Communautés

L'Eglise qui souffre

Mardi 15 avril 2008 2 15 /04 /Avr /2008 10:10

Par La rédaction
       


Dans le rude conflit qui oppose l'Eglise à l'Etat viet-namien depuis plusieurs mois pour la restitution de nombreux terrains appartenant à l'Eglise, une étape prometteuse vient peut-être d'être franchie. L'archevêché de Huê et les autorités de la province de Quang Tri viennent de conclure un accord de principe, qui - même s'il n'est encore qu'oral à ce jour - pourrait revêtir une importance d'autant plus grande dans l'évolution des relations entre l'Eglise catholique et l'Etat.


Les autorités semblent, en effet, s'être engagées à restituer la quasi-totalité des terres confisquées au sancuaire de Notre-Dame de La Vang (lieu d'apparitions mariales), selon l'agence des missions étrangères « Eglises d'Asie ». L'accord est ainsi d'autant plus important qu'il concerne les terres d'un centre vital de l'Eglise du Vietnam, à savoir, le Centre national de pèlerinage marial de La Vang, qui, chaque année, accueille des centaines de milliers de pèlerins, notamment au moment des fêtes du 15 août.


Lors d'une récente rencontre entre une délégation du diocèse et les plus hautes autorités de la province, ces dernières ont laissé entendre que la quasi-totalité du terrain du centre de pèlerinage marial de La Vang, confisqué après le changement de régime de 1975, serait rendu à l'Eglise catholique. Avec la restitution de la Délégation apostolique à Hanoi et de l'ancien institut théologique de Dalat, la restitution des terres confisquées du centre marial faisait partie des revendications officielles la Conférence épiscopale auprès de l'Etat vietnamien.

 

Cette évolution favorable - bien que très progressive ! - de l'attitude du gouvernement viet-namien est encore illustrée par une autre bonne nouvelle. On vient, en effet, d'apprendre qu'après maintes demandes de la Conférence épiscopale catholique du Vietnam, le séminaire interdiocésain de Nha Trang avait obtenu du gouvernement l’autorisation de recruter annuellement des candidats, sans n'être plus astreint à un numerus clausus. Trois des sept grands séminaires du Vietnam fonctionnent donc désormais de cette manière.

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Mardi 8 avril 2008 2 08 /04 /Avr /2008 11:20

Par La rédaction
Nous vous avons fait part des graves violences à l'encontre des chrétiens survenues à Noël (ICI), puis dans la région de l'Orissa en Inde (ICI). Outre le dossier consacré par la Croix.com à ce sujet (ICI), le site du All India Christians Council publie des photos des destructions d'Eglises et de maisons et biens appartenant à des chrétiens (ICI). En voici quelques unes...

N'oublions pas les chrétiens d'Inde, pays où la charité chrétienne s'exerce pourtant de manière particulièrement lumineuse, quand on pense, en autres, à Mère Teresa ou au Père Ceyrac.



























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Mardi 8 avril 2008 2 08 /04 /Avr /2008 09:52

Par La rédaction
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Après un nouvel assassinat anti-chrétien, celui du Père Youssef A. Abudi, prêtre syro-orthodoxe, âgé de 47 ans, à Bagdad, samedi dernier (5 avril), Mgr Stenger, président de Pax Christi France et évêque de Troyes, a condamné à nouveau la violence effroyable qui frappe la population irakienneet dénoncé cette nouvelle atteinte aux droits humains. Il a même demandé la création d'une commission internationale d'enquête pour trouver les sources et les auteurs des crimes contre les chrétiens en Irak


« La force brutale continue de frapper tous les jours en Irak. Samedi 5 avril, un prêtre syriaque orthodoxe, le P. Yousif Abel a été tué à Bagdad en sortant de chez lui pour aller à la prière. Homme de paix, de tolérance et d'unité, il a été tué parce qu'il incarne des valeurs autres que le recours à la violence et le droit du plus fort », a-t-il affirmé dans un communiqué. « Cette nouvelle atteinte aux droits humains, cette nouvelle preuve que les chrétiens Irakiens sont visés au plan religieux et persécutés du seul fait de leur appartenance, il ne suffit pas de les déplorer. Le moment est venu de créer une commission internationale d'enquête pour trouver les sources et les auteurs de ces crimes et protéger les chrétiens qui restent encore dans le pays. Au nom de la délégation qui s'est rendue récemment en Irak, je demande instamment au Gouvernement de prendre une initiative dans ce sens », demande le président de Pax Christi.


