Mardi 30 novembre 2010 2 30 /11 /Nov /2010 07:00
- Par primeroscristianos.com

pc-copie-1.jpg - Rusticus dit à Hiérax : “Et tes parents, à toi, où sont-ils ?”

- Celui-ci répondit : “Notre vrai père est le Christ ; notre vraie mère est notre foi en lui. Quant à mes parents terrestres, ils sont morts. Moi, je suis d' Iconion, en Phrygie ; j'en ai été arraché, et je suis venu ici”.

- Le préfet Rusticus dit à Libérien : “Et toi, qu'as-tu à dire ? Es-tu chrétien ? Es-tu, toi aussi, un impie ?”

- Libérien dit : “Moi aussi, je suis chrétien. Je ne suis pas un impie, mais j'adore le seul vrai Dieu”.

justin.jpg- Le préfet dit à Justin : “Ecoute-moi, toi qu'on dit éloquent, toi qui crois connaître la vraie doctrine. Si tu es fouetté, puis décapité, es-tu convaincu que tu dois ensuite monter au ciel ?”

- Justin : “J'espère que j'y aurai ma demeure, si j'endure tout cela. Je le sais : à tous ceux qui auront ainsi vécu est réservée la récompense divine jusqu'à la consommation du monde entier”.

- Le préfet Rusticus : “Ainsi, tu t'imagines que tu monteras aux cieux pour y recevoir des récompenses ?”

- Justin : “Je ne l'imagine pas, je le sais, j'en ai la certitude”.

- Le préfet Rusticus : “Finissons-en ; arrivons à la chose qu'on vous demande, et qui presse. Venez tous, et, tous ensemble, sacrifiez aux dieux”.

- Justin : “Personne, à moins d’être fou, n'abandonne la piété pour tomber dans l'impiété”.

- Le préfet Rusticus : “Si vous n'obéissez pas, vous serez punis sans pitié”.

- Justin : “C'est notre désir d'être frappés à cause de notre Seigneur Jésus-Christ, pour être sauvés. Ce sera notre salut et notre sécurité devant le tribunal plus redoutable, où le monde entier passera, de notre Maître et Sauveur”.


De même, les autres martyrs s'écrièrent : “Fais ce que tu veux. Nous sommes chrétiens, nous ne sacrifions pas aux idoles”. Alors le préfet Rusticus rendit sa sentence, en ces termes : “Les prévenus, n'ayant pas voulu sacrifier aux dieux en obéissant à l'ordre de l'Empereur, seront fouettés et emmenés pour être punis de la peine capitale, conformément aux lois”.


Les saints martyrs glorifièrent Dieu, puis sortirent pour aller au lieu ordinaire des exécutions. Là, ils furent décapités, consommant ainsi leur martyre dans la confession du Sauveur. Quelques-uns des fidèles, secrètement, enlevèrent leurs corps pour les déposer dans un lieu convenable, avec l'aide de la grâce de notre Seigneur Jésus-Christ, à qui soit gloire dans les siècles des siècles. Amen.

(fin)

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Lundi 29 novembre 2010 1 29 /11 /Nov /2010 07:00
- Par Hermas.info

SECTION V : MARTYRE DE SAINT JUSTIN ET DE SES COMPAGNONS (Rome, 165)


pc-copie-1.jpg C'était le temps où sévissaient les défenseurs criminels de l'idolâtrie. Des ordres impies, visant les pieux chrétiens, étaient affichés en ville et à la campagne, enjoignant de les forcer à faire des libations en l'honneur des vaines idoles (1).

 

Donc, on arrêta ensemble les saints. On les conduisit au préfet de Rome, qui s'appelait Rusticus.


Quand ils furent devant le tribunal, le préfet Rusticus dit à Justin : “D'abord, obéis aux dieux, et soumets-toi aux empereurs".


- Justin : "On ne mérite ni reproche ni condamnation, pour obéir aux commandements de notre Sauveur Jésus-Christ".

- Le préfet Rusticus : "A quelle science t'adonnes-tu ?"

- Justin : “J'ai essayé d'apprendre toutes les sciences. Puis je me suis attaché à la science vraie des chrétiens, quoiqu'elle ne plaise pas aux gens dans l'erreur".

- Le préfet Rusticus : "Et cette science -là te plaît, à toi, malheureux ?"

- Justin : "Oui, car en suivant les chrétiens je m'attache à la doctrine véritable".

- Le préfet Rusticus : "Et quelle est cette doctrine ?"

- Justin : “C'est notre conception pieuse du Dieu des chrétiens. Ce Dieu, nous croyons qu'il estsaint-justin.jpg unique, que dès l'origine il a été le créateur et le démiurge de toutes les créatures visibles ou invisibles. Nous croyons que le Seigneur Jésus-Christ est le Fils de Dieu, le Messie annoncé par les Prophètes comme devant assister la race des hommes, comme devant être le héraut du salut et le maître de belles sciences. Moi, qui suis un homme, je parle faiblement de lui, je le sens, en comparaison de sa divinité infinie ; je reconnais qu'il y faut une puissance de prophète. Mais il y a les prédictions sur celui que j'ai dit être le Fils de Dieu. Et je sais que les Prophètes étaient inspirés d'en haut quand ils ont prédit son arrivée parmi les hommes”.

- Le préfet Rusticus : " Où vous réunissez-vous ?"

- Justin : "Là où chacun veut, où il peut. Crois-tu donc que nous nous réunissons tous au même endroit ? Non pas. Le Dieu des chrétiens n'est pas limité dans l'espace. Il est invisible, il remplit le ciel et la terre ; partout, il est adoré et glorifié par les fidèles".

- En quel endroit rassembles-tu tes disciples ?"

- Justin : “Moi, je demeure au-dessus d'un certain Martin, près du bain de Timothée. Depuis tout le temps que j'y demeure [et c'est mon second séjour dans la ville de Rome], je ne connais pas d'autre lieu de réunion que cette maison-là. A tous qui voulaient venir chez moi, j'ai communiqué la doctrine de la vérité”.

- Rusticus dit : “Donc maintenant, tu es chrétien ?”

- Justin : “Oui, je suis chrétien”.


- Le préfet Rusticus dit à Chariton : “A ton tour, Chariton. Toi aussi, tu es chrétien ?”

- Chariton : “Je suis chrétien par la volonté de Dieu".

