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Les Catéchèses d'Hermas

Dimanche 30 mai 2010 7 30 /05 /Mai /2010 17:05

Par Mgr Jacques MASSON

Prières pour la Fête de la Très Sainte Trinité

 

Commençons cette Solennité de la très Sainte Trinité en rendant gloire au Dieu Unique en Trois Personnes, en nous unissant à la sainte Eglise qui, à l'Office de Prime (1) le magnifique Symbole connu sous le nom de Symbole de saint Athanase, reproduit avec tant de majesté et de précision la doctrine résumée des enseignements divins.

 

Prime était une prière de l’Office Divin, le Bréviaire. Correspondant à la première heure du jour, vers 7h.00 du matin, il fait partie des « petites heures ». Le concile Vatican II dans la réforme de la liturgie demandée dans « Sacrosanctum Concilium ») rendit cet office facultatif dès 1963, puis l'office fut supprimé : en effet, cet office du matin était considéré comme faisant doublet avec Laudes. Aujourd'hui, il n'est récité que par les prêtres et communautés utilisant les Livres Liturgiques de 1962. l'office de Prime est conservé par l'ordre cartusien (moines et moniales de l'ordre des chartreux) et par les moniales bénédictines de Solesmes et Kergonan (dans la forme ordinaire du rite romain).

 

 

le Symbole de saint Athanase


Quiconque veut être sauvé doit, avant tout, garder la foi catholique, que chacun doit conserver intégrale et inviolée, sous peine indubitable d'éternelle perdition. Voici donc la foi catholique, telle qu’elle est présentée dans le célèbre « Symbole de Saint Athanase , connu sous le noms de « Quicumque » 

 

AthAri-6ee80.jpgIcône de Saint Athanase, Evêque d’Alexandrie (vers 298-2 mai 373)

 

Quiconque veut être sauvé, doit avant  tout tenir la foi catholique ;

Et celui qui ne l'aura pas gardée entière et inviolable, périra certainement pour l'éternité.

Or la foi catholique consiste à révérer un seul Dieu dans la Trinité, et la Trinité dans l'Unité,

Sans confondre les personnes, ni diviser la substance.

Car autre est la personne du Père, autre celle du Fils, autre celle du Saint-Esprit.

Mais la divinité du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit, est une : la gloire égale, la majesté coéternelle.

Tel qu'est le Père, tel est le Fils, tel est le Saint-Esprit.

Le Père est incréé, le Fils incréé, le Saint-Esprit incréé.

Immense est le Père, immense le Fils, immense le Saint-Esprit ;

Eternel le Père, éternel le Fils, éternel le Saint-Esprit.

Et néanmoins il n'y a pas trois éternels, mais un seul éternel ;

Comme aussi ce ne sont pas trois incréés, ni trois immenses, mais un seul incréé, un seul immense.

De même tout-puissant est le Père, tout-puissant le Fils, tout-puissant le Saint-Esprit ;

Et néanmoins il n'y a pas trois tout-puissants, mais un seul tout-puissant.

Ainsi le Père est Dieu, le Fils est Dieu, le Saint-Esprit est Dieu;

Et néanmoins il n'y a pas trois Dieux, mais un seul Dieu.

Ainsi le Père est Seigneur, le Fils est Seigneur, le Saint-Esprit est Seigneur ;

Et néanmoins il n'y a pas trois Seigneurs, mais un seul Seigneur.

Car de même que la vérité chrétienne nous oblige de confesser que chacune des trois personnes prises à part est Dieu et Seigneur: de même la religion catholique nous défend de dire trois Dieux ou trois Seigneurs.

Le Père n'est ni fait, ni créé, ni engendré d'aucun autre.

Le Fils est du Père seul : ni fait, ni créé, mais engendré.

Le Saint-Esprit est du Père et du Fils : ni fait, ni créé, ni engendré, mais procédant.

Il n'y a donc qu'un seul Père, et non trois Pères ; un seul Fils, et non trois Fils ; un seul Saint-Esprit, et non trois Saints-Esprits.

Et dans cette Trinité il n'y a ni antérieur, ni postérieur, ni plus grand, ni moindre ; mais les trois personnes sont toutes coéternelles et égales entre elles ;

En sorte qu'en tout et partout, comme il a été dit ci-dessus, on doit révérer l'Unité en la Trinité, et la Trinité en l'Unité.

Celui donc qui veut être sauvé doit penser ainsi de la Trinité.

Mais il est nécessaire encore pour le salut éternel, qu'il croie fidèlement l'Incarnation de notre Seigneur Jésus-Christ.

Or la droiture de la foi consiste à croire et à confesser que notre Seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu, est Dieu et homme.

Il est Dieu, étant engendré de la substance de son Père avant les siècles, et il est homme, étant né de la substance d'une mère dans le temps ;

Dieu parfait et homme parfait, subsistant dans une âme raisonnable et un corps d'homme ,

Egal au Père selon la divinité, moindre que le Père selon l'humanité.

Bien qu'il soit Dieu et homme, il n'est néanmoins qu'un seul Christ, et non deux.

Il est un, non que la divinité ait été changée en l'humanité ; mais parce que Dieu a pris l'humanité et se l'est unie.

Il est un enfin, non par confusion de substance,mais par unité de personne.

Car de même que l'âme raisonnable et la chair est un seul homme, ainsi Dieu et l'homme est un seul Christ :

Qui a souffert pour notre salut, est descendu aux enfers, le troisième jour est ressuscité des morts;

Qui est monté aux cieux, est assis à la droite de Dieu te Père tout-puissant, et de là viendra juger les vivants et les morts;

A l'avènement duquel tous les hommes ressusciteront avec leurs corps, et rendront compte de leurs actions personnelles ::

Et ceux qui auront fait le bien iront dans la vie éternelle ; et ceux qui auront fait le mal iront dans le feu éternel.

Telle est la foi catholique, et quiconque ne la gardera pas fidèlement et fermement ne pourra être sauvé.

 

Hymne de l’Office de Tierce


(Hymne du Bréviaire Maronite. Les Maronites sont les disciples et les « descendants » de Saint Maron, et l’Eglise Maronite, dont le Patriarche réside à Bkerké sur les hauteurs de Beyrouth, est une Eglise Orientale qui a toujours été catholique).

 

Gloire à vous, ô Père, Dieu caché, impénétrable. A vous aussi est due la louange, Fils unique, incompréhensible. A vous nos chants, Esprit-Saint, inexprimable, complément de la Trinité indivise et qu'on ne peut sonder.

 

Le Père engendre, le Fils est engendré de son sein, et l'Esprit procède du Père et du Fils. Le Père est créateur, il a tiré le monde du néant ; le Fils est créateur, avec le Père il a fait tout ce qui est;

 

L'Esprit-Saint Paraclet, sceau de toutes choses, parfait tout ce qui est, a été, ou sera. Le Père est l'intelligence, le Fils la parole. l'Esprit la voix : trois noms de trois personnes, qui n'ont toutefois qu'une seule volonté, une seule puissance.

 

Telle est la foi de la sainte Eglise, qu'elle a apprise par l'écho des mystères célébrés dans les cieux : Saint, Saint, que trois fois soit dit Saint le Dieu un, célébré par les habitants du ciel et de la terre.

 

 

Hymne des Vêpres

 

Le soleil aux rayons de feu disparaît à l'horizon : Unité divine, lumière éternelle, heureuse Trinité, versez l'amour dans nos cœurs.

 

Dès le matin vous êtes l'objet de nos chants, le soir nous vous prions encore ; daignez nous admettre à offrir aussi nos vœux parmi les habitants du ciel.

 

Au Père, au Fils, et à vous, Esprit-Saint, soit gloire à jamais, comme toujours dans les siècles sans fin.

Amen.

 

 

Séquence d'Adam de Saint-Victor

 

Confessons l'Unité divine, vénérons la Trinité d'un culte pareil : reconnaissant trois personnes que distingue une personnelle différence.

 

Elles reçoivent leur nom de leur relation, étant un substantivement, et non trois principes. En employant pour elles le nombre de trois, tu dois reconnaître que leur nature est simple, que leur essence n'est pas triple.

 

Etre simple, pouvoir simple, vouloir simple, savoir simple, tout y est simple; la puissance d'une des personnes n'est pas moindre que ne l'est celle de deux, ni celle de trois.

 

Le Père, le Fils, l'Esprit-Saint, un seul Dieu ; mais chacun possède ce qui lui est propre. Une seule vertu, une seule divinité, une seule splendeur, une seule lumière; ce que l'un possède , l'autre le possède aussi.

 

Le Fils est égal au Père, et la distinction personnelle des deux n'enlève pas cette égalité. Egal au Père et au Fils, l'Esprit est le lien qui procède de l'un et de l'autre.

 

L'humaine raison ne saurait comprendre ces trois personnes, ni la dissemblance qui les constitue. Là il n'y a ni succession de temps, ni lieu pour circonscrire la chose.

 

En Dieu, rien que Dieu ; en lui, nulle cause que celle qui produit les êtres. Dieu est cause effective et formelle, cause finale, mais jamais matière.

 

Parler dignement des divines personnes est au-dessus des forces de la raison, et dépasse le génie. Génération et procession dans la divine essence, je confesse que ma raison ne le saisit pas, mais ma foi le croit sans aucun doute.

 

Que celui qui croit ne soit pas impatient, qu'il n'ait pas l'imprudence de s'écarter de !a voie royale. Qu'il garde la foi, qu'il règle sa vie, et n'ait aucun penchant vers les erreurs que l'Eglise condamne.

 

Glorifions-nous dans notre foi, que notre constance dans cette foi unique inspire nos chants mélodieux : a l'Unité en trois personnes soit l'éternel honneur ! A la Trinité dans l'essence simple, gloire coéternelle !

Amen.

 

Hymne à la Trinité

 

L’Orient fait lui-même entendre sa voix à l'honneur de la Trinité Sainte. L'Evêque Saint Siméon, mis à mort dans la grande persécution de Sapor II, en 340, entonnera pour l'Eglise Syrienne ce chant sacré dont il est l'auteur : vénérable écho de la foi des martyrs, le plus ancien monument de l’hymnographie orthodoxe en ces contrées où fut le berceau du monde : 

 

 

Louange à vous, Seigneur, qui nous avez crées dans votre liberté au commencement.

Louange à vous, Seigneur, qui nous avez appelés votre ressemblante et vivante image.

Louange à vous, Seigneur, qui nous avez ennoblis par le don de la liberté et de la raison.

Louange à vous, Père plein de justice, qui avez voulu nous posséder dans votre amour.

Louange à vous, Fils très saint, qui avez pris notre corps pour nous sauver.

Louange à vous, Esprit de vie, qui nous avez enrichis de vos dons.

Louange à vous, Seigneur, qui nous avez rassemblés et ramenés des erreurs de l'idolâtrie.

Louange à vous , Seigneur, qui nous avez conduits à la science de votre Divinité.

Louange à vous , Seigneur, qui avez fait de nous des instruments raisonnables pour votre service.

Louange à vous , Seigneur, qui nous avez conviés à la splendide demeure du ciel.

Louange à vous , Seigneur, qui nous avez instruits des célestes hiérarchies.

Louange à vous , Seigneur, oui nous avez jugés dignes de vous louer avec les Anges.

Que toute bouche vous célèbre, Père, Fils, et Saint-Esprit.

Que des hauteurs et des bas lieux louange soit à la Trinité.

Que dans le siècle présent et futur soit à vous la louange et des esprits et des créatures revêtues d'un corps:

Du temps jusqu'à l'éternité, dans les siècles des siècles. Amen.

 

 

Terminons cette Sainte Journée en reprenant le chant de l’Introït et en le faisant nôtre, aujourd’hui et pour toujours :

 

Bénie soit la Trinité Sainte et l'Unité Indivisible.

célébrons-la, car elle a agi avec nous dans sa miséricorde 

 

Benedicta sit sancta Trinitas, atque indivisa Unitas.

confitebimur ei, quia fecit nobiscum misericordiam suam

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Dimanche 30 mai 2010 7 30 /05 /Mai /2010 07:02

Par Mgr Jacques MASSON

La Messe de la Sainte Trinité

 

Nous avons noté au début de cette « étude-méditation-réflexion », en citant Dom Guéranger que « ce n'est qu'après de longs siècles que la Messe de la Trinité était venue s'inscrire sur le Cycle de l'Année liturgique ». Dom Guéranger (que nous citerons  largement ici) expose les raisons qui ont « retardé » cette Fête de la Sainte Trinité :

 

« Tous les hommages que la Liturgie rend à Dieu ont pour objet la divine Trinité. Les temps sont à elle comme l'éternité; elle est le dernier terme de notre religion tout entière. Chaque jour, chaque heure lui appartiennent. Les fêtes instituées en commémoration des mystères de notre salut aboutissent toujours à elle. Celles de la très sainte Vierge et des Saints sont autant de moyens qui nous conduisent à la glorification du Seigneur unique en essence et triple en personnes… On comprend dès lors comment il se fait que l'Eglise ait tardé si longtemps d'instituer une fête spéciale en l'honneur de la sainte Trinité. La raison ordinaire de l'institution des fêtes manquait ici totalement. Une fête est le monument d'un fait qui s'est accompli dans le temps, et dont il est à propos de perpétuer le souvenir et l'influence : or, de toute éternité, avant toute création, Dieu vit et règne, Père, Fils et Saint-Esprit ».

 

« Toutefois, la nécessité se fit sentir de l’institution d’une Messe spéciale :il suffisait pour cela d’établir « sur le Cycle (liturgique) un jour particulier où les chrétiens s'uniraient d'une manière en quelque sorte plus directe dans la glorification solennelle du mystère de l'unité et de la trinité dans une même nature divine » (Dom Guéranger, ouvrage cité). La chose ne se fera pas en une seule fois, comme nous allons le voir ».

 

Alcuin au VIII° siècle


« Le premier à se mettre à cette tâche est Alcuin d’York (Ealhwine en vieil anglais, Albinus en latin). C’était un savant et religieux anglais, et l’un des principaux amis et conseillers de Charlemagne. Il sera Abbé de Saint-Martin de Tours en 796. Il se fixe à Tours en 801 et fait de son abbaye un foyer de la renaissance. Il mourra en 804, à l’âge de 74 ans ».

