Communautés

L'Eglise qui souffre

Mardi 12 février 2008 2 12 /02 /Fév /2008 15:05

Par La rédaction

    L'Eglise d'Algérie puise son origine dans l'ancienne Église d'Afrique, qui a fait son apparition dans l'histoire en 180 avec la « passion des martyrs scillitains », un des premiers documents en langue latine de l'Église, a été florissante aux premiers siècles, malgré les persécutions, et a connu son apogée aux 4ème/5ème siècles avec saint Augustin.

L'Église instituée avait disparu de cette région au XIIème siècle sous les coups de l'islam, même si ont toujours subsisté divers témoins de l'Évangile (marchands, esclaves, aumôniers ...), avant de revenir au 19ème avec la présence française. De cette époque datent les quatre évêchés actuellement en place : Alger, Oran, Constantine et Laghouat qui englobe tout le sud du pays.

L'indépendance de l'Algérie en 1962 et le concile de Vatican II ont marqué un tournant dans son histoire et l'ont aidée à forger son visage actuel, minoritaire dans une société de tradition musulmane, pour être « une Église de la rencontre ».

Vaste programme, vu le climat local et le souvenir des moines de Tibérine...

Car, en Algérie, l'islam est religion d'Etat et si la liberté de culte est garantie par la constitution, cette garantie est purement théorique. D'autant plus qu'en mars 2006 a été adoptée par le Parlement algérien une loi punissant le « prosélytisme », entendu très largement apparemment, de prison ferme et de lourdes amendes.


    Et l'on vient d'apprendre via Radio Vatican et Zenit qu'un prêtre catholique venait d'être condamné par un tribunal d'Oran à un an de prison avec sursis pour avoir « célébré un rite dans un lieu non reconnu par le gouvernement ». Il s'agit du P. Pierre Wallez, français, et qui a été sanctionné en vertu d'une très belle loi sur « l'exercice des pratiques du culte non-musulman ».

Mgr Henri Teissier, archevêque d'Alger, remarquait que « la chose qui surprend le plus est que la condamnation a été émise parce que le prêtre avait rendu visite à un groupe de chrétiens du Cameroun : il n'avait pas célébré de messe
» (ce qui été inadmissible...), « il avait seulement prié avec eux, le 29 décembre 2007, juste après Noël ».

L'archevêque se dit bouleversé, même si la prison n'a pas été effective, mais il souligne en même temps que l'Eglise locale est très appréciée pour sa contribution au bien de la société algérienne... Ce n'est visiblement pas suffisant...

D'ailleurs un jeune médecin algérien a été pour sa part condamné à deux ans de prison ferme, officiellement parce qu'il avait utilisé des médicaments du dispensaire public qu'il dirigeait dans le bidonville des immigrés de Maghnia, officieusement parce que ces médicaments étaient  «  payés régulièrement par la Caritas » (!), expliquent des sources catholiques qui dénoncent « les graves difficultés que la communauté catholique a dû affronter et continue d'affronter ces derniers mois ».

Les tracasseries vont du refus des visas au retrait du permis de séjour, comme en novembre dernier à 4 jeunes prêtres du Brésil venus travailler avec les immigrés africains de langue portugaise.

On le voit, le drame de l'Algérie, pays si riche et connaissant
pourtant tant de misère, est bien la colonisation, comme on s'évertue de toutes parts à le dire ...




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Publié dans : L'Eglise qui souffre - Communauté : Chrétiens et heureux de croire
Vendredi 8 février 2008 5 08 /02 /Fév /2008 11:51

Par La rédaction

    t_alto_sx.gif Nous avons publié hier une lettre de M. Jacques MOUGENOT, Commissaire fédéral des Scouts d'Europe, adressée à différentes communautés religieuses pour solliciter leurs prières afin que la paix revienne dans le mouvement, sur le fondement d’une situation juste et respectueuse des directives du Saint-Père, à l'égard desquelles les libertés que nous avons analysées ont été prises.

Malgré la modération des termes de cette lettre, M. MOUGENOT a jugé que cette dernière pouvait être de nature à alimenter des difficultés dont chacun de ceux qui sont attachés au Scouts d'Europe ne souhaite que la résolution dans la paix et le respect de tous. Pour cette raison, il nous a demandé de bien vouloir supprimer ce document de notre blog, ce que nous faisons volontiers pour entrer dans l'intention qu'il a indiquée. Nous n'en retenons, toujours selon sa demande, que son invitation à la prière, qui était celle-ci, et à laquelle nous nous joignons :

"Le 15 mars prochain, l’Eglise célébrera cette année la solennité de saint Joseph, son gardien, modèle des pères et des éducateurs. Ce même jour, l’association française des Guides et Scouts d’Europe réunira son assemblée générale annuelle, au cours de laquelle les responsables rendent compte de leur action ; le conseil d’administration y sera également partiellement soumis à renouvellement.

"Je vous remercie d’intercéder auprès du Père des Cieux, avec saint Joseph et la Vierge Marie, pour que cette assemblée soit celle d’une famille, unie par la foi et la loi scoute ; pour que les débats y soient marqués par la vérité et le respect des personnes ; que les décisions soient celles d’une fidélité sans ambiguïté à l’enseignement ordinaire et aux injonctions particulières du Saint-Siège ; que se dissipent les incompréhensions, les raideurs, les ombres, d’où qu’elles proviennent ; que notre mouvement, si riche en vocations religieuses, sacerdotales ou familiales, continue, sans en tirer orgueil et dans l’action de grâce, à féconder l’Eglise de France ; que tous nos chefs, cheftaines, guides et scouts, puissent, le cœur et l’esprit libres, entrer pleinement dans la Grande Semaine de la Passion et de la Résurrection de leur Seigneur.

"Telle est l’intention que je confie instamment à votre prière et à celle de toute votre communauté. Certains d’entre nous diront, du 7 au 15 mars, une neuvaine à St-Joseph. Vous choisirez le mode de prière qui vous paraîtra le mieux convenir à cette demande et aux possibilités de votre communauté.

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Samedi 2 février 2008 6 02 /02 /Fév /2008 21:58

Par La rédaction
1.- Dans un article encore récent - tout chaud - nous avions évoqué la lettre qu'a dû écrire le cardinal Castrillon Hoyos, président de la Commission Ecclesia Dei, à la direction des Scouts d'Europe, à la suite des résistances que celle-ci opposait au motu proprio Summorum pontificum sur la messe. Le contenu complet de cette lettre ne nous était alors pas connu. Nous savions seulement que le prélat avait invité les intéressés à reconsidérer leur position.

Celle-ci, en revanche, nous était bien connue, que nous avons analysée : au nom de sa fidélité à l'Eglise et au magistère, et au nom de l'unité et de la paix du mouvement, l'AGSE disait ne vouloir s'en tenir qu'à la forme ordinaire de la messe. Bien plus, et c'est surtout là qu'était l'anomalie – au sens propre – elle s'autorisait à refuser à ses (?) Scouts d'assister à la forme extraordinaire de la messe - celle dite “du Bienheureux Jean XXIII” - sauf exceptions qu'elle s'autorisait encore probablement à contrôler.


2.- Pourquoi nous sommes-nous arrêtés à ce fait et pourquoi y revenons-nous encore ? Pour cette raison essentielle : cet événement est exemplaire. Il cristallise, sous une lumière très crue ce qui se passe dans l'Eglise, en France en tout cas, depuis près de 40 ans et ce qui s'y renouvelle, à chaque fois que le pape demande que l'on fasse un geste à l'égard des personnes attachées à l'ancienne forme liturgique.


3.- Que la liturgie latine ait dû être l'objet d'une réforme, selon les indications du concile Vatican II n'est pas ici remis en cause. Nous y acquiesçons sans aucune réserve, dans une soumission totale à la sagesse de l’Eglise.

Ce qui est néanmoins l'expérience de ceux qui ont vécu cette réforme, et ce qu'en retiendra l'histoire, quand celle-ci pourra en être écrite paisiblement et loyalement, c'est que cette réforme s'est très souvent faite dans la violence. La haine du passé, la haine des fidélités piétinées. Tout paraissait acceptable, en bien des endroits, dans l'ordre de l'innovation et de la "spontanéité", pourvu que cela ne fût pas "comme avant". Cette manie barbare et imbécile sévit hélas toujours. Le pape Benoît XVI, dans la lettre qu'il a écrite aux évêques à l'occasion du motu proprio Summorum pontificum l'a explicitement relevé, en parlant de ces  « déformations de la liturgie à la limite du supportable » qui ont « profondément blessé des personnes qui étaient totalement enracinées dans la foi de l'Eglise » (1).