Ces assassinats émeuvront-ils autant la communauté internationale que celui de Rafik Hariri au Liban ? On peut l'espérer.

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Vendredi 4 avril 2008 5 04 /04 /Avr /2008 11:47

Par La rédaction
Hermas, comme l'Eglise en son ensemble, est attentif au sort des chrétiens dans le monde. En Inde, où leur situation est parfois insoutenable, un nouveau projet de loi anti-conversion inquiète les communautés chrétiennes de l'Etat indien du Rajasthan (cf. Eglises d'Asie).


Le 20 mars dernier, le gouvernement du Rajasthan, dirigé par le parti nationaliste hindou, a de nouveau déposé un projet de loi anti-conversion, afin d'empêcher les conversions  « forcées ou obtenues en échange de subsides financiers », ce qui n'est pas sans inquiéter les minorités religieuses, particulièrement les communautés chrétiennes. Cette mesure figurait d'ailleurs dans son programme électoral.


« Ce nouveau projet de loi est encore plus contraignant que celui de 2006 car il introduit une référence aux institutions privées », a déclaré Mgr Oswald Lewis, évêque de Jaipur, la capitale du Rajasthan. Un nouvel alinéa menace, en effet, de priver de personnalité juridique toute institution privée ou association qui serait impliquée dans des activités de conversion ou qui utiliserait ou  « envisagerait d'utiliser » ses ressources financières à des fins visant à convertir. D'autre part, le « Rajasthan Dharma Swatantrya Bill 2008 » (‘Loi sur la liberté de religion') stipule qu'« aucune personne ne doit convertir ou tenter de convertir quelqu'un, que ce soit ouvertement ou en utilisant la force, des moyens frauduleux ou des subsides financiers, et que personne ne doit encourager de telles conversions. » Tout acte de conversion frauduleux sera passible d'une amende pouvant atteindre jusqu'à 50 000 roupies (800 euros) et d'une peine pouvant aller jusqu'à trois ans d'emprisonnement, sans que les personnes condamnées puissent être libérées sous caution.


Pour P.C. Vyas, ancien président de la Commission pour l'enseignement secondaire de l'Etat, ce projet de loi vise à fermer les institutions éducatives chrétiennes du Rajasthan. « Une fois que ces institutions de qualité seront fermées, les organisations nationalistes hindoues seront à même de mener à bien leurs actions en propageant leur philosophie de suprématie hindoue par le biais de l'éducation », a-t-il expliqué.


Le 25 mars dernier, une délégation interreligieuse a remis en mains propres un mémorandum au gouverneur de l'Etat, S.K. Singh, qualifiant le projet de loi d'« offensive contre les minorités religieuses de l'Etat qui viole les principes fondamentaux de liberté religieuse garantie par la Constitution indienne ». Outre Mgr Lewis, étaient présents Raymond Coelho, président du Rajasthan Christian Fellowship, un responsable musulman ainsi que militants pour les droits de l'homme. Selon l'évêque catholique, le gouverneur a déclaré que « les personnes faisant allusion à des conversions en masse sont soit obnubilées par le sujet, soit diffusent des contrevérités et qu'il est important que la population soit mise au courant des intentions qui se cachent derrière un tel projet de loi ». Pour certains médias locaux, les propos du gouverneur - un ancien diplomate de carrière, formé dans un établissement chrétien et qui par ailleurs fréquente les Eglises chrétiennes - laissent entendre qu'il saura agir en temps voulu, éventuellement en refusant de signer le texte, comme ce fut le cas pour le précédent texte voté dans le même sens que celui-ci. A suivre.

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Mardi 25 mars 2008 2 25 /03 /Mars /2008 16:04

Par La rédaction
Lu sur La Croix.com (ICI), cet article de Claire Lesegretain s'inscrit dans la lignée de ceux que nous avons déjà publié sur la situation des chrétiens en Inde et sur les terribles violences dont certains ont fait l'objet à Noël dernier. Edifiant.
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"C’est dehors, sur des bâches poussiéreuses et à la lumière de cierges ou de lampes à pétrole, que les chrétiens de Balliguda ont célébré la vigile pascale. Leur paroisse, totalement vandalisée le 24 décembre dernier, est restée en l’état « pour la commission d’enquête ».


Et il a suffi à une poignée de fondamentalistes hindous d’abattre des arbres sur les quelques lignes électriques du secteur pour plonger dans l’obscurité cette petite ville du district de Kandhamal, au centre de l’État rural de l’Orissa (nord-est de l’Inde).

