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« Je vous ai dit ces choses, pour que vous ayez la paix en moi.
Dans le monde vous aurez à souffrir. Mais gardez courage ! J'ai vaincu le monde » (Jn 16,33)

 

Hymne des JMJ - Sydney 2008
Jeudi 1 mai 2008
Avant la récitation de l’Angélus (prière mariale que nous indiquerons à la fin), le dimanche 11 juin 2007, fête de la Très Sainte Trinité  le Saint- Père, le Pape Benoît XVI, a prononcé un bref discours sur la Sainte Trinité, dans lequel il indiquait la place que Marie avait vis-à-vis de la Sainte Trinité. Il a déclaré :

« Parmi toutes les créatures, la Vierge Marie est le chef d'oeuvre de la Très Sainte Trinité : Dieu s'est préparé une demeure digne, dans son coeur humble et rempli de foi, pour mener à bien le mystère du salut. L'Amour divin a trouvé en Elle la correspondance parfaite et, en son sein, le Fils Unique s'est fait homme. Tournons-nous vers Marie, avec une confiance filiale, afin de pouvoir, avec son aide, grandir dans l'amour et faire de notre vie un chant de louange au Père par son Fils et dans l'Esprit Saint ».

Ce chef-d’œuvre, l’Eglise l’a découvert dans la première partie du récit de l’Annonciation dans l’évangile de Saint Luc. Relisons ce récit de l’Annonciation pour y découvrir toutes ses richesses, toute sa signification. Car Saint Luc est un auteur précieux et précis : « J’ai décidé moi aussi, après m’être informé soigneusement de tout depuis les origines (...) » (Luc 1, 3).

Auparavant, souvenons-nous que, dans l’évangile de Saint Luc, le récit est précédé d’une autre intervention divine : l’Archange Gabriel annonce au grand-prêtre Zacharie, qui vient offrir le sacrifice dans le Temple de Dieu, dans le "Saint des Saints" où les grands-prêtres seuls pouvaient entrer, la naissance de Jean-Baptiste, alors que le couple est déjà âgé, et surtout, que la femme de Zacharie, Elizabeth est stérile. Elizabeth a environ 45 ans et est cousine de Marie, comme nous l’avons vu, mais plus âgée qu’elle. Nous verrons cela plus en détails dans les réflexions sur la Naissance de Jésus.

Le récit de l’Annonciation à Marie commence en effet par l’indication : « Le sixième mois ». Il s’agit, bien sûr, du sixième mois depuis la conception de Jean-Baptiste. Et d’ailleurs, l’Archange Gabriel donnera à Marie ce signe :

« Et voici qu'Elisabeth, ta parente, vient, elle aussi, de concevoir un fils dans sa vieillesse, et elle en est à son sixième mois, elle qu'on appelait la stérile ». Lisons ce récit.

L’Annonciation  Luc, 1
26 Le sixième mois, l'ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée, du nom de Nazareth,
27 à une vierge fiancée à un homme du nom de Joseph, de la maison de David ; et le nom de la vierge était Marie.
28 Il entra et lui dit : « Réjouis-toi, comblée de grâce, le Seigneur est avec toi. »
29 A cette parole elle fut toute troublée, et elle se demandait ce que signifiait cette salutation.
30 Et l'ange lui dit : « Sois sans crainte, Marie ; car tu as trouvé grâce auprès de Dieu.
31 Voici que tu concevras dans ton sein et enfanteras un fils, et tu l'appelleras du nom de Jésus.
32 Il sera grand, et sera appelé Fils du Très-Haut. Le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David, son père ;
33 il régnera sur la maison de Jacob pour les siècles et son règne n'aura pas de fin. »
34 Mais Marie dit à l'ange : « Comment cela sera-t-il, puisque je ne CONNAIS pas d'homme ? »
35 L'ange lui répondit : « L'Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre ; c'est pourquoi l'être saint qui naîtra sera appelé Fils de Dieu.
36 Et voici qu'Élisabeth, ta parente, vient, elle aussi, de concevoir un fils dans sa vieillesse, et elle en est à son sixième mois, elle qu'on appelait la stérile ;
37 car rien n'est impossible à Dieu. »
38 Marie dit alors : « Je suis la servante du Seigneur ; qu'il m'advienne selon ta parole ! » Et l'ange la quitta.