- Le préfet Rusticus dit à une femme, Charito : “Et toi que répons-tu, Charito ?”

- Charito : “Je suis chrétienne, par la grâce de Dieu”.


- Rusticus dit à Evelpiste : “Et toi, qu'es-tu ?”

- Evelpiste, esclave de César, répondit : “Moi, je suis chrétien. Affranchi par le Christ, je partage la même espérance, par la grâce du Christ”.

- Le préfet Rusticus dit à Hiérax : “Toi aussi, tu es chrétien ?”

- Hiérax : “Oui, je suis chrétien ; car j'honore et j'adore le même Dieu”.

- Le préfet Rusticus : “Est-ce Justin qui vous a faits chrétiens ?”

- Hiérax : “Moi, j'étais chrétien, et je le serai toujours”.

- Alors, Péon se leva et dit : “Moi aussi, je suis chrétien”.

- Le préfet Rusticus : “Quel est celui qui t'a instruit ?”

- Péon : “C'est de nos parents que nous avons reçu cette belle croyance”.

- Evelpiste : “Sans doute, j'écoutais avec plaisir les leçons de Justin ; mais c'est à mes parents que, moi aussi, je dois d'être chrétien”.

- Le préfet Rusticus : “Où sont tes parents ?”

- Evelpiste dit : “En Cappadoce.”

 

(à suivre)

____________

Note

(1) La vraie Légende dorée, relation de martyre traduction, introduction et notices, par Paul Monceaux, Editions Payot, Paris, 1928 ; cf. Actes et passions des martyrs chrétiens des premiers siècles, Ed. du Cerf, 2010, pp. 61 ss.

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Mardi 23 novembre 2010 2 23 /11 /Nov /2010 14:01
- Par L'Equipe d'Hermas

Fort régulièrement, la vie de la République est émaillée de scandales divers, généralement graves, qui révèlent, comme sous un bref mais violent coup de lumière blanche, les réalités profondes et habituelles de son fonctionnement. Alors, elle apparaît sous un jour plus crû que celui des fanfares, des cérémonies publiques, des dorures des palais gouvernementaux, des discours lissés, consensuels et nuancés des politiciens et des médias : celui d’une République bananière comme une autre, où, au fond, il est toujours question de gros argent. Le citoyen n’y est d’ailleurs jamais très sûr que les dénonciateurs indignés d’un jour ne soient pas eux-mêmes de simples envieux de ceux qu’ils dénoncent. Envieux de leur chute, envieux de leurs pouvoirs, de leurs prébendes, de leurs privilèges, de leur place où ils pourraient à leur tour, enfin, faire fonctionner à leur profit et à celui de leur clan la Machine – désargentée pour les citoyens, mais toujours grasse et prospère pour ses mécaniciens.

 

L’affaire de Karachi vient, après mille autres, faire briller ces feux, dans une tradition très “gaullienne” de la vie politicienne, où les escarpins dorés de la gauche libérale et de la droite gauchisée ont su, depuis longtemps, suivre les empreintes profondes des “godillots” des premiers âges, avec cette âme commune qui se nourrit de servilité, d’avidité et d’amoralisme, dans une imperméabilité effrayante au sens de l’honneur, de la dignité et même du ridicule. La vie politicienne est ainsi une des rares catégories professionnelles où il soit permis de rebondir, en toute blancheur, en tous honneurs renouvelés, tête bien haute, après avoir pourtant été poursuivi par la justice et condamné. La notion de “repris de justice” n’y a pas cours. Il est vrai qu’il ne s’y rencontre jamais que des calomniés, proclamant toujours faire « confiance à la justice de leur pays », sans que l’on sache trop, à la longue, s’il s’agit d’une simple pantomime ou d’un appel du pied à quelques “frères” compréhensifs.

 

L’affaire, comme on dit, suit son cours. Deux choses y sont cependant frappantes, abstraction faite de son caractère judiciaire.

 

La première est l’angle sous lequel elle est présentée : la cessation du versement des commissions litigieuses aurait provoqué les attentats survenus quelques années plus tard, de sorte que l’Etat ou certains politiciens alors en charge seraient coupables d’avoir, par leur décision, mis en danger la vie d’autrui. Etrange raisonnement. La question n’est-elle pas, avant toute chose, de s’interroger sur la légalité des rétrocessions auxquelles ces paiements donnaient lieu ? Voici qu’un gang rackette un quartier. La police intervient, arrête ces pratiques. Le gang se venge, abat un notable. Dira-t-on que la police en est responsable ?

 

La seconde est la réaction de M. Sarkozy, qui a réagi brutalement aux questions de journalistes sur son éventuelle part dans les magouillages sous-jacents, en leur demandant ce qu’ils répliqueraient eux-mêmes si on les accusait de pédophilie. Que M. Sarkozy soit ou non impliqué, où est en cela la dignité de sa charge ? Jusqu’où n’est-elle pas elle-même descendue pour qu’un Président en exercice accepte d’être mis en cause, en discutaillant avec lui, par un tribunal de journalistes ? Il est en charge d'une fonction publique qui ne s'identifie pas à sa vie privée, ni même à ses ambitions, ses calculs ou ses erreurs personnelles. Qu’il ait à rendre compte devant la justice est une chose ; qu’il cherche à se justifier, de surcroît à ce niveau d'argument, avec un parterre de journalistes en est une autre. Imaginerait-on une seule seconde que de Gaulle, dont on a célébré à grands cris l’anniversaire, ait pu s’abaisser à cela ?

 

Mais il faut s’y faire. Européen où il ne l’était pas, atlantiste où il ne l’était pas, mondialiste où il ne l’était pas, affairiste où il ne l’était pas, fasciné par l’argent comme il ne l’était pas, ayant abandonné son sens de l’Etat, de la grandeur historique et des racines chrétiennes de ce pays, le gaullisme contemporain est un ectoplasme, celui d’un gaullisme sans de Gaulle, auquel les politiciens du jour, de tous bords, ne s’accrochent que pour se donner à eux-mêmes une apparence de crédibilité qui fuit de toutes parts.

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Lundi 22 novembre 2010 1 22 /11 /Nov /2010 13:05
- Par L'Equipe d'Hermas

Lavement-pieds-Giotto.jpg Dans un récent discours, rapporté par l'Agence Zenit.org, le Pape Benoît XVI a invité les 24 nouveaux cardinaux qu'il a créés, indique cette Agence, « à ne pas céder à la logique du pouvoir, mais à vivre leur engagement comme un service ».