Le reconnaître, le dire, le répéter n’est pas ignorer ce que l’on est par ailleurs en droit de critiquer dans le comportement de maints traditionalistes, qui se croient souvent impeccables, malgré leur volontarisme et leur libre-examen. C’est néanmoins leur rendre une élémentaire justice. C’est poser aussi la question, impossible à esquiver, de savoir si les travers que l’on dénonce chez eux n’ont pas été provoqués par ceux qui aujourd’hui leur en font grief. On est mal placé pour reprocher ses cris à quelqu’un qu’on écorche. Sur ce point encore le pape a constaté, dans la même lettre, « qu'aux moments critiques où la division commençait à naître, les responsables de l'Eglise n'ont pas fait suffisamment pour conserver ou conquérir la réconciliation et l'unité; on a l'impression que les omissions dans l'Eglise ont eu leur part de culpabilité dans le fait que ces divisions aient réussi à se consolider ». Cette impression, hélas, demeure, même si de nettes améliorations se sont produites ici ou là.

L’Eglise n’est pas composée de deux sortes de fidèles : des élus du cœur et des parias, triés selon leur sensibilité au vent de l’histoire. Elle n’est pas une société qui construit sa réussite nouvelle sur le cadavre d’âmes sacrifiées, jugées inaptes au changement. C’est une honte sans nom que d’avoir pris ce parti que le mouvement de la réforme liturgique pouvait et devait laisser dans le fossé des masses entières de fidèles, et de les avoir abandonnées à elles-mêmes, à leurs chagrins, à leurs colères et à leurs errements. Une honte sans nom. Comprend-on ce que signifie « profondément blesser » des personnes « totalement enracinées dans la foi de l'Eglise » ? A qui possède un peu de sens théologal et ecclésial, cela signifie blesser le cœur même du Christ. Le Bon Pasteur a laissé 99 brebis parce qu’il lui était insupportable qu’une seule ne soit pas avec les autres. La parabole ne dit pas si cette brebis avait tort ou raison, si elle avait les pieds plats, si elle était ringarde, pelée, réactionnaire ou sosotte aux yeux des autres. Elle ne retient que ceci : elle n’était pas avec les autres et le Pasteur l’aimait, et tout lui paraissait devoir être fait pour qu’elle ne fût plus éloignée. Son cœur était déchiré à proportion de cet éloignement. N’est-ce qu’une image, une fable romantique, un conte pour enfants ? Ou bien est-ce une analogie, qui réalise dans le Christ ce que chaque pasteur qui participe de son sacerdoce doit être, pour tous les fidèles, sans acception de personnes ?


4.- La vérité commande de reconnaître que ces violences se sont souvent exercées sous le regard indifférent de la hiérarchie, quand ce n’est pas avec son concours. Peu nous importe qu’on nous fasse grief de le dire. L’histoire à écrire ne dira pas autre chose, et trop d’exemples nous viennent à l’esprit pour que nous en puissions douter. Toujours dans la même lettre, le Saint-Père, s’adressant aux évêques, leur disait ceci, non sans une paternelle sévérité : « Il me vient à l'esprit une phrase de la seconde Epître aux Corinthiens, où Saint Paul écrit : "Nous vous avons parlé en toute liberté, Corinthiens; notre coeur s'est grand ouvert. Vous n'êtes pas à l'étroit chez nous ; c'est dans vos coeurs que vous êtes à l'étroit. Payez-nous donc de retour; (...) ouvrez tout grand votre coeur, vous aussi!" Paul le dit évidemment dans un autre contexte, mais son invitation peut et doit aussi nous toucher, précisément sur ce thème. Ouvrons généreusement notre cœur et laissons entrer tout ce à quoi la foi elle-même fait place ».


5.- Le 3 octobre 1984, après une enquête de quatre ans, l’indult Quattuor abhinc annos du pape Jean-Paul II avait entrouvert aux évêques diocésains la faculté de permettre l’usage du missel de 1962 aux prêtres et aux fidèles qui en faisaient la demande, « énumérés explicitement » dans leur requête. Ce document, très restrictif, indiquait que cette célébration aurait lieu « dans les églises et les chapelles que l’évêque du diocèse indiquera (et pas dans les églises paroissiales, à moins que l’évêque ne le permette pour des cas extraordinaires) et qu’elle se [ferait] aux jours et dans les conditions approuvées par l’évêque, qu’il s’agisse des célébrations habituelles ou exceptionnelles » (Ici).

Cet indult est très largement resté lettre morte en France. Les prêtres et les fidèles désirant rester attachés au missel de 1962 – pour des raisons qui, plus tard, seront reconnues légitimes, ne l’oublions pas – ont été souvent réduits à le célébrer ou à y assister dans des hangars, dans une marginalisation qui a favorisé les surenchères, les durcissements et les désespoirs. Chacun campant sur ses positions, se réclamant de la seule Eglise, il est advenu ce qui devait advenir. Malgré les propositions inespérées qui lui ont été faites par Rome, raidi dans son désespoir jusqu’à affirmer que le Siège de Pierre était occupé par l’Antéchrist, Mgr Lefebvre a fait schisme.

Alors – et alors seulement hélas – est intervenu le motu proprio Ecclesia Dei, le 2 juillet 1988 (2). En relevant la conception erronée de Mgr Lefebvre sur la Tradition, le pape a invité tous les fidèles à réfléchir sur leur propre fidélité à cet héritage. Il a invité « tous les pasteurs et les autres fidèles [à prendre] une conscience nouvelle non seulement de la légitimité mais aussi de la richesse que représente pour l'Église la diversité des charismes et des traditions de spiritualité et d'apostolat ». Ceci constituait une invitation explicite au respect des traditionalistes : « A tous ces fidèles catholiques qui se sentent attachés à certaines formes liturgiques et disciplinaires antérieures de la tradition latine, je désire aussi manifester ma volonté – à laquelle je demande que s'associent les évêques et tous ceux qui ont un ministère pastoral dans l'Église – de leur faciliter la communion ecclésiale grâce à des mesures nécessaires pour garantir le respect de leurs aspirations ». Le pape Jean-Paul II a alors donné cette injonction : « On devra partout respecter les dispositions intérieures de tous ceux qui se sentent liés à la tradition liturgique latine, et cela par une application large et généreuse des directives données en leur temps par le Siège apostolique pour l'usage du missel romain selon l’édition typique de 1962 ».

Cette application « large et généreuse » destinée à « faciliter la communion ecclésiale » n’a jamais eu lieu. Les traditionalistes ont continué d’être traités, dans de nombreux cas, comme des parias. Aujourd’hui encore, 20 ans plus tard, les communautés sacerdotales ou religieuses qui ont alors été reconnues rencontrent toujours des difficultés à exercer leur apostolat dans les diocèses où elles sont implantées. Et ce malgré une insuffisance alarmante de prêtres dans ces derniers. Il est vrai que rien n’est simple. Il y a eu, ou il y a toujours, des ambiguïtés sur la réalité de l’adhésion de ces communautés au magistère vivant, « de Nicée jusqu’à Vatican II », comme l’exprimait Ecclesia Dei. Il est vrai aussi que leur défiance parfois chronique à l’égard de la messe de Paul VI n’est pas faite pour encourager les plus récalcitrants ni désarmer de justes méfiances.
 

Le 7 juillet 2007,
le pape Benoît XVI a publié la lettre apostolique Summorum pontificum qui modifie totalement la donne, en principe, puisque qu’elle réunit les deux formes liturgiques en conflit sous un seul et unique rite latin, d’égale valeur canonique, intégrées dans l’évolution homogène de la liturgie de l’Eglise. Tout prêtre peut désormais librement célébrer selon la forme extraordinaire de 1962. « Dans les paroisses où il existe un groupe stable de fidèles attachés à la tradition liturgique antérieure, le curé accueillera volontiers leur demande de célébrer la Messe selon le rite du Missel romain édité en 1962. Il appréciera lui-même ce qui convient pour le bien de ces fidèles en harmonie avec la sollicitude pastorale de la paroisse, sous le gouvernement de l’Évêque selon les normes du canon 392, en évitant la discorde et en favorisant l’unité de toute l’Église ».


6.- Tout paraît ainsi, enfin, concourir à la paix et à l’unité. Tout, sauf que l’essentiel, comme le pape l’a souligné dans sa lettre aux évêques, est dans les cœurs. Or beaucoup sont encore figés, comme si ce qui était en jeu n’était pas l’unité du troupeau que le Christ s’est acquis au prix de son Sang, comme l’a écrit saint Paul. La réaction de la direction des Scouts d’Europe en est une illustration affligeante et scandaleuse.

Alors qu’il était sollicité par Rome de modifier sa position, voici ce qu’a écrit le président de l’AGSE après l’avoir reçue :
« Les commissaires généraux ont informé les commissaires de province que le président de la commission pontificale Ecclesia Dei m'avait adressé en tant que président de l'AGSE une lettre par fax le 14 février 2008 concernant le communiqué “Place au scoutisme” du 17 novembre 2007. Cette information a également été donnée aux conseillers religieux présents lors du colloque, comme le demandait son auteur.

Cette question, si elle nous intéresse au premier chef, dépasse le cadre des Guides et Scouts d'Europe. Elle nécessite notamment des échanges entre le Siège Apostolique, les évêques de France et les dirigeants de l'Association, dans le respect des procédures prévues.

Il nous a donc été demandé d'être patients et discrets en attendant les résultats des échanges en cours afin d'éviter une communication prématurée.