 

« Dès le VIII° siècle, le savant moine Alcuin, rempli de l'esprit de la sainte Liturgie, comme ses écrits en font foi. crut le moment venu de rédiger une Messe votive en l'honneur du mystère de la sainte Trinité. Il paraît même y avoir été incité par un désir de l'illustre apôtre de la Germanie, saint Boniface. Cette Messe, simplement votive, n'était toutefois qu'un secours pour la piété privée, et rien n'annonçait que l'institution d'une fête en sortirait un jour. Cependant la dévotion à cette Messe s'étendit peu à peu, et nous la voyons acceptée en Allemagne par le concile de Seligenstadt, en 1022 ». (cf. Dom Guéranger, ibid.) ».

 

Etienne Evêque de Liège introduit la Messe dans son Diocèse


« A cette époque déjà, une fête proprement dite de la Sainte-Trinité avait été inaugurée dans l'une des églises de la pieuse Belgique, dans celle-là même qu'une autre grâce prédestinait à enrichir le Cycle chrétien d'un de ses signes les plus resplendissants. Etienne, Evêque de Liège, instituait solennellement la fête de la Sainte-Trinité dans son Eglise en 920, et faisait composer un Office complet en l'honneur du mystère. Riquier, successeur d'Etienne sur le siège de Liège, maintint l'œuvre de son prédécesseur ».

 

l’Ordre Monastique aide à la diffusion de cette Messe


« La Messe de la Sainte Trinité s'étendit peu à peu, et il paraît que l'Ordre monastique lui fut promptement favorable ; car nous voyons, dès les premières années du XIe siècle, Bernon, abbé de Reichnaw, s'occuper de sa propagation. A Cluny, la fête s'établit d'assez bonne-heure dans le cours du même siècle, comme on le voit par l'Ordinaire de cet illustre monastère rédigé en 1091 , où elle se trouve mentionnée comme étant instituée depuis un temps déjà assez long ».

 

L’attitude et la position de Rome


Sous le pontificat d'Alexandre II, qui siégea de 1061 à 1073, l'Eglise Romaine, qui souvent sanctionna, en les adoptant, les usages des Eglises particulières, fut mise en mesure de porter un jugement sur cette nouvelle institution. Le Pontife, dans une de ses Décrétales, tout en constatant que la fête est déjà répandue en beaucoup de lieux, déclare que l'Eglise Romaine ne l'a pas acceptée. par cette raison que chaque jour l'adorable Trinité est sans cesse invoquée par la répétition de ces paroles : Gloria Patri, et Filio, et Spiritui Sancto, et dans un grand nombre d'autres formules de louange (De feriis. Cap. Quoniam. Celte décrétale a été attribuée par erreur à Alexandre II).

 

La Messe de la Sainte Trinité gagne de nombreux Eglises et Ordres religieux


Malgré l’attitude de l’Eglise de Rome, la fête continuait à se répandre, comme l'atteste le Micrologue; et dans la première partie du XII° siècle, le docte abbé Rupert, que l'on peut appeler avec raison l'un des princes de la science liturgique, proclamait déjà la convenance de cette institution, s'exprimant à son sujet comme nous le ferions aujourd'hui, dans ces termes remarquables : « Aussitôt après avoir célébré la solennité de l'avènement du Saint-Esprit, nous chantons la gloire de la sainte Trinité dans l'Office du Dimanche qui suit, et cette disposition est très à propos; car aussitôt après la descente de ce divin Esprit, commencèrent la prédication et la croyance, et, dans le baptême, la foi et la confession du nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit (De divinis Officiis, lib. XI, cap. I.)».

 

En Angleterre, l'établissement de la fête de la Sainte-Trinité eut pour auteur principal le glorieux martyr saint Thomas de Cantorbéry ; ce fut en 1162 qu'il l'institua dans son Eglise, en mémoire de sa consécration épiscopale qui avait eu lieu le premier Dimanche après la Pentecôte. Pour la France, nous trouvons, en 1260, un concile d'Arles présidé par l'archevêque Florentin, qui, dans son sixième canon, inaugure solennellement la fête, en y ajoutant le privilège d'une Octave. Dès 1230, l'Ordre de Cîteaux, répandu dans l'Europe entière, l'avait instituée pour toutes ses maisons ; et Durand de Mende, dans son Rational, donne lieu de conclure que le plus grand nombre des Eglises latines, dans le cours du XIII° siècle, jouissaient déjà de la célébration de cette fête. Parmi ces Eglises, il s'en trouvait quelques-unes qui la plaçaient, non au premier, mais au dernier Dimanche après la Pentecôte, et d'autres qui la célébraient deux fois : d'abord en tète de la série des Dimanches qui suivent la solennité de la Pentecôte, et une seconde fois au Dimanche qui précède immédiatement l'Avent. Tel était en particulier l'usage des Eglises de Narbonne, du Mans et d'Auxerre.

 

Le Pape Jean XXII étend la Messe de la Sainte Trinité à toutes les Eglises


« On pouvait dès lors prévoir que le Siège Apostolique finirait par sanctionner une institution que la chrétienté aspirait à voir établie partout. Jean XXII, qui occupa la chaire de saint Pierre jusqu'en 1 334, consomma l'œuvre par un décret dans lequel l'Eglise Romaine acceptait la fête de la Sainte-Trinité et l'étendait à toutes les Eglises.

 

Si l'on cherche maintenant le motif qui a porté l'Eglise, dirigée en tout par l'Esprit-Saint, à assigner ainsi un jour spécial dans l'année pour rendre un hommage solennel à la divine Trinité, lorsque toutes nos adorations, toutes nos actions de grâces, tous nos vœux, en tout temps, montent vers elle, on le trouvera dans la modification qui s'introduisait alors sur le calendrier liturgique. Jusque vers l'an 1000, les fêtes des Saints universellement honorés y étaient très rares. Après cette époque, elles y apparaissent plus nombreuses, et il était à prévoir qu'elles s'y multiplieraient toujours davantage. Un temps devait venir où l'Office du Dimanche, qui est spécialement consacré à la Sainte Trinité, céderait fréquemment la place à celui des Saints que ramène le cours de l'année. Il devenait donc nécessaire, pour légitimer en quelque sorte ce culte des serviteurs au jour consacré à la Souveraine Majesté, qu'une fois du moins dans l'année, le Dimanche offrît l'expression pleine et directe de cette religion profonde que le culte tout entier de la sainte Eglise professe envers le souverain Seigneur, qui a daigné se révéler aux hommes dans son Unité ineffable et dans son éternelle Trinité » (cf. Dom Guéranger, le Temps après la Pentecôte).

(à suivre)

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Samedi 29 mai 2010 6 29 /05 /Mai /2010 07:00

Par Mgr Jacques MASSON

La manifestation de la Sainte Trinité : le Baptême de Jésus

 

Le Baptême de Jésus dans le Jourdain par Jean le Baptiste

 

Nous avons quitté l’Ancien Testament. Jésus a laissé Nazareth où il habitait avec Marie sa Mère, pour descendre dans le Sud du Pays, près de Jéricho, où Jean, dit le Baptiste, cousin de Jésus, baptisait, un baptême de pénitence, et invitait à la conversion. Jésus arrive près de Jean. C’est l’occasion de lire les trois récits écrits  Matthieu, Marc et Luc, de cet événement exceptionnel, unique dans l’histoire du monde et de la Révélation.

 

frances1.jpgPierro della Francesca 1450

partie centrale d'un polyptique de l'abbaye de Borgosansepulcro;

National Gallery, Londres

 

Jésus, âgé d’un peu plus de 30 ans (32 ans probablement, tout comme Jean Baptiste, son aîné de 6 mois) notons-le, n’a pas encore commencé son ministère public : il le fera après avoir passé quarante jours dans le désert, où il connaît les trois tentations de Satan, puis retournera en Galilée, avec une première halte à Cana où il fera son premier « signe ».

 

Matthieu, chapitre 13° :


13. 

Alors Jésus arrive de la Galilée au Jourdain, vers Jean, pour être baptisé par lui.

14. 

Celui-ci l'en détournait, en disant : « C'est moi qui ai besoin d'être baptisé par toi, et toi, tu viens à moi ! »

15. 

Mais Jésus lui répondit : « Laisse faire pour l'instant : car c'est ainsi qu'il nous convient d'accomplir toute justice. » Alors il le laisse faire.

16. 

Ayant été baptisé, Jésus aussitôt remonta de l'eau ; et voici que les cieux s'ouvrirent : il vit l'Esprit de Dieu descendre comme une colombe et venir sur lui.

17. 

Et voici qu'une voix venue des cieux disait : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, qui a toute ma faveur. »

 

Marc, chapitre 1° :


9. 

Et il advint qu'en ces jours-là Jésus vint de Nazareth de Galilée, et il fut baptisé dans le Jourdain par Jean.

10. 

Et aussitôt, remontant de l'eau, il vit les cieux se déchirer et l'Esprit comme une colombe descendre vers lui,

11. 

et une voix vint des cieux : « Tu es mon Fils bien-aimé, tu as toute ma faveur. »

 

Luc, chapitre 3° :


21. 

Or il advint, une fois que tout le peuple eut été baptisé et au moment où Jésus, baptisé lui aussi, se trouvait en prière, que le ciel s'ouvrit,

22. 

et l'Esprit Saint descendit sur lui sous une forme corporelle, comme une colombe. Et une voix partit du ciel : « Tu es mon fils ; moi, aujourd'hui, je t'ai engendré. »

 

Le Baptême de Jésus par Jean-Baptiste est capital, et marque un tournant radical dans la Révélation de Dieu : C’est vraiment une « Epiphanie », une « Manifestation », la seule et unique Manifestation de Dieu, Père, Saint-Esprit et Fils, dans l’histoire de la Révélation.

 

Jean vient de baptiser Jésus. A ce moment le ciel se « déchire », non pas pour montrer « derrière », un vide », un « trou » : il « explose » si l’on peut dire pour répandre sa lumière sur le monde, faire entendre la Voix du Père et la présence du Saint-Esprit. Devant Jean, se trouve Jésus ; au-dessus de Jésus, le Saint-Esprit « comme une colombe », comme sous une forme corporelle, comme une colombe », « comme une colombe ». Et, « au-dessus », venant d’En-Haut, une Voix qui descend du Ciel qui vient de s’ouvrir, celle du Père.

 

Le Père, le Saint-Esprit, le Fils : expression qui révolutionne quelque peu notre façon de parler de la Très Sainte Trinité, Père, Fils et Saint-Esprit. Il faut noter à ce sujet que le Serviteur de Dieu, le bien-aimé Pape Jean Paul II, a repris cet ordre d’énumération, quand il proclama trois années de préparation au Grand Jubilé de l’An 2000 : La première année, consacrée à Dieu le Père ; la deuxième année consacrée à Dieu le Saint-Esprit ; la troisième année consacrée à Dieu le Fils. Et enfin, comme couronnement : l’Année Sainte consacrée à l’Eucharistie, qui rend présent le Fils au milieu de nous, mais aussi le Père et le Saint-Esprit, la Trinité tout entière.

 

 

Bapteme.jpg

Baptême de Jésus
Mt 3,16
Hortus deliciarum, 12s

 

Cette Manifestation de la Très Sainte Trinité a eu un seul témoin : Jean dit le Baptiste. Les Evangiles ne le disent pas clairement, et emploient une formule ambiguë : « il » comme si c’était Jésus qui était le destinataire de la vision. Mais Jean l’Evangéliste, disciple de Jean le Baptiste, nous apporte son témoignage, précieux, qui lève toute ambiguïté : le seul qui ait eu cette vision, c’est Jean le Baptiste. Et il apporte son témoignage :

 

Jean, chapitre 1° :

 

29. 

Le lendemain, il voit Jésus venir vers lui et il dit : « Voici l'agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde.

30. 

C'est de lui que j'ai dit : Derrière moi vient un homme qui est passé devant moi parce qu'avant moi il était.

31. 

Et moi, je ne le connaissais pas ; mais c'est pour qu'il fût manifesté à Israël que je suis venu baptisant dans l'eau ». »

32. 

Et Jean rendit témoignage en disant : « J'ai vu l'Esprit descendre, tel une colombe venant du ciel, et demeurer sur lui.

33. 

Et moi, je ne le connaissais pas, mais celui qui m'a envoyé baptiser dans l'eau, celui-là m'avait dit : «Celui sur qui tu verras l'Esprit descendre et demeurer, c'est lui qui baptise dans l'Esprit Saint. »

34. 

Et moi, j'ai vu et je témoigne que celui-ci est l'Élu de Dieu. »

 

Ne nous y trompons pas. Quand Jean déclare « je ne le connaissais », il ne veut pas dire que Jésus était pour lui un inconnu : ils étaient cousins. Mais il ne le connaissait pas sous sa véritable « identité », comme « Messie », comme « Agneau de Dieu », comme étant Celui « qui baptise dans l’Esprit-Saint ». Son témoignage est capital, il était indispensable, avant que Jésus ne commençât son Ministère public, qu’il fût révélé. Aussi, déclare-t-il par trois fois, voyant Jésus passer : « Voici l’Agneau de Dieu », paroles inspirées, qui montrent déjà quelle sera la Mission de Jésus. Et, ces seules paroles sont suffisantes », pourrait-on dire, pour poser la première pierre de l’Eglise que Jésus bâtira sur Simon, qu’il appelle Pierre, frère d’André . En effet, deux disciples de Jean le Baptiste suivent alors Jésus, c’est André, le frère de Simon qui deviendra Pierre, et le deuxième disciple qui n’est autre que Jean, le futur voyant de Patmos, l’Evangéliste.