 

Le pape a ainsi rappelé que « dans l'Eglise, personne n'est patron, mais tous sont appelés, tous sont envoyés, tous sont rejoints et guidés par la grâce divine », avant de rappeler les propos du Christ lui-même, affirmant n'être pas venu pour être servi mais pour servir, un « message qui vaut pour les Apôtres, qui vaut pour toute l'Eglise, qui vaut surtout pour ceux qui ont le devoir de guider le peuple de Dieu ».

 

« Ce n'est pas la logique de la domination, du pouvoir selon les critères humains, mais la logique de l'abaissement pour laver les pieds, la logique du service, la logique de la Croix qui est à la base de tout exercice d'autorité », a-t-il indiqué. « Depuis toujours l'Eglise a la tâche de se conformer à cette logique et d'en témoigner pour faire transparaître la vraie ‘domination de Dieu', celle de l'amour ». Pour cette raison, poursuit Zenit, Benoît XVI s'est adressé directement aux nouveaux cardinaux, observant que « la mission » à laquelle Dieu les appelle aujourd'hui et qui les rend aptes « à un service ecclésial encore plus chargé de responsabilité, demande une volonté toujours plus grande d'assumer le style du Fils de Dieu qui est venu au milieu de nous comme serviteur ».

 

Ce qui est vrai des cardinaux l'est en vérité de tout prêtre. La leçon, à l'expérience, est loin d'être inutile.

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Lundi 22 novembre 2010 1 22 /11 /Nov /2010 12:17
- Par Mgr Michel Chafik, Recteur de la Mission copte catholique de Paris

    

ANTONIOS NAGUIB

PATRIARCHE D’ALEXANDRIE

CARDINAL DE L’EGLISE UNIVERSELLE

 

A.-Naguib.jpg

 

Le 20 novembre 2010, Monseigneur Antonios Naguib, Patriarche d’Alexandrie, a été créé Cardinal de la Sainte Eglise Catholique par le Pape Benoît XVI. L’Eglise Copte Catholique se réjouit de cette nomination qui rend compte de son identité profonde.

 

Elle est tout à la fois catholique, c’est-à-dire universelle, et copte, c’est-à-dire égyptienne par ses origines, arabe par sa langue et orientale par son rite.

 

Les années de formation

 

Antonios Naguib est né à Miniah, en Haute-Egypte, le 18 mai 1935. Ses parents, profondément religieux, lui apprirent dès son plus jeune âge à connaître et aimer le Seigneur.

 

A neuf ans, il entra au Petit Séminaire où il resta jusqu’à la fin de ses études secondaires. Il choisit alors de rejoindre le Grand Séminaire pour y approfondir sa vocation et y parfaire sa formation. Le 30 octobre 1960, il fut ordonné prêtre. Il débuta son ministère en paroisse, à el-Fikriah, dans le diocèse de Miniah, puis partit pour Rome où il étudia la théologie, la sociologie religieuse et la Bible à l’Institut Biblique Pontifical.

 

La passion de l’éducation

 

De retour en Egypte, il enseigna de 1964 à 1977 l’Ecriture Sainte au Grand Séminaire de Méadi au Caire. Durant cette période, il mena une vie retirée, partageant son temps entre enseignement et recherche, inspirée par une double ambition scientifique et pastorale. Intégrant dans son approche critique les dernières découvertes de l’exégèse, il étudiait sans relâche la Bible. Il nourrissait ses analyses d’échanges fructueux avec les spécialistes des autres confessions, ouvrant ainsi à l’œcuménisme de nouvelles perspectives.

 

Ses étudiants, dont j’eus le privilège d’être, furent les premiers bénéficiaires de ses travaux qui les guidaient dans la lecture de l’Ecriture Sainte, les amenaient à une meilleure intelligence de la Parole et les préparaient à mieux l’annoncer à leurs frères. En rupture avec la culture ambiante qui, à la manière coranique, prenait les textes à la lettre sans jamais les replacer dans leur contexte, il nous apprit à dépasser les données conjoncturelles pour rejoindre l’Esprit qui vivifie.

 

Le Père Antonios Naguib était un pédagogue hors pair qui avait l’art d’énoncer avec clarté les concepts les plus complexes, d’unir esprit d’analyse et de synthèse. Nous l’admirions et cependant il ne nous intimidait pas. Il savait être proche de nous et toujours disponible. Qui allait vers lui avait la certitude, quelles que fussent ses difficultés et ses insuffisances,  d’être accueilli avec bonté et patience. Il accompagnait ses séminaristes jusqu’au sacerdoce et bien au-delà. Il me fit ainsi la joie d’assister avec Monseigneur Nouer, évêque d’Assiout, et Monseigneur Abadir, ancien directeur du séminaire et évêque d’Ismaïlia, à mon ordination.

 

L’évêque de Miniah


images.jpg Le 9 septembre 1977, Le Père Naguib prit congé du séminaire et devint évêque de Miniah. Parmi les trois devoirs du prêtre tels que les identifie la Tradition - enseigner, sanctifier et gouverner - Monseigneur Naguib avait jusqu’alors consacré l’essentiel de son temps aux deux premiers. Il lui fallait désormais s’attacher à la gouvernance, dans l’esprit du verset aux Ephésiens qu’il choisit pour maxime : « Faire la Vérité avec Charité » (Eph. 4,15).

 

Son intelligence des êtres et des situations lui permit de négocier sans trop de difficulté avec le pouvoir. Il put ainsi acheter des terrains, y faire construire pour chaque paroisse un centre de catéchèse et, si nécessaire, une école ; de la même façon il s’impliqua dans le développement économique et social de son diocèse.

 

Fervent partisan du dialogue interreligieux, il s’employa en outre à tisser avec les musulmans des relations empreintes d’estime et de fraternité. Homme de paix, il eut aussi à cœur d’œuvrer pour l’unité avec ses frères orthodoxes et protestants. Il travailla en étroite collaboration avec eux à la réalisation d’un projet auquel il songeait depuis longtemps déjà : mettre la Bible à la portée de tous en en proposant une traduction plus simple, plus accessible aux néophytes.