Je ne peux vous donner par lettre davantage d'informations et considère avoir répondu aux demandes de diffusion de ce document émanant de certains administrateurs ».

Jean-Marie Nessi

M. NESSI, qui ne manifeste ainsi aucune intention de revenir sur la position actuelle de l’AGSE – formellement contraire aux demandes du pape – se moque du monde. Comment le dire autrement ?

Il dit les Scouts d’Europe « dépassés » par la question, sur laquelle pourtant l’AGSE n’a pas craint d’imposer, de son propre chef, une position inadmissible. Il prétend que des échanges sont nécessaires entre Rome, les évêques et les dirigeants de l’Association, dans le respect des procédures (sic!), pour régler le problème pendant, alors qu’il lui a été, directement et personnellement, demandé de corriger la position injustement prise, pour prendre en compte la norme imposée par le pape. Enfin, M. NESSI ajoute : « Il nous a donc été demandé d'être patients et discrets ». Qui donc est ce “il” ? Et de quel droit invoquer la patience et la discrétion pour couvrir le maintien de ce qui est objectivement une iniquité ?

Cette réaction est tellement choquante que le cardinal Hoyos a été contraint de rendre publique la lettre écrite à M. NESSI. En voici la teneur, telle qu’elle est donnée par le site Paix liturgique.com [Ici], et que nous reproduisons ici. C’est nous qui soulignons :

« Dernièrement sont arrivés à la Commission Pontificale “Ecclesia Dei” de nombreuses lettres au sujet de la Déclaration que vous avez fait au nom des Guides et Scouts d’Europe, qui porte le titre “Place au Scoutisme” et la date du 17 novembre 2007.

Dans cette Déclaration vous vous exprimez sur l'impossibilité de faire usage de la forme extraordinaire du Rite Romain pendant des activités de votre mouvement, comme par exemple des camps.

Comme vous le savez, cette matière a été réglée par le Motu proprio “Summorum Pontificum” du Souverain Pontife Benoît XVI entré en vigueur le 14 septembre 2007, lequel a donné à la Commission la charge de veiller sur l’application de ce Motu proprio.

Les lettres, qui nous sont arrivées, proviennent de la part de nombreux prêtres, - dont 61 ont signé une pétition explicite adressée à cette Commission Pontificale, - et aussi de la part des laïcs membres de votre mouvement : toutes expriment la même préoccupation que cette interdiction de l’usage extraordinaire ne soit pas conforme au Motu proprio et devrait causer de grands problèmes dans plusieurs sections des Scouts d’Europe.

Après avoir fait une profonde réflexion sur la matière, je me vois dans l’obligation de vous inviter à reconsidérer cette normative ; une nouvelle réglementation de votre part devrait prendre acte de ce qui suit :

Les prêtres membres d’un Mouvement de l’Eglise ont le droit de célébrer selon la forme extraordinaire, comme tous les autres prêtres ; ils ne peuvent, certes, imposer cette forme à tout leur mouvement ; d’autre part, les Dirigeants de telles Associations et Mouvements ne peuvent, ni imposer ni empêcher cette forme de la célébration dans leur Mouvement.

Je vous saurais donc gré, Monsieur le président, si vous pouviez en informer le comité des Scouts d’Europe lors de la réunion annuelle des Conseillers religieux prévue pour le 14 janvier 2008.

Signé : Dario Card. Castrillon Hoyos »


7.-
Cette lettre est tout à fait explicite. Elle rappelle à M. NESSI que l’AGSE s’est octroyé un pouvoir qu’elle n’avait pas, sur une question tranchée en sens contraire par le pape. Elle signifie à l’AGSE de reconsidérer la norme imposée, de la modifier, et d’y intégrer ce qu’elle méconnaît : le droit de chaque prêtre à célébrer selon le rite du Bienheureux Jean XXIII. Elle se termine sur ce rappel sévère mais évident : l’AGSE n’a aucun droit, même si “il” – qui qu’il soit – prétend le contraire, à imposer ou empêcher quoi que ce soit en ce domaine. En effet, dans la lettre apostolique Summorum pontificum, le Vicaire du Christ a indiqué : « Les prières instantes de ces fidèles ayant déjà été longuement pesées par mon prédécesseur Jean-Paul II, ayant moi-même entendu les Pères Cardinaux au consistoire qui s’est tenu le 23 mars 2006, tout bien considéré, après avoir invoqué l’Esprit Saint et l’aide de Dieu, par la présente Lettre apostolique je DECIDE ce qui suit (…) ».

La vérité est donc que le masque tombe. La position de l’AGSE est une illégalité intenable. Invoquer la fidélité à l’Eglise et à son magistère pour la couvrir est une hypocrisie. Affirmer, après réception de la lettre du cardinal Hoyos, agissant ès qualités, que la question est à débattre avec l’épiscopat, le Saint-Siège et le mouvement est un mensonge.

Comme l’expérience de paroisses le montre, nombreux sont les fidèles – traditionalistes ou non  – qui en ont assez de toutes ces manœuvres indignes, et qui aspirent de tout leur cœur à une vraie communion, dans le respect mutuel, la paix et l’enrichissement spirituel et liturgique auquel le pape les convie. Si ce projet ne vous convient pas, M. NESSI, personne ne vous l’impose. Ni dans les Scouts d’Europe, ni ailleurs. Si vous ne vous sentez pas en mesure de surmonter vos préventions, d’autres pourront le faire à votre place, mieux inspirés, qui n’auront besoin ni de « patience », ni de « discrétion » pour entrer avec joie, et loyalement, dans les intentions du Saint-Père.

Prenez du recul – démissionnez.

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(1) Cf. l’intégralité de cette lettre Ici
(2) Cf. l’intégralité de ce document Ici
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Publié dans : L'Eglise qui souffre - Communauté : Chrétiens et heureux de croire
Lundi 28 janvier 2008 1 28 /01 /Jan /2008 20:38

Par La rédaction
A130108_4.jpg Sur le site www.chiesa [Ici], son responsable, Sandro Magister, revient sur ce qui constituait en soi un non-événement médiatique, mais qui s'est pourtant révélé si instructif par les critiques dont il a été l'objet : la messe célébrée par le pape dans la chapelle sixtine. Voici les commentaires apportés, sur le fondement de ses lectures de l'Osservatore romano, organe officieux du Saint-Siège.

C'est l'occasion d'apporter - et de recevoir - de précieux éclairages sur la signification de ces rites, que les célébrations "décontractées" de nombreuses paroisses ont rendu inintelligibles à beaucoup. Une meilleure connaissance ou une redécouverte de ces derniers favoriserait à la fois un approfondissement universel de la loi de la prière et une plus grande communion entre les catholiques, que tant d'équivoques ou d'ignorances séparent encore sur ces questions.

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Dans le numéro du lundi 14 janvier, "L’Osservatore Romano" est revenu sur la messe et les baptêmes que Benoît XVI avait célébrés dans la Chapelle Sixtine le dimanche précédent, jour de la fête du Baptême du Seigneur. Le journal du Saint-Siège soulignait que "pour la première dois depuis le début de son pontificat", le pape "a célébré la messe en public à l’autel traditionnel".

Et d’expliquer:
"Il a été décidé que la célébration se ferait à l’ancien autel afin de ne pas altérer la beauté et l’harmonie de ce joyau architectural, en préservant sa structure du point de vue de la célébration et en ayant recours à une possibilité prévue par la règle liturgique. A certains moments, le pape s’est alors retrouvé dos aux fidèles et le regard tourné vers la Croix, invitant ainsi toute l’assemblée à faire de même".
Quelques jours plus tard, dans une interview accordée le 20 janvier à Radio Vatican, le nouveau maître des célébrations liturgiques pontificales Guido Marini a fourni des explications supplémentaires:
"Je pense qu’il est important avant tout de se concentrer sur l’orientation que la célébration devrait toujours suivre: je parle de la centralité du Seigneur, le Sauveur crucifié et ressuscité d’entre les morts. Cette orientation doit déterminer la disposition intérieure de toute l’assemblée et, par conséquent, les modalités de la célébration extérieure. L’emplacement de la croix sur l’autel au centre de l’assemblée permet de transmettre ce contenu fondamental de théologie liturgique. Mais il peut se trouver des circonstances particulières où, du fait des caractéristiques artistiques du lieu sacré et de sa beauté et de son harmonie particulières, il devient souhaitable de célébrer depuis l’ancien autel. On conserve d’ailleurs ainsi l’orientation exacte de la célébration liturgique. C’est exactement ce qui s’est produit dans la Chapelle Sixtine. Il s’agit d’une pratique autorisée par la réglementation liturgique, en accord avec la réforme conciliaire".
En ce qui concerne "le dos tourné vers les fidèles":
"Dans le cas où la célébration se déroule selon ces modalités, il ne s’agit pas tant de tourner le dos aux fidèles que de s’orienter avec eux vers le Seigneur. De ce point de vue, on ne ferme pas les portes à l’assemblée mais on les lui ouvre, pour la conduire vers le Seigneur. Dans la liturgie eucharistique, on ne se regarde pas mais on regarde Celui qui est notre Orient, le Sauveur".
Et à propos du motu proprio "Summorum Pontificum" qui a libéralisé l’usage de l’ancien rite de la messe:
"La liturgie de l’Eglise, comme d’ailleurs sa vie toute entière, est faite de continuité: je dirais de développement dans la continuité. Cela veut dire que l’Eglise suit son cheminement historique sans perdre de vue ses propres racines et sa propre tradition vivante. Dans certains cas, il faut alors récupérer des éléments précieux et importants qui ont été perdus et oubliés en cours de route et dont la vraie signification a perdu de sa clarté avec le temps. Il me semble que le Motu proprio va justement dans cette direction: réaffirmer avec beaucoup de clarté qu’il y a une continuité dans la vie liturgique de l’Eglise, qu’il n’y a pas de rupture. On ne doit donc pas parler d’un retour au passé mais d’un vrai enrichissement pour le présent, en vue de l’avenir".
Le cardinal secrétaire d’état Tarcisio Bertone a toutefois annoncé le 6 janvier dans une interview à "Famiglia Cristiana" qu’une instruction sur le motu proprio est en préparation, "qui en fixera bien les critères d’application".

