« Parmi toutes les créatures, la Vierge Marie est le chef d'oeuvre de la Très Sainte Trinité : Dieu s'est préparé une demeure digne, dans son coeur humble et rempli de foi, pour mener à bien le mystère du salut. L'Amour divin a trouvé en Elle la correspondance parfaite et, en son sein, le Fils Unique s'est fait homme. Tournons-nous vers Marie, avec une confiance filiale, afin de pouvoir, avec son aide, grandir dans l'amour et faire de notre vie un chant de louange au Père par son Fils et dans l'Esprit Saint ».
Ce chef-d’œuvre, l’Eglise l’a découvert dans la première partie du récit de l’Annonciation dans l’évangile de Saint Luc. Relisons ce récit de l’Annonciation pour y découvrir toutes ses richesses, toute sa signification. Car Saint Luc est un auteur précieux et précis : « J’ai décidé moi aussi, après m’être informé soigneusement de tout depuis les origines (...) » (Luc 1, 3).
Auparavant, souvenons-nous que, dans l’évangile de Saint Luc, le récit est précédé d’une autre intervention divine : l’Archange Gabriel annonce au grand-prêtre Zacharie, qui vient offrir le sacrifice dans le Temple de Dieu, dans le "Saint des Saints" où les grands-prêtres seuls pouvaient entrer, la naissance de Jean-Baptiste, alors que le couple est déjà âgé, et surtout, que la femme de Zacharie, Elizabeth est stérile. Elizabeth a environ 45 ans et est cousine de Marie, comme nous l’avons vu, mais plus âgée qu’elle. Nous verrons cela plus en détails dans les réflexions sur la Naissance de Jésus.
Le récit de l’Annonciation à Marie commence en effet par l’indication : « Le sixième mois ». Il s’agit, bien sûr, du sixième mois depuis la conception de Jean-Baptiste. Et d’ailleurs, l’Archange Gabriel donnera à Marie ce signe :
« Et voici qu'Elisabeth, ta parente, vient, elle aussi, de concevoir un fils dans sa vieillesse, et elle en est à son sixième mois, elle qu'on appelait la stérile ». Lisons ce récit.
L’Annonciation Luc, 1
| 26. | Le sixième mois, l'ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée, du nom de Nazareth, |
| 27. | à une vierge fiancée à un homme du nom de Joseph, de la maison de David ; et le nom de la vierge était Marie. |
| 28. | Il entra et lui dit : « Réjouis-toi, comblée de grâce, le Seigneur est avec toi. » |
| 29. | A cette parole elle fut toute troublée, et elle se demandait ce que signifiait cette salutation. |
| 30. | Et l'ange lui dit : « Sois sans crainte, Marie ; car tu as trouvé grâce auprès de Dieu. |
| 31. | Voici que tu concevras dans ton sein et enfanteras un fils, et tu l'appelleras du nom de Jésus. |
| 32. | Il sera grand, et sera appelé Fils du Très-Haut. Le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David, son père ; |
| 33. | il régnera sur la maison de Jacob pour les siècles et son règne n'aura pas de fin. » |
| 34. | Mais Marie dit à l'ange : « Comment cela sera-t-il, puisque je ne CONNAIS pas d'homme ? » |
| 35. | L'ange lui répondit : « L'Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre ; c'est pourquoi l'être saint qui naîtra sera appelé Fils de Dieu. |
| 36. | Et voici qu'Élisabeth, ta parente, vient, elle aussi, de concevoir un fils dans sa vieillesse, et elle en est à son sixième mois, elle qu'on appelait la stérile ; |
| 37. | car rien n'est impossible à Dieu. » |
| 38. | Marie dit alors : « Je suis la servante du Seigneur ; qu'il m'advienne selon ta parole ! » Et l'ange la quitta. |
| 32. | Il sera grand, et sera appelé Fils du Très-Haut. Le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David, son père ; |
| 33. | il régnera sur la maison de Jacob pour les siècles et son règne n'aura pas de fin. » |
« Comment cela sera-t-il, puisque je ne CONNAIS pas d'homme ? »
« Je ne CONNAIS pas d’homme » : cette phrase mérite une explication, car peu la comprennent, ou beaucoup la comprennent mal. Marie connaît bien un homme, puisqu’elle est fiancée à Joseph, son petit cousin. C’est donc que le sens est différent. Et nous sommes devant le problème des traductions, certains mots n’existant pas dans une langue et dans l’autre.
« Connaître », dans la Bible, quand il s’agit des rapports entre un homme et une femme, indique les rapports conjugaux, dans un mariage légitime. Par exemple, « Abraham connut sa femme et elle conçut un enfant qu’elle nomma Isaac ». De même pour les parents de Samson, de Samuel (deux femmes stériles elles aussi, comme Elizabeth).
Certaines Bibles, même catholiques, mais sous influence œcuménique, pour éluder peut-être le problème (dans le souci de rapprocher les religions chrétiennes, mais aussi pour écrire en un langage commun que tous puissent comprendre) traduisent : « Comment cela se fera-t-il, puisque je suis vierge ? ». Ce qui n’a pas de sens et serait une réponse stupide dans la bouche de Marie.