 

Sur le plan pastoral, il fit de l’éducation son cheval de bataille. Convaincu que, pour résister à la double influence du contexte islamique et des médias laïques, il faut avoir des bases religieuses solides, il s’employa à développer un réseau catéchétique de qualité. Dans cet engagement éducatif, il tint à associer étroitement les laïcs, les prêtres, les religieux et les religieuses, invités les uns et les autres à approfondir leur formation. Dans ce but il rédigea pour la revue El-Salah, une série d’articles intitulés : « Comprends-tu ce que tu lis ? ».

 

Une courte retraite

 

En septembre 2002, de graves problèmes de santé l’amenèrent à se retirer de sa charge. Il subit une lourde opération et, peu à peu, recouvra ses forces. Il se préparait à vivre une paisible retraite dédiée, selon ses vœux, à l’étude, à la méditation et à la prière quand le Seigneur vint le rechercher.

 

Le Patriarche d’Alexandrie 

 

Le 30 avril 2006, le Synode Copte Catholique élut Monseigneur Naguib Patriarche d’Alexandrie. Son élection fut confirmée par Benoît XVI après qu’il lui eût demandé, comme le veut la tradition, la communion ecclésiale, signe de l’unité de son Eglise avec le Saint Siège. Succédant au Cardinal Stéphanos II Ghattas, Sa Béatitude Antonios Naguib devint le père et le chef de l’Eglise Copte Catholique d’Alexandrie, siège prestigieux, honoré au cours des cinq premiers siècles comme premier patriarcat après Rome. Il conserva son nom qui rappelle le grand courant du monachisme né en Egypte et dont saint Antoine fut le père.

 

Monseigneur Naguib n’avait sans doute jamais souhaité pareille distinction, mais il ne se déroba pas. Dès l’enfance, il avait appris de la Vierge Marie, à laquelle l’Eglise Copte voue une vénération toute particulière, la grandeur du consentement, du « FIAT »  haut et clair (Lc 1, 38).  Il  s’y référa dans le discours d’intronisation qu’il prononça le 1er mai 2006 en la cathédrale Notre Dame d’Egypte du Caire.

 

Il revint donc aux affaires de l’Eglise et assume depuis lors les trois fonctions essentielles qui sont attribuées au Patriarche : celle d’abord de coordonner et d’animer l’Eglise et ses sept diocèses ; celle ensuite qui lui incombe en tant qu’évêque du patriarcat d’Alexandrie, lui-même composé des trois diocèses du Caire, du Delta du Nil et d’Alexandrie ; celle enfin de présider la hiérarchie catholique des évêques en Egypte.

 

Dans ses nouvelles fonctions, Sa Béatitude poursuit son combat pour le développement et l’éducation : éducation humaine, spirituelle, morale et intellectuelle des jeunes de toutes religions, de toutes confessions, seul gage d’une convivialité à réinventer en ces temps troublés. Il veille par ailleurs avec un soin tout particulier à ce que s’intensifie la formation des prêtres appelés à enraciner toujours plus profondément leur vie et leur mission dans le Christ.

 

Sa Béatitude est véritablement le bon pasteur de ses fidèles. Il est le père, le frère, l’ami de ses prêtres qu’il traite avec une extrême délicatesse, les conseillant dans les difficultés, les accompagnant dans les souffrances. J’ai pu l’éprouver il y a de cela quelques mois : alors que j’avais été longuement hospitalisé, il prit très régulièrement de mes nouvelles et m’entoura de ses prières et de sa paternelle sollicitude.

 

Mais qu’on ne s’y trompe pas. Cette douceur n’exclut pas l’exigence. Sa Béatitude nourrit pour son petit troupeau  la plus haute ambition : elle le veut tout à Dieu.

 

Le Cardinal de l’Eglise Universelle

 

Le 20 novembre 2010, alors que s’est refermé le synode pour les évêques du Moyen-Orient où, par son esprit d’analyse, son sens de la mesure et son ouverture, il a joué un rôle déterminant en tant que rapporteur général, il a été créé cardinal par le pape Benoît XVI. Cette nomination souligne que, si le patriarche de chaque Eglise Catholique Orientale est la tête de cette Eglise, il n’en reconnaît pas moins la primauté hiérarchique du Pape de Rome, à l’élection duquel il participe de droit.

 

 

Mgr Michel Chafik

Recteur de la Mission copte catholique de Paris

Notre Dame d’Egypte Paris 10ème

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Dimanche 21 novembre 2010 7 21 /11 /Nov /2010 07:00
- Par Mgr Jacques MASSON (1937-2010)

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EN UNION AVEC LES ENFANTS DU MONDE

POUR LA PAIX, LES PRETRES,

NOS FRERES PERSECUTES D'ORIENT

 

 

Hermas a déjà présenté cette Fête religieuse, mieux connue sous le nom de « chandeleur », et marquée par une recette culinaire, les crêpes ; les fidèles, bien souvent, ne retiennent que les cierges bénits ce jour-là, et ils les emporte chez eux pour en assurer la protection. Cette année, nous présentons en particulier les prières du rite précédent de cette Fête Liturgique, qui sont d’une grande richesse, et une nourriture spirituelle profonde et enrichissante pour notre âme. Dom Guéranger les a recueillies dans son ouvrage irremplaçable « L’Année Liturgique »

 

Origine de la Fête de la Présentation

 

Cette Fête, malheureusement tombe la plupart du temps en semaine, et est peu connue des fidèles. C’est une fête Liturgique important qui rappelle un événement de la vie de Jésus, sa présentation au Temple, et la « purification » de Marie.

 

C’était une fête juive selon la Loi de Moïse, dont les prescriptions se trouvent dans la Livre du Lévitique, chapitre 12° :

1. 

Yahvé parla à Moïse et dit :

2. 

Parle aux Israélites, dis-leur : Si une femme est enceinte et enfante un garçon, elle sera impure pendant sept jours comme au temps de la souillure de ses règles.

3. 

Au huitième jour on circoncira le prépuce de l'enfant

4. 

et pendant trente-trois jours encore elle restera à purifier son sang. Elle ne touchera à rien de consacré et n'ira pas au sanctuaire jusqu'à ce que soit achevé le temps de sa purification.

 

6. 