Par ailleurs, il est prévu de publier sous peu une nouvelle formulation de la prière pour les juifs incluse dans le rite du Vendredi Saint du missel "tridentin" de 1962 libéralisé par le motu proprio. La référence à la condition de "ténèbres" et d’"aveuglement" du peuple hébreu disparaîtra, mais la prière pour leur conversion sera conservée. "Parce que dans la liturgie, nous prions toujours pour la conversion, d’abord la nôtre puis celle de tous les chrétiens et de tous les non-chrétiens", a expliqué l’archevêque Angelo Amato, secrétaire de la congrégation pour la doctrine de la foi, dans une interview à "Avvenire".

Pour en revenir à l’orientation de la célébration, il suffit, pour comprendre à quel point les mots du maître des célébrations liturgiques pontificales Guido Marini reflètent la pensée de Benoît XVI, de noter ce qu’a dit le pape dans ce passage de sa dernière audience générale du mercredi, le 23 janvier dernier:

"Dans la liturgie de l’ancienne Eglise, après l’homélie, l’évêque ou le président de la célébration, le célébrant principal, disait: ‘Conversi ad Dominum’. Alors, lui-même et tous les fidèles se levaient et se tournaient vers l’Orient. Tous voulaient regarder vers le Christ".
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Lundi 28 janvier 2008 1 28 /01 /Jan /2008 10:56

Par La rédaction

    messatridentina-007.jpg Il y a quelque temps, nous avions analysé [ici], dans un article intitulé Emoi chez les Scouts d’Europe, les réactions de l’AGSE à l’égard de la lettre apostolique Summorum pontificum.

Tout en indiquant n’avoir jamais exclu de personnes attachées à l’ancien rite, l’AGSE avait souligné qu’ayant adopté le rite de Paul VI – qu’il est aujourd’hui de règle d’appeler la forme ordinaire du rite latin – elle n’entendait pas qu’une autre forme soit célébrée dans le cadre des activités du mouvement, même après le motu proprio. L’AGSE avait même ajouté qu’elle se réservait de décider si une unité scoute « a(vait) la possibilité (…) d’assister dans des paroisses ou monastères, à titre exceptionnel, à une messe célébrée selon le missel de Jean XXIII ».

Pour justifier cette position, l’AGSE en appelait à sa fidélité à l’Eglise et à son magistère, à son attachement constant à la liturgie nouvelle – dont elle se donnait pour tâche de manifester la beauté et la sainteté, et à sa volonté de maintenir l’unité et la paix dans le mouvement scout.

En réalité, cette prise de position, tout à fait abusive, qui n’était conforme ni à l’esprit ni à la lettre du document publié par le pape Benoît XVI, a provoqué un tollé au sein des Scouts d’Europe, à l’encontre de l’esprit d’unité et de paix invoqués.

    Est finalement arrivé ce qui devait arriver : la réaction de Rome. Le cardinal Castrillón Hoyos, président de la commission Ecclesia Dei, a écrit aux dirigeants du mouvement des Scouts d’Europe pour leur demander de « reconsidérer certaines décisions prises pour la mise en œuvre du motu proprio Summorum pontificum ».

Evidemment, nous ne pouvons que nous réjouir de ce rappel au droit. Il est seulement regrettable qu’il ait été nécessaire. Un peu plus d'objectivité dans la simple lecture du motu proprio eut suffit à le rendre inutile. C'est malheureusement, là encore, la preuve par le fait que les vraies résistances à l'unité et à la paix si volontiers invoquées sont dans les esprits et les coeurs.

Puisse ce rappel, en tout cas, mettre un terme à cette affaire, qui n'aurait jamais dû exister.

 
 
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Vendredi 28 décembre 2007 5 28 /12 /Déc /2007 17:47

Par La rédaction
    Le Site du Journal La Croix nous apprend que huit églises ont été pillées et incendiées par des extrémistes hindous dans l'Etat d'Orissa à l'est de l'Inde, six églises le jour de Noël, les deux autres le 26 décembre, de même que dix habitations appartenant à des chrétiens.


Selon John Dayal, un porte-parole de la Conférence des évêques, une personne a été tuée et 25 personnes ont été blessées. 450 policiers ont été déployés dans  où un couvre-feu a été imposé après ces attaques.


Mais la Conférence des évêques catholiques d'Inde, basée à New Delhi, a précisé que les violences avaient débuté lundi 24 décembre lorsque les extrémistes s'étaient opposés à un spectacle pour le réveillon, estimant qu'il était destiné à encourager les hindous à se convertir.


    On rappellera qu'à majorité hindoue, l'Inde est officiellement un Etat laïc. Les chrétiens représentent 2,5% de la population, forte de 1,1 milliard de personnes. En 1999, dans l'Etat d'Orissa, un missionnaire australien et ses deux fils, âgés de huit et dix ans, avaient été brûlés vifs dans leur voiture après un cours de catéchisme. Cette région est la seule du pays dont la législation exige de demander la permission de la police avant de changer de religion.




 
 
 
 
 
 
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Publié dans : L'Eglise qui souffre
Mardi 18 décembre 2007 2 18 /12 /Déc /2007 10:30

Par La rédaction
Nous nous faisons ici l’écho d’un appel lancé par Mgr Brizard, au nom de l’ŒUVRE D’ORIENT, une très belle oeuvre que nous vous invitons chaleureusement à soutenir avec générosité à l'approche de Noël.


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PRES D'UN MILLION DE CHRETIENS IRAKIENS
PERSÉCUTÉS, EXILÉS, SANS RESSOURCES

Madame, Monsieur,

Les chrétiens d'Irak sont menacés, enlevés, spoliés quotidiennement par les fondamentalistes. Plusieurs prêtres ont été assassinés et nombre d'églises brûlées. Cette population ultra-minoritaire et pacifique ne bénéficie d'aucun soutien. Quasiment oubliée des médias et des politiques, elle sombre peu à peu dans le chaos le plus complet. Pouvons-nous rester sans rien faire ?

Il faut, d'abord, soutenir ceux qui ne peuvent ou ne veulent pas quitter l'Irak et vivent dans un extrême dénuement matériel et moral. Il s'agit de personnes âgées isolées, de familles touchées par la disparition violente d'un parent ou d'un enfant, d'hommes, de femmes et d'enfants « déplacés» dans le nord du pays... La paralysie économique rend leur vie quotidienne encore plus précaire.

Face à cette situation, l'Œuvre d'Orient est l'organisme le mieux placé pour agir à court terme sur le terrain. Notre relation privilégiée avec les communautés religieuses catholiques nous permet de faire parvenir avec certitude une aide concrète à ces familles. Nous savons pouvoir compter sur les prêtres, les religieux et les religieuses d'Irak qui font preuve d'un immense dévouement.

N'oublions pas que les chrétiens sont présents en Irak depuis près de 2000 ans. Même s'ils représentent aujourd'hui moins de 4 % de la population, ces 700.000 fidèles font pleinement partie de la culture du pays. Leurs relations avec les musulmans modérés ont toujours été excellentes, et beaucoup d'entre eux veulent encore croire à un avenir sur place.

Mais nous devons aussi penser aux chrétiens qui ont fui l'Irak. Confrontés à un véritable déluge de violence, ils ont laissé toute une vie derrière eux. Ceux qui avaient une maison l'ont vendue pour survivre. Ceux qui n'avaient rien sont partis les poches vides chercher refuge dans les pays voisins. 

100 à 250.000 chrétiens ont ainsi gagné la Syrie ; 25 à 30.000 ont choisi la Jordanie, mais ces pays commencent à fermer leurs frontières. 700 familles sont aujourd'hui en Turquie en attente d'un visa, 800 familles chaldéennes viennent encore d'arriver au Liban portant à près de 65.000 le nombre de chrétiens réfugiés dans ce pays...