(à suivre)

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Vendredi 28 mai 2010 5 28 /05 /Mai /2010 07:00

Par Mgr Jacques MASSON

Le chêne de Mambré : Abraham et les trois anges

 

Revenons un instant sur une icône de la Trinité, l’icône de Roublev, pour en comprendre la signification, et connaître les commentaires des Pères :


            (cf. www.abbaye-fleury.com/trinite.htm)


Ce texte énigmatique où les trois étaient un, et où un se présentait en forme de voyageur. de trois personnes visitant Abraham, a très vite été interprété par les Pères de l'Eglise comme une manifestation de la Trinité dans l'Ancien Testament. Mais les Pères ne sont pas unanimes dans leur interprétation. Avant le Concile de Nicée (325), de Justin à Origène, on ne s'accorde à reconnaître dans les trois hommes que le Christ, entouré de deux anges.


Après Nicée, les grecs, à la suite de S. Grégoire de Nysse, s'orientent vers une explication trinitaire : les trois hommes sont les trois personnes divines. De même chez les latins : S. Ambroise et son disciple S. Augustin expliquent : "Abraham vit trois (hommes) et adora un seul (Dieu)". Sous l'autorité de S. Ephrem, cette même explication pénètre dans le monde syriaque vers le VIe siècle.


L'hésitation des Pères (le Christ seul, ou les trois personnes divines ?) est sans doute à l'origine des diverses interprétations iconographiques de l'épisode de Mambré. Certaines icônes en effet représentent le Christ au centre, entouré de deux anges, ou bien du Père et de l'Esprit ; d'autres représentent trois fois le Christ autour de la table ; d'autres enfin représentent au centre le Père, flanqué du Fils et de l'Esprit.

 

Regardons maintenant l'icône de Roublev.

 

Trinite3.jpgL'icône de la Trinité, par Roublev

(Moscou, vers 1411)

Au Chêne de Mambré :

 

Dans un grand rectangle, trois hommes sont assis autour d'une table, et semblent manger. Les corps sont très allongés, plus qu'à l'ordinaire dans les icônes : corps divinisés, représentations dont l'essentiel est dans l'invisible. Tout ici rayonne de sa propre lumière.


Chacun possède deux ailes : ce sont des êtres surnaturels. Sur la table, une coupe. On distingue mal actuellement son contenu. Au début du siècle, les travaux de restauration firent apparaître une première couche, représentant une grappe de raisin. Mais sous cette couche ajoutée après Roublev, on retrouva la couche originale : un agneau, ou un veau, les membres coupés, apprêté pour la cuisson ou le sacrifice.


Au-dessus des anges, un décor : à droite une espèce de rocher, en forme de vague inclinée vers la gauche. Au centre un petit chêne-liège, lui aussi incliné. A gauche un bâtiment stylisé : on dirait une église, mais l'auvent supporté par deux colonnes peut aussi donner l'idée d'une tente de nomade, à l'ouverture protégée du soleil.


Un rocher du désert, un chêne, une tente, trois "hommes" mangeant un quadrupède préparé : c'est bien la scène de l'apparition au chêne de Mambré. Abraham a disparu, les trois occupent toute l'icône. Ils s'apprêtent à manger, sous le chêne, devant la tente stylisée

 

L’unité: un seul Dieu

 

A bien les regarder, les trois personnages ont une caractéristique frappante : leurs traits sont rigoureusement identiques, comme si c'était trois fois le même qui était représenté. Même visage (yeux, nez, ovale), même coupe de cheveux torsadés, même corps très allongé. C'est une seule et même figure qui est trois fois représentée, dans des positions différentes.


Tous trois tiennent dans la main un même sceptre, symbole de puissance, et possèdent une même auréole : ils ont égale dignité, égale royauté. Les couleurs de leur vêtement comportent toutes du bleu (le fameux "bleu Roublev"), symbole de la vérité divine qui les habite.


Les ailes enfin qui les entourent ont même forme et même dimension.

 

Le Père

 

L'ange du centre a donc une position prééminente par rapport aux deux autres.


Sa tunique est pourpre vif. Pourpre, couleur de la royauté : au sein des Trois, il est le premier, le souverain de la Triade. Il domine, lui qui est sans origine et en qui tout s'origine, lui qui engendre le Fils et dont vient l'Esprit.


Il est tourné vers l'ange de gauche, qu'il regarde. Il projette vers lui son bras, dans une courbe convexe exagérée, qui semble imposer sa puissance. La manche de sa tunique est tout en convexité, en déploiement, en projection autoritaire vers l'ange de gauche. "Dans le langage symbolique des lignes, les courbes convexes désignent toujours l'expression, la parole, le déploiement, la révélation" (P. Evdokimov). Le Père se déploie et se révèle en son Fils. Lui que "nul n'a jamais vu" imprime son être en l'un des Trois.


Personne n'a jamais vu Dieu : 

le Fils unique, qui est dans le sein du Père, nous l'a dévoilé. (Jn 1, 18).


Le mouvement de la tête et du buste accentue l'impression d'autorité. Tourné vers l'ange de gauche, il semble lui donner un ordre, lui faire connaître une volonté, lui imposer une mission.


La main du Père fait un double geste. Avec ses doigts qui se détachent sur la blancheur de la nappe, il désigne l'union hypostatique, première étape de notre salut : Le Fils, Dieu de toute éternité égal au Père, assume une nature humaine semblable à la nôtre, sujette à la mort. Et le Père semble dire : "Veux-tu, mon Fils, en deux natures, traduire l'unité de la personne ?"


La main désigne la coupe et l'agneau sacrifié. De tout son être le Père regarde le Fils et lui dit : "Va. Voici où je t'envoie, à travers ton incarnation vers la coupe du sacrifice volontairement accepté. De cette mission librement consentie, et qui te mène à l'anéantissement, de ce calice que je te désigne, dépend le salut du monde".


C'est pourquoi les Trois se taisent. Tout est dans leur regard. C'est une parole si dense qu'elle n'a pas besoin de s'exprimer : la Parole de Dieu rejoint le silence.


Le regard du Père est inexprimable. Tristesse immense de celui qui sait le prix de ce qu'il demande... Mais s'y ajoute une nuance d'amour et d'affection sans borne : car il sait que l'Autre a déjà accepté sans réserve de se livrer jusqu'à cette extrémité. "


O toi, mon Fils bien-aimé, être de mon être qui te soumets et consens, en toi J'ai mis toute ma complaisance et mon amour".

 

Le Fils

 

Comme s'il se moulait sur l'ange du centre, convexe et déployé, l'ange de gauche est entièrement concave, réceptif. Les deux corps, comme les deux regards, semblent imbriqués l'un dans l'autre : "Croyez une bonne fois que le Père est en moi et moi dans le Père" (Jn 10, 38). De la courbe du visage à son pied le Fils n'est que réceptivité: le mouvement issu du Père s'imprime et se recueille en lui, tout son être n'est qu'acceptation.


La main du Fils, tournée comme celle du Père vers la coupe du sacrifice, reproduit son geste sans un mot, dans une attitude qui est à la fois d'acceptation et de refus. Il tend la main comme pour prendre ce que le Père lui indique, mais en même temps il la recule vers l'arrière, comme saisi de crainte.


Tout ce que les récits de la Passion nous montrent de Jésus, se débattant puis acceptant le calice de la volonté du Père, tout cela est exprimé par ce simple geste de la main du Fils : "Père, non pas ma volonté, mais la tienne !"

Le regard du Fils croise celui du Père. Ou plus exactement ses yeux sont tournés vers lui, mais le regard dépasse le Père et va loin au-delà dans une infinie mélancolie : comme s'il contemplait les conséquences de son sacrifice, la marée du péché qui en lui va être confrontée à la grâce, et soumise à elle.


Tout son être de Fils passe dans ce regard dirigé vers le Père.


Son visage est empreint d'une tristesse grave et tragique : agneau conduit au sacrifice, qui le sait et l'accepte.


Une ligne invisible mais presque palpable unit les visages et les regards du Fils et du Père : regard de Jésus, qui t'es posé sur Zachée, le jeune homme riche, la pécheresse repentante. Regard du Père, qui t'es posé sur le monde en genèse, sur Marie en prière, sur ton Fils bien-aimé à Bethléem, au baptême de Jean, à la croix. Regards du Père et du Fils, qui savent, et qui acceptent. Regards qui se croisent dans l'amour. Regards où tout se dit, où tout se crée, et nous recrée. Infinie profondeur du regard qu'échangent le Père et le Fils, Dieu en Lui-même et se donnant.


L'Esprit

 

L'ange de droite est tourné vers les deux autres, son corps fait face à leur corps et semble les accueillir tous deux, dépendre d'eux. La tête inclinée, il semble écouter ce qu'ils se disent, avec attention, comme pour l'enregistrer, le méditer.


Son regard est une création de l'iconographe : il est tourné vers la coupe, et semble l'envelopper. Mais il est aussi tourné vers le haut, et rejoint la ligne qui unit les regards du Père et du Fils.


Ce Jeu des trois regards exprime avec justesse l'enseignement du dogme. Le Père créateur engendre le Fils, c'est-à-dire qu'il l'envoie pour être son messager et accomplir le sacrifice qui nous recrée. L'Esprit procède du Père et du Fils, c'est-à-dire qu'il existe dans et par le regard d'amour qui unit le Père et le fils. L'Esprit est l'expansion, la diffusion en nous des fruits de ce dialogue du Père et du Fils.


L'Eucharistie


Au centre des Trois, la coupe de l'Agneau sacrifié est posée sur le rectangle de la table. Dans la symbolique chrétienne, le chiffre quatre se réfère aux quatre animaux de la vision d'Ezéchiel (Ez 1) et de l'Apocalypse (Ap 4), dans lesquels la Tradition a vu la personnification des quatre évangélistes. La table avec ses quatre extrémités c'est donc l'Evangile, la Parole de Dieu.


La coupe du sacrifice repose sur la table de la Parole de Dieu : c'est toute l'eucharistie, qui est partage de la Parole et partage du pain, accueil du Fils qui est Verbe de Dieu et accueil du Fils qui est Agneau de Dieu sacrifié.


 

L'arbre de vie devenu arbre de la mort domine la coupe : la première Alliance, promise à Abraham sous le chêne de Mambré, lui annonçait une descendance sur la terre. La seconde Alliance parfaite et définitive se réalise grâce à l'incarnation du Fils, qu'indiquent les deux doigts de la main du Père. Mais s'il s'incarne, c'est pour s'offrir au sacrifice désigné par la coupe. Et ce sacrifice, réalisé "une fois pour toutes" (Hb 9, 12) nous le revivons à chaque eucharistie que nous célébrons : c'est par là que notre monde reçoit la vie nouvelle à laquelle il aspire. Ainsi l'icône, avec une économie de moyens remarquable, a su rassembler en un axe vertical un résumé complet de la doctrine eucharistique.

(à suivre)

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Publié dans : Les Catéchèses d'Hermas - Communauté : Nos amis les saints
Jeudi 27 mai 2010 4 27 /05 /Mai /2010 13:00

Par Mgr Jacques MASSON

Trinite1.jpg

La Sainte Trinité, par Hendrik van Balen (Anvers)

 

Très sainte Trinité, Père, Fils et Saint Esprit

je Vous adore profondément

et je Vous offre

les très précieux Corps, Sang, Âme et Divinité  de Jésus-Christ

Présent dans tous les tabernacles de la terre

en réparation des outrages, sacrilèges et indifférences

par lesquels Il est Lui-même offensé.

Par les mérites infinis de son Très Saint Cœur et du Cœur Immaculé de Marie

je Vous demande la conversion des pauvres pécheurs.

(Prière enseignée par l’Ange en 1916 aux trois voyants de Fatima
 

Introduction 

 

L’Evangile de Saint Mathieu se termine par l’envoi solennel de Jésus dans le monde entier, pour enseigner les nations, et les baptiser au Nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit (Matthieu 28, 19). Il s’agit bien des trois Personnes divines, mais le nom de « Trinité » n’est pas prononcé. Il ne l’est pas non plus dans les autres Evangiles, et moins encore dans l’Ancien Testament. 

 

Dom Guéranger fait remarquer à ce sujet : « Nous avons vu les saints Apôtres, au jour de la Pentecôte, recevoir l'effusion de l’Esprit-Saint, et bientôt, fidèles à l’ordre du Maître, ils vont partir pour aller enseigner toutes les nations, et baptiser les hommes au nom de la Sainte Trinité. Il était donc juste que la solennité qui a pour but d'honorer Dieu unique en trois personnes suivît immédiatement celle de la Pentecôte à laquelle elle s'enchaîne par un lien mystérieux. Cependant, ce n'est qu'après de longs siècles qu'elle est venue s'inscrire sur le Cycle de l'Année liturgique, qui va se complétant par le cours des âges » (Année Liturgique, temps après la Pentecôte). 

 

Comment et quand est « née » la Sainte Trinité ? 

 

Posée sous cette forme, cette question surprendra certainement, car nous savons et croyons tous que Dieu est Eternel. Mais, dans l’Ancien Testament, nous voyons surtout Dieu Père, dans le Nouveau Testament Dieu Fils, avec l’annonce du Paraclet du Saint-Esprit. Il semblerait que la Trinité soit « née » au cours des millénaires et des siècles, selon les circonstances, avec l’apparition de Dieu à Abraham, avec l’Incarnation, avec la Pentecôte. 

 

C’est pour quoi il m’a semblé important d’aller voir si, dans l’Ancien Testament, on ne trouverait pas des allusions, des annonces de ces trois personnes appelées « DIEU », qui plus est : « DIEU UNIQUE », UN SEUL DIEU ».

 

La Genèse 

 

Dès le début de la Bible, la Genèse nous présente le récit de la création du monde, puis de l’homme et de la femme :

 

Genèse, chapitre 1° :


1.  Au commencement, Dieu créa le ciel et la terre.
3.  Dieu dit : Que la lumière soit et la lumière fut.
6.  Dieu dit : Qu'il y ait un firmament au milieu des eaux et qu'il sépare les eaux d'avec les eaux et il en fut ainsi.
9.  Dieu dit : Que les eaux qui sont sous le ciel s'amassent en une seule masse et qu'apparaisse le continent et il en fut ainsi.
11.  Dieu dit : Que la terre verdisse de verdure : des herbes portant semence et des arbres fruitiers donnant sur la terre selon leur espèce des fruits contenant leur semence et il en fut ainsi.
14.  Dieu dit : Qu'il y ait des luminaires au firmament du ciel pour séparer le jour et la nuit; qu'ils servent de signes, tant pour les fêtes que pour les jours et les années;
20.  Dieu dit : Que les eaux grouillent d'un grouillement d'êtres vivants et que des oiseaux volent au-dessus de la terre contre le firmament du ciel et il en fut ainsi.
24.  Dieu dit : Que la terre produise des êtres vivants selon leur espèce : bestiaux, bestioles, bêtes sauvages selon leur espèce et il en fut ainsi.