Quand sera achevée la période de sa purification, que ce soit pour un garçon ou pour une fille, elle apportera au prêtre, à l'entrée de la Tente du Rendez-vous, un agneau d'un an pour un holocauste et un pigeon ou une tourterelle en sacrifice pour le péché.

7. 

Le prêtre l'offrira devant Yahvé, accomplira sur elle le rite d'expiation et elle sera purifiée de son flux de sang. Telle est la loi concernant la femme qui enfante un garçon ou une fille.

8. 

Si elle est incapable de trouver la somme nécessaire pour une tête de petit bétail, elle prendra deux tourterelles ou deux pigeons, l'un pour l'holocauste et l'autre en sacrifice pour le péché. Le prêtre fera sur elle le rite d'expiation et elle sera purifiée.

 

PRESENTATION.jpg C’est pourquoi cette fête, jusqu’à des temps récents portait le nom de « Purification de Marie », car le rite concernait surtout la Mère de l’enfant. Mais ce n’est qu’au VIII° siècle que cette fête prit un caractère « marial » : comme toute mère juive, Marie est allée en effet« racheter » son fils (rite qui rappelle que Dieu, lors de la dixième plaie d’Egypte, pour sauver les Hébreux de l’Esclavage, avait sauvé les premiers-nés des hébreux, alors que l’ange exterminateur frappait tout les premiers-nés des Egyptiens). Et Marie, juive, a suivi cette loi de Dieu, et s’est rendue au Temple de Jérusalem, 40 jours après la naissance de Jésus, pour accomplir le rite prescrit et offrir à Dieu un couple de tourterelle ou de pigeons, car Marie et Joseph « étaient incapables de trouver la somme nécessaire pour offrir en holocauste un tête de petit bétail » (Lévitique 12, 8). Cette fête est une des plus anciennes solennités de Marie.

 

Le texte du Lévitique ne parle que de la purification de la Mère. Mais Luc ajoute l’autre aspect de cette cérémonie : apporter l’enfant, Jésus, à Jérusalem, pour le présenter au Seigneur comme il était prescrit dans la loi, dans le Livre de l’Exode, chapitre 13 :


1. 

Yahvé parla à Moïse et lui dit :

2. 

Consacre-moi tout premier-né, prémices du sein maternel, parmi les Israélites. Homme ou animal, il est à moi.

3. 

Moïse dit au peuple : « Souvenez-vous de ce jour, celui où vous êtes sortis d'Égypte, de la maison de servitude, car c'est par la force de sa main que Yahvé vous en a fait sortir

12. 

tu céderas à Yahvé tout être sorti le premier du sein maternel

14. 

Lorsque ton fils te demandera demain : «Que signifie ceci ?» tu lui diras : «C'est par la force de sa main que Yahvé nous a fait sortir d'Égypte, de la maison de servitude.

15. 

Comme Pharaon s'entêtait à ne pas nous laisser partir, Yahvé fit périr tous les premiers-nés au pays d'Égypte, aussi bien les premiers-nés des hommes que les premiers-nés du bétail. C'est pourquoi je sacrifie à Yahvé tout mâle sorti le premier du sein maternel et je rachète tout premier-né de mes fils. »

 

Et ce n’est pas sans raison que la fête de la Purification de Marie insiste en premier lieu sur la Présentation de Jésus au Temple, les deux titres étant toutefois inséparables. Saint Luc en effet raconte cet épisode de la vie de la Sainte Famille qui parle de la présentation de Jésus et mentionne aussi la prophétie du vieillard Siméon concernant Marie : Luc chapitre 2° :


22. 

Et lorsque furent accomplis les jours pour leur purification, selon la Loi de Moïse, ils l'emmenèrent à Jérusalem pour le présenter au Seigneur,

23. 

selon qu'il est écrit dans la Loi du Seigneur : Tout garçon premier-né sera consacré au Seigneur,

24. 

et pour offrir en sacrifice, suivant ce qui est dit dans la Loi du Seigneur, un couple de tourterelles ou deux jeunes colombes.

25. 

Et voici qu'il y avait à Jérusalem un homme du nom de Syméon. Cet homme était juste et pieux ; il attendait la consolation d'Israël et l'Esprit Saint reposait sur lui.

26. 

Et il avait été divinement averti par l'Esprit Saint qu'il ne verrait pas la mort avant d'avoir vu le Christ du Seigneur.

27. 

Il vint donc au Temple, poussé par l'Esprit, et quand les parents apportèrent le petit enfant Jésus pour accomplir les prescriptions de la Loi à son égard,

28. 

il le reçut dans ses bras, bénit Dieu et dit :

29. 

« Maintenant, Souverain Maître, tu peux, selon ta parole, laisser ton serviteur s'en aller en paix ;

30. 

car mes yeux ont vu ton salut,

31. 

que tu as préparé à la face de tous les peuples,

32. 

lumière pour éclairer les nations et gloire de ton peuple Israël. »

33. 

Son père et sa mère étaient dans l'étonnement de ce qui se disait de lui.

34. 

Syméon les bénit et dit à Marie, sa mère : « Vois ! cet enfant doit amener la chute et le relèvement d'un grand nombre en Israël ; il doit être un signe en butte à la contradiction -

35. 

et toi-même, une épée te transpercera l'âme ! - afin que se révèlent les pensées intimes de bien des cœurs. »

36. 

Il y avait aussi une prophétesse, Anne, fille de Phanouel, de la tribu d'Aser. Elle était fort avancée en âge. Après avoir, depuis sa virginité, vécu sept ans avec son mari,

37. 

elle était restée veuve ; parvenue à l'âge de quatre-vingt-quatre ans, elle ne quittait pas le Temple, servant Dieu nuit et jour dans le jeûne et la prière.

38. 

Survenant à cette heure même, elle louait Dieu et parlait de l'enfant à tous ceux qui attendaient la délivrance de Jérusalem.

 

Cette fête fut célébrée à Jérusalem dès le IV° siècle, et eut d’abord comme thème la rencontre de Siméon avec l’enfant Jésus. Siméon proclame que Jésus est la lumière du monde, et qu’il sera un signe de contradiction, dans ce que la liturgie appelle « le Cantique de Siméon » qui est récité ou chanté chaque soir à l’office de Complies

 

Le Cantique de Siméon

Nunc dimittis servum tuum,

Domine, secundum verbum tuum in pace :

Quia viderunt oculi mei salutare tuum.