« A une vierge fiancée » : Marie a un peu moins de 15 ans, elle était fiancée à son cousin Joseph, et ces fiançailles étaient considérées comme un mariage. La seule chose c’est que les fiancés ne pouvaient encore vivre ensemble. Marie est donc vierge. Et Joseph ne pouvait pas ne pas savoir que Marie avait décidé de se consacrer entièrement à Dieu en maintenant la virginité perpétuelle : et il avait accepté de la prendre pour épouse, en préservant sa virginité. Ce qui nous permet de comprendre pourquoi Joseph est un homme « droit », « juste » (cf Luc). Il a accepté de prendre Marie pour épouse, en sachant qu’elle serait pour lui comme une sœur ! Bel exemple de continence, de domination de son corps, que le monde actuel ferait bien de prendre comme exemple. Car Joseph était un homme comme tout le monde, dans la pleine force de l’âge, une trentaine d’années tout au plus. Mais il était « droit », il respectait les commandements de Dieu, les lois du mariage, et, à présent, la décision de Marie qu’il épouse au nom de la Loi, pour des questions légales, pour que l’héritage de la famille de Marie ne passe pas à une autre tribu.

Marie ne sait pas qu’elle a été Immaculée lors de sa Conception, que la puissance de Dieu l’a préservée de la faute originelle. Mais elle mène une vie sainte. Aussi, Elle n’a pas peur à l’arrivée de l’Ange, mais elle est troublée par cette salutation inhabituelle de l’Ange, vis-à-vis d’une être humain d’autant plus qu’il lui dit :

« Et l'ange lui dit : “Sois sans crainte Marie; car tu as trouvé grâce auprès de Dieu. Voici que tu concevras dans ton sein et enfanteras un fils, et tu l'appelleras du nom de Jésus” ».

Puis il ajoute :

32 Il sera grand, et sera appelé Fils du Très-Haut. Le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David, son père ;
33 il régnera sur la maison de Jacob pour les siècles et son règne n'aura pas de fin. »

« Fils du Très Haut », Dieu lui donnera « le trône de David son père ». Marie comprend que l’Ange lui annonce qu’elle sera la Mère du Messie, du Fils de David attendu depuis 10 siècles, et qu’il sera appelé « Fils du Très-Haut ». A-t-elle compris que c’était l’Incarnation du Fils de Dieu ? Ce n’est pas impossible, mais elle a pu le comprendre aussi dans un sens imagé, fils par adoption, comme l’était le Roi David et son descendant pour lequel Dieu disait : « Il sera pour moi COMME un fils ».

Toujours est-il que Marie ne se laisse pas impressionner par cette annonce qui aurait comblé les attentes de nombreuses filles en Israël : devenir la Mère du Messie ! Elle répond tout simplement, fidèle à la promesse qu’elle a faite à Dieu :

« Comment cela sera-t-il, puisque je ne CONNAIS pas d'homme ? »

« Je ne CONNAIS pas d’homme » : cette phrase mérite une explication, car peu la comprennent, ou beaucoup la comprennent mal. Marie connaît bien un homme, puisqu’elle est fiancée à Joseph, son petit cousin. C’est donc que le sens est différent. Et nous sommes devant le problème des traductions, certains mots n’existant pas dans une langue et dans l’autre.

« Connaître », dans la Bible, quand il s’agit des rapports entre un homme et une femme, indique les rapports conjugaux, dans un mariage légitime. Par exemple, « Abraham connut sa femme et elle conçut un enfant qu’elle nomma Isaac ». De même pour les parents de Samson, de Samuel (deux femmes stériles elles aussi, comme Elizabeth).

Certaines Bibles, même catholiques, mais sous influence œcuménique, pour éluder peut-être le problème (dans le souci de rapprocher les religions chrétiennes, mais aussi pour écrire en un langage commun que tous puissent comprendre) traduisent : « Comment cela se fera-t-il, puisque je suis vierge ? ». Ce qui n’a pas de sens et serait une réponse stupide dans la bouche de Marie.