 

Le Créateur est appelé du seul nom de « DIEU ». Et, dans la création des éléments qui composent le monde, ce Créateur crée toutes choses par sa Parole. La formule utilisée est « DIEU DIT », répétée sept fois. Ce chiffre « sept » semble indiquer que la création non seulement est parfaite que tout est bon, comme le déclare le texte ; mais il peut aussi indiquer que la création du monde matériel est menée à son terme, qu’elle est terminée. 

 

Le texte se poursuit pour passer à ce qui ressemble fort à une autre création, je dirais, à une autre forme de création, à une création nouvelle. En effet, si l’expression employée est la même « DIEU DIT », une « précision » est ajoutée, et le texte explique le pourquoi de cette précision. Voyons le verset 25 :

 

Genèse chapitre 1° :


26.  Dieu dit : Faisons l'homme à notre image, comme notre ressemblance, et qu'ils dominent sur les poissons de la mer, les oiseaux du ciel, les bestiaux, toutes les bêtes sauvages et toutes les bestioles qui rampent sur la terre.

 

Le ton a changé : certes, c’est la Parole toute puissante de Dieu qui va créer quelque chose de nouveau, en disant : « FAISONS », qui, n’est pas un singulier, mais un pluriel qui n’a rien d’un pluriel de majesté, car il indique le caractère exceptionnel de cette nouvelle création, de cette nouvelle créature : elle est faite à « NOTRE image, » à « NOTRE ressemblance » : elle possède quelque chose qui la rend proche, qui l’unit et la relie de manière particulière et exceptionnelle à ce Créateur à ce Dieu qui a dit : « Faisons ». De plus, l’homme reçoit en quelque sorte une participation au privilège divin du Créateur, qui lui donne mission de dominer sur toute la création. 

 

FAISONS ? Ce n’est plus simplement DIEU DIT »… Une pierre d’attente. Une première piste de réflexion. D’autant plus qu’il y a, dès le début, cette mention mystérieuse :

 

Genèse, chapitre 2° :


2.  Or la terre était vide et vague, les ténèbres couvraient l'abîme, l’esprit de Dieu planait sur les eaux.

 

Dans sa note (c) la Bible de Jérusalem écrit à propos de la parole « esprit » : « come l’oiseau qui vole au dessus du nid où sont ses petits ». Ce qui renforce la compréhension que l’homme, créé par Dieu, a bien une place privilégiée dans cette création : il est le « petit » de Dieu. Il a avec Lui un rapport particulier, que n’a pas le reste de la Création. Ce qui explique l’intimité entre Dieu et Adam et Eve, qui parlent avec Dieu, dans le Paradis Terrestre. 

 

 

Abraham 

 

Faisons brièvement connaissance avec la famille d’Abraham :

 

Genèse chapitre 11° :


27.  Voici la descendance de Térah : Térah engendra Abram, Nahor et Harân. Harân engendra Lot.
28.  Harân mourut en présence de son père Térah dans son pays natal, Ur des Chaldéens.
29.  Abram et Nahor se marièrent : la femme d'Abram s'appelait Saraï; la femme de Nahor s'appelait Milka, fille de Harân, qui était le père de Milka et de Yiska.
30.  Or Saraï était stérile : elle n'avait pas d'enfant.
31.  Térah prit son fils Abram, son petit-fils Lot, fils de Harân, et sa bru Saraï, femme d'Abram. Il les fit sortir d'Ur des Chaldéens pour aller au pays de Canaan, mais, arrivés à Harân, ils s'y établirent.

 

Abraham qui s’appelait alors Abram, habitait tout d’abord la ville de Ur en Chaldée (Basse-Mésopotamie), puis celle de Harân (nord-ouest de la Mésopotamie). La Mésopotamie était une région que l’on appellerait « païenne », car elle adorait de nombreux dieux, des idoles. Mais, un jour, DIEU parle à Abraham, et lui demande de quitter Harân avec sa famille et ses troupeaux pour aller à l’endroit que Dieu lui désignera.. Dieu lui promet de faire de lui une grand peuple, de le bénir, de magnifier son nom qui servira de bénédiction. Par lui se béniront toutes les nations (cf. Genèse 12, 2-3). Alors, Abram part avec sa femme Saraï, son neveu Lot, et tout ce qu’il possède, et se dirige vers le Pays de Canaan (Genèse 12, 5). 

 

J’invite le lecteur à lire dans le Livre de l’Exode, à partir du chapitre 12°,  (le 2° livre de la Bible) les pérégrinations d’Abram-Abraham, en Egypte et dans tout le pays de Canaan, et ses « aventures » familiales, avec son neveu Lot, avec sa servanteet son fils Ismaël, son intercession en faveur de Sodome, l’épreuve avec Isaac son fils unique que Dieu lui demande d’immoler, selon les coutumes du pays dont Abram était originaire. On voit Abram parler aisément avec « le Seigneur Yahvé » qu’il ne connaît pas encore, dont il ne connaît pas le nom, qui sera révélé à Moïse 7 siècles plus tard, mais qui lui dit pourtant « Je suis le Seigneur Dieu qui t’ai fait sortir d’Ur des Chaldéens pour te donner ce pays en possession » (Genèse 15, 7) sans lui révéler son Nom, et sans lui révéler qu’il est le Dieu Unique. Mais le contexte donne l’impression que c’est un dialogue entre deux « personnes », Abraham et Dieu qui se présente comme un Dieu Puissant, pour ne pas encore dire tout-puissant et unique. Et Abraham ne semble avoir aucun hésitation à écouter Dieu, même quand il lui demande d’immoler son fils. Qui plus est, nous dit le texte de la Genèse, après que Dieu lui eut promis une descendance, Abraham passa la montagne, à l’orient de Béthel, y dressa sa tente, ayant Bethel à l’ouest et Aï à l’est ». Sichem est un lieu saint situé à environ 90 km au nord de ce qui sera Jérusalem. L’endroit où Abraham installa ensuite sa tente est situé plus au sud, à 20 km au nord-est de Jérusalem. C’est là que « Abraham bâtit un autel au Seigneur et invoqua son Nom » (cf. Genèse 12, 6-8). Quel nom ? Nous ne le savons pas.  

 

Plus tard, Abraham reçoit un jour une visite singulière et fort significative, et par sa rédaction, et par les personnages présentés, mais surtout par le mélange du pluriel et du singulier dans la conversation : Dieu apparaît à Abraham au Chêne de Mambré 

 

Genèse chapitre 18° :


1.  Le Seigneur lui apparut au Chêne de Mambré, tandis qu'il était assis à l'entrée de la tente, au plus chaud du jour.
2.  Ayant levé les yeux, voilà qu'il vit trois hommes qui se tenaient debout près de lui; dès qu'il les vit, il courut de l'entrée de la Tente à leur rencontre et se prosterna à terre.
3.  Il dit : Monseigneur, je t'en prie, si j'ai trouvé grâce à tes yeux, veuille ne pas passer près de ton serviteur sans t'arrêter.
4.  Qu'on apporte un peu d'eau, vous vous laverez les pieds et vous vous étendrez sous l'arbre.
5.  Que j'aille chercher un morceau de pain et vous vous réconforterez le cœur avant d'aller plus loin; c'est bien pour cela que vous êtes passés près de votre serviteur ! Ils répondirent : Fais donc comme tu as dit.
6.  Abraham se hâta vers la tente auprès de Sara et dit : Prends vite trois boisseaux de farine, de fleur de farine, pétris et fais des galettes.
7.  Puis Abraham courut au troupeau et prit un veau tendre et bon; il le donna au serviteur qui se hâta de le préparer.
8.  Il prit du caillé, du lait, le veau qu'il avait apprêté et plaça le tout devant eux; il se tenait debout près d'eux, sous l'arbre, et ils mangèrent.
9.  Ils lui demandèrent : Où est Sara, ta femme ? Il répondit : Elle est dans la tente.
10.  L'hôte dit : Je reviendrai vers toi l'an prochain; alors, ta femme Sara aura un fils. Sara écoutait, à l'entrée de la tente, qui se trouvait derrière lui.
11.  Or Abraham et Sara étaient vieux, avancés en âge, et Sara avait cessé d'avoir ce qu'ont les femmes.
12.  Donc, Sara rit en elle-même, se disant : Maintenant que je suis usée, je connaîtrais le plaisir ! Et mon mari qui est un vieillard !
13.  Mais le Seigneur dit à Abraham : Pourquoi Sara a-t-elle ri, se disant : Vraiment, vais-je encore enfanter, alors que je suis devenue vieille ?
14.  Y a-t-il rien de trop merveilleux pour le Seigneur Dieu ? A la même saison l'an prochain, je reviendrai chez toi et Sara aura un fils.
15.  Sara démentit : Je n'ai pas ri, dit-elle, car elle avait peur, mais il répliqua : Si, tu as ri.

 

Dieu apparaît  à Abraham, qui, reçoit trois hôtes. La conversation qui s’ensuit ne présente pas de confusion. Mais, Abraham semble tout d’abord s’adresser à une seule personne, et demande à ses serviteurs de leur apporter de l’eau pour se laver pieds. Il leur présente de quoi manger. Ils lui demandent où est son épouse, et « l’hôte » (comme s’il s’agissait d’une seule personne) annonce une naissance à la vieille Sara pour l’année suivante. Et le récit se termine par cette appellation significative, qui ne peut que désigner Dieu : « Le Seigneur dit à Abraham » (verset 13°) et qui termine sa visite en disant « l'an prochain, je reviendrai chez toi ». 

 

Trois hommes, donc trois personnes, mais un interlocuteur qui se présente dans le texte comme s’il était seul ( !), et puis le titre « le Seigneur », qui ne peut être que Dieu. Ebauche de la Révélation du Mystère de Dieu ? de la Trinité ?


La Bible de Jérusalem écrit à ce sujet (note a) : « Ce récit narre une apparition de Dieu accompagné de deux <<hommes>> . Le texte hésite en plusieurs endroits entre le pluriel et le singulier. Il n’est pas impossible que dans sa première rédaction, le texte parlait seulement de <<trois hommes>>, et laissait leur identité dans le mystère. Dans ces trois hommes et l’adoration unique d’Abraham, beaucoup de Pères ont vu l’annonce du Mystère de la Trinité, dont la révélation était réservée au Nouveau testament ». 

 

 

Trinite2.jpgIcone de la Sainte Trinité, ou l'hospitalité d'Abraham (fin 19° siècle) 

 

(Note : L’icône de la Sainte Trinité, également appelée icône de l’Hospitalité d’Abraham, fait référence à la Genèse chapitre XVIII, 1-15.

A Mambré, petit village de Mésopotamie, Abraham et sa femme Sarah, représentés ici de part et d’autre de l’icône, accueillent trois pèlerins qui se révèlent en fait être  des anges messagers de Dieu.

L’icône de la Trinité la plus célèbre est, bien entendu, le chef d’œuvre peint en 1441 par Andreï Roublev. Au XVI° siècle, il fut décidé au concile de Moscou, que toutes les icônes de la Trinité devraient respecter la structure de composition de l’icône d’Andreï Roublev.

Cette icône respecte ainsi le célèbre modèle de référence, chef d’œuvre d’équilibre de la composition et de transparence des lumières, aujourd’hui conservée à Moscou, à la Galerie Tretiakov.

Les trois figures des anges s’inscrivent dans un cercle, et cette géométrie est encore soulignée par les deux cercles des marchepieds.

On s’est beaucoup interrogé sur l’identification des trois anges d’Andreï Roublev, pour savoir quel ange représentait le Père, lequel représentait le Fils et lequel le Saint-Esprit.

Le mystère demeure, les trois anges symbolisant en fait une unité.

Traditionnellement, l’ange central, aux larges ailes déployées qui dominent l’ensemble des personnages, est Jésus-Christ, et derrière lui, est toujours représenté le chêne de Mambré, représentant l’arbre de vie.

On considère généralement que l’ange représenté devant la montagne est l’Esprit, tandis que l’ange devant le Temple est le Père.

Cette icône est fêtée notamment le lundi après la Pentecôte. 
 

La vision d’Isaïe dans le Temple (vers 740) 

 

Chapitre 6° : 


1.  L'année de la mort du roi Ozias, je vis le Seigneur assis sur un trône grandiose et surélevé.  Sa traîne emplissait le sanctuaire.
2.  Des séraphins se tenaient au-dessus de lui, ayant chacun six ailes, deux pour se couvrir la face, deux pour se couvrir les pieds, deux pour voler.
3.  Ils se criaient l'un à  l'autre ces paroles : « Saint, saint, saint est Yahvé Sabaot, sa gloire emplit toute la terre. »

 

Là aussi, la Tradition des Pères a vu dans cette triple répétition, une annonce du Mystère de la Trinité, les Séraphins chantant la gloire des trois Personnes de la Trinité, qui seront révélées dans le Nouveau Testament. 

 

Le « Sanctus » chanté ou récité durant la Sainte Messe, est souvent appelé « hymnus angelicus » car la première partie du texte a été chantée par les « Séraphins aux six ailes » (Isaïe 6, 3) et par les « Quatre Vivants » de l’Apocalypse (4, 4-11) aussi aux six ailes ! Généralement considéré comme louange à la Trinité, le Sanctus existait dès le IVème siècle dans la liturgie orientale.