Quod parasti ante faciem omnium populorum :

Lumen ad revelationem gentium,

et gloriam plebis tuæ Israel

 

« Maintenant, Seigneur, laisse ton serviteur

S'en aller en paix, selon ta parole.

Car mes yeux ont vu ton salut,

Que tu as préparé devant tous les peuples,

Lumière pour éclairer les nations,

Et gloire de ton peuple Israël. »

(Luc 2, 29-32).

 

La « Chandeleur »


Cette fête a reçu un troisième titre, qui lui vient d’une habitude romaine au VII° siècle : à cette occasion on célébrait en effet à Rome une procession de pénitence qui commençait à l’aurore et devait se faire à la lueur des cierges. Cette procession représentait le voyage de Joseph, de Marie et de Jésus, pour aller de Bethléem au Temple de Jérusalem. Au X° siècle la coutume s’installa de procéder à la bénédiction de ces cierges.

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Vendredi 19 novembre 2010 5 19 /11 /Nov /2010 07:00
- Par L'Equipe d'Hermas

9.- La connaissance prophétique des hagiographes


Le dernier degré de prophétie est celui que l’on rencontre le plus communément chez les auteurs sacrés. On peut cependant rencontrer, en de nombreux livres saints, des parties plus ou moins étendues où se trouvent exposées des révélations reçues par leurs auteurs sous le mode correspondant au premier ou au deuxième degré de prophétie. Il convient donc de préciser davantage ce que signifie cette connaissance prophétique et ce qu’elle ajoute à la connaissance acquise par voie naturelle et ordinaire.


Saint Thomas d'Aquin dit que cette lumière prophétique est concédée au prophète pour lui permettre de connaître et juger des choses “secundum veritatem divinam”, ou “secundum certitudinem veritatis divinae”, c’est-à-dire selon la vérité divine, ou avec la certitude de la vérité divine. La foi, comme la théologie, contemple toutes les choses d’un point de vue ou sous une raison formelle divine et surnaturelle. Semblablement, les hagiographes connaissent et jugent les choses à la haute lumière des principes divins, avec cette clarté, cette vérité et cette certitude qui leur sont naturellement attachées.


Ces principes sont pour les prophètes comme leur philosophie de l'histoire, fondée non pas sur la spéculation mais sur la connaissance surnaturelle des attributs divins : le pouvoir, la justice, la miséricorde, la bonté, la véracité de Dieu, qui ordonne toutes choses à la manifestation de son Verbe et au salut des prédestinés. Telle est, par exemple, la philosophie divine qui inspire Moïse lorsqu'il raconte l'origine des choses, l'histoire de l'humanité primitive, celle des patriarches, celle d'Israël. Telle est celle de Josué lorsqu'il nous décrit l'accomplissement des promesses divines dans la remise de la terre promise etc. C'est la même philosophie que le Seigneur expose à ses disciples sur le chemin d'Emmaüs en leur montrant, par les prophètes, à partir de Moïse, comment il était nécessaire que le Christ mourût et, par la mort, entrât dans sa gloire. C'est encore cette philosophie qu’exposait le saint Protomartyr dans son discours devant le Sanhédrin, en lequel les exégètes trop esclaves de la lettre trouvent tant de difficultés. L’Esprit saint, qui inspire les saints, est toujours le même. Il leur montre toujours les choses à la lumière de Dieu, et en toutes choses leur fait rechercher Dieu.


Cet aspect de la connaissance des choses contenues dans la Sainte Ecriture est commun aux prophètes, aux hagiographes et aux écrivains sacrés par l’illumination divine qu’ils reçoivent, mais aussi aux simples fidèles par la foi et la théologie. Il constitue en effet ce que l’on appelle l'objet formel quod (ce qui), ou bien la “raison formelle” qui est atteinte par toute connaissance surnaturelle qui porte sur Dieu et ses mystères, voire sur les créatures lorsqu’elles sont saisies dans leur relation à Dieu.


Cependant, dans la connaissance prophétique et hagiographique il existe un autre aspect, qui cette fois lui est propre, singulier, et qui constitue comme son objet formel quo (ce par quoi), à savoir la lumière divine (que l’on appelle “lumière prophétique”), par laquelle le prophète juge avec une certitude divine infaillible de la vérité des choses qu'il enseigne, par la parole ou par l’écrit, même lorsqu’il s’agit de vérités dont il a acquis la connaissance par l’exercice ordinaire de la raison, par l’enseignement, la tradition ou l’étude de livres sacrés antérieurs.


Cette lumière surnaturelle, jointe à la motion divine qui porte le prophète à écrire, c’est cela l'inspiration des Livres sacrés, en vertu de laquelle ces derniers sont tout à la fois oeuvre de Dieu - auteur principal - et oeuvre de l’hagiographe - instrument rationnel - c’est-à-dire toute entière de Dieu et toute entière de l’écrivain sacré.

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Jeudi 18 novembre 2010 4 18 /11 /Nov /2010 07:00
- Par primeroscristianos.com

pc-copie-1.jpg « Les événements se précipitèrent. En moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, la foule se rua dans les ateliers et dans les bains pour ramasser du bois et des fagots. Les Juifs s’acquittaient de la besogne avec leur zèle habituel. Quand le bûcher fut prêt, le martyr retira lui-même tous ses vêtements, il détacha sa ceinture, puis commença à se déchausser, geste dont les fidèles le dispensaient toujours : dans l’impatience où ils étaient de toucher son corps, tous se précipitaient pour l’aider. Bien avant son martyre, la sainteté de sa conduite inspirait cette unanime révérence. Rapidement, on disposa autour de lui les matériaux rassemblés pour le feu. Mais, quand les gardes voulurent le clouer au poteau : “Laissez-moi comme je suis, leur dit-il. Celui qui m’a donné la force d’affronter ces flammes me donnera aussi, même sans la précaution de vos clous, de rester immobile sur le bûcher.” Ils ne le clouèrent donc pas et bornèrent à le lier. Les mains derrière le dos, ainsi attaché, il ressemblait à un bélier magnifique, pris dans un grand troupeau pour être offert en sacrifice à Dieu et à lui seul destiné. Alors, il leva les yeux au ciel et dit : “Seigneur, Dieu tout-puissant, Père de Jésus-Christ, ton Fils béni et bien-aimé, à qui nous devons de te connaître, Dieu des anges, des puissances, de toute la création et du peuple entier des justes qui vivent sous ton regard, je te bénis parce que tu m’as jugé digne de ce jour et de cette heure, et que tu me permets de porter mes lèvres à la coupe de ton Christ, pour ressusciter à la vie éternelle de l’âme et du corps dans l’incorruptibilité de l’Esprit Saint. Accueille-moi parmi eux devant ta face aujourd’hui ; que mon sacrifice te soit agréable et onctueux, en même temps que conforme au dessein que tu as conçu, préparé et accompli. Toi qui ne connais pas le mensonge, ô Dieu de vérité, je te loue de toutes tes grâces, je te bénis, je te glorifie au nom du Grand Prêtre éternel et céleste, Jésus-Christ, ton Fils bien-aimé, par lequel la gloire soit à toi comme à lui et à l’Esprit Saint, aujourd’hui et dans les siècles futurs. Amen !”