Partout, hélas, leur soulagement n'est que relatif. Les réfugiés n'ont pas le droit de travailler. Considérés comme des hôtes, ils vivent entre deux mondes. Leur hébergement, leur nourriture, l'éducation des enfants sont autant de problèmes à résoudre chaque jour. Que vont devenir ces centaines de milliers de personnes ?

Ce sont les communautés religieuses qui les aident le plus, mais leurs moyens sont extrêmement limités. En faisant un don à l'Œuvre d'Orient, vous permettrez aux prêtres, aux religieux et religieuses d'apporter à ces réfugiés de la nourriture, des soins, une prise en charge éducative de leurs enfants, mais aussi le soutien moral de leur religion.

Isolés en terre d'islam, écrasés par un conflit auquel ils sont étrangers, les chrétiens irakiens ont besoin de nous ! Je vous demande personnellement, chers amis, de nous aider à les soutenir. Chaque geste compte. Merci de tout cœur pour ce que vous pourrez faire.

Prions pour la paix. Prions pour nos frères orientaux dans la tourmente. Et écoutons leur appel !

Fraternellement

+ Mgr Philippe Brizard
_________

L’ŒUVRE D’ORIENT : 20, rue du Regard - 75278 Paris Cedex 06 - CCP346-52 W Paris 01 4548 5446
Vos dons peuvent aussi être adressés en ligne à l'adresse suivante : www.oeuvre-orient.fr
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Publié dans : L'Eglise qui souffre - Communauté : Chrétiens et heureux de croire
Jeudi 13 décembre 2007 4 13 /12 /Déc /2007 14:26

Par La rédaction
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(Source Agence Fides et CNA) - Sur le lieu il ne reste plus rien, sinon des décombres. L’attaque d’environ 150 extrémistes hindous survenue le 5 décembre dernier sur le site où était en construction l’église de la Divine miséricorde, dans l’Archidiocèse de Delhi, a laissé l’Eglise locale surprise, amère et déconcertée. L’Eglise catholique, située dans la localité de Pitampura (au Nord de Delhi), avait toutes les autorisations civiles et les permis nécessaires pour l’édification, obtenus après l’acquisition du terrain et une longue démarche bureaucratique. Les travaux avançaient rapidement et la communauté locale, sous la direction du curé désigné, le p. Alphonse D’Cruz, travaillait avec ardeur pour construire l’édifice, qui devait comprendre l’église et quelques locaux pour les exigences pastorales et caritatives.

Mais le matin du 5 décembre, vers 7 heures, un groupe dense d’extrémistes hindous a menacé les ouvriers, les obligeant à abandonner le chantier. Puis le groupe s’est déchaîné avec une violence inouïe en détruisant les machines (scrapeurs, générateurs, grues) et en rasant au sol les murs déjà construits. Selon les témoins oculaires, les extrémistes avaient l’esprit surchauffé, criaient et disaient ne pas vouloir d’église catholique sur ce territoire, parce qu’ils “ne toléraient pas le prosélytisme chrétien”. Après l’attaque, ils ont aussi averti les ouvriers de ne pas recommencer à travailler en ce lieu, sous peine d’agression physique contre eux.

La communauté catholique de Delhi a été surprise par cet épisode désagréable, vu que sur le territoire de Delhi l’extrémisme hindou n’est pas diffusé et que la communauté catholique est très estimée et appréciée par la population. “C’est certes un fait isolé dans le territoire de l’archidiocèse - disent à Fides des sources de l’Eglise locale - mais cette attaque inquiétante et sans motif reste réelle”. L’Eglise a prévenu la police qui mène une enquête sur ce qui s’est passé. Dans les environs du site, se trouve un temple hindou, et selon certains observateurs, les extrémistes pourraient avoir cherché des adeptes pour l’agression parmi ceux qui fréquentent le temple. “Nous espérons que les forces de l’ordre feront la lumière sur les faits et que cet épisode ne restera pas impuni. L’Eglise indienne agit dans la plus totale transparence et légalité et il ne doit pas être permis aux extrémistes de violer les libertés et les droits constitutionnellement garantis”, conclut la source de Fides.

Selon un récent rapport présenté aux autorités indiennes, les chrétiens dans toute l’Inde ont subi au total plus de 500 cas de violences dans les 23 derniers mois (cf. conférence des évêques d'Inde ICI), à cause de la croissance de l’extrémisme religieux, surtout dans des états comme Bihar, Karnataka, Gujarat, mais moins, jusqu'alors, dans la région de la capitale. Voir un site dédié (ICI).

Ne les oublions pas dans nos prières et nos dons.
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Publié dans : L'Eglise qui souffre
Mercredi 12 décembre 2007 3 12 /12 /Déc /2007 17:20

Par La rédaction

    Le Site du Journal Le Figaro (ICI) nous apprend que Matignon doit étudier cette semaine un projet d’accueil en France des chaldéens d’Irak. Alléluia ! Enfin, une grande et bonne nouvelle, pour ces populations martyres, minorité livrée à la barbarie de l'islamisme intégriste et de la guerre.

Enfin, une décision, qui, par humanité
, fait fi du politiquement correct ! On pourrait enfin ne plus rougir au souvenir de cet afghan condamné à la peine de mort, puis à l'exil, pour s'être converti au christianisme, et à qui Paris n'a pas daigné répondre (Ah, s'il avait été scientologue ou communiste...).

Mais, le courage du Quai d'Orsay et le grand principe de non-discrimination risquent d'anéantir ce projet. On croyait pourtant qu'il s'agissait là - et les banlieues nous le rappellent - d'une question affectant l'existence et  l'avenir même d'une Nation... Aura-t-on le courage de sauver les CHRETIENS d'Irak, alors même que leur vie est menacée, leur intégration ne présentant pas, loin s'en faut, les mêmes difficultés que celles d'autres groupes souvent travaillés par des extrêmistes ou des intérêts particuliers.

______

Le Figaro :

"Comment la France peut-elle apporter son soutien aux chaldéens, la minorité chrétienne irakienne, sans provoquer une vague d’immigration en provenance de Bagdad ? C’est cette épineuse question que devra trancher Matignon cette se­maine, au cours d’un comité interministériel. Le ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, a en effet la ferme intention de mettre en place « un plan d’accueil des ressortissants irakiens de confession chrétienne ». Dans les prochains mois, Paris devrait faciliter l’installation de plusieurs centaines d’entre eux en France. Lors de son déplacement à Bagdad, en août dernier, le locataire du Quai d’Orsay a pris cet engagement au cours d’une rencontre avec le patriarche irakien Emmanuel III Delly.

Mais la généreuse promesse du ministre n’est pas simple à tenir. En 2005, le président Chirac avait déjà pris des engagements semblables sans qu’ils soient suivis d’aucun effet. Et pour cause : une note du ministère des Affaires étrangères en date du 20 novembre 2007 précise que « la politique jusqu’à présent en matière de délivrance de visas (…) visait à nous prémunir de la pression migratoire que créerait l’envoi d’un signal à tous les candidats irakiens au départ ». Le projet Kouchner se heurte en effet à la politique migratoire française. Brice Hortefeux, le ministre en charge du dossier, plaide en effet depuis des mois pour l’élaboration d’une politique européenne. Au moment où la France s’apprête à prendre la présidence de l’Union européenne, à compter du 1er juillet 2008, il serait malvenu que Paris se saisisse en solo de la question des réfugiés irakiens.

D’autant que le dossier inquiète toutes les capitales européennes, qui attendent la venue de nombreux réfugiés au cours de l’année à venir. Les Britanniques se plaignent déjà de voir arriver depuis la France, par le port de Cherbourg, des clandestins irakiens. Le 1er octobre 2006, sur la foi d’une rumeur d’une augmentation du nombre de visas pour les Irakiens, l’ambassade de France en Syrie où vivent des milliers de réfugiés avait été prise d’assaut pas 600 personnes tandis que celle d’Espagne voyait se presser devant ses portes… quelque 4 000 candidats.

Au sein même du Quai d’Orsay, le projet ne fait pas l’unanimité. Certains diplomates considèrent que les chrétiens apparaissent proportionnellement moins menacés que les autres communautés, car ils ne représenteraient pas un enjeu dans les conflits qui déchirent le pays. Selon eux, les chaldéens auraient en outre la possibilité de se réfugier au Kurdistan irakien. L’opinion chrétienne orientale, enfin, est divisée sur une telle opération qui marginaliserait encore plus les chrétiens désireux de rester sur place. La France pourrait également être suspectée par les pays de la région de conduire une politique discriminatoire en faveur de critères religieux.

Du coup, l’opération Kouchner devrait être beaucoup plus discrète que prévu. Et les annonces publiques envisagées ont été totalement abandonnées. Tout comme la perspective d’avancer un chiffre précis d’Irakiens accueillis. Les chiffres de 1 000 à 2 000 personnes avancés au début du mois de septembre ne sont plus d’actualité. Dans les couloirs ministériels on se borne au­jourd’hui à évoquer plusieurs centaines de cas.

À côté de ces questions poli­tiques et diplomatiques, l’accueil de ces populations pose de vrais problèmes techniques. Dans un premier temps, il faut trouver des logements en nombre suffisant.