(à suivre)

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Publié dans : Les Catéchèses d'Hermas - Communauté : Benoit XVI
Mercredi 26 mai 2010 3 26 /05 /Mai /2010 12:52

Par Mgr Jacques MASSON

« Quatre-temps, Vigiles jeûneras »

 

C’est un Commandement de l’Eglise ! Comme les autres Commandements, il oblige, les Pasteurs d’abord à en informer les fidèles, et les fidèles à s’y conformer avec foi, dans un esprit d’obéissance, et dans un esprit de repentir de leurs fautes.

 

Les Vigiles ? Elles ont toutes disparues ? Pourquoi ? Personne ne l’a dit. Et pourtant, chaque Vigile comprenait jeûne et abstinence, et les textes du Propre de la Messe préparaient à la Fête célébrée le lendemain. Comme la Vigile de l’Assomption par exemple.

 

Les Quatre-temps ?  Qui sait encore ce que cela veut dire ? Eux aussi, ils ont disparu du jour au lendemain, sans souffler mot. Et personne n’a protesté.

 

Depuis quelques années, les Quatre-temps ont fait une rentrée discrète (oh combien discrète) dans certains « Ordos »diocésains. Un Ordo, est un livre pour indiquer aux prêtres, aux paroisses, les fêtes du calendrier liturgique, et certaines rubriques à respecter, selon l’importance de la Fête.

 

Cette année, l’Ordo du Diocèse de Rome invite vivement les pasteurs à « redonner vie » aux Quatre-temps, par un effort de prière et de pénitence, qui peut comprendre le jeune et l’abstinence de viande ce mercredi 26 mai, le vendredi 28 mai, et le samedi 29 mai. Des prières sont prescrites à la fin du Missel Romain. Un pas en avant est fait par rapport à l’année précédent qui disait : « ON PEUT ».Cette année, « L’EGLISE INVITE VIVEMENT LES PASTEURS A REDONNER VIE » « Ravvivare !) à cette Usage Liturgique ancien.

 

Mais quel prêtre lit l’Ordo diocésain, et organise les prières prescrites ?

 

Jamais je n’ai vu aucun prêtre célébrer la Messe Quatre-temps (où se trouve-telle dans le Missel Romain ?), ni même réciter les prières prescrites. Ils ne savent plus ce que c’est ; cela leur apparaît comme une dévotion ancienne, qui n’est plus de mise aujourd’hui. Mais, au moins, les Quatre-temps ont fait leur réapparition. Quelqu’un y a pensé, certainement, pour rester bien ancré dans la Tradition de l’Eglise. C’est un premier pas. Merci d’y avoir pensé !

 

EN EFFET, la liturgie romaine connaît depuis très longtemps, à côté du cycle annuel, un cycle trimestriel, en ce sens que, à chacune des quatre saisons de l'année, il y a une semaine particulièrement distinguée dite des Quatre-temps. Trois jours de cette semaine, le mercredi, le vendredi et le samedi, sont fixés comme jours de jeûne et pourvus d'un formulaire propre, qui montre encore des traits antiques.

 

Il nous reste du Pape saint Léon le Grand une série de sermons pour les Quatre-temps. Le dimanche qui précède la semaine des Quatre-temps, il parle de la signification de la pénitence et du jeûne, et il termine par cette invitation : « Nous jeûnerons donc le mercredi et le vendredi, quant au samedi nous veillerons tous ensemble près de saint Pierre ».

 

L'Église Romaine a donné à cet usage une empreinte nouvelle. Nous pouvons distinguer trois éléments dans les Quatre-temps : les Quatre-temps étaient des semaines de recueillement spirituel revenant une fois tous les trimestres. Aussi, durant ces semaines, on jeûnait plus rigoureusement et au jeûne était jointe la prière. On devait aussi pratiquer avec une ferveur particulière les œuvres de miséricorde et donner aux pauvres ce qu'on avait épargné par le jeûne.

 

 

Et les Evêques, que disent-ils, que font-ils, comme Pasteurs de leur troupeau, et plus spécialement de leurs prêtres : Ont-ils lu le Cæremoniale episcoporum, de 1984 ?

 

Voici ce qu’il déclare (1984, nous sommes déjà loin de 1969 !)

 

Cæremoniale episcoporum, 1984

381. Aux Rogations et aux Quatre-temps, l'Église a coutume de prier le Seigneur pour les divers besoins des hommes, en particulier pour les fruits de la terre et les travaux des hommes, et de lui rendre grâce publiquement.

 

382. Afin que les Rogations et les Quatre-temps puissent être adaptés aux divers besoins des lieux et des fidèles, il faut qu'ils soient réglés, en ce qui concerne le temps et la manière de les célébrer, par les Conférences des évêques.

C'est pourquoi, en ce qui concerne la durée de leur célébration, la répartition de celle-ci sur plusieurs jours, leur périodicité au cours de l'année, les normes doivent être établies par l'autorité compétente, eu égard aux nécessités locales.

 

383. Il est bon que, dans chaque diocèse, compte tenu des circonstances et des coutumes locales, l'évêque veille avec soin à ce que l'on trouve un bon moyen d'observer la liturgie des Rogations et des Quatre-temps, et à y faire place au ministère de la charité : ainsi la piété et la dévotion du peuple de Dieu seront-elles favorisées, et l'intelligence des mystères du Christ augmentera.

 

Les Semaines des Quatre-temps sont fixées comme suit

-        Semaine qui suit le 1° Dimanche de Carême

-        Semaine de l’octave de la Pentecôte (l’Octave a été supprimée, -pourquoi ? -  mais la Semaine est maintenue !)

-        Semaine suivant l’exaltation de la Sainte Crois (14 septembre)

-        Semaine suivant le 3° dimanche de l’avent

 

 

C’est pourquoi je ne saurais mieux faire, comme le fait l’Eglise, qu’inviter prêtres et fidèles, à retrouver cette pratique de l’Eglise, le jeûne et l’abstinence de viande, salutaire pour notre salut, pour notre protection, pour notre purification et pour notre sanctification.

 

Pour demander la protection de Dieu durant la saison de l’été, qui voit « l’exode » des foules et de nombreux fidèles, qui oublient la pratique du Dimanche et la prière quotidienne. Dieu est « mis en vacances »

 

Que ces Quatre-temps d’été soient l’occasion de demander humblement sa protection sur la nature elle-même, créée dans l’ordre, mais soumise depuis un certain temps, par l’incurie et l’orgueil de l’homme, à sa propre destruction, à la destruction des cultures, en raison des cataclysmes "naturels".

 

Qu’ils soient l’occasion de prier pour le monde secoué par la famine, les maladies, les guerres, et qui sait : il suffit d’écouter les informations… pour demander avec insistance au Seigneur qu’il nous donne la paix, tellement menacée en ces temps, en ces jours particulièrement.

 

Qu’il protège nos familles de la corruption, de la division, de l’abandon de Dieu ; et le monde, de l’immoralité galopante, du massacre croissant des innocents, tués cruellement dans le sein de leur mère (70 millions d’avortements officiels déclarés dans le monde chaque année !)

 

Que, par nos prières, nos sacrifices, nos pénitences et nos jeûnes, Dieu puisse convertir le monde qui est tombé dans les mains du Prince de ce Monde, de Satan, de Lucifer, et qu’Il nous délivre de ce Père du Mensonge qui ne veut que nous détruire.

 

PARCE DOMINE, PARCE POPULO TUO,

NE IN AETERNUM IRASCARIS NOBIS

 

Epargne, Seigneur, Epargne ton peuple

Ne t’irrite pas contre nous pour l’éternité

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Publié dans : Les Catéchèses d'Hermas
Dimanche 23 mai 2010 7 23 /05 /Mai /2010 08:00

Par Mgr Jacques MASSON

Emitte Spiritum Tuum

Et renovabis faciem terrae

 

Le Saint-Esprit, le Grand Inconnu de la plupart de nos fidèles. L’Esprit qui vient en Marie, et réalise l’Incarnation du Verbe dans le sein de la Vierge Marie.

L’Esprit qui descend sur les Apôtres le jour de la Pentecôte, et leur donne la force d’annoncer au monde tout ce que le Christ leur avait enseigné, la Bonne Nouvelle.

L’Esprit, le Saint-Esprit, Dieu, Troisième Personne de la Trinité, capable de « renouveler la face de la terre » :

« Envoyez Votre Esprit

Et Vous renouvellerez la face de la terre »

 

Notre pauvre terre qui en a tant besoin !

Les « fidèles pratiquants », pour affermir leur foi !

Les « croyants non pratiquants », pour que l’Esprit « redresse en eux ce qui est tordu »

Les prêtres, les âmes consacrées,

pour qu’ils soient fidèles à ses dons, et à leur engagement au service du Christ !

pour qu’ils soient des serviteurs fidèles de Son Eglise !

Pour tous ceux qui vivent dans l’ignorance de l’Amour de Dieu

Afin qu’ils connaissent Jésus-Christ, et le Salut qu’ils leur offre !

 

Que le Saint-Esprit change et convertisse notre monde corrompu

Afin que, retrouvant son Dieu, il retrouve la paix, la joie, la justice !

 

Veni Sancte Spiritus : remplissez le cœur des hommes de la grâce qui vient d’En-Haut !

 

PRIERE AU SAINT-ESPRIT EN TOUTES OCCASIONS

 

Veni Sancte Spiritus , 
Reple Tuorum corda fidelium

et Tui amoris in eis ignem accende . 


V. Emitte Spiritum Tuum, et creabuntur R. Et renovabis faciem terrae . 


Oremus. 
Deus, Qui corda fidelium Sancti Spiritus  illustratione docuisti, da nobis in eodem Spiritu recta sapere, et de Ejus semper consolatione gaudere . 
Per Christum Dominum nostrum. 
Amen . 

Venez, Esprit Saint, 
Remplissez les cœurs de Vos fidèles,

et allumez en eux le feu de Votre amour . 

 

V. Envoyez Votre Esprit, et tout sera créé . 
R. Et Vous renouvellerez la face de la terre . 


Prions. 
Dieu, Qui avez instruit les cœurs de Vos Fidèles par la lumière du Saint Esprit, donnez-nous , par ce même Esprit, d’aimer ce qui est bien et de jouir sans cesse de Ses divines consolations . 
Par le Christ Notre Seigneur . 
Ainsi soit-il . 

 

 

« VENI SANCTE SPIRITUS », SEQUENCE DE LA SOLENNITE DE LA PENTECÔTE

 

Sequentia  

Veni, Sancte Spiritus, 
Et emitte caelitus 
Lucis Tuae radium. 

Veni, Pater pauperum, 
Veni, dator munerum, 
Veni, lumen cordium . 

Consolator optime, 
Dulcis hospes animae, 
Dulce refrigerium. 

In labore requies, 
In aestu temperies, 
In fletu solatium. 

O lux beatissima, 
Reple cordis intima 
Tuorum fidelium. 

Sine Tuo numine, 
Nihil est in homine, 
Nihil est innoxium. 

Lava quod est sordidum, 
Riga quod est aridum, 
Sana quod est saucium. 

Flecte quod est rigidum, 
Fove quod est frigidum, 
Rege quod est devium. 

Da Tuis fidelibus, 
In Te confidentibus, 
Sacrum septenarium. 

Da virtutis meritum 
Da salutis exitum, 
Da perenne gaudium. 

Amen. 
Alleluia . 

Séquence  

Venez, Esprit Saint, 
Et, du haut du ciel envoyez 
Un rai de Votre lumière. 

Venez, Père des pauvres, 
Venez, auteur de tous dons, 
Venez, lumière des cœurs. 

Consolateur souverain, 
Doux hôte de l’âme, 
Adoucissante fraîcheur. 

Dans le labeur, le repos, 
Dans la fièvre, l’apaisement, 
Dans les larmes, le réconfort. 

Ô lumière bienheureuse 
Remplissez jusqu’à l’intime 
Les cœurs de Vos fidèles. 

Sans Votre secours divin, 
Il n’est rien qui subsiste dans l’homme, 
Rien qui ne soit pas péché. 

Lavez ce qui est souillé, 
Arrosez ce qui est asséché, 
Guérissez ce qui est blessé. 

Fléchissez ce qui est raide, 
Réchauffez ce qui est froid, 
Redressez ce qui faussé. 

Donnez à Vos fidèles, 
Qui se confient en Vous, 
Vos sept dons sacrés. 

Donnez mérite et vertu, 
Donnez le salut final, 
Donnez la joie éternelle. 

Amen. 
Alleluia. 

 

 

« VENI CREATOR » (Hymne des Vêpres de la Pentecôte)

 

Hymnum  

Veni, Creator Spiritus, 
Mentes Tuorum visita, 
Imple superna gratia, 
Quae Tu creasti pectora. 

Qui diceris Paraclitus, 
Altissimi Donum Dei, 
Fons vivus, ignis, caritas, 
Et spiritalis unctio. 

Tu septiformis munere, 
Digitus paternae dexterae, 
Tu rite promissum Patris, 
Sermone ditans guttura. 

Accende lumen sensibus : 
Infunde amorem cordibus, 
Infirma nostri corporis 
Virtute firmans perpeti. 

Hostem repellas longius 
Pacemque dones protinus : 
Ductore sic Te praevio 
Vitemus omne noxium. 

Per Te sciamus da Patrem, 
Noscamus atque Filium, 
Teque utriusque Spiritum 
Credamus omne tempore. 

Deo Patri sit gloria, 
Et Filio, Qui a mortuis 
Surrexit, ac Paraclito, 
In saeculorum saecula. 

Amen.

 

Hymne  

Venez, Esprit Créateur, 
Visitez les âmes de Vos fidèles, 
Comblez de la grâce d’en haut 
Les cœurs que Vous avez créés. 

Vous Qu’on nomme Paraclet, 
Don du Dieu Très-Haut, 
Source vive, flamme, charité, 
Pénétrante onction de l’âme. 

Vous êtes porteur des sept dons, 
Doigt de la main droite du Père, 
Fidèle objet de Sa promesse, 
Qui inspirez la parole sur nos lèvres. 

Enflammez nos sens de Votre lumière, 
Pénétrez d’amour nos cœurs, 
Affermissez nos corps fragiles 
Par l’appui constant de Votre force. 