« Ils veulent empêcher les chrétiens de célébrer Pâques », explique le P. Ajay Singh, directeur des œuvres caritatives du diocèse de Cuttack-Bhubaneswar, en apprenant cette nouvelle au téléphone peu avant le début de la célébration du samedi 22 mars au soir.

Pendant que les chrétiens de ce district de collines et de forêts de tecks, de Brahmanigaon (au sud du district) à Phulbani (au nord), célébraient ainsi, dans la nuit et l’insécurité, à côté de leur paroisse saccagée, près de 2 000 catholiques se tassaient dans la cour de l’église Saint-Vincent de Bhubaneswar (capitale de l’Orissa) pour la longue liturgie pascale, en union de prière avec ces diocésains persécutés.

« Notre peuple a vraiment fait l’expérience de la passion et de la mort de Jésus », lance, dans son homélie, Mgr Raphaël Cheenath, archevêque de Cuttack-Bhubaneswar depuis 1974. Commentant ces persécutions, il poursuit : « L’Église de Kandhamal devra ressusciter et cela se fera… même si cela prendra des mois et des années »…

Il ne fait aucun doute, pour les observateurs chrétiens locaux, que ces violences de Noël ont été sciemment préméditées, préparées et coordonnées par le mouvement nationaliste hindou Visha Hindu Parishad (VHP). Coïncidence des horaires, identité inconnue des attaquants, armes à feu pour la première fois dans des attaques en Orissa : autant de détails qui prouvent que ce « tsunami de haine » – selon l’expression de Mgr Cheenath – du 24 au 27 décembre n’avait rien de spontané.

« Les instigateurs et principaux attaquants étaient des hindous de hautes castes, venus d’autres districts et d’autres États », précise John Dayal, catholique engagé et influent, secrétaire général du Conseil chrétien de l’Inde (AICC), qui s’est rendu sur place dès le 29 décembre et qui a dressé un rapport détaillé de la « tragédie ».

Il ne s’agissait donc pas, comme cela a été dit parfois, d’un conflit entre Panas (dalits) et Kui (originaires des tribus), même s’il existe effectivement des rivalités entre les chrétiens de ces deux groupes qui ne bénéficient pas des mêmes avantages administratifs.

Autre évidence, ces attaques dans le district de Kandhamal se sont faites « avec le consentement tacite du gouvernement de l’Orissa » – selon Mgr Cheenath. Tous les témoignages confirment que les (petites) unités de police locales, prévenues des attaques, sont restées à l’abri pendant ces quatre jours livrant des prêtres, des religieuses et des familles chrétiennes sans défense à la haine de centaines d’hindous, « saouls et fanatisés » selon des témoins.

« On sait que les policiers sont pro-hindous et même s’ils avaient voulu nous protéger, ils auraient été tués », résume Frère Oscar, missionnaire de la Charité à Srasananda (à 65 km de Balliguda), dont le couvent et la paroisse ont été incendiés et saccagés. Si lui et les trois autres frères œuvrant dans un dispensaire et un foyer pour vieillards sont toujours vivants, c’est parce qu’ils ont « couru vite » et sont restés cachés dans la forêt jusqu’au 29 décembre.

Même témoignage de la part des cinq religieuses de Balliguda qui n’ont dû leur survie qu’à leur cachette, sous un escalier ou dans la sacristie… « Alors que les pompiers sont installés en face de notre couvent, ils ont laissé tout brûler pendant trois jours », souligne Sœur Christa. Et ce, non seulement dans le couvent du Mont-Carmel et ses deux centres de formation informatique (55 étudiants dont 50 hindous) et de formation médicale (50 étudiants dont 48 hindous), mais aussi dans le séminaire Saint-Paul, la paroisse et le presbytère adjacent.

Selon les observateurs chrétiens, si le district de Kandhamal a été spécifiquement visé, c’est parce qu’ici les populations d’origine tribale (ST en anglais, pour Scheduled Tribes) et dalits (SC, pour Scheduled Castes) représentent 39 % de la population totale. Devenant peu à peu chrétiennes à la suite des évangélisations menées par des missionnaires catholiques (notamment espagnols) et baptistes (notamment canadiens) à partir des années 1890, ces populations sont sorties progressivement de la soumission et de la misère.

« L’Église a lancé l’éducation et promu l’émancipation des ST/SC, leur permettant d’évoluer socialement et de mieux défendre leurs intérêts, rappelle le P. Prabodha Kumar, directeur du séminaire de Balliguda et lui-même d’origine kondh (principale tribu de cette partie de l’Orissa). Pour enrayer cette évolution, les fondamentalistes hindous des hautes castes détruisent nos églises, pensionnats ou dispensaires, et espèrent ainsi éliminer le christianisme. »
De telles violences antichrétiennes sont désormais organisées à travers toute l’Inde, dans les États où les chrétiens sont pauvres et peu nombreux (moins du pourcentage national de 2,34 %) : « Jamais les fondamentalistes hindous n’attaqueront les chrétiens puissants du Kerala », estime John Dayal.