saint-polycarpe1.jpg « Quand il eut prononcé cet “amen”, qui achevait sa prière, les valets allumèrent le feu. Une gerbe immense s’éleva (...).


« Telle est l’histoire du bienheureux Polycarpe. Il fut le douzième d’entre nos frères de Philadelphie à souffrir à Smyrne. Son souvenir reste plus vivant que tous les autres et il est le seul dont les païens chantent partout les louanges. Il fut un maître prestigieux, un martyr hors pair, dont tous aimeraient imiter la passion, si fidèle à l’Evangile du Christ. Son courage a eu raison d’un magistrat inique et lui a mérité la couronne d’incorruptibilité. Il partage désormais la joie des apôtres et de tous les justes, il glorifie dieu, le Père tout-puissant, et bénit notre Seigneur Jésus-Christ, le sauveur de nos vies et le guide de nos corps, le pasteur de l’Église catholique répandue dans le monde. Vous désiriez avoir un rapport détaillé de ces événements. Nous nous bornons ici au récit succinct qu’en a fait notre frère Marcion. Quand vous aurez lu cette lettre, transmettez-là de proche en proche à nos frères, afin qu’eux aussi rendent gloire au Seigneur, qui choisit ses élus parmi ses serviteurs. A celui qui, par sa grâce et sa bonté, a le pouvoir de nous conduire tous à son Royaume éternel, par son Fils unique Jésus-Christ, gloire, honneur, puissance, grandeur dans les siècles ! Saluez tous les chrétiens. Ceux qui sont avec nous vous envoient leurs salutations, j’ajoute les miennes et celles d’Evariste le scribe, ainsi que de sa famille. Le martyre de Polycarpe eut lieu le 25 avril, le jour du grand sabbat, à deux heures de l'après-midi. Il fut emprisonné par Hérode, alors que Philippe de Tralles était grand prêtre, que le proconsul était Statius Quadratus et que Jésus-Christ régnait pour tous les siècles. Grâces soient rendues à Jésus-Christ notre Seigneur, à qui soient la gloire, l'honneur, la grandeur et le trône éternel, de génération en génération. Amen.


Gaïus a transcrit cela à partir du manuscrit d'Irénée, disciple de Polycarpe ; il vécut aussi avec Irénée. Moi, Socrate, à Corinthe, je l’ai écrit d’après une copie de Gaïus. La grâce soit avec vous tous. Moi, à mon tour, je l’ai écrit à partir du manuscrit précédent après l’avoir cherché, le bienheureux Polycarpe me l’ayant manifesté par révélation (...) »

 

 

Télécharger la section 2  de ce chapitre 5 :

Les martyrs de la noblesse romaine (cliquer)


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Mercredi 17 novembre 2010 3 17 /11 /Nov /2010 08:56
- Par primeroscristianos.com

pc-copie-1.jpg « Polycarpe, le plus admirable de tous, ne se laissa pas d’abord émouvoir par les rumeurs de persécution. Il voulait rester en ville. Mais comme son entourage le pressait d’aller se mettre à l’abri, il gagna une petite maison non loin de Smyrne et il l’habita avec quelques amis, ne faisant qu’y prier jour et nuit, pour tous les hommes et toutes les Églises de ce monde, selon la coutume. C’est au cours de sa prière que, trois jours avant d’être arrêté, il eut une vision : son oreiller prenait le feu et était entièrement consumé. Alors il se tourna vers ses compagnons : “Il faut que je sois brûlé vif. “ Cependant on le recherchait activement. Il dut gagner une seconde cachette ; à peine y arrivait-il que les gens lancés à sa poursuite firent irruption dans la première maison. Ne l’y trouvant pas, ils saisirent deux jeunes esclaves, en torturèrent un, qui parla. Polycarpe désormais ne pouvait plus leur échapper, puisqu’il avait été dénoncé par un des siens. L’irénarque qui répondait au nom d’Hérode, était pressé de le conduire au stade. Ainsi Polycarpe accomplirait-il sa destinée, en ne faisant qu’un avec le Christ, tandis que ceux qui l’avaient livré subiraient le châtiment de Judas. Ils emmenèrent le jeune esclave. C’était un vendredi, vers l’heure du dîner. Les policiers, à pied et à cheval, armés jusqu’aux dents, se mirent en chasse, comme s’ils couraient après un brigand. Tard dans la soirée, les voilà qui trouvent la maison et se lancent à l’assaut. Il était couché à l’étage supérieur. Une fois encore, il aurait pu s’échapper, mais il refusa : “Que la volonté de Dieu soit faite”, dit-il. Quand il sut qu’ils étaient là, il descendit et engagea la conversation. Son âge et sa sérénité les frappèrent et ils ne comprenaient pas qu’on ait mis tant de police sur le pied de guerre pour arrêter un si noble vieillard. Mais lui, malgré l’heure tardive, les invita aussitôt à manger et à boire à satiété, il leur demanda seulement de lui laisser une heure pour prier en paix. Ils le lui accordèrent. Alors, debout, il se mit à prier, si intensément pénétré de la grâce de Dieu que deux heures durant il ne cessa de parler et d’impressionner ceux qui l’écoutaient. Beaucoup se repentaient d’être venus arrêter un vieillard aussi saint. Quand il eut achevé sa prière, où il avait fait mémoire de tous ceux qu’il avait rencontrés dans sa vie, petits ou grands, illustres ou obscurs, et de toute l’Église catholique, répandue dans le monde entier, l’heure du départ était arrivée.