Repoussez l’ennemi au loin 
Donnez-nous la paix sans retard : 
Ainsi marchant à Votre suite 
Nous éviterons tout mal. 

Faites-nous connaître le Père, 
Révélez-nous aussi le Fils, 
Et Vous, leur commun Esprit, 
Faites-nous toujours croire en Vous. 

Gloire à Dieu le Père, 
Au Fils ressuscité des morts, 
Au Paraclet, 
Dans les siècles des siècles. 

Amen. 

Prière pour demander les grâces de l’Esprit Saint (St Alphonse de Liguori)

Esprit Saint, divin Paraclet, Père des pauvres, Consolateur des affligés, Sanctificateur des âmes, me voici prosterné en Votre présence, je Vous adore avec la plus profonde soumission, et je répète mille fois avec les Séraphins qui se tiennent devant Votre trône : Saint ! Saint ! Saint !

Vous Qui avez rempli d’immenses grâces l’âme de Marie et enflammé d’un saint zèle les cœurs des Apôtres, daignez aussi embraser mon cœur de Votre amour . Vous êtes un Esprit divin, fortifiez-moi contre les mauvais esprits ; Vous êtes un Feu, allumez en moi le feu de Votre amour ; Vous êtes une Lumière, éclairez-moi en me faisant connaître les choses éternelles ; Vous êtes une Colombe, donnez-moi des mœurs pures ; Vous êtes un Souffle plein de douceur, dissipez les orages que soulèvent en moi les passions ; Vous êtes une Langue, enseignez-moi la manière de Vous louer sans cesse ; Vous êtes une nuée, couvrez-moi de l’ombre de Votre protection. Enfin, Vous êtes l’auteur de tous les Dons célestes, je vous en conjure, vivifiez-moi par Votre grâce, sanctifiez-moi par Votre charité, gouvernez-moi par Votre sagesse, adoptez-moi pour Votre enfant par Votre bonté, et sauvez-moi par Votre infinie miséricorde, afin que je ne cesse jamais de Vous bénir, de Vous louer et de Vous aimer, d’abord sur la terre pendant cette vie, et ensuite dans le ciel durant toute l’éternité .

Ainsi soit-il.

 

Prière pour obtenir les sept Dons du Saint-Esprit (St Alphonse de Liguori)

Esprit Saint, divin Consolateur, je Vous adore comme mon Dieu véritable, ainsi que Dieu le Père et Dieu le Fils . Je Vous bénis et je m’unis aux bénédiction que Vous recevez des Anges et des Saints . Je Vous donne mon cœur, et je Vous offre de vives actions de grâces pour tous les bienfaits que Vous avez répandus et que Vous ne cessez de répandre dans le monde. Auteur de tous les dons surnaturels, Qui avez comblé d’immenses faveurs l’âme de la Bienheureuse Marie, Mère de Dieu :

Je Vous prie de me visiter par Votre grâce et par Votre amour, et de m’accorder le Don de Votre Crainte, afin qu’il me serve de frein pour ne jamais retomber dans mes fautes passées, dont je Vous demande mille fois pardon ;

Le Don de Piété, afin que je puisse à l’avenir Vous servir avec plus de ferveur, suivre avec plus de promptitude Vos saintes inspirations, observer plus exactement Vos divins préceptes ;

Le Don de Science, afin que je puisse bien connaître les choses de Dieu, et, éclairé par Vos saintes instructions, marcher, sans jamais dévier dans la voie du salut éternel ;

Le Don de Force, afin que je puisse surmonter courageusement toutes les attaques du démon et tous les dangers du monde qui s’opposent au salut de mon âme ;

Le Don de Conseil, afin que je puisse bien choisir tout ce qui est le plus convenable à mon avancement spirituel, et découvrir tous les pièges et les ruses de l’esprit tentateur ;

Le Don d’Intelligence, afin que je puisse bien entendre les divins mystères, et, par la contemplation des choses célestes, détacher mes pensées et mes affections de toutes les vanités de ce misérable monde ;

Le Don de Sagesse, afin que je puisse bien diriger toutes mes actions, en les rapportant à Dieu comme à ma fin dernière, afin qu’après L’avoir aimé et servi, comme je le dois, en cette vie, j’aie le bonheur d’aller le posséder éternellement en l’autre.

Pater,

Ave,

Gloria.

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Publié dans : Les Catéchèses d'Hermas - Communauté : Chrétiens et heureux de croire
Samedi 22 mai 2010 6 22 /05 /Mai /2010 17:00

Par Mgr Jacques MASSON

La Pentecôte, tout comme la Pâque, était d’abord une fête juive. A la différence de Noël, de l’Epiphanie et de biens d’autres fêtes qui sont propres à l’Eglise Catholique. Pourquoi ce choix de Dieu ? Pourquoi le Saint-Esprit est-il venu sur les Apôtres cinquante jours après Pâque ? Une coïncidence ? Nous l’avons vu, à propos de l’Ascension, il n’y a pas de coïncidence, ni de hasard dans le plan de Dieu. Il nous revient de bien méditer les Ecritures pour découvrir la vérité profonde qu’elles veulent nous révéler sur Dieu, sur le Plan Salvifique de Dieu.

 

La fête de Pâque rappelle la dixième plaie d’Egypte, l’immolation de l’Agneau Pascal, dont le sang, placé sur le montant des portes, protègerait les aînés des enfants d’Israël, au passage de l’Ange Exterminateur, descendu pour obliger le Pharaon à laisser partir les Hébreux de l’esclavage auquel ils étaient soumis depuis plus de 400 ans, pour les conduire vers la Terre Promise. L’Agneau Pascal, le Sang de l’Agneau Pascal qui protège et qui sauve. Et, chaque année, les Juifs fêtent solennellement cet événement capital dans l’histoire du Peuple élu, la sortie d’Egypte, la fin de l’esclavage, de l’oppression, la montée vers la terre Promise « où coulent le lait et le miel ».

 

Le Seigneur Jésus lui aussi, avec Marie et Joseph a fêté la Pâque chaque année. Jusqu’à cette Pâque ultime, qu’il a choisie lui-même, en lui donnant un sens nouveau. Ou plutôt, en donnant à la première Pâque toute sa signification, tout ce qu’elle annonçait : la Pâque de l’Ancienne Alliance était ainsi l’image et l’annonce de la Pâque de la Nouvelle et Eternelle Alliance dans le Sang, non plus d’un simple agneau, mais de Celui qui était « l’Agneau de Dieu », comme le proclame solennellement Jean Baptiste, attribuant à Jésus la prophétie du prophète Isaïe sur le Serviteur Souffrant, l’agneau innocent conduit à la boucherie, chargé de nos péchés, pour les racheter.

 

Et ce n’est pas par hasard que Jésus a choisi de célébrer la Pâque en ce Jeudi Saint, jour où, lors de la Dernière Cène, il institua la Sainte Eucharistie, « anticipant » en quelque sorte, et réalisant sous une forme non sanglante tout son sacrifice du lendemain, par ces paroles, « CECI EST MON CORPS, CECI EST MON SANG, le Sang de la Nouvelle et Eternelle Alliance ». Et, le lendemain, au moment où, dans le Temple de Jérusalem, on offrait l’agneau pascal, le véritable Agneau de Dieu, le verbe fait Chair, s’offrait sur la Croix, versait son Sang pour sauver les hommes de leurs péchés.

 

On pourrait dire, résumant à l’extrême, que la Pâque de Moïse était ainsi l’annonce de la Pâque de Jésus : l’agneau offert par Moïse était l’annonce de l’Offrande de l’Agneau véritable, l’Agneau de Dieu. Il faut aussi rappeler que Dieu avait refusé le sacrifice d’Isaac, en arrêtant le bras d’Abraham qui avait annoncé prophétiquement, en réponse à la question que lui posait Isaac : « Dieu y pourvoira mon fils ». Et il est significatif aussi de penser qu’Isaac gravissait à ce moment le Mont Moriyah, portant le bois du sacrifice, de son propre sacrifice ; ce Mont précisément que gravira Jésus portant le bois de sa Croix, ce Mont où sera immolé le propre Fils de Dieu, du Père qui n’a pas épargné son propre Fils pour sauver tous les hommes qui le veulent. Dieu avait pourvu au sacrifice d’Isaac par un agneau. Dieu a pourvu au sacrifice de l’agneau pascal. Dieu a pourvu en plénitude et de manière définitive : en livrant, en donnant son propre Fils, le véritable Agneau de Dieu

 

pentecote.jpgIcône de la Pentecôte (Novgorod, Russie, fin 15e siècle)

 

Il en est de même pour la Pentecôte.

 

Le peuple d’Israël célébrait trois fêtes principales, selon les prescriptions du Seigneur avec une grande solennité (Exode 23, 14 : « Tu me fêteras trois fois l’an ».

 

Ce sont : au printemps, la Fête des Azymes qui inclut celle de Pâque ; la Fête de la Moisson, appelée aussi Fête des Semaines, qui se célébrait sept semaines, ou cinquante jours après Pâques (Deutéronome 16, 9) et marquait la fin de la moisson : « vous compterez cinquante jours » (Lévitique 23, 16), à laquelle se rattacha plus tard le souvenir de la Promulgation de la Loi au Sinaï. Et la fête des Tentes, en automne, à la fin de la récolte des fruits.

 

Le Livre de Tobie appelle cette fête des Semaines : la fête de la Pentecôte : « A notre fête de la Pentecôte (Fête des Semaines), il y eut un bon dîner » (Tobie 2 1b). Il n’est donc pas surprenant de voir saint Luc écrire : « Le jour de la Pentecôte étant arrivé » (Actes 2, 1).

 

Depuis Pâque, nous avons vu se dérouler sept semaines ; et nous voici arrivés à ce jour qui fait suite à Pâque, et amène le nombre mystérieux de cinquante : la Pentecôte, avec l’effusion du Saint-Esprit. Ce jour est le Dimanche, le premier jour de la semaine, consacré la création de la lumière (Genèse chapitre 1°, récit de la Création), mais aussi et surtout par la Résurrection du Christ, Lumière du monde.

 

Revenons au texte de l’Exode, la libération des Hébreux de l’esclavage d’Egypte, le passage de la Mer Rouge, leur marche de 50 jours dans le désert. Le Seigneur avait déjà indiqué, par ces événements, par son intervention, la gloire future du cinquantième jour.

 

Israël avait pu, après avoir consommé l’agneau pascal, l'agneau de la première Pâque, opérer son passage à travers les eaux de la Mer Rouge, qui s’étaient écartées à la prière de Moise et sur l’ordre de Dieu, pour leur permettre de passer à pied sec.

 

Sept semaines s'écoulèrent ensuite dans ce désert qui devait les conduire à la Terre Promise Le jour qui suivit ces sept semaines fut celui où la première Alliance fut scellée entre Dieu et son peuple. Sur le Mont Sinaï. La Pentecôte (le cinquantième jour) fut ainsi marquée par la promulgation des dix Commandements de la Loi Divine, et cette Manifestation de Dieu, cette théophanie comme on l’appelle, resta dans le peuple d’Israël, avec la commémoration annuelle de cet événement : c’est la Pentecôte juive.

 

Et c’est ce jour précisément que Dieu Trinité choisit pour envoyer sur les Apôtres le Saint-Esprit annoncé par Jésus-Christ, pour les envoyer dans le monde entier pour enseigner toutes les nations, les baptisant au Nom du Père et du Fils et du, Saint-Esprit (cf.Mathieu 28, 19-20)

 

En effet, de même que la Pâque juive était une annonce prophétique, comme nous venons de le voir, la Pentecôte juive était elle aussi une manifestation prophétique : de même qu’il fallait une seconde Pâque pour le rachat du genre humain, .il devait y avoir une seconde Pentecôte pour tous les peuples : Au Fils de Dieu, vainqueur de la mort revenait la Pâque avec tous ses triomphes; à l'Esprit-Saint, revenait la Pentecôte, qui le voit entrer comme législateur dans le monde placé désormais sous sa loi, sous la Loi d’amour de Dieu.

 

Le récit des Actes des Apôtres fait état d’un « grand bruit » venu du ciel, d’un « violent coup de vent » et de « langues de feu » et qui se posent sur chacun des apôtres. Le bruit, le vent et le feu symbolisent la présence de Dieu ; ils sont une manifestation de la puissance divine, C’est le renouvellement de la théophanie du Sinaï dont la Pentecôte juive est la commémoration.

 

Lisons, pour bien nous en pénétrer, les textes racontant ces deux manifestations divines, qui montrent non seulement leur ressemblance, mais surtout leur continuité, et surtout l’accomplissement plénier et définitif du plan de Dieu :

 

Moïse sur le Sinaï reçoit les dix Commandements :

Exode, chapitre 19° :

9. 

Yahvé dit à Moïse : « Je vais venir à toi dans l'épaisseur de la nuée, afin que le peuple entende quand je parlerai avec toi et croie en toi pour toujours. » Et Moïse rapporta à Yahvé les paroles du peuple.

16. 

Le surlendemain, dès le matin, il y eut des coups de tonnerre, des éclairs et une épaisse nuée sur la montagne, ainsi qu'un très puissant son de trompe et, dans le camp, tout le peuple trembla.

18. 

Or la montagne du Sinaï était toute fumante, parce que Yahvé y était descendu dans le feu ; la fumée s'en élevait comme d'une fournaise et toute la montagne tremblait violemment.

19. 

Le son de trompe allait en s'amplifiant ; Moïse parlait et Dieu lui répondait dans le tonnerre.

 

Puis Moïse descend de la montagne et donne au peuple de « Décalogue », c’est-à-dire les Dix Commandements.

 

Lisons à présent le récit de la descente du Saint-Esprit le jour de la Pentecôte

Actes chapitre 2° :

1. 

Le jour de la Pentecôte étant arrivé, ils se trouvaient tous ensemble dans un même lieu,

2. 

quand, tout à coup, vint du ciel un bruit tel que celui d'un violent coup de vent, qui remplit toute la maison où ils se tenaient.

3. 

Ils virent apparaître des langues qu'on eût dites de feu ; elles se partageaient, et il s'en posa une sur chacun d'eux.