La France compte seulement 1 300 réfugiés politiques d’origine irakienne, dont moins de la moitié seraient de confession chrétienne. Il n’est donc pas acquis que des chrétiens sollicitant aujourd’hui une de­mande d’asile en France recevraient automatiquement une réponse fa­vorable de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra). « Ils devront prouver qu’ils sont individuellement victimes de persécution, rappelle un agent de l’Ofpra, f aute de quoi ils seraient dé­boutés et se retrouveraient réduits à la clandestinité pour rester en France. » En clair, les invités se transformeraient en sans-papiers !

Le gouvernement travaille ce­pendant sur plusieurs pistes qui per­mettraient de contourner cet écueil. Sans préjuger de demandes d’asile qui pourraient être déposées individuellement, la France peut accorder des titres de séjour clas­siques à des étrangers qui répondent à des critères particuliers, par exemple la maîtrise de la langue française, des qualifications professionnelles dont la France a besoin.

Ce dispositif permettrait en outre d’être ouvert aux Irakiens en dehors de considérations religieuses, mais il profiterait notamment aux chrétiens plutôt plus francophones et francophiles que la moyenne de leurs compatriotes."

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MM. FILLON ET KOUCHNER, NOUS COMPTONS SUR VOTRE COURAGE, en espérant qu'il ne se bornera pas à des effets d'annonce ou de symbole et qu'il s'accompagnera d'un projet concret d'intégration de ces populations  !

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Publié dans : L'Eglise qui souffre - Communauté : Chrétiens et heureux de croire
Mercredi 5 décembre 2007 3 05 /12 /Déc /2007 10:02

Par La rédaction
Nous tenons à vous soumettre un entretien de l'agence Zenit avec l'auteur « Le Livre noir des nouvelles persécutions antichrétiennes », paru en France le 22 novembre (éd. Favre), qui nous paraît particulièrement intéressant.
___

Le XXe siècle a fait plus de martyrs chrétiens que les dix-neuf siècles précédents. Mais le XXIe siècle a déjà moissonné ses victimes. Thomas Grimaux, signe « Le Livre noir des nouvelles persécutions antichrétiennes », paru en France le 22 novembre (éd. Favre), au moment où le Parlement européen vient d'adopter une résolution sur « de graves événements compromettant l'existence de communautés chrétiennes » devant « la multiplication d'épisodes d'intolérance et de répression vis-à-vis des communautés chrétiennes ».
Thomas Grimaux a évoqué dimanche dernier des discriminations et même des persécutions dont les chrétiens sont victimes en Asie, du fait de différents fondamentalismes religieux (Zenit du 2 décembre 2007). Il a ensuite abordé, hier, une autre source de persécution des chrétiens : l'idéologie communiste dans le monde actuel (Zenit du 3 décembre 2007). Il parle maintenant du fondamentalisme islamiste.

Zenit - Chaque année l'agence vaticane Fides publie la liste des missionnaires morts pour leur foi dans différents pays, que signifie cette mémoire chrétienne des « martyrs » d'aujourd'hui ? C'est souvent mal compris...
Th. Grimaux -
Heureusement qu’il y a ce travail de Fides. Mais elle ne comprend que les évêques, prêtres, religieuses et laïcs engagés morts pour la foi. Pourtant, lors du Grand Jubilé de l’An 2000, le regretté Jean-Paul II a bien insisté – et il a donné une nouvelle impulsion à cette partie de la théologique – sur le fait que le « martyr » n’est pas seulement celui qui est assassiné. Aujourd’hui, en faire mémoire (comme les martyrs espagnols que Benoît XVI vient de béatifier) n’est pas source de division, n’est pas source de vengeance. Mais, au contraire, c’est un rappel, un vaccin obligatoire pour les chrétiens : la Résurrection passe par la Croix. Et la Croix, c’est aussi de prier pour les bourreaux car « ils ne savent pas ce qu’ils font ».

Zenit - Votre livre donne des frissons... Est-ce qu'il ne risque pas d'avoir un effet négatif, à savoir de « casser » le travail des diplomates qui ont souvent réussi à construire des ponts , ou celui des catholiques engagés dans le dialogue interreligieux? Au lendemain du discours de Ratisbonne, on a vu combien les forces de dialogue déjà en place depuis longtemps sont efficaces pour désarmer la violence...
Th. Grimaux -
Je crois, sincèrement, que c’est tout le contraire. De la même manière que le dialogue interreligieux ne consiste pas à taire notre foi, le travail des diplomates ou des catholiques engagés s’appuie sur le réel. Or, comme le disent sans cesse les évêques du Soudan, pour ne prendre que cet exemple, il n’y aura pas de paix profonde sans justice. C’est-à-dire sans vérité. Et cette vérité est que les persécutions existent. Ces évêques, à l’instar de tous les interlocuteurs que j’ai rencontrés, ont ce devoir de mémoire. Non pour ne faire une bannière de combat mais bien avoir à l’esprit que des hommes et des femmes, habités par la grâce, souffrent quotidiennement de leur fidélité à Jésus.

Occulter ces persécutions reviendrait à refuser de faire son « travail de deuil ». En parler, dans des termes objectifs et non passionnels, au contraire, permet de dire les choses en face et si l’interlocuteur refuse d’en entendre parler, le dialogue est forcément très limité… Enfin, le Pape, les cardinaux, les évêques, les prêtres, les religieuses, les laïcs engagés que j’ai pu lire ou avec lesquels j’ai parlé, ont cette simplicité de dire les choses telles qu’elles sont. Ils n’en restent pas moins au service de l’Homme. Ils n’en restent pas moins prêts à mourir pour ce dialogue. Mais, encore une fois, un dialogue qui refuse d’entendre cette vérité est un dialogue de sourd.

Zenit - Thomas Grimaux, vous n’êtes pas inconnu des lecteurs de Zenit : vous nous avez déjà parlé de ce sujet grave…
Th. Grimaux -
En effet, vous m’aviez déjà interviewé l’année dernière à propos de mon Rapport sur les persécutions antichrétiennes dans le monde (publié par l’Aide à l’Eglise en Détresse). Ce sujet me tient à cœur pour deux raisons principales. D’abord, comme le dit le cardinal Jorge Bergoglio, président de la conférence des évêques d’Argentine, lors du discours inaugural de la 93e assemblée plénière, en avril 2007, « L’Eglise a été, est et sera persécutée […] tant qu’elle annoncera la Foi ». Mais si l’Eglise est persécutée, ce n’est pas une raison pour ne pas en parler. Ensuite, parce que j’ai effectué de nombreux voyages dans des communautés catholiques persécutées. J’ai donc un devoir de mémoire à réaliser.

Zenit - N’aviez-vous pas tout dit dans votre précédent ouvrage ?
Th. Grimaux -
Il semble que non, puisque l’un des grands éditeurs européens m’a demandé ce livre. Celui-ci diffère en ce sens qu’il est beaucoup plus « abouti ». Il n’est pas un « rapport » quasi institutionnel où j’avais privilégié les faits bruts, pays par pays. Le Livre Noir des nouvelles persécutions antichrétiennes veut surtout montrer l’ampleur de ces nouvelles persécutions.

Zenit - En quoi sont-elles « nouvelles » ?
Th. Grimaux -
Si les premiers siècles de notre ère ont été justement nommés le « Temps des Martyrs », tant Néron que d’autres ont attaqué les disciples de Jésus, n’hésitant pas à les calomnier pour les faire brûler ; aujourd’hui, l’observateur impartial est contraint de constater une époque de nouvelles persécutions. Elles diffèrent par leur ampleur : ampleur des chiffres, ampleur géographique, ampleur des moyens utilisés.

Quand, dans les premiers siècles, on comptait quelques milliers ou dizaines de milliers de chrétiens persécutés ; aujourd’hui, il faut les chiffrer en dizaines ou centaines de millions. Quand, dans les premiers siècles, les agressions étaient limitées à quelques pays ; aujourd’hui, pas un continent n’est à l’abri des attentats contre « les croisés ». Quand, dans les premiers siècles, on se « limitait » à crucifier, à pendre ou à jeter aux lions ; aujourd’hui, on utilise les moyens « sophistiqués » de la manipulation individuelle et de la manipulation de masse, et cela dans tous les domaines de la vie (judiciaire, économique, médiatique, politique, militaire…).

Mais surtout, il y a une autre nouveauté. Avant, c’est Néron – craignant pour son pouvoir terrestre - qui persécute. Aujourd’hui, la persécution n’est plus l’œuvre d’un dictateur fou, mais trouve son origine dans une pensée structurée : on persécute parce qu’on le veut, parce que c’est un but, politique ou religieux. On persécute au nom d’un Etat, d’une doctrine, d’une « religion ». Dès lors, la persécution devient institutionnelle.

Zenit - Vous décrivez les trois sources de ces nouvelles persécutions.
Th. Grimaux -
J’en vois trois principales en effet : les fondamentalismes hindouiste ou bouddhiste (que nous traitons ensemble en raison de certaines similitudes) ; le communisme ; l’islamisme (que je distingue de l’Islam).