A ce que je sache, normalement, une jeune fille croyante, (ainsi d’une catholique), arrive vierge au mariage, sans avoir eu auparavant de rapports sexuels avec son fiancé : elle est vierge jusqu’au moment où, « ne faisant plus deux, mais une seule chair », elle perd sa virginité pour s’ouvrir à la possibilité de la maternité, pour collaborer ainsi au dessein de Dieu, auquel tous deux ont accepté de collaborer : développer leur amour réciproque, mais un amour qui est source de vie et continue l’œuvre de Dieu. Notre société actuelle ferait bien de retrouver ce sens de la virginité, inscrite d’ailleurs dans la nature même de la femme.

Mais l’objection de Marie contient bien autre chose, que les traductions ne nous permettent pas de rendre en français, ni même en latin ou en grec. La forme du verbe indique une volonté, une décision qui a concerné le passé, qui concerne le présent, et qui concerne aussi l’avenir. En somme, en français il faudrait dire : « Puisque j’ai décidé de ne pas connaître, que je décide de ne pas connaître, et que, en conséquence je ne connaîtrai pas d’homme ». Autrement dit : puisque j’ai décidé de rester vierge. C’est cela qui nous permet de parler de la Sainte Vierge : Marie s’est consacrée. Elle a voulu rester vierge, elle est vierge, elle restera vierge, malgré le mariage “légal” prévu et déjà réalisé en partie avec Joseph. Elle le restera aussi après la naissance de Jésus.

La réponse de l’Ange ne se fait pas attendre :

« L'ange la rassure : “L'Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre ; c'est pourquoi l'être Saint qui naîtra sera appelé Fils de Dieu” ».

« Te prendra sous son ombre ». Pour bien comprendre cette expression, il faut se référer à l’Ancien testament, que Marie connaissait par cœur. Quand Dieu, sous la conduite de Moïse, fait sortir le Peuple d’Israël de l’esclavage d’Egypte, c’est Lui-même en personne qui le conduit, par une colonne de nuée, lumineuse de nuit et sombre de jour. Quand la nuée se déplaçait, le peuple levait le camp et allait de l’avant. Quand, après que Dieu eut donné les Tables de la Loi à Moïse, et eut fait construire l’Arche d’Alliance contenant ces Tables et de la Manne (le pain descendu du ciel par lequel Dieu nourrissait son peuple dans le désert), l’Arche fut déposée sous une Tente, Temple de Dieu. Et quand Dieu voulait parler à son peuple par l’intermédiaire de Moïse, la nuée reposait sur la Tente.
   
Quand Salomon eut fait construire un Temple à Jérusalem pour y déposer l’Arche d’Alliance dans le Saint des Saints, la Nuée remplit alors tout le Temple, manifestant la prise de possession par Dieu de ce Temple, lieu sacré, lieu où il avait décidé d’habiter ; et les prêtres, les lévites et même le Roi Salomon durent quitter le Temple, se sentant indignes de se trouver ainsi en présence du Dieu Tout-Puissant.
   
La nuée représente la présence de Dieu, d’une manière visible.

« La puissance du Très Haut te prendra sous son ombre » indique donc que Dieu prend possession entièrement de Marie en qui Il a décidé d’habiter, et que, par l’Esprit Saint, elle deviendra Mère de Celui qui sera appelé Fils du Très-Haut. Et comme le dira l’Ange par la suite, en donnant comme signe la future naissance de Jean Baptiste d’une femme stérile, « rien n’est impossible à Dieu », et donc Marie n’a rien à craindre : son désir de consécration à Dieu, son désir de ne pas connaître d’homme mais d’être toute donnée à Dieu sera maintenu. Elle sera Mère et Vierge.