4. 

Tous furent alors remplis de l'Esprit Saint et commencèrent à parler en d'autres langues, selon que l'Esprit leur donnait de s'exprimer.

5. 

Or il y avait, demeurant à Jérusalem, des hommes dévots de toutes les nations qui sont sous le ciel.

6. 

Au bruit qui se produisit, la multitude se rassembla et fut confondue : chacun les entendait parler en son propre idiome.

 

Mais quelle différence entre ces deux Pentecôtes ! La première sur les rochers sauvages de l'Arabie, au milieu des éclairs et des tonnerres, intimant une loi gravée sur des tables de pierre ; la seconde dans la ville de Jérusalem, sur laquelle la malédiction n'a pas encore éclaté, parce qu'elle contient dans son sein jusqu'à cette heure les prémices du peuple nouveau sur lequel doit s'exercer l'empire de l'Esprit d'amour. En cette seconde Pentecôte, le ciel ne s'assombrit pas, on n'entend pas le roulement de la foudre; les cœurs des hommes ne sont pas glacés d'effroi comme autour du Sinaï ; ils battent sous l'impression du repentir et de la reconnaissance. Un feu divin s'est emparé d'eux, et ce feu embrasera la terre entière. Jésus avait dit : «Je suis venu apporter le feu sur la terre, « et quel est mon vœu, sinon de le voir s'éprendre (Luc 12, 49). » L'heure est venue, et celui qui en Dieu est l'Amour, la Flamme Eternelle et incréée, l’Esprit Saint, descend du Ciel pour remplir l'intention miséricordieuse de l'Emmanuel.

 

En effet, l'heure est venue, l'heure de Tierce comme on l’appelle, 9 heures du matin, l'heure prédestinée de toute éternité ; et le dessein des trois Personnes Divines, conçu et arrêté avant tous les temps se déclare et s'accomplit. De même que le Père, sur l'heure de minuit, envoya en ce monde pour y prendre chair au sein de Marie, son propre Fils qu'il engendre éternellement : ainsi, le Père et le Fils envoient à cette heure de Tierce sur la terre l'Esprit-Saint qui procède de tous deux, pour y remplir jusqu'à la fin des temps la mission de former l'Eglise Epouse et Royaume du Christ, de l'assister, de la maintenir, de sauver et de sanctifier les âmes.

 

Soudainement, un vent violent qui vient du ciel se fait entendre ; il mugit au dehors, et remplit le Cénacle de son souffle puissant. Au dehors il convoque autour du Cénacle sur la montagne de Sion une foule d'habitants de Jérusalem et d'étrangers ; au dedans il ébranle tout, il transforme les disciples du Sauveur, et montre que rien ne lui résiste. Jésus avait dit de lui : «Désormais ce vent parcourra la terre en tous sens, et rien ne pourra l'arrêter dans son domaine » : « O Seigneur, envoyez votre Esprit qui renouvellera la face de la terre » ! Il y avait eu cette supplique dans le passé, c’est à présent sa réalisation.

 

Et Celui qui naguère se montra au Jourdain sous la forme gracieuse d'une colombe, apparaît aujourd'hui sous celle du feu. Dans l'essence divine il est amour; or, l'amour n'est pas tout entier dans la douceur et la tendresse ; il est ardent comme le feu. Maintenant donc que le monde est livré à l'Esprit-Saint, il faut qu'il brûle, et l'incendie ne s'arrêtera plus. Et pourquoi cette forme de langues ? sinon parce que la parole sera le moyen par lequel se propagera cet incendie divin vivificateur : «Allez, enseignez toutes les nations » ! Et toutes les nations, chacune dans leur langue, comprendront cette Parole de Dieu : après l’orgueil des hommes et la construction de la Tour de  Babel, Dieu avait confondu les langues et dispersé les peuples. A la Pentecôte, l'Esprit d'amour a fait cesser en un instant cette division de Babel, et la fraternité première reparaît dans l'unité du langage, dans l’unité du Peuple de Dieu ayant pour Chef le propre Verbe de Dieu fait Chair. C'est ce qui fait dire à saint Augustin parlant aux fidèles, ces paroles admirables : « L'Eglise répandue parmi les nations parle toutes les langues ».

 

Et Marie, déjà « pleine de grâce » ? Il fallait à la Nouvelle Eve, à la véritable « Mère des vivants », un surcroît de grâces pour répondre à une telle mission : aussi est-elle l'objet premier des faveurs de l'Esprit-Saint. Il la féconda autrefois pour être la Mère du Fils de Dieu ; en ce moment il forme en elle la Mère des Chrétiens, la Mère de l’Eglise. L'Esprit d'Amour accomplit à ce moment l'oracle divin du Rédempteur mourant sur la croix. Il avait dit, en désignant l’homme: « Femme, voilà votre fils »; l'heure est arrivée, et Marie a reçu avec une plénitude merveilleuse cette grâce maternelle qu'elle commence à appliquer dès aujourd'hui, et qui l'accompagnera jusque sur son trône de Reine, lorsqu'enfin la sainte Eglise, s’étant développée comme le grain de sénevé, sa Mère Céleste pourra quitter la terre, monter aux Cieux et ceindre la couronne qui l'attend.

 

Saint Jean Damascène, auteur de l'Hymne qui suit, empruntée au Pentecostarion, nous permet de terminer cette Jounrée par cette hymne qui résume et chante le mystère de la Pentecôte, qui répand dans nos cœurs l’Amour de Dieu par l’Esprit Sait qui nous est donné :

 

Hymne

 

Au sortir du nuage divin, le prophète dont la langue était tardive promulgua la loi écrite par le doigt de Dieu ; guéri de son infirmité, il avait contemplé de l'œil de l'âme celui qui est, et il célébra dans des cantiques sacrés la science de l'Esprit qu'il avait reçu.

 

Le grave et auguste Maître avait dit à ses disciples : « Ne vous séparez point, ô mes amis ! lorsque je serai assis sur le trône sublime de mon Père, je répandrai la grâce infinie de l'Esprit dans tout son éclat sur vous qui désirez la connaître. »

 

Sa carrière étant terminée, le Verbe, fidèle à sa promesse, remplit leurs cœurs d'un doux recueillement. Ayant achevé son œuvre, il répand sur ses amis d'abord un souffle violent, bientôt des langues enflammées ; lui le Christ, il leur donne l'Esprit et dégage ainsi sa parole.

 

Le pouvoir divin dépasse toute borne ; de gens illettrés il fait des orateurs, leur parole réduira les sophistes au silence, et semblable à un éclair éblouissant, l'Esprit enlèvera à leur nuit profonde des peuples innombrables.

 

Cet Esprit tout-puissant, splendide, incorruptible , procédait de la lumière incréée, de la substance que le Père transmet au Fils ; aujourd'hui, langue de feu dans Sion, il manifeste aux nations cette lumière qu'il puise dans la divinité.

 

Et toi, ô Fils de Dieu qui as réuni deux natures, tu prépares le bain divin de la régénération ; l'eau d'un tel bain s'est épanchée de ton côté, ô Verbe, et l'ardeur puissante de l'Esprit en est le sceau.

 

Vous êtes les vrais serviteurs du Dieu souverain, vous qui adorez l'Essence trois fois lumineuse. Le Christ met aujourd'hui la dernière main à son bienfait surnaturel, envoyant pour notre salut celui qu'exprime le feu, versant sur nous la grâce universelle de l'Esprit.

 

Enfants de l'Eglise, fils de la lumière, recevez la rosée enflammée de l'Esprit, et par elle la rémission et l'affranchissement de vos péchés ; car aujourd'hui la loi est sortie de Sion, la grâce du Saint-Esprit, sous la forme d'une langue de feu.

 

Autrefois on entendit un concert d'instruments qui conviait les hommes à adorer la statue d'or inanimée; maintenant, c'est la grâce lumineuse du Paraclet qui les rend dignes de s'écrier: O Trinité unique, égale en pouvoir, sans commencement, nous te bénissons.

 

Oubliant l'oracle du Prophète, des insensés disaient que l'ivresse des Apôtres était produite par le vin ; on entendait retentir tous les langages étrangers ; pour nous, nous n'avons qu'un cri : Toi qui renouvelles divinement l'univers, sois béni.

 

L'heure de Tierce fut choisie pour l'effusion d'une telle grâce ; elle signifiait que l'on devait adorer trois personnes dans l'unité de puissance ; en ce jour du Dimanche, le premier des jours, ô Père, o Fils, ô Esprit, soyez béni.

 

Nous pouvons y ajouter cette Séquence dont Notker est le véritable auteur (attribuée pendant longtemps au pieux Roi Robert), et qui a disparu des Missels romains-français au XVIIe siècle, où on l'y a remplacée par la Séquence romaine, Veni, Sancte Spiritus. Redonnons sa place à ce chef-d’œuvre qui, par sa richesse ne peut qu’alimenter notre amour et accroître notre foi :

 

Que la grâce de l'Esprit-Saint daigne nous assister !

Qu'elle fasse de nos cœurs son habitation,

Qu'elle en expulse les vices de notre esprit.

O vous qui éclairez les hommes , Esprit plein de bonté,

Chassez les sombres ténèbres qui attristent notre âme.

Vous qui êtes l'ami des  sages pensées, bon et saint,

Répandez votre onction dans nos âmes.

O Esprit, c'est vous qui nous purifiez de tous nos péchés.

Purifiez en nous l'œil de l'homme intérieur,

Afin que nous puissions un jour contempler le Père suprême,

Qu'il n'est donné de voir qu'à ceux qui ont le cœur pur.

C'est vous qui avez inspiré les Prophètes, et leur avez fait célébrer d'avance les louanges du Christ.

Vous avez fortifié les Apôtres pour élever le trophée du Christ par le monde entier.

Lorsque Dieu, par son Verbe, créa le ciel, la terre et la mer,

Vous fîtes planer votre divinité sur les eaux pour les féconder, ô Esprit !

Maintenant vous donnez à ces eaux la vertu de vivifier les âmes.

Votre souffle rend les hommes spirituels.

Le monde divisé en diverses langues et en divers cultes, vous l'avez réuni en un seul, ô Seigneur !

O Docteur rempli de bonté, c'est vous qui avez rappelé les idolâtres au culte du vrai Dieu.

Daignez donc , Esprit-Saint, exaucer nos supplications.

Sans vous toutes nos prières seraient vaines et indignes de monter jusqu'à l'oreille de Dieu.

C'est vous qui, par vos divines caresses, avez instruit et dirigé les saints dans tous les siècles, ô Esprit !

Décorant aujourd'hui les Apôtres de dons nouveaux et inconnus aux âges précédents,

Vous avez rendu ce jour glorieux à jamais. Amen.

 

La_Pentecote.jpgLa Pentecôte

Heures d'Étienne Chevalier,

enluminées par Jean Fouquet Musée Condé, Chantilly,

15° siècle

 

 

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Publié dans : Les Catéchèses d'Hermas - Communauté : Benoit XVI
Samedi 22 mai 2010 6 22 /05 /Mai /2010 07:53

Par Mgr Jacques MASSON

Les dons du Saint-Esprit (Dom Guéranger)

 

9). le don de crainte de dieu

 

L’obstacle au bien en nous est l’orgueil. C’est l’orgueil qui nous porte à résister à Dieu, à mettre notre fin en nous-mêmes, en un mot à nous perdre. L’humilité seule peut nous sauver d’un si grand péril. Qui nous donnera l’humilité ? l’Esprit-Saint, en répandant en nous le Don de la Crainte de Dieu.

 

Ce sentiment repose sur l’idée que la foi nous donne de la majesté de Dieu, en présence duquel nous ne sommes que néant, de sa sainteté infinie, devant laquelle nous ne sommes qu’indignité et souillure, du jugement souverainement équitable qu’il doit exercer sur nous au sortir de cette vie, et du danger d’une chute toujours possible, si nous manquons à la grâce qui ne nous manque jamais, mais à laquelle nous pouvons résister.

 

Le salut de l’homme s’opère donc « dans la crainte et le tremblement », comme l’enseigne l’Apôtre [Philippiens, II, 12] ; mais cette crainte, qui est un don de l’Esprit-Saint, n’est pas un sentiment grossier qui se bornerait à nous jeter dans l’épouvante à la pensée des châtiments éternels. Elle nous maintient dans la componction du cœur, quand bien même nos péchés seraient depuis longtemps pardonnes ; elle nous empêche d’oublier que nous sommes pécheurs, que nous devons tout à la miséricorde divine, et que nous ne sommes encore sauvés qu’en espérance [Romains VIII, 24].

 

Cette crainte de Dieu n’est donc pas une crainte servile ; elle devient au contraire la source des sentiments les plus délicats. Elle peut s’allier avec l’amour, n’étant plus qu’un sentiment filial qui redoute le péché à cause de l’outrage qu’il fait à Dieu. Inspirée par le respect de la majesté divine, par le sentiment de la sainteté infinie, elle met la créature à sa vraie place, et saint Paul nous enseigne qu’ainsi épurée, elle contribue à « l’achèvement de la sanctification » [II Corinthiens VII, 1]. Aussi entendons-nous ce grand Apôtre, qui avait été ravi jusqu’au troisième ciel, confesser qu’il est rigoureux envers lui-même « afin de n’être pas réprouvé » [I Corinthiens IX, 27].

 

L’esprit d’indépendance et de fausse liberté qui règne aujourd’hui contribue à rendre plus rare la crainte de Dieu, et c’est là une des plaies de notre temps. La familiarité avec Dieu tient trop souvent la place de cette disposition fondamentale de la vie chrétienne, et dès lors tout progrès s’arrête, l’illusion s’introduit dans l’âme, et les divins Sacrements, qui au moment d’un retour à Dieu avaient opéré avec tant de puissance, deviennent à peu près stériles. C’est que le Don de Crainte a été étouffé sous la vaine complaisance de l’âme en elle-même. L’humilité s’est éteinte ; un orgueil secret et universel est venu paralyser les mouvements de cette âme. Elle arrive, sans s’en douter, à ne plus connaître Dieu, par cela même qu’elle ne tremble plus devant lui.