A ce que je sache, normalement, une jeune fille croyante, (ainsi d’une catholique), arrive vierge au mariage, sans avoir eu auparavant de rapports sexuels avec son fiancé : elle est vierge jusqu’au moment où, « ne faisant plus deux, mais une seule chair », elle perd sa virginité pour s’ouvrir à la possibilité de la maternité, pour collaborer ainsi au dessein de Dieu, auquel tous deux ont accepté de collaborer : développer leur amour réciproque, mais un amour qui est source de vie et continue l’œuvre de Dieu. Notre société actuelle ferait bien de retrouver ce sens de la virginité, inscrite d’ailleurs dans la nature même de la femme.
Mais l’objection de Marie contient bien autre chose, que les traductions ne nous permettent pas de rendre en français, ni même en latin ou en grec. La forme du verbe indique une volonté, une décision qui a concerné le passé, qui concerne le présent, et qui concerne aussi l’avenir. En somme, en français il faudrait dire : « Puisque j’ai décidé de ne pas connaître, que je décide de ne pas connaître, et que, en conséquence je ne connaîtrai pas d’homme ». Autrement dit : puisque j’ai décidé de rester vierge. C’est cela qui nous permet de parler de la Sainte Vierge : Marie s’est consacrée. Elle a voulu rester vierge, elle est vierge, elle restera vierge, malgré le mariage “légal” prévu et déjà réalisé en partie avec Joseph. Elle le restera aussi après la naissance de Jésus.
La réponse de l’Ange ne se fait pas attendre :
« L'ange la rassure : “L'Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre ; c'est pourquoi l'être Saint qui naîtra sera appelé Fils de Dieu” ».
« Te prendra sous son ombre ». Pour bien comprendre cette expression, il faut se référer à l’Ancien testament, que Marie connaissait par cœur. Quand Dieu, sous la conduite de Moïse, fait sortir le Peuple d’Israël de l’esclavage d’Egypte, c’est Lui-même en personne qui le conduit, par une colonne de nuée, lumineuse de nuit et sombre de jour. Quand la nuée se déplaçait, le peuple levait le camp et allait de l’avant. Quand, après que Dieu eut donné les Tables de la Loi à Moïse, et eut fait construire l’Arche d’Alliance contenant ces Tables et de la Manne (le pain descendu du ciel par lequel Dieu nourrissait son peuple dans le désert), l’Arche fut déposée sous une Tente, Temple de Dieu. Et quand Dieu voulait parler à son peuple par l’intermédiaire de Moïse, la nuée reposait sur la Tente.
Quand Salomon eut fait construire un Temple à Jérusalem pour y déposer l’Arche d’Alliance dans le Saint des Saints, la Nuée remplit alors tout le Temple, manifestant la prise de possession par Dieu de ce Temple, lieu sacré, lieu où il avait décidé d’habiter ; et les prêtres, les lévites et même le Roi Salomon durent quitter le Temple, se sentant indignes de se trouver ainsi en présence du Dieu Tout-Puissant.
La nuée représente la présence de Dieu, d’une manière visible.
« La puissance du Très Haut te prendra sous son ombre » indique donc que Dieu prend possession entièrement de Marie en qui Il a décidé d’habiter, et que, par l’Esprit Saint, elle deviendra Mère de Celui qui sera appelé Fils du Très-Haut. Et comme le dira l’Ange par la suite, en donnant comme signe la future naissance de Jean Baptiste d’une femme stérile, « rien n’est impossible à Dieu », et donc Marie n’a rien à craindre : son désir de consécration à Dieu, son désir de ne pas connaître d’homme mais d’être toute donnée à Dieu sera maintenu. Elle sera Mère et Vierge.