Et donc l’enfant qui naîtra d’elle sera le Fils de Dieu Incarné, le Messie, le Fils de David ; il sera Roi et « Il régnera sur la maison de Jacob pour les siècles et son règne n'aura pas de fin », réalisant ainsi la promesse faite à David  (cf 2 Sam) qui voulait construire un Temple à Dieu pour y abriter l’Arche d’Alliance, surmontée de deux chérubins aux ailes étendues servant de trône idéal pour Dieu (« Dieu qui siège sur les chérubins ») :

2 Samuel, 7

2 le roi dit au prophète Natân : « Vois donc! J'habite une maison de cèdre et l'arche de Dieu habite sous la tente! »
3 Natân répondit au roi : « Va et fais tout ce qui te tient à cœur, car Yahvé est avec toi. »
4 Mais, cette même nuit, la parole de Yahvé fut adressée à Natân en ces termes :
5 « Va dire à mon serviteur David : Ainsi parle Yahvé. Est-ce toi qui me construiras une maison pour que j'y habite ?
6 Je n'ai jamais habité de maison depuis le jour où j'ai fait monter d'Égypte les Israélites jusqu'aujourd'hui, mais j'étais en camp volant sous une tente et un abri.
7 Pendant tout le temps où j'ai voyagé avec tous les Israélites, ai-je dit à un seul des juges d'Israël, que j'avais institués comme pasteurs de mon peuple Israël : «Pourquoi ne me bâtissez-vous pas une maison de cèdre ?»
8 Voici maintenant ce que tu diras à mon serviteur David : Ainsi parle Yahvé Sabaot. C'est moi qui t'ai pris au pâturage, derrière les brebis, pour être chef de mon peuple Israël.
9 J'ai été avec toi partout où tu allais; j'ai supprimé devant toi tous tes ennemis. Je te donnerai un grand nom comme le nom des plus grands de la terre.
10 Je fixerai un lieu à mon peuple Israël, je l'y planterai, il demeurera en cette place, il ne sera plus ballotté et les méchants ne continueront pas à l'opprimer comme auparavant,
11 depuis le temps où j'instituais des juges sur mon peuple Israël; je te débarrasserai de tous tes ennemis. Yahvé t'annonce qu'il te fera une maison.
12 Et quand tes jours seront accomplis et que tu seras couché avec tes pères, je maintiendrai après toi le lignage issu de tes entrailles et j'affermirai sa royauté.
13 C'est lui qui construira une maison pour mon Nom et j'affermirai pour toujours son trône royal.
14 Je serai pour lui un père et il sera pour moi un fils : s'il commet le mal, je le châtierai avec une verge d'homme et par les coups que donnent les humains.
15 Mais ma faveur ne lui sera pas retirée comme je l'ai retirée à Saül, que j'ai écarté de devant toi.
16 Ta maison et ta royauté subsisteront à jamais devant moi, ton trône sera affermi à jamais. »
17 Natân communiqua à David toutes ces paroles et toute cette révélation.


Mais cette promesse, « à jamais », ne s’était pas réalisée. Pas encore. En effet, David vivait vers l’an 1000 avant notre ère. Il eut des successeurs, dont beaucoup furent des impies et introduirent même dans le Temple construit par Salomon, les idoles des peuples voisins. L’un même immola son fils, selon les coutumes païennes de l’époque, pour construire sur son corps l’une des portes de Jérusalem.

La descendance de David régna jusqu’à Jéchonias, jusqu’en 597, date à laquelle Nabuchodonosor, Roi de Babylone assiégea Jérusalem, s’en empara et déporta une grande partie de la population à Babylone, y compris le Roi Jéchonias, auquel il fit crever les yeux. Sédécias, l’oncle de Jéchonias, un “collaborateur”, régna quelques années encore, refusa d’obéir aux ordres de Dieu transmis par le prophète Jérémie, et Jérusalem fut prise de nouveau, le reste de la population emmenée en exil, et le Temple détruit entièrement et ses trésors emportés à Babylone.

Depuis cette date, il n’y eut plus de Roi descendant de David en Israël. Et, au temps de Jésus, le pays était même occupé par les Romains. Mais le peuple attendait toujours : « Es-tu celui qui doit venir ou devons-nous en attendre un autre ? » disent les gens à Jean-Baptiste. Et, à plusieurs reprises, les gens veulent prendre Jésus pour le faire Roi. Les gens attendaient un Roi, humain, terrestre, un libérateur de l’oppression. La réalisation dépasse l’espérance : Jésus est Fils de David, par le sang. Il est Roi : « Tu le dis, je le suis » dit-il à Pilate, mais mon Royaume n’est pas de ce monde. Il est homme, Roi… et Dieu : c’est pourquoi l’annonce faite à David, puis enfin à Marie se réalise :

32 Il sera grand, et sera appelé Fils du Très-Haut. Le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David, son père ;
33 il régnera sur la maison de Jacob pour les siècles et son règne n'aura pas de fin. »

Fils de David, Fils du Très-Haut, il règnera à jamais. C’est le Christ-Roi, que nous célébrons dans la liturgie à la fin de l’année liturgique.

