rédaction

logovatican-1.jpg Le pape Benoît XVI a lancé vendredi dernier, lors d’une audience aux membres de la Commission théologique internationale,  un appel à redécouvrir la loi naturelle, fondement incontournable de la coexistence démocratique, que les humeurs d’une majorité de circonstances ou de l’activisme d’un lobby ne peuvent méconnaître pour établir eux-mêmes les critères provisoires du bien ou du mal.

Le pape a exposé ce qu’il considère comme l’antidote au « relativisme éthique », à savoir la loi naturelle, c’est-à-dire la « norme écrite par le Créateur dans le cœur de l’homme », qui lui permet de distinguer le bien du mal.

Il a relevé qu’aujourd’hui, en partie à cause de « facteurs d’ordre culturel et idéologique, la société civile et laïque se trouve dans une situation d’égarement et de confusion : on a perdu la preuve originelle des fondements de l’être humain et de son action éthique, et la doctrine de la loi morale naturelle se heurte à d’autres conceptions qui en sont la négation directe ».

Le pape a ainsi déclaré :

« Tout ceci a des conséquences énormes et graves dans l’ordre civil et social. Une conception positiviste du droit semble dominer chez de nombreux penseurs aujourd’hui. Selon eux, l’humanité, ou la société, ou en fait la majorité des citoyens, devient la source ultime de la loi civile », a-t-il encore constaté.

« Le problème qui se pose n’est donc pas la recherche du bien mais celle du pouvoir, ou plutôt de l’équilibre des pouvoirs ».

« A la racine de cette tendance se trouve le relativisme éthique, dans lequel certains voient même l’une des principales conditions de la démocratie, car le relativisme garantirait la tolérance et le respect réciproque des personnes ».

« Mais s’il en était ainsi, la majorité d’un instant deviendrait la source ultime du droit. L’histoire montre très clairement que les majorités peuvent se tromper ».

« La vraie rationalité n’est pas garantie par le consensus d’un grand nombre, mais uniquement par la transparence de la raison humaine à la Raison créatrice et l’écoute commune de cette Source de notre rationalité ».

« Lorsque sont en jeu les exigences fondamentales de la dignité de la personne humaine, de sa vie, de l’institution familiale, de l’équité de l’ordre social, c’est-à-dire les droits fondamentaux de l’homme, aucune loi faite par les hommes ne peut modifier la norme écrite par le Créateur dans le cœur de l’homme, sans que la société elle-même ne soit touchée de manière dramatique dans ce qui constitue sa base essentielle ».

La loi naturelle devient ainsi « la véritable garantie offerte à chacun pour vivre libre et respecté dans sa dignité, et protégé de toute manipulation idéologique, de toute décision arbitraire et abusive du plus fort », a souligné Benoît XVI.

« Personne ne peut se soustraire à cet appel. Si en raison d’un obscurcissement tragique de la conscience collective, le scepticisme et le relativisme éthique parvenaient à effacer les principes fondamentaux de la loi morale naturelle, l’ordre démocratique lui-même serait blessé de manière radicale dans ses fondements ».

Le pape estime que, pour combattre cet obscurcissement, « qui est une crise de la civilisation humaine avant d’être une crise de la civilisation chrétienne, il faut mobiliser toutes les consciences des hommes de bonne volonté, laïcs ou même appartenant à des religions différentes du christianisme, afin qu’ensemble et concrètement, ils s’engagent à créer, dans la culture et dans la société civile et politique, les conditions nécessaires pour que l’on prenne pleinement conscience de la valeur inaliénable de la loi morale naturelle ».

Car « l’avancée des individus et de la société sur le chemin du progrès authentique en conformité avec la raison droite, qui est participation à la Raison éternelle de Dieu » dépend en effet du respect de la loi morale.

Dans son discours, le pape cite le n. 1955 du Catéchisme de l’Eglise catholique qui précise que : « La loi naturelle énonce les préceptes premiers et essentiels qui régissent la vie morale. Elle a pour pivot l’aspiration et la soumission à Dieu, source et juge de tout bien, ainsi que le sens d’autrui comme égal à soi-même. Elle est exposée en ses principaux préceptes dans le Décalogue. Cette loi est dite naturelle non pas en référence à la nature des êtres irrationnels, mais parce que la raison qui l’édicte appartient en propre à la nature humaine ».

Il est des principes qu’une majorité, même démocratiquement élu, ne peut nier, ni modifier à sa guise, pour n’être que provisoire, de circonstances et sans légitimité au regard de ce socle qui constitue l’essence même de l’homme et de sa dignité. La législateur et les lobbies doivent faire preuve d’une certaine humilité.

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Publié dans : Droit
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