Ainsi, le 15 mars, deux religieuses travaillant dans une école du village d’Alibag (Maharashtra) ont été violemment attaquées et battues par un groupe d’hindous d’origine tribale, à l’instigation du Bharata Janata Party (BJP, parti nationaliste hindou, également issu du RSS). Les deux religieuses, qui ont dû être hospitalisées, étaient accusées de « conversion », ce qui est interdit par les lois sur la liberté religieuse promulguées dans huit États (sur 28) de l’Inde.

Ce prétexte, régulièrement avancé par les extrémistes hindous et repris dans les médias locaux, choque les chrétiens indiens. Non seulement parce qu’une demande de baptême est une démarche personnelle qui se vérifie dans le temps, mais surtout parce qu’ils savent que des chrétiens, « sous la menace d’une machette, ont été obligés de participer à un culte hindou ou de prononcer une adoration rituelle », comme le raconte à propos de l’un de ses paroissiens le P. Dusmant Mahanayak, curé de Daringa Badi, à 50 km de Balliguda.

Au-delà de ces violences de Noël, les chrétiens du district de Kandhamal souffrent tous de se sentir impuissants et abandonnés. Les 700 familles chrétiennes qui ont tout perdu dans l’incendie de leur maison ne recevront pas avant longtemps l’aide promise par le gouvernement d’Orissa, aide qui de toute façon sera insuffisante…

De plus, le gouvernement d’Orissa a interdit à toute ONG ou institution chrétiennes d’aider matériellement les victimes, si bien que Mgr Cheenath lui-même n’a pas pu encore se rendre sur place. « Je n’ai pu assister mon peuple », regrettait l’archevêque de Cuttack-Bhubaneswar dans un texte largement diffusé fin janvier ; il a cependant aussitôt rencontré les principaux membres du gouvernement d’Orissa pour leur faire part de cette situation « insupportable, humainement parlant » et pour déposer un recours en justice.

« Cette tragédie est devenue pour nous un temps de grâce, une occasion d’approfondir notre foi en Dieu et une opportunité pour nous identifier davantage au Christ en partageant ses souffrances, écrivait encore Mgr Cheenath. Notre identité, c’est la Croix ! »"

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Jeudi 20 mars 2008 4 20 /03 /Mars /2008 09:39

Par La rédaction

    Une bonne nouvelle ! Bernard Kouchener a annoncé hier que la France allait accueillir 500 catholiques chaldéens d'Irak, dont il a reconnu qu'ils étaient la communauté la plus menacée d'Irak.

Cette communauté, qui représente 3% de la population irakienne, vit
actuellement - on le sait - un véritable et constant martyre, qu'illustrent dramatiquement les assassinats de Mgr Rahho, il y a quelques jours, et de plusieurs prêtres ces derniers mois.

Même si l'on ne peut qu'être inquiet de voir une aussi vieille communauté chrétienne suivre les chemins de l'exil et quitter cette terre, ce qui d'une certaine façon fait le jeu des tueurs et autres terroristes, accueillir 500 réfugiés permettra de les sortir du véritable enfer qu'est devenu
l'Irak  pour les chrétiens. Merci, M. le Ministre.


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Jeudi 20 mars 2008 4 20 /03 /Mars /2008 00:00

Par La rédaction
27680.jpg (Basilique Notre-Dame d'Afrique - Alger)

    Sur le site du Figaro (ICI), on apprend que, pour la première fois, en Algérie, un appel pour « le respect des libertés » a été signé par des personnalités comme l'écrivain Boualem Sansal, l'historien Mohammed Harbi, l'universitaire Salem Chaker, le président de la Ligue des droits de l'homme Abdennour Ali Yahia ou le caricaturiste Ali Dilem.

Dans un texte rendu public hier, des intellectuels dénoncent le harcèlement des chrétiens pour « délit de prière » et expriment leur « solidarité avec la communauté chrétienne d'Algérie, cible de mesures aussi brutales qu'injustifiées », en affirmant  leur attachement « à la liberté de conscience, du droit de chacun de pratiquer la religion de son choix, ou de ne pas pratiquer ».