Marie répond tout simplement :

« JE SUIS LA SERVANTE DU SEIGNEUR ; QU'IL M'ADVIENNE SELON TA PAROLE ! ».

Et, à ce moment, s’accomplit ce qu’il y a de plus grandiose dans l’histoire du monde : Le Fils de Dieu, la deuxième Personne de la Très Sainte Trinité, se fait chair, se fait homme dans le sein de la Vierge Marie ! Celui « par qui tout a été créé », celui qui a créé l’univers devient une toute petite chose : Dieu qui a créé le monde de rien, « ex nihilo », crée à ce moment ce petit élément masculin qui s’unissant dans le sein de la Vierge à cet autre petit élément féminin, donnera la première cellule d’un être nouveau, auquel Dieu donne une âme pour qu’il soit un homme et auquel s’est unie en même temps de manière indissoluble la divinité de la Deuxième Personne de la Trinité, du Verbe qui s’incarne dans notre chair.

Quand, de l’amour des époux, est sur le point de naître un être nouveau, Dieu intervient en créant l’âme, dès le premier moment de la conception, ce qui fait que l’être humain, dès sa conception est un être humain qui contient, dans cette cellule qui va se multiplier, tout ce qu’il sera plus tard, un homme, corps et âme. Pour Jésus, il sera homme, ayant un corps et une âme, et sa Divinité : c’est la merveille de la Toute-Puissance de Dieu : Dieu qui se fait homme, homme et Dieu pleinement, pleinement homme, et pleinement Dieu, sans confusion dans les natures, humaine et divine, mais formant un être unique. Dieu est devenu l’un d’entre nous : Dieu s’est fait homme.

Nous réalisons mal la grandeur de l’amour qui a ainsi amené la Très Sainte Trinité à s’abaisser ainsi jusqu’à devenir une simple créature, une simple cellule qui se multipliera dans le sein de Marie, et donnera Celui que nous connaissons sous le nom de Jésus.

Saint Paul exprime ainsi ce mystère grandiose, ineffable :

Philippiens 2
5 Ayez entre vous les mêmes sentiments qui sont dans le Christ Jésus :
6 Lui, de condition divine, ne retient pas jalousement le rang qui l'égalait à Dieu.
7 Mais il s'anéantit lui-même, prenant condition d'esclave, et devenant semblable aux hommes. S'étant comporté comme un homme,
8 il s'humilia plus encore, obéissant jusqu'à la mort, et à la mort sur une croix !
9 Aussi Dieu l'a-t-il exalté et lui a-t-il donné le Nom qui est au-dessus de tout nom,
10 pour que tout, au nom de Jésus, s'agenouille, au plus haut des cieux, sur la terre et dans les enfers,
11 et que toute langue proclame, de Jésus Christ, qu'il est SEIGNEUR, à la gloire de Dieu le Père.

C’est une humiliation sans nom, un abaissement incommensurable… pour nous pécheurs. Et l’on ose refuser (en enlevant dans de nombreuses églises les agenouilloirs), ou l’on ose interdire de s’agenouiller devant le Saint-Sacrement, au moment de recevoir la Sainte Communion ! (ce que déplorait récemment S. Exc. Mgr Ranjith, Archevêque Secrétaire de le la Congrégation pour le Culte Divin et les Sacrements, et proche collaborateur du Saint-Père), au moment précisément de la Consécration où se réalise en quelque sorte une nouvelle Incarnation…

Et Saint Jean, en utilisant le terme « le Verbe » pour désigner le Fils de Dieu, la deuxième Personne de la Sainte Trinité, dans un prologue magnifique au début de son Evangile décrit ce prodige d’un Dieu qui se fait homme :

