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Mardi 2 octobre 2007 2 02 /10 /Oct /2007 17:06

Par La rédaction

Le débat sur les tests ADN rebondit, à l’occasion de l’examen de la question  par le Sénat. Un amendement au texte adopté par l’Assemblée nationale a été proposé, un peu embarrassé, en vertu duquel, d’une part la filiation devait être ainsi établie à l’égard « de la mère du demandeur de visa » plutôt qu’à l’égard d'au « moins l’un des deux parents » et, d’autre part les frais de tests resteraient à la charge de l’Etat. Mais rien n’y fait, la commission des lois n’en a pas voulu.

Ce n’est pas que nous tenions nous-mêmes à ce texte tapageur – dont la plupart semblent s’accorder au moins sur ce point : qu’il ne servirait à rien. Mais il est étonnant de voir tant de mobilisation d’indignations et pourtant si peu d’approches rationnelles. M. Raffarin a, de nouveau, fait entendre sa voix. Mais c’est assez dire qu’il n’y avait pas grand chose à entendre. M. de Villepin s’est exprimé – comme on dit – sur Radio Notre-Dame ce matin, pour faire référence aux principes, à l’image de la France, etc. Mais pas un moment il n’a exposé ni quels étaient les principes en question, ni en quoi ceux-ci seraient mis à mal par le projet. Isabelle Adjani, une autorité, forcément, parle de « légalisation de la terreur », rien de moins. François Hollande, « d'atteinte à la nature et à la République » et Laurent Fabius y voit une assimilation, « en filigrane », entre « immigré et délinquant potentiel ».

La palme revient aujourd'hui à M. Pasqua, très remarqué, qui énonce que « le choix des tests ADN n'est pas acceptable ». Toujours la même affirmation péremptoire. Pourquoi ? Il suffit : ce n’est pas acceptable. Donc M. Pasqua ne l’accepte pas et personne ne doit l’accepter. Il ajoute, en guise d’explication : « Cela rappelle de mauvais souvenirs, à nous gaullistes. On sait l'usage qu'ont fait les nazis de la génétique ». Pourquoi les gaullistes seraient-ils plus concernés par ce « souvenir », bien malin qui peut le dire. Mais peu importe : l'essentiel est d'agiter l'épouvantail. M. Jean-Pierre Jouyet, secrétaire d'Etat aux Affaires européennes, déclare, quant à lui, que la mesure est « inopportune », ce qui est encore très éclairant. Sera-t-elle "opportune" un peu plus tard ?

A l’appui des incantations, des mouvements de manche, des clins d’œil à l’histoire et des clichés en tout genre, nous n’avons trouvé, quant à nous, que très peu de justifications rationnelles, et partant convaincantes, de la condamnation du test proposé. Comment, encore une fois, un tel test peut-il être jugé à ce point immoral, et assimilé à une pratique nazie, quand le même type de test est déjà légalement reconnu dans la législation française, notamment pour les reconnaissances ou les contestations de paternité, ou dans le cadre d’une action en vue d’une obtention ou d’une suppression de subsides ?

Nous préférons les réserves procédurales plus terre à terre exprimées par Amnesty international, qui fait valoir que l’amendement « risque de conduire les services consulaires à mettre systématiquement le doute sur l'authenticité des documents présentés et à considérer l'absence d'une telle demande comme la reconnaissance implicite d'une demande frauduleuse ». Au fond, comme nous avons déjà eu l'occasion de le souligner, la vraie question est de savoir si un Etat peut établir une politique restrictive d'immigration ou non. Beaucoup, à cette seule hypothèse, crieront au racisme, comme si la question raciale devait toujours intervenir en ce type de débat, par une sorte de racisme forcené.

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Publié dans : Droit
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