« Nous assistons à une réaction frontale contre les croyances autres que l'islam. Les Algériens sont pourtant libres de croire ou de ne pas croire », commente le romancier Boualem Sansal. « Bouteflika cherche-t-il à donner des gages aux islamistes ?», s'interroge-t-il.

Cette initiative intervient alors que les chrétiens d'Algérie sont l'objet depuis janvier de multiples "tracasseries" : ainsi, par exemple, un prêtre catholique français, le père Pierre Wallez, du diocèse d'Oran, a été condamné le 30 janvier à un an de prison avec sursis pour avoir prononcé une prière à l'occasion des fêtes de Noël pour des migrants clandestins camerounais hors d'un lieu de culte officiel ; accusé d'avoir distribué des médicaments aux Subsahariens, un médecin algérien qui l'accompagnait a écopé de deux ans de prison ferme ; le tribunal a condamné le religieux pour prosélytisme,  accusation rejetée par Mgr Henri ­Tessier, archevêque d'Alger ainsi que par le recteur de la Mosquée de Paris, Dalil Boubakeur, qui est intervenu en la faveur du condamné « J'ai sollicité les autorités car ce cas me tient à cœur. Je suis favorable à toutes les initiatives en faveur de la tolérance », précise Dalil Boubakeur.
 
    On rappellera (v. ICI) que les évêques d'Algérie ont été reçus le mois dernier par le ministre des Affaires religieuses pour exprimer leur inquiétude face aux expulsions, radiations et condamnations qui ciblent l'Église depuis l'adoption, en février 2006, de la loi réglementant les cultes non musulmans.
Ils lui ont remis une lettre exprimant leur inquiétude face aux tracasseries qui ciblent l'Église. Ils ont aussi réaffirmé leur solidarité avec le pasteur protestant Hugh Johnson, menacé d'expulsion.

Les difficultés ont débuté il y a deux ans, avec l'expulsion d'une vingtaine d'étudiants africains qui avaient participé à une rencontre biblique à Tizi-Ouzou, en Kabylie. Au même moment, les autorités invitaient les religieux chrétiens à quitter le pays « pour raison de sécurité ». En novembre 2007, des volontaires brésiliens sollicités par Mgr Teissier, l'archevêque d'Alger, pour s'occuper des étudiants lusophones ont été expulsés à leur tour. Un mois plus tard, un directeur d'école et un instituteur, Algériens de confession chrétienne, ont été radiés de l'Éducation nationale pour « prosélytisme ». L'association des parents d'élèves qui soutient les deux enseignants rappelle que l'école a eu 100 % de réussite à l'examen d'entrée en sixième pour les deux dernières années.


Depuis quatre mois, les visas sollicités par l'archevêché sont délivrés au compte-gouttes, souvent en retard. « Ceci compromet gravement notre avenir, car sans la visite des responsables religieux des congrégations, nous n'obtiendrons aucun soutien pour les religieux travaillant en Algérie et aucun renouvellement », déplore Mgr Teissier.


Officiellement, cette loi adoptée en février 2006 visait à garantir « la tolérance et le respect entre les différentes religions » ! Dans les faits, elle prévoit une peine de 5 ans de prison et une amende de 1 million de dinars (10 000 euros), contre toute personne qui « incite ou utilise des moyens de séduction tendant à convertir un musulman à une autre religion ». Révélateur d'une volonté répressive, les représentants des ministères de la Défense et de l'Intérieur, et ceux de la police et de la gendarmerie, sont majoritaires dans la commission chargée de « veiller au respect du libre exercice des cultes ».


Le père Gilles Nicolas, du diocèse d'Alger, ne cache pas son inquiétude : « Cette levée de boucliers n'a rien à voir avec le prosélytisme. C'est une lutte idéologique de ceux qui veulent épurer le pays de toute présence non musulmane ».


Sur fond de luttes d'influence dans le sérail, cette « croisade » tend à faire diversion, alors que les partisans du président Bouteflika s'agitent pour imposer une révision à la hussarde de la Constitution, et permettre au chef de l'État de briguer un troisième mandat. Dans la propagande officielle, on stigmatise la Kabylie, de tout temps hostile au régime, comme un « maillon faible en voie d'évangélisation ». Depuis quelques mois, des imams salafistes sont injectés dans la région par le ministère des Affaires religieuses ; leur mission : lutter contre la « menace chrétienne », les « traditions païennes » du cru, et secouer l'islam ancestral des montagnards jugé trop tiède.