Jean 1
1 Au commencement était le Verbe et le Verbe était avec Dieu et le Verbe était Dieu.
2 Il était au commencement avec Dieu.
3 Tout fut par lui, et sans lui rien ne fut.
4 Ce qui fut en lui était la vie, et la vie était la lumière des hommes.
5 et la lumière luit dans les ténèbres et les ténèbres ne l'ont pas saisie.
6 Il y eut un homme envoyé de Dieu ; son nom était Jean.
7 Il vint pour témoigner, pour rendre témoignage à la lumière, afin que tous crussent par lui.
8 Celui-là n'était pas la lumière, mais il avait à rendre témoignage à la lumière.
9 Le Verbe était la lumière véritable, qui éclaire tout homme ; il venait dans le monde.
10 Il était dans le monde, et le monde fut par lui, et le monde ne l'a pas reconnu.
11 Il est venu chez lui, et les siens ne l'ont pas accueilli.
12 Mais à tous ceux qui l'ont accueilli, il a donné pouvoir de devenir enfants de Dieu, à ceux qui croient en son nom,
13 lui qui ne fut engendré ni du sang, ni d'un vouloir de chair, ni d'un vouloir d'homme, mais de Dieu.
14 Et le Verbe s'est fait chair et il a habité parmi nous, et nous avons contemplé sa gloire, gloire qu'il tient de son Père comme Fils unique, plein de grâce et de vérité.
15 Jean lui rend témoignage et il clame : « C'est de lui que j'ai dit : Celui qui vient derrière moi, le voilà passé devant moi, parce qu'avant moi il était. »
16 Oui, de sa plénitude nous avons tous reçu, et grâce pour grâce.
17 Car la Loi fut donnée par Moïse ; la grâce et la vérité sont venues par Jésus Christ.
18 Nul n'a jamais vu Dieu ; le Fils unique, qui est tourné vers le sein du Père, lui, l'a fait connaître. Le témoignage de Jean.


On attendait un fils de David, un libérateur, un Roi : c’est Dieu en personne qui vient à nous, qui comble le fossé qui nous sépare de Lui, en nous envoyant Celui qui peut nous guider car il est « La Voie, la Vérité et la Vie ». « Dieu, nous dit Saint Jean, personne ne l’a vu ». Mais Jésus dit « Qui me voit, voit le Père ». Voir Jésus, c’est voir Dieu, toute la Sainte Trinité. Et nous voyons Jésus dans l’Eucharistie, dans l’Hostie ! « Ave verum Corpus natum de Maria Virgine : nous vous saluons ô vrai Corps né de la Sainte Vierge Marie ».

Le Pape Jean-Paul II appelait la Sainte Vierge « Donna Eucaristica » qui se traduirait en français « femme de l’Eucharistie » plutôt que « femme eucharistique ». Je serais tenté de dire aussi : « Mère de l’Eucharistie ».
(à suivre)

Mgr Jacques MASSON
par La rédaction publié dans : CATECHESE - Mgr Masson communauté : Chrétiens et heureux de croire
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Jeudi 1 mai 2008

Après vous avoir présenté la famille de Marie [le Mois de Marie est à présent commencé], voici maintenant comment Dieu entre dans cette famille, si je puis dire, en bouleversant tous les plans humains : le plan de salut de Dieu va se réaliser, car comme le dit saint Paul,  « quand fut arrivé la plénitude des temps, Dieu envoya son Fils né de la Femme » (Galates).


Prenez votre temps pour lire tous ces textes, que vous connaissez plus ou moins, c’est normal, ou certains même que vous ne connaissez pas, ce qui est normal aussi, car on ne peut pas tout savoir. Et c’est pour cela que nous sommes là, nous, les prêtres.


Petit à petit, tout au long de ce mois, vous pourrez ainsi découvrir la Personne de Marie, son rôle dans l’histoire de notre salut, dans le plan de Dieu ! C’est grandiose !