Zenit - Vous parlez des « fondamentalismes hindouiste et bouddhiste ». Pourquoi les associez-vous et n’allez-vous pas à contre-courant de leur présentation, en Occident, comme philosophies particulièrement « tolérantes » ?
Th. Grimaux -
Elles ont plusieurs points communs. Outre l’ère géographique (Inde et Sri Lanka), ces deux fondamentalismes entendent restaurer l’hindouisme pour les uns, le bouddhisme pour les autres, dans leur « pureté originelle » et, dès lors, veulent chasser de « leurs » terres les chrétiens. Ces derniers étant considérés comme des ennemis irréductibles. En ce qui concerne la vision idyllique donnée par les cartes postales, soyons conscients de la réalité que vivent les chrétiens en Inde, au Sri Lanka, au Népal, en Mongolie, au Myanmar (Birmanie) : les fondamentalismes bouddhistes et hindouistes veulent éradiquer le christianisme. Tant aux plans législatif et politique qu’économique, les chrétiens sont discriminés. Discriminés, quand ils ne sont pas tout simplement attaqués et agressés.

Précisons, bien sûr, que tous les Hindous ne sont pas des persécuteurs mais qu’une partie extrémiste d’entre eux chassent les chrétiens. Or, dans certains Etats, cette minorité extrémiste devient parfois majorité élue. Dès lors, des partis politiques comme le BJP votent un arsenal juridique dans le but de restreindre la liberté d’action des croyants non hindous en général et des chrétiens en particulier. Cette situation est particulièrement préoccupante dans quatre Etats (Arunachal Pradesh, Orissa, Madhya Pradesh, et Chhattisgarh). Ailleurs, quand les extrémistes n’ont pas le pouvoir local, ils agissent en groupe de pression – de manière violente ou non. Partout, ils professent l’Hindutva, une théorie nationaliste.

Dans ce livre, fruit d’un long travail, je donne des exemples constitutionnels, scolaires, de la vie quotidienne… Tous montrent bien la volonté délibérée de blesser, de calomnier ou d’empêcher la propagation du christianisme, comme cela se voit avec les lois anti-conversions et la « double peine » infligée aux dalits chrétiens qui, s’ils se convertissent au catholicisme, perdront tous leurs avantages sociaux et économiques. En revanche, un dalit chrétien peut se convertir à l’hindouisme !

Zenit - Votre deuxième chapitre est consacré au communisme. Benoît XVI en parle en philosophe et pas seulement en théologien, dans son encyclique sur l'Espérance chrétienne. Mais cetet idéologie n'est-elle pas sérieusement en perte de vitesse depuis la chute du Mur ?
Thomas Grimaux -
Ne le croyez surtout pas et regardons la situation actuelle en Chine - pays le plus peuplé au monde - et au Vietnam voisin, avant d'appeler à la vigilance en Amérique latine. Par ailleurs, nous démontrons aussi en quoi, même après la chute du Mur, l'opinion publique mondiale reste soumise aux manipulations communistes comme avec la triste manipulation que je dévoile quant à la présentation de Pie XII comme un allié d'Hitler.

Zenit - Cependant, dans nos pays, on persiste à présenter le communisme comme une utopie dévoyée par Staline.
Thomas Grimaux -
Un rappel historique permet de rétablir la vérité. Voici juste l'exemple roumain. La prise du pouvoir en Roumanie, a conduit le Parti à une politique antichrétienne systématique. Ainsi, dès octobre 1948, tous les évêques de l'Eglise gréco-catholique sont purement déposés et des « pétitions » sont lancées pour demander le rattachement des gréco-catholiques (c'est-à-dire des catholiques roumains, 1,5 million d'habitants) à l'Eglise... orthodoxe. Comble de l'ironie, le pouvoir en place décide de valider ces conversions obligatoires le 21 octobre 1948, soit exactement 250 ans après l'union des catholiques de rite oriental avec l'Eglise de Rome. Les quatre cathédrales catholiques sont transférées aux orthodoxes. Les écoles et les hôpitaux catholiques sont fermés ou mis sous séquestre. Les six évêques sont immédiatement arrêtés et emprisonnés ou placés en résidence surveillée. Mgr Hossu (1885-1970), refusant de renier sa foi est incarcéré. Courageusement, chaque année, il fera parvenir aux autorités gouvernementales un pro-memoria réclamant la liberté pour son peuple. Le Père Alexandru Todea (1912-2002) sera consacré clandestinement évêque en 1950. Quelques mois plus tard, il passe en procès et est condamné à la prison à vie. Le 10 mai 1950, Mgr Arthémis, évêque d'Alba Julia, en prison depuis 18 mois, décède. Deux mois après, tous les évêques catholiques sont emprisonnés, à l'instar de 600 prêtres.

Nous citons encore les cas de la Tchécoslovaquie, de la Bulgarie, de la Yougoslavie, de la Hongrie... puisque les actes discriminatoires à l'encontre des catholiques, des protestants et des orthodoxes se retrouvent de manière similaire dans tous les pays de l'ancien bloc soviétique.

Zenit - En ce qui concerne la « Mère Patrie Russie», vous citez le « Rapport sur les persécutions religieuses dans l'ex-URSS » de 1995...
Thomas Grimaux -
Ce « Rapport » est peu connu. Pourtant, il est instructif au sens où il montre l'ampleur de cette persécution. Publié à Moscou le 27 novembre 1995, le rapport a été établi par une commission ad hoc, instituée par le Président Eltsine. Il fut donc le premier rapport officiel. On y découvre que, de 1917 à 1980, ce sont des centaines d'évêques orthodoxes, des dizaines de milliers de prêtres et des millions de fidèles qui ont été exterminés en raison de leur foi. On ne parle habituellement que des premiers mais j'ai pu rencontrer un certain nombre de prêtres ayant connu les geôles communistes durant vingt, trente ans. Ceux-ci, la gueule cassée à coup de poings, au corps abîmé par des traitements inhumains, par des privations, des vexations, ont su, pour la plupart, rester dignes. Mieux, une fois libérés, une fois leur pays recouvrant la liberté, ils ne se sont jamais autorisé une parole de vengeance : ils avaient pardonné du fonds de leur cœur !

Zenit - Pour revenir à ce Rapport, qu'apprend-il de nouveau ?
Thomas Grimaux -
On y apprend que Lénine, dans un message secret adressé au « Politburo », recommandait d'abattre les membres les plus représentatifs du clergé réactionnaire : « C'est maintenant, écrivait-il, que nous devons leur donner une leçon, afin que, pour plusieurs décennies, ils ne songent même plus à résister. » Le rapport donne des chiffres terrifiants : « En 1937, 136.900 ecclésiastiques orthodoxes ont été arrêtés et 85.300 tués. 28.300 ont été arrêtés et 21.500 tués en 1938. En 1939, sur 1.500 personnes arrêtées, 900 ont été tuées. Même durant la deuxième guerre mondiale, quand Staline autorisa la réhabilitation partielle de l'Eglise, chaque année plus de 100 prêtres orthodoxes ont été exécutés ». Le rapport de 1995 avance l'assassinats de 200.000 prêtres orthodoxes en tout ! L'histoire précisera sans doute ultérieurement. Mais, dès à présent, grâce à l'annuaire de l'Eglise russe d'avant la Révolution d'Octobre, on sait qu'il y avait, en 1916, 147 évêques, 117.915 membres du clergé, 21.330 moines et 73.299 moniales. On dénombrait 547 monastères féminins et 478 masculins. Lors de l'invasion allemande, seuls quatre évêques exerçaient encore leur fonction.

Zenit - Vous citez également l'historien italien Andrea Riccardi, fondateur et président de la Communauté de Sant'Egidio.
Thomas Grimaux -
Oui, puisqu'il a démontré, d'une manière très documentée, la volonté antireligieuse de Moscou et ce que vécurent les chrétiens en URSS : « La lutte antireligieuse n'était donc pas une question politique contingente, mais une composante permanente de toute la politique soviétique. C'est une lutte - il vaut la peine de le rappeler - qui se prolongera jusqu'au années 80, même si ses méthodes changent et que la répression s'allège. (...) Une constante de toute la politique soviétique à l'égard du Saint-Siège jusqu'à la fin des années 80, même quand il y a des relations directes entre Rome et Moscou, est le refus de discuter avec les responsables du Vatican sur la situation des catholiques en URSS, considérée comme une affaire interne soviétique par les dirigeants de ce pays. »

Zenit - Mais ce comportement ne nous ramène-t-il pas à la Chine actuelle pour qui c'est l'Etat qui doit nommer les évêques ?
Thomas Grimaux -
Et c'est pourquoi il est important, à côté d'une information exacte sur des faits concrets, de d'identifier la filiation intellectuelle des « nouveaux persécuteurs ». Ainsi, je parle de la situation actuelle en Chine (on ne sait même pas si les évêques et prêtres emprisonnés sont encore en vie !), au Vietnam, en Corée du Nord, à Cuba...


