Mercredi 20 juin 2007
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Par La rédaction
Avant les départs en vacances, tout conducteur - aussi sûr de lui, de la justesse de son comportement et de la légitimité de ses réactions au volant soit-il (comme tout conducteur qui se respecte !) - devrait accorder quelques minutes au texte de 36 pages que vient de publier le Vatican, avant de se ruer sur la route ensoleillée des vacances avec plusieurs millions de ses congénères.
Un simple examen de conscience personnel, permettra très certainement à tout conducteur - hormis peut-être celui de la papamobile - de reconnaître la pertinence de l'analyse qui sert de fondement à la publication de ce texte : même s'il est évident que l'on conduit parfaitement et que ce sont les autres qui devraient apprendre, que cette évidence justifie bien qu'on leur manifeste la nécessité pour eux de se faire plus discrets dans l'occupation de la route, au moyen d'un vocabulaire et éventuellement de gestes aussi évocateurs qu'inutiles et qui permettent, avec des enfants à l'arrière, de ruiner en quelques minutes des années d'éducation... L'exaspération en résultant justifie un comportement routier dérogatoire aux exigences du code de la route, adaptés aux inaptes qui nous entourent, mais mesquines s'agissant de nous (qui savons conduire...).
Le Vatican invite les conducteurs à être de dignes représentants de l'espèce humaine, même au volant (c'est fou, je sais !). Le textes des "dix commandements" pour les automobilistes les invite, en particulier, à se montrer charitables envers les autres conducteurs et à s'abstenir de boire avant de prendre la route. Il met en garde contre les accès de colère au volant, qui peuvent conduire à un comportement "primitif", qui va de l'impolitesse, aux gestes grossiers, en passant par les jurons, blasphèmes, perte du sens de la responsabilité et autres violations délibérées du code de la route. Le texte exhorte les automobilistes à obéir à la réglementation routière et à faire preuve de sens moral, même au volant...
Le document du Vatican invite les conducteurs à respecter les limitations de vitesse et à faire preuve de vertus chrétiennes au volant. Il recommande également de faire le signe de croix avant d'entamer un voyage pour se placer "sous la protection de la Sainte Trinité", (dont, effectivement, le conducteur ordinaire a bien besoin, et qui n'est pas au bout de ses peines NDLR).
Ce document, qui émane du Conseil pontifical pour la pastorale des migrants et des personnes en déplacement, part du constat que "les transgressions et la négligence (au volant) sont à l'origine de 1,2 million de morts chaque année sur les routes", a déclaré le cardinal Renato Martino, qui dirige le Conseil. "C'est une triste réalité et en même temps un grand défi pour la société et l'Eglise."
Les dix commandements, à coller sur le klaxon de tout véhicule, sont les suivants :
1. Tu ne tueras pas ;
2. Que la route soit un moyen de communion entre les personnes, non de dommage mortel ;
3. Que la courtoisie, la correction et la prudence t'aident à faire face aux imprévus ;
4. Sois charitable et aide ton prochain dans le besoin, notamment les victimes d'accidents ;
5. Que l'automobile ne soit pas pour toi un moyen d'exprimer le pouvoir, la domination et une occasion de péché ;
6. Persuade charitablement les jeunes et les moins jeunes de ne pas conduire lorsqu'ils ne sont pas en état de le faire ;
7. Soutiens les familles des victimes d'accidents ;
8. Organise la rencontre entre l'automobiliste coupable et la victime au moment approprié pour qu'ils puissent connaître l'expérience libératrice du pardon ;
9. Sur la route, protège le plus faible ;
10. Sens-toi responsable vis-à-vis des autres.
Bref être chrétien, même sur la route, ce qui devrait être d'autant plus simple qu'il y a bien rarement de circonstances qui puisse justifier vraiment un comportement discordant.
Peut-être aurait-il fallu mentionner la vertue de patience, qui fait bien souvent défaut aux conducteurs, ne pas conduire en état d'énervement, écouter de la musique classique ou relaxante, ne pas prendre la route après avoir reçu une lettre des services fiscaux ou pour revenir d'un déjeuner chez sa belle-mère, ou... inviter à prendre le train, seule véritable garantie de sécurité.