Quand on pense que, au moment de l’Annonciation, se produit l’Acte le plus grandiose que Dieu ait pu accomplir, bien plus grand que la création de l’univers tout entier avec tout ce qu’il contient : au moment où Marie dit ces quelques mots, son « fiat » comme on dit, c’est-à-dire « qu’il me soit fait selon votre Parole », acceptant ainsi de devenir Mère de l’enfant qui allait être conçu dans son sein par la puissance de l’Esprit-Saint, à ce moment « le Verbe s'est fait chair et il a habité parmi nous » (cf. Jean 1, pass).


Celui par qui  tout a été créé, tout a été fait (comme nous le disons dans le Credo), est là, une réalité vivante, microscopique, comme pour chaque enfant qui naît, une cellule issue du corps de Marie, l’autre créée par la vertu du Saint-Esprit : deux cellules qui se rencontrent pour former alors une seule chose,  un être humain… et divin : Le Verbe de Dieu fait homme, Dieu et Homme, la nature divine unie à la nature humaine, sans qu’il y ait mélange des deux natures, mais faisant pourtant une seule Personne : le Fils de Dieu fait homme. Il y a là toute la Divinité, le Verbe de Dieu en personne, c’est-à-dire la Deuxième Personne de la Très Sainte Trinité, le Fils Eternel de Dieu , « Dieu, né de Dieu, Lumière née de la Lumière, vrai Dieu né du vrai Dieu, engendré non pas créé, de même substance que le Père et par Lui tout a été fait » (Credo, Symbole de Nicée-Constantinople, que nous récitons le dimanche et les jours de Fêtes).


Ce Verbe de Dieu présenté par saint Jean au premier chapitre de son Evangile :

« Au commencement le Verbe était

Et le Verbe était avec Dieu

Et le Verbe était Dieu.

Il était au commencement avec Dieu.

Tout fut fait par Lui

Et sans Lui rien ne fut (...)

Et le Verbe s'est fait chair

Et il a demeuré parmi nous (...) »

 

Prodige incroyable : dans ce petit embryon, dans cette unique cellule qui va se diviser et se multiplier comme pour chaque enfant, jusqu’à ce qu’il soit prêt à sortir à la lumière du jour, il y a la plénitude de la Divinité.


L’enfant qui naîtra, sera un homme, il recevra le Nom de Jésus, « Dieu sauve ».


Mais dès le premier instant de sa Conception, il y avait, dans le sein de Marie, le Corps, le Sang, l’âme et la Divinité de Celui qui, étant venu ainsi au milieu des hommes  pour les sauver, dira un jour, pour rester présent parmi nous jusqu’à la fin des siècles, en prenant du pain : « CECI EST MON CORPS , CECI EST MON SANG ».


Dans le sein de Marie, il y a la plénitude de la Divinité, et nous n’y pensons pas ! Si le corps a devant lui neuf mois pour arriver à sa "maturité", être en étant de naître, Le Verbe de Dieu est là, le Fils de Dieu est là, en personne.


Et, avec Lui, et en Lui, est présente la Trinité tout entière.


Car comme le déclarait Jésus à Philippe, qui lui demandait de lui montrer le Père : « Celui qui m’a vu a vu le Père ».


Nous ne pouvons et nous ne devons pas séparer les Trois Personnes de la Très Sainte Trinité : là où est Jésus, il y a le Père et il y a le Fils !


« Emmanuel », « Dieu-avec-nous » devait être le nom du futur Messie, annoncé au prophète Isaïe :

La réalité dépasse l’espérance : Jésus, c’est bien « Dieu-avec-nous », et, miracle de la Toute-Puissance et de l’Amour infini de Dieu Trinité, c’est aussi « Dieu-EN-nous » quand nous recevons l’Hostie, l’Eucharistie, au moment de la Sainte Communion.


Laissons-nous prendre par le vertige, par un vertige spirituel, en contemplant un Dieu si lointain de nous par définition, mais qui s’est fait proche de nous d’une manière ineffable et unique.


« Adoro Te devote latens Deitas » : Je vous adore profondément, o Divinité cachée…

 

Mgr Jacques MASSON

par La rédaction publié dans : CATECHESE - Mgr Masson communauté : Chrétiens et heureux de croire
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Si nous renions l'Evangile, nous sommes perdus".

Mal Jean de Lattre de Tassigny
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