Et donc l’enfant qui naîtra d’elle sera le Fils de Dieu Incarné, le Messie, le Fils de David ; il sera Roi et « Il régnera sur la maison de Jacob pour les siècles et son règne n'aura pas de fin », réalisant ainsi la promesse faite à David (cf 2 Sam) qui voulait construire un Temple à Dieu pour y abriter l’Arche d’Alliance, surmontée de deux chérubins aux ailes étendues servant de trône idéal pour Dieu (« Dieu qui siège sur les chérubins ») :
2 Samuel, 7
| 2. | le roi dit au prophète Natân : « Vois donc! J'habite une maison de cèdre et l'arche de Dieu habite sous la tente! » |
| 3. | Natân répondit au roi : « Va et fais tout ce qui te tient à cœur, car Yahvé est avec toi. » |
| 4. | Mais, cette même nuit, la parole de Yahvé fut adressée à Natân en ces termes : |
| 5. | « Va dire à mon serviteur David : Ainsi parle Yahvé. Est-ce toi qui me construiras une maison pour que j'y habite ? |
| 6. | Je n'ai jamais habité de maison depuis le jour où j'ai fait monter d'Égypte les Israélites jusqu'aujourd'hui, mais j'étais en camp volant sous une tente et un abri. |
| 7. | Pendant tout le temps où j'ai voyagé avec tous les Israélites, ai-je dit à un seul des juges d'Israël, que j'avais institués comme pasteurs de mon peuple Israël : «Pourquoi ne me bâtissez-vous pas une maison de cèdre ?» |
| 8. | Voici maintenant ce que tu diras à mon serviteur David : Ainsi parle Yahvé Sabaot. C'est moi qui t'ai pris au pâturage, derrière les brebis, pour être chef de mon peuple Israël. |
| 9. | J'ai été avec toi partout où tu allais; j'ai supprimé devant toi tous tes ennemis. Je te donnerai un grand nom comme le nom des plus grands de la terre. |
| 10. | Je fixerai un lieu à mon peuple Israël, je l'y planterai, il demeurera en cette place, il ne sera plus ballotté et les méchants ne continueront pas à l'opprimer comme auparavant, |
| 11. | depuis le temps où j'instituais des juges sur mon peuple Israël; je te débarrasserai de tous tes ennemis. Yahvé t'annonce qu'il te fera une maison. |
| 12. | Et quand tes jours seront accomplis et que tu seras couché avec tes pères, je maintiendrai après toi le lignage issu de tes entrailles et j'affermirai sa royauté. |
| 13. | C'est lui qui construira une maison pour mon Nom et j'affermirai pour toujours son trône royal. |
| 14. | Je serai pour lui un père et il sera pour moi un fils : s'il commet le mal, je le châtierai avec une verge d'homme et par les coups que donnent les humains. |
| 15. | Mais ma faveur ne lui sera pas retirée comme je l'ai retirée à Saül, que j'ai écarté de devant toi. |
| 16. | Ta maison et ta royauté subsisteront à jamais devant moi, ton trône sera affermi à jamais. » |
| 17. | Natân communiqua à David toutes ces paroles et toute cette révélation. |
| 32. | Il sera grand, et sera appelé Fils du Très-Haut. Le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David, son père ; |
| 33. | il régnera sur la maison de Jacob pour les siècles et son règne n'aura pas de fin. » |
| 5. | Ayez entre vous les mêmes sentiments qui sont dans le Christ Jésus : |
| 6. | Lui, de condition divine, ne retient pas jalousement le rang qui l'égalait à Dieu. |
| 7. | Mais il s'anéantit lui-même, prenant condition d'esclave, et devenant semblable aux hommes. S'étant comporté comme un homme, |
| 8. | il s'humilia plus encore, obéissant jusqu'à la mort, et à la mort sur une croix ! |
| 9. | Aussi Dieu l'a-t-il exalté et lui a-t-il donné le Nom qui est au-dessus de tout nom, |
| 10. | pour que tout, au nom de Jésus, s'agenouille, au plus haut des cieux, sur la terre et dans les enfers, |
| 11. | et que toute langue proclame, de Jésus Christ, qu'il est SEIGNEUR, à la gloire de Dieu le Père. |
| 1. | Au commencement était le Verbe et le Verbe était avec Dieu et le Verbe était Dieu. |
| 2. | Il était au commencement avec Dieu. |
| 3. | Tout fut par lui, et sans lui rien ne fut. |
| 4. | Ce qui fut en lui était la vie, et la vie était la lumière des hommes. |
| 5. | et la lumière luit dans les ténèbres et les ténèbres ne l'ont pas saisie. |
| 6. | Il y eut un homme envoyé de Dieu ; son nom était Jean. |
| 7. | Il vint pour témoigner, pour rendre témoignage à la lumière, afin que tous crussent par lui. |
| 8. | Celui-là n'était pas la lumière, mais il avait à rendre témoignage à la lumière. |
| 9. | Le Verbe était la lumière véritable, qui éclaire tout homme ; il venait dans le monde. |
| 10. | Il était dans le monde, et le monde fut par lui, et le monde ne l'a pas reconnu. |
| 11. | Il est venu chez lui, et les siens ne l'ont pas accueilli. |
| 12. | Mais à tous ceux qui l'ont accueilli, il a donné pouvoir de devenir enfants de Dieu, à ceux qui croient en son nom, |
| 13. | lui qui ne fut engendré ni du sang, ni d'un vouloir de chair, ni d'un vouloir d'homme, mais de Dieu. |
| 14. | Et le Verbe s'est fait chair et il a habité parmi nous, et nous avons contemplé sa gloire, gloire qu'il tient de son Père comme Fils unique, plein de grâce et de vérité. |
| 15. | Jean lui rend témoignage et il clame : « C'est de lui que j'ai dit : Celui qui vient derrière moi, le voilà passé devant moi, parce qu'avant moi il était. » |
| 16. | Oui, de sa plénitude nous avons tous reçu, et grâce pour grâce. |
| 17. | Car la Loi fut donnée par Moïse ; la grâce et la vérité sont venues par Jésus Christ. |
| 18. | Nul n'a jamais vu Dieu ; le Fils unique, qui est tourné vers le sein du Père, lui, l'a fait connaître. Le témoignage de Jean. |
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