 

Conservez donc en nous, ô divin Esprit, le Don de la Crainte de Dieu que vous avez répandu en nous dans notre Baptême. Cette crainte salutaire assurera notre persévérance dans le bien, en arrêtant les progrès de l’esprit d’orgueil. Qu’elle soit donc comme un trait qui traverse notre âme de part en part, et qu’elle y reste toujours fixée comme notre sauvegarde. Qu’elle abaisse nos hauteurs, qu’elle nous arrache à la mollesse, en nous révélant sans cesse la grandeur et la sainteté de celui qui nous a créés et qui doit nous juger.

 

Nous savons, ô Divin Esprit, que cette heureuse crainte n’étouffe pas l’amour ; loin de là, elle enlève les obstacles qui l’arrêteraient dans son développement. Les Puissances célestes voient et aiment avec ardeur le souverain Bien, elles en sont enivrées pour l’éternité ; cependant elles tremblent devant sa majesté redoutable, tremunt Potestates. Et nous, couverts des cicatrices du péché, remplis d’imperfections, exposés à mille pièges, obligés de lutter contre tant d’ennemis, nous ne sentirions pas qu’il nous faut stimuler par une crainte forte, et en même temps filiale, notre volonté qui s’endort si aisément, notre esprit que tant de ténèbres assiègent ! Veillez sur votre œuvre, ô Divin Esprit ! Préservez en nous le précieux don que vous avez daigné nous faire ; apprenez-nous à concilier la paix et la joie du cœur avec la crainte de Dieu, selon cet avertissement du Psalmiste : « Servez le Seigneur avec crainte, et tressaillez de bonheur en tremblant devant lui » [Psaume. II, 11].

 

 

La Colombe du Saint-Esprit

Saint-Pierre de Rome

 

Pour nous préparer à  la Journée Solennelle de demain, la Descente du Saint-Esprit sur les Apôtres, nous voulons terminer cette journée, et cette neuvaine de prière en récitant une Séquence d’Adam de Saint Victor (12° siècle) sur le Mystère de la Pentecôte : cette séquence est une prière sublime et ardente adressée au Paraclet que Jésus nous a promis et dont nous attendons la venue : aspirons comme lui à la descente du Consolateur qui vient renouveler la face de la terre et habiter en nous.

 

SÉQUENCE.

 

O toi qui procèdes du Père et du Fils, divin Paraclet, par ta flamme féconde, viens rendre éloquente notre voix, et embraser nos cœurs de tes feux.

 

Amour du Père et du Fils, l'égal des deux et leur semblable en essence, tu remplis tout, tu donnes la vie à tout; dans ton repos, tu conduis les astres, tu règles le mouvement des cieux.

 

Lumière éblouissante et chérie, tu dissipes nos ténèbres intérieures ; ceux qui sont purs, tu les rends plus purs encore; c'est toi qui tais disparaître le péché et la rouille qu'il apporte avec lui

 

Tu manifestes la vérité, tu montres la voie de la paix et celle de la justice ; tu fuis les cœurs pervers, et tu combles des trésors de ta science ceux qui sont droits.

 

Si tu enseignes, rien ne demeure obscur ; si tu es présent à l'âme, rien ne reste impur en elle ; tu lui apportes la joie et l’allégresse, et la conscience que tu as purifiée goûte enfin le bonheur.

 

Ton pouvoir transforme les éléments; par toi les sacrements obtiennent leur efficacité; tu fais obstacle à la puissance mauvaise, tu repousses les embûches de nos ennemis.

 

A ta venue, nos cœurs sont dans le calme ; à ton entrée, le sombre nuage se dissipe; feu sacré, tu embrases le cœur sans le consumer, et ta visite l'affranchit de ses angoisses.

 

Des âmes jusqu'alors ignorantes, engourdies et insensibles, tu les instruis et les ranimes. Inspirée par toi, la langue fait entendre des accents que tu lui donnes; la charité que tu apportes avec toi dispose le cœur à tout bien.

 

Secours des opprimés, consolation des malheureux, refuge des pauvres, donne-nous de mépriser les objets terrestres ; entraîne notre désir à l'amour des choses célestes.

 

Tu consoles et tu affermis les cœurs humbles ; tu les habites et tu les aimes; expulse tout mal, efface toute souillure, rétablis la concorde entre ceux qui sont divises et apporte-nous ton secours.

 

Tu visitas un jour les disciples timides: par toi ils furent instruits et fortifiés; daigne nous visiter aussi et répandre ta consolation sur nous et sur le peuple fidèle.

 

Egale est la majesté des divines personnes , égale leur puissance ; commune aux trois est la divinité; tu procèdes des deux premières, semblable à l'une et à l'autre, et rien d'inférieur n'est en toi.

 

Aussi grand que l'est le Père lui-même, souffre que tes humbles serviteurs rendent à ce Dieu-Père, au Fils rédempteur et à toi-même la louange qui vous est due.

 

Amen.

 

 

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Publié dans : Les Catéchèses d'Hermas - Communauté : Benoit XVI
Vendredi 21 mai 2010 5 21 /05 /Mai /2010 07:45

Par Mgr Jacques MASSON

Les dons du Saint-Esprit (Dom Guéranger)

5). le don de science

saint_esprit.jpgL’âme ayant été détachée du mal par la Crainte de Dieu et ouverte aux nobles affections par le don de Piété, éprouve le besoin de savoir par quel moyen elle évitera ce qui fait l’objet de sa crainte et pourra trouver ce qu’elle doit aimer. L’Esprit-Saint vient à son secours, et lui apporte ce qu’elle désire, en répandant en elle le Don de Science. Par ce don précieux la vérité lui apparaît, elle connaît ce que Dieu demande et ce qu’il reprouve, ce qu’elle doit rechercher et ce qu’elle doit fuir. Sans la science divine notre vue court risque de s’égarer, à cause des ténèbres qui trop souvent obscurcissent en tout ou en partie l’intelligence de l’homme. Ces ténèbres proviennent d’abord de notre propre fonds qui porte des traces trop réelles de la déchéance. Elles ont encore pour cause les préjugés et les maximes du monde qui faussent tous les jours les esprits que l’on croirait les plus droits. Enfin l’action de Satan, qui est le Prince des ténèbres, s’exerce en grande partie dans le but d’environner notre âme d’obscurités, ou de l’égarer à l’aide de fausses lueurs.

 

La foi qui nous a été infuse dans le Baptême est la lumière de notre âme. Par le don de Science, l’Esprit-Saint fait produire à cette vertu des rayons assez vifs pour dissiper toutes nos ténèbres. Les doutes alors s’éclaircissent, l’erreur s’évanouit, et la vérité apparaît dans tout son éclat. On voit chaque chose dans son véritable jour, qui est le jour de la foi. On découvre les déplorables erreurs qui ont cours dans le monde, qui séduisent un si grand nombre d’âmes, et dont peut-être on a été soi-même longtemps la victime.

 

Le don de Science nous révèle la fin que Dieu s’est proposée dans la création, cette fin hors laquelle les êtres ne sauraient trouver ni le bien ni le repos. Il nous apprend l’usage que nous devons faire des créatures, qui nous ont été données non pour nous être un écueil, mais pour nous aider dans notre marche vers Dieu. Le secret de la vie nous étant ainsi manifesté, notre route devient sûre, nous n’hésitons plus, et nous nous sentons disposés à nous retirer de toute voie qui ne nous conduirait pas au but.

 

C’est cette Science, don de l’Esprit-Saint, que l’Apôtre a en vue lorsque, parlant aux chrétiens, il leur dit : « Autrefois vous étiez ténèbres ; maintenant vous êtes lumière dans le Seigneur : marchez désormais comme les fils de la lumière » [Ephésiens V, 8]. De là vient cette fermeté, cette assurance de la conduite chrétienne. L’expérience peut manquer quelquefois, et le monde s’émeut à la pensée des faux pas qui sont à redouter ; mais le monde a compté sans le don de Science. « Le Seigneur conduit le juste par les voies droites, et pour assurer ses pas il lui a donné la Science des saints » [Sagesse X, 10]. Chaque jour cette leçon est donnée. Le chrétien, au moyen de la lumière surnaturelle, échappe à tous les dangers, et s’il n’a pas l’expérience propre, il a l’expérience de Dieu.

 

Soyez béni, Divin Esprit, pour cette lumière que vous répandez en nous, que vous y maintenez avec une si aimable persévérance. Ne permettez pas que nous en cherchions jamais une autre. Elle seule nous suffit ; hors d’elle il n’y a que ténèbres. Gardez-nous des tristes inconséquences auxquelles plusieurs se laissent aller imprudemment, acceptant un jour votre conduite, et le lendemain se livrant aux préjugés du monde ; menant une double vie qui ne satisfait ni le monde ni vous. Il nous faut donc l’amour de cette Science que vous nous avez donnée pour que nous fussions sauvés ; l’ennemi de nos âmes la jalouse en nous, cette science salutaire ; il voudrait y substituer ses ombres. Ne permettez pas, Divin Esprit, qu’il réussisse dans son perfide dessein, et aidez-nous toujours à discerner ce qui est vrai de ce qui est faux, ce qui est juste de ce qui est injuste. Que, selon la parole de Jésus, notre œil soit simple, afin que tout notre corps, c’est-à-dire l’ensemble de nos actes, de nos désirs et de nos pensées, soit dans la lumière [Matthieu VI, 23] ; et sauvez-nous, divin Esprit, de cet œil que Jésus appelle mauvais, et qui rend ténébreux le corps tout entier.

 


Gustave Doré

La descente du Saint-Esprit

 

6). le don de piété

 

Le don de Crainte de Dieu est destiné à guérir en nous la plaie de l’orgueil ; le don de Piété est répandu dans nos âmes par le Saint-Esprit pour combattre l’égoïsme, qui est l’une des mauvaises passions de l’homme déchu, et le second obstacle à son union avec Dieu. Le cœur du chrétien ne doit être ni froid ni indifférent ; il faut qu’il soit tendre et dévoué ; autrement il ne pourrait s’élever dans la voie à laquelle Dieu, qui est amour, a daigné l’appeler.

 

L’Esprit-Saint produit donc en l’homme le Don de Piété, en lui inspirant un retour filial vers son Créateur. « Vous avez reçu l’Esprit d’adoption, nous dit l’Apôtre, et c’est par cet Esprit que nous crions à Dieu : Abba ! Père [Romains VIII, 15] ! » Cette disposition rend l’âme sensible à tout ce qui touche l’honneur de Dieu. Elle fait que l’homme nourrit en lui-même la componction de ses péchés, à la vue de l’infinie bonté qui a daigné le supporter et lui pardonner, à la pensée des souffrances et de la mort du Rédempteur.

 

L’âme initiée par le don de Piété désire constamment la gloire de Dieu ; elle voudrait amener tous les hommes à ses pieds, et les outrages qu’il reçoit lui sont particulièrement sensibles. Sa joie est de voir le progrès des âmes dans l’amour, et les dévouements que cet amour leur inspire pour celui qui est le souverain bien. Remplie d’une soumission filiale envers ce Père universel qui est aux cieux, elle est prête à toutes ses volontés. Elle se résigne de cœur à toutes les dispositions de sa Providence.

 

Sa foi est simple et vive. Elle se tient amoureusement soumise à l’Église, toujours prête à renoncer à ses idées les plus chères, si elles s’écartent en quelque chose de son enseignement ou de sa pratique, ayant une horreur instinctive de la nouveauté et de l’indépendance.

 

Ce dévouement à Dieu qu’inspire le don de Piété en unissant l’âme à son Créateur par l’affection filiale, l’unit d’une affection fraternelle à toutes les créatures, puisqu’elles sont l’œuvre de la puissance de Dieu et qu’elles sont à lui.

 

Au premier rang dans les affections du chrétien animé du don de Piété se placent les créatures glorifiées dont Dieu jouit éternellement, et qui jouissent de lui pour jamais. Il aime tendrement Marie, et il est jaloux de son honneur ; il vénère avec amour les saints ; il admire avec effusion le courage des martyrs, et les actes héroïques de vertu accomplis par les amis de Dieu ; il se délecte de leurs miracles, il honore religieusement leurs reliques sacrées.

 

Mais son affection n’est pas seulement pour les créatures couronnées au ciel ; celles qui sont encore ici-bas tiennent une large place dans son cœur. Le don de Piété lui fait trouver en elles Jésus lui-même. Sa bienveillance pour ses frères est universelle. Son cœur est disposé au pardon des injures, au support des imperfections d’autrui, à l’excuse pour les torts du prochain. Il est compatissant pour le pauvre, empressé auprès de l’infirme. Une douceur affectueuse révèle le fond de son cœur ; et dans ses rapports avec ses frères de la terre, on le voit toujours disposé à pleurer avec ceux qui pleurent, à se réjouir avec ceux qui sont dans la joie.

 

Telle est, ô divin Esprit, la disposition de ceux qui cultivent le don de Piété que vous avez versé dans leurs âmes. Par cet ineffable bienfait, vous neutralisez le triste égoïsme qui flétrirait leur cœur, vous les délivrez de cette sécheresse odieuse qui rend l’homme indifférent à ses frères, et vous fermez son âme à l’envie et à la haine. Pour cela il ne lui a fallu que cette piété filiale envers son Créateur ; elle a attendri son cœur, et ce cœur s’est fondu dans une vive affection pour tout ce qui est sorti des mains de Dieu. Faites fructifier en nous un si précieux don, ô Divin Esprit ! Ne permettez pas qu’il soit étouffé par l’amour de nous-mêmes. Jésus nous a encouragés en nous disant que son Père céleste « fait lever son soleil sur les bons et sur les méchants » [Matthieu V, 45] ; ne permettez pas, Divin Paraclet, qu’une si paternelle indulgence soit un exemple perdu pour nous, et daignez développer dans nos âmes ce germe de dévouement, de bienveillance et de compassion que vous y avez daigné placer au moment où vous en preniez possession par le saint Baptême.

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Publié dans : Les Catéchèses d'Hermas - Communauté : Vu de droite
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