Les évangélistes sont également dans le collimateur d'Alger avec la mise au pas progressive des jeunes Églises protestantes de Kabylie, une région où un éveil à la religion chrétienne est constaté depuis plus de dix ans. Les Églises de Nouvelle Ville à Tizi-Ouzou et de Tafath (Lumière) près de Fort national viennent d'être suspendues par la préfecture dans l'attente d'un « certificat de conformité ». Et le ministre des Affaires religieuses, Bouabdallah Ghlamallah, a récemment qualifié les quelques milliers d'évangélistes de « hors-la-loi », auquel on prête une action politique et un soutien à Israël. Sommé de quitter le pays, le pasteur américain Hugh Johnson, 74 ans, ancien président de ­l'Église protestante d'Algérie est, pour sa part, dans l'attente d'une ­décision du Conseil d'État.

Merci aux intellectuels algériens qui ont eu le courage de signer et diffuser ce manifeste pour les chrétiens ainsi traités en Algérie. On aimerait voir un tel courage de ce côté-ci de la Méditerranée lorsqu'il s'agit d'apprécier la situation algérienne, de répondre à la démagogie de son président et de certains soutiens algériens non-dissimulés à certains courants de l'islam en France...



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Jeudi 13 mars 2008 4 13 /03 /Mars /2008 14:51

Par La rédaction
On a appris aujourd'hui même cette triste et affligeante nouvelle : la mort de Mgr Paulos Faraj Rahho, âgé de 65 ans, évêque chaldéen de Mossoul. On ignore pour l'heure s'il est mort en raison de son mauvais état de santé cardiaque ou s'il a été assassiné.

undefined Né en 1942, ordonné prêtre en 1965, Mgr Rahho est devenu archevêque chaldéen de Mossoul en janvier 2001. Il succédait à Mgr Raphaël Bidawid, alors devenu patriarche de Babylone des chaldéens. Membre du Conseil des évêques de Ninive, lequel regroupe les évêques siégeant à Mossoul [à savoir : catholiques latins, chaldéens, syro-catholiques, assyro-orthodoxes et arméniens apostoliques], Mgr Rahho appartenait à la communauté sacerdotale du Christ-Roi, qui rassemble, dans un esprit œcuménique, des prêtres des rites syriaque et chaldéen.

Mgr Rahho avait été enlevé alors qu'il sortait de l'église Al-Safina, le 29 février à Mossoul, à 370 km au nord de Bagdad, par des hommes armés qui avaient tué trois de ses gardes du corps. Il avait été déjà menacé par des terroriste, après leur avoir refusé une somme de 500.000 dollars, qu'ils étaient venus lui réclamer. L'archevêque craignait depuis longtemps pour sa vie.

Majoritairement arabe sunnite, Mossoul est la capitale de la province de Ninive, aujourd'hui l'une des provinces plus dangereuses du pays, devenue un fief de partisans d'Al-Qaida.


On lit sur le site de la mission chaldéenne [Ici] que :

"deux prêtres du diocèse de Mossoul avaient été enlevés pendant neuf jours en octobre dernier, et en juin 2007, un prêtre et trois diacres avaient été abattus devant une église de la ville. L'archevêque syriaque de Mossoul, Mgr Georges Casmoussa, avait lui même été enlevé pendant 24 heures en janvier 2005. Le sort de deux autres membres de l'Eglise chaldéenne, le père Saad Syrop et le prêtre Douglas al-Bazi, enlevés respectivement à Bagdad en août et en novembre 2006, demeure inconnu.

"Avant l'invasion de mars 2003, la communauté chrétienne d'Irak totalisait 800.000 membres, soit 3% environ de la population en très grande majorité musulmane. Depuis, de nombreux représentants de cette communauté ont fui le pays ou ont émigré au Kurdistan irakien.

"Les chaldéens, des catholiques de rite oriental, constituent la principale communauté chrétienne du pays, et l'une des plus anciennes églises chrétiennes".

Le Vatican avait alors fait connaître cette réaction :

« Scandalisé par cet acte exécrable, qui blesse profondément l'Eglise d'Irak et la communauté chaldéenne en particulier, Benoît XVI a exprimé dans lundi 4 mars sa solidarité au Patriarche, le Cardinal Emmanuel III Delly, à tous les chrétiens et aux familles des victimes. Il a invité l'Eglise universelle à s'unir à sa prière, afin que prévale chez les ravisseurs la raison et l'humanité, et que Mgr Rahho soit au plus tôt rendu à ses fidèles. Il forme aussi le voeu que le peuple irakien retrouve la paix et le chemin de la réconciliation »

Malheureusement, cette parole n'aura pas été entendue. C'est une nouvelle défaite de la raison et de l'humanité devant le fanatisme - un fanatisme qui prend un tour d'autant plus démoniaque qu'il s'en prend à des gens de bien.