Zenit - Votre troisième partie est consacrée à « l'islamisme » - que vous distinguez toujours de l'Islam - et, comme pour les deux premières parties, vous associez étude théorique et cas concrets, étude des textes fondateurs des « nouvelles persécutions » et étude de terrain. Mais, à côté des citations des responsables de l'Eglise comme Mgr Giovanni Lajolo ou Mgr Silvano Tomasi, vous citez également des auteurs que l'on ne peut suspecter d'islamophobie.
Thomas Grimaux - Et mon argumentation repose aussi sur des écrits de journalistes que l'on ne peut taxer de cléricalisme exacerbé puisqu'ils travaillent à Libération, au Monde et même à l'Humanité !

Zenit - Ce long chapitre est divisé en sous-chapitres : 1) Origine de l'islamisme moderne 2) L'Arabie Saoudite, matrice de l'islamisme moderne 3) A l'ombre des pyramides ou des minarets ? 4) La persécution sournoise actuelle 5) La persécution violente actuelle 6) Quel avenir pour les chrétiens en terre d'islam ?). Pourquoi remonter à l'origine de l'islamisme et ne pas se contenter des faits actuels ?
Thomas Grimaux - Tout simplement parce que, sinon, on risque de prendre ces faits pour des actes isolés et non comme autant d'éléments d'une stratégie mise en place. Ainsi, pour bien saisir les racines de « l'antichristianisme » islamiste, il faut avoir à l'esprit plusieurs points.
 

Zenit - Par exemple ?
Thomas Grimaux -
Bien que je distingue « islamiste » de « musulman », force est de constater que la progression de l'islam s'est faite soit par le commerce, soit par le sabre : « En moins d'un siècle, les combattants de l'islam vont bâtir par la guerre un empire » (Histoire du terrorisme, De l'Antiquité à Al Qaida. Sous la direction de Gérard Chaliand et Arnaud Blin, Bayard, 2004. Page 289). Dès lors, il y a eu opposition, guerre, persécution. Et ce dès l'origine comme l'écrit Le Point « Même si « djihad » signifie en arabe autant « effort » que « combat dans le chemin de Dieu » pour aboutir à la sainteté, il a toujours été l'arme de la conquête, qu'elle soit dirigée par les califes ou Ben Laden » (10 mars 2005).

Avant la mort de Mahomet, « Juifs et chrétiens sont autorisés à conserver leurs coutumes sous certaines conditions (impôt payé au protecteur musulman, interdiction de bâtir des lieux de culte sans autorisation, impossibilité de porter des armes ou de monter chevaux et chameaux...). Mais le prosélytisme leur est refusé » (Histoire du terrorisme, De l'Antiquité à Al Qaida. Sous la direction de Gérard Chaliand et Arnaud Blin, Bayard, 2004. Page 290).
 

Zenit - Vous citez le cas peu connu des chrétiens esclaves des musulmans. Peut-on les chiffrer ?
Thomas Grimaux -
Dans « Esclaves chrétiens, maîtres musulmans : L'esclavage blanc en Méditerranée (1500-1800) », de Robert-C Davis, l'auteur donne un chiffre terrible : « l'esclavage blanc pratiqué par ceux que l'on nommait alors les « Barbaresques » a bel et bien existé sur une grande échelle et constitué une véritable traite qui fit, durant près de trois siècles, plus d'un million de victimes. »

Zenit - Ainsi, vous passez en revue l'histoire musulmane, des premiers siècles de l'Hégire au médiatique Tarik Ramadan, en passant par les Frères Musulmans et les Saoud. Vous arrivez à notre époque où l'islamisme est, selon vous, la principale cause de l'antichristianisme. Sur quels éléments vous appuyez-vous pour le dire ?
Thomas Grimaux - Tout simplement sur les faits - et je passe en détail plusieurs pays, de l'Arabie Saoudite à l'Indonésie, du Pakistan aux Maldives, du Yémen au Nigeria, etc. Là, on peut voir, au quotidien, des pays où la charia s'applique et des pays où elle progresse et l'on constate une islamisation de l'Egypte, du Liban, de l'Algérie, de Gaza... Islamisation qui débute par la persécution sournoise, imposée par l'Etat ou par des lobbys, comme l'interdiction de vendre de l'alcool ou le port obligatoire du foulard... 

Zenit - Mais en quoi le port du foulard est-il antichrétien ?
Thomas Grimaux -
Sans rentrer dans le débat des Droits de la Femme, le foulard est antichrétien quand il est imposé, de droit ou de fait, aux chrétiennes !

Zenit - Cette persécution sournoise débouche-t-elle sur des actes violents ?

Thomas Grimaux -
Malheureusement, toujours, dès que les groupes islamistes se sentent suffisamment forts. Mais je reviens sur mon argumentation. Elle repose donc sur l'expérience et l'observation des faits mais encore sur les textes des mouvements islamistes. Ceux de Ben Laden, contre les « Croisés » sont éclairants. Enfin, je scrute les manuels scolaires, les pratiques commerciales, les lois anti-conversion, etc.

Zenit - Vous concluez votre livre par une question très grave: vous prononcez le mot de « génocide » ?
Thomas Grimaux - M'appuyant sur les définitions courantes du génocide et m'appuyant sur les conclusions des raisonnements exprimés dans ce livre, je pose en effet la question. Je ne puis tout dire ici, mais d'après eux, les Arméniens ont-ils été persécutés ? Les chrétiens du Soudan l'ont-ils été ou le sont-ils ?

Zenit - Vous avez dit que ces persécutions sont « nouvelles » parce qu'elles sont « institutionnelles ». La récente résolution votée par le Parlement européen ne vous donne-t-elle pas raison dans votre analyse ?
Thomas Grimaux -
D'abord un mot sur cette résolution du 15 novembre denier - et passée inaperçue dans beaucoup de grands médias : elle est fondamentale. C'est la première fois, en effet, que le Parlement européen vote un tel texte. Un texte qui dit clairement les choses. Un texte qui appelle un chat un chat. Un texte qui dénonce les crimes commis contre les chrétiens en tant que tels : les assassinats « de deux chrétiens assyriens (...) d'un prêtre chaldéen et de trois diacres » en Irak. Ceux de « de l'évêque protestant Arif Khan et de son épouse » au Pakistan et « l'attaque d'une église chrétienne, le bombardement (de) la Saint John Bosco Model School ». Le meurtre du « propriétaire d'une librairie chrétienne à Gaza », ceux « de deux jeunes coptes » en Égypte et « l'attaque lancée contre la maison d'édition chrétienne Zirve (Turquie), au cours de laquelle trois chrétiens ont été assassinés ». Qui condamne des systèmes étatiques antichrétiens : le Soudan pour noter « la gravité de la situation des communautés chrétiennes au Soudan, où les autorités de Khartoum continuent à réprimer ». La Chine, « où les autorités continuent à réprimer toute manifestation religieuse, notamment à l'encontre de l'église catholique dont bon nombre de ses membres et évêques sont emprisonnés depuis plusieurs années, et dont certains sont décédés en prison ». Le Vietnam, où « on enregistre une forte répression des activités de l'église catholique ».

Mais, surtout, cette résolution étonne par ses directives. Ainsi, elle « demande à la Commission et au Conseil de prêter une attention particulière à la situation des communautés religieuses, et notamment aux communautés chrétiennes, dans les pays où elles sont menacées lors de l'élaboration et de la mise en œuvre des programmes de coopération et d'aide au développement en faveur de ces pays » ; et « de soulever la question de la situation des communautés chrétiennes dans le cadre du dialogue politique avec les pays où elles sont menacées ».

 Zenit - Pour conclure, votre livre est un ouvrage grand public, facile à lire, sans pour autant être superficiel. Concrètement, vous montrez comment ceux que vous appelez les « nouveaux Néron » s'y prennent progressivement, par une persécution sournoise (juridique, médiatique, scolaire, économique) qui prépare le terrain à une persécution violente (incendies d'églises, exils forcés, agressions physiques, meurtres).

Thomas Grimaux - En effet, je tente d'allier mon expérience sur le terrain (qui donne des exemples concrets) à une étude des textes persécuteurs que je cite.

Zenit - Un dernier mot ?
Thomas Grimaux -
C'est la première fois qu'un grand éditeur publie un tel livre. J'espère donc que les lecteurs seront au rendez-vous pour apprendre des choses et aussi pour montrer au monde de l'édition grand public qu'un tel sujet peut être « porteur ». Mais surtout, je souhaite que les lecteurs, chrétiens ou non, découvrent cette réalité terrible et, pour ceux qui le veulent bien, je les invite à prier pour les chrétiens persécutés et pour leurs bourreaux.


Pour une commande depuis la France métropolitaine d'un exemplaire dédicacé par l'auteur, s'adresser à « Culture de Vie » - 8, rue de la Motte - 53150 Saint Christophe du Luat (+ chèque de 16 euros + 4 euros de port). Ou renseignements à : persecutions.antichretiennes@club-internet.fr (160 pages - ISBN 13 : 978-2-8289-0984-0).

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Publié dans : L'Eglise qui souffre
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