« (...) Du stade montait une énorme rumeur et nul ne pouvait s’y faire entendre. Quand Polycarpe en franchit les portes, une voix retentit du ciel : “Courage, Polycarpe, et sois un homme”. Nul ne vit qui avait parlé, mais ceux des nôtres qui étaient présents entendirent la voix. On fit entrer Polycarpe. Quand la foule apprit qu’il avait été arrêté, les clameurs redoublèrent.


« Le proconsul le fit comparaître devant lui et lui demanda s’il était Polycarpe. “Oui”, répondit celui-ci. Alors il essaya de le faire abjurer : “Respecte ton âge”, disait-il. Suivaient toutes les paroles que l’on tenait en pareil cas : “Jure par la fortune de César, rétracte-toi, crie : à mort les impies !” Alors Polycarpe jeta un œil sombre sur cette populace de païens massée dans le stade, et pointa sa main vers elle. Puis il soupira, et, les yeux levés au ciel, il dit : “A bas les impies !” Le proconsul le pressait de plus belle : “Jure donc et je te libère, maudis le Christ !” Polycarpe répondit : ”Si tu t’imagines que je vais jurer par la fortune de César, comme tu dis, en feignant d’ignorer qui je suis, écoute-le donc une bonne fois : je suis chrétien. Voilà quatre-vingt-six ans que je le sers et il ne m’a fait aucun mal. Comment pourrais-je insulter mon roi et mon sauveur ? Si le christianisme t’intéresse, donne-toi un jour pour m’entendre”. Le proconsul lui dit : “Essaie de convaincre le peuple”. Mais Polycarpe répliqua : “Avec toi, je veux bien m’expliquer. Dieu nous demande de respecter comme elles le méritent les autorités et les hautes fonctions qu’il a lui-même instituées, du moment que cela ne nous porte pas préjudice. Mais ces gens-là ont trop peu de dignité pour que je défende ma foi devant eux”. Le proconsul reprit : “J’ai des fauves, je t’y ferai jeter si tu ne changes pas d’opinion”. - “Fais-les venir ! Quand nous changeons, nous, ce n’est pas pour aller du bien au mal. Nous ne consentons à changer que pour devenir meilleurs.” Le magistrat s’irritait : “Je t’envoie au bûcher si tu ne crains pas les fauves. Apostasie donc”. Polycarpe répliqua : “Tu me menaces d’un feu qui brûle une heure, puis s’éteint rapidement. Tu ignores donc le feu du jugement à venir et du châtiment éternel gardé pour les impies. Mais pourquoi tardes-tu ? Va, donne tes ordres”.


« Telles furent ses paroles, et bien d’autres encore. Il rayonnait de courage et de joie, et la grâce inondait sa face. Il ne s’était pas laissé démonter par cette confrontation, c’était au contraire le proconsul qu’elle plongeait dans le désarroi. Cependant, ce dernier envoya son héraut au milieu du stade pour claironner trois fois : “Polycarpe a avoué qu’il est chrétien !” La déclaration du héraut mit en fureur toute la foule des païens et des Juifs qui résidaient à Smyrne. Les cris éclatèrent : “C’est lui, le maître de l’Asie, le père des chrétiens, le fossoyeur de nos dieux, c’est lui qui incite les foules à ne plus sacrifier ni adorer !” Au milieu de leurs hurlements, ils demandaient à l’asiarque Philippe de lâcher un lion sur Polycarpe. Mais il objecta qu’il n’en avait plus le droit, parce que les combats de fauves étaient clos. Alors d’une seule voix, ils réclamèrent que Polycarpe pérît par le feu. Il fallait en effet que s’accomplît la vision qui lui avait montré son oreiller en flammes, tandis qu’il priait, et qui lui avait arraché devant ses amis ce mot prophétique : “Il faut que je sois brûlé vif”.

(à suivre).

 

 

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Mardi 16 novembre 2010 2 16 /11 /Nov /2010 07:26
- Par les PP. Nácar et Colunga - Traduction française : (c) Hermas

7.- L’objet de la prophétie


L'objet de ces divines communications s’étend, selon saint Thomas, à toutes les choses qui peuvent être connues surnaturellement : les mystères de la vie divine, de sa providence, spécialement de la rédemption ; les lois des bonnes moeurs, par lesquelles l’homme se dirige vers Dieu, les événements futurs, etc. L'objet de la prophétie est donc le même que celui de la foi, que définit saint Paul : Sperandarum substantia rerum, la ferme certitude des choses que nous espérons, nous indiquant de la sorte que la foi nous montre ici-bas, au travers du voile du mystère, ce qui, par la vision, nous rendra bienheureux. Les autres choses, qui ne concernent pas la vérité divine elle-même, appartiennent à la foi à proportion de leur relation à Dieu et de ce qu’elles nous font connaître de sa nature. Les mystères de l’humanité de Jésus-Christ et de son Eglise n’entrent eux-mêmes dans l’objet de la foi que dans la mesure où ils nous acheminent à Dieu : in quantum per haec ordinamur ad Deum.


8.- Les degrés de la prophétie


Il faut distinguer, dans l’objet très étendu de la science que Dieu communique à ses prophètes, différents degrés de lumière dans l’illumination qui éclaire l’esprit du prophète et la connaissance qu’il acquiert par elle. Le premier est la lumière divine par laquelle le prophète connaît les vérités surnaturelles, les mystères divins qui s'offrent à son esprit, sous une forme claire, intelligible, sans qu’ils soient voilés par des images sensibles. Le deuxième degré est la lumière sous laquelle les choses divines se présentent à l'esprit du prophète, revêtues d’images sensibles. Le troisième degré, enfin, est la lumière par laquelle le prophète juge, selon une vérité et une certitude qui excèdent les forces de l’intelligence naturelle humaine, de choses dont il acquiert la connaissance par des moyens naturels. Les écrits sacrés qui traitent de choses dont la connaissance peut être atteinte par la raison - par exemple les matières historiques - relèvent à proprement parler de ce dernier degré de prophétie. On peut également ranger dans cette catégorie les textes qui portent sur des choses, même surnaturelles, mais dont la connaissance a été acquise par la voie ordinaire de l’étude ou de l’exercice de la foi, sur le fondement d’enseignements prophétiques antérieurs.

(à suivre)

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