Nous nous associons à la souffrance et à la prière de l'Eglise tout entière.
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Lundi 25 février 2008 1 25 /02 /Fév /2008 22:26

Par La rédaction
I. Ainsi que chacun le sait, le Saint-Père a entendu offrir à tous les fidèles la faculté d'assister à la messe célébrée selon le rite du Bienheureux Jean XXIII, en particulier dans le cadre de leurs paroisses. L'intention du pape est connue, explicitée, publiée, à la portée de tous ceux qui souhaitent s'informer loyalement : mettre un terme à une insupportable division dans l'Eglise, par l'exercice d’une paternelle charité. Le « doux Christ sur la terre », comme disait sainte Jeanne d’Arc du pape, a invité ses frères dans l’épiscopat et, partant, ses frères dans le sacerdoce, à dilater leurs cœurs pour accueillir ces fidèles qui ne demandent eux-mêmes qu’à vivre dans la communion.

Il apparaît aux moins au fait de ces choses que toute la communauté catholique n’a qu’à gagner à cette expansion de bienveillance. L’Eglise, en France, ne souffre-t-elle pas d’un manque cruel de prêtres, qui préjudicie aux âmes ? N’en a-t-elle pas suffisamment souffert, serait-on tenté de dire ? Les communautés traditionalistes reconnues, qui ne constituent pas une caste de sous-catholiques intouchables, ont de nombreux prêtres, formés dans la piété et le sens liturgique, qui ne demandent qu’à entrer dans l’œuvre commune, et elles ne manquent pas elles-mêmes de dynamisme et de vitalité, comme l’avait constaté en son temps le regretté cardinal Gagnon, missionné par le pape Jean-Paul II pour en dresser un état.

Tout serait si simple, si chacun acceptait de prendre le risque de cet apprivoisement réciproque, le risque de cette unification, de cet enrichissement partagé, en faisant de la charité la loi suprême du discernement en la matière ! Las, c’est avec consternation et douleur que l’on constate, en maints endroits, que ce serait manifestement trop simple. Nous savons, d’expérience, que d’aucuns jugent qu’il est impertinent de le dire. Le reproche nous en a déjà été amèrement adressé. L’ostrakon est ineffaçable. Les fidèles attachés au rite du Bienheureux Jean XXIII, que le Saint-Père accueille pourtant sur son cœur, ne sont pour eux que des suspects et doivent le demeurer, des exilés de l’intérieur qui n’ont que ce qu’ils méritent et que l’on doit maintenir à bout de goupillon.

En voici un exemple, mieux, un témoignage. Celui-ci nous a été adressé par des lecteurs d’Hermas, que nous remercions pour leur confiance. Pour camper utilement le décor, précisons qu’il ne s’agit en aucune manière de personnes susceptibles de recevoir une étiquette de « traditionaliste ». Tant pis pour ceux qui dressaient déjà leur carabine. Il s’agit bien au contraire de personnes actives en leur paroisse, qui font part de ce dont elles ont été les témoins directs.


II.
« Des fidèles de Saint-Germain-en-Laye (78) avaient demandé et obtenu un accord verbal du curé de Saint-Germain pour que fût célébrée la messe selon la forme extraordinaire. Or voici que dimanche dernier, 17 février, à la fin de la messe de 18h30, le curé de la paroisse a pris la parole pour faire une annonce qu’il a qualifiée d’extraordinaire.

Il a annoncé aux fidèles de Saint-Germain qu’il n’autorisait pas la mise en place d’une messe célébrée selon le rite extraordinaire et cela après cinq mois de réflexion et de consultation.

Il lui a semblé inimaginable de remplacer une messe dominicale  par une messe célébrée selon le rite dit du Bienheureux Jean XXIII ni même d’en rajouter une autre… par exemple à 8H30 le dimanche matin.

Aucun des sept prêtres de la paroisse n’a souhaité célébrer selon ce rite, ni faire appel à un prêtre extérieur.

Cette décision nous a-t-il dit, a été prise après une large consultation de l’équipe liturgique, du conseil paroissial, bref de la paroisse tout entière.

Et enfin l’argument venant du fond du cœur : lorsque de telles messes sont célébrées, des personnes, qui n’ont rien à voir avec la paroisse, viennent y assister. La grande crainte de Monsieur le curé est de voir son église pleine.

L’annonce faite, l’assemblée a applaudi.

En sortant de l’église nous nous sommes demandés quelle était la valeur de cet argument qui consiste à se plaindre que des gens viennent assister à la messe.

Il y a quelques années, habitant au Pecq, nous allions à la messe à Saint-Wandrille. Les fidèles venaient de partout, l’église était comble et très priante. Nous formions une assemblée très unie. Cette messe célébrée comme elle l’était était une véritable  nourriture spirituelle pour  les fidèles.

La messe célébrée selon le rite extraordinaire est une attente du cœur et de l'âme pour beaucoup.

L’attitude de la paroisse de Saint-Germain ressemble à un acte de désobéissance flagrant vis-à-vis de la lettre apostolique du 7 juillet 2007.

Ce refus ne fera qu’accroître la rancœur.

Cela pose aussi quelques questions quant à l’œcuménisme. Il est de bon ton d’organiser des prières communes avec nos frères protestants et orthodoxes vers la mi-janvier. Par contre célébrer une messe catholique avec des frères catholiques est impensable. Pourquoi ? »



III. Rappelons qu’aux termes de l’article 1er du Motu proprio, « Le Missel romain promulgué par Paul VI est l’expression ordinaire de la “lex orandi” de l’Église catholique de rite latin. Le Missel romain promulgué par S. Pie V et réédité par le B. Jean XXIII doit être considéré comme l’expression extraordinaire de la même “lex orandi” de l’Église et être honoré en raison de son usage vénérable et antique. Ces deux expressions de la “lex orandi” de l’Église n’induisent aucune division de la “lex credendi” de l’Église ; ce sont en effet deux mises en œuvre de l’unique rite romain ».

Aussi l’article 5 § 1 indique-t-il : « Dans les paroisses où il existe un groupe stable de fidèles attachés à la tradition liturgique antérieure, le curé accueillera volontiers leur demande de célébrer la Messe selon le rite du Missel romain édité en 1962. Il appréciera lui-même ce qui convient pour le bien de ces fidèles en harmonie avec la sollicitude pastorale de la paroisse, sous le gouvernement de l’Évêque selon les normes du canon 392, en évitant la discorde et en favorisant l’unité de toute l’Église ».

A Saint-Germain, la célébration selon la forme extraordinaire, jugée nécessaire par le Saint-Père, est jugée « impensable » en une paroisse de sept prêtres, au motif irrationnel que des personnes étrangères à la paroisse s’y pourraient rendre ! Il ne vient même pas à l'esprit qu'il pourrait être fait un apostolat utile auprès d'elles, que ce retour à la vie paroissiale leur serait un gain ! Il n'est même pas "pensable", pour satisfaire la demande présentée - initialement acceptée, rappelons-le - de faire appel à des prêtres extérieurs sachant célébrer selon l'ancienne forme liturgique.

Pas d’accueil pour les fidèles concernés, pas d’unité avec eux mais « discorde », au sens propre de séparation du cœur. Avec cet horrible point d’orgue, consternant dans une église – supposée être le lieu privilégié de l’unité et de la charité fraternelle – et qui a dû être si humiliant, si blessant pour les fidèles attachés à l’ancienne forme liturgique : les applaudissements imbéciles d’une foule heureuse de les rejeter.

« Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font… ».
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Publié dans : L'Eglise qui souffre - Communauté : Chrétiens et heureux de croire
Mercredi 20 février 2008 3 20 /02 /Fév /2008 17:01

Par La rédaction

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(Source : Le Figaro.fr)  - Depuis l'avis rendu samedi dernier par
la Cour administrative suprême égyptienne, un chrétien converti à l'islam peut revenir à sa religion d'origine et la faire inscrire sur ses papiers officiels : les autorités ne peuvent pas refuser de délivrer une carte d'identité les reconnaissant comme chrétiens (la mention de la religion étant obligatoire sur les papiers).

 

« Jusqu'ici, les responsables du ministère de l'intérieur avaient l'air de penser qu'ils avaient le droit de décider de la religion d'un individu quand celle qu'il avait lui-même choisie ne leur plaisait pas », ce qui contrevenait d'ailleurs à la constitution égyptienne qui garantit la liberté de croyance, a souligné l'organisation Human Rights Watch.

 

La bataille juridique va maintenant se déplacer sur un terrain encore plus sensible : celui des musulmans de naissance devenus chrétiens et qui veulent faire reconnaître leur conversion, au péril de leur vie parfois. Le mois dernier, la Cour suprême a débouté l'un d'eux, Mohammed Hegazi, mais en invoquant un vice de procédure pour ne pas avoir à juger l'affaire